europe-amerique du nord
La montée des socialistes démocrates d'Amérique
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Dans cette interview (min 47) sur Jeunesse du Monde, Alessio Arena, secrétaire de l'organisation marxiste-léniniste Fronte Popolare, fait l'éloge des Democratic socialists of America (DSA), organisation qui a le même emblême que le PS français mais où la motion communiste l'a emporté au dernier congrès (ils ont d'ailleurs quitté l'Internationale socialiste, qu'ils trouvent trop néo-libérale, en 2017).
La montée en puissance de ce mouvement au sein de la gauche américaine est impressionnante.
En Pennsylvanie, les démocrates ont choisi Chris Rabb , un représentant résolument progressiste, comme candidat du parti pour leur troisième circonscription. Janeese Lewis George est pressentie pour devenir la prochaine maire de Washington D.C. Le 30 juin, dans le Colorado, Melat Kiros, socialiste démocrate, 29 ans, née en Ethiopie, a détrôné Diana DeGette, la députée sortante, qui pourtant bénéficiait d'un afflux financier du lobby israélien AIPAC et de Big Tech, dans le premier district congressionnel de l'État, bastion démocrate, centré sur Denver. le 1er juillet neuf des dix candidats new-yorkais soutenus par la DSA l'emportaient lors des primaires démocrates de l'État, dans le sillage de l'élection du maire de New York Zohran Mamdani le 5 novembre dernier.
Le parti se développe partout, y compris dans des zones inattendues comme le Sud et le Midwest - Macon (Géorgie), le comté de Sonoma (Californie), Corpus Christi (Texas), Kansas City (Missouri).
Il avait connu un premier essort lors du premier mandat de Trump, avec l'élection au Congrès d'Alexandria Ocasio-Cortez et de Rashida Tlaib en 2018, puis celle de Cori Bush et de Jamaal Bowman en 2020. Mais Bush et Bowman ont perdu leurs sièges en 2024. Mais les prochaines "mid-terms" (élections de mi-mandat) pourraient consacrer la victoire d'une nouvelle vaugue socialiste démocrate, avec peut-être un poste de gouverneur à la clé pour Francesca Hong dans le Wisconsin.
Le soutien du parti à Gaza (juste retour de boomerang de la répression des campus pendant le génocide), et aujourd'hui son opposition à la guerre contre l'Iran (sur laquelle une forte répression sévit aussi : Max Blumenthal de Grayzone a vu ses images des funéralles très populaires de l'ayatollah Khameini confisquées par la police des frontières à son retour de Téhéran) est un des moteurs de son succès. En politique intérieure, ils sont contre la dictature des géants de la tech, pour l'assurance maladie universelle, la suppression du Sénat et l'abolition de l'ICA, la police migratoire connue pour ses méthodes brutales.
La démocrature allemande se durcit pour la guerre
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L'AFP et Le Monde aujourd'hui continuent d'habituer les lecteurs au durcissement du régime allemand, avec un article expliquant que le président de la République fédérale "Frank-Walter Steinmeier, estime que la fonction protocolaire du chef de l’Etat doit évoluer face à la montée de l’extrême droite".
L'article présente l'épouvantail de l'Alternative pour l'Allemagne, comme "parti anti-migrants et farouchement prorusse" (ce qui dans le langage de la presse belliciste désigne en général tous les mouvements qui ne marchent pas dans l'embrigadement pour la guerre) et agite de l'angoisse de sa victoire possible dans des Länder de l'ex-RDA ((elle est créditée d'environ 41 % des intentions de vote en Saxe-Anhalt).
En mai 2025, l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), un service de renseignement du ministère fédéral de l'intérieur avait annoncé avoir classé l’AFD comme un parti « extrémiste de droite avéré » retenant que « la conception du peuple fondée sur l’origine ethnique » promue par le parti d'Alice Weidel est « incompatible avec l’ordre fondamental démocratique et libéral ». Cette décision étend la qualification déjà appliquée à l’organisation de jeunesse de l’AfD, Junge Alternative, ainsi qu’aux fédérations du parti dans les Länder de Thuringe, de Saxe et de Saxe-Anhalt. L'épée de Damoclès de la dissolution plane toujours sur le parti. En 2018 le parti avait été aussi censuré sur Twitter (avant sa reprise par Elon Musk) et il l'est encore sur diverses plateformes. L'an dernier le gouvernement régional de Rhénanie-Palatinat, le sixième État allemand le plus peuplé, a imposé une interdiction générale aux membres de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) d'occuper des postes dans le secteur public.
La répression ne vise pas seulement l'extrême-droite. A preuve par exemple le coup de filet massif de 2023 contre les écologistes de Letzte Generation. Plus largement tous les citoyens sont visés par exemple avec la loi sur la police en Bavière qui autorise des mises sur écoute téléphonique et les saisies d'ordinateur sur de « menace de danger », sans crime commis, le placement en garde à vue sur deux mois sur de simples soupçons de délit ou d'infraction administrative. Et trois des seize Länder allemands utilisent déjà Gotham de flicage préventif de Palantir : la Bavière , la Hesse et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie .
Les organisations de défense des droits humains en mai dernier reliaient cette situation à la militarisation du pays.
Le pays a prévu de porter d'ici 2030, les dépenses de défense à environ 180 milliards d'euros. Elles sont déjà à 120 milliards, contre 92 au Royaume Uni et 68 en France. Le pays compte 184 000 soldats - contre 264 000 pour la France - et 860 000 réservistes. L'armée veut compter 460 0000 hommes opérationnels en 2039 (mais elle peine à atteindre les 200 000 visés actuellement).
Par ailleurs le 10 juillet 2024, le chancelier de l'époque, O. Scholtz, a autorisé déploiement de missiles américains à portée intermédiaire sur son territoire (des armes purement offesnives). Bien que Donald Trump ait annulé ce déploiement en mai dernier, le gouvernement allemand acquiert désormais ses propres missiles terrestres à portée intermédiaire. Plusieurs projets sont également en cours avec des partenaires européens pour développer ses propres systèmes d'armement. Lors de son congrès fédéral de 2026, la Confédération allemande des syndicats (DGB) a critiqué le déploiement de missiles à portée intermédiaire, arguant qu'il menace de créer une « dynamique dangereuse » et que, contrairement à la décision de l'OTAN de 1979 sur la double voie, « aucune offre n'a été faite à la Russie en vue de négociations sur le désarmement et le contrôle des armements ». Environ 1 500 à 2 000 personnes ont participé à la manifestation contre les missiles à portée intermédiaire à Wiesbaden, samedi 30 mai dernier. Et Die Linke a organisé au printemps une campagne massive contre le projet de rétablissement de la conscription.
En outre l'Allemagne commence à se couvrir d'usines militaires discrètes voire clandestines.
Samedi 11 juillet, dans le quartier de Wedding à Berlin, de nombreux habitants et autres opposants à la guerre ont manifesté contre l'usine de munitions que construit le groupe d'armement Rheinmetall. La police a arrêté 15 manifestants. L'usine fabriquera les douilles des obus d'artillerie de 155 mm. Le complexe immobilier est non seulement protégé par la police berlinoise, mais également surveillé par un drone entièrement automatisé. « Le drone peut décoller et atterrir de manière autonome et à tout moment, de jour comme de nuit, depuis le hangar », prévient la société de sécurité privée qui protège l'usine. C'est la première fois depuis 1945 que des armes sont à nouveau fabriquées à Berlin. En avril 2025, immédiatement après l'annonce de la restructuration, une trentaine d'organisations de gauche, partis, syndicalistes et citoyens se sont unies pour former un nouveau mouvement destiné à lutter contre cette nouvelle militarisation. Ils proposent que les usines d'armement produisent plutôt des pompes à chaleur contre le réchauffement climatique, mais cette proposition est évidemment ostensiblement ignorée.
Le groupe Rheinmetal dont le patron Armin Papperger fut élu PDG de l'année par le lobby athalntiste de The Economist en 2025, veut multiplier ses revenus par cinq d'ici 2020. a construit en quinze mois à Unterlüss près d'Hanovre qui sera bientôt la plus grande usine de munitions d’Europe et où l'on fabriquera aussi des moteurs de missiles en partenariat avec l’Américain Lockheed Martin. Il acquiert aussi des chantiers navals à Hambourg.
Aujourd'hui même un article dans Bild annonce que la startup munichoise Helsing, productrice de drones militaires pilotés par l'intelligence artificielle a levé 1,8 milliard de dollars. Elle produit aussi des logiciels pour les avions de chasse.
Le durcissement concerne aussi les militants pour la justice au Proche-Orient. Vendredi 10 juillet, le Conseil fédéral (Bundesrat) a adopté à la majorité un projet de loi émanant du Land de Hesse, qui menacerait de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans toute personne niant publiquement le droit d'Israël à exister, un équivalent de la loi Yadan qui a été heureuselent abandonnée en France en juin dernier. Rheinmetall a aussi fourni des armes pour le génocide à Gaza. En mai dernier la manifestation à Berlin commémorant la Naqba a été à été réprimée à coups de gaz lacrymogène et de gaz de poivre, une brutalité qui a été constatée abondamment depuis le 7 octobre 2023.
L'Irlande solidaire de Gaza
En pointe parmi les rares pays européens à vouloir encore défendre le droit international, le gouvernement irlandais a annoncé vendredi avoir interdit d'entrer sur son territoire les ministres israéliens de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et des Finances Bezalel Smotrich, deux figures de l'extrême droite en Israël. Le 21 mai l'Italie, l'Irlande et l'Espagne ont appelé l'UE à sanctionner le ministre israélien de la Sécurité nationale, qui a publié une vidéo montrant des militants de la "flottille pour Gaza" se faire humilier en détention.
Les crimes de guerre restent quotidiens en Palestine. Des bombardements israéliens ont fait jeudi 11 morts dans la ville de Gaza et ses environs, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. Neuf personnes ont été tuées dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza. De même au Liban : ce matin les attaques israéliennes s'étaient majoritairement concentrées sur les cazas de Nabatiyé et Tyr faisant plus de dix morts, la région de Saïda a été menacée et pilonnée à son tour. L'armée israélienne a menacé huit villages du secteur, forçant à l'exode leurs habitants et les déplacés qui y avaient trouvé refuge, avant d'effectuer de puissants bombardement
Dublin a également pris la tête l'an dernier d'un effort au sein de l'Union européenne (UE) pour interdire le commerce avec les colonies israéliennes dans les territoires occupés. Cette attitude courageuse tranche avec celle de l'Allemagne qui pour la première fois a manqué la possibilité d'intégrer le conseil de sécurité de l'ONU comme membre non permanent, en partie à cause de son alignement inconditionnel sur la politique de Netanyahou.
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Pour mémoire l'Irlande s'est dotée en novembre dernier d'une présidente socialiste anti-impérialiste, Catherine Connolly, élue avec 63 % des voix. Elle succédait à un autre socialiste sur un poste qui reste assez honorifique mais l'élection révèle un attachement croissant du peuple au non-alignement, alors que le gouvernement de droite, lui, n'a cessé de poursuivre une politique très libérale (impôts très faibles pour les entreprises, excédent du budget public), qui a entraîné des manifestations au moment de la hausse des cours du pétrole en avril, alors que l'économie du pays se contracte de 12 % au premier trimestre, plongeant la zone euro dans le rouge.
La solidarité de l'Irlande avec la Palestine transcende le clivage gauche droite. Elle est en partie due au passé commun de résistance au colonialisme, et aussi au fond culturel catholique du pays. L'Irlande n'a reconnu Israël qu'en 1963 et n'a établi d'ambassade à Tel Aviv qu'en 1996. Elle a été l'un des premiers pays européens à réclamer un État palestinien en 1980 et a toujours défendu loyalement le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Résistances à la militarisation en Allemagne
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En Allemagne plusieurs manifestations sont prévues le 1er mai, notamment celle organisée par la Confédération allemande des syndicats (DGB) et la marche à travers la forêt de Grunewald. Le Bloc des jeunes contre la conscription créé par la Jeunesse socialiste des travailleurs allemands/ Sozialistische Deutsche Arbeiterjugend (SDAJ) se mobilise. Dans ce pays d'ici 2030, les dépenses de défense devraient atteindre environ 180 milliards d'euros. Elles sont déjà à 120 milliards, contre 92 au Royaume Uni et 68 en France. Le ministre fédéral des Finances, Lars Klingbeil (SPD), a défendu le niveau élevé des dépenses de défense lors de la conférence de presse fédérale : « Mon objectif est que nous puissions nous défendre contre une agression russe », a-t-il déclaré.
Avancées et contestation de l'emprise de l'OTAN dans l'Atlantique Nord
L'équipe pro-étatsunienne de Nicolas Sarkozy a signé le 2 novembre dernier avec le Royaume Uni deux accords secrets visant à faire collaborer les trois armes des armées des deux pays dans tous domaines, à mettre en commun les essais, les conceptions et fabrications d’armes nouvelles, à mettre également en commun l’arme nucléaire sous quelques réserves. Puis le 19 novembre, au sommet de Lisbonne les 28 pays membres de l'OTAN ont approuvé le principe d'un bouclier antimissile en complément de la dissuasion nucléaire, une décision présentée comme le résultat d'un compromis entre la France et l'Allemagne, puisque celle-ci, suivant le slogan du président étatsunien d'un monde sans arme nucléaire, aurait voulu que Paris renonce complètement à sa force de dissuasion (Nb : Paris a déjà supprimé ses missiles sol-sol et fermé ses usines de production de matières fissiles ce qu'aucune autre puissance nucléaire n'a fait).
La France s'est dite prête à collaborer financièrement à ce bouclier antimissile.Le coût du retour de la France dans toutes les instances de l'OTAN était déjà évalué en septembre dernier à 80 millions d'euros par an.
L'alignement sur la logique euro-atlantiste des Anglosaxons est un mouvement ancien.
Déjà le 5 septembre 1995 le président Chirac avait décidé le retour de la France dans des structures importantes de l'OTAN, réintégration que Nicolas Sarkozy allait parachever par le retour dans le commandement intégré fin 2008. La coopération concrète entre la France et les Etats-Unis dans le cadre de la guerre du Kosovo et de celle d'Afghanistan ainsi que l'américanisation des élites dans une Union européenne résolument ancrée dans la coopération transatlantique (il y a peu Joao Marques de Almeida, conseiller du président de la Commission européenne José Manuel Barroso, a déclaré que la meilleure solution pour le renforcement des relations entre l'Union européenne et les Etats-Unis serait l'adhésion de l'UE à l'OTAN) n'ont fait que précipiter ce mouvement (d'ailleurs facilité par l'apprentissage croissant de la langue anglaise en France).
Des résistances à cette emprise croissante de l'OTAN sur les peuples de l'Atlantique Nord commencent cependant à s'organiser. Au Québec, un collectif pour la fin de l'occupation de l'Afghanistan et la sortie du Canada de l'OTAN "Echec à la Guerre" s'est constitué regroupant plusieurs partis politiques, dont Québec solidaire, l'organisation des jeunes du Parti québecois et les deux partis communistes, ainsi que des syndicats importants, de nombreuses organisations de lycéens, d'étudiants, d'immigrés ou d'autochtones, des associations religieuses de différentes confessions, des comités de quartiers.
A Lisbonne le 19 novembre plusieurs milliers de personnes, venues d’une centaine d’organisations pacifistes, syndicats de gauche, Parti communiste et Verts, ont marché dans la capitale portugaise pour protester contre le sommet réuni dans la capitale portugaise malgré le refoulement de militants étrangers.
L'OTAN n'est pas dans une position confortable sur la scène internationale. Ses dépenses militaires pèsent sur les équilibres budgétaires (notamment aux Etats-Unis qui représentent plus de 40 % des dépenses militaires mondiales). La signature avec la Russie d'un traité START de réduction des arsenaux nucléaires n'est pas acquise, et il apparaît de plus en plus que le retrait d'Afghanistan annoncé pour 2014 sera loin de mettre fin à l'enlisement militaire des Occidentaux dans ce pays.
Sarkozy, le PS et la Libye
Y aurait-il deux sensibilités dans l'aile pro-israëlienne de la classe dirigeante française : l'une moralisatrice et l'autre plus sensible aux intérêts des milieux d'affaire nationaux ? L'une serait incarnée par les dirigeants du Parti socialiste (dans l'opposition) et Bernard Kouchner (au gouvernement), l'autre, par l'UMP et Nicolas Sarkozy.
C'est l'impression que donnent les réactions à la venue du président libyen Muammar Kadhafi en France.
Alors que le président libyen devait rencontrer le président de l'Assemblée nationale, les députés socialistes ont refusé de l'accueillir. Sur la radio communautaire juive RCJ, le numéro un socialiste François Hollande s'est insurgé contre des propos de Nicolas Sarkozy se disant à Lisbonne "très heureux" d'accueillir son homologue libyen. Il "sera donc très heureux de recevoir un dictateur", un "dictateur qui s'est compromis dans des actes terroristes", a déploré M. Hollande, un "dictateur qui justifie encore aujourd'hui le terrorisme", "qui vient ici avec ses pétrodollars acheter des armes". Sur Canal +, l'ex-candidate Ségolène Royal a jugé "tout simplement odieux, très choquant, même inadmissible que la France aille cautionner un système de tortures en prison". "Faut-il se mettre à genoux devant les intérêts financiers?", a-t-elle demandé (AFP 9 décembre 2007). Dans la même veine le journal de centre-gauche Le Monde accuse : "M. Sarkozy profite de l'incapacité de l'Europe à adopter une position commune sur ces questions (des droits de l'homme) pour se "placer" auprès des dirigeants les moins respectueux des libertés." (éditorial de l'édition du 11 décembre 2007)
Au sein du gouvernement, le ministre des affaires étrangères issu du PS Bernard Kouchner s'est dit "résigné" à la venue du dirigeant libyen (AP 10 décembre), et n'a pas désapprouvé les propos de Rama Yade, la secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme UMP, qui avait déclaré à propos de la visite du chef d'Etat libyen: "Notre pays n'est pas un paillasson, sur lequel un dirigeant, terroriste ou non, peut venir s'essuyer les pieds du sang de ses forfaits". (Ce qui n'est pas un signe d'une grande cohésion gouvernementale sur la question).
Ces attaques rejoignent celles de la plupart des partis d'opposition qui ont aussi critiqué la venue du dirigeant libyen. "Les député(e)s communistes et républicains qui condamnent fermement cette initiative de Nicolas Sarkozy, et la réception prévue à l’Assemblée nationale, réclament une éthique de la diplomatie française" par la voix de leur porte-parole Alain Bocquet (www.bdr13.pcf.fr/Declaration-d-Alain-Bocquet,5281.html). En dehors de la représentation parlementaire, le Front national dénonce aussi les motivations financières de cette visite (http://www.frontnational.com/communique_detail.php?id=1536).
Toutefois s'agissant du PS et de Bernard Kouchner dont la sympathie pour Israël est connue (voir sur le long terme http://pagesperso-orange.fr/shalom-salam/ps.htm, et pour la période récente divers articles de http://atlasalternatif.over-blog.com/), il n'est sans doute pas anodin que leur position coïncide avec celle du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) - une institution qui défend les intérêts d'Israël en France. Celui-ci rappelle dans un communiqué du 10 décembre 2007 qu'il "n’oublie pas que la Libye : - a organisé et encouragé de nombreux attentats meurtriers, - a déclaré, par la voix du Colonel Kadhafi, le 7 décembre 2007 à Lisbonne qu’il était "normal que les faibles aient recours au terrorisme », - a régulièrement utilisé la torture, y compris sur le personnel soignant bulgare, totalement innocent, qui a été incarcéré dans des conditions terrifiantes, pendant plusieurs années avant d’être libéré cet été, notamment grâce à l’action de la France. - Il serait scandaleux que la Libye, étant donné son « palmarès » en la matière, soit chargée de préparer la conférence dite de Durban 2, dont le CRIF espère qu’elle ne sera pas une répétition de Durban 1 en 2001, qui s’est transformé en meeting antisémite. Le CRIF demande au Président de la République et au gouvernement de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour éviter qu’une telle situation ne puisse se reproduire. - n’accepte pas de façon permanente l’existence de l’Etat d’Israël, une ligne de conduite encore confirmée par le propre fils du Colonel Kadhafi qui refuse l’entrée d’Israël dans l’Union méditerranéenne, ce projet de paix initié par la France."www.desinfos.com/article.php.
La position de Sarkozy à gauche n'est soutenue que par le socialiste Hubert Védrine qui a déclaré sur LCI : "Je crois que les interdictions de principe sont absurdes sur le plan de nos intérêts et même de nos idées" (AP 10 décembre 2007 - on rappellera que le CRIF s'était opposé à la nomination de Védrine comme ministre de Sarkozy.

La Libye a renoncé à son programme nucléaire militaire en 2003 et recherche aujourd'hui des équipements nucléaires civils. Au menu de la visite du colonel Kadhafi sont prévus «des contrats de collaboration pour une usine de dessalement d’eau de mer avec un réacteur nucléaire», «une coopération en matière d’armement, et différents contrats économiques» (Libération).
Baromètre des relations entre Paris et Washington


1) Le Venezuela
Hugo Chavez a été accueilli à Paris le 19 novembre, pour l'affichage médiatique dans l'espoir qu'il obtienne la libération de la citoyenne franco-colombienne Ingrid Betancourt détenue par les FARC, mais surtout pour raffermir les liens économiques entre les deux pays : le ministre vénézuelien de l'Energie, Rafael Ramirez, a déclaré le mardi 20 novembre à Paris souhaiter que la France devienne "le premier investisseur" dans son pays (AFP).
La rupture récente des négociations entre Chavez et Uribe pour la libération des otages est d'ailleurs soutenue avec ferveur par les Etats-Unis contre les intérêts de Sarkozy (http://www.aporrea.org/tiburon/n105370.html).
2) La Chine
Le président Sarkozy en visite à Pékin s'est montré modéré à l'égard de la Chine, rappelant que Paris était hostile à l'indépendance de Taiwan, ainsi qu'à celle du Tibet. Il a félicité Pékin pour son rôle dans le conflit du Darfour et pour son influence sur la Corée du Nord. La France a signé des contrats pour un montant de 20 milliards d'euros à l'occasion de cette visite (AFP 27 novembre 2007).
Sur d'autres dossiers l'axe Washington-Paris fonctionne bien. Ainsi Le Monde du 25 novembre félicitait-il le président Sarkozy de s'être "laissé convaincre" d'impliquer davantage l'armée française dans la guerre d'Afghanistan, que le journal qualifie à tort de "première opération de combat de l'OTAN en dehors de ses frontières" (oubliant ainsi la guerre en Yougoslavie).
Sur le cas Rumsfeld, le procureur Jean-Claude Marin, sur instruction du garde des sceaux, vient de classer sans suite une plainte d'associations de défense des droits de l'homme contre l'ex-secrétaire à la défense américain, en faisant une application extensive des règles d'immunité prônées par la Cour pénale internationale (http://www.alterinfo.net/Le-Cas-Rumsfeld-La-FRANCE-lui-offre-une-immunite-!_a14111.html).
FD
Toujours plus, au service des Etats-Unis
Le 30 août 2007, on apprenait que la France avait décidé (sans débat public sur la question évidemment) de s'impliquer davantage dans la sale guerre que l'OTAN mène en Afghanistan en ce moment, en déployant des bombardiers à Kandahar (Afghanistan) au lieu de Douchambé (Tadjikistan) ce qui leur permettra de mener à bien des missions de plus forte intensité et "démontrer la volonté politique de la France de répondre favorablement aux appels pressants lancés par l'Alliance atlantique et Washington pour une plus grande implication militaire des pays européens en Afghanistan" (Le Monde 31 août 2007 http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3216,36-949304@51-947771,0.html).
Cette décision intervient alors que le ministre des affaires étrangères italienne a exprimé publiquement son inquiétude devant le grand nombre de victimes civiles que causaient (dans l'indifférence générale) les bombardements de l'OTAN dans ce pays. "Ce n'est pas acceptable d'un point de vue moral et désastreux d'un point de vue politique" a-t-il déclaré le 25 juillet 2007, selon un communiqué d'un mouvement de gauche anti-impérialiste afghan (http://www.antiimperialista.org/index.php?option=com_content&task=view&id=5270&Itemid=55).
Mais la presse atlantiste maintient la pression sur le président Sarkozy. Dans son éditorial du 2 septembre 2007, Le Monde félicitait celui-ci pour son "raidissement" à l'égard de Moscou, qui selon lui rompt avec la "complaisance" de Jacques Chirac à l'égard de Vladimir Poutine, mais lui demande de ne pas limiter sa critique de la Russie à la politique étrangère et de s'ingérer aussi dans les affaires intérieures de ce pays. En se gardant "d'évoquer l'évolution interne de la Russie", M. Sarkozy n'aurait "fait que la moitié du chemin." (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3214,36-950121,0.html). A quand les bombardiers français au dessus de Moscou ?
France sarkozyste/Etats-Unis d'Amérique : premières nuances
L'Union européenne, déçue de voir la Russie dicter ses règles en termes de politique gazière, regarde vers l'Afrique, et notamment vers la Libye, aux riches ressources pétrolières, où vient de se rendre Nicolas Sarkozy. La France (Total) est bien implantée dans le pays à la différence des Etats-Unis entravés par l'embargo.
Au passage la France renoue avec sa politique de dissémination nucléaire qui dans les années 1970 l'avaient conduite à transférer des technologies au profit de l'Irak et de l'Iran (et dans les années 1950 au profit d'Israël) et prône une généralisation des traités de coopération nucléaire avec les pays arabes.
La politique de Sarkozy sur la Libye n'est pas en contradiction de celle du Royaume-Uni (British Petroleum a décroché un contrat de 900 millions de dollars pour des forages après 33 ans d'absence http://english.alarabonline.org/display.asp?fname=200777-25zalsoz928.htm&dismode=x&ts=25/07/2007+01:39:44+%C3%A3), avec qui elle est d'ailleurs en partenariat sur le Darfour, ni avec celle de l'Union européenne qui avait signé avec la Libye un mémorandum de normalisation des relations diplomatiques. Mais la méthode de Sarkozy a été critiquée à Bruxelles (http://www.time.com/time/world/article/0,8599,1646141,00.html).
Elle est plus gênante pour Israël car l'UE et la France réintégrent la Libye au processus de Barcelone (coopération euroméditerranéenne) sans que la reconnaissance par elle de l'Etat sioniste ne soit plus exigée (http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2007/07/sarkozy-et-les-.html).
Washington va suivre les pas de l'Union européenne, mais avec un temps de retard. Condolezza Rice a annoncé son intention prochaine de se rendre à Tripoli. “I know that American companies are very interested in working in Libya,” a déclaré la secrétaire d’Etat américaine dans une interview à Radio Sawa (http://www.ft.com/cms/s/e2178eec-3a7c-11dc-8f9e-0000779fd2ac,_i_rssPage=6700d4e4-6714-11da-a650-0000779e2340.html). La normalisation des relations diplomatiques est en cours, mais le lobby israëlien au Sénat de Washington freine le processus (http://www.jpost.com/servlet/Satellite?cid=1184168552174&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull) – le Jerusalem Post cite notamment Charles Schumer, sénateur démocrate de New-York et membre du Congressional Israel Allies Caucus. Une rivalité euro-états-unienne autour du pétrole libyen n'est pas à exclure, tout comme en Algérie où s'est rendue la conseillère pour la sécurité intérieure de George W. Bush Fran Townsend au mois de juin (http://www.algerie-dz.com/article5684.html).
Même rivalité en Afrique subsaharienne. Nicolas Sarkozy après avoir annoncé en mai 2006 sa volonté de rompre avec la Françafrique (http://www.loccidental.net/spip.php?article188), s'est hâté d'en reconstruire les réseaux (http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=929&var_recherche=+fran%E7afrique ). A l'occasion de son voyage en Afrique subsaharienne, après avoir imaginé de visiter d'abord Kinshasa et Le Cap, il a dû passer par les étapes incontournables (Dakar-Libreville), http://www.loccidental.net/spip.php?article615 . Le régime gabonais a reçu une remise dette du Club de Paris le 19 juillet (http://www.liberationafrique.org/spip.php?article1875) et N. Sarkozy a reçu le dictateur congolais Sassou N'Guesso à l'Elysée le 4 juillet (http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=971). Ce retour aux alliances traditionnelles pourrait être dicté par la rivalité économique avec les Etats-Unis qui s’implantent de plus en plus dans le pré-carré de la France : "Vu le long compagnonnage entre Français et Noirs d'Afrique, les sacrifices qu'ils ont ensemble consentis, on ne voudrait pas, un jour, dire ceci : "Sarkozy Go Home ! Bush Welcome !" écrivait Cheikh Aliou Amath dans Le Soleil de Dakar le 8 mai (http://www.africatime.com/benin/nouv_pana.asp?no_nouvelle=324945&no_categorie=1 ).
Sur le dossier proche-oriental, La France a accueilli récemment une conférence sur l’avenir du Liban, à laquelle participera le Hezbollah. L’invitation du Hezbollah mettait fin aux espoirs, formulés à Jérusalem après l’élection de Sarkozy, de voir le nouveau président placer ce mouvement sur la liste européenne des organisations terroristes. Des sources diplomatiques à Jérusalem affirmaient alors que la France a informé Damas de sa volonté d’ouverture (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=2217).
En ce qui concerne l'Amérique latine, le vice-ministre des affaires étrangères en charge de l'Europe du gouvernement du Venezuela Rodrigo Chaves était en visite à Paris hier, où il a rencontré le secrétaire d'Etat Philippe Faure, ce qui pourrait déboucher sur une rencontre Sarkozy-Chavez en décembre à Caracas ainsi que sur la création d'un goupe latino-européen entre la l'Amérique latine, l'Espagne, l'Italie et la Roumanie. La France s'est dite satisfaite de la façon dont Total a été traitée dans le cadre des nationalisations de l'Orénoque (le vice-ministre a également rencontré des responsables du PS, du PCF et du Monde Diplomatique) - http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n98557.html.
Ces éléments soulignent pour le moins l’existence de nuances, voire de contradictions, malgré l’amitié de façade, entre Paris et Washington.
Kouchner plutôt que Védrine
Après avoir songé à choisir l'ex-mitterrandien Hubert Védrine comme ministre des affaires étrangères, le nouveau président français Nicolas Sarkozy a finalement opté pour Bernard Kouchner, star médiatique, ex-ministre socialiste, fondateur de Médecins du monde. B. Kouchner, chantre de l'interventionnisme occidental, notamment au Darfour (http://www.reunir.asso.fr/article.php?id_article=57) a été également administrateur de l'ONU au Kosovo de juin 1999 à janvier 2001. Affichant sa sympathie pour les nationalistes albanais de l'UCK, qui oeuvraient par la violence à la création d'un Kosovo monoethnique, il les avait à cette époque intégrés au système institutionnel, notamment au sein de la police créée par la MINUK sous le nom de Corps de protection du Kosovo, conformément aux voeux de Washington (http://www.assemblee-nationale.fr/11/cr-cdef/99-00/c9900034.asp). Bernard Kouchner a ensuite approuvé toutes les guerres états-uniennes, notamment celle d'Irak (AFP 14 mai 2007 http://209.157.64.200/focus/f-news/1833531/posts).
Selon Le Canard enchaîné, la nomination de M. Kouchner résulterait d'une intervention directe de Roger Cukierman, président sortant du Conseil représentatif des institutions juives de France, auprès de Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2634).