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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

maghreb - afrique occidentale

Niger : La Russie aide à réprimer une mutinerie soutenue par les alliés de la France

3 Septembre 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Les forces loyalistes ont repris, samedi 29 août, le contrôle de la base militaire 101 de Niamey (Niger), occupée pendant plusieurs par des soldats mutinés, avec l’appui du groupe paramilitaire russe l’Africa Corps (qui y a son quartier général, cette base au aussi hébergé jusqu’à récemment, environ 1 000 tonnes de concentré d’uranium d’Orano, objet de contentieux avec la France).

Comme après l’attaque de janvier 2026 contre le même site, alors imputée dans la communication officielle - sans que des preuves n’en soient avancées - à la France, au Bénin et à la Côte d’Ivoire, l'accusation d'ingérence occidentale est avancées. Le capitaine Roger Gabriel, du 1ᵉʳ bataillon parachutiste de Niamey, a affirmé à la télévisiond 'Etat qu'une intervention extérieure en soutien aux mutins était préparée depuis le Tchad, avec l'implication présumée des autorités tchadiennes et de forces spéciales françaises.

En soutien au gouvernement nigérien l'Algérie qui jusqu'ici avait pris ses distances avec Moscou et avait été en froid en 2025 avec l'autre allié de la Russie qui est le gouvernement malien a apporté son soutien à Niamey en lui envoyant quatre chasseurs Su-30MKA, un avion ravitailleur Il-78 et un appareil de transport Il-76. Le déploiement, qui s’ajoute à celui de quatre hélicoptères au début du mois d’août.

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Burkina Faso : Une résolution sarkozyste votée au Parlement européen

24 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale, #x - Ingérence impérialisme global

L'esprit d'ingérence sarkozyste (appuyé en son temps sur Bernard-Henry Lévy) qui a semé le chaos dans le Sahel après avoir provoqué la dissémination dans le Sahara des arsenaux de guerre de l'Etat libyen continue à sévir.

Le 18 juin, le parlement européen a approuvé une résolution dénonçant l'isolement croissant du Burkina Faso depuis le coup d'Etat militaire qui a porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traore en 2022 et les atteintes aux droits de l'homme dans le pays.

Le texte a été approuvé par  476 voix pour, 11 voix contre et 75 abstentions. Les 11 courageux qui ont voté contre sont M. Blaha (Slovaquie, anti-capitaliste de gauche), Mme Konečná (Tchéquie, Parti communiste de Bohème et Moravie), M. Nikolaou-Alavanos (Grèce, Parti communiste de Grèce), et son collègue du même parti M. Papadakis, M. Adrews (Irlande, Fianna Fáil), Mme Blinkevičiūtė (Lituanie, Parti social-démocrate), M. Gonçalves  (Portugal, Parti socialiste), M. Oliveira (Portugal, Parti communiste portugais), M. Picaro (Italie, du Partie de Meloni), Mme Laykova (Bulgarie, ancienne attachée parlementaire de l'AfD en Allemagne), M. Droese (Allemagne, AfD).  

On notera que les vaillants mélenchonistes (*) français qui se disent décoloniaux en France ont voté pour la résolution (Mme Aubry et Mme Fourreau), tout comme les zémmouriens Nicolas Bay et Marion Maréchal, et les eurodéputés du RN Mme Griset, Mme Androuët et M. Olivier. L'unanimité française en dit long sur l'état d'esprit de notre pays.

Quelques abstentions dans le paysage européen du côté de l'aile gauche du Mouvement cinq étoiles (Italie), du parti Die Linke allemand, du Podemos espagnol, du Parti démocratique de la gauche slovaque, d'une ex-dirigeante de SYRIZA en Grèce, de l'extrême droite roumaine, polonaise et bulgare.

Le gouvernement de Ouagadougou s'est indigné de cette résolution qui selon lui repose sur de la désinformation.

Si l'on peut parler d'esprit sarkozyste à propos de cette résolution, c'est parce que son rapporteur n'est autre que Christophe Gomart, ancien général de corps d’armée et élu au Parlement européen depuis 2024 sous les couleurs du Parti populaire européen (PPE). Gomart était commandant des forces spéciales au moment de l'assassinat de Kadhafi et déjà adjoint du coodonnateur national du renseignement au moment du déclenchement de la guerre de Libye. Il est assez étonnant que ce genre de personnage qui a appartenu à une machine d'ingérence qui a détruit des sociétés entières, même s'il prétend maintenant que  les militaires n'ont pas été sérieusement associés à la décision de Sarkozy d'attaquer la Libye (on peut douter qu'ils s'y seraient sérieusement opposé même s'ils avaient eu davantage l'oreille du président de l'époque), vienne porter un jugement sur le fonctionnement de ces mêmes sociétés ... l'esprit néo-colonial autorise tout.

Le Burkina qui a rompu ses alliances avec la France, a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en janvier 2025 et s'est tourné vers la Russie et les BRICSdénonce fréquemment des ingérences à son égard. Le 30 avril 2025, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées en soutien à la junte au pouvoir, quelques jours après que les autorités militaires ont déclaré avoir découvert un "complot" organisé depuis la Côte d'Ivoire visant à renverser le gouvernement. Ils étaient sur une place centrale de la capitale Ouagadougou, portant des affiches géantes du chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que des drapeaux burkinabés et russes. Le 22 avril précédent, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, avait déclaré dans une déclaration télévisée que les services de renseignement du pays ouest-africain ont intercepté des communications entre un officier des forces armées burkinabè déserteur divulguant les positions des forces burkinabè et de leurs auxiliaires, incluant un projet de prise du palais présidentiel.

Plus tôt le 1er avril, le ministère de la Sécurité burkinabè avait publié une liste noire d’environ trente personnes considérées comme « ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur ». Cette liste mêlait figures politiques, journalistes, chefs religieux, djihadistes présumés et opposants en exil, dont Ahmed Barry, ancien président de la Commission électorale.

La manifestation avait alors suscité le soutien de personnalités internationales comme  le rappeur ghanéen Sarkodie (dont le tweet a été visionné 5 millions de fois)  et l'Américain Meek Mill.  Donsharp de Batoro, célèbre artiste national, Dabross, comédien slameur issu d'une famille royale musulmane de Ouagadougou, étaient aussi de la partie.

Sur le même mode pour l'anniversaire d'Ibrahima le régime avait invité d'anciens footballeurs internationaux à Ouagadougou pour une partie de football à la présidence de la république le 14 mars 2025, (10 millions FCFA pour chaque invité selon LSI Africa), une mobilisation médiatique dans un contexte où mes djihadistes affaiblissent toujours plus l'armée burkinabé (54 militaires tués dans le Nord le 17 avril 2025). Une affaire à rapprocher de celle de l'espionne Claire Dubois ici.

Le Burkina Faso subit aussi régulièrement des attaques de propagande. Par exemple, le 3 avril 2025 le général Michael Langley, chef de l'AFRICOM a témoigné devant une commission sénatoriale à Washington du fait que le capitaine Ibrahim Tarore détournait l'or du pays "pour protéger sa junte". Une accusation qui avait provoqué une levée de boucliers à Ouagadougou. Il est souvent très difficile, de l'extérieur, de faire la part des choses entre la propagande pro- et anti-Traore.

Une partie du ressentiment occidental s'explique par la politique souverainiste inaugurée en matière d'exploitation des minerais. Les autorités du Burkina ont lancé, à la fin de 2023, la construction de la première raffinerie d'or du pays, Marena Gold. Le régime militaire avait déjà octroyé, en 2022, un permis d'exploitation à Nordgold sur le site de Yimiougou (Centre-Nord) couvrant une superficie de 31,44 km2, pour une production totale estimée à 2,53 tonnes d'or. Le pays  abrite certains des gisements minéraux les plus riches d'Afrique de l'Ouest, mais d'importantes réserves restent inexploitées. Quatrième producteur d'or d'Afrique, il dépend depuis longtemps de ce métal précieux pour dynamiser son économie. Mais au-delà de l'or, les gisements de cuivre, de manganèse et d'autres minéraux stratégiques – notamment les terres rares dans des régions comme Zoungou et Mangodara – pourraient redéfinir son avenir minier.

En 2023, le Burkina a produit environ 57,3 tonnes d'or provenant de 17 mines industrielles, dont les principales exploitations sont Essakane, Houndé et Sanbrado. La plus grande mine, Essakane, est exploitée par la société canadienne  IAMGOLD , tandis que Houndé appartient à  Endeavour Mining , également canadienne. Parmi les autres projets clés, on compte Mana, propriété de la société canadienne  Fortuna Silver Mines , et Wahgnion, qui fait partie du portefeuille d'Endeavour Mining.

La société russe  Nordgold  contrôle Bissa-Bouly, tandis que la société australienne  West African Resources  exploite Boungou et Sanbrado. L'État détient généralement une participation minoritaire dans plusieurs mines, comme Karma et Youga, qu'il détient conjointement. Une révision du code minier en 2023-24 a renforcé les avantages et la surveillance de l'État. Ce cadre actualisé maintient la participation gratuite de l'État à 10 %, mais étend le contrôle des mines stratégiques.

Toutefois les attaques des djihadistes (qui ont fait des milliers ed morts depuis 5 abs et pèsent très lourd sur l'économie obligeant le pays à consacrer presque 5 % du PIB à l'armée contre 3 dans les années 1980), le manque d'électricité et l'absence de débouché maritime face au blocus de la CEDEAO augmentent les coûts d'exploitation.  Pour remédier à l'enclavement, Ouagadougou resserre ses liens avec ses partenaires de la Confédération des Etats du Sahel (Mali, Niger), mais aussi  se rapproche de la Mauritanie, pays resté proche de la France.

La nationalisation progressive des métaux n'est pas la seule réussite du capitaine Traore. Il y a aussi la proclamation de la gratuité de l'éducation jusqu'à l'université, la nationalisation des constructions  routières, et de la banque commerciale du Burkina spécialisée dans le crédit aux commerçants et agriculteurs (une joint venture avec la Libye créée en 1988 dans laquelle la Libye ne jouait plus son rôle), ainsi qu'une Centrale d'achat des médicaments vétérinaires (CAMVET) importante pour le coût de la santé des élevages. En ce qui concerne l'agriculture, la Banque mondiale a approuvé le 13 mars dernier un projet de 215,9 millions de dollars (environ 118,7 milliards de FCFA) visant à soutenir le développement du secteur agricole au Burkina Faso. Ce mois-ci Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le gouvernement du Burkina Faso ont signé un accord de prêt de 59,75 millions de dollars US. Ces aides s'inscrivent dans le cadre du Programme unique de développement intégré des productions agropastorales et halieutiques dénommé « Initiative Lijeeguoli » (qui signifie autosuffisance alimentaire en langue officielle gulmacema ) qui inclut une adaptation au changement climatique et une augmentation de la productivité dans ce secteur qui emploie 80 % de la population active.

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(*) A propos des mélenchonistes, voir l'inventaire dressé par la Tribune des travailleurs : le 1er mars 2022, les eurodéputés LFI votent la résolution pour renforcer le pilier européen au sein de l'OTAN, en mars 2024 Mme Aubry se vante sur un plateau TV d'avoir voté pour 50 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine, Le 17 avril 2023, le groupe LFI propose un amendement à la loi de programmation militaire n°187 ajoutant 5,8 milliards d'euros de ressources extrabudgétaires au budget militaire. Mélenchon déclarera sur LCI : "il faut se préparer à la bonne guerre avec les bons moyens". Le 4 mai 2023, Aurélien Saintoul et Bastien Lachaud critiqueront seulement les aspects techniques inefficaces de la loi. Lachaud dira ce jour-là : "En 2027 avec Jean Luc Mélenchon à l'Elysée, nous agirons nous en planifiant, en partant des besoins de la nation et des armées, car oui nous sommes meilleurs que vous (les macronistes) en la matière".  LFI  défend les marchands de canons français contre les Américains. Mélenchon s'est rendu en janvier dans les usines Dassault à Cergy et a assuré le PDG Eric Trappier de son soutien au projet d'avion spatial. La France est le 2e exportateur d'armes au monde.

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Le Tchad renoue avec la France

17 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Le 28 novembre 2024 juste après la visite du ministre de Macron Barrot, N'Djamena annonçait la dénonciation de ses accords militaires avec Paris et le départ des troupes françaises.


Il circule dans les milieux diplomatiques français que le retrait français avait été demandé par Abou Dhabi pour lui permettre d'acheminer une aide aux Forces de soutien rapide (FSR) du général soudanais Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti sans que la France ne puisse le voir. Mais aujourd'hui, les déboires des FSR et les succès militaires de l’armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhan fragilisent la position tchadienne et font courir des risques de débordements au Tchad, avec le possible retour des Toroboros, ces combattants tchadiens partis combattre du côté d’al-Burhan. Au nord les milices du chef toubou libyen Mahamat Wardougou pourraient un jour se retourner contre le président tchadien Mahamat Déby qui a soutenu son rival Haftar, l'homme fort de la Cyrénaïque, lequel a cependant le vent en poupe en ce moment (il bloque gentiment pour le compte d'Israël les activites de la flotille pour Gaza, son émissaire et fils rencontre le président français, et il a reçu en décembre quelques drones Feilong-1 FL-1 de fabrication chinoise et des Bayraktar TB2 turcs, moins puissants malgré l'emabargo),

Selon la Lettre du Continent, la coopération sécuritaire avec Ankara engagée depuis 2023 n’aide pas N’Djamena à relever tous ces défis. Les deux drones d’attaque turcs acquis par le Tchad seraient immobilisés faute de paiement et un troisième appareil ne serait toujours pas opérationnel. Une situation qui prive N’Djamena d’un outil de surveillance de ses frontières à un moment où les menaces se multiplient. Dans ce contexte, les besoins en renseignement, surveillance aérienne et anticipation stratégique sont redevenus centraux.

N'Djamena a aussi perdu une partie du contrôle de la situation autour du lac Tchad, région  attaquée en mai par les islamistes de Boko Haram et de Daech en Afrique de l'Ouest (ISWAP).

Dans ce dispositif le retour de la France pourrait intervenir dans un format plus léger. Les relations franco-tchadiennes avaient commencé à se réchauffer en février dernier avec la visite du président Mahamat Idriss Déby - dont le régime est issu d'un coup d'Etat en 2021 - à l'Elysée.

Outre les liens militaires (importants dans ce pays où un tiers du budget de l'Etat va à l'armée et le pays est encore dirigé par un conseil militaire de transition), le Tchad entretient aussi des rapports économiques serrés avec la France. Le Conseil d’entreprises France–Afrique centrale de MEDEF International a organisé 11 juin, une rencontre autour de Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie et de la Coopération du Tchad. La réunion devait permettre aux entreprises françaises d’échanger directement avec le ministre sur les priorités du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 » et sur les conditions d’accès aux projets ouverts aux investisseurs. Cette séquence vise à élargir la base d’investisseurs mobilisés autour du PND, après la table ronde organisée les 10 et 11 novembre 2025 à Abu Dhabi.

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Sénégal : limogeage du premier-ministre anti-système

26 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

 

Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lô, ancien secrétaire général de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), et partisan du franc CFA a été nommé vendredi au poste de premier ministre du Sénégal.

Il remplace Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts et maire de Ziguinchor devenu une idole des jeunes en tenant un discours panafricaniste et anti-système. Le 22 mai, il avait  accusé l'Occident de vouloir "imposer [l'homosexualité] au reste du monde", quelques semaines après l'adoption d'une loi durcissant les peines contre les relations homosexuelles.

Son parti (Pastef) domine encore le Parlement (depuis les législatives de 2024) dont le président vient de démissionner, au milieu des fêtes de Pentecôte et du pèlerinage marial de Popenguine, peut-être pour permettre à Sonko de le remplacer, ce qui ouvrirait la voie à un bras de fer avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye au sommet de l'Etat.

Le Sénégal est le deuxième pays le plus endetté d'Afrique subsaharienne, Face à la crise aggravée par l'augmentation du prix du pétrole, Dakar tente de rétablir ses relations financières avec le FMI. Le ministre des Finances a annoncé la reprise des discussions techniques à partir de la semaine du 8 juin, avec pour objectif d’aboutir à un accord avant la fin du mois. Cela augmente les moyens de pression des Occidentaux sur le pays. 

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Progression des djihadistes au Mali

6 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Au Mali, après avoir attaqué Bamako le 25 avril mais échoué à prendre le palais présidentiel grâce à la défense de l'Africa Corps russe, les djihadistes ont décidé de l’étouffer. Dans une vidéo partagée mardi 28 avril, grâce à ses organes de propagande, le Groupe de soutien de l’islam et des musulmans (GSIM, affilié à Al-Qaida)/JNIM Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin a annoncé engager le « blocus sur tous les axes » de la capitale du Mali. Le camp stratégique de Tessalit, situé dans le nord du Mali à la frontière, est désormais sous contrôle des groupes rebelles armés après avoir été abandonné par les soldats maliens (FAMa) et troupes russes de l'Africa Corps.Sa prise intervient quelques jours après le contrôle de la ville-clé de Kidal 

Le professeur Stig Jarle Hansen, de l’Université norvégienne des sciences de la vie (NMBU), estime qu'il s'agit d'un échec des Russes : leurs opérations russes ressemblaient à celles des Français – mais en plus brutales encore. Numériquement faibles, les Russes fondent leur approche sur la peur et la destruction. "Par des punitions collectives infligées aux villages et à des groupes entiers, ils cherchent à contraindre la population locale à renoncer à toute résistance, mais c’est une stratégie erronée, déclarait-il en novembre. Ce type d’opérations anti-insurrectionnelles est dépassé et ne fonctionne pas dans une société où les loyautés sont ancrées localement – bien au contraire. Les Russes ont ainsi répété les erreurs des Français, mais sans leurs limites éthiques, ce qui a rendu la situation bien pire. Par leur brutalité, ils ont en réalité uni les groupes rebelles contre eux.(..) Leur ligne dure a, à bien des égards, poussé les Touaregs dans les bras du JNIM Jamaat Nusrat al-Islam wal-Muslimin – l’organisation parapluie d’Al-Qaida dans la région – " Notons aussi que les Touaregs sont soutenus par l'Ukraine. La situation inquiète l'Alliance des Etats du Sahel (AES), dont le régime militaire de Ouagadougou, mais aussi d'autres pays du Sahel comme la Guinée où les autorités judiciaires guinéennes en mars avaient annoncé le démantèlement d’un réseau affilié au JNIM (14 personnes, de différentes nationalités, basées en territoire guinéen, soupçonnées d’appartenir et de soutenir un groupe de radicalisation). De nombreuses interrogations entourent la stratégie du JNIM dans la région.

Mauvaise nouvelle pour les "panafricanistes" pro-russes à la Kemi Seba (arrêté récemment en Afrique du Sud, en attente d'extradition vers le Bénin), ou Nathalie Yamb.

Le 5 mai le chef de la junte le général Assimi Goita s'est lui-même nommé ministre de la défense après le trépas du général Camara le 25 avril.  Des centaines de personnes (ou des milliers selon les sources) se sont rassemblées samedi dernier (2 mai) à Paris pour rendre hommage au ministre malien de la défense  décédé. Des rassemblements du même type ont eu lieu à Londres, New York et Reggio Emilia.

Les autorités maliennes ont fait état d'une certaine reprise en main de la situation dans le Centre et l'Ouest du pays avec notamment la destruction le 5 mai par l'Africa Corps et ses alliés un camp de JNIM à Mopti. La Russie poursuit son effort d'échange avec le Mali en publiant un manuel d'apprentissage du russe à destination des locuteurs en langue bambara, pour remplacer le vieux manuel des années 1970 qui était utilisé jusque là faute de mieux.

 

PS le 22 mai : Le journaliste du Figaro Georges Malbrunot connu pour l'indépendance de ses analyses (il avait notamment écrit un livre avec le marxiste palestinien Georges Habache) déclare sur RTL aue bien que les forces françaises aient officiellement quitté le Mali après la rupture entre Bamako et Paris, la France continuerait d’agir de manière indirecte sur le terrain sécuritaire sahélien. Le journaliste affirme notamment que des militaires ukrainiens francophones, ayant auparavant servi dans la Légion étrangère française, seraient aujourd’hui engagés au Mali sous la bannière du renseignement militaire ukrainien, le GUR. Ces éléments opéreraient en coordination avec des groupes rebelles touaregs devenus des terroristes dans le Nord du pays.

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L'Occident court-circuite la révolution au Burkina Faso

3 Novembre 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Après 27 ans de règne, l'assassin de Thomas Sankara Blaise Compaoré a dû s'incliner devant le mouvement populaire qui s'opposait à son projet de réforme de la constitution pour renouveler son mandat présidentiel et présenter sa démission. Il s'est réfugié chez Allasane Ouattara installé au pouvoir en Côte d'Ivoire en 2011 par l'armée française et Nicolas Sarkozy, échappant ainsi, grâce à la complicité des militaires et de François Hollande, au procès que la gauche burkinabe voulait lui intenter.

 

Dès le 7 octobre la France avait tenté de lui offrir une porte de sortie honorable mais des voix à Paris comme le député socialiste président du groupe d’amitié parlementaire France-Burkina Faso François Loncle recommandaient de ne pas tenter de précipiter la chute du dictateur, perçu comme un "facteur de paix" dans la région. Laurent Fabius, lui emboîtait le pas, note Survie, en déclarant que « nous n’avons pas à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, nous les Français, c’est que nos ressortissants soient protégés et que l’on aille vers l’apaisement ».

 

Un maillon important de l'impérialisme occidental au Sahel a cédé.

 

Depuis lors les intrigues se multiplient pour voler au peuple sa victoire. Alors que l'armée s'est intallée aux commandes (un jeune officier, le lieutenant-colonel Isaac Zida proche de Washington, a été désigné par l'armée pour conduire un régime de transition), avec l'aide du mouvement Balai Citoyen (qui pourrait être financé de l'extérieur vu ses moyens depuis un an pour s'équiper en T-shirts, organiser des concerts etc) et prenait immédiatement contact avec la France et les Etats-Unis, hier deux personnes ont soi-disant voulu s'auto-proclamer présidentes à la télévision avant de se rétracter. Parmi elles Saran Sérémé, présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC) et de la coordination des femmes de l'opposition, organe influencé par le National Democratic Institute étasunien dirigé par la sinistre ancienne secrétaire d'Etat de Bill Clinton Mme Madeleine Albright. Le parti qu'elle dirige n'a fait scission de celui de Compaore qu'il y a 2 ans. A l'évidence Washington est à la manoeuvre. "Les Etats-Unis condamnent la tentative de l'armée burkinabé à imposer sa volonté au peuple du Burkina Faso", a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki. Au milieu de la confusion qui règne à Ouagadougou, divers indices laissent penser que les Occidentaux sont en train de concocter un nouveau pouvoir civil à leur botte.

 

F. Delorca

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L'armée US profite d'Ebola pour s'implanter au Libéria

23 Septembre 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

usaaf.jpgPour la première fois de son histoire de 167 ans, le Libéria va recevoir 3000 soldats d'un pays étranger sur son sol, les États-Unis d'Amérique, pour combattre le virus mortel Ebola qui ravage ce pays et le reste de l'Afrique de l'Ouest (2700 morts).

 

Le 16 septembre  le président Obama a déclaré que l'épidémie d'Ebola "n'est pas seulement une menace pour la sécurité régionale, mais c'est une menace potentielle pour la sécurité mondiale." Il a décrit une stratégie en quatre points pour lutter contre la maladie: 1) contrôler l'épidémie; 2) traiter les effets d'entraînement des économies et des collectivités afin de prévenir une catastrophe humanitaire vraiment massive; 3) coordonner une réponse globale plus large; et 4) de toute urgence mettre en place un système de santé publique dans ces pays pour l'avenir, non seulement en Afrique de l'Ouest, mais dans les pays qui n'ont pas beaucoup de ressources en général.


L'US Africa Command (Africom) actuellement basé en Allemagne établira une base régionale intermédiaire  (ISB) afin de faciliter et d'accélérer le transport de l'équipement, des fournitures et du personnel. En 2011 l'actuelle présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, diplômée de Harvard, s'était vue attribuer le prix Nobel de la Paix (avec son amie Leymah Gbowee). Certains affirmaient déjà qu'il s'agissait d'une récompense pour ses bons et loyaux services à l'égard des investisseurs de la Fondation Soros et de la banque Rothschild dans les mines d'or libériennes, et pour sa promesse (déjà) de laisser l'Africom s'établir sur son sol.

 

Cette mesure n'est pas nécessairement bien accueillie par la population, d'autant qu'une grande partie de l'opinion publique libérienne soupçonne les laboratoires pharmaceutiques occidentaux d'avoir eux-même créé le virus Ebola. Le  Liberian Daily Observer, principal quotidien libérien (30 000 exemplaires chaque jour), le 9 septembre accusait en Une le gouvernement américain d’avoir intentionnellement manipulé génétiquement le virus Ebola et du Sida dans des laboratoires de recherche sur le bioterrorisme et proclamait que les Africains ont été délibérément infectés par des programmes de vaccination. L'article du Dr. Broderick a été repris notamment en Guinée, voisine, elle aussi touchée par Ebola.

 

Au Sénégal aussi la méfiance est de mise. Interrogé sur le site sénégalais leral.net, l’homme d’affaires sénégalais Moussa Sow, propriétaire d’hôtels en Guinée, et établi depuis plus de 20 ans dans le pays, qui s’interroge sur une éventuelle implication de l’Occident dans la gestion de cette crise. Il note que l’épidémie frappe tout  particulièrement des pays riches en matières premières très convoitées et que que la propagation du virus provoque le départ des Chinois …

 

Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, saisi en urgence par les Etats-Unis, a adopté le jeudi 18 septembre une résolution unanime pour renforcer et accélérer la mobilisation et l’action de la communauté internationale contre l’épidémie. La résolution 2177, qui a été coparrainée par 131 Etats – un record dans l’histoire du Conseil – qualifie l’épidémie sans précédent qui sévit en Afrique de l’Ouest de « menace pour la paix et la sécurité internationales ». C’est la première fois que le Conseil de sécurité des Nations Unies qualifie une urgence sanitaire et a conséquemment appelé les Etats membres « à fournir une assistance et des ressources d’urgence » aux pays affectés par la maladie : hôpitaux de campagne, médecins et infirmières, capacités logistiques et de transport aérien médicalisé.

 

La résolution demande également aux pays concernés de « lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie » et aux compagnies aériennes et maritimes de maintenir leurs liaisons avec les pays affectés. La nouvelle Mission des Nations Unies pour les interventions d'urgence sur Ebola (UNMEER) va s'installer au Ghana. Cuba et la Chine sont aussi très actives dans l'envoi de médecins et les dons.

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Le Parlement libyen sollicite une intervention étrangère

14 Août 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

libye2Le parlement de la Libye a appelé le 13 août à une intervention étrangère pour protéger les civils des affrontements meurtriers entre milices rivales qui ont déjà fait des centaines de morts parmi les civils cet été.

Les députés se sont réunis à Tobrouk dans l'est à cause de la violence dans la capitale Tripoli et dans la deuxième ville de Benghazi, et 111 sur 124 ont voté pour cette motion. Le commandant de la police d'Etat a été assassiné avant hier.

 

Les ressortissants occidentaux ont été évacués en juillet et des flots de réfugiés ont été enregistrés en Tunisie. L'Egypte a exclu d'intervenir militairement. Pressée par la Ligue arabe, les Etats-Unis, la France et l'Egypte d'engager son armée à Tripoli, l'Algérie rejeté cette proposition, sa constitution lui interdisant toute ingérence militaire à l'étranger. Des livraisons d'armes à l'armée régulière seraient cependant à l'étude, un comble quand on se souvient combien elle était suréquipée à l'époque de Kadhafi... mais ses stocks ont été largement pillés par les milices et les trafiquants.

 

F. Delorca

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La Libye vote, Haftar s'en prend au Qatar, HRW dénonce la situation des migrants

23 Juin 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Dans un pays soumis au règne des milices, les Libyens sont appelés à élire mercredi leur chambre des représentants appelée à succéder au congrés général national élu en 2012.

 

Le général rebelle en retraite Khalifa Haftar qui a pris en charge dans l'Est du pays la guerre contre les islamistes a menacé les ressortissants turcs et qataris accusés d'être complices des djihadistes et leur a ordonné de quitter le pays. La rumeur le dit soutenu par l'Egypte (où vient de se rendre John Kerry) et par les Occidentaux.

 

Franck Pucciarelli, porte-parole en France des partisans du défunt dictateur Mouammar Kadhafi (dont la télévision Green TV émet désormais d'Egypte sous la protection d'Al-Sissi), interviewé par Mondafrique, estime qu'Haftar est en fait allié de l'ex-premier ministre Ali Zeidan et de l'islamiste Abdelhakim Belhadj.

 

Par ailleurs cette semaine Human Rights Watch attire l'attention de l'Union européenne sur la situation des 3 millions de migrants clandestins d'Afrique subsharienne présents en Libye. 6 000 d'entre eux seraient entassés dans des centres de rétention, soumis au fouet, à la torture, les fouilles à nu avec pénétration pour les femmes (The Gardian).

 

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Mali : progression du MNLA et des djihadistes, ambiguïtés franco-suisses

17 Juin 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

maliLe Collectif pour la défense de la République (CDR), qui regroupe plusieurs associations maliennes, appelle, depuis le début du mois de juin, à boycotter les produits français et suisses. Ce groupe estime que que « deux tiers » des dirigeants politiques du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) détiennent des « passeports diplomatiques » ainsi que le statut de « réfugié politique » dans ces deux pays. Le MNLA n’est que l’ « instrument » de la France et notamment de la Suisse qui profite de ce mouvement comme « carte de négociations pour des marchés, des contrats ou des lois économiques et financières lors des négociations futures au sein de l’OMC », a déclaré son porte-parole Mohamed Youssouf Bathily. En 2012, le journal suisse Le Temps avait évoqué une collusion entre la Suisse et le MNLA, indiquant que « le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a participé à l’organisation et au financement d’une réunion politique des rebelles touaregs indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) les 25, 26 et 27 juillet (2012) à Ouagadougou », selon Maliactu (Afrik.com).

 

A Kidal, circulent désormais des coupures de billets de banque portant les effigies et symboles de la «République de l’Azawad». Jeudi dernier l'armée française a été accusée de s'être retirée d'Aguelhok en laissant l'armée malienne et les troupes tchadiennes (qui ont déjà perdu une cinquantaine d'hommes sur le théâtre des opérations) face au MNLA et de leurs alliés djihadistes, lesquels contrôlent aussi l'essentiel de la région de Gao (La Sentinelle).

 

F. Delorca

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