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27 mars 2014 4 27 /03 /mars /2014 14:47

venez.pngLa semaine dernière, le général John Kelly - à ne pas confondre avec le secrétaire d'État, John Kerry - la plus haute autorité du Commandement Sud des Forces Armées des États-Unis, qui comprend l'Amérique du Sud, l'Amérique centrale et la Caraïbes - a comparu devant la commission des affaires de guerre du Sénat à Washington pour évoquer la crise au Venezuela.

Kelly a exposé qu '«aucun contact» n'a pu être instauré avec les forces armées vénézuéliennes, mais qu'il suit de près l'évolution du gouvernement de Nicolás Maduro, et a suggéré que "il ya probablement des pressions, des débats et des désaccords au sein des forces armées du Venezuela sur l'état du pays " (blog du journaliste brésilien Mauro Santayana).

 

Cette audition devant le Sénat américain montre l'intérêt des Etats-Unis pour diviser les forces armées, dans un contexte où le sabotage économique provoque de nombreuses manifestations de rue. Mardi le président vénézuélien annonçait d'ailleurs l'arrestation la veille de trois généraux de l'aviation pour tentative de soulèvement militaire (Prensa latina).

 

Mercredi les Forces armées nationales bolivariennes ont publié un communiqué réaffirmant leur fidélité à la constitution et au gouvernement légal. Toutefois même si l'armée reste fidèle, le danger vient aujourd'hui des paramilitaires. Le député du Parti socialiste uni du Venezuela, Andres Eloy Mendez lors d'une interview sur la chaine VTV, a déclaré qu'une descente de police avait révélé que la résidence de Jack Martinez Streignard, père de l'actrice Natalia Streignard, fonctionnait comme un centre d'armes clandestins pour les snipers et les paramilitaires. Il a également révélé un enregistrement relatif à des commandes d'armes de Carlos Yanez, ancien employé de Radio Caracas Television (RCTV). En début de semaine des cocktails Molotov ont été lancés contre  l'Université Rafael Belloso Chacin (URBE) à Maracaibo, Etat de Zulia. Au total une quinzaine d'universités ont fait l'objet de tentatives d'incendie par les étudiants d'extrême-droite selon le professeur Vladimir Acosta. Même si l'extrême droite est sur le déclin, des barricades subsistent à Caracas.

Lundi le président Maduro a convoqué une Conférence nationale de Paix qui devait se réunir mercredi, mais l'opposition a refusé d'y participer.

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 18:43

Le candidat du Front Farabundo Marti de libération nationale (FMLN), Sanchez Ceren, ancien guérillero, a remporté l'élection présidentielle qui s'est tenue dimanche au Salvador, avec 50,11% des voix sur 99,9 pour cent des voix bulletins dépouillés.

 

Son adversaire Norman Quijano, ancien maire de la capitale, San Salvador candidat de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena, droite dure) a aussi revendiqué la victoire. Largement distancé par la gauche au premier tour, Quijano avait fait campagne sur le thème que le Salvador (où la pauvreté recule grâce à des programmes sociaux depuis quelques années sous le mandat de Mauricio Funes, journaliste autrefois sympathisant du FMLN élu en 2009), sous une présidence de Sanchez Ceren risquait de devenir comme le Venezuela. A l'issue du second tour, il n' a pas hésité à en appeler aux forces armées contre la "fraude" du FMLN rallumant ainsi le fantôme de la guerre civile qui a ravagé le pays dans les années 1980.

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 17:32

Alors que la Crimée (rattachée à l'Ukraine en 1954) et où vit une majorité de Russes, menace de faire sécession le 16 mars par référendum face au nouveau pouvoir putschiste de Kiev lié à l'extrême droite qui a menace de lancer un processus d'adhésion à l'OTAN, la Turquie se pose en défenseur des 15 % de Tatars musulmans qui vivent dans la péninsule.

 

"Ne laissez pas dans vos esprit l'idée que notre président et notre premier ministre seront indifférents à ce qui arrive aux gens de notre famille en Crimée ou ailleurs dans le monde" ("Don't let it cross your mind that our prime minister and president will be indifferent to any issue affecting our people of kin in Crimea and anywhere in the world") a déclaré le 3 mars le ministre des affaires étrangères turc Ahmet Davutoglu devant des responsables d'associations tatares dont qui avaient organisé des manifestations en Turquie la veille. "Ce qui se passe en Turquie aujourd'hui nous terrifie tous" a déclaré sur la CNN turque Zafer Karatay, représentant du Parlement national tatar.

 

Attaqué sur des affaires de corruption et d'écoutes illégales, le premier ministre Recep Tayyip Erdogan (qui a récemment resserré les liens économiques avec l'Ukraine) pourrait se sentir obligé de continuer à tenir un discours de fermeté sur la question de la Crimée. Le 6 mars 2014 , dans une conférence de presse à Simferopol (Crimée) le leader tatar Mustafa Jemiliyev a déclaré que M. Erdogan lui a assuré que la Turquie serait "immédiatement impliquée" si les Tatars étaient menacés par les Russes. Pourtant le premier ministre turc, dont le pays dépend en partie sur le plan énergétique des approvisionnements en gaz russe, garde de bonnes relations avec Vladimir Poutine. Jusqu'à quand ?

 

La Turquie n'est pas le seul pays de culture turque susceptible de s'ingérer dans la crise de Crimée. Aujourd'hui deux responsables azerbaïdjanais du parti d'opposition panturquiste Musavat (Egalité, 1,8 % aux élections législatives de 2010) Gulaga Aslanli et Arif Hajil ont été interceptés au niveau du Daghestan russe alors qu'ils se rendaient en train en Crimée, et reconduits de force dans leur pays d'origine. Les autorités russes et azerbaïdjanaises s'abstiennent de tout commentaire (Kavkaz knot).

 

Les régions de Russie aussi bien orthodoxes que musulmanes mobilisent quant à elles de l'aide humanitaire pour la Crimée sécessionniste. Le 6 mars par exemple, un convoi humanitaire de 80 tonnes est parti de Makhachkala (Daghestan russe, dans le Caucase, musulman) pour la Crimée. Le président du gouvernement du Daghestan Abdusamad Hamidov, dans son discours au moment du départ du convoi, a rendu hommage à Magomed-Zagid Abdulmanap, soldat soviétique arrêté pendant la seconde guerre mondiale après avoir participé à la défense de Simferopol. Après que les nazis aient découvert qu'il était d'origine tatare et aient proposé de le libérer, celui-ci préféra mourir avec ses camarades russes, a rappelé Hamidov, montrant ainsi que les pouvoirs officiels des régions russes musulmanes restent sur une ligne soviétique traditionnelle d'exaltation de la solidarité trans-ethnique contre le fascisme.

 

 

 

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 10:55

baghdad-bank.jpgLe gouvernement à majorité chiite de Nouri Al-Maliki autrefois proche des Etats-Unis et maintenant surtout lié à l'Iran est engagé dans un combat sectaire contre une grande partie de la population sunnite. En un peu plus de quatre semaines, plus de 300 000 personnes ont été déplacées en janvier-février par les affrontements dans la province d’Al-Anbar en Irak (la plus grande province du pays). Falloudjah est devenue à nouveau une ville martyr comme au temps de l'occupation américaine (en 2004).

 

Officiellement, le gouvernement déclare agir contre le courant djihadiste de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL, également puissant en Syrie) qui a tué cinq hauts gradés des forces de sécurité irakiennes le 21 décembre 2013. En fait les tensions résultent d'une mobilisation des sunnites à l'Ouest de l'Irak (parmi lesquels il n'y a pas que des combattants d'EIIL) après l'arrestation des gardes du corps du ministre des finances et d'un député.

 

Selon le Wall Street Journal du 2 mars, pour briser le soulèvement de la région d’Al-Anbar, Nouri al-Maliki a acheté pour 6 milliards de dollars d’équipements militaires aux Etats-Unis -  dont 24 hélicoptères de combat Apache et près de 500 missiles Hellfire – et le gouvernement de Barack Obama a donné le feu vert au mercenariat. Plus de 5000 spécialistes – analystes, instructeurs militaires, agents de sécurité, traducteurs et même  cuisiniers - sont sous contrat avec les Irakiens et parmi eux, 2000 sont Américains ». Ils s’ajoutent au 12 500 contractors qui, fin 2013, assuraient la protection des intérêts US en Irak. Principales sociétés étasuniennes de défense présentes : Triple Canopy et L-3 Communications Holdings (cf infos ici). Des livraisons de nouveaux hélicoptères Apache, de drones  et même d'avions F16 sont attendues, bien que le secrétaire d'Etat John Kerry déclare officiellement désormais que ce conflit ne concerne que les Irakiens (Huffington Post).

 

 

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 15:45

A la suite du scandale du système d'espionnage Prism révélé en 2011  par Edward Snowden, la présidente Dilma Rousseff a signé le 24 février un accord de coopération avec l'Union Européenne qui comprend notamment la mise en place d'un câble sous-marin direct de communications contournant les écoutes américaines. Le projet coûtera 185 millions de dollars.

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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 20:11

Après la destitution inconstitutionnelle du président légal Ianoukovitch (les deux conditions constitutionnelles - le quorum de trois quarts des députés prévu par la constitution de 1996 et la sasine de la cour suprême - n'ont pas été réunies), sous la menace de l'extrême droite qui visait les familles des députés (selon le député de Sébastopol Vadym Kolesnichenko), le 22 février, diverses mesures de mise en accusation du président déchu et de pression sur les régions de l'Est (comme l'abrogation de la loi sur la langue russe) ont été votées.

 

Les régions de l'Est ont été gagnées par la peur de l'impunité des bandes d'extrême droite, qui, après avoir poussé au coup d'Etat à Kiev, pouvaient intervenir dans le reste du pays. A Odessa dimanche 6 000 personnes manifestaient sous des slogans anti-fascistes, des milices russophones d'origine inconnue (téléguidées par Moscou selon Kiev, mais aucune preuve n'a été fournie) sont apparues en Crimée et ont sécurisé les aéroports. Alors que le président Obama mettait en garde Moscou contre une intervention, et que Ianoukovitch en exil blâmait la passivité de Poutine, la Douma russe a voté le droit pour le président d'envoyer des troupes dans l'Est de l'Ukraine, où la population manifeste en masse pour obtenir la protection de leur voisin oriental.Voir ici.

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 19:15

La situation du Venezuela depuis quinze jours se caractérise par une inquiétante montée de la tension. Maurice Lemoine dans Mémoire des luttes en rappelle les étapes :

 

- 6 février  dans l’Etat de Táchira, au terme d’une manifestation théoriquement convoquée pour protester « contre l’insécurité », un groupe de quelque 80 étudiants cagoulés attaque la résidence du gouverneur et blesent des policiers. Dans les jours qui suivent, réclamant la libération des personnes arrêtées lors de ces désordres, d’autres manifestations se déroulent dans l’Etat de Mérida, débouchant à leur tour sur des actes de violence et de nouvelles détentions.

 

- 12 février : manifestation à Caracasavec de violentes échauffourées qui font trois morts par armes à feu et plus de 60 blessés.

- 15 février - Les affrontements entre « étudiants » et forces de l’ordre reprennent de plus belle le 15 février, près du Parque del Este, dans la capitale, où la journée de « protestation civique » se termine par de multiples dégradations et la mise à sac, par des groupes de choc, de stations de métro

 

- 16 février - Sur la place Altamira – bastion emblématique de l’opposition depuis la tentative de coup d’Etat d’avril 2002 contre Hugo Chávez – et devant les locaux de la chaîne nationale Venezolana de Televisión les contestataires établissent leurs quartiers, avec, en corollaire, pour leur répondre, un classique déluge d’armes non létales – gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc.

 

"Leopoldo López, coordinateur national du parti Volonté populaire et ex-maire de Chacao (un quartier chic de Caracas), la députée María Corina Machado, très appréciée dans les secteurs les plus radicaux, ainsi que le maire « social-démocrate » du grand Caracas, Antonio Ledezma, les dirigeants de l’opposition appellent au soulèvement contre le régime « autoritaire », « corrompu » et « incompétent » du président Nicolas Maduro." explique Maurice Lemoine, qui met l'accent sur les tentatives de déstabilisation économique depuis novembre dans la même logique que la préparation du coup d'Etat du Chili en 1973.

Dans l’analyse du phénomène, beaucoup en sont restés là, pointant du doigt la responsabilité ou l’incompétence des cercles dirigeants au sein desquels, de fait, se déroule un débat – ouverture, poursuite de la même politique, radicalisation ? – sur les mesures à prendre pour mettre un terme à ces distorsions [3]. Mais bien peu ont mis l’accent sur la partie immergée de l’iceberg : comme au Chili, au cours des mois qui ont précédé le renversement et la mort de Salvador Allende, c’est bel et bien une entreprise de déstabilisation économique qui fait tanguer le Venezuela.

A la suite de la dispersion "musclée" de manifestants le mercredi 19 février, le président américain Barack Obama a condamné la violence au Venezuela et appelé Caracas à libérer les manifestants arrêtés. Le gouvernement venezuélien a dû aujourd'hui menacer de bloquer de la diffusion de CNN accusée de montrer au monde l'image d'un Venezuela "au bord de la guerre civile". La semaine dernière, le gouvernement vénézuélien a fait retirer des canaux la chaîne d'information colombienne NTN24 qui agitait le spectre d'un nouveau coup d'Etat.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:03

De violents affrontements entre protestataires et forces de l'ordre ont repris le 18 février à Kiev devant le siège du parlement ukrainien, la Rada, qui devrait examiner un projet de loi sur la réforme constitutionnelle et n'ont cessé de s'aggraver depuis lors.

 

Des groupes d'extrême droite armés (Svoda et Secteur droit) sont passés à l'attaque avec des armes à feu. 30 policiers ont été blessés par balles dont trois ont succombé à leurs blessures. Plus de 500 policiers ont déjà sollicité des soins médicaux (Ria Novosti). Le lendemain 20 civils à Kiev selon les manifestants, et 7 selon la police ont été tués selon Pravda.ru. Le Monde annonce plus d'une soixantaine de tués aujourd'hui. 70 soldats ont été enlevés par les radicaux.

 

Sergueï Markov, directeur de l'Institut russe d'études politiques de Moscou, s'en est pris à la sous-secrétaire d'Etat américaine Victoria Nuland et à la représentante de la politique étrangère de l'Union européenne la baronne Catherine Ashton, qu'il qualifie de "furies de la révolution ukrainienne" et accuse d'avoir poussé l'opposition ukrainienne à l'intransigeance.

 

Victoria Nuland avait défrayé la chronique début février à la suite de la publication d'une conversation téléphonique de fin janvier avec l'ambassadeur des Etats-Unis à Kiev dans laquelle elle définissait la composition du futur gouvernement ukrainien et préconisait d'exclure l'Union européenne des négociations en des termes peu diplomatiques ("Fuck the EU").

 

La chancelière allemande Angela Merkel a damndé aujourd'hui par téléphone au président ukrainien Viktor Ianoukovitch de plus en plus marginalisé d'accepter la médiation de Berlin et de l'Union européenne dans ses négociations avec l'opposition. Selon le département d'Etat américain, une vingtaine d'officiels ukrainiens ont été interdits d'entrée aux Etats-Unis en raison de leur implication présumée dans les violences à l'encontre des manifestants antigouvernementaux. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a fait état de "sanctions probables" de l'Union européenne contre l'Ukraine.

 

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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 16:38

Le gouvernement kényan a accusé jeudi l'Agence américaine pour le développement (USAID) de chercher à le renverser, par le financement de manifestations antigouvernementales. Mardi quelques centaines de manifestants se sont réunis au parc Uhuru de Nairobi à l'appel du  réverand prebytérien Timothy Njoya, du chanteur Boniface Mwangi et du musicien Eric Wainaina et ont été dispersés par des gaz lacrymogènes jeudi alors qu'ils prenaient le chemin du Parlement.

 

Njoya, diplômé de l'université Princeton (USA) en 1976  a été un défenseur connu du multpartisme sous le régime de parti unique avant 1992. Le chanteur Mwangui avait déjà été accusé en octobre 2013 de collaborer à des projets lucratifs d'USAID.

 

Les relations entre Nairobi et Washington sont en crise depuis l'élection à la tête du pays, en mars 2013, du président Uhuru Kenyatta et du vice-président William Ruto, tous deux inculpés de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur implication présumée dans les violences post-électorales meurtrières de fin 2007-début 2008.

 

L'agence USAID est aussi accusée d'influencer le procès devant la CPI. Lundi David Kiarie Kibe, qui a été cité pour témoigner contre le vice-président William Ruto et le journalisteJoshua Arap Sang  s'est rétracté . Le témoin a indiqué qu'il a rencontré à ce sujet des responsables de l'USAID, les enquêteurs de la CPI et les fonctionnaires de l'unité de protection des victimes à diverses dates entre Juin 2012 et Août de l'année dernière (Dailynation). Huit jours plus tôt l'avocat Karim Khan a accusé diverses ONG dont Kalenjin Youth Alliance (KaYA), Good Samaritan International et Anti-Torture Campaign Network d'être payées par USAID pour recruter et corrompre des témoins contre Ruto.

 

 

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 18:00

Depuis le 21 novembre, l'Ukraine connaît une vague de contestation populaire déclenchée par la décision du pouvoir de suspendre le processus d'association avec l'Union européenne. Le mouvement de protestation s'est radicalisé suite à l'adoption par le parlement d'une série de lois restreignant la liberté de manifester.

Les violences qui s'en sont suivies ont fait trois morts, selon les autorités ukrainiennes. Des opposants radicaux ont investi des bâtiments administratifs dans de nombreuses villes du pays, y compris à Kiev. Face à la pression populaire (notamment les manifestants de la place de l'Indépendance "Maidan", dans la capitale), le président Viktor Ianoukovitch joue la montre. Il a accepté le 28 janvier la démission du premier ministre Nikolaï Azarov et a chargé le vice-premier ministre Sergueï Arbouzov de diriger le gouvernement par intérim.

 

A l'Ouest du pays, en Galicie, le parti d'inspiration antisémite et nostalgique de la Waffen SS Svoboda a "déclaré la guerre" au gouvernement et ses partisans se sont emparés des administrations dans diverses villes dans la région mais aussi dans le centre du pays sans que les médias occidentaux ne daignent enquêter sur ce phénomène inquiétant (préférant se polariser sur les exactions de paramilitaires pro-gouvernementaux). Les cadres de Svoboda sont eux-mêmes débordés par des éléments comme Pravyi Sektor encore plus radicaux, tandis que l'Est du pays reste fidèle au Parti des régions au pouvoir.

 

L'ambassadeur américain à Kiev Geoffrey Pyatt, intervenant mercredi à la télévision ukrainienne a menacé le pays de sanctions. :"Si des scénarios musclés, tels que l'instauration d'un état d'urgence ou une tentative de nettoyer Maïdan par la force, se réalisaient, a-t-il déclaré, cela aurait des conséquences économiques très sérieuses et des sanctions de visas de notre part" (Ria Novosti).

 

L'ex-boxeur Vitali Klitschko (parfois présenté comme le favori de Bruxelles et de l'Allemagne où il aurait une carte de résident selon NTV) a appelé aussi à des sanctions de l'Union européenne (UE) contre le président Viktor Ianoukovitch, telles que des restrictions de visas. A Paris, les chantres habituels de l'ingérence (A. Glucksman, A. Finkelkraut, A. Besançon) appellent à l'admission de l'Ukraine dans l'Union européenne (Le Monde). Mais les représentants des intérêts économiques allemands recommandent la prudence par peur de la guerre civile. Rainer Lindner, directeur général président du Forum germano-ukrainien met en garde contre une stratégie de confrontation. L'économie allemande a réalisé des niveaux records d'exportation vers l'Ukraine l'an dernier.

 

A Kiev les discussions ont échoué au parlement pour revenir à la constitution de 2004, moins présidentialiste, ce qui aurait pu constituer un compromis. Le parti des régions au pouvoir, mais aussi certains extrémistes de l'opposition comme les partisans de  l'ex-première ministre Ioulia Timochenko, y sont hostiles.

 

Des spéculations continuent de courir sans preuve décisive sur le fait que le mouvement pro-européen ukrainien pourrait correspondre au schéma d'une nouvelle révolution colorée (la phase 2 de la révolution orange). Le 9 décembre dernier, Oleg Tsarev, jeune député du Parti des régions originaire de la région de Dniepropetrovsk, y voyait le résultat possible d'une coalition d'intérêts entre les oligarques et les Etats-Unis. Il rappelait que les médias tenus par les oligarques (qui selon lui seraient 7 ou 8 à contrôler 40 % du PIB) assuraient une couverture des événements favorable aux manifestants et que les oligarques ont intérêt à la libéralisation de l'économie et des structures politiques du pays.

 

 

 

 

 

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