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Recolonisation pétrolière du Venezuela
Vendredi 28 août Donald Trump a annoncé sur Truth Social « le secrétaire d’Etat Marco Rubio et le ministre de la Guerre, Pete Hegseth, en étroite collaboration avec la très respectée présidente du Venezuela par interim, Delcy Rodríguez, (…) ont assuré aux États-Unis le contrôle majoritaire de plus de 65 000 000 000 de barils de réserves prouvées de pétrole au Venezuela ».
Il a ajouté que cet accord est « sans aucun coût pour le contribuable étasunien. »
Selon les données officielles, ce chiffre représente environ 21% des réserves prouvées totales du pays qui atteignent 303 000 000 000 de barils. Cela correspond à 17 gisements pétroliers.
En échange les USA ont promis un investissement de capitaux d'environ 100 milliards de dollars au cours des prochaines années pour construire l'infrastructure nécessaire à l'extraction des hydrocarbures du sous-sol, Mais on ignore d'où viendront les fonds. La société chargée de lever les fonds et de réaliser les forages est North American Blue Energy Partners (NABEP), une entité privée vénézuélienne qui collabore désormais avec les États-Unis. Cette entité est contrôlée par Alejandro Betancourt, 46 ans, présenté par le Financial Times comme le "vice-roi de Donald Trump au Venezuela". L'individu été arrêté à deux reprises au Royaume-Uni, où il réside. Une première fois en septembre 2025 à la demande des autorités espagnoles, qui l’accusaient de blanchiment d’argent et de délits fiscaux. Relâché sous caution, il a ensuite été interpellé une deuxième fois deux mois plus tard à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par la Suisse dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de détournement de fonds de PDVSA, le géant pétrolier vénézuélien. Betancourt a d’abord bâti sa fortune dans le secteur de l’électricité. Au début des années 2010, il fonde la société Derwick Associates qui "sans avoir la moindre expérience décroche au moins onze marchés publics d’une valeur d’environ 5 milliards de dollars pour construire des centrales thermoélectriques, sans qu’il n’y ait eu d’appels d’offres" a dénoncé El Pais. Beaucoup le décrivent comme un mégalomane sans foi ni loi.
Le Parti communiste du Venezuela a dénoncé ce mauvais coup de Dulcy Rodriguez (soutenue sur ce point par l'assemblée nationale) : "Il ne s'agit pas d'un accord mineur ni d'une simple transaction commerciale, a déclaré son bureau politique le 2 septembre. Nous assistons au transfert d'une part importante des principales richesses nationales dans des conditions inconnues du pays et sans le débat public ni le contrôle parlementaire nécessaires, pourtant prévus aux articles 150 et 187 de la Constitution."
L'experte en droit constitutionnel María Alejandra Díaz parle d'une escroquerie. Le professeur Luis Britto García évoque un pillage dont pas un centime ne profitera au peuple, tout comme les revenus d'exploitation minière qui tout au long du premier semestre ont été automatiquement accaparés par un fond géré par le Département du Trésor américain sous le régime de l'Executive Order 14373 (déjà 13 milliards de barils, sans aucun compte rendu sur leur utilisation), revenus qui représentaient l'essentiel du budget de l'Etat vénézuélien.
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Les concessions de Dulcy Rordiguez, dans un contexte où le pays reste sous sanction, et entouré de navires de guerre américains, se sont multipliées depuis l'enlèvement illégal du président Maduro. Elles incluent l'éviction en février des forces de sécurité cubaines qui s'étaient sacrifiées pour le Venezuela, et celle en juin des médecins cubains qui s'occupaient gratuitement des pauvres,
La présidente par intérim a beau se vexer quand les Iraniens se vantent d'être plus inflexibles qu'elle et convoquer leur ambassadeur en signe de protestation (alors que ce pays lui a fourni du pétrole et des drones), elle, son frère et le ministre de l'intérieur Diosdado Cabello, peuvent de moins en moins échapper à l'accusation de former un triumvirat de traîtres.
Trumpisation de l'Amérique latine et résistances
Après le Salvador, le Honduras, le Costa Rica, l'Argentine, le Pérou et la Colombie (où le novice en politique, Abelardo de la Espriella a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro) basculent dans le camp de la droite dure. De quoi inquiéter Lula da Silva au Brésil qui affrontera bientôt le fils de Bolsonaro. Pour accentuer la pression sur ce pays, les États-Unis ont classé le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), mafias engagées dans le trafic de cocaïne, l’orpaillage illégal, la prostitution et le blanchiment d’argent, comme organisations terroristes, parallèlement à l'augmentation des droits de douane. La mesure, avec les gels d'avoirs et les actions unilatérales qu'elle implique, peut menacer divers secteurs de l'économie brésilienne susceptibles de commercer avec ces cartels sans le savoir à travers des sociétés écrans (un peu comme la banque française BNP Paribas en 2014 avait écopé d'une amende américaine de 9 milliards pour avoir commercé avec l'Iran).
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Mais la Bolivie fait exception. En avril 2026, le gouvernement centriste de Rodrigo Paz Pereira, entré en fonction le 8 novembre 2025, a promulgué la loi 1720, visant à démanteler les protections constitutionnelles accordées à la petite propriété paysanne afin de favoriser les industries extractives à grande échelle. Cette loi a déclenché un mouvement de contestation qui a depuis lors engendré des blocages routiers, une marche indigène de Pando à La Paz, une manifestation massive à El Alto , et une grève de la faim menée par des femmes. Le pays a basculé dans une logique de grève générale, et le gouvernement a dû proclamer l'état d'urgence pour sortir La Paz du blocus.
Trump qui, après le succès de l'enlèvement du président Maduro au Vénézuela et d'une opération contre un cartel de la drogue dans ce pays, envisage d'autres opérations du même type en Equateur ou au Guatemala, tente de répliquer en Bolivie par l'ingérence indirecte. Le mardi 16 juin, Washington a annoncé la signature d'un accord avec la Bolivie visant à accroître l'intervention militaire américaine dans le pays.
De même que les organisations populaires boliviennes, le Mexique fait aussi aujourd'hui figure de résistant, en tenant un discours anti-impérialiste et anti-guerre, concernant le Proche-Orient, l'étranglement de Cuba etc. Les Les 5, 6 et 7 mai 2026 le Syndicat mexicain des travailleurs de l'électricité (SME) accueillait les délégations de 15 pays du continent américain dans le cadre d'une Rencontre nationale anti-impérialiste et antifascite, qui coïncidait avec la commémoration de la défaite des troupes françaises à Puebla le 5 mai 1862 face à des indigènes Xacapoaxtlas. Etaient présents à ce sommet les ambassadeurs du Venezuela et d'Iran. La délégation vénézuélienne comportait les députés du PSUV Gabriela Peña (Miranda), José Gregorio Colmenares (Aragua), et Ángel Marcano. Herban Vargas représentait ALBA Movimientos, Orlando Perez de la Centrale bolivarienne socialiste des travailleurs, Carlos Luis Ribero de l'Institut Simon Bolivar, Michael Humaña secrétaire de la centrale unitaire des travailleurs du Chili (syndicat de gauche), le professeur Edwin Hernandez du Honduras, la professeure de théâtre et syndicaliste Cintia Crespo, du Costa Rica, le syndicaliste péruvien Cesar Tito, Miguel Escobar, de la Federación Unitaria Sindical du Salvador, l'économiste et activiste Maribel Gordon du Panama, un représentant mexicain du Front populaire Francisco Villa, un de l'UPBA 28 de Octubre, le secrétaire général du syndicat SME etc. La forte présence de la délégation vénézuélienne montre que ce pays compte sur l'aide des mouvements de gauche mexicains.
Le Honduras ami des milliardaires trumpistes
Alors que les Etats-Unis s'enlisent dans le conflit avec l'Iran au risque de faire basculer l'économie mondiale dans un cycle d'inflation, les relations du Honduras avec Israël sont au beau fixe. Le mois dernier le pays a officiellement inscrit le Hamas et les Gardiens de la révolution iraniens sur sa liste des organisations terroristes étrangères.
Il s'agit de la conséquence de la victoire du conservateur Asfura, soutenu par Donald Trump, aux dernières élections présidentielles, qui a ouvert la voie à la restauration d'un régime qui a prospéré grâce à Palantir, une excroissance de la CIA qui a fourni l'intelligence artificielle pour écraser Gaza, ou Cellebrite, l'entreprise israélienne spécialisée dans les outils d'espionnage des téléphones portables.
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Après une tentative infructueuse en 2021, Nasry Asfura, fils d'immigré palestinien et maire Parti National de la capitale (où il est accusé d'avoir détourné un million de dollars), a remporté l’élection présidentielle au Honduras en un tour organisée dimanche 30 novembre, avec seulement 30 000 voix d'avance sur son rival. Le dépouillement, marqué par des « problèmes techniques » qui ont alimenté des soupçons de fraude, s’est éternisé durant trois semaines.
Le cadre général qui a présidé à cette élection a été mis au jour en avril dernier par le site Hondurasgate et Canal Red. 37 enregistrements, datés de janvier à avril 2026, ont été conjointement rendus publics . Ils révèlent un plan des Etats-Unis, d’Israël et de l’Argentine pour permettre le retour au pouvoir de l’ex-président du Honduras et narcotrafiquant Juan Orlando Hernández (du même parti, Parti National, qu'Asfura)z, ainsi que pour mener une grande campagne de déstabilisation des gouvernements de Gustavo Petro en Colombie et de Claudia Sheinbaum au Mexique. Trump qui prétend combattre le narco-trafic au Venezuela le promeut au Honduras en amnistiant Hernández .Les documents fuités révèlent également l’utilisation d’églises évangéliques pour promouvoir un récit d’« amnésie collective » concernant les crimes de l’administration Hernandez, dont le régime étaite, l’héritier d’un coup d’Etat militaire contre le président de gauche Manuel Zelaya en 2008. Le gouvernement israélien aurait quant à lui fourni des technologies d’espionnage, des renseignements et un soutien diplomatique.
Hernández avait avant 2022 fait d'énormes cadeaux aux amis de Trump, dont Peter Thiel en leur accordant la gestion de zones économiques spéciales privées auxquelles la candidate de gauche ("Libre) Xiomara Castro dans sa parenthèse de pouvoir en 2022-2025 n'aura pas pu mettre un terme. Ces zones correspondent au concept de "ville autonome" propsoé par l’ancien cadre de la Banque mondiale et économiste Paul Romer Elles s'inscrivent dans le projet de Praxis, une start-up financée par des milliardaires du secteur technologique qui vise à créer des cités-États libertariennes afin de « restaurer la civilisation occidentale. » Les ZEDE sont autorisées à avoir leur propre gouvernement, leur propre force de police, leurs propres tribunaux et leurs propres lois, de plus les impôts collectés ne seraient pas versés au gouvernement hondurien, mais aux ZEDE elles-mêmes. Próspera (l’une des trois ZEDE du Honduras) dispose même d’un centre Bitcoin associé à des entreprises technologiques qui proposent des thérapies géniques à 25 000 dollars, des « services d’implantation sous-cutanée et diverses mises à niveau cybernétiques. » Ce sont des reproductions en miniature de l'utipie techno-libertarienne poursuivie au Salvador voisin. Il en existe aussi en Afrique. Le système n'est pas sans rappeler les concessions en Chine au temps des colonies
Le pays de 10 millions d'habitants dont un tiers des revenus proviennent de sa diaspora (presque 10 % de sa population) et confronté à des problèmes sanitaires (dengue, rougeole etc)., et énergétiques de tous ordres. Des questions se posent sur les projets de privatisation du nouveau gouvernement.
Quand bien même celui-ci aurait la moindre velléité de résistance, comment pourrait-il échapper aux moyens de chantage des milliardaires ? Par exemple l'ouvrage « L'assaut des entreprises contre le Honduras » passe au crible le groupe Próspera et plus d'une douzaine d'autres sociétés transnationales qui ont intenté des poursuites contre le Honduras pour des milliards de dollars. Ces poursuites ont été rendues possibles par des privilèges exclusifs inscrits dans des accords de libre-échange, des traités bilatéraux d'investissement, une loi nationale sur l'investissement adoptée après le coup d'État et des contrats. Ces créances irrécouvrables pour un pays comme le Honduras constituent un moyen supplémentaire pour les entreprises de faire chanter les gouvernements afin de les contraindre à négocier sous la contrainte ou à prendre des décisions qui servent leurs intérêts. Avec une épée de Damoclès de plusieurs milliards pesant sur sa tête, le Honduras ne pèse pas bien lourd.
Le peuple cubain étranglé
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Jeudi, le ministre des Affaires étrangères étatsunien, Marco Rubio, a annoncé des mesures coercitives contre la compagnie pétrolière d'État Unión Cuba-Petróleo (Cupet). Il s'agit d'un nouveau durcissement du blocus américain, qui frappera de plein fouet les populations les plus vulnérables.Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Türk a déclaré « Les mesures de sanctions qui ciblent des secteurs économiques entiers et qui ont des conséquences considérables, aveugles et brutales pour la population sont incompatibles avec les principes des normes internationales relatives aux droits de l'homme »,
Des services médicaux essentiels tels que l’oncologie, la dialyse et la santé maternelle sont soumis à une pression considérable. Des données récentes de santé publique montrent des tendances alarmantes depuis l’imposition des restrictions de carburant, notamment un doublement de la mortalité infantile, qui atteint désormais 9,9 décès pour 1 000 naissances, et une baisse des taux de survie des enfants malades du cancer, qui sont passés de 85 % à 65 %. On assiste à une grave pénurie des médicaments essentiels, les stocks ayant chuté à environ 30 %. Les pénuries de carburant perturbent la chaîne agroalimentaire, ce qui entraîne une baisse de 60 % de la production alimentaire et une flambée des prix des denrées alimentaires de base.
Cuba fait face à un isolement croissant. Les entreprises partent. De moins en moins de compagnies aériennes desservent le pays. Ce dernier est pratiquement déconnecté des systèmes de paiement internationaux. La hausse des températures estivales risque d’accroître la propagation des maladies à transmission vectorielle et des maladies transmises par l’eau. La saison des ouragans aggrave encore cette vulnérabilité.
En réponse le gouvernement cubain opte pour l'autogestion et la décentralisation. « Les entreprises définiront leurs dimensions, a déclaré le président Diaz-Canel, elles définiront leurs systèmes de salaires, elles auront des pouvoirs illimités, sans obstacles, pour utiliser leurs bénéfices dans les domaines qu'elles comprennent, dans les domaines qu'elles approuvent ».Il a évoqué « les pouvoirs qui seront accordés en matière d'utilisation des terres : attribuer des terres à ceux qui sont réellement capables de les cultiver ; réduire au minimum les terres en friche ; maximiser la productivité ; garantir aux producteurs l'accès aux marchés des intrants, tant en devises étrangères qu'en monnaie nationale ; leur donner accès au marché des changes ; et permettre aux producteurs de tous les secteurs – public, coopératif, privé et investissements étrangers, y compris ceux impliqués dans la production alimentaire – d'interagir et de nouer des partenariats. » Il a aussi déclaré que la municipalité devrait avoir le pouvoir d'importer et d'exporter, et ne pas dépendre de plans centraux ; qu'elle devrait pouvoir gérer les recettes en devises étrangères en fonction de sa capacité à stimuler et à gérer les investissements directs étrangers dans son propre intérêt ; qu'elle devrait pouvoir gérer les investissements ou les projets avec des Cubains résidant à l'étranger ; qu'elle devrait pouvoir approuver les investissements des Cubains résidant à Cuba ; et qu'elle devrait pouvoir faciliter toutes les interconnexions et tous les partenariats entre tous les acteurs économiques.
Le Salvador, prison physique et numérique qui fait des émules
Ami de Donald Trump, pour lequel il gère des prisons qui accueillent ses migrants refoulés de diverses nationalités, le régime salvadorien de Nayib Bukele est aussi devenu une prison numérique.
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Dans une vidéo de plus d’une heure enregistrée dans un salon du palais présidentiel, le chef de l’Etat a présenté le mois dernier son intention de confier à Gemini, l’intelligence artificielle (IA) de Google, le suivi de maladies chroniques (diabète, hypertension, insuffisance rénale…) à travers l’application DoctorSV. Le système propose de remplir un questionnaire de santé sur l’application, pour de la médecine préventive avec diagnostic en ligne et gestion automatique de sa prise de médicaments.
Le président BuKele s'est aussi associé à Elon Musk pour déployer Grok, le chatbot de sa société d'intelligence artificielle, auprès de plus d'un million d'élèves à travers le pays, selon une annonce faite jeudi par xAI. Au cours des deux prochaines années, le plan prévoit d'intégrer Grok à plus de 5 000 écoles publiques dans le cadre d'un programme éducatif basé sur l'intelligence artificielle. Il confie désormais à un chatbot la création de programmes scolaires à travers le pays.
En outre le Salvador est devenu le premier pays au monde à utiliser le bitcoin comme monnaie légale (avant de subir quelques revers une fin de non recevoir du FMI à ce sujet). Il est aussi en pointe dans le projet des "smart cities", qui va avec cette notion de connexion tous azimuts, ce qui lui attire non seulement la sympathie des Etats-Unis mais aussi de cet autre champion de la surveillance des gens qu'est la Chine.
Rappelons ici en deux mots l'histoire récente du Salvador. Le mouvement Farabundo Marti de libération nationale, FMLN, ancienne guérilla, a gouverné pendant deux mandats législatifs, de 2009 à 2014 et de 2014 à 2019. Au cours de cette période, il a mis en œuvre d’importantes réforme. Comme l'explique la journaliste Hilary Goodfriend sur Jacobin, "un vaste système de soins de santé communautaires préventifs, inspiré du modèle cubain, avec des dispensaires répartis dans tout le pays, et ont entrepris d'importants projets de construction d'hôpitaux. Ils ont supprimé les frais d'accès aux services de santé publique. Dans le domaine de l'éducation, ils ont instauré des réformes majeures, rendant l'université publique gratuite pour les élèves des écoles publiques et distribuant des fournitures scolaires, des uniformes et des repas à ces élèves, d'abord au niveau primaire, puis jusqu'au lycée. Tous ces articles étaient fournis par de petits producteurs locaux, ancrés dans la communauté. Le FMLN a réalisé des progrès législatifs et politiques en matière d'égalité des sexes". Mais "malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, les hausses du salaire minimum et autres mesures similaires, les structures d'accumulation et d'inégalité n'ont subi aucune transformation majeure." Les homicides et la violence des gangs ont atteint des records, et le FMLN, pas seulement la droite, ont été touchés par des scandales de corruption. Le populiste Nayib Bukele a su en tirer profit. Fils d'un bourgeois palestinien chrétien converti à l'Islam, proche du FMLN et plus particulièrement de son aile communiste dirigée par Schafik Hándal, lui aussi d'origine palestinienne, il a percé dans ce mouvement sous ses propres couleurs, ce qui lui permit de devenir maire de la capitale. En 2017 il s'est émancipé du FMLN et a mené sa campagne électorale avec succès sur le thème de la lutte contre la corruption.
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A la suite d'une campagne de répression de la criminalité énergique dans le cadre d'un état d'urgence indéfiniment prolongé, il a mis 2 % de la population de son pays en prison (un record mondial). Les deux principales pandillas (bandes) qui déchiraient le pays — la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio-18 avec ses deux factions, les Revolucionarios et les Sureños — ont été mises en déroute. Le taux d'homicide a baissé de 98 %... au prix du sécrifice des droits individuels, et notamment de l'asphyxie totale de la presse.
Par ailleurs il axe sa stratégie économique sur la promotion du tourisme et de l'extraction minière, et utilise les milliers de prisonniers pour construire des infrastructures. Mais la pauvreté a explosé depuis son arrivée au pouvoir et les investissements directs étrangers sont en baisse. La dette publique a atteint des sommets et le système de retraite, que son gouvernement a utilisé comme une caisse noire, est en pleine crise, cependant pour l'heure sa position hégémonique dans l'espace politique salvadorien ne paraît pas remis en cause. Il rayonne même comme modèle pour la droite populiste de pays voisins comme le Costa Rica, ou la Colombie, et même au sein de certaines tendances du Parti démocrate américain.
Bolivie : l'impérialisme menace le peuple
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Malgré l'annonce d'un futur remaniement par le président Rodrigo Paz jeudi 21 mai, les manifestations se poursuivent en Bolivie. Depuis près de trois semaines, la capitale La Paz est le théâtre de violentes protestations contre la politique libérale du pouvoir en place. La Bolivie traverse une crise économique persistante due à la baisse de sa production de gaz naturel. Son taux d'inflation annuel a atteint 14 % en avril. L'élément déclencheur du mouvement fut une réforme agraire en faveur des grands propriétaires, tandis que le peuple a le sentiment d'être privé de son choix aux élection nationales depuis que le leader socialiste Evo Morales (qui avait multiplié par 3 en 15 le PIB par habitant et supprimé l'analphabétisme) est empêtré dans un "law fare" comme l'ont été d'autres politiques du sous-continent (Christina Hernandez, Lula da Silva).
Plus d'une douzaine de pays d'Amérique du Nord et du Sud ont appelé au calme en Bolivie, où des manifestations d'envergure se poursuivent depuis des semaines, réclamant la démission du président Rodrigo Paz. La coalition menée par les États-Unis, baptisée Bouclier des Amériques, a déclaré ne pas pouvoir permettre le renversement des dirigeants boliviens démocratiquement élus.
Cuba : le début de la fin de l'indépendance ?
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Une première depuis 1960, un directeur de la CIA John Ratcliffe s'est rendu jeudi à Cuba et a rencontré Raúl Guillermo Rodríguez Castro petit fils de Raul le frère de Fidel, et ministre de l'intérieur, et le Général Lázaro Álvarez Casas, chef du contre-espionage. « Ratcliffe était là pour transmettre personnellement le message du président Donald Trump selon lequel les États-Unis sont prêts à s'engager sérieusement sur les questions économiques et de sécurité, mais seulement si Cuba apporte des changements fondamentaux », a déclaré la CIA. Le fait que le chef de la CIA se soit entretenu avec le ministre cubain de l'Intérieur laisse supposer une conversation axée sur la sécurité, le renseignement et la coopération policière, plutôt que sur un échange diplomatique traditionnel.
Le ministre cubain de l'Énergie, Vicente de la O Levy, a déclaré que les stocks de diesel et de fioul du pays étaient complètement épuisés et que le système énergétique était en soins palliatifs. La Havane n'a plus que deux heures d'électricité par jour.
Les États-Unis ont officiellement proposé une aide humanitaire de 100 millions de dollars à Cuba, tandis que le gouvernement de l'île a déclaré pour la première fois être disposé à examiner la proposition.
Il semble qu'un des éléments du chantage pourrait être l'expulsion de Raul Castro, ex-numéro un du régime après son frère Fidel Castro, poursuivi par le Département de Justice américain.
La présidente argentine accuse Washington de vouloir l'assassiner
La présidente Cristina Fernández de Kirchner a affirmé lors d'une allocution télévisée que les Etats-Unis pourraient conspirer pour la faire renverser et peut-être, même, l’assassiner. Kirchner a déclaré que ses services de sécurité avaient reçu 3 emails de menaces provenant des Etats-Unis.
Ses opposants et Hillary Clinton mettent en cause sa santé mentale (The Guardian).
Venezuela : Maduro dénonce la possibilité d'une guerre bactériologique
Le 12 septembre, le président du Collège médical de l'hôpital d'Aragua (Venezuela), Angel Sarmiento, a indiqué que huit personnes sont mortes dans le HCM ces derniers jours par une maladie qui n'a pas encore été déterminée et que l'on appelle pour l'instant "syndrome hémorragique fébrile aigu". Le premier décès à El Limón remonte au 9 septembre à minuit (El Nacional). L'opposition s'est emparée du dossier en dénonçant la recrudescence générale des épidémies au Venezuela (paludisme, chikungunya) qu'elle impute à l'incurie des politiques de santé.
En réplique le président Nicolas Maduro dimanche sur la chaîne Noticias 24 horas, a dénoncé : "Une guerre internationale est en cours, camarades et compatriotes, menée par ceux qui veulent mettre le Venezuela à genoux. Une guerre bactériologique, psychologique, une guerre menée par les finances internationales, mais le Venezuela restera ferme, dans sa politique sociale, dans son économie et ses finances". Il a annoncé que des experts internationaux (dont des Cubains) sont arrivés à Caracas afin d'aider le pays dans la lutte contre une attaque bactériologique.
Tarek el Aissam, 40 ans, ancien ministre de l'intérieur de Chavez qui a pris la succession de Maduro à la vice présidence du Parti socialiste unifié du Venezuela,est le gouverneur de la région d'Aragua, ce qui accrédite l'hypothèse d'un ciblage politique.
Le gouvernement du Venezuela dénonce aussi depuis plusieurs mois l'existence d'une "guerre économique" à l'origine de l'inflation dans le pays, sur le modèle de celle qui était venue à bout du gouvernement Allende au Chili en 1973.
Plus récemment, le président Maduro a aussi signalé l'existence de ce qu'il a appelé une "guerre psychologique" : vagues de rumeurs et de fausses informations, graphiques truqués diffusés par les réseaux sociaux au sujet de maladies infectieuses (y compris l'Ebola) à l'hôpital central de Maracay etc.
Brésil : Marina Silva, joker "apolitique" de la bourgeoisie contre Dilma Rousseff
Evangéliste, écologiste fervente mais aussi adepte d'une politique économique néolibérale et censeur de l'actuel processus d'intégration régionale (Unasur), l'ex-ministre Marina Silva, une amazonienne descendante de Noirs et d'Indiens, candidate du "Parti socialiste du Brésil" (après la mort accidentelle du précédent candidat de ce parti le 13 août dernier, mais Marina Silva, elle, se dit "apolitique") vient perturber pour les élections présidentielles du 5 octobre le jeu politique entre le parti des travailleurs (PT) et sa candidate, la présidente sortante Dilma Rousseff et.le Parti social-démocrate (PSDB), de droite, dont le candidat est facilement identifiable aux échecs du gouvernement de Fernando Henrique Cardoso dans les années 2000.
En 2012 le gouvernement britannique a invité Silva à être l'un des huit porteurs de la torche lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques, ce qui avait souligné ses liens avec la monarchie britannique (rappelons qu'en juillet 2014 la banque de Santander, filiale du groupe du baron anglais Rothschild avait émis à l'intention de ses adhérants un bulletin hostile à la réélection de Dilma Rousseff). Lors de la présidentielle de 2010 le président de l'ONG de protection de la nature World Wildlife Fund-Brésil (WWF Brésil) Alvaro de Souza était devenu président du Comité des finances de campagne de Silva. En échange Silva, ministre de l'écologie, a accordé de nombreuses zones à gérer au WWF. Le WWF est contrôlé par le mari de la reine d'Angleterre.
Les sondages d'opinion jusqu'à présent indiquent que Dilma Rousseff a sa principale base de soutien parmi les plus humbles qui vivent avec jusqu'à deux fois le salaire minimum (1 448 reais, d'environ 650 $), un groupe qui représente 40 % de l'électorat brésilien. Parmi ceux qui gagnent entre 3 et 5 salaires minimum (la «nouvelle classe moyenne») les soutiens sont divisés à parts égales entre les deux candidates, tandis que Marina Silva s'impose parmi ceux qui gagnent plus de 5 fois le salaire minimum (El Economista). Sa percée dans les sondages était mise à l'honneur Wall Street Journal le 26 août.
Le Brésil, membre des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est un pivot de l'unification de l'Amérique du Sud. Il a mené des batailles récemment contre l'espionnage américain, contre la tutelle des Etats-Unis sur le Net, mais aussi contre le colonialisme français au Mali. La victoire de Silva impliquerait la sortie immédiate du pays des BRICS.