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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 12:23

Après 27 ans de règne, l'assassin de Thomas Sankara Blaise Compaoré a dû s'incliner devant le mouvement populaire qui s'opposait à son projet de réforme de la constitution pour renouveler son mandat présidentiel et présenter sa démission. Il s'est réfugié chez Allasane Ouattara installé au pouvoir en Côte d'Ivoire en 2011 par l'armée française et Nicolas Sarkozy, échappant ainsi, grâce à la complicité des militaires et de François Hollande, au procès que la gauche burkinabe voulait lui intenter.

 

Dès le 7 octobre la France avait tenté de lui offrir une porte de sortie honorable mais des voix à Paris comme le député socialiste président du groupe d’amitié parlementaire France-Burkina Faso François Loncle recommandaient de ne pas tenter de précipiter la chute du dictateur, perçu comme un "facteur de paix" dans la région. Laurent Fabius, lui emboîtait le pas, note Survie, en déclarant que « nous n’avons pas à faire ou à défaire un gouvernement. Ce que nous souhaitons, nous les Français, c’est que nos ressortissants soient protégés et que l’on aille vers l’apaisement ».

 

Un maillon important de l'impérialisme occidental au Sahel a cédé.

 

Depuis lors les intrigues se multiplient pour voler au peuple sa victoire. Alors que l'armée s'est intallée aux commandes (un jeune officier, le lieutenant-colonel Isaac Zida proche de Washington, a été désigné par l'armée pour conduire un régime de transition), avec l'aide du mouvement Balai Citoyen (qui pourrait être financé de l'extérieur vu ses moyens depuis un an pour s'équiper en T-shirts, organiser des concerts etc) et prenait immédiatement contact avec la France et les Etats-Unis, hier deux personnes ont soi-disant voulu s'auto-proclamer présidentes à la télévision avant de se rétracter. Parmi elles Saran Sérémé, présidente du Parti pour le développement et le changement (PDC) et de la coordination des femmes de l'opposition, organe influencé par le National Democratic Institute étasunien dirigé par la sinistre ancienne secrétaire d'Etat de Bill Clinton Mme Madeleine Albright. Le parti qu'elle dirige n'a fait scission de celui de Compaore qu'il y a 2 ans. A l'évidence Washington est à la manoeuvre. "Les Etats-Unis condamnent la tentative de l'armée burkinabé à imposer sa volonté au peuple du Burkina Faso", a déclaré une porte-parole du département d'Etat, Jen Psaki. Au milieu de la confusion qui règne à Ouagadougou, divers indices laissent penser que les Occidentaux sont en train de concocter un nouveau pouvoir civil à leur botte.

 

F. Delorca

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 11:18

usaaf.jpgPour la première fois de son histoire de 167 ans, le Libéria va recevoir 3000 soldats d'un pays étranger sur son sol, les États-Unis d'Amérique, pour combattre le virus mortel Ebola qui ravage ce pays et le reste de l'Afrique de l'Ouest (2700 morts).

 

Le 16 septembre  le président Obama a déclaré que l'épidémie d'Ebola "n'est pas seulement une menace pour la sécurité régionale, mais c'est une menace potentielle pour la sécurité mondiale." Il a décrit une stratégie en quatre points pour lutter contre la maladie: 1) contrôler l'épidémie; 2) traiter les effets d'entraînement des économies et des collectivités afin de prévenir une catastrophe humanitaire vraiment massive; 3) coordonner une réponse globale plus large; et 4) de toute urgence mettre en place un système de santé publique dans ces pays pour l'avenir, non seulement en Afrique de l'Ouest, mais dans les pays qui n'ont pas beaucoup de ressources en général.


L'US Africa Command (Africom) actuellement basé en Allemagne établira une base régionale intermédiaire  (ISB) afin de faciliter et d'accélérer le transport de l'équipement, des fournitures et du personnel. En 2011 l'actuelle présidente du Libéria Ellen Johnson Sirleaf, diplômée de Harvard, s'était vue attribuer le prix Nobel de la Paix (avec son amie Leymah Gbowee). Certains affirmaient déjà qu'il s'agissait d'une récompense pour ses bons et loyaux services à l'égard des investisseurs de la Fondation Soros et de la banque Rothschild dans les mines d'or libériennes, et pour sa promesse (déjà) de laisser l'Africom s'établir sur son sol.

 

Cette mesure n'est pas nécessairement bien accueillie par la population, d'autant qu'une grande partie de l'opinion publique libérienne soupçonne les laboratoires pharmaceutiques occidentaux d'avoir eux-même créé le virus Ebola. Le  Liberian Daily Observer, principal quotidien libérien (30 000 exemplaires chaque jour), le 9 septembre accusait en Une le gouvernement américain d’avoir intentionnellement manipulé génétiquement le virus Ebola et du Sida dans des laboratoires de recherche sur le bioterrorisme et proclamait que les Africains ont été délibérément infectés par des programmes de vaccination. L'article du Dr. Broderick a été repris notamment en Guinée, voisine, elle aussi touchée par Ebola.

 

Au Sénégal aussi la méfiance est de mise. Interrogé sur le site sénégalais leral.net, l’homme d’affaires sénégalais Moussa Sow, propriétaire d’hôtels en Guinée, et établi depuis plus de 20 ans dans le pays, qui s’interroge sur une éventuelle implication de l’Occident dans la gestion de cette crise. Il note que l’épidémie frappe tout  particulièrement des pays riches en matières premières très convoitées et que que la propagation du virus provoque le départ des Chinois …

 

Le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, saisi en urgence par les Etats-Unis, a adopté le jeudi 18 septembre une résolution unanime pour renforcer et accélérer la mobilisation et l’action de la communauté internationale contre l’épidémie. La résolution 2177, qui a été coparrainée par 131 Etats – un record dans l’histoire du Conseil – qualifie l’épidémie sans précédent qui sévit en Afrique de l’Ouest de « menace pour la paix et la sécurité internationales ». C’est la première fois que le Conseil de sécurité des Nations Unies qualifie une urgence sanitaire et a conséquemment appelé les Etats membres « à fournir une assistance et des ressources d’urgence » aux pays affectés par la maladie : hôpitaux de campagne, médecins et infirmières, capacités logistiques et de transport aérien médicalisé.

 

La résolution demande également aux pays concernés de « lever les restrictions aux déplacements et aux frontières imposées en raison de l’épidémie » et aux compagnies aériennes et maritimes de maintenir leurs liaisons avec les pays affectés. La nouvelle Mission des Nations Unies pour les interventions d'urgence sur Ebola (UNMEER) va s'installer au Ghana. Cuba et la Chine sont aussi très actives dans l'envoi de médecins et les dons.

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 08:26

libye2Le parlement de la Libye a appelé le 13 août à une intervention étrangère pour protéger les civils des affrontements meurtriers entre milices rivales qui ont déjà fait des centaines de morts parmi les civils cet été.

Les députés se sont réunis à Tobrouk dans l'est à cause de la violence dans la capitale Tripoli et dans la deuxième ville de Benghazi, et 111 sur 124 ont voté pour cette motion. Le commandant de la police d'Etat a été assassiné avant hier.

 

Les ressortissants occidentaux ont été évacués en juillet et des flots de réfugiés ont été enregistrés en Tunisie. L'Egypte a exclu d'intervenir militairement. Pressée par la Ligue arabe, les Etats-Unis, la France et l'Egypte d'engager son armée à Tripoli, l'Algérie rejeté cette proposition, sa constitution lui interdisant toute ingérence militaire à l'étranger. Des livraisons d'armes à l'armée régulière seraient cependant à l'étude, un comble quand on se souvient combien elle était suréquipée à l'époque de Kadhafi... mais ses stocks ont été largement pillés par les milices et les trafiquants.

 

F. Delorca

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 18:17

Dans un pays soumis au règne des milices, les Libyens sont appelés à élire mercredi leur chambre des représentants appelée à succéder au congrés général national élu en 2012.

 

Le général rebelle en retraite Khalifa Haftar qui a pris en charge dans l'Est du pays la guerre contre les islamistes a menacé les ressortissants turcs et qataris accusés d'être complices des djihadistes et leur a ordonné de quitter le pays. La rumeur le dit soutenu par l'Egypte (où vient de se rendre John Kerry) et par les Occidentaux.

 

Franck Pucciarelli, porte-parole en France des partisans du défunt dictateur Mouammar Kadhafi (dont la télévision Green TV émet désormais d'Egypte sous la protection d'Al-Sissi), interviewé par Mondafrique, estime qu'Haftar est en fait allié de l'ex-premier ministre Ali Zeidan et de l'islamiste Abdelhakim Belhadj.

 

Par ailleurs cette semaine Human Rights Watch attire l'attention de l'Union européenne sur la situation des 3 millions de migrants clandestins d'Afrique subsharienne présents en Libye. 6 000 d'entre eux seraient entassés dans des centres de rétention, soumis au fouet, à la torture, les fouilles à nu avec pénétration pour les femmes (The Gardian).

 

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 21:37

maliLe Collectif pour la défense de la République (CDR), qui regroupe plusieurs associations maliennes, appelle, depuis le début du mois de juin, à boycotter les produits français et suisses. Ce groupe estime que que « deux tiers » des dirigeants politiques du MNLA (Mouvement national de libération de l'Azawad) détiennent des « passeports diplomatiques » ainsi que le statut de « réfugié politique » dans ces deux pays. Le MNLA n’est que l’ « instrument » de la France et notamment de la Suisse qui profite de ce mouvement comme « carte de négociations pour des marchés, des contrats ou des lois économiques et financières lors des négociations futures au sein de l’OMC », a déclaré son porte-parole Mohamed Youssouf Bathily. En 2012, le journal suisse Le Temps avait évoqué une collusion entre la Suisse et le MNLA, indiquant que « le Département fédéral des Affaires étrangères (DFAE) a participé à l’organisation et au financement d’une réunion politique des rebelles touaregs indépendantistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) les 25, 26 et 27 juillet (2012) à Ouagadougou », selon Maliactu (Afrik.com).

 

A Kidal, circulent désormais des coupures de billets de banque portant les effigies et symboles de la «République de l’Azawad». Jeudi dernier l'armée française a été accusée de s'être retirée d'Aguelhok en laissant l'armée malienne et les troupes tchadiennes (qui ont déjà perdu une cinquantaine d'hommes sur le théâtre des opérations) face au MNLA et de leurs alliés djihadistes, lesquels contrôlent aussi l'essentiel de la région de Gao (La Sentinelle).

 

F. Delorca

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26 mai 2014 1 26 /05 /mai /2014 20:08

Les appels du pied pour une conversion croissante de l'Algérie au néo-libéralisme se multiplient. Le 22 avril dernier, juste après l'élection présidentielle, le Financial Times voyait en Bouteflika un homme clairement trop "à gauche" et écrivait : "Abdelaziz Bouteflika, le président malade et âgé qui vient d'être élu pour un quatrième mandat, a consacré des dépenses étatiques généreuses aux subventions, aux salaires du secteur public et au logement social, un support majeur de la politique intérieure, dans le but d'acheter le calme de la population. Mais alors qu'il s'apprête à commencer sa 16ème année aux affaires, des observateurs nationaux et internationaux avertissent que, malgré sa richesse en pétrole et en gaz, le train de vie de l'Algérie est à terme insoutenable. Ils estiment que ce pays de 37 millions de personnes, jeunes pour la plupart, doit réformer son économie trop sévèrement contrôlée afin de réduire sa dépendance aux exportations de gaz naturel déclinantes et éviter de gaspiller ses considérables réserves de devises étrangères, aujourd'hui évaluées à 195 milliards de dollars".

 

Copie-de-gas-20pipeline.jpgL'intérêt des milieux d'affaires internationaux pour l'Algérie est d'autant plus marqué que celle-ci, voyant ses revenus gaziers diminuer (à cause de la montée de la consommation domestique au détriment des importations, et de la concurrence russe qui a désindexé ses prix du cours du pétrole) se tourne vers le gaz de schiste. Ce nouvel enjeu énergétique attire les multinationales. Total, Eni, Shell  et Exxon Mobil sont sur la ligne de départ pour décrocher des licences d'exploitation. Melissa Roumadi dans Al Watan du 25 mai notait que les majors appréciaient le fait qu'il y ait peu de résistance des ONG écologistes.

 

Parallèlement des voix s'élèvent pour une plus grande collaboration de l'Algérie avec l'OTAN, afin que l'armée de libération nationale de ce pays devienne un supplétif de cette dernière, au même titre que l'armée tchadienne. Ainsi Abdelaziz Rahabi, ancien diplomate et ancien ministre, joint par Algérie-Focus le 20 mai, regrettait que l'Algérie n'ait pas soutenu l'opération de l'OTAN qui a plongé la Libye dans la chaos en 2011, et déplorait que la constitution algérienne interdise à son armée de se déployer en dehors de ses frontières. L'analyste Nazim Rochd s'inquiète de ce que cette montée du discours pro-occidental en Algérie puisse être annonciatrice d'une "normalisation" du pays, qui mette fin à sa tradition de non-alignement.

 

800px-map_non-aligned_movement.pngA la veille de la réunion de la 17ème conférence ministérielle du mouvement des non-alignés (MNA) à Alger, Soraya Guemmouri dans un article publié dans El-Moudjahid qui s'appuie sur une interview de Mme Taos Ferroukhi, directrice générale des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères, rappelle les phases d'évolution du Mouvement telles que décrite par le président Bouteflika en septembre 2006 à La Havane : "D'abord, une phase marquée par le doute et l'incertitude dus, à la fois, à l’essoufflement du Mouvement et à la perte de ses repères suite à l'effondrement du bloc soviétique et la chute du mur de Berlin qui ont mis fin à l'antagonisme Est-Ouest. Ensuite, une phase de ressaisissement caractérisée par le début de prise de conscience de certains de ses pays membres quant à la réaffirmation de sa présence sur la scène internationale, ainsi que l'exigence de rechercher de nouveaux axes de redéploiement, susceptibles de mobiliser ses membres et de lui permettre un repositionnement dans le cadre de la nouvelle configuration des relations internationales. Enfin, la phase actuelle de consolidation des assises du Mouvement et la volonté de plus en plus affirmée des pays membres de redonner un sens et un contenu à l'action du Mouvement qui reste, du fait de sa composante nombreuse et diversifiée, un cadre de dialogue et de concertation multilatérale privilégié et irremplaçable qu'il faut préserver de toute tentative ou velléité de sabordage."  Un des enjeux importants des Non-alignés est notamment une réforme de l'ONU (en particulier de la composition de son conseil de sécurité) au profit des pays du Sud. Un objectif qui n'a de chance d'être atteint, dans le rapport de forces avec les Occidentaux, que si l'Algérie reste un pilier solide du MNA.

 

Frédéric Delorca

 

 

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24 mai 2014 6 24 /05 /mai /2014 21:16

mali.jpgLa déroute de l'armée malienne vaincue par les rebelles touaregs du MNLA à Kidal a contraint le ministre de la défense Jean-Yves Le Drian à annuler sa visite au Mali prévue pour célébrer le succès de l'opération française Serval. L’AQMI est toujours présente au sud de la frontière algérienne alors que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’Ouest (MUJAO) reste implanté dans la région de Gao. Selon le maitre de conférences Francis Simonis, François Hollande aurait "abdiqué tout pouvoir devant les militaires et les services spéciaux qui règnent désormais en maîtres au Sahel". Ceux-ci, après avoir marginalisé l'armée malienne dans le cadre de la reprise de Kidal en 2013, n'ont pas donné aux Maliens les moyens d'en garder le contrôle après leur retrait.

 

Selon divers analystes, la défaite malienne est susceptible de renforcer l'hypothèse d'un maintien militaire de 1 000 soldats français au Mali malgré le retrait militaire officiel, tandis que la France devrait se réconcilier avec le président tchadien, frustré d'avoir vu ses protégés évincés de la Centrafrique, pour baser à N'djamena une brigade d'intervention mobile de 3 000 hommes capable de couvrir l'ensemble du Sahel, entre autres contre Boko Haram.

 

 

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17 mai 2014 6 17 /05 /mai /2014 22:21

Libya.pngDes unités de l'aviation libyenne loyales au général à la retraite Khalifa Haftar (qui avait trahi Kadhafi en 2011) ont bombardé hier vendredi des positions de groupes djihadistes dans la région de Benghazi, notamment le QG de la milice islamiste de Rafallah Al-Sahati dont il s'est emparé et celui de de la "Brigade du 17 février". Haftar qui avait, par le passé, menacé de renverser le gouvernement de Tripoli a décidé de pallier l'inertie de celui-ci pour mettre fin à l'anarchie à l'Est de la Libye. Les djihadistes de l'Est ont pendant 6 mois occupé en toute impunité les trois ports pétroliers du pays.

 

A Tripoli les enlèvements de diplomates se multiplient. L'Algérie vient de retirer les siens en urgence.

 

En marge du sommet des Amis de la Syrie à Londres, le secrétaire d'Etat John Kerry s'est engagé à aider la Libye, qui selon lui avec 6 millions d'habitants devrait être aussi facile à gouverner que son Etat, le Massachussetts (sic), une phrase que le Dailymail classe déjà au nombre de ses nombreuses gaffes diplomatiques... Ni l'ex-Premier ministre libyen Abdallah Al-Theni, chargé le 8 avril par le Parlement de former un nouveau gouvernement, qui a demissionné juste après parce que sa famille a été attaquée par des groupes armés, ni sont prédécesseur Ali Zeidan qui en mars avait lui aussi subi des violences, ne seront sans doute de l'avis de M. Kerry (voir le chaos de l'élection de l'actuel premier ministre ici).

 

Le 4 mai, l'expert américain sur les questions du terrorisme, M. Daveed Gartenstein-Ross, également analyste au Think Tank américain pour les questions de sécurité ''The Foundation for Defense of Democracies'', avait relevé devant le Congrès l'impact de la situation en Libye sur la sécurité en Algérie et dans la région, affirmant que l'intervention de l'OTAN a été ''une erreur stratégique'' des Etats-Unis et de leurs alliés, du fait qu'elle a transformé le pays en base de terroristes islamistes.

 

F. Delorca

 

Khalifa Haftar
Khalifa Haftar
Khalifa Haftar
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30 avril 2014 3 30 /04 /avril /2014 15:32

nigeria.jpgLe Nigeria (168 millionsd'habitants) peine de plus en plus à contrer les exactions attribuées au groupe terroriste Boko Haram. Il y a trois semaines 234 écolières (selon le décompte final) ont été enlevées alors qu'elles passaient un examen, par un groupe armé à Chibok dans l'Etat de Borno (nord-est) pour servir d'esclaves sexuelles, un enlèvement qui a suscité beaucoup d'émois dans le pays, mais les enquêteurs restent dans l'incapacité de localiser les ravisseurs. Les attaques criminelles dans l'Etat de Borno sont nombreuses. Au total dans tout le pays mille personnes auraient été tuées entre janvier et mars et près de 250 000 déplacées, de sorte qu'aujourd'hui un cinquième de la population ne vit plus à son domicile. L'impact des attaques est amplifié par les rumeurs. Mardi derner, tout le couloir d'activité Lagos-Ogun-Oyo a été paralysé par une rumeur selon laquelle des terroristes de Boko Haram s'étaient positionnés à Abeokuta, sur la voie expresse Lagos-Ibadan.

 

L'inefficacité des forces de police nigériane provoque un débat sur l'opportunité d'une ingérence extérieure. A la fin du mois de mars dernier, le président du sénat nigérian, David Mark, qui recevait vice-secrétaire générale de l’ONU, Jan Eliasson. Le colonel Sambo Dasuki, conseiller à la sécurité nationale auprès du président Goodluck Jonathan, a rencontré ses homologues du Niger, du Bénin, du Tchad et du Cameroun pour coordonner la répression avec les pays voisins, et Abike Dabiri-Eruwa présidente de la commission des affaires de la diaspora a aussi appelé le président à rechercher une solution avec des pays étrangers.

 

Dimanche 27 avril, Jerry Rawlings, ancien président du Ghana, en visite à Igueben au Nigeria à l'occasion du soixante dixième anniversaire de l'ex-ministre des affaires étrangères et leader d'une coalition d'opposition Chief Tom Ikimi, a déconseillé à la fois le recours à la seule répression armée contre Boko Haram et le recours à l'intervention extérieure. "La puissance politique du Nigeria compte pour 35 % de la puissance politique du continent africain, a-t-il déclaré.C’est pour cela que le Nigeria doit montrer la direction pour l’Afrique. Vue la manière dont le monde évolue, le Nigeria ne doit pas se sentir vulnérable ou d’autres tireront avantages de ses problèmes ». Jerry Rawlings s'exprimait aussi en tant que membre du groupe des sages (elders) créé par Nelson Mandela en 2007, qui rassemble des hommes d'Etat en retraite et fonctionne comme une autorité morale pour le continent africain. Rawlings reste populaire dans son pays qu'il a gouverné pendant 19 ans à partir de 1981, où il avait conduit une révolution socialiste jusqu'à ce qu'en 1983 le FMI le contraigne à mettre en oeuvre une politique libérale.

 

Le président nigérian Jonathan quant à lui avait souligné à Abuja le 29 mars à la réunion annuelle de la Commnauté économique d'Afrique que des puissances extérieures"qui ne veulent pas que l'Afrique se devéloppe" financent probablement  Boko Haram en rappelant qu'un fusil AK-47 comme en ont les terroristes valait 1 000 dollars, une somme que ne peuvent à l'évidence payer par eux-mêmes les groupes de combattants.

 

En janvier 2012, dans le New York Times, Jean Herskovits, professeur à l'université d'Etat de New-York, tentait de dissuader les Etats-Unis de s'engager dans une logique de guerre au Nigeria contre Boko Haram. rappelant que ce groupe islamiste à l'origine pacifique avait basculé dans la violence en 2009 après la mort de son leader Mohamed Yusuf en garde à vue, et que son expansion se nourrissait surtout de la pauvreté endémique de la population, de sorte d'ailleurs que beaucoup de groupes de bandits pouvaient se réclamer de Boko Haram dans le simple but de couvrir leurs méfaits. En 2012, précisait-il, 25 % du budget du Nigeria est consacré à la sécurité et les forces de police y sont plus redoutées que les terroristes. Beaucoup d'observateurs estiment que la solution au problème du terrorisme au Nigeria serait, comme cela a été fait au Venezuela, une juste redistribution de la rente pétrolière au profit de la majorité de la population déshéritée. Mais pour l'heure les discours sur l'accompagnement économique et social de la politique sécuritaire restent purement rhétoriques.

 

F. Delorca

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22 novembre 2013 5 22 /11 /novembre /2013 22:11

republique_centrafricaine_carte.gifAprès la victoire des rebelles musulmans de la Séléka et l'investiture de leur chef Michel Djotodia comme président le 18 août dernier en lieu et place du président François Bozizé (devenu trop favorable aux Chinois et aux Brics), malgré la présence d'une force panafricaine, la Centrafrique s'enfonce dans le chaos. La France veut faire voter une résolution du Conseil de Sécurité pour envoyer des casques bleus - essentiellement prélevés sur nos contingents. Adama Dieng chargé de la prévention des génocides à l'ONU appuie la demande de la France, et demande même, malgré l'hostilité de l'Union africaine à la Cour pénale internationale, que des respondables centraficains soient traduits devant celle-ci."Mon sentiment est que les communautés chrétiennes et musulmanes vont finir par s'entretuer" a-t-il déclaré.Ce faisant il ne faisant il ne faisait que reprendre l'analyse des puissances occidentales et de leur allié togolais au Conseil de sécurité de l'ONU. Dans la même veine, le ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius a estimé mercredi matin que la République centrafricaine était "au bord du génocide" et le secrétaire d'Etat américain John Kerry l'a soutenu en estimant que les États-Unis, qui ont annoncé une aide de 40 millions de dollars à cette force de l'Union africaine ne voient aucun indice laissant penser que le gouvernement de Michel Djotodia a la capacité ou la volonté politique de mettre un terme à la violence.

 

Le président tchadien Idriss Déby, principal adjoint de la France au Mali, avait obtenu les coudées franches il y a six mois pour placer les pilleurs des Séléka au pouvoir à Bangui. Au passage il travaille aussi au détournement à son profit du fleuve Oubangui qui arrose la Centrafique (voir le compte-rendu de la réunion des Amis de la Centrafique à Paris le 6 novembre). Il semble désormais que Paris ne soit plus prêt à laisser le champ libre à ces alliés encombrants. Déjà le 12 novembre la France et les Etats-Unis s'étaient opposés à l'intégration des Seleka dans l'armée régulière.

 

Cependant selon les experts, l’intervention française en Centrafrique pourrait être plus complexe qu'au Mali. Elle débuterait ainsi par une sécurisation de la capitale Bangui avant de s’étendre progressivement aux régions plus reculées du pays, mais pourrait se heurter à des éléments aussi divers que les islamistes nigérians de Boko Haram, des djihadistes chassés du Mali ou encore des milices Janjaweed venues du Darfour.

 

FD

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