Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

asie du sud-est-pacifique

Mouvement social en Indonésie : les militaires dénoncent l'ingérence de Soros

9 Août 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique, #x - Ingérence impérialisme global

Suite à la hausse des prix des carburants le 10 juin dernier, une vague de manifestations a été déclenchée dans diverses villes d'Indonésie, comme cela avait déjà été le cas en 2025 (mais dans des proportions moindres), contre la corruption du régime militaire qui gouvrne le pays depuis plus de cinquante ans.

Le président Prabowo, arrivé au pouvoir en octobre 2024, et ses partisans sur les réseaux sociaux pointent du doigt le milliardaure américain proche de démocrates George Soros (qui a financé de nombreuses révolutions de couleur de la Géorgie à la Tunisie) et une tentative de révolution colorée. Amnesty International s"en offusque et estime que l'épouvantail de Soros est devenu l'alibi de toutes les répressions (notamment contre les opposants à l'extraction minière). 

Le camp pro-gouvernemental et les manifestants utilisent les réseaux sociaux, les uns pour minimiser l'ampleur du mouvement social, les autres pour l'exagérer (en recyclant des vidéos des années précédentes - recyclage que des  chercheurs de l'université Monash, sur la base de l'étude de 197 000 publications sur les réseaux sociaux entre le 26 juillet et le 1er août,  estiment orchestré).

L'Indonésie, pays musulman le plus peuplé, présente un enjeu géopolitique important. Elle vient d'intégrer les BRICS, et son président Prabowo Subianto* s'est rendu à plusieurs reprises à Moscou. Celui-ci a rendu hommage au père de l'indépendance indonésienne non-aligné Soekarno, renversé par un coup d'Etat sanglant de la CIA en 1965, dont il a le portrait dans son bureau, alors pourtant qu'il est lui-même (et il a rappelé ce paradoxe récemment) le fils de Sumitro Djojohadikusumo, ministre du commerce du régime pro-américain et le gendre de l'ancien dictateur Suharto.

Lire la suite
Publicité

Vers plus de transparence des réunions du Traité sur l'Antarctique ?

1 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe, #Asie du Sud-Est-Pacifique

La 48e réunion consultative du Traité sur l'Antarctique (RCTA), qui s'est tenue pendant dix jours en mai, a rassemblé les 29 parties consultatives et les 29 parties non consultatives qui gouvernent le continent antarctique soit près de 10 % de la surface terrestre. Parmi elles figurent l'Australie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, les Pays-Bas, la Russie, l'Afrique du Sud et les États-Unis, qui prennent des décisions en matière de protection de l'environnement, de science, de tourisme et de gouvernance en Antarctique.

Une fois n'est pas coutume, le rapport final préliminaire, publié le 19 juin après la clôture de la réunion le 21 mai, paraît nettement plus tôt que ne l'exigent les règles du Traité. Ces règles prévoient un délai maximal de trois mois pour la publication dans les quatre langues officielles : anglais, français, russe et espagnol.

Selon le journal sud-africain Daily Maverick, cette transparence inhabituelle résulte d'une  campagne menée par les Pays-Bas (qui occupent le 2e rang mondial en matière de liberté de la presse), avec le soutien de Canberra et de Séoul, cette initiative vise à améliorer la communication avec le public, à élargir la participation et à rendre plus ouverte l'une des instances diplomatiques les moins accessibles au monde.

Toutefois les règles du Traité exigent que la séance plénière d'ouverture se tienne en public. Or les gouvernements limitent depuis des décennies,l'accès à la seule cérémonie d'ouverture, tandis que les discussions de fond se déroulaient à huis clos. Certains espèrent que le fait que le prochaine réunion se tienne au Pays-Bas continue à améliorer la transparence. Cependant les facteurs de résistance sont forts. Par exemple l'Allemagne, pays qui devient de plus en plus liberticide sur les questions de politique étarngère, a plaidé pour une censure des réseaux sociaux sur ce sujet, ce que la Norvège n'a pas accepté.

Le traité de 1959 sur l'Antarctique a figé le continent dans un pacte de « souveraineté gelée » hérité de la Guerre froide, réservant la plus grande réserve d'eau douce au monde à la seule recherche scientifique et interdisant toute activité militaire. Mais les récentes découvertes russes de vastes gisements de pétrole, de gaz et de terres rares font craindre que ce fragile consensus ne se transforme en une nouvelle lutte pour les ressources. La question est de savoir si le Protocole de Madrid de 1998 qui bloque les extractions jusqu'en 2048 tiendra au delà de cette date.

Actuellement, les États-Unis et la Russie possèdent chacun six stations de recherche, lesquelles peuvent servir de soutien à la guidance des missiles intercontinentaux (le Traité ne mentionne pas le survol de l'espace – et l'observation aérienne est autorisée pour les inspections liées au Traité). La Chine en a cinq et elle affiche son ambition de devenir une « grande puissance polaire » d'ici 2030, notamment grâce à des brise-glaces géants, principaux outils pour la destruction des calottes glaciaires profondes.En vce qui concerne la pêche depuis 2017, la Chine et la Russie bloquent systématiquement la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) et d'autres mesures de conservation en Antarctique. Ces deux pays exercent leur droit de veto sur la pêche au krill antarctique d'une grande importance pour l'équilibre en carbone de la planète et pour l'avenir des baleines (cf l'activitié de Sea Shepherd sur le sujet, malgré l'incarcération de son leader au Groenland en 2025). La Russie a investi 600 millions de dollars en 2022, tandis que la Chine a violé à plusieurs reprises les limites des AMP en pratiquant la pêche. Se pose aussi la question d'une intégration éventuelle de Kiribati, les Îles Marshall, Tuvalu, les Maldives et le Bangladesh, pays concernés par le sort du Pôle du fait des effets de la fonte des glaces, seront intégrés au processus consultatuf

Lire la suite

Les tensions thaïlando-cambodgiennes perdurent

19 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Lors de la 36e réunion des États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui s'est tenue au siège de l'ONU à New York du 15 au 18 juin, Keo Chhea, représentant permanent du Cambodge auprès de l'ONU a justifié la décision de son pays d'enclencher la procédure de conciliation obligatoire de cet organisme sous des auspices multilatéraux plutôt que de rester dans le cadre des négociations bilatérales (format(MOU 2001) dont s'est retiré la Thaïlande, pour règler la question de la délimitation maritime dans le golfe de Thaïlande riche en ressources d'hydrocarbures. De son côté le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a annoncé la nomination du juriste allemand Rudiger Wolfrum, de l'université d'Heidelberg, ex médiateur au Darfour, et de l'expert sud-africain (université de Prétoria) en droit maritime Albert Hoffmann, ex président du tribunal international du droit de la mer, comme conciliateurs dans le cadre de cette procédure.

Par ailleurs le Premier ministre cambodgien, Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, a réitéré la position du Cambodge sur les questions frontalières avec la Thaïlande au cours d’une discussion informelle avec le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, au cours du sommet Russie-ASEAN de Kazan.

En juillet et décembre 2025 des incidents sur la frontière terrestre se sont produits entre le Cambodge (qui est dans le sphère d'influence chinoise) et la Thaïalnde (plus pro-occidentale), provoquant le déplacement de 600 000 civils cambodgiens, et autant en Thaïalnde. Les deux pays ont signé un accord de paix en octobre à Kuala Lumpur, en présence du président américain Donald Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim.

Mais la paix reste fragile dans la zone. En mai 2026, la Thaïlande a inscrit unilatéralement les temples de Ta Muen, Ta Krabey et Khnar, ainsi que d'autres sites anciens situés le long de la frontière, au patrimoine national thaïlandais et auraient construit des clôtures en béton dans la zone du Temple de Ta Krabey. Le 17 juin 2026, les forces armées thaïlandaises ont planté et hissé leurs drapeaux nationauxen territoire cambodgien, dans la zone du poste frontière international de Thmâr Da, dans le district de Veal Vèng, province de Pursat.

La Thaïlande et le Cambodge, comme la plupart des nations de la région, sont des pays assez peu démocratiques. Le 7 mai dernier, la Cour suprême de Bangkok a confirmé la condamnation du militant pro-démocratie Tiwagorn Withiton par la Cour d'appel de la région 4, le condamnant à six ans de prison pour lèse-majesté. Au Cambodge en 2024 le parti de l'ex-premier ministre au pouvoir Hun Sen, qui est de fait le parti unique, a été accusé de menaces sur ses opposants et achat de voix. la Thaïlande a 4 millions de migrants sur son sol dont un cinquième est soumis eu travail forcé. La prostitution toucherait 800 000 à un million de personnes. Les proportions sont moindres au Cambodge : "seulement" 35 000 prostituées, (mais un tiers de moins de 16 ans) et 100 000 personnes soumises aux travaux forcés. Lors du vote de mai dernier sur la condamnation de la traite des Noirs à l'ONU (condamnation approuvée par 123 pays contre 3 (les USA, l'Argentine et Israël), le Cambodge a joint sa voix aux 52 abstentionnistes (dont l'Union européenne), peut-être de peur que la condamnation du trafic humain n'ouvre droit à indemnisation au niveau international.

Lire la suite

Le Myanmar entre pénurie alimentaire et guerre civile

22 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

La fermeture du détroit d'Ormuz touche durement l'agriculture du Myanmar (ex-Birmanie). Les agriculteurs birmans ont besoin de carburant et d'engrais, la crise alimentaire pourrait exposer 12,5 millions de personnes à la famine. Les 400 000 tonnes exportées habituellement par l'Iran vers le Myanmar sont gelés, ce qui menace directement les futures récoltes. Le prix de l'urée a augmenté de 50 % depuis décembre. La Chine est un important exportateur d'engrais vers le Myanmar, représentant 78 % des échanges en 2024, selon UNCOMTRADE. Cependant, la Chine a renforcé les restrictions sur les exportations d'engrais fin mars. L'industrie et les centrales électriques sont également touchées dès maintenant par la pénurie de carburant.

Cela s'ajoute à la guerre civile entretenue dans les zones où des minorités ethniques revendiquent leur autonomie, mais aussi dans les poches de résistance contrôlées par les Forces de défense du peuple (FDP).

Suite au coup d'État du 1er février de l'année dernière, un groupe de parlementaires élus en 2020 a formé le Gouvernement d'union nationale (GUN) le 16 avril. Le Conseil d'administration de l'État (CAE) de la junte militaire au pouvoir a immédiatement déclaré le GUN illégal et l'a qualifié d'organisation terroriste . Le GUN a annoncé la création des Forces de défense du peuple (FDP) en mai et a déclaré une « guerre défensive populaire » contre le gouvernement militaire en septembre. Sur le plan international, le GUN s'est autoproclamé seul gouvernement légitime représentant le Myanmar et a exigé, sans succès, la reconnaissance diplomatique des gouvernements souverains.

Au dernier trimestre 2021, tous les membres du NUG avaient quitté le Myanmar pour s'exiler. Les Forces de défense du peuple (FDP), quant à elles, sont devenues une insurrection de base, avec des branches locales organisées opérant dans de petites zones à travers le pays, notamment dans les États ethniques (la Birmanie est divisée en sept régions dominées par l'ethnie majoritaire bamar et sept États peuplés principalement de minorités ethniques).Parmi les nombreuses guérillas ethniques, certaines sont proches du FDP, d'autres sont neutres. Les principaux signataires de l'Accord de cessez-le-feu national (NCA) qui avait été négocié avec le GUN, tels que le Conseil de restauration de l'État Shan et l'Union nationale karen, ont rapidement condamné le coup d'État, d'autres sont neutres.

Les effets de la guerre sont considérables. 3 millions de personnes sur 50 millions d'habitants ont été déplacées depuis le coup d'Etat.

Le régime militaire devenu gouvernement pseudo-civil sous la présidence de Min Aung Hlaing a invité en avril, depuis sa capitale Naypyidaw, tous les groupes armés ethniques, signataires et non signataires de l'accord de cessez-le-feu national de 2015, à participer aux pourparlers de paix avant le 31 juillet prochain, tout en intensifiant ses bombardements et les arrestations (qui frappent d'ailleurs massivement le personnel médical favorable à l'opposition, des hôpitaux sont délibérément bombardés) et en exhortant les Forces de défense du peuple (PDF), la branche armée du gouvernement d'unité nationale, à se rendre, et ce, dans l'espoir de pouvoir reintégrer l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est dont le pays est exclu.

Les ONG pro-droits de l'homme en Occident déplorent que l'administration Trump ait coupé les fonds d'USAID et de Voice of America. Mais les préoccupations pour la survie humaine des travailleurs et de leurs familles pourraient prochainement l'emporter sur celles concernant la liberté d'expression.

Lire la suite
Publicité

Le massacre de Toboso aux Philippines

6 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Le 19 avril, les forces armées philippines (AFP) ont tué à Toboso 19 personnes, dont dix guérilleros communistes dans le cadre ou en marge d'une opération militaire contre la guérilla. Deux Américains figuraient parmi les victimes. Ce massacre a eu lieu lors d'un raid contre un bastion présumé du Parti communiste des Philippines (CPP) dans la région reculée de culture de la canne à sucre près de la ville de Toboso, sur l'île de Negros, dans la province centrale. Dans un communiqué, le CPP a accusé les « officiers et les forces de l'AFP » d'avoir commis un  « meurtre délibéré et aveugle » de « combattants communistes » et de « personnes non armées ».

Parmi les personnes tuées le défenseur de l'environnement et journaliste communautaire RJ Ledesma (qui était sur place pour couvrir l'impact des projets d'énergies renouvelables sur les communautés agricoles), la chercheuse communautaire et jeune membre du Réseau national des défenseurs de la réforme agraire (NNARA) Maureen Keil Santuyo (deuxième sur la photo à partir de la gauche , le chercheur communautaire et organisateur auprès des travailleurs du sucre Errol Wendell , et l'étudiante de l'Université des Philippines Diliman Alyssa Alano (qui vivait parmi les agriculteurs de Negros pour étudier les conditions d'accaparement des terres et de militarisation).

Des étudiants de l'université de Diliman ont rendu hommage le soir-même à Maureen Santuyo, Errol Wendell et leurs 17 camarades.

Le Parti communiste des Philippines (CPP) et la Nouvelle armée populaire (NPA) sont engagés dans une « guerre populaire prolongée », la plus longue insurrection communiste au monde, qui remonte au 26 décembre 1968, date de la fondation du CPP sur des principes maoïstes. L'année suivante, le 29 mars, la NPA était créée. Des pourparlers de paix ont eu lieu entre les deux camps depuis 1986, jusqu'à leur interruption en 2017 par l'ancien président Rodrigo Duterte. Son successeur, l'actuel président Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr., arrivé au pouvoir en 2022, n'a manifesté que peu d'intérêt pour leur reprise jusqu'à fin 2023, date à laquelle les deux parties ont convenu de poursuivre les négociations de paix sous l'égide de la Norvège. 

Ces meurtres sont survenus la veille du début du plus important exercice militaire jamais organisé, que les États-Unis et les Philippines mènent chaque année sous le nom de « Balikatan ». Cette année, plus de 17 000 soldats de sept pays, dont le Canada, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, la France (15 à 20 soldats) et le Japon, participent à cet exercice de 19 jours, qui se déroule jusqu’au 8 mai. 

Des organisations de gauche à travers le monde dénoncent cette opération militaire. Par exemple au Canada, le Comité ontarien pour les droits de la personne aux Philippines (OCHRP)  a déclaré : « Alors que le Canada et les États-Unis prétendent renforcer les capacités de défense des Philippines, ils apportent en réalité un soutien militaire à un gouvernement accusé de violations des droits de la personne bien documentées à l’encontre de militants, de défenseurs des droits de la personne et de peuples autochtones, au nom de la lutte contre l’insurrection. »

À l'échelle mondiale, un défenseur des droits fonciers et environnementaux est tué tous les deux jours. Entre 2012 et 2023, au moins  298 défenseurs ont été tués  aux Philippines (le troisième pays le plus touché au monde après la Colombie et le Brésil). Ce pays demeure le plus dangereux d'Asie pour les défenseurs des droits fonciers et environnementaux. « L’armée est responsable de 64 des 117 meurtres de défenseurs autochtones entre 2012 et 2023. »

Le rapport « État des droits de l’homme dans le monde » (Amnesty International, avril 2025) note également qu’aux Philippines : « La stigmatisation publique des défenseurs des droits humains et d’autres groupes et individus ciblés, présentés comme membres présumés et recruteurs clandestins de la Nouvelle Armée populaire (NPA) communiste, s’est poursuivie. […] Les militants sont de plus en plus souvent victimes de disparitions forcées. En avril, le syndicaliste William Lariosa aurait été enlevé dans la province de Bukidnon ; l’armée a nié le détenir. Il était toujours porté disparu à la fin de l’année. » (Voir aussi le témoignage de Danilo “Ka Daning” Ramos). Cela n'empêche pas le Canada et l'Union européenne de négocier un accord de libre-échange avec Manille.

Lire la suite

Le "soft power" américain à l'oeuvre en Birmanie

16 Novembre 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Barack Obama s'est rendu vendredi au Myanmar (Birmanie) pour assister à un sommet de l'ASEAN. C'était sa seconde visite depuis 2012. La lune de miel entre les deux pays semble achevée. Washington a pris récemment des sanctions contre certains dignitaires du régime. Malgré l'entrée de Aung San Suu Kyi au parlement, un quart de celui-ci est contrôlé par le ministre de la défense, les négociations avec les guérillas des minorités ethniques et si le pays s'est ouvert à l'étranger il reste parmi les plus corrompus et les violations des droits de l'homme y restent nombreuses (à l'égard des journalistes, des Rohingyas musulmans etc) et préoccupent même la Chine.

 

Si diverses ONG reprochent à Obama de ne pas faire suffisamment pression sur le régime birman, peut-être sousestiment-elles les actions clandestines. Le lendemain du passage du président américain à l'université de Yangon, les étudiants ont manifesté, amplement relayés par Voice of America qui dénonce le déclin universitaire du pays sous la dictature des généraux. Faut-il voir dans cet embryon de mouvement étudiant une illustration d'une stratégie américaine discrète pour faire bouger le régime en influençant sa jeunesse, comme USAID a avoué l'avoir fait aussi récemment à Cuba et au Venezuela ? Obama a fait ouvrir un bureau d'USAID au Myanmar en 2012 et en novembre 2013, l'agence américaine avait exposé trois programmes de partenariat entre universités américaines et birmanes. L'université d'Indiana a reçu 1 million de dollars d'USAID pour collaborer avec celle de Yangon. Ce travail souterrain pour former des "managers" birmans à l'américaine, hostiles aux généraux, pourrait bien, à terme, être plus crucial pour faire basculer le pays dans l'orbite américaine que les sanctions à court terme contre les officiels.

 

 

 

 

 

Lire la suite

Thaïlande : Yingluck Shinawatra sous la pression de la rue

29 Novembre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

yhailand.pngYingluck Shinawatra la premier ministre issue des rangs du mouvement populaiste des Chemises rouges, après avoir été sous pression de la monarchie, des militaires, et de la communauté internationale, et de l'opposition qui réclame depuis plusieurs mois un "printemps de Bangkok", affronte aujourd'hui celle dela rue après avoir proposé une amnistie Thaksin Shinawatra. Le mouvement pro-aristocratie des chemise jaunes occupait aujourd'hui le QG de l'armée pour pousser celle-ci à sortir de sa neutralité sur la question de l'amnistie.

 

Après que Yingluck ait accepté de ne pas relancer le projet d'amnistie rejeté par le Sénat, les pro-aristocratie tentent de faire condamner devant le pouvoir judiiciaire pour lèse-majesté les députés de la chambre basse qui l'avaient voté. Les pro-aristocratie (les jaunes) ont annoncé qu'ils occuperont dimanche les ministères et provoquerontune grève des fonctionnaires. Les chemises rouges ont annoncé leur intention de défendre le gouvernement.

 

F. Delorca

Lire la suite

Le président du Timor oriental à Cuba

27 Septembre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Le président du Timor Oriental (Timor Leste), Taur Matan Ruark (un ancien cadre de la guérilla Fatilin, bras armé du Fretilin marxiste jusqu'à la fin de la guerre froide), est arrivé hier à Cuba pour remercier ce pays pour l'aide qu'il apporte au sien. Pays victime en décembre 1975, de terribles massacres, commis par l'armée indonésienne avec la bénédiction des Etats-Unis et dans le silence des grands médias de l'époque, sauf quelques esprits libres comme Noam Chomsky, le Timor orientala obtenu l'indépendance en 1999 après qu'un tiers de sa population eurent péri sous l'occupation indonésienne.

 

Eloigné des grands enjeux géostratégiques et des préoccupations occidentales, il bénéficie encore d'une aide cubaine remarquable en matière médicale. Ainsi que l'a reconnu le Guardian le 25 juin 2012, en 1999 il n'y avait plus que 70 généralistes et un chirurgien pour 1 million d'habitants, grâce à l'envoi de 165 médecins et infimiers cubains qui encadrent un millier de médecins locaux, le pays compte aujourd'hui six hopitaux et 200 cliniques rurales. 11 400 vies ont été sauvées en 5 ans entre 2003 et 2008 selon un rapport de Aid Watch Report Australie. 500 médecins du Timor sont sortis de l'université cubaine en novembre dernier. Le programme cubain finance 70 % des dépenses de santé du pays.

 

Cuba avait été en 1975 un des premiers pays à reconnaître le gouvernement du Fretilin après la décolonisation par le Portugal. La coopération médicale entre Cuba et le Timor oriental a débuté en 2003, peu de temps après la fin de l'administration provisoire du pays par l'ONU.

 

  F. Delorca

 

  Voir la vidéo ici.

 

 

 

Lire la suite
Publicité

Les Etats-Unis s'efforcent de briser l'alliance Myanmar-Corée du Nord

8 Septembre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

birma.pngSi les Etats-Unis, par la voix du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel à fin août au sommet des ministres de la défense des de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Brunei s'est dit satisfait des progrès des droits de l'homme au Myanmar, mais aurait souligné, selon  Bertil Lintner  dans Asia Times, auprès du lieutenant-général Wai Lwin, le ministre de la Défense du Myanmar qu'il serait important que son pays "rompe les liens avec la Corée du Nord".

 

La coopération entre le Myanmar et Pyonguang s'est développée dans les années 1980 et 1990. La Corée du Nord a exporté vers le Myanmar de l'artillerie, des lance-roquettes montés sur camions et divers équipements militaires au Myanmar en échange de riz et d'autres denrées alimentaires.

 

Cette alliance militaire se noue surtout autour de la production de missiles. À la fin novembre et début décembre 2008, le général Thura Shwe Mann - numéro trois du commandement sous la junte et aujourd'hui président de la chambre basse a conduit une délégation de haut niveau à Pyongyang, pour rencontrer le général Kim Kyok-sik , chef de l'armée nord-coréenne. Le 26 Novembre, les généraux Shwe Mann et Kim ont signé un mémorandum pour créer des bunkers militaires et le surlendemain la délégation a visité une usine de production de SCUD. Les experts militaires nord-coréens ont en grande partie quitté le Myanmar depuis lors mais Pyongyang fournit toujours des composantes de missiles à l'usine du village de Konegyi près de Minhla dans la région de Magway (le programme de fabrication de missiles du Myanmar est perçu comme un projet assez surréaliste uniquement destiné à maintenir symboliquement le rôle dirigeant de l'armée consacré par la constitution de 2008).

 

Les Etats-Unis manient la carotte et le bâton. Le 2 Juillet de cette année, les Etats-Unis ont inscrit sur leur liste noire le lieutenant-général Thein Htay, le chef de la Direction de la Protection Industries, qui, selon une déclaration du département du Trésor américain (qui a utilisé le nom de Birmanie et non de Myanmar)'' est impliqué dans le commerce illicite d'armes nord-coréennes à la Birmanie''. La déclaration précise curieusement a  que la sanction'' ne cible pas le gouvernement de la Birmanie, qui a continué à prendre des mesures positives en coupant ses liens militaires avec la Corée du Nord''. Selon Lintner, Thein Htay serait censément furieux car il a agi sur ordre de ses supérieurs hiérarchiques. Les décideurs à Washington le savent sans doute, mais ont voulu envoyer un signal fort au gouvernement du Myanmar sans affronter directement le président Thein 

 

Du côté de la carotte Washington mise sur la coopération navale. Le journal Myanmar Times a rapporté quele capitaine Sean Cannon attaché naval américain a rencontré le chef de la marine du Myanmar le vice-amiral Thura Thet Swe à Naypyidaw le 23 avril dernier.D'autres sources disent que le Pentagone tient à obtenir l'accès aux stations de renseignement électromagnétique du Myanmar le long de la côte du golfe du Bengale et la mer d'Andaman, ce qui permettrait aux États-Unis de surveiller plus étroitement les voies maritimes vitales entre l'Occidentet l'Asie orientale. Toutefois cette coopération pourrait se heurter aux intérêts de la Chine qui dans les années 1990 a doté la marine du Myanmar de ses systèmes de radars, ce qui pourrait faire hésiter l'armée birmane à se rallier complètement aux intérêts étatsuniens.

 

Pour mémoire les accords de coopération militaire avec la Corée du Nord ont aussi fait la "une" de l'actualité cet été en ce qui concerne Cuba après qu'un cargo cubain chargé d'armements et de 10 000 tonnes de sucre à destination de la Corée du Nord ait été arraisonné au Panama en juillet.

 

F. Delorca

 

 

Lire la suite

Destabilisation du Sud des Philippines

8 Août 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Après avoir rencontré les commandants de son groupe armé à Indanan fin juillet, Nur Misuari, président du Front national de libération Moro ( MNLF) a déclaré qu'il reportait la déclaration d'indépendance de la République Bangasmoro au Sud des Philippines en attendant d'avoir l'aval de l'organisation de la conférence islamique (OCI), où l'Indonésie joue un rôle de modérateur, mais que cette déclaration restait à l'ordre du jour. Il a  accusé le gouvernement philippin de dynamiter le processus de paix de 1996 et de négocier avec le Front de libération islamique Moro (MILF)  de Hashim (son rival islamiste, soutenu par la Malaisie et par des fonds saoudiens, et qui à la différence du MNLF estime que le problème du Sabah ne peut se régler que par la négociation).

 

La patrie musulmane remplacerait la région autonome musulmane (la République autonome du Mindanao musulman)  existante qui est composée de Basilan, Sulu, Tawi Tawi-, Maguindanao et des provinces de Lanao, y compris les villes de Marawi et Lamitan. Plusieurs autres zones dans les provinces de Lanao del Norte et du Nord Cotabato seraient également inclues dans la nouvelle région autonome sur la base de la déclaration de l'assemblée générale de l'ONU du 13 septembre 2007 sur les droits des peuples indigènes.

 

Le MNLF estime avoir été victime de fraudes électorales en mai dernier au Sulu et accuse le gouvernement de vouloir abroger le système actuel d'autonomie dans le cadre  des négociations de paix avec le MILF. Ces craintes ne sont probablement pas infondées. Le MILF n'a jamais caché que selon lui l'actuelle République autonome est un échec et des proches du président Aquino demandent une réforme de la constitution qui pourrait saper l'existence de l'actuelle région autonome administrée par le MNLF.

 

Cette évolution pourrait ainsi faire à nouveau basculer le MNLF dans la guérilla.

 

Par ailleurs les combats ont repris sur l'île de Mindanao, dans le sud des Philippines, début juillet entre un groupe dissident des rebelles du Front Moro islamique de libération (MILF), les Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro, et l'armée alors que les négociations se poursuivent avec ces rebelles en Malaisie.

 

Les Etats-Unis, le Canada et l'Australie ont déconseillé à leurs ressortissants de visiter l'archipel de Sulu et Mindanao en ce moment. Le groupe Abu Sayyaf poursuit les enlèvements d'Occidentaux. Un attentat dans la ville de Cotabato dans le Sud a fait six morts lundi dernier (qui selon le président Aquino pourrait être imputé au MILF, au BIFF ou à Abu Sayaff) et des Combattants islamiques pour la liberté de Bangsamoro (BIFF) seraient sur le point d'agir dans le métro de Manille.

 

 

 

Lire la suite
1 2 3 > >>