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31 mai 2020 7 31 /05 /mai /2020 18:23

Les deux grandes puissances qui en ce moment se font face sur l'échiquier planétaire, les Etats-Unis et la Chine doivent affronter en ce moment une agitation populaire grandissante, l'une à Minneapolis, l'autre à Hong-Kong. Concernant Hong-Kong, voici une version des faits peu connue du grand public que mettait en avant l'an dernier le journaliste Dan Cohen pour TheGrayZone. En 2019 les manifestations ont apparemment commencé en opposition à un amendement proposé à la convention d'extradition entre Hong Kong, Taïwan, la Chine continentale et Macao, qui aurait permis aux autorités taïwanaises de poursuivre un homme de Hong Kong pour meurtre de sa petite amie enceinte.

Des réseaux hautement organisés de manifestants anti-Chine se sont rapidement mobilisés contre la convention, obligeant l'administratrice générale de Hong Kong, Carrie Lam, à retirer le projet de loi. 

Mais les manifestations se sont poursuivies même après que la loi sur l'extradition a été retirée de la table - et ces manifestations ont dégénéré en scènes violentes. Des centaines d'émeutiers masqués ont occupé l'aéroport de Hong Kong, forçant l'annulation des vols entrants tout en harcelant les voyageurs et en agressant violemment les journalistes et la police . Derrière des porte-parole télégéniques se trouvaient des éléments plus extrêmes tels que le Parti national de Hong Kong de «reprendre Hong Kong» aux continentaux chinois qu'ils représentent comme une horde de sauterelles. Une image qui vient du Apple Daily qui en 2012 appelait à l'arrêt de «l'invasion illimitée de Hong Kong par des femmes enceintes du continent ».

Les manifestants ont même adopté l'un des symboles les plus largement reconnus de l'alt-right, arborant des images de Pepe la grenouille dans leurs slogans protestataires. Parmi les influenceurs principaux figurait le "Rupert Murdoch d'Asie", Jimmy Lai. Lai, patron de la marque Giordano et du Apple Daily (entre autres), fanatique du néo-libéralisme de Melton Friedman, a assis son pouvoir en investissant des millions de dollars dans la manifestation de 2014 Occupy Central, connue sous le nom de Mouvement des parapluies. Bien que les médias occidentaux aient décrit les manifestants de Hong Kong comme la voix de tout un peuple aspirant à la liberté, l'île est profondément divisée. En août dernier, un groupe de manifestants s'est mobilisé devant la maison de Jimmy Lai,  dénonçant son allégeance aux néo-conservateurs américains. Des millions de dollars ont afflué des tenues de changement de régime des États-Unis comme le National Endowment for Democracy (NED) dans la société civile. 

Lai n'a cessé d'exploiter sans vergogne le désarroi des jeunes de Hong-Kong devant la délocalisation massive de leurs industrie vers la Chine continentale où les salaires sont plus bas. Il a aussi largement arrosé les partis politiques locaux. Des courriels fuités ont révélé que Lai a versé plus de 1,2 million de dollars aux sécessionnistes, dont 637 000 USD au Parti démocrate et 382 000 USD au Parti civique. Lai a également donné 115 000 $ US à la Hong Kong Civic Education Foundation et au Hong Kong Democratic Development Network, tous deux cofondés par le révérend Chu Yiu-ming. Il a été reçu par par le champion de l'ingérence de l'administration Trump John Bolton en juillet 2019.

Une partie des manifestants est aussi liée à l'Alt Right (droite alternative) américaine. 

Le fondateur de Patriot Prayer, Joey Gibson, a participé en 2019  à une manifestation anti-extradition à Hong Kong, diffusant l'événement en direct à ses dizaines de milliers de followers. Un mois plus tôt, Gibson a été aperçu brutalisant des militants antifa aux côtés de rangs de fascistes armés de clubs. À Hong Kong, il s'est émerveillé de la foule. 

"Ils aiment notre drapeau ici plus qu’en Amérique!" S'est exclamé Gibson alors que les marcheurs passaient, lui montrant un signe de pouce levé pendant qu'il faisait signe aux Stars and Stripes.

D'autres sont plus liés aux démocrates américains comme Lee qui a commencé à collaborer avec Lai lors des manifestations de 1989 sur la place Tiananmen. Récipiendaire du «Democracy Award» du National Endowment for Democracy, financé par le gouvernement américain en 1997, Lee est le président fondateur du Parti démocrate de Hong Kong, désormais considéré comme faisant partie de la vieille garde du camp pro-américain. Il a été reçu par le secrétaire d'Etat de Trump en 2019. Des figures plus jeunes comme Joshua Wong  ont reçu le soutien ouvert du consulat général des Etats-Unis. Récompensé par la Freedom House à Wsahington en 2015, quelques jours seulement après l'élection de Trump à la présidence en novembre 2016, il était de retour à Washington pour demander plus de soutien américain. Wong a ensuite été embauché dans un réseau d'institutions américaines d'élite, notamment le groupe de réflexion de droite Heritage Foundation et les salles de rédaction du New York Times et du Financial Times . Il a aussi fréquenté Rubio, Cotton, Pelosi et le sénateur Ben Sasse . 

Un manifestant a expliqué au New York Times comment le mouvement avait tenté d'adopter une stratégie appelée «théorie de la violence marginale»: en utilisant la «force légère» pour inciter les services de sécurité à attaquer les manifestants, les manifestants visaient à éloigner la sympathie internationale de l'État. Des techniques qui ont aussi fait leurs preuves au Nicaragua et au Venezuela. Puis il y a eu une montée en puissance de la violence avec usage de cocktails molotovs, attaques de véhicules etc.

Les manifestations ont disparu avec l'épidémie de coronavirus, mais en février le magnat Jimmy Lai ainsi que Lee Cheuk Yan et Yeung Sum ont été arrêtés pour leur participation à une manifestation illégale en 2019 et pour avoir tenté d'intimider un journaliste en 2018, ce qui a relancé le mouvement protestataire. Dans China Daily le 11 mai le professeur Tony Kwok mettait pourtant en avant le caractère assez léger de la répression judiciaire. Plus de 8 000 personnes ont été arrêtées, mais seulement 1 365 ont été inculpées et seulement 87 ont été condamnées. Dans les rares cas de poursuites, les juges cléments leur accordent une caution minimale dans la plupart des cas. Il relevait que beaucoup de "chemises noires" qui avaient participé à un assaut contre l'assemblée législative de Hong-Kong s'étaient réfugiés à Taiwan et aux Etats-Unis.

Le 28 mai dernier près de 3000 députés de l'Assemblée nationale populaire (ANP) ont adopté une motion qui donne mandat au Comité permanent de l'ANP pour rédiger un projet de loi qui sera incorporé dans la mini-constitution de HongKong, contournant ainsi le vote du Conseil législatif local. Cette loi devra «empêcher, stopper et réprimer toute action qui menace gravement la sécurité nationale, comme le séparatisme, la subversion, la préparation ou la commission d'activités terroristes, ainsi que les activités de forces étrangères qui constituent une ingérence dans les affaires» de Hong Kong, selon le projet qui avait été soumis à l'ANP. Les Etats-Unis en représailles en représailles ont retiré à Hong Kong le statut commercial préférentiel dont il bénéficie de la part de Washington.

Washington n'est pas seule à jouer la carte de l'ingérence. L'ancienne puissance coloniale est aussi de retour. Le ministre britannique des affaires étrangères, Dominic  Laab a fait savoir le 21 mai, que "si la Chine donne suite à cette législation sur la sécurité nationale ... Londres donnera aux personnes qui détiennent des passeports BNO (passeports nationaux britanniques d'outre-mer) le droit de venir au Royaume-Uni". Greenville Cross, ancien procureur général de Hong Kong, en mars dernier avait dénoncé parmi les éléments dernier parmi les éléments d'ingérence britannique une enquête sur la répression produite par un Groupe parlementaire multipartite sur Hong Kong présenté par la députée du Parti vert du Royaume-Uni, Natalie Bennett, qui était en fait financée par les mouvements sécessionnistes.

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Published by Atlasaltern - dans Chine-Extrême Orient
29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 01:00

La sale guerre du gouvernement ukrainien et de ses milices d'extrême droite racistes continue dans le Donbass. Le 16 mai Kiev a bombardé la centrale qui approvisionnait en électricité la République autoproclamée de Lougansk. Celle de Donetsk est pilonnée et a été privée d'eau en avril. Les promesses de paix du président Volodymyr Zelensky, qui avait été élu contre les oligarques au printemps 2019, ne sont pas tenues.  Le politologue Alexander Doudtchak à l'émission Point de vue (Точка_зрения) sur la chaîne de télévision communiste Ligne Rouge, affirme qu'il s'agit d'un "scénario croate" (en référence à l'attaque de la Krajina avec la bénédiction américaine). 

Il est vrai que Zelensky peut se reposer sur la proposition de l'ex-représentant américain en Ukraine Kurt Walker dans une  conversation en ligne du Kyiv Security Forum selon laquelle le pays pourrait adhérer à l'OTAN quand bien même l'article 5 du traité de l'Alliance prohibe l'entrée d'un pays en guerre (Walker veut modifier ce traité pour ne plus bloquer l'intégration de l'Ukraine, de la Moldavie, et de la Géorgie, car l'article en question oblige à entrer en guerre contre le pays agresseur, donc du point  de vue américain dans l'état des textes, l'adhésion de ces pays implique une guerre automatique contre la Russie). Selon Doudtchak, le propos de Walker est perçu par Kiev comme un blanc-seing pour attaquer le Donbass.

F. Delorca

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Published by Atlasaltern - dans Europe de l'Est - Russie
29 mai 2020 5 29 /05 /mai /2020 00:58

Au milieu de la léthargie occasionnée par l'épidémie de Covid-19, la machine de guerre impériale ne faiblit pas : propagande anti-chinoise, manoeuvres militaires américaines en Mer de Chine du Sud, bombardements israéliens en Syrie, pressions sur l'Iran et sur le président de la fédération croato-musulmane de Bosnie Dragan Čović pour qu'il refuse l'aide médicale russe à Mostar, résolution anti-Ortega à la Chambre des représentants américaine, débarquement de mercenaires au Venezuela deux mois après la mise à prix de la tête de Maduro, approbation implicite du mitraillage de l'ambassade de Cuba aux Etats-Unis etc.

Parmi ces mauvaises nouvelles, la pire est peut-être celle de la résurgence de l'Etat islamique/Daech en Irak et en Syrie, avec le soutien de l'occupant américain.

La chaîne de TV chiite libanaise Al Manar fournit aujourd'hui des éléments circonstanciés sur ce thème. Des hélicoptères américains, explique-t-elle, ont été filmés en train de larguer des miliciens islamistes derrière les lignes de bataille des combattants chiites du Hachd al-Chaabi.

Depuis quelques semaines, les allers-retours des convois américains entre la Syrie et l’Irak ne connaissent pas de répit. Les observateurs soupçonnent les troupes américaines de transférer à bord de leurs véhicules des miliciens daechistes depuis leur camp d’internement situé à l’est de la ville de Chadadi, dans la province syrienne de Hassaké en direction des régions irakiennes.

D’autres avancent que les Américains, avec l’aide des milices kurdes syriennes des Forces démocratiques syriennes (FDS) ont facilité leur évasion des camps dans lesquels ils étaient incarcérés au nord-est de la Syrie.

Simples spéculations ? Propagande des alliés de l'Iran ? En tout cas la multiplication des embuscades de Daech dans la province de Salahuddine ainsi qu'aux alentours de Kirkouk et Mossoul est avérée.

F. Delorca

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Published by Atlasaltern - dans Proche-Orient
16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 17:41

Barack Obama s'est rendu vendredi au Myanmar (Birmanie) pour assister à un sommet de l'ASEAN. C'était sa seconde visite depuis 2012. La lune de miel entre les deux pays semble achevée. Washington a pris récemment des sanctions contre certains dignitaires du régime. Malgré l'entrée de Aung San Suu Kyi au parlement, un quart de celui-ci est contrôlé par le ministre de la défense, les négociations avec les guérillas des minorités ethniques et si le pays s'est ouvert à l'étranger il reste parmi les plus corrompus et les violations des droits de l'homme y restent nombreuses (à l'égard des journalistes, des Rohingyas musulmans etc) et préoccupent même la Chine.

 

Si diverses ONG reprochent à Obama de ne pas faire suffisamment pression sur le régime birman, peut-être sousestiment-elles les actions clandestines. Le lendemain du passage du président américain à l'université de Yangon, les étudiants ont manifesté, amplement relayés par Voice of America qui dénonce le déclin universitaire du pays sous la dictature des généraux. Faut-il voir dans cet embryon de mouvement étudiant une illustration d'une stratégie américaine discrète pour faire bouger le régime en influençant sa jeunesse, comme USAID a avoué l'avoir fait aussi récemment à Cuba et au Venezuela ? Obama a fait ouvrir un bureau d'USAID au Myanmar en 2012 et en novembre 2013, l'agence américaine avait exposé trois programmes de partenariat entre universités américaines et birmanes. L'université d'Indiana a reçu 1 million de dollars d'USAID pour collaborer avec celle de Yangon. Ce travail souterrain pour former des "managers" birmans à l'américaine, hostiles aux généraux, pourrait bien, à terme, être plus crucial pour faire basculer le pays dans l'orbite américaine que les sanctions à court terme contre les officiels.

 

 

 

 

 

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Published by Atlasaltern - dans Asie du Sud-Est-Pacifique
12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 00:32

Retrouvez sur Facebook

1) les anciens billets du blog "Atlas alternatif" https://www.facebook.com/atlasalternatif.reseau?ref=ts&fref=ts

2) une version audio synthétique de certains billets https://www.facebook.com/pages/TV-Atlas-alternatif/268968543165365?sk=info&tab=page_info

3) des tours d'horizon de l'actualité récente empruntés au blog de F. Delorca https://www.facebook.com/atlasalternatif.reseau?ref=ts&fref=ts

La page "Atlas alternatif réseau" sur Facebook est likée par 5 181 personnes, celle de TV atlas alternatif par 179 personnes (+ 8 par semaine).

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Published by Atlasaltern
6 novembre 2014 4 06 /11 /novembre /2014 11:45

800px-palestinian_flag_svg.pngL'autorité palestinienne affiche, contre le secrétaire d'Etat  américain John Kerry (mais semble-t-il avec le soutien de Federica Mogherini, la nouvelle Haute repré­sen­tante de l’Union euro­péenne pour les affaires étran­gères et la poli­tique de sécurité), sa détermination à demander en novembre la reconnaissance de l'Etat palestinien (déjà reconnu en Europe par la Suède) au Conseil de sécurité de l'ONU (puis, en cas de refus, engager la deuxième étape du plan de reconnaissance : adhésion à des orga­ni­sa­tions inter­na­tio­nales dont la Cour pénale inter­na­tionale et, enfin, rupture des accords avec Israël, notamment en ce qui concerne la coopé­ration sécu­ri­taire).

 

Il est vrai que la situation sur le terrain oblige l'autorité palestinienne à agir. En Cisjordanie et à Jérusalem, on commence à parler d'une possible troisième intifada. Depuis la mort, en juillet, d’un jeune palestinien de 16 ans, brûlé vif après avoir été kidnappé dans un quartier de Jérusalem-Est, les troubles n’ont cessé dans la ville. "Rien qu’en juillet et en août, note Renée Berder de la revue Golias, 633 palestiniens ont été arrêtés dont des dizaines de jeunes de moins de 18 ans et même des enfants pour jets de pierre ou même pour avoir simplement participé à des manifestations ; 190 Palestiniens ont été mis en examen. La situation s’est encore détériorée depuis quelques semaines avec l’accroissement des visites de soi-disant touristes, en fait des extrémistes juifs qui veulent avoir le droit de prier dans la mosquée Al-Aqsa, voire même de détruire cette mosquée pour construire un troisième Temple".En réaction à ces provocations la spirale de la ciolence reprend : le 22 octobre, une voiture conduite par un Palestinien  s'est jetée délibérament sur les personnes attendant le tramway et provoquant la mort de deux d’entre elles ; plus récemment encore, le 29 octobre, le rabbin Yehuda Glick a été grièvement blessé ; ce rabbin est le fondateur de « l’Institut du Temple », qui milite pour la destruction de la mosquée Al-Aqsa et la construction d’un troisième temple.

 

A Gaza, soumise au blocus par l'Egypte, l'Iran se vante de poursuivre sa coopération avec le Hamas et notamment de former ses militants à la fabrication de missiles à  5000 dollars. Selon un correspondant du blog de l'Atlas alternatif, l'aide iranienne transiterait par le Hezbollah libanais et le gouvernement syrien (qui mettrait aussi à disposition des ingénieurs). C'est aussi le Hezbollah qui aurait formé les Palestiniens dans la construction des tunels. L'article de l'agence iranienne pose en conclusion la question d'une éventuelle formation à la fabrication de missiles en Cisjordanie.

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 14:44

EI.jpgPepe Escobar l'explique sur Asia Times (traduit sur Afrique-Asie) : "Le chef de l’État islamique, le calife Ibrahim, alias Abou Bakr al-Baghdadi, ne cesse de nous étonner tous, y compris ses puissants commanditaires bourrés de pétrodollars. Le calife est pratiquement devenu un grand producteur de pétrole digne de faire partie de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep). Depuis quelque temps, en théorie du moins, ses brutes mercenaires takfiri pompent du pétrole, le raffinent, l’expédient ou le passent en contrebande. Les contrats juteux qu’ils décrochent concernent d’énormes quantités de pétrole et leur rapportent des profits de l’ordre de 2 milliards de dollars par jour."

 

En attendant le président turc Erdogan ne s'engage pas pour les Turkmènes en Irak, et filtre les peshmergas kurdes irakiens dépêchés pour aider la ville kurde syrienne de Kobané encore assiégée malgré la libération de certains autres territoires jurdes Syriens. Le Mont Sinjar en Irak - 1463 m d’altitude, situé à 124 km à l’ouest de Mossoul - où sont réfugiées les milices yézidies est désormais totalement encerclé par les djihadistes et à Bagdad, Mithaq Al-Mozani, un des principaux députés du Bloc Al-Ahrar, le groupe parlementaire irakien affilié au mouvement chiite de Moqtada al-Sadr accuse ouvertement Washington d'avoir livré des armes à l'Etat Islamique (EI/Daesh) à Kobané et en tire argument pour demander le départ de tous les conseillers militaires d'Irak (où 6 700 personnes ont été tuées en octobre). Sans aller jusque là beaucoup se demandent déjà pourquoi les Occidentaux ont laissé avancer EI jusqu'à cette ville alors que, si les frappes aériennes ne servent à rien dans les zones habitées, elles sont censées au moins pouvoir permettre de stopper une guérilla qui avance sur une route.

 

Ce weekend deux des principaux groupes rebelles syriens auxquels les Etats-Unis fournissaient des armes (roquettes Grad et missiles anti-chars TOW), Harakat Hazm et le Front syrien révolutionnaire se sont rendus à l'alliance EI-Al-Nosra, ce qui implique que leurs armes vont directement à EI désormais, et qu'il n'y a plus de groupes armés "modérés" dans ce pays. Les 15 000 hommes d'EI continuent de contrôler fermement leur territoire face à la stratégie hésitante des Occidentaux, largemet grâce aux complicités dont ils bénéficient en Turquie, dans les pétromonarchies et les milieux d'affaires internationaux.

 

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 12:23

Après 27 ans de règne, l'assassin de Thomas Sankara Blaise Compaoré a dû s'incliner devant le mouvement populaire qui s'opposait à son projet de réforme de la constitution pour renouveler son mandat présidentiel et présenter sa démission. Il s'est réfugié chez Allasane Ouattara installé au pouvoir en Côte d'Ivoire en 2011 par l'armée française et Nicolas Sarkozy, échappant ainsi, grâce à la complicité des militaires et de François Hollande, au procès que la gauche burkinabe voulait lui intenter.

 

Dès le 7 octobre la France avait tenté de lui offrir une porte de sortie honorable mais des voix à Paris comme le député socialiste président du groupe d’amitié parlementaire France-Burkina Faso François Loncle recommandaient de ne pas tenter de précipiter la chute du dictateur, perçu comme un "facteur de paix" dans la région. Laurent Fabius, lui emboîtait le pas, note Survie, en déclarant que « nous n’avons pas à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, nous les Français, c’est que nos ressortissants soient protégés et que l’on aille vers l’apaisement ».

 

Un maillon important de l'impérialisme occidental au Sahel a cédé.

 

Depuis lors les intrigues se multiplient pour voler au peuple sa victoire. Alors que l'armée s'est intallée aux commandes (un jeune officier, le lieutenant-colonel Isaac Zida proche de Washington, a été désigné par l'armée pour conduire un régime de transition), avec l'aide du mouvement Balai Citoyen (qui pourrait être financé de l'extérieur vu ses moyens depuis un an pour s'équiper en T-shirts, organiser des concerts etc) et prenait immédiatement contact avec la France et les Etats-Unis, hier deux personnes ont soi-disant voulu s'auto-proclamer présidentes à la télévision avant de se rétracter. Parmi elles Saran Sérémé, présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC) et de la coordination des femmes de l'opposition, organe influencé par le National Democratic Institute étasunien dirigé par la sinistre ancienne secrétaire d'Etat de Bill Clinton Mme Madeleine Albright. Le parti qu'elle dirige n'a fait scission de celui de Compaore qu'il y a 2 ans. A l'évidence Washington est à la manoeuvre. "Les Etats-Unis condamnent la tentative de l'armée burkinabé à imposer sa volonté au peuple du Burkina Faso", a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki. Au milieu de la confusion qui règne à Ouagadougou, divers indices laissent penser que les Occidentaux sont en train de concocter un nouveau pouvoir civil à leur botte.

 

F. Delorca

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 11:00

oil_well.jpgL'Arabie Saoudite a lancé une guerre mondiale des prix du pétrole ce mois-ci. Les observateurs s'attendent à une spirale à la baisse des prix mondiaux, ce qui peut conduire à réduire rapidement le forage de pétrole de schiste aux États-Unis. Au Venezuela Nicolas Maduro accuse les Etats-Unis de faire baisser les prix du pétrole pour nuire au Venezuela et à la Russie.

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 11:12

Dans le cadre de manifestations qui ont pris une ampleur considérable dans les milieux estudiantins fin septembre contre  la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel pour Hong Kong (ex-colonie britannique rattachée à la Chine mais qui a gardé un système multipartiste) en 2017, plus de 100 manifestants ont forcé les portes du siège du gouvernement de Hong Kong le 26 septembre au  soir, lors d'un rassemblement d'étudiants. Le mouvement, dénommé "Occupy center" s'est enraciné à divers endroits de la ville, et certains médias commencent à parler d'une "Révolution des parapluies".

 

Selon le journaliste Peter Lee "Occupy Central est un programme soigneusement planifié de désobéissance civile, d'escalade, et de provocation destinée à provoquer une crise politique qui polarisera l'opinion", notamment l'organisation d'un référendum illégal pour dépouiller de son pouvoir le comité désigné pour arrêter la liste des candidats.

 

Tony Cartalucci, du site Land Destroyer, remarque que les leaders du mouvement Martin Lee et Anson Chan étaient intervenus en avril dernier devant le National Endowment for Democracy (organe gouvenemental d'ingérence étatsunien) dans le cadre d'un exposé intitulé "Pourquoi la démocratie à Hong Kong compte" dans lequel il insistait sur l'utilité de l'ile de Hong Kong pour "contaminer" (infect) la Chine continentale avec les moeurs capitalistes occidentales. Le scénario de la "révolution des parapluies" était déjà présenté dans cette intervention.

 

 

 

Des oligarques sont entrés en scène comme le magnat de la distribution textile et de la presse Jimmy Lai (vidéo ci dessous) qui a versé 10 millions de dollars de Hong Kong au mouvement pro-démocratie en un an. Comme le note encore Peter Lee dans Asia Times "Si vous voulez comprendre ce qui se passe à Hong Kong, vous ne pouvez pas vous focaliser uniquement sur ​​la beauté de la démocratie et le côté adorable des étudiants. Le mouvement de la démocratie est également inséré dans une matrice d'argent, de subterfuge, de compromis, de subornation, de propagande et de manipulation".

 

 

   

Le Quotidien du Peuple, organe du PC chinois, insiste sur le fait qu'il n'y a pas de démocratie sans respect des lois, accuse Occupy Central de vouloir semer le chaos et dénonce les déclarations du Département d'Etat américain favorables aux manifestants. La principale préoccupation du gouvernement de Pékin est l'effet domino sur Taiwan, le Tibet, et le Xinjiang (où une centaine de personnes ont été interpelées pour apologie du djihad sur Internet) . Il a autorisé le secrétaire exécutif de Hong Kong à rencontrer des représentants des étudiants, dans le but de réfléchir à une éventuelle réforme du processus de nomination des candidats de 2017.

 

En plein milieu des négociations, le très anti-communiste journaliste australien John Garnaut a révélé que le chef de l'exécutif de Hong Kong CY Leung a reçu sans les déclarer 7 millions de dollars d'une société australienne pendant la campagne électorale, un moyen de pression bien utile sur l'intéressé. Au même moment le très pro-démocrate membre du conseil de Hong Kong Alan Leong laissait entendre que Pékin allait faire des révélations financières sur CY Leung... ce qui était une manière par anticipation de créer de la suspicion entre le gouverneur de de Hong Kong et ses alliés du régime chinois... Peter Lee (toujours lui) émet l'hypothèse que les médias occidentaux eux-mêmes cherchent à provoquer une révolution à Hong Kong, afin de justifier la forte présence de leurs reporters sur place, alors que le mouvement estudiantin serait, lui, instrumentalisé par des intérêts financiers qui ne recherchent qu'une organisation des élections de 2017 avantageuse pour eux, mais pas de changement substantiel sur l'île. Lee fait aussi remarquer que le magnat de la presse Jimmy Lai a organisé récemment une réunion censée être ultra-secrète avec Shih Ming-Teh (une sorte de Lech Walesa taïwanais qui aurait conseillé à Lai de mettre les étudiants, les jeunes filles et les mères avec des enfants à l'avant-garde des manifestations de rue, afin d'attirer le soutien de la communauté internationale et la presse), et des représentants de Hong Kong parmi lesquels un supporter de manifestants Fan Keqian qui, sur une chaîne de TV à Taiwan aurait accusé Lai d'avoir organisé cette fuite après avoir confisqué tous les portables pendant la réunion, ce qui est un indice complémentaire de la complexité du jeu qui se joue dans le triangle millionnaires de Hong-Kong-Pékin-Taiwan (avec des prolongements aux Etats-Unis et en Australie).

 

Certains observateurs notent qu'à supposer que Pékin parvienne à une solution de compromis, et que le mouvement de Hong Kong ne fasse pas tache d'huile sur le continent, la "révolution des parapluies" a au moins, comme au Xinjiang, l'avantage pour ceux qui veulent affaiblir la Chine d'encourager le chauvinisme et les tendances séparatistes sur l'île.

 

F. Delorca

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