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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

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Albanie : la "révolution" des flamants roses

23 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Depuis le 30 mai, des milliers de citoyens albanais descendent quotidiennement dans la rue pour protester contre l’accord conclu par le Premier ministre social-démocrate Edi Rama (un proche des Soros) avec la société Affinity Partners de Jared Kushner, gendre de Donald Trump (et exécuteur de ses basses oeuvres diplomatiques, en Ukraine et au Proche-Prient), portant sur un projet d’investissement de luxe d’une valeur de 4 milliards de dollars le long d’une partie de la côte protégée de Vlora, en Albanie. Le 20 juin les grandes avenues de Tirana étaient noires de monde.

Le projet suscitait des oppositions depuis son annonce publique en décembre 2024, mais les manifestations n’ont pris de l’ampleur que la semaine dernière, lorsque les préparatifs de construction ont commencé dans la région de Vlora. Depuis lors, le mouvement s’est amplifié relayé par la diaspora albanaise et ses sympathisants dans les capitales européennes qui brandissent des images de flamants roses, menacés par les visées de Kushner. Les manifestations expriment un refus de l'omniprésence de la corruption dans le pays, et d'autres projets d'infrastructure comme l’accord avec l’ Eagle Hills, liée aux Émirats arabes unis, pour le réaménagement du port de Durrës et de ses environs en un complexe touristique et port de plaisance moderne, ou l’accord avec l’Italie pour accueillir des centres d’accueil de migrants en Albanie.

Ces troubles interviennent alors que les pourparlers pour l'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne s'accélèrent : en l’espace d’un an seulement, entre 2024 et 2025, l’Albanie a ouvert l’ensemble des 33 chapitres de négociation, et Macron a réitéré aujourd'hui son soutien à cette adhésion. Le 17 juin le Parlement européen a exhorté mercredi l'Albanie à suspendre les travaux de construction dans les zones protégées (sur le rapport de la commission à propos de l'Albanie LFI s'est abstenue et le RN a voté contre mais les explications de votes ne sont pas accessibles). La rapporteuse du texte était l'eurodéputée écologiste néerlandaise Tineke Strik. Elle conduira une mission Verts/ALE en Albanie, du 29 juin au 1er juillet, en compagnie des eurodéputés Cristina Guarda, Vicent Marzà i Ibáñez, Daniel Freund, Jutta Paulus et Anna Strolenberg (Volt).

L'Union européenne frustrée de voir l'administration américaine lui infliger des droits de douane, lui imposer une augmentation de ses dépenses militaires, désavouer l'alliance automatique au sein de l'OTAN et même menacer d'annexer le Groenland, voit là l'occasion d'une revanche facile contre le clan Trump.

Le premier ministre albanais pour sa part a décrit les manifestants comme des "foules emportées par une hystérie algorithmique et guidées par des intérêts qui ne sont ni les nôtres". En réalité, les manifestations, comme les Gilets Jaunes en France en 2018, réunissent des sensibilités politiques assez variées. Shqiptarja aujourd'hui identifie par exemple parmi les organisateurs de manifestation un certain Dritan Goxhaj, ex-volontaire de la guerilla de Presevo contre les Serbes en 2000, qui défend un modèle de démocratie directe par tirage au sort analogue à celui d'Etienne Chouard en France et s'oppose à la folie israélienne au Proche-Orient, Un des organisateurs Arben Kola à la manifestation de Tirana du 18 juin a précisé qu'ils "ne sont pas contre l'UE et l'Amérique, mais contre la clique" au pouvoir. Après un "incident concernant un drapeau israélien" (c'est l'expression que retient pudiquement la presse capitaliste albanaise pour ne pas choquer ses actionnaires), le même Kola accuse des infiltrés de Serbie et de Grèce. Le premier ministre lui cible un imam Mustafa Terniqi qui manifeste et qu'il accuse d'être lié à l'Iran. Il a aussi accusé le parti de gauche albano-kosovar "Autodétermination" (Vetevendosje) puissant au Kosovo, d'être actif dans les manifestations, ce que les responsables du parti ont démenti. Dans la petite Albanie qui depuis les années 1990 se perçoit comme une base américaine, il est difficile d'échapper aux influences géopolitiques.

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Démission du Haut représentant international en Bosnie

18 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

 

Le haut représentant international en Bosnie, Christian Schmidt, dont la nomination comme Haut commissaire à Sarajevo n'avait jamais été approuvée par le Conseil de Sécurité de l'ONU en violation des accords de Dayton, a démissionné . Il a invoqué des « raisons personnelles » pour justifier sa démission, mais de nombreux experts bosniens estiment que celle-ci a été motivée par l'administration américaine actuelle, mécontente de l'intransigeance du diplomate allemand et de son conflit virulent avec les dirigeants de la Republika Srpska. Le diplomate italien Antonio Zanardi Landi, ancien ambassadeur d'Italie en Russie et en Serbie, est pressenti pour succéder à M. Schmidt au poste d'« administrateur extérieur » de la Bosnie. 

L'administration Trump a levé de manière inattendue toutes les sanctions visant l'ex président et toujours homme fort de la Republika Srpska en Bosnie Milorad Dodik et son entourage en octobre dernier. Dodik était à Moscou pour la fête du 9 mai. Il a récemment annoncé un plan d'aide publqiue au logement et une augmentation des salaires pour encourager les serbo-bosniens exilés à revenir Republika Srpska.

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USAID se vante de faire pression sur le gouvernement serbe

28 Août 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Selon l'agence de presse serbe Tanjug, les ONG ont joué un rôle actif dans le dernier remaniement du gouvernement  d'Ivica Dačić, dans lequel 11 des 21 ministres ont été remplacés et le parti Régions unies de Serbie (URS) a été exclu de la coalition au pouvoir. Les Campagnes des organisations de la société civile (CSOs) ont contribué selon l'agence à l'éviction de personnalités comme les ministres de l'éducation et de la culture, ainsi que ces associations s'en sont elles-mêmes vantées, lors d'une réunion à Belgrade le mercredi 27 août.


great_seal_of_the_us.pngLe directeur de la mission USAID de Serbie (USAID est une agence financée par le gouvernement américain), Peter Wiebler (un spécialiste de l'ex-URSS qui a déjà travaillé pour Freedom House en Europe centrale et pour USAID en Afghanistan, en Ukraine, en Moldavie et à Gaza) présent à cette réunion, s'est déclaré très satisfait et a estimé que la société civile  "devrait être fière" des résultats qu'elle a obtenus en 2013. Il a ajouté que les CSOs devraient être plus impliquées dans le processus de négociation entre l'Union européenne et la Serbie en vue de son adhésion, et faire davantage connaître leur action comme elles l'ont fait lors des inondations du mois de mai.

 

L'ingérence via le "soft power" et notamment les politiques de coopération est une priorité de l'administration Obama. Elle a fait l'objet de condamnations explicites de la part de divers gouvernements d'Amérique latine.

 

La Serbie, en ce moment, est un enjeu du  bras de fer entre Washington et Moscou, les Occidentaux essayant d'obtenir du gouvernement de Belgrade qu'il soutienne le nouveau régime putschiste en Ukraine et fasse capoter le projet de gazoduc russe Southstream (contre lequel l'Iran vient de porter un mauvais coup dans le cadre du rapprochement avec Washington ce mois-ci)

 

F. Delorca

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La Turquie d'Erdogan avance ses pions en Europe orientale

28 Octobre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

balkans.jpgDeux symboles de la progression de la Turquie en Europe de l'Est :

 

1) Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch à Ankara a annoncé le 12 octobre la signature d'un accord de libre échange, qui, parallèlement à l'adhésion de l'Ukraine à la zone de libre-échange de l'Union européenne porterait les échanges commerciaux turco-ukrainiens de 6 à 20 milliards de dollars par an en 2015, ce qui permettrait aux produits turcs de remplacer en partie les produits russes (montant d'échange 60 milliards de dollars actuellement), Moscou ayant fait savoir que Kiev ne pouvait à la fois commercer sans barrière avec l'Union européenne et adhérer à l'Union douanière eurasiatique qu'elle promeut

 

2) Le 26 octobre le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan était à Prizren, au Kosovo (où se préparerait la création par l'Union européenne d'un nouveau tribunal pénal international chargé des crimes commis par les dirigeants albanais autour des trafics d'organes), et déclarait « La Turquie, c'est le Kosovo et le Kosovo, c'est la Turquie. Nous sommes tous les enfants du même pays, forts et unis comme des frères. Nous partageons la même histoire et la même civilisation. » (Ces propos ont cependant par la suite été édulcorés par le ministre turc des affaires étrangères après la colère suscitée à Belgrade).

 

La Turquie est aujourd'hui le troisième investisseur au Kosovo derrière la Grèce et l'Italie. Elle est le quatrième en Bosnie-Herzégovine. Elle rénove les vestiges du passé ottoman, finançant la rénovation de mosquées, de hammams et d'écoles coraniques bâtis par les sultans en Macédoine, en Bulgarie ou en Albanie.

 

Sur Strategic-Culture.org, Piotr Iskenderov montre que les Occidentaux laissent carte blanche pour une nouvelle pénétration de la Turquie dans les Balkans, en échange de sa non adhésion à l'Union européenne, ce qui répond à un besoin de la Turquie (où vivent, outre les descendants des Turcs d'Europe chassés au XXe  siècle, 1,2 million d'Albanais) aussi d'assumer son héritage balkanique. 

 

F. Delorca

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Expansionnisme des Roumains et de l'OTAN en Moldavie

23 Août 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Après quelques rodomontades contre l'extrême-droite hongroise le 14 août, le président roumain Traian Basescu, lors d'une récente visite à Chisinau le 17 juillet, aurait déclaré aux journalistes, «Notre priorité est d'assurer l'intégration de la Moldavie dans l'Union Européenne dans les 10-12 années à venir» et ajouté : «Cela contribuera à l'unification des deux pays» (selon la Fondation de culture stratégique , information non reprise par la presse occidentale, mais le journal roumain Romania Libera confirme que dès 2010 Basescu, qui a lui-même sollicité la nationalité moldave, a fixé un objectif de réunification avec la Moldavie à l'horizon d'un quart de siècle). Ce faisant Basescu se pose de plus en plus en "Erdogan roumain" désireux de placer Bucarest dans le rôle du protecteur de la roumanité au delà des frontières roumaines (il a cependant admis que le puissant Parti communiste de Moldavie, actuellement dans l'opposition, restait hostile à cette unification, tout comme à l'entrée de la Moldavie dans l'Union européenne).

 

En outre à l'occasion de cette visite du 17 juillet, un traité de coopération militaire a été signé entre Bucarest et Chisinau.

 

La presse russe accuse l'OTAN de vouloir installer une base en Moldavie (dont la constitution prohibe toute adhésion à une alliance militaire internationale), ce qui impliquerait directement l'Alliance atlantique dans un conflit potentiel avec la Transnitrie sécessionniste. Nezavissimaïa Gazeta en Octobre 2012 avait précisé sur le fondement des confidences de Vladislav Finagin, chef du comité de Transnistrie pour la sécurité d'Etat, le centre d'entraînement militaire de Bulboaca (près de Chisinau) est en cours transformation en base de l'OTAN.

 

La Nezavissimaïa Gazeta, toujours elle,le 23 août, citée par Ria Novosti, et qui se fonde elle-même sur le journal Romania Libera estime sous la plume de Svetlana Gamow que les déclarations agressives de Basescu pourraient compromettre la signature d'un accord d'association entre la Moldavie et l'Union européenne, et que Bruxelles se propose de différer cette signature.

 

La rhétorique de de Basescu a aussi pour effet d'empêcher tout réglement avec la Transnistrie, qui voit dans le nationalisme roumain un argument pour poursuivre sa propre voie : celle de l'intégration dans la future Union eurasienne, défendue notamment par l'ONG Eurasian integration qui a ouvert un bureau à Tiraspol, orientation tournée en dérision par le président Basescu, pour qui les Moldaves n'ont pas vocation à se rattacher à l'Eurasie parce "qu'ils n'ont pas les yeux bridés" (sic - cf ziare.com).

 

F.Delorca

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Accord serbo-kosovar : l'OTAN garantit l'intégrité des territoires serbes

20 Avril 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Les autorités de Belgrade et de Pristina parviennent à un accord sur le Nord-Kosovo (serbe) sur la base des principes européens du "local self-government", avec une police régionale dirigée par un serbe du Kosovo nommé par le gouvernement de Pristina sur proposition des municipalités serbes, et une juridiction paritaire serbo-albanaise pour la résolution des conflits. Les élections dans cette région seront organisées sous les auspices de l'OSCE (UE et ex URSS), la question des télécoms et de l'énergie est laissée en suspend et la perspective de l'adhésion commune à l'Union européenne est soulignée. Les négociateurs serbes affirment qu'ils ont eu des garanties de l'OTAN que les forces kosovares n'entreront pas dans la région du Nord. Le gouvernement serbe souligne que l'accord n'implique aucune reconnaissance du Kosovo. Les Serbes du Nord- Kosovo refusent l'accord et demandent le rattachement à la Serbie. L'accord devrait être signé la semaine prochaine à Bruxelles.

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Kosovo : la Serbie refuse un ultimatum de l'Union Européenne

8 Avril 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

balkans.jpgLe huitième round des pourparlers entre Pristina et Belgrade s'est soldé par un échec, le 2 avril dans la nuit sur le statut de la petite enclave peuplée d'environ 50 000 Serbes située dans le nord du pays. Bruxelles a donné à Belgrade jusqu'à mardi pour dire si elle prête à œuvrer en faveur d'une réunification.

 

Dans une intervention télévisée dimanche soir, le vice-Premier ministre Vucic, a révélé que lors de la réunion à Bruxelles le 2 avril, la délégation serbe n'avait pas reçu un projet écrit d'accord. "Nous n'avons reçu aucun document. On nous a simplement lu ce qu'on nous demande" de faire, a-t-il expliqué. (Al Watan).

 

Le grand Mufti de Belgrade aussi bien que les autorités orthodoxes ont encouragé le gouvernement serbe à ne pas céder. Celui-ci a fini par rejeter l'ultimatum européen.

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Déblocage institutionnel en Moldavie : Bruxelles a-t-elle acheté trois députés communistes ?

13 Novembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

moldova.pngDepuis plusieurs années, le parti communiste moldave (PCRM) est un obstacle à l'alignement de la petite république de Moldavie sur les standards de Bruxelles, face à une droite qui, à la chute de l'URSS, a rêvé d'une "Grande Roumanie" dont l'adhésion à l'Union européenne pouvait permettre de parachever le projet.

 

Après avoir été au pouvoir de 2001 à 2009 sous la présidence de Victor Vorodine, le PCRM a dû quitter le pouvoir à l'issue des élections législatives de d'avril 2009 (cf article sur ce blog) face à des troubles possiblement orchestrés par les Occidentaux (on a  alors évoqué les similitudes avec les révolutions colorées). Une longue période de blocage institutionnel s'en est suivie.


À la suite des élections législatives de juillet 2009, quatre partis d'opposition (Libéral-démocrate, Libéral, social-démocrate, et chrétien-démocrate) se sont unis pour former une Alliance pour l'intégration européenne (AIE) qui a remporté 53 sièges contre 48 au Parti communiste (44,7 % des voix). Cependant la coalition n'a pu élire son candidat à la présidence de la République, car selon les amendements constitutionnels votés en juillet 2000, cela nécessite 61 voix sur les 101 membres du Parlement.


Dans une telle configuration, de nouvelles élections auraient dû avoir lieu, mais la même Constitution limite le nombre d'élections pouvant être tenues dans un laps de temps aussi court, produisant une situation de blocage. Pour y pallier, la coalition de droite au pouvoir a décidé d'organiser un référendum prévoyant l'élection du Président de la République au suffrage direct.

 

Le Parti communiste a alors appelé au boycott du référendum.Le taux de participation n'a atteint que 30 %, alors qu'il aurait dû dépasser 33,3 % pour être valide.

 

De nouvelles élections législatives se sont tenues le 28 novembre 2010. Le PCRM malgré une érosion obtenait 42 sièges ce qui privait toujours la coalition sortante des 61 sièges nécessaires pour élire le président de la République. Le nouveau parlement n'a même pas pu élire son président pour assurer l'intérim de la présidence de la république prise en charge par le Premier ministre démissionnaire, Vlad Filat. ce n'est que le 30 décembre dernier que Marian Lupu a pu accéde à la présidence du Parlement le 30 décembre, et à la fonction de chef de l'État par intérim.

 

L'impasse institutionnelle vient de trouver une issue peu glorieuse le 4 novembre dernier avec la trahison de trois députés élus sur la liste du parti communiste : Igor Dodon, 36 ans, ex vice-premier ministre qui dirigeait en juin la liste communiste aux élections municipales de la capitale Chisinau (remportant plus de 48 % des voix), Zinaida Greceanii, - ex-premier ministre du gouvernement communiste - et Veronica Abramtchouk, chef du parti socialiste moldave bizarrement élue trois fois sur les listes du Parti Communiste de la République de la Moldavie (PCRM).

 

Ce coup de poignard dans le dos devrait permettre à la droite pro-roumaine d'accéder enfin au contrôle de la présidence. Au lendemain de cette défection le parti communiste a déclaré  dans un communiqué que "les conséquences politiques de cette trahison pourraient porter un préjudice sévère à l'Etat moldave. Les résultats de cette trahsion sont évidents : l'Alliance pour l'intégration européenne a déjà le nombre de voix nécessaire pour élire le président et plus de la moitié de la société moldave est complètement ignorée". L'ancien président V. Voronine à l'occasion d'une commémoration militaire le 7 novembre a estimé que les trois députés ont trahi pour de l'argent versé par des lobbys puissants, en précisant que ces lobbys n'étaient pas russes selon lui (donc que l'argent venaitd e l'Occident). Il a reconnu qu'il anticipait la trahison de Dodon mais pas celle de ses deux acolytes : " Nous ne nous y attendions pas parce que ce sont des dames. C'est plus dur pour les dames de trahir. Les dames ne trahissent pas. Elles avaient probablement des raisons plus importantes" a-t-il ajouté. Dodon pour sa part a avoué qu'il espérait comme prix de sa trahison serait que son acolte Zinaida Greceanii obtienne la présidence de la République. Il a reconnu qu'il s'était même rendu à Bruxelles spécialement pour faire reconnaître que Greceanii était la meilleure candidate pour ce poste. Il a aussi souligné qu'elle avait par ailleurs de bonnes relations avec Gazprom pour garantir la neutralité russe dans cette opération.

 

L'élection est prévue pour le 18 novembre. L'histoire devra dire un jour précisément quels organismes en Europe occidentale ou à Washington auront été derrière cette manipulation...

 

Delphine Jaen

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Les soldats de la Kfor tirent sur des manifestants serbes au Kosovo

29 Septembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

balkans.jpgAprès la reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo par les principales puissances occidentales (indépendance à ce jour non reconnue par l'Organisation des Nations Unies), les autorités albanophones de Pristina ont franchi un nouveau pas dans l'unilatéralisme cet été en tentant d'instaurer des check-points douaniers entre les districts du nord du Kosovo à majorité serbe et la Serbie non-kosovare.

 

Cette mesure viole la résolution 1244 de l'ONU (stipulant l'intégrité territoriale de la Serbie) et revient à vouloir couper définitivement les Serbes kosovars des Serbes du reste de la Serbie. Des groupes de Serbes du Nord du Kosovo ont réagi en bloquant les forces de police des autorités albanophones, en incendiant des postes douaniers et en installant des barricades en août dernier.

 

Ces actions de Serbes kosovars ont embarrassé Belgrade engagé dans une négociation avec Pristina afin de faciliter la candidature de la Serbie à l'entrée dans l'Union européenne, et n'ont donc guère fait l'objet de soutiens de la part du gouvernemebnnt serbe (Mme Merkel la chancelière allemande lors de sa visite le 23 août dernier ayant sommé à nouveau Belgrade de reconnaître le Kosovo si elle veut rejoindre l'UE). Paradoxalement c'est la Russie qui s'est trouvée la plus libre pour défendre l'intégrité territoriale de la Serbie : le 16 septembre, alors que la mission de police européenne Eulex envisageait de parachuter des fonctionnaires albanophones sur les postes douaniers, l 'ambassadeur russe en Serbie, Alexandre Konouzine, a quitté jeudi le Forum régional sur la sécurité dans les Balkans qui se tenait à Belgrade en raison du refus des participants d'examiner la situation actuelle au Kosovo. "Je suis surpris. L'Otan, la Kfor et la mission Eulex envisagent de déployer des douaniers kosovars aux postes-frontières dans le nord du Kosovo, ce qui revient à violer leur mandat et la résolution 1244. L'auditoire du forum n'a pas réagi. Y a-t-il des Serbes dans la salle? Le destin de vos compatriotes vous préoccupe-t-il?" a-t-il lancé au public serbe.

 

Le mardi 27 septembre, la Kfor (force de l'ONU au Kosovo composée majoritairement de soldats de pays de l'OTAN), a démantelé par la force dans la matinée une barricade érigée par des Serbes à proximité du poste de Jarinje.

 

A cette occasion les soldats occidentaux entourés d'une foule de 1 500 civils, n'auraient pas hésité à tirer avec des balles en caoutchouc. Selon le directeur de l'hôpital de Kosovska Mitrovica, Milan Jakovljevic, cité par l'agence serbe Beta, six Serbes blessés par balles ont été hospitalisés dans son établissement (au total le nombre de blessés d'élèverait à seize). Quelques heures plus tard, en représaille, l'explosion d'une bombe artisanale a fait quatre blessés dans les rangs de la Kfor.

 

Selon les déclarations de l'ambassadeur russe  à l'agence Interfax, les civils serbes blessés auraient fait l'objet de tirs à balles réelles et non de balles en caoutchouc. Il a accusé l'OTAN de "provoquer un nouveau conflit dans la région". La Kfor, pour sa part invoque l'autodéfense, mais la Russie demandera une enquête auprès de l'ONU.

 

Les Serbes kosovars ont renforcé les dispositifs de barricades, notamment dans la ville de Mitrovica.

 

Parallèlement à ce regain de tension, l'enquête sur les trafics d'organes de prisonniers civils de 1998-99 dans lesquels serait impliqué l'actuel premier ministre kosovar (et ex chef de l'UCK) Hashim Thaci se poursuit sous la houlette de la mission européenne Eulex. Un américain John Clint Williamson a été désigné "procureur en chef" d'une équipe spéciale le 29 août dernier. L'Eulex a mis en accusation sept personnes dont un Turc Yusuf Ercin Sonmez et un israélien d'ascendance turque Moshe Harel tous deux en fuite. Beaucoup de Serbes du Kosovo s'indignent de la nomination de Williamson comme procureur en chef. Selon l'ex-président de la commission pour les affaires d’enlèvement et de disparition, Vladimir Bojovic les autorités serbes étaient au courant du trafic d'organes dès 2001 mais les organes judiciaires de MINUK (Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo) à l'époque dirigés par Williamson ne voulaient pas coopérer, et celui-ci ne se serait occupé sous son mandat que de faire arrêter des officiels serbes accusés de crime de guerre.

 

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L'arrestation de Ratko Mladic et la situation de la République serbe de Bosnie

27 Mai 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

L'ancien chef des forces serbes de Bosnie le général Ratko Mladic, recherché depuis quinze ans par le "tribunal pénal intenational" pour l'ex-Yougoslavie (TPIY - un tribunal ad hoc créé par le Conseil de sécurité de l'ONU auquel une certaine partialité a souvent été reprochée) a été arrêté hier à 80 km au nord de Belgrade. Cette arrestation figurait au nombre des conditions posées par les Occidentaux pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne.

 

Le général Mladic est accusé d'avoir planifié le génocide de 7 000 à 8 000 civils musulmans bosniaques dans l'enclave de Srebrenica à l'Est de la Bosnie (au coeur de la zone serbe) pendant la guerre civile bosniaque. Le 7 juillet 1995 profitant du retrait des casques bleus hollandais qui protégaient la ville (et selon certains, au terme d'un possible accord de non intervention aérienne avec la Forpronu qui venait de récupérer des soldats-otages quelques jours plus tôt ), l'armée l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) commadée par Mladic faisait son entrée à Srebrenica. Les femmes et les enfants étaient envoyés par autobus dans la partie musulmane de la ville. Les hommes auraient été systématiquement massacrés pendant plusieurs jours, justifiant l'accusation de "génocide" et "crime contre l'humanité".

 

Ces meurtres s'expliqueraient selon les partisans de l'ex Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) par le climat de guerre civile qui régnait dans la région. Le chef de guerre musulman Naser Orić  qui dirigeait l'armée musulmane à balkans.jpgSrebrenica aurait lui-même tué des centaines de civils serbes et fait régner la terreur dans la zone en 1992-93. Il a été acquitté par le TPIY en 2008. Pour les Occidentaux et les Musulmans de Bosnie il s'agirait d'une opération de nettoyage ethnique "à froid" (ce qui la distinguerait par exemple des massacres commis par les Américains à Faludjah en 2004).

 

L'arrestation de l'ex-général Mladic a été saluée en Serbie par les partis européistes comme le parti libéral démocrate. Le parti radical serbe (nationaliste) dont le leader V. Seselj est jugé par le TPIY en ce moment a annoncé qu'il organisera une manifestation de protestation - mais sans garantie que la police l'autorise. Le parti progressiste de M. Nikolic, issu d'une scission du Parti radical s'est pour sa part tenu dans une posture plus modéré manifestant seulement les "questions" que lui inspire cette arrestation à un moment où l'Union européenne fait pression pour un dialogue entre Belgrade et Pristina.

 

En République serbe de Bosnie (Republika Srpska, une entité fédérée issue des accords de Dayton), le président social démocrate Milorad Dodik s'est félicité de cette arrestation.

 

La République serbe de Bosnie est régulièrement menacée par des propositions occidentales de la supprimer purement et simplement.

 

En mars dernier, une nouvelle illustration du "deux poids deux mesures" de la justice internationale pro-occidentale à l'égard de cette entité avait été révélée par la libération de Jovan Divjak. Cet ancien général d'origine serbe qui avait dirigé l'armée musulmane à Sarajevo était recherché pour avoir fait tirer sur des recrues serbes désarmées au moment où celles-ce se retiraient de la ville en 1992. Arrêté en Autriche le 3 mars dernier il avait été libéré six jours plus tard contre une caution de 500.000 euro, payée par le canton de Sarajevo et la fondation Pravda (Justice). Cette libération a fini de convaincre les Serbes de Bosnie que les présumés criminels de guerre musulmans et croates ne seraient jamais traités sur un pied d'égalité avec les criminels de guerre serbe. La crise politique provoquée par cette affaire en République serbe de Bosnie décida début avril l'assemblée nationale de cette entité à soumettre à référendum un projet tendant à soustraire la partie serbe à la juridiction du système judiciaire de Bosnie accusé de n'avoir jamais jugé de criminels de guerre de la partie musulmane et de n'avoir pas, en l'occurrence, agi pour l'extradition de Divjak.

 

Les Occidentaux ont immédiatement menacé la République serbe de sanctions si le projet de référendum venait à se réaliser. Milorad Dodik a dû renoncer au projet de référendum  après sa rencontre avec la représentante de l'Union européenne Catherine Ashton. De retour des Etats-Unis où il avait présenté son rapport devant le Conseil de sécurité des Etats-Unis, le haut représentant des Nations-Unies, l'autrichien Valentin Inzko, n'avait pas hésité à menacer de "destituer" le président élu par les Serbes.

 

L'arrestation de Mladic s'est accompagnée de manifestations de solidarité en République serbe de Bosnie et pourrait entretenir le sentiment de persécution qui prévaut dans cette entité.

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