sous continent indien
L'ONU prolonge le mandat de sa mission en Afghanistan
Le mandat de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Unama), malgré les réticences initiales des Etats-Unis, a été renouvelé à l'unanimité des votes du Conseil de sécurité lundi 15 juin. Le représentant de la Chine, auteur de la résolution, a déclaré que la Mission devrait se concentrer à la fois sur les besoins de l'Afghanistan et sur les préoccupations de la communauté internationale. A la différence de nos médias, la Chine n'attire pas seulement l'attention sur le sort des femmes et des enfants (le décret du 14 mai 2026 n° 18 intitulé « Code sur la séparation judiciaire des époux » définit les conditions dans lesquelles les femmes et les filles peuvent demander la dissolution d’un mariage. Il comprend des dispositions qui entérinent les mariages arrangés pendant l’enfance et restreignent la capacité des femmes et des filles à contester ce type d’unions ou à y mettre un terme) mais aussi sur les sanctions économiques occidentales et la confiscation des avoirs souverains afghans.
Un Afghan sur trois ignore aujourd’hui quand et comment il prendra son prochain repas. 15,8 millions de personnes sur une population de 41,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë.
Les catastrophes naturelles ont aggravé une situation déjà critique. Dans la province d’Hérat, trois séismes de magnitude 6,3 survenus en l’espace de huit jours en octobre dernier, ont endommagé 40 000 habitations, dont 10 000 ont été totalement détruites, laissant 245 000 personnes sans logement. Beaucoup vivent encore sous des tentes ou dans des abris précaires, exposées aux températures hivernales.
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Par ailleurs, depuis l’annonce par le Pakistan en novembre 2023 du renvoi des étrangers en situation irrégulière, plus de 450 000 Afghans ont été contraints de rentrer dans leur pays, dont 85% de femmes et d’enfants. Leur retour accentue la pression sur des ressources déjà limitées et nécessite une aide d’urgence, ainsi qu’un accompagnement sur le long terme. Le Pakistan en outre bombarde périodiquement l'Afghanistan en représaille d'attaques terroristedans la province du Khyber Pakhtunkhwa contrôlée au tiers par la guérilla Talibans du Pakistan / Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et divers attentats dans d'autres provinces.
En juin 2025, Trump s'était rapproché du Pakistan pour mener sa guerre des douze jours contre l'Iran. L'impérialisme indien a réagi à l'approfondissement des relations américano-pakistanaises en renforçant son soutien aux talibans. L'activisme de la Chine à l'ONU pour sauver l'UNAMA aujourd'hui s'explique en partie par son inquiétude de voir l'instabilité au Pakistan et en Afghanistan menacer ses projets économiques de "Route de la Soie".
Népal : les impairs du premier ministre rappeur
Le rappeur centriste devenu premier ministre Balendra Shah, 35 ans, porté au pouvoir au Népal à l'issue des élections du 5 mars dernier par la révolte de la Gen Z, se rapproche de Washington. La sous-secrétaire d'État américaine à la diplomatie publique, Sarah B. Rogers, est arrivée à Katmandou samedi dernier pour renforcer les liens entre les deux pays.
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Shah veut aussi plaire à Modi et a brisé un tabou en déclarant que le Népal empiétait en partie sur du territoire indien. Le député du Parti communiste népalais naguère au pouvoir, Bishnu Bahadur Bishwakarma a exigé la démission immédiate du premier ministre. Le parti du Congrès, premier parti d'opposition s'est aussi indigné.
C'était la première participation de Shah aux questions au gouvernment, exercice auquel il s'était dérobé jusqu'ici. Il l'a fait alors qu'il n'était même pas interrogé et cet impair révèle un manque de professionnalisme car il n'avait pas été concerté avec ses collaborateurs.
Loin d'admettre ses limites, Shah est plutôt du genre à concentrer les pouvoirs. Il a tenté de légiférer par voie d'ordonnances . Le fonctionnement du Conseil constitutionnel, chargé de recommander les responsables des institutions étatiques, a été modifié afin de conférer au Premier ministre le pouvoir de nommer le nouveau président de la Cour suprême, faisant ainsi planer le spectre d'une mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire. De même, sur la base d'une autre ordonnance, le gouvernement a révoqué 1 500 hauts fonctionnaires sans prévoir leur remplacement. Cette mesure a affecté des fonctions essentielles telles que la réglementation de l'aviation civile et l'organisation des examens scolaires.
L'Etat de grâce du premier ministre rappeur pourrait donc être plus bref que prévu dans ce pays très pauvre où la population a mené à bien déjà de nombreuses révoltes depuis la chute de la monarchie en 2008.
Inde : les communistes perdent le Kerala
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La gauche n'a pas le vent en poupe en Inde. Au Kerala (33 millions d'habitant) qui a été gouverné pendant 50 ans par les communistes, le parti du Congrès (centriste) vient de l'emporter.
Par ailleurs le Bengale occidental (100 millions d'habitants dont un tiers de musulmans) qui a été gouverné par les communistes (PCI-M) de 1977 à 2011 vient de basculer dans le camp du parti du premier ministre Modi, comme l'avait fait en 2019 le Tripura (4 millions d'habitants) qui avait été aussi gouverné pendant des décennies par les communistes. L'ex-chef ministre libérale (All India Trinamool Congress) Mamata Banerjee accuse Modi d'avoir fait radier des listes des millions d'électeurs musulmans, mais cela n'explique pas tout.
Au niveau national, la gauche est passée de 62 sièges au Parlement en 2004 à 8 aujourd'hui, alors pourtant qu'en 2024 le parti de Modi avait subi un revers en perdant la majorité absolue. Et le Parti du Congrès (centriste) ne contrôle plus que 4 des 28 Etats indiens tandis que le parti nationaliste de Modi en contrôle 21.
En 2020-2021 et de nouveau en 2024, des agriculteurs ont mené des actions contre les réformes du gouvernement. Et les syndicats ont organisé des grèves massives impliquant entre 200 et 300 millions de travailleurs en 2020, 2025 et 2026. Mais les partis de gauche n'ont pas pris le relai. Dans les États où elle exerçait un contrôle politique, la gauche a recherché le compromis avec les grandes entreprises epour attirer les investissement des multinationales. Au Kerala les communistes qui avaient mené une action volontariste pendant la crise du Covid, et s'étaient vanté en 2025 d'avoir vaincu l'extrême pauvreté, avaient tenté de briser l'an dernier la grève des personnels médicaux des centres de santé ruraux, et leur ministre de l'industrie P. Rajeev en avril dernier se félicitait de la progression de son Etat au classementd e l' "Ease of Doing business" (des facilités pour la pratique des affaires).
Par ailleurs il n'y a plus de guérilla marxiste en Inde. Le ministre de l'intérieur Amit Shah le 30 mars dernier a annoncé en avoir fini avec la rébellion naxaliste.
-- Voir l'interview de PJ James, secrétaire général du PCI(ML) sur Redstaronline, et sur Frontepopolare.ner.
Le PC indien menacé par l'extrême droite au Kérala
Au Kérala (sud de l'Inde), après l'assassinat du militant de l'organisation historique d'extrême-droite Rashtriya Swayamsevak Sangh (Organisation volontaire nationale, dont un membre avait assassiné Gandhi), E. Manoj (42 ans), le BJP (Parti nationaliste hindou au pouvoir à Dehli) a accusé le Parti communiste (CPI-M) d'être derrière ce meurtre et a demandé aux autorités locales de faire en sorte que cela ne puisse plus se reproduire. Le député communiste Sakho a répliqué que les heurts entre communistes et RSS étaient fréquents dans cet Etat.
Dans un communiqué le 18 avril, le PC du Kérala avait dénoncé l'augmentation de la criminalité dans l'Etat du Kérala, notamment l'assassinat de plusieurs centaines de femmes, et les meurtres politiques contre les militants de gauche, avec la complicité des forces de police de droite.
L'Etat du Kerala, qui a été souvent dirigé par le parti communiste en alternance avec d'autres partis, est gouverné depuis 2011 par le Front démocratique uni (centriste), auquel le secrétaire d'Etat de l'ONu Ban Ki-Moon a rendu hommage en 2013.
Népal : les Etats-Unis mettent les partis politiques sous pression
Un rapport "Diagnostic de la croissance népalaise" co-édité par le gouvernement népalais et la Millennium Challenge Corporation (un organe gouvernemental américain très soutenu par Obama en ce moment) déplore que l'instabilité politique au Népal ne permette pas de mettre en oeuvre les investissements publics nécessaires au développement du pays. Le rapport regrette notamment qu'un quart du revenu de l'industrie soit perdu du fait des coupures d'électricité, dénonce les goulets d'étranglement en matière de transports, et le fait que les syndicats alignés sur les partis politiques organisent des grèves de solidarité avec eux. Le rapport est dans la lignée de la baisse de 15 % de l'aide bilatérale américaine au Népal annoncée en mars, diminution budgétaire pour le troisième année consécutive.
Le Népal reste sous un régime d'assemblée constituante et toujours aucune constitution définitive n'a été adoptée.
De leur côté, après une défaite humiliante aux élections du 19 novembre à l'assemblée constituante, 4 des 5 factions maoistes népalaises (sans le CPN Maoist CP - on utlisera ici les acronymes anglais), UCPN-M (le principal parti des 4), CPN-M, Matrika Yadav-led CPN(M) et Mani Thapa-led Revolutionary Communist Party ont décidé de se fédérer face au Nepali Congress qui ne cesse de remporter toutes les élections intermédiaires y compris dans les fiefs maoïstes.
Victoire de la droite nationaliste en Inde
Le BJP remporte la majorité absolue des sièges à l'Assemblée nationale indienne, comme l'avait fait le parti du Congrès en 1984, mettant fin au gouvernement de ce dernier au pouvoir depuis 2004.
Au Bengale Occidental les communistes qui avaient perdu la majorité en dans leur Etat en 2011 sont marginalisés et n'envoient plus que 2 députés à l'assemblée nationale. Au Kerala le Parti du Congrès est en tête avec 8 députés, mais les partis marxistes le talonent avec 7 sièges (dont 5 au Parti communiste).
Le BJP est en tête partout sauf dans les Etats d'Odisha, Manipur, Maghalaya, Bengale occidental, Kerala, Penjab, Andhra et Tamil Nadu.
Vijay Prashad, contributeur de l'Atlas alternatif, et membre du parti communiste Indien (PCIM), dans Thebricspost.com met en cause la politique néo-libérale du Parti du Congrès (centre-gauche) : " L'ardoise de la politique de la coalition UPA dirigée par le Congrès a intensifié les inégalités", constate-t-il, mais il note que dans le Gujarat géré par le BJP de droite, la corruption n'est pas moindre. Son leader Narendra Modi, issu des castes pauvres, végétarien, a été accusé d'inertie lors des émeutes anti-musulmanes du Gujarat en 2001 qui avaient fait 1 000 morts. Modi avait été interdit de visa aux USA en 2005 sous l'empire de la loi de défense du pluralisme religieux, mais ayant été blanchi par la Cour suprême indienne en 2010, il devrait avoir des rapports apaisés avec B. Obama qui a particulièrement besoin de l'Inde dans son dispositif militaire en Asie.
Bangladesh : ingérence du parlement européen en faveur du régime
Le gouvernement par intérim, dirigé par la première ministre, Sheikh Hasina, de la Ligue Awami (centre gauche laïque) a organisé les élections générales, au terme d'une année 2013 qui aura été, selon les observateurs, l'année la plus violente dans l'histoire du Bangladesh depuis l'indépendance. Ces élections ont été boycottées par la coalition d'opposition, dirigée par le BNP (Parti nationaliste du Bangladesh, de droite), qui insistait pour avoir un gouvernement «non partisan» chargé des affaires courantes et se sont déroulées avec un faible taux de participation. Le parti gouvernemental a remporté 80 % des sièges.
Alors que selon Mir Hasan Rashedul, le parti au pouvoir est responsable de la majeure partie des violences, le parlement européen le 16 janvier a voté une résolution qui, tout en critiquant les violations des droits de l'homme par le régime, accuse l'opposition de la violence, qualifie le parti Jamaat-e-Islami et le mouvement Hefazat d'«extrémistes», demande au principal parti d'opposition, le Parti nationaliste du Bangladesh de se distancier de ces organisations (ce qui revient à l'accuser de collusion avec l'islamisme radical). Selon cet article la position du parlement européen reflète l'intérêt des Occidentaux à ménager la bourgeoisie laïque du pays, cliente de leurs produits d'exportation, quitte à ce que celle-ci impose une dictature, plutôt que de laisser le peuple voter souverainement.
Selon Mir Hasan Rashedul le Parlement européen est dans le deux poids deux mesures, soutenant les actions violentes de l'opposition en Ukraine, et condamnant celles du Bangladesh. Ce faisant l'Europe s'alignerait sur l'Inde qui avait déjà demandé aux Etats-Unis de modérer leur position en faveur d'une inclusion de l'opposition au régime de la Ligue Awami dans le processus électoral, et qui voit dans ce régime un rempart contre le chaos.
Les morts du Rana Plaza et la répression au Bangladesh
"Le mercredi 24 avril, juste après que les autorités du Bangladesh aient demandé aux propriétaires d'évacuer leur usine de confection qui emploie près de trois mille ouvriers, le bâtiment s'est effondré. Ce bâtiment, Rana Plaza, situé dans la banlieue de Dhaka Savar, produit des vêtements pour la filière qui s'étend depuis les champs de coton de l'Asie du Sud jusqu'aux pour sociétés de vente au détail dans le monde ocidental en passant par les machines et les travailleurs du Bangladesh. (...)" 2 000 personnes ont été sauvées, 300 sont mortes. "Cet "accident" intervient cinq mois (24 Novembre 2012) après l'incendie d'une usine textile Tazreen qui a tué au moins cent douze travailleurs." "Ces usines au Bangladesh font partie du paysage de la mondialisation qui est imité dans les usines le long de la frontière américano-mexicaine, en Haïti, au Sri Lanka et dans d'autres endroits qui ont ouvert leurs portes à un usage malin de l'industrie du vêtement de la nouvelle fabrication et ordre commercial des années 1990. Des pays soumis qui n'avaient ni la volonté patriotique de se battre pour leurs citoyens, ni aucun souci de l'affaiblissement à long terme de leur ordre social se sont précipités pour accueillir la production de vêtements. Les grands producteurs de vêtements ne voulaient plus investir dans les usines - ils se sont tournés vers des sous-traitants, en leur offrant des marges très étroites pour les bénéfices et les forçant ainsi à gérer leurs usines comme des camps de travail".
Pourtant les résistances existent : "Tout récemment, en Juin 2012, des milliers de travailleurs dans la zone industrielle Ashulia, en dehors de Dhaka, ont protesté contre des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Pendant des jours, ces travailleurs ont fermé trois cents usines, bloquant la route Dacca-Tangali à Narasinghapur. Les travailleurs gagnent entre 3000 taka (35 dollars) et 5.500 taka (70 dollars) par mois, ils voulaient une augmentation entre 1500 taka (19 $) et 2000 taka (25 dollars) par mois. Le gouvernement a envoyé trois mille policiers pour sécuriser les lieux, et le Premier ministre a offert supplications anodines qu'elle se pencherait sur la question. Un comité de trois membres a été mis en place, mais rien de substantiel est sorti."
" Il ya seulement dix-huit inspecteurs et inspecteurs adjoints pour surveiller 100.000 usines de la région de Dhaka, où la plupart des usines de confection sont situées. Si une infraction est détectée, les amendes sont trop faibles pour générer des réformes. Lorsque les travailleurs tentent de former des syndicats, la répression sévère menée par les dirigeants est suffisante pour anéantir leurs efforts. Gestion préfère les flambées de violence anarchiques à la consolidation constante du pouvoir des travailleurs. En fait, la violence a conduit le gouvernement bangladais à créer une cellule de gestion de crise et une police industrielle de ne pas surveiller les violations des lois du travail, mais pour espionner les organisateurs des travailleurs".
"Voilà plusieurs mois que le Bangladesh est secoué par de grandes manifestations à propos de son histoire — en février, la terrible violence que le Jamaat-e-Islami a fait subir aux combattants de la liberté de 1971 (le BNP) a poussé des milliers de personnes à se rassembler à Shanbagh, à Dacca. Ce mouvement de protestation s'est depuis transformé en une guerre politique entre les deux grands partis et a fait oublier les appels à la justice pour les victimes de ces violences." (Vijay Prashad, contributeur du livre "Atlas aternatif" dans Couterpunch).
Cette guerre civile larvée est cependant passée sous silence en France où l'OFPRA depuis 2011 refuse systématiquement l'asilement politique aux militants du BNP et du Jamaat-e-Islami qui le sollicitent (voir Slate.fr).
L'ICG contre le Sri-Lanka, le président du parlement sri-lankais à Cuba
Granma Le président du Parlement cubain reçoit le 28 mars son homologue sri-lankais Chamal Jayantha Rajapaksa. En février l'International crisis group financé par la Fondation Soros appelait à une action internationale au Sri Lanka.
Le Pakistan se rapproche de la Russie
Début juin le représentant de Vladimir Poutine Zamir Koubolov était en visite au Pkistan où il rencontrait la ministre des affaires étrangères Hina Rabbani Khar peu de temps après la visite à Islamabad du ministre des affaires étrangères chinois. Cette rencontre avait pour but de rapprocher les points de vue des deux pays sur la guerre en Afghanistan, mais aussi de préparer une coopération russo-pakistanaise en matière énergétique alors qu'Islamabad vit dans la pénurie récurrente d'électricité. Depuis 2006 Gazprom rêve de construire un gazoduc Iran-Pakistan-Inde et la Russie souhaiterait intégrer le Pakistan dans l'Organisation de coopération de Shanghaï pour créer une coordination énergétique entre les exportateurs (Iran-Russie-Asie centrale) et les trois grands consommateurs (Chine-Inde-Pakistan), un schéma auquel toutefois le Turkéménistan (important exportateur) hésite à adhérer.
Moscou aurait donc proposé au Pakistan une aide énergétique et une participation dans deux projets de gazoducs TAPI (Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) et IP [Iran-Pakistan], de préférence négociés au niveau gouvernemental plutôt que par appel d'offre. La visite de Vladimir Poutine prévue pour septembre prochain (première visite d'un président russe dans ce pays depuis sa création) pourrait marquer une progression de l'entente russo-pakistanaise sur ces dossiers.
Selon l'ancien diplomate indien M. K. Bhadrakumar , l'adhésion du Pakistan à cette stratégie eurasiatique serait catastrophique pour Washington car elle exclurait définitivement les Etats-Unis de l'Asie centrale (et ce d'autant plus que l'Inde esquisse un rapprochement avec la Chine dans le domaine de l'énergie).
Mais l'alliance énergétique n'est pas le seul ciment de la nouvelle amitié russo-pakistanaise. Il y a aussi la menace talibane. A partir du retrait américain d'Afghanistan en 2014, les islamistes sont susceptibles de créer un Etat qui couvrira tout ou partie de l'Afghanistan et d'attaquer les Républiques d'Asie centrale ex-soviétiques. Ils pourraient aussi être tentés de tourner leurs ambitions vers le Pakistan en partie peuplé de Pachtounes sympathisants de leur cause, ce qui crée un intérêt entre Ismabad et Moscou pour une stratégie commune d'endiguement.
Si après les excuses bien tardives d'Hillary Clinton le 3 juillet pour les 24 soldats pakistanais tués dans des attaques de drones US, le gouvernement Zardari a accepté de réouvrir la voie d'approvisionnement des troupe de l'OTAN en Afghanistan, la tendance de long terme semble bien être celle de l'éloignement entre le Pakistan et les Etats-Unis.