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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 11:46

Franklin Lamb l'affirme dans Counterpunch du 4 novembre dernier : un Front de libération libyen est en train de se constituer dans le Sahel. "Quand je suis entré dans la salle de conférence d’un bureau du Niger, il y a peu, écrit-il, pour rencontrer des réfugiés qui venaient d’arriver de Libye et qui, selon mes informations, se préparaient à organiser une "lutte populaire au moyen de la tactique maoïste des 1000 entailles contre le groupe qui prétend représenter la Libye à l’heure actuelle", deux choses m’ont frappées. La première, c’est le nombre de personnes présentes et le fait qu’elles n’étaient ni débraillées, ni fanatiques, ni désespérées, mais au contraire reposées, calmes, organisées et méthodiques (...)L’autre chose à laquelle j’ai pensé, pendant cette première réunion, c’est la différence que trois décennies peuvent faire.(...)disposent des derniers modèles de téléphone par satellite, d’ordinateurs portables et de tout ce qui se fait de mieux parmi toutes les innovations technologiques qu’on a vues dans les hôtels où étaient installés les journalistes à Tripoli pendant les neuf derniers mois."

 

Le Niger se montre depuis quelques mois très accommodant avec les partisans du "guide" libyen assassiné. En septembre, il a exclu de renvoyer les réfugiés libyens de son territoire."Au regard de (nos) obligations internationales, nous ne pouvons pas renvoyer quelqu’un là où il n’a aucune chance de recevoir un procès équitable et où il encourt la peine de mort", avait déclaré le ministre nigérien de la Justice, porte-parole du gouvernement nigérien, Morou Amadou. Tout comme l'Algérie qui a accordé l'asile à Aïcha Kadhafi, le Niger vient de l'octroyer à un autre rejeton de Mouammar Kadhafi l'omme d'affaires et ancien footballeur professionnel, Saadi Kadhafi, qui a par ailleurs dirigé une unité d'élite de l'armée libyenne. Il est recherché par les nouvelles autorités libyennes qui l'accusent de "s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football". Interpol avait pourtant lancé une "motice rouge" invitant les Etats membres (dont le Niger) à arrêter Saadi Kadhafi sur leur territoire en vue de l'extrader.

 

La politique nigérienne de résistance aux pressions occidentales sur le dossier libyen est probablement en rapport avec les liens que cultive avec l'Afrique du Sud le chef de l'Etat socialiste Mahamadou Issoufou, toujours hostile à l'installation d'une base militaire française sur le sol de son pays. C'est en effet dans le cadre d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une visite de deux jours à Prétoria que Mahamadou Issoufou a annoncé sa décision d'accorder l'asile à Saadi Kadhafi. Sur sa route vers Pretoria le président nigérien avait escale en Angola, pays qui comme l'Afrique du Sud a combattu l'ingérence de l'OTAN en Libye.

 

Ces décisions lui ont valu des menaces du nouveau gouvernement de Tripoli : "Le Niger ne doit pas devenir un asile pour les criminels.", a déclaré le 13 novembre le vice-président du Conseil national de transition (CNT) Abdel Hafidh Ghoga.

 

En Libye, selon des sources pro-Kadhafi "Le sud libyen a fait semblant d’être inféodé au CNT pour éviter les bombardements meurtriers de la coalition apocalyptique de l’OTAN ", et même la ville Bani Walid serait redevenue pro-kadhafiste. Des allégations difficiles à vérifier.

 

En tout cas, comme en Irak et en Somalie, les milices font la loi. Des escadrons de la mort élimineraient les opposants dans les villes, et des affrontements entre milices ont eu lieu le 13 octobre à l'Ouest de Tripoli. Autre point commun avec l'Irak : des informations apparaissent dans le Sunday Times sur le pillage de trésors archéologiques à Benghazi.

 

DC

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 12:05

Selon le Canard Enchaîné du 26 octobre dernier, à l'occasion du trentième anniversaire de l'abolion de la peine de mort en France, notre gouvernement se serait offert le luxe de la rétablir à l'encontre de son ancien allié, le colonel Mouammar Kadhafi, puisque le président Sarkozy serait directement à l'origine de l'ordre donné aux avions de l'OTAN de tirer sur son convoi qui quittait la ville de Syrte, le 20 octobre dernier, après que les services de renseignement français l'aient localisé. Il se serait agi d'éviter que l'ex-leader libyen puisse "rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres". Pendant les jours qui ont suivi sa liquidation la plupart des médias s'en sont tenus plutôt à la version selon laquelle le tire d'une balle dans la tempe du guide de la révolution aurait des miliciens de Misrata après l'immobilisation de son véhicule par les forces de l'OTAN, sans que les dirigeants occidentaux soient directement intervenus dans la décision. Le fils de Kadhafi Mouatassim, 36 ans, président du Conseil national de sécurité, a subi le même sort après avoir été fait prisonnier en violation des conventions de Genève.

 

Peu de voix en France se sont élevées contre cette pratique. Le Monde soulignait le 20 octobre 2011 que toute la classe politique s'est réjouie de l'élimination du leader libyen. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin qui avait mené une politique non-alignée pendant la guerre d'Irak a jugé sur Radio France Politique le 30 octobre (min 35.25) que ce qui avait été fait par la France en Libye avait été "bien fait".

 

Le dernier fils survivant du colonel Kadhafi Seif-Al-Islam pourrait subir le même sort que son père. Selon le journal d'Omar al-Bachir (président soudanais inculpé par la cour pénale internationale) al-Intibaha il serait protégé par des sécessionnistes du Darfour en lutte contre le gouvernement de Khartoum qui lui, soutient ouvertement les anti-kadhafistes du CNT.

 

Le bilan des morts civils dûs à l'intervention militaire de l'OTAN reste à faire (alors que les preuves de la répression massive de la population libyenne par Kadhafi au printemps dernier n'ont pas été apportées).

 

Le nouveau régime libyen a éveillé la méfiance en octobre en annonçant son intention d'abroger toute mesure légale incompatible avec la Charia, notamment la loi sur la loi sur la monogamie et tout ce qui touche à l'égalité entre hommes et femmes. Mais pour l'heure seuls les enjeux économiques semblent préoccuper les responsables des pays de l'Alliance atlantique. Le ministre de la défense britannique Philip Hamond dès le 21 octobre a demandé aux grandes entreprises britanniques de "faire leurs valises" pour se hâter de prendre leurs parts dans le marché de la reconstruction de la Libye.

 

Dgibril Cissoko

 

 

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:54

Propagande et contre-propagande s'opposent en Libye, et il est bien difficile de savoir ce qu'il se passe vraiment.

 

A la lecture du  Monde en ligne aujourd'hui, il n'y aurait que de gentils rebelles débraillés qui ont distribué aux femmes de Syrte apeurées "des jus d'orange et essayé de les apaiser" en leur disant : "C'est de la propagande de Kadhafi, nous ne sommes pas des criminels, mais vos frères et vous êtes les bienvenus dans la Libye libre !" ".

 

A lire  Ozyism.com au contraire, les mercenaires du CNT, les rebelles commettent des crimes de guerre en bombardant l'hôpital de Syrte déjà plongé dans une situation tragique par quinze jours de siège. Ils l'auraient attaqué au lance-roquettes juste après l'entrée de la Croix-Rouge hier.  

 

Cette version d'Ozyism est confirmée par les grandes agences occidentales qui rapportent le témoignage d'Hichem Khadhraou du Comité international de la Croix rouge selon lequel l'hôpital a été pilonné pendant la visite de la croix rouge. Celui-ci s'est étonné du fait que les "rebelles" aient choisi ce moment précis pour déclencher l'attaque, comme s'il s'agissait absolument d'empêcher les volontaires de venir en aide aux blessés assiégés dans l'hôpital. La tour d'approvisionnement en eau a été notamment touchée.

 

Plus grave pour l'image de la France (car cela implique directement son armée), les avions britanniques et français de l'OTAN bombarderaient des cibles au hasard pour provoquer la panique dans la population civile et les désolidariser des troupes loyalistes.

 

Une vidéo il y a quinze jours faisait déjà état du bombardement par l'OTAN de l'hopital Ibn Sina (Avicenne) de Syrte le 17 septembre 2011

 

 

Une vidéo en arabe situe le bombardement (peut-être un second bombardement) le 20 septembre et montre un médecin ukrainien blessé :

 

 

Un autre témoignage fait état de bombardements "5 jours" avant la visite du CICR (soit vers le 26 ou 27 septembre), et encore le soir à la veille de cette visite. Un témoin aurait affirmé que : « de nombreux médecins, infirmières, infirmiers et blessés ont été assassinés et ensevelis sous les décombres de l’hôpital, leur parents ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des décombres espérant récupérer les corps des ensevelis.Toute mission de secours avait été finalement arrêtée dans la ville, alors que des centaines de corps de blessées se dispersent dans les espaces après chaque attaque de l’OTAN.» (témoignage anonyme à prendre sous toute réserve)

 

L'attaque d'un hôpital civil constitue un crime de guerre au sens de l'article 8 du statut  de Rome de la Cour pénale internationale et expose à des poursuites sur ce fondement devant cette cour les autorités civiles et militaires qui s'en rendent coupables.

 

 

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 16:01

Dans son rapport à l’occasion de sa réunion annuelle avec le Fonds Monétaire International (FMI) la semaine dernière, la Banque mondiale distingue le Cap Vert, archipel à l'ouest de l'Afrique,comme faisant partie des quatre pays (avec l'Ethiopie, le Ghana et le Malawi) du continent noir qui remplissent les conditions pour réaliser les Objectifs Millénaires du Développement (qui incluent des objectifs de santé et de lutte contre la pauvreté). La Banque le félicite pour ses innovations, notamment la gouvernance électronique ou la Maison du Citoyen

 

Autrefois pays socialiste non-aligné, qui dut son indépendance à la guérilla de type "guévariste" inspirée par Amilcar Cabral, le Cap Vert depuis les années 1990 n'a cessé de se rapprocher des Occidentaux. En 2006 il a accueilli les premiers exercices militaires de l'OTAN sur le sol africain, deux ans après que George W. Bush ait offert (en vain) la participation de l'OTAN aux côtés des troupes de l'Union africaine pour le "maintien de la paix"  au Soudan.

 

Le Cap Vert a fait partie des rares pays africains a voter à l'ONU la reconnaissance du Conseil de transition  libyen début septembre. Il soutient le Maroc sur la question du Sahara occidental. Il a intégré l'Organisation mondiale du commerce en décembre 2007 après avoir tout au long des années 1990 privatisé sa faible industrie et ses services publics (vendus aux ex colonisateurs portugais).

 

L'économie du pays étant entièrement tournée vers l'extérieur, les hommes ont émigré. 90 % des chefs de famille sont des femmes, la plupart célibataires et pauvres (voir l'article de Tobias Engel en 2003 dans  Le Monde Diplomatique) qui "qualifiait le Cap-vert de"théâtre du développement fictif". A l'inverse trois ans plus tard le journaliste sénégalais Chérif Elvalide Seye, conseiller du président de droite Abdoulaye Wade écrivait au contraire :"Plus de nombreuses filles-mères, plus d’enfants pieds nus, plus de vieilles guimbardes poussives. Le pays a fini par avoir raison de l’adversité de la nature. Sa gestion vertueuse a fini par payer. Quand les autres pays sahéliens distribuaient l’aide alimentaire, le Cap-Vert pratiquait un système dit de capitalisation. L’aide était vendue et le produit réinvesti dans des projets de reboisement ou d'hydraulique rurale." Il est certain en tout cas que la bonne image du Cap vert aux yeux des Occidentaux lui attire des visites touristiques. Pour un pays de 335 000 habitants c'est une aubaine qui, par l'afflux de devises, a contribué à l'entrée de l'archipel dans la liste des pays à revenu intermédiaire. En ce sens le Cap vert est un modèle de ce que les Etats vassaux de l'Occident peuvent obtenir comme récompense lorsqu'ils sont de taille modeste.

 

Le pays, redevenu social-démocrate (social-libéral) en 2001, est repassé à droite en août dernier et confirmera sans doute son orientation pro-occidentale dans les années qui viennent.

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 16:04

onu.pngLe Conseil national de Transition (CNT) libyen a obtenu (par 114 voix) la reconnaissance de l'Assemblée générale des Nations-Unies  : seuls 17 pays se sont opposés et 15 se sont abstenus. L'Angola pour la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a présenté une motion contestant la procédure d'accréditation du CNT, et les pays de gauche latino-américain (dont Cuba, le Vénézuéla et la Bolivie) ont défendu une motion refusant sur le fond la légitimité du nouveau régime libyen. Le représentant de l'Egypte a pris la parole pour demander à l'ONU de ne pas soutenir la motion latino-américaine qui a été écartée. Les pays qui ont voté contre la reconnaissance sont donc : l'Angola, la Bolivie, Cuba, la République démocratique du  Congo, l'Equateur, la Guinée Equatoriale, Kenya, le Lesotho, le Malawi,  la Namibie, le Nicaragua, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, le Venezuela, la Zambie, le Zimbabwe.. Les abstentions : l'Algerie, Antigua et Barbuda, le Cameroun, la République Dominicaine, le Salvador, l'Indonesie, le Mali, la Mauritanie, le Nepal, Saint Vincent et les Grenadines, l'Arabie séoudite (bizarrement...), le Surinam, Trinidad et Tobago, l'Ouganda, l'Uruguay. Beaucoup de pays n'ont pas pris part au vote : l'Albanie, la Biélorussie, le Centrafrique, la Corée du Nord, l'Erythrée, la Guinée, la Guinée Bissau, le Rwanda, la Somalie, le Burundi, le Cambodge, le Mozambique, le Myanmar, le Niger, le Pakistan, le Nigéria, Haïti, le Guyana, toute l'ancienne Asie centrale soviétique. A noter que des pays réputés non-alignés sur l'Ouest comme le Soudan, le Sri Lanka, la Syrie et le Liban ont voté en faveur de la reconnaissance du CNT...

Sur le terrain le CNT enregistre deux échecs cuisants : les fiefs kadhafistes de Syrte (ville natale de Kadhafi) et Bani Walid (bastion de la puissante tribu des Warfalla) pourtant encerclés par les insurgés et bombardés par l'OTAN résistent à leurs assaillants. A cela s'ajoute que, comme le reconnaissait le  Figaro lui-même il y a huit jours, une grande partie du désert du Fezzan reste loyal à Kadhafi (ce qui peut permettre à ses partisans notamment de contrôler l'approvisionnement des villes en eau). Les médias dominants estiment que les fidélités tribales des villages du désert à Kadhafi sont imputables au caractère arriéré de ces régions, et à la présence de miliciens kadhafistes venus du Darfour. Ils estiment que le ralliement de ces zones au nouveau régime ne saurait tarder, mais l'ex-guide de la révolution garde de sérieux moyens financiers pour acheter des soutiens dans cette région.

 

Par ailleurs le CNT, déchiré par les dissensions entre ex-dignitaires du régime de Kadhafi et islamistes supporters de Abdoulhakim Belhaj, a échoué aujourd'hui à constituer un gouvernement.

 

Les partisans du CNT en revanche restent particulièrement efficaces en matière d'emprisonnement et d'exécutions sommaires (comme l'avait été le gouvernement pro-occidental en Irak après la chute de Saddam Hussein).

 

Les prisons étant pleines, les anciens partisans de Kadhafi, ou présumés tels, civils ou militaires (et notamment beaucoup de Noirs arrêtés au faciès), sont parqués dans des écoles, commes les 420 encore entassés (le 17 septembre) dans l'école secondaire de Misrata. A Tripoli 800 corps présentés comme des "pro-Kadhafi" ont été entassés dans un cimetière sans moyen d'identification. Des villages entiers ont été vidés comme Tawarga, peuplé de Noirs d'abord déplacés dans un camp de réfugié lequel a été attaqué par les insurgés de Misrata. Impossible de savoir si les habitants de Tawarga ont été tués par les bombes de l'OTAN ou par les insurgés. Ils sont en tout cas introuvables.

 

Ce triste bilan est à comparer au fait que selon la Croix rouge il n'y aurait eu qu'un millier de disparus imputable aux actions militaires de Kadhafi depuis le début du soulèvement. Un chiffre très éloignés des 50 000 avancés par le CNT et qui a été utilisé à tort par la propagande occidentale pour justifier l'intervention de l'OTAN (l'OTAN ayant elle-même tué, semble-t-il, un millier de personnes dans ses bombardements).

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 11:23

darfour.jpgLe ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, a déclaré à l’issue de la première journée de Conférence internationale sur le Sahel hier que le conflit libyen a transformé la région en une "poudrière".

 

Selon «Sahel Intelligence», la direction de la protection de la sécurité du ministère français de la Défense, a reconnu dans une note du 18 juin dernier que «des armes sensibles, y compris des missiles mobiles terre-air puisés dans les arsenaux de guerre du régime libyen ont été acheminées vers le Mali à travers le territoire algérien». Les services algériens en auraient averti la France dès le mois de mars. L'inquiétude se portait notamment sur un lot de missiles "Sam7 abandonné à ciel ouvert par l´armée de Kadhafi avait été acheminé depuis Benghazi vers le Nord du Mali, via le Tchad, apparemment avec la complicité des insurgés libyens, car la frontière algérienne était des plus surveillée par les unités spéciales de l´armée algérienne (ANP) et de la gendarmerie" (source  Algérie 360) .Le directeur du bureau de l´Officie international des migrations de l´ONU de Nouakchott, l´Américain Richard Ots, a confirmé à son tour récemment qu’Aqmi (Al Qaida Maghreb) a acquis en Libye non seulement des Sam 7 russes mais également des missiles américains de type Stinger dont sont dotées les armées de l´OTAN. Ces missiles pourraient menacer les avions militaires de l'OTAN mais aussi les avions civils maliens et nigériens. Le 5 juillet l'Aqmi a attaqué la caserne de Bassiknou se trouvant en Mauritanie à 45 km de la frontière malienne avec des armes moins sophistiquées que les Sam7 dont les islamistes seraient encore en train d'apprendre le maniement (ibid).

 

En début de semaine les nouvelles autorités libyennes ont confirmé que 200 voitures environ étaient passées au Niger. Au Niger, une source militaire a affirmé avoir "vu un convoi inhabituel et impressionnant de plusieurs dizaines de véhicules entrer à Agadez en provenance d'Arlit, une cité minière proche de la frontière algérienne, et se diriger vers Niamey par la route", témoignage qui a été corroboré par d'autres sources. On ignore quel rôle ces partisans de Kadhafi sont susceptibles de jouer au Nord du Niger (les déclarations officielles se sont bornées à signaler que l'ex-guide de la révolution libyenne n'était pas parmi eux). Selon les aveux de soldats de Kadhafi arrêtés il y a huit jours près de Beni Walid il existait un plan d'exfiltration de Kadhafi et des millions de dollars dont il dispose encore vers le Fezzan (Sud de la Libye qu'il contrôle toujours) voire vers le Niger d'où l'ex-leader libyen pourrait s'allier soit aux islamistes (actuellement en conflit avec les ex-dignitaires kadhafistes du Conseil national de transition libyen), soit plus sûrement avec les Touaregs toujours fidèles à Kadhafi pour entretenir la résistance. Ceux-ci font l'objet de persécutions racistes par le CNT au pouvoir à Tripoli. Selon  El Watan, "dans un communiqué rendu public hier, le coordinateur du Mouvement touareg pour la Libye, Ishaq Ag Al Husseyni, fait état «de chasse aux Touareg et d’exécutions» par les rebelles au lendemain de la prise de Tripoli, qui ont suscité «des fuites collectives vers la frontière algérienne».Tous les Touaregs du Sud libyen auraient fui vers l'Algérie." Un important groupe, dont des femmes et des enfants, ayant fui la région de Oubari, a été signalé au village de Tarat, non loin de la frontière avec Illizi. «Elles sont dans le dénuement le plus total, vivant une situation des plus dramatiques. Privées de tout, sans aucun soutien, elles ne peuvent ni rebrousser chemin, de peur de subir des représailles, ni avancer vers l’Algérie, qui a refusé de les accueillir…»"

 

Le 8 septembre, les autorités nigériennes (qui ont reconnu le nouveau pouvoir libyen le 30 août) ont décliné la demande du CNT qui les priait de fermer les frontières du pays, en invoquant l'impossibilité pour eux de la protéger.

 

La tenue de la Conférence internationale sur le partenariat, la sécurité et le développement entre les pays du Sahel (Algérie-Mali-Mauritanie-Niger) à Alger hier, avec la participation de 38 délégations,dont les Etats-Unis, la France, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni semble confirmer l'importance accordée par les Occidentaux de se coordonner avec l'Algérie, qui avait pu passer pour un un pays dans le collimateur après la victoire de l'OTAN à Tripoli. Selon l'expert Samuel Benshimon de  Sahel Intelligence, c'était le but recherché par les autorités algériennes soucieuses de "détourner l’attention de l’opinion publique interne, après les déboires accumulés par la diplomatie algérienne dans la crise libyenne", et notamment leur participation en juillet aux côtés de l'Afrique du Sud à des négociations en vue de la livraison d'armes chinoises au colonel Kadhafi.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:47

Libya.png

Le 20 juillet une délégation de rebelles de Misrata (une ville située dans l'ouest du pays, clé pour le contrôle de Tripoli) s'est rendue en France pour demander plus d'armes. Celle-ci a procédé à des livraisons dans le djébel Nefoussa en violation des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les conseillers militaires occidentaux ont joué un rôle clé dans la coordination des opérations.


Après la chute de Misrata, l'OTAN (guidée par les drones américains Prédator) a intensifié ses frappes, mis à disposition des bateaux pour conquérir Tripoli par la mer. les hélicoptères de combat français et britanniques ont protégé les rebelles face aux contre-attaques des forces loyalistes. Les agents infiltrés par la France à Tripoli via la Tunisie auraient joué un rôle important dans la chute de la capitale, de même que les armes fournies par le Qatar (cf l e Nouvel Observateur).

 

Le mercredi 17 août Zaouia à 50 km de Tripoli est tombée. Le dimanche 21 août les rebelles libyens sont entrés à Tripoli. Le mardi 23, le QG du colonel Kadhafi était investi par les insurgés.

 

Selon le témoignage d'un mercenaire croate loyaliste les troupes de Kadhafi étaient d'un niveau militaire assez faible. Les insurgés eux étaient militairement encore pires. Les désertions dans l'armée loyaliste ont été très nombreuses à partir de juillet, notamment des officiers de l'ex-armée yougoslave, et des mercenaires sud-africains. Le style de vie de Kadhafi dans son bunker, les divisions entre ses fils, et la peur de la défaite finale face à l'OTAN auraient pesé lourdement dans leur choix.

 

La prise de Tripoli aurait provoqué la mort de nombreux civils sur laquelle la presse dominante reste silencieuse, mais aucun chiffre probant n'a été avancé sur ce point. Le gouvernement libyen a parlé de 1 300 morts "des deux côtés" (donc surtout des militaires) lors de la première journée de combats dans la ville. Les hôpitaux de la capitale sont en tout cas saturés de blessés.

 

Selon des journalistes indépendants sur place cités par  Russia Today et d'autres sources,  l'OTAN et les insurgés auraient tenté de les éliminer.

 

Le 22 août le représentant du CNT auprès de la Ligue arabe Abd el-Menem el-Honi s'est engagé à ce qu'il n'y ait aucune base de l'OTAN sur le sol libyen. Mais la privatisation du pétrole et des services publics libyens au profit des grandes multinationales est visiblement à l'ordre du jour. Selon un article de Kevin Gosztola, dans The Dissenter, Wikileaks a révélé que des câbles diplomatiques depuis l'époque Bush manifestent l'intérêt des majors américaines pour les immenses réserves d'hydrocarbures libyen. Selon Gosztola, Ali Al-Issaoui ministre de l'économie libyenne avait par ailleurs étudié en 2008 la possibilité d'une privatisation du secteur de la santé et de celui du logement, tout en reconnaissant que cela diminuerait le niveau de vie des plus pauvres. Aujourd'hui Al-Assoui est Chargé des relations extérieures du Conseil national de transition... Le responsable d'une compagnie pétrolière libyenne entre les mains des rebelles a en tout cas fait savoir que pour ce qui concerne les puits déjà privatisés ils pourraient être réattribués aux Occidentaux au détriment des Russes, des Chinois et des Brésiliens hostiles à l'ingérence de l'OTAN.

De nombreux pays après la chute de Tripoli ont reconnu le CNT (notamment la Ligue arabe le 25 août et la Chine).

 

kadhafiLa tête du colonel Kadhafi en fuite, comme avant lui celle de Saddam Hussein, a été mise à prix. Son porte parole Moussa Ibrahim sur la chaîne syrienne Arrai le 24 août a affirmé que quatre qataris hauts gradés, un émirati et une équipe technique d’étrangers ont été capturés à Tajoura, que les combats se poursuivaient à Siyahia, et que l'Algérie serait la prochaine cible des Occidentaux. Le 25 août les combats à Tripoli se poursuivaient sans qu'on puisse savoir de source neutre quelle proportion de la ville est tenue par les loyalistes et laquelle est entre les mains des insurgés.

 

La question de l'aptitude des kadhafistes à entretenir une résistance armée efficace "à l'irakienne" reste ouverte.Selon la Aporrea.org (Venezuela), 4 600 hommes armés en provenance du sud du pays (tribu Bani Walid et tribu Tarhuna) seraient en route vers Tripoli sous les ordres de  Saadi Al Kadhafi pour aider les troupes loyalistes.

 

FD

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 09:14

800px-LocationAfrica.pngMercredi 6 juillet, les rebelles libyens ont lancé une offensive vers Tripoli depuis les montagnes du Djebel Nafoussa après avoir reçu de la France un parachutage de fusils-mitrailleurs et de lance-roquettes - une nouvelle violation de la résolution 1973 de l'ONU, et un mauvais exemple que même la Grande-Bretagne a décidé de ne pas suivre, alors que l'opération militaire en Libye est depuis le début conçue par M. Sarkozy comme la première application de l'accord franco-britannique de novembre 2010.

 

Quelques jours auparavant, en marge du sommet de l’Union africaine en Guinée Equatoriale les 1er et 2 juillet 2011, le nouveau président de la Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, installé au pouvoir au terme de la liquidation du parti de Laurent Gbagbo par l'armée française, avait rencontré deux délégations libyennes (la délégation des fidèles du colonel Kadhafi avec à sa tête le nouveau chef de la diplomatie du guide libyenne et une délégation de trois membres du CNT conduite par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Abdel Rahman Shalgam). Selon le site CameroonVoice, Ouattara aurait promis l'aide de la Côte d'Ivoire aux insurgés libyens, ce qui pourrait contribuer à insérer la Libye post-Kadhafi dans le maillage de la Françafrique rénovée.

 

En Côte d'Ivoire, Paris a nommé en mai dernier comme nouveau tuteur ("conseiller spécial") d'Alassane Ouattara,  le colonel Marc Paitier ex-assistant du commandant de la force Licorne en 2004 et 2005. Le ministre de la défense de M. Sarkozy Gérard Longuet était à Abidjan le 27 juin pour préparer un accord militaire qui ne devrait laisser dans le pays que 250 soldats français (pour la protection des ressortissants français) conter 900 aujourd'hui, un objectif qui ne pourra être atteint toutefois que si Alassane Ouattara parvient à surmonter l'anarchie qui s'est instaurée après la disparition des forces de polices au cours de  la guerre civile du premier semestre. Pour l'heure celui-ci s'emploie surtout à renverser les derniers vestiges du pouvoir de Laurent Gbagbo et notamment d'obtenir l'arrestation de l’ex-chef des "Jeunes Patriotes" gbagbistes, Charles Blé Goudé, actuellement en fuite, lequel devient aujourd'hui pour beaucoup un symbole de la résistance à l'ingérence française en Côte d'Ivoire.

 

Il est probable que la France en Côte d'Ivoire se déchargera d'une partie du fardeau sur l'ONU. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Young Jin Choi, a annoncé le 30 juin à Abidjan la création de huit nouveaux camps militaires dans l’ouest du pays, la région la plus ravagée par les violences post-électorales et où persiste un déficit de sécurité. L'ONU devrait investir 2 milliards de F CFA dans la construction de ces camps et la reconstitution de la police et de la gendarmerie, un choix qui indigne ceux qui estiment que la Côte d'Ivoire a d'abord besoin d'aide humanitaire.

 

Alléger les effectifs militaires à Abidjan permettrait à la France de se reposer davantage sur le nouveau pilier de sa stratégie en Afrique,entre la Côte d'Ivoire et la Libye : le Niger, riche en uranium. Paris s'efforce d'imposer à ce pays un projet d’accord l’autorisant à installer une base militaire permanente notamment pour protégers a mine d'uranium d'Amouraren. Depuis l’enlèvement de sept employés du groupe nucléaire français Areva en septembre 2010, la France dispose au Niger d’un corps expéditionnaire de près de 80 soldats d’élite appuyés par des moyens aériens dont des avions de surveillance et de reconnaissance. Le président nigérien Mahamadou Issoufou du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (proche du parti socialiste français) ne cesse de répéter qu'il n'y aura pas de base permanente sur son territoire.

 

Elu avec une large majorité président de la République en mars 2011, cet ancien opposant à la dictature présente un profil atypique dans l'Ouest africain. A peine élu, il a précisé à propos de la guerre en Libye que son pays respecterait le principe de non ingérence dans les affaires des pays voisins. Puis au dernier sommet des chefs d'Etat africains il a souligné qu'en ce moment, son pays pâtit surtout du conflit entretenu par les Occidentaux qui coûte à l'économie nigérienne des milliards de francs CFA entre les revenus perdus sur les transactions commerciales et les mandats envoyés jadis par les plus de 200.000 Nigériens travaillant en Libye qui ont du retourner dans leur pays. Sa capacité à résister aux pressions françaises sera un test pour le nouveau dispositif françafricain fondé sur la militarisation du continent noir en vue du contrôle de ses ressources.

 

 

 

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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 11:26

b52.jpgLa décision de la France révélée par le Figaro mercredi dernier de livrer des armes aux insurgés libyens de Benghazi suscite l'indignation dans le monde. Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, a  déclaré à la BBC le jeudi 30 juin que ces livraisons d'armes favorisaient "le risque d'une guerre civile, le risque d'une partition de l'Etat, le risque d'une "somalisation" du pays, le risque de prolifération des armes en lien avec le terrorisme". Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï  Lavrov a qualifié cette livraison d'armes de "violation grossière de la résolution 1970 du Conseil de sécurité de l'Onu". Paris a tenté de se défendre en déclarant qu'il ne s'agit que d'armes légères, larguées à l'occasion d'opérations d'aide humanitaire en faveur de populations sous la menace des troupes de Mouammar Kadhafi dans une région située à quelques dizaines de kilomètres de Tripoli, mais ces assertions sont invérifiables pour le moment.

 

Par ailleurs, le nombre de morts civils depuis le 19 mars dû aux frappes aériennes de l'OTAN selon les sources gouvernementales de Tripoli approcherait le millier de morts, dont beaucoup d'enfants, un paradoxe pour une mission militaire qui se réclamait d'une résolution de l'ONU visant à "protéger les civils".  Ce chiffre n"inclut pas les effets indirects désastreux de la guerre sur les infrastructures de santé (autrefois exemplaires) et les services sociaux libyens (alors qu'un soutient moins radical des Occidentaux aux insurgés aurait déjà permis le mise en oeuvre de négociations).

 

Le bilan humain ne prend pas en compte non plus les effets de l'utilisation possible par l'OTAN d'armes à uranium appauvri - dénoncée par des organismes britanniques comme Uranium Weapons Network et la Campagne pour le Désarmement nucléaire (on attend toujours que les députés au parlement européen, notamment écologistes, lancent une commission d'enquête sur le sujet). Un gâchis d'autant plus préoccupant qu'il n'a débouché sur aucune avancée politique concrète, le gouvernement de Muammar Kadhafi s'étant considérablement renforcé en Tripolitaine, tirant profit du réflexe patriotique provoqué par l'agression de l'OTAN.

  

Le 30 mai dernier, le rapport du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT1) dressait déjà le bilan suivant de la décision française d'intervenir en Libye (après l'envoi d'une mission à Belghazi et Tripoli) :

 

 "La décision unilatérale de Nicolas Sarkozy a stupéfié ses alliés allemands et italiens - c’est l’une des raisons de l’abstention de Berlin sur ce dossierà l’ONU – alors que son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé semble avoir été placé dans une situation comparable à celle de Colin Powell en 2003, lors du déclenchement de l’invasion de l’Irak. Il a dû en effet défendre une position qu’il n’avait pas choisie età laquelle il ne semble pas avoir été associé.

 

(...)Les illusions du président Sarkozy ont été renforcées par les déclarations outrancières des représentants de la toute jeune révolution libyenne et l’enthousiasme – légitime – de la population de Benghazi. Les dirigeants du CNT clament que « la décision du président français a sauvé plus d’un million de vie humaines » et que c’est l’amitié entre la France et le CNT qui a permis l’évolution actuelle la survie de la rébellion.


Indéniablement, la France et son président bénéficient d’une cote d’amour inégalée sinon inégalable dans toute la Cyrénaïque. La délégation, composée en majorité de Français, a reçu en tous lieux un accueil très favorable. Les drapeaux français sont arborés partout et sont même vendus dans les kiosques. A Derna, nos interlocuteurs nous ont déclaré avoir déjà noté une nette augmentation des demandes d’inscriptio nà l’université en faculté de français, surtout de la part des femmes.


Il convient de reconnaître que le nom du président français n’aura sans doute jamais été aussi prononcé dans un pays étranger. S’il est encensé à l’Est, il est honn ià l’Ouest, mais tout aussi présent dans les attroupements populaires et les médias, comme si la France seule était responsable de la situation aux yeux des deux parties. Les Libyens fidèles au régime font toutefois une nette différence entre le peuple français et son président.


Cette hypermédiatisation de la participation française est particulièrement trompeuse et dangereuse. Certes, certains contrats secrets ont déjà été conclus avec les insurgés, mais rien n’assure aujourd’hui que le pari du président Sarkozy de renverser le régime sera tenu. En cas de maintien au pouvoir de Kadhafi, les entreprises françaises se retrouveront dans une position extrêmement défavorable. En cas de partition du pays ou de négociation entre les parties, la France ne pourra jouer aucun rôle d’arbitre tant le ressentiment à l’égard de son président est fort à Tripoli.


Nous sommes convaincus que cet engagement irréfléchi de Paris dans le conflit libyen fait le jeu de Washington, qui laisse Nicolas Sarkozy s’afficher en moteur de la coalition, au risque, en cas d’échec, d’endosser toute la responsabilité de cette affaire. L’attitude plus discrète du président Obama permettra alors aux Etats-Unis de tirer les marrons du feu."

 

Le rapport évoquait aussi le coût financier élevé de cette guerre et les bénéfices que les organisations terroristes comme Al Qaïda étaient susceptibles d'en retirer.

 

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Ci dessous interview par Russia Today de Vijay Prashad, contributeur du livre "Atlas alternatif", sur la Libye (il évoque notamment la propagande de guerre autour des soi-disants viols collectifs et de la distribution de viagra dans l'armée gouvernementale libyenne)

 

 

 

 

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 15:33

great_seal_of_the_us.pngLe général Carter F. Ham, chef du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom, basé à Stuttgart - Allemagne) a effectué une visite de deux jours du 31 mai au 2 juin.


Selon Brahim Takheroubt de L'Expression, deux hypothèses se dégagent de cette visite :

 

«La première est que le général américain est venu solliciter l’approbation de l’Algérie pour le transfert du siège de l’Africom en Afrique, plus précisément au Burkina Faso ou alors carrément au sud de la Libye, "ce que l’Algérie n’acceptera jamais" (...) La deuxième lecture faite à cette visite du général consiste à dire qu’il y a une véritable pression sur l’Algérie pour la convaincre d’accepter une action militaire sur la Libye à partir du territoire algérien. »

 

Selon le quotidien arabophone Al Khabar «l’Algérie a refusé de permettre à des appareils de la coalition ayant décollé des bases aériennes américaines en Espagne et en Angleterre, d’utiliser son espace aérien, pour bombarder les forces pro-Kadhafi».  

 

Le même journal révèle également que «des pays qui conduisent les frappes militaires contre la Libye ont demandé ces derniers jours à l’Algérie, à travers des voies diplomatiques et militaires officielles, d’autoriser l’utilisation de l’espace aérien algérien, pour parvenir à la région des opérations militaires en Libye». Jusque-là, les appareils de la coalition n’arrivent pas à atteindre la profondeur du Sahara libyen où Kadhafi se réfugierait.

 

L'Algérie est souvent accusée par les Occidentaux de faire obstacle au renversement du régime libyen. Comme la Syrie, l'Algérie au mois de mars s'était opposée à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Libye. En avril la ligue des droits de l’Homme libyenne a affirmé que des mercenaires arrêtés par les rebelles avaient été recrutés par les services de sécurité algériens (DRS), mais le commandant de l'Africom lui-même l'a démenti lors de son passage à Alger (pour des raisons diplomatiques ?). Selon Jeune Afrique, Aïcha, la fille unique de Kaddafi, "serait réfugiée dans le plus grand secret en Algérie depuis le 16 mai sous la protection personnelle du président Bouteflika à la suite de l'assassinat de son frère cadet par l'OTAN.

 

Il est vrai que les services de sécurité algériens redoutent que les éléments islamistes proches d'Al Qaida qui ont massivement intégré l'armée rebelle de Benghazi ne relancent le terrorisme et la guerre civile sur le territoire algérien.L'Expression le 19 avril parlait de "complot de déstabilisation" de l'Algérie.

 

Le Quotidien d'Oran, pour sa part, estime que la visite de l'officier étatsunien est surtout liée à la coordination de la lutte anti-terroriste dans le Sahel : il note qu'elle "intervient une semaine après la fin de la réunion des chefs d'état-major des pays du Sahel à Bamako (Mali), où l'accent a été mis sur l'urgence d'une généralisation de la lutte contre les groupes d'Al Qaida Maghreb (AQMI). L'appel à une union des forces et des moyens militaires des pays concernés est d'autant nécessaire que le danger terroriste, avec les dommages provoqués par la guerre civile en Libye, risque de se propager rapidement dans plusieurs pays, et particulièrement en Tunisie. C'est dans cette perspective que les quatre pays du Sahel, à travers leur état-major conjoint (Cemoc) ont pris la décision de confier à l'Algérie la préparation d'une rencontre à Alger vers le 3ème trimestre 2011 sur la lutte contre le terrorisme dans la région. Une réunion à laquelle seront conviés les experts des pays de l'Union européenne et des Etats-Unis."

 

Mais cette lutte anti-terroriste dans toute l'Afrique du Nord-Ouest est elle-même liée à la guerre de Libye. Selon les services de sécurité algériens, début avril un convoi composé de 8 véhicules tout-terrain, chargé de missiles russes terre-air de type SA-7, l´équivalent du Stinger occidental et de matériels de guerre divers puisés par les rebelles de Banghazi dans les stocks de l´armée libyenne a déjà été acheminé au Mali, via le Tchad puis le Niger pour se retrouver entre les mains de l'AQMI. D'autres on peut-être circulé. L'Algérie a dû affecter plus de 7 000 hommes à la protection de ses frontières dans le désert pour limiter ces trafics.

 

Ainsi pendant que les Etats-Unis jouent les pompiers pyromanes de l'Afrique du Nord en poursuivant la guerre en Libye, ils se "coordonnent" avec l'Algérie pour gérer la répression de groupes terroristes dont ils facilitent par ailleurs l'approvisionnement en armes. Une contradiction qui n'augure rien de bon pour la stabilité de l'Algérie.

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