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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

afrique australe

Vers plus de transparence des réunions du Traité sur l'Antarctique ?

1 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe, #Asie du Sud-Est-Pacifique

La 48e réunion consultative du Traité sur l'Antarctique (RCTA), qui s'est tenue pendant dix jours en mai, a rassemblé les 29 parties consultatives et les 29 parties non consultatives qui gouvernent le continent antarctique soit près de 10 % de la surface terrestre. Parmi elles figurent l'Australie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, les Pays-Bas, la Russie, l'Afrique du Sud et les États-Unis, qui prennent des décisions en matière de protection de l'environnement, de science, de tourisme et de gouvernance en Antarctique.

Une fois n'est pas coutume, le rapport final préliminaire, publié le 19 juin après la clôture de la réunion le 21 mai, paraît nettement plus tôt que ne l'exigent les règles du Traité. Ces règles prévoient un délai maximal de trois mois pour la publication dans les quatre langues officielles : anglais, français, russe et espagnol.

Selon le journal sud-africain Daily Maverick, cette transparence inhabituelle résulte d'une  campagne menée par les Pays-Bas (qui occupent le 2e rang mondial en matière de liberté de la presse), avec le soutien de Canberra et de Séoul, cette initiative vise à améliorer la communication avec le public, à élargir la participation et à rendre plus ouverte l'une des instances diplomatiques les moins accessibles au monde.

Toutefois les règles du Traité exigent que la séance plénière d'ouverture se tienne en public. Or les gouvernements limitent depuis des décennies,l'accès à la seule cérémonie d'ouverture, tandis que les discussions de fond se déroulaient à huis clos. Certains espèrent que le fait que le prochaine réunion se tienne au Pays-Bas continue à améliorer la transparence. Cependant les facteurs de résistance sont forts. Par exemple l'Allemagne, pays qui devient de plus en plus liberticide sur les questions de politique étarngère, a plaidé pour une censure des réseaux sociaux sur ce sujet, ce que la Norvège n'a pas accepté.

Le traité de 1959 sur l'Antarctique a figé le continent dans un pacte de « souveraineté gelée » hérité de la Guerre froide, réservant la plus grande réserve d'eau douce au monde à la seule recherche scientifique et interdisant toute activité militaire. Mais les récentes découvertes russes de vastes gisements de pétrole, de gaz et de terres rares font craindre que ce fragile consensus ne se transforme en une nouvelle lutte pour les ressources. La question est de savoir si le Protocole de Madrid de 1998 qui bloque les extractions jusqu'en 2048 tiendra au delà de cette date.

Actuellement, les États-Unis et la Russie possèdent chacun six stations de recherche, lesquelles peuvent servir de soutien à la guidance des missiles intercontinentaux (le Traité ne mentionne pas le survol de l'espace – et l'observation aérienne est autorisée pour les inspections liées au Traité). La Chine en a cinq et elle affiche son ambition de devenir une « grande puissance polaire » d'ici 2030, notamment grâce à des brise-glaces géants, principaux outils pour la destruction des calottes glaciaires profondes.En vce qui concerne la pêche depuis 2017, la Chine et la Russie bloquent systématiquement la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) et d'autres mesures de conservation en Antarctique. Ces deux pays exercent leur droit de veto sur la pêche au krill antarctique d'une grande importance pour l'équilibre en carbone de la planète et pour l'avenir des baleines (cf l'activitié de Sea Shepherd sur le sujet, malgré l'incarcération de son leader au Groenland en 2025). La Russie a investi 600 millions de dollars en 2022, tandis que la Chine a violé à plusieurs reprises les limites des AMP en pratiquant la pêche. Se pose aussi la question d'une intégration éventuelle de Kiribati, les Îles Marshall, Tuvalu, les Maldives et le Bangladesh, pays concernés par le sort du Pôle du fait des effets de la fonte des glaces, seront intégrés au processus consultatuf

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Le Zimbabwe élu au Conseil de sécurité de l'ONU

7 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

Le Zimbabwe a été élu au titre du groupe des États africains, avec le soutien de 182 États membres de l’ONU. L’Autriche et le Portugal ont obtenu des sièges au titre du groupe des États d’Europe occidentale et autres États, devançant l’Allemagne, qui briguait également un siège au Conseil de sécurité. Après quatre tours de scrutin, le Kirghizistan a également été élu membre du Conseil de sécurité, obtenant le siège attribué au groupe Asie-Pacifique avec 142 voix.

À partir de janvier 2027, le Zimbabwe remplacera la Somalie, Trinité-et-Tobago prendra la place du Panama, l’Autriche et le Portugal remplaceront le Danemark et la Grèce, tandis que le Kirghizistan succédera au Pakistan. Les mandats de ces États arrivent à échéance à la fin de l’année 2026.

C’est la troisième fois que le Zimbabwe occupe ce siège non permanent depuis son indépendance en 1980. 

Pour le président Emmerson Mnangagwa , isolé depuis son arrivée au pouvoir par un coup d'État militaire en novembre 2017 en raison des violations des droits de l'homme et des fraudes électorales, il s'agit d'une victoire diplomatique. Au Zimbabwe, cependant, cette victoire diplomatique du gouvernement Mnangagwa a été éclipsée par le débat parlementaire en cours visant à annuler les élections générales de 2028 et à prolonger le mandat présidentiel d'au moins deux ans, jusqu'en 2030. Le gouvernement entend se servir de son siège pour faire pression contre les sanctions imposées à Mnangagwa, à sa famille et à ses alliés par les États-Unis et le Royaume-Uni. 

La candidature du Zimbabwe avait dès 2025 reçu le soutien de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'Union africaine (UA) et d'un certain nombre de partenaires stratégiques, dont la Russie, Cuba, l'Iran et le Sénégal. Emmerson Mnangagwa s'était rendu l'an dernier à Moscou et Pékin.

Depuis quelques mois certains spécialistes se demandent si Trump qui a mis en oeuvre une politique offensive de soutien aux Afrikaner blancs en Afrique du Sud fera de même à l'égard des 4 500 fermes de Blancs expropriés dans les années 2000 par Robert Mugabe. Mnangagwa,  après la chute de Mugabe, a promis de payer les fermiers blancs pour les infrastructures et les améliorations des terres - un ensemble de mesures qui s'élevait à 3,5 milliards de dollars (3 milliards de livres sterling). Mais la question agraire au Zimbabwe pourrait être un levier de pression américain pour s'accaparer les ressources du pays, qui détient la première réserve de lithium d'Afrique exportée vers la Chine (Harare veut convaincre Pékin de raffiner ce métal sur son sol). Il recèle aussi 17 sortes de terres rares sur lesquelles lorgnent des pays occidentaux comme l'Italie.

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Grèves au Mozambique

22 Mai 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

La crise pétrolière due à l'agression américaine contre l'Iran (80 % des importations pétrolières passent par le détroit d'Ormuz) suscite des grèves et manifestations au Mozambique comme dans le reste de l'Est africain. Malgré la perspective de très gros revenus gaziers à partir de 2030, le pays reste dans le marasme économique depuis des années avec une croissance de la production, hors secteur minier, qui couvre à peine sa croissance démographique, et une hausse de l'endettement. Les djihadistes menacent le nord du pays (Cabo Delgado), de sorte que le gouvernement de Maputo a dû solliciter une force de maintien de l'ordre rwandaise et bénéficie d'une formation anti-terroriste par l'Union européenne.

Les perspectives de développement énergétiques qui ont par exemple poussé l'Algérie à planifier la construction d'une centrale électrique de 1 000 Mégawatts (la centrale de Gravelines en France en produit 5 000) ce qui rendra le pays exportateur en la matière en plus des exportations de gaz, ne compensent pas la pénurie actuelle de devises ni l'augmentation du prix de l'essence à la pompe. En 2024 une grève générale avait eu lieu après l'élection présidentielle durement réprimée par le parti dominant FRELIMO ex-marxiste devenu social-démocrate dans les années 1990 qui est toujours au pouvoir depuis 1975. Aujourd'hui le principal parti d'opposition Podemos, issu d'une dissidence du Frelimo fait l'objet de persécutions judiciaires.

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Les anciens combattants sud-africains accusent la médiatrice de travailler pour la CIA

10 Septembre 2014 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

Umkhonto-we-Sizwe-Military-Veterans-Association.jpgSamedi, le vice-ministre de la Défense sud-africain et président de l'association d'anciens combattants "Umkhonto we Sizwe Military Veterans Association" (MKMVA, une structure membre de l'ANC accusée de malversations financières) Kebby Maphatsoe, s'est exclamé, durant une cérémonie d’hommages à un membre de l’ancienne branche armée de l’ANC à Soweto : « On ne peut pas laisser les gens braquer l’ANC. On va se battre et défendre l’ANC. Ils utilisent maintenant nos institutions contre nous, et si vous voulez savoir pourquoi, c’est piloté par la CIA ». En réponse l'ambassadeur des Etats-Unis à Prétroria a dénoncé lundi sur Twitter « des accusations insultantes et dénuées de tout fondement (baseless and offensive)».

 

L'accusation du vice-ministre visait en fait l'avocate Thuli Madonsela, la médiatrice (à laquelle le Point Afrique consacrait un article élogieux le 30 août) qui a récemment demandé au président Jacob Zuma de se justifier dans l'affaire de corruption qui le touche, tout en précisant qu'elle ne mènera pas d'action en justice contre lui. Maphatsoe avait accusé explicitement Madonsela (membre du Congrès national africain - ANC au pouvoir) de détourner une institution créée par l'ANC et l'ANC elle-même dans un but "contre-révolutionnaire" au service des Etats-Unis. A la demande de l'ANC, Maphatsoe devant l'assemblée nationale a dû explicitement retirer ses accusations. En mai 2013 il avait adressé des attaques comparables contre deux fondateurs de nouveaux partis politiques.

 

Madonsela pour sa part s'était exprimée au 2ème Young African Leaders Forum de l'université de Johannesburg financé par USAID. Même si l'accusation de lien entre Madonsela et la CIA n'était pas prouvée, ses relations avec le "soft power" américain comme les initiatives "Young African Leaders" sont visibles, ce qui peut expliquer que des leaders de la "vieille garde" des anciens combattants, mais aussi des membres des organisations de jeunesse du parti (en mars dernier) s'en prennent vivement à elle.

 

Le régime de Jacob Zuma est secoué par diverses affaires de corruption depuis quelques années. Par ailleurs Afrique du Sud gêne les Etats-Unis. Elle fait partie des BRICS avec la Chine, la Russie, le Brésil et l'Inde (40 % de la population mondiale) qui, à l'issue d'un sommet au Brésil début juillet ont décidé de créer un FMI parallèle (une "Nouvelle banque de développement") et tentent de limiter l'usage du dollar comme monnaie de réserve.

 

F. Delorca

 

 

 

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Mozambique : combats entre l'armée et la Renamo

25 Octobre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

L'ancienne guérilla terroriste au Zimbabwe financée au temps de l'apartheid par l'Afrique du Sud et les Etats-Unis et devenue depuis lors un parti politique d'ooposition au gouvernement issu du Frelimo (autrefois marxiste), le Résistance nationale mozambicaine (Renamo) refait parler d'elle. En octobre dernier, son leader   Afonso Dhlakama, 59 ans, a annoncé qu'il allait construire une nouvelle base militaire au centre du pays avec 800 hommes, à Gorongosa."J’entraine mes hommes à fond, et s’il le faut nous repartirons détruire le Mozambique", avait-il déclaré en novembre.

 

Lundi dernier, lorsque l’armée du Mozambique a pris d’assaut cette base. Afonso Dhlakama, est parvenu à s’enfuir. Et mardi matin, les anciens rebelles ont répliqué, en attaquant un poste de police à Maringue, dans le centre du pays. Les puissances occidentales appellent au dialogue.

 

Selon une étude zimbabwéenne la découverte de gaz naturel (le Mozambique aurait la troisième réserve d'Afrique), d'or et de diamants dans ce pays pourrait avoir donné des ailes à la Renamo. Ce parti qui a perdu les quatre dernières élections législatives a l'impression de ne pas tirer les dividendes économiques du fort taux de croissance que connaît le pays (qui reste malgré tout très pauvre). Mais la reprise de la guérilla pourrait justement compromettre ce redressement économique et les investissements étrangers.

 

F. Delorca 

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Elections au Swaziland, inquiétudes occidentales

22 Septembre 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

Vendredi, le Swaziland organisait le deuxième tour des élections législatives. 415 000 électeurs inscrits devaient choisir 55 députés, 10 députés seront plus nommés par le roi.

 

Les groupes d'opposition comme le parti interdit Mouvement démocratique uni du peuple (PUDEMO, membre de l'internationale socialiste) et le Réseau de solidarité du Swaziland, ont appelé à boycotter ce scrutin. Les partis politiques au Swaziland ne sont pas formellement interdits, mais il existe des restrictions sur leur création et leur fonctionnement,et l'achat des votes est la règle. Les candidats sont nommés par des autorités locales fidèles au roi dans ce pays qui reste la dernière monarchie absolue du monde. La semaine dernière, Musa Dube, secrétaire général adjoint du Parti communiste du Swaziland, a été arrêté pour avoir distribué des tracts appelant à boycotter les élections. Il a été mis en accusation pour encouragement de la "sédition" du Swaziland. Son procès a été transféré à la Haute Cour de justice.

 

Environ 70 %  des 1,2 millions d'habitants du Swaziland vivent en dessous du seuil de pauvreté,. 40% de la population - sont au chômage. 31 % ont le SIDA. En 2011le pays avait été jugé au bord de l'effondrement financier par le FMI.
   
Principal bailleur fonds du pays, l'Afrique du Sud entretient une neutralité bienveillante à l'égard de ce pays, mais le patronat sud-africain voit d'un mauvais oeil l'autoritarisme de son roi. Une enquête réalisée par DNA Economics auprès de 400 entreprises sud-africaines montrent que moins de 10 % d'entre elles seraient prêtes à investir au Swaziland. Aux Etats-Unis bien qu'Obama ait été prié de fermer l'ambassade au Swaziland, celui-ci a au contraire choisi d'en construire une nouvelle ce qui est interprété comme une volonté de Washington de suivre de plus près l'évolution de ce pays. De même la transformation du bureau du service d'action extérieure de l'Union européenne en ambassade en octobre prochain reflète un certain intérêt des Occidentaux pour ce petit royaume, intérêt qui pourrait être lié au risque de déstabilisation régionale qu'impliquerait son éventuel effondrement économique.
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Madagascar : ingérences électorales des Occidentaux au risque du chaos

21 Août 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

madagascar.pngLa Cour électorale spéciale (CES) de Madagascar a décidé le 17 août d'exclure huit candidats de la prochaine élection présidentielle, dont la date n'a toujours pas été fixée. Parmi eux trois "poids lourds" de la politique nationale : Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka (autrement dit l'actuel président, l'épouse de son prédécesseur, et l'homme fort de l'île dans les années 80). Le motif officiel est qu'ils n'ont pas respecté les délais d'inscriptions sur les listes (La Tribune). L'Union africaine, la France, l'Afrique du Sud et l'île Maurice (puissance montante dans la région) se sont félicitées de cette mesure.

 

Le 6 août, la baronne Catherine Ashton, "haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, avait donné deux semaines aux acteurs politiques malgaches […] pour permettre la tenue de l'élection" et avait menacé de "sanctions ciblées les personnes qu'elle jugeait facteurs de blocage au processus de sortie de crise"(mensuel Reflet). Elle n'avait pas fait mystère dès le printemps du désir de l'Union européenne de voir les trois poids lourds de la politique malgache écartés. Dans un pays ruiné comme Madagascar et livré à l'exploitation des multinationales, les spéculations sont nombreuses sur les visées des puissances occidentales. Selon certains médias l'ancienne puissance coloniale aurait "son" candidat, Pierrot Rajaonarivelo, actuel ministre des Affaires étrangères, titulaire d'un DESS de Finances publiques à la Sorbonne, et qui a travaillé pour la société commerciele de l'ouest africain (grande entreprise française dissoute en 1998) et pour la Banque Française du Commerce Extérieur. Le général Camille Vital, actuel ambassadeur au bureau de l'ONU à Genève, ancien élève du Collège interarmes de la Défense à Paris peut aussi aspirer à ce rôle.

 

L'actuel président Rajoelina, naguère qualifié par la presse anglo-saxonne de "businessman populiste", avait renversé en 2009 l'ex-président Ravalomanana, patron du plus puissant groupe agro-alimentaire du pays, Tiko, soutenu par les évangélistes étatsuniens. Il a fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'obéirait pas au diktat des Occidentaux pour ces élections. La mouvance de son ancien rival Ravalomana (qui pourtant continue à l'occasion de rappeler sa proximité avec les Etats-Unis) appelle elle aussi à manifester contre l'ingérence occidentale et internationale, tandis qu'une équipe de médiation de la Communauté de dévelopement d'Afrique asutrale (SADC) s'efforce d'apaiser les esprits.


Albain Rabemananjara, président du Comité Développement et Ethique, a mis en garde contre le fait que ces élections que l’on veut organiser au forceps ne pourraient que mettre la Nation en danger.". Selon lui, "tous les ingrédients d’un cafouillage et d’une confusion impossibles à démêler sont réunis jour après jour".

 

F. Delorca

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Ré-élection de Robert Mugabe au Zimbabwe

4 Août 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

Robert Mugabe, 89 ans, a été déclaré vainqueur par 61,09 % des voix dès le premier tour de l'élection présidentielle au Zimbabwe qui a eu lieu mercredi dernier et son parti la Zanu-Pf (Union nationale africaine du Zimbabwe, Front patriotique - a remporté deux tiers des sièges au Parlement.

 

Sans même envisager une contestation en justice,  M. Douglas Mwonzora porte-parole du principal parti d'opposition  MDC-T qui a perdu la circonscription de Nyanga Nord, a déclaré cette semaine que son parti pouvait descendre dans la rue pour contester les résultats. Le trésorier du part Roy Bennett a appelé à la désobéissance civile.

 

Le secrétaire général de l'ONU a appelé au respect des procédures légales de contestation, tout comme au Zimbabwe la porte-parole du responsable national de la police  Charity Charamba. Le président sud-africain Jacob Zuma pour sa part s'est empressé ce dimanche Robert Mugabe pour sa victoire au terme d'élection "harmonieuses". Les missions d'observation électorales africaines de l'UA, de la Comesa et de la Sadc, ainsi que le chef de la mission d'observation chinoise, Liu Guijin ont jugé le scrutin loyal.

 

En Occident la couverture des élections par les médas a été généralement hostile (voir en France Le Monde, L'Humanité, les Agences) et les gouvernements occidentaux ont dénoncé les fraudes..

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La visite d'Obama en Afrique du Sud suscite les protestations de la gauche à Pretoria

29 Juin 2013 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

obamaL'Afrique du Sud est la deuxième étape d'une tournée africaine d'une semaine du président américain Barack Obama qui, après le Sénégal, doit le mener en Tanzanie. Il a été accueilli samedi (après la dispersion par la police de quelques centaines de manifestants hostiles) par des chants chaleureux, des applaudissements et des rires de jeunes Sud-Africains dans une université à Soweto. Apparemment la promesse d'un partenariat économique entre les USA et l'Afrique est un slogan qui a séduit certains jeunes dans ce pays, autant que l'hommage que le président américain a rendu à l'ancien leader de l'ANC aujourd'hui dans un état de santé critique Nelson Mandela.

 

En réponse à cet accueil Obama a tenu un discours adapté à son public  :"J'ai été élu pour mettre fin aux guerres", a-t-il dit, ajoutant qu'il visite régulièrement les jeunes soldats américains qui ont été gravement blessés en Irak et en Afghanistan."Cette idée que nous cherchons à nous impliquer davantage militairement partout dans le monde n'est pas vraie" a-t-il ajouté.

 

Pour autant cette visite ne fait pas l'unanimité en Afrique du Sud. Buti Manamela, secrétaire national de la Ligue des jeunes communistes (YCL)  après avoir mobilisé un millier de manifestants à Prétoria devant l'ambassade des Etats-Unis vendredi a rappelé qu' «en réalité, Obama est ici pour les relations commerciales, et non pour le bénéfice du continent, mais le profit de l'impérialisme américain. L'avantage des entreprises américaines à continuer de violer nos ressources en minerais ". Selon lui les Américains "voient que la Chine est déjà là. C'est à cause de cette menace posée par la Chine que l'Amérique est ici. Toute cette histoire (le voyage en Afrique) est influencée par le fait que l'économie de l'Afrique est en croissance".

 

Lorsque les manifestants ont atteint l'ambassade, un groupe d'activistes musulmans a tenu une séance de prière.
Les autres, portant principalement des insignes de l'YCL , les ont regardés prier. De nombreux policiers se tenaient à l'entrée fermée de l'ambassade. Les manifestants ont brûlé un drapeau étatsunien. Sur certaines pancartes des manifestants on pouvait lire: «Obama, arrête de soutenir des dictateurs en Afrique. Pas de pétrole ici, passe ton chemin »,« 100 ans de génocide en Irak. Guerre dans 100 pays. Etat voyou ». L'affiche d'un jeune garçon disait: «Non, vous ne pouvez pas m'espionner". Une autre pancarte disait: «Etats-Unis sous administration satanique". De nombreux manifestants portaient des blouses oranges et des cagoules noires. Certains portaient des tenues de camouflage et des bérets rouges. Une grande banderole portait une photo du visage d'Obama et les mots: "Rencontrez le plus grand assassin du monde". "Libérez la Palestine. Libérez le Swaziland. Libérez le Zimbabwe" faisaient aussi partie des slogans.

 

Plus tôt dans la semaine, deux groupes sud-africains avaien tenté d'obtenir des mandats d'arrêt contre le président américain Barack Obama. Mohamed Hussain Vawda, de la Société pour la protection de notre Constitution, qui a porté plainte contre Obama pour " crimes de guerre et crimes contre l'humanité " et l'Association des juristes musulmans (MLA) qui a fait une demande d'arrestation d'Obama en référé auprès de la Haute Cour de Pretoria mercredi mais cette demande a été rejetée.

 

Vendredi à la suite de la manifestation devant l'ambassade, Loyd Shivambu, ancien membre de l'ANC qui critique aujourd'hui le ralliement de ce parti au néo-libéralisme, dans le Pretoria News, approuve les manifestants. "L'administration américaine sous Obama a poursuivi la domination néo-coloniale en Irak et en Afghanistan, écrit-il, non pas à cause de la guerre contre le terrorisme, mais pour des intérêts économiques étroits, notamment le pétrole. L'administration américaine sous Obama est également coupable de continuer de soutenir l'expansion israélienne illégale et la violation du droit des Palestiniens à l'autodétermination, de sa dignité et de ses libertés fondamentales... Le Zimbabwe est sous sanctions en raison d'un plan de déstabilisation concocté par l'administration américaine et la Grande-Bretagne comme un moyen d'intimider tous les États africains et les forcer à négliger la décolonisation économique." Mais il ajoute que l'Afrique du Sud joue un rôle ouvertement sous-impérialiste. Il accuse son pays d'avoir imposé la victoire de Joseph Kabila au Congo en 2011, d'avoir tenté de défendre Bozizé en Centrafrique, et de n'avoir pas empêché "le viol impitoyable de la Libye par les forces impérialistes" en votant la résolution 1973 sur la zone d'exclusion aérienne à l'ONU, d'avoir été parmi les premiers à reconnaitre le "gouvernement marionnette des Français" de Ouattara en Côte d'Ivoire et de favoriser l'arrogance du roi Mswati au Swaziland. Il accuse enfin Jacob Zuma d'avoir adopté une politique "sécurocratique" en Afrique du Sud depuis 2009, illustrée notamment par sa proposition de force d'intervention rapide pour l'Union africaine.

 

F. Delorca

 

 

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Zimbabwe : le gouvernement d'unité nationale à l'épreuve de l' "indigénéisation"

5 Juillet 2012 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe

La conférence de Genève sur la Syrie du 1er juillet a abouti à une proposition qui rappelle la formule de réconciliation appliquée depuis quelques années (sous les auspices de l'Afrique du Sud) au Zimbabwe : faire cohabiter dans un gouvernement d'unité nationale l'opposition soutenue par les Occidentaux et le parti du président sortant - avec toutefois une ambiguïté d'interprétation entre la France et la Russie sur la question de savoir si ledit président doit ou non quitter le pouvoir, ambiguïté qui n'existe pas au Zimbabwe.

 

Au même moment, au Zimbabwe, la "cohabitation" entre pro-occidentaux (Mouvement pour le changement démocratique - MDC) et anti-impérialistes pro-Mugabe (ZANU-PF) est mise à rude épreuve par un projet de nationalisation des banques lancé par l'entourage du président Mugabe.

 

En 2007 une loi d’indigénisation et de l’émancipation économique a été votée. En application de cette loi, le ministre zimbabwéen de l’indigénisation Saviour Kasukuwere a lancé début juin une enquête pour voir si les banques britanniques Barclays et Standard Chartered (qui forment l'essentiel du dispositif bancaire zimbabwéen avec la sud-africaine Stanbic répondaient aux critères "d'indigénéisation" c'est à dire que 51 % des actifs au Zimbabwe soient contrôlées par des Noirs du pays.

 

Saviour Kasukuwere, 42 ans, est un fidèle de Mugabe, membre du Politburo de son parti la ZANU depuis 2001, mais aussi PDG de grosses entreprises (ce qui nourrit des soupçons sur les buts de son action politique). Aux côtés du président du conseil de l'appropriation economique et de l'indigénéisation nationale (National Indigenisation and Economic Empowerment Board) David Chapfika, il mène le combat de l'indigénéisation dans divers secteurs, y compris les mines et l'agro-alimentaire, un projet qui devrait selon eux créer 5 millions d'emplois en 10 ans, permettre la constructions d'infrastructures de santé et de transport et profiter aux communautés riveraines des mines. En ce qui concerne le secteur bancaire, Kasukuwere s'était déjà confronté l'été dernier, au gouverneur de la banque centrale Gideon Gono (inculpé pour corruption et sabotage de l'économie). Il a aussi contre lui ministre des finances Tendai Biti (membre du Mouvement pour le changement démocratique, actuellement sous le coup d'une enquête de police pour le détournement de 20 millions de dollars d'aide du FMI) et le premier ministre pro-occidental Morgan Tsvangirai qui au printemps dernier s'est opposé au projet de Kasukuwere de nationaliser toutes les grandes entreprises qui ne vendraient pas leurs actions à des jeunes Noirs. Parallèlement des banques,notamment la Stanbic, ont été obligées de créer des fonds d'aide à la jeunesse.

 

Mardi dernier (3 juillet) le journal officiel du Zimbabwe a publié un ultimatum laissant un an aux grandes banques étrangères pour céder 51 % de leurs actifs à des Noirs du pays sous peine de nationalisation. Les milieux financiers voient dans cette menace l'équivalent de la campagne de confiscation des terres des grands propriétaires menée par Mugabe au début des années 2000. La montée au créneau des ministres du MDC contre Saviour Kasukuwere et David Chapfika pourrait constituer, comme l'an dernier, une première ligne de défense pour les banquiers (avant une éventuelle ingérence extérieure), et ce alors qu'un nouveau projet de constitution est à l'étude. Le MDC a déjà dénoncé le risque de voir les investisseurs étrangers se détourner du Zimbabwe et accusé Kasukuwere et Chapfika de vouloir faire main basse sur l'économie pour leur propre compte ou celui des clients de la ZANU.

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