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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 23:29

De passage à Djakarta après une visite en Inde et avant le sommet du G20 à Séoul, le président étatsunien Barack Obama a cité l'Indonésie comme une "modèle pour le monde" en matière de modération et de tolérance. L'Indonésie, plus grand pays musulman du monde, est en effet un allié traditionnel des Etats-Unis depuis les années 1960.

 

Un des effets immédiats de l'intensification de la coopération américano-indonésienne est la caution apportée à la répression militaire dans la province de Papouasie orientale travaillée par le séparatisme.

 

Selon le journaliste Allan Nairn, au moment même de la visite d'Obama à Djakarta, des fuites en provenances des unités de bérets verts indonésiens (Kopassus) révélaient que ces unités soutenues par les Etats-Unis étaient impliquées dans des affaires de meurtre et d'enlèvement en Papouasie occidentale. Les Etats-Unis ont repris leur

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aide à ces unités en juillet dernier sous couvert de lutte contre le terrorisme, après une suspension en 1997 pour cause deviolation des droits de l'homme. Or un rapport secret indique que dans leur liste d'ennemis figurent principalement des civils, à commencer par le chef du Synode de Papouasie, et des activistes comme le chef de l'Organisation de la Jeunesse musulmane de Papouasie.

 

Trois jours avant la visite d'Obama en Indonésie, Buchtar Tabuni, un activiste condamné à trois ans de prison pour avoir agité en public le drapeau papou, a écrit au président étatsunien pour que Washington cesse d'entraîner et d'équiper ces escadrons de la mort en Papouasie occidentale.

 

Pour Washington l'Indonésie est un contrepoids à la Chine. Mais l'Indonésie n'est pas si enthousiaste que par le passé à entrer une logique d'alliance inconditionnelle avec les Etats-Unis. En mars dernier, lors d'un meeting organisé par le parti fondamentaliste Hizb ut-Tahrir, le général à la retraite Tyasno Sudarto s'était exclamé "Nous devrions faire ce que la Chine a fait ; l'Amérique doit suivre nos règles", tandis qu'après lui un intervenant dénonçait le "néo-libéralisme" imposé par les Etats-Unis à l'Indonésie. Comme le notait Andrew Higgins du Washington Post, cet éloge d'un pays communiste athée (la Chine) par un mouvement islamiste est une nouveauté en Indonésie, et cette nouvelle sinophilie est en partie due à l'exaspération de bon nombre d'Indonésiens devant les diktats du FMI et les entraves que les banques et multinationales étatsuniennes représentent pour la souveraineté du pays. En février dernier la mairie de Djakarta avait dû déplacer une statue de Barack Obama enfant d'un parc public suite aux protestations que sa présence suscitaient.

 

Loin de suivre aveuglément les injonctions de Washington, Djakarta cherche plutôt une forme de non-alignement. Lors d'un voyage en Australie récemment le président Susilo Bambang Yudhoyono a déclaré que la politique étrangère de son pays était guidée par le principe d'avoir "un million d'amis et zéro ennemis". En 2005 Djakarta a signé un partenariat stratégique avec Pékin. L'Indonésie a été le premier pays de l'ASEAN a acheter des missiles sol-air QW-3 à la Chine. Pékin lui a aussi livré des missiles sol-sol C-802, profitant d'une pause dans la coopération américanindonésienne pour cause de violation des droits de l'homme. La reconquête de ce pays par Obama est donc loin d'être acquise.

 

F. Delorca

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:50

Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat étatsunien, John Kerry, s'est rendu le weekend dernier au Soudan, pour proposer la radiation du Soudan de la liste des Etats soutenant le "terrorisme" et la levée de l'embargo étatsunien en échange de la participation de Khartoum à une sécession pacifique des provinces du Sud. Auparavant la Maison Blanche exigeait du gouvernement de Bachir à titre préalable la stabilisation de la situation au Darfour (où des affrontements ont repris en juin entre Arabes et entre troupes gouvernementales et rebelles malgré la présence de forces internationales), mais cette demande n'est plus à l'ordre du jour.

 

Le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan chrétien à la suite d'une longue guerre civile est prévu pour le 9 janvier prochain. Ce référendum pourrait susciter des violences dans la province pétrolifère d'Abyei, où le gouvernement de Khartoum voudrait que les pasteurs nomades de langue arabe, les Misseriya, puissent obtenir le droit de vote, ce que les sudistes refusent. Les Misseriya (1 million de bédouins qui voyagent toujours armés) ont besoin du maintien de cette province dans le Nord-Soudan pour y trouver l'eau nécessaire à leur troupeau. Leur transhumance saisonnière vers le Sud, sur les terres des Dinka Ngok, existe depuis deux siècles.

 

Les leaders de l'Armée de libération du peuple soudanais (sudiste, qui compte beaucoup de Dinka) on proposé à Khartoum qu'Abyei, déjà redécoupée en 2008, soit rattachée au Sud sans référendum en échange d'un partage de sa manne pétrolière avantageux pour Khartoum. Mais cet accord ne règlerait pas le problème de l'eau, crucial pour la survie des Misseriya. A deux mois du référendum, le risque d'une reprise de la guerre civile demeure.

 

FD

 

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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 09:58

Dimanche dernierbaghdad-bank.jpg, un groupe d'hommes armés a pris en otage des dizaines de fidèles à la cathédrale de rite catholique syriaque Sayidat al-Nejat (Notre Dame du Salut) à Bagdad. L'incident a duré près de quatre heures jusqu'à ce que la police intervienne. Le ministère de l'Intérieur irakien a indiqué plus tard que 52 personnes ont été tuées et plus de 60 blessées dans l'incident. Les forces de police ont désamorcé quatre bombes, huit grenades à main et deux ceintures d'explosifs et arrêté cinq hommes en uniforme de compagnies de sécurité privées .

 

Sionistes et anti-sionistes s'accusent mutuellement d'avoir commandité ce crime (sur la réaction du Hezbollah voir ici, Haaretz met en cause Al Qaida et plus précisément le groupe "Etat islamique d'Irak", lié à Al Qaida, qui aurait revendiqué l'attentat). La chaîne du Hezbollah au Liban Al Manar fonde son accusation sur le fait qu'une église a brûlé quelques jours plus tôt à Jérusalem. Cette info fut reprise par des blogs comme AlterInfo ou No War. Mais l'incident de Jérusalem est plus complexe. Des colons israéliens ont été accusés d'avoir incendié le premier étage d'une église (l'église de l'Alliance rue Haneviim) la semaine dernière. Mais en fait, après vérification, il pourrait s'agir là d'un incendie accidentel. C'est du moins la conclusion à laquelle est arrivée la police israélienne (et aucun élément concret n'est venu infirmer cette dernière version). Les soupçons contre les colons avaient été inspirés par le témoignage d'un gardien des locaux sur une vitre cassée et par le fait que dans la nuit du 23 au 34 octobre 2007, les colons israéliens s'en étaient pris à l'église baptiste rue Narki. Mais l'incendie de la rue Narki était lié à la présence d'une congrégation messianique juive russe accusée de convertir des Juifs au christianisme. Le mobile était plus clair que dans l'affaire de la rue . 

 

Les chrétiens du Proche-Orient sont piégés dans des conflits religieux complexes qu'il faut aussi saisir dans le contexte des conflits internes au monde musulman - en Irak hier dix explosions simultanées ont tué au moins 76 personnes dans le quartier chiite de Bagdad.

 

L'impérialisme occidental dans la zone est pour beaucoup dans cette montée des intolérances. L'invasion de l'Irak par les Etats-Unis est directement à l'origine des violences anti-chrétiennes qui n'avaient jamais eu lieu sous la dictature de Saddam Hussein.

 

Le cas des Coptes d'Egypte illustre aussi ce phénomène. Il semble directement lié à l'assaut contre l'église de Bagdad puisque dans son communiqué revendiquant l'attaque de la cathédrale Notre Dame du Salut à Bagdad le groupe Etat islamique d'Irak dit avoir voulu ainsi agir contre les Coptes d'Egypte accusés d'enlever des femmes musulmanes pour les convertir de force au christianisme.

 

Le 15 septembre 2010 le Dr. Selim el-Awah,ancien secretaire-général du Conseil mondial des sages musulmans (World Council of Muslim Scholars - un organisme introuvable sur net) aurait accusé sur Al Jazeera les Coptes de stocker des armes pour préparer la partiton de l'Egypte pour le compte d'Israël après la mort d'Hosni Moubarak. Une campagne musulmane pour la démision du patriarche copte Chenouda III accusé d'être un agent des Etats-Unis s'en est suivie. Pourtant Debbie Schlussel, journaliste du New York Post et du Jerusalem Post, accuse les Coptes d'Egypte et notamment leur patriarche, d'être parmi les Chrétiens les plus antisémites du Proche-Orient ("among the most viciously anti-Semitic Christians in the Mid-East are the Copts"). Et en effet de nombreux responsables coptes d'Egypte (comme beaucoup de religieux chrétiens au Proche-Orient), ont accusé les responsables étatsuniens de trahir le christianisme en se laissant conduire par les intérêts d'Israël.

 

Mais l'interventionnisme occidental en faveur des Coptes, et plus généralement des Chrétiens du Proche-Orient, les plonge dans un cercle vicieux qui en fait aux yeux de certains extrémistes le "parti de l'étranger". En 1998, "Freedom From Religious Persecution Act " promu par le représentant au Congrès Frank Wolf qui prônait le boycott de pays qui persécutaient avait placé les chrétiens avait placé les Coptes d'Egypte dans une situation délicate, ce qui n'a cependant pas empêché Wolf devenu sénateur de poursuivre son lobbying pour les Coptes dans les années 2000. Des associations coptes aux Etats-Unis entretiennent cette logique d'ingérence. Le 26 octobre dernier le président de la Voix des Coptes participait à un colloque "The Plight of Minorities in Arab and Muslim Countries: What Should the U.S. Do?” organisé par le Centre pour la Démocratie et les Droits de l'Homme en Arabie Saoudite à Washington DC et demandait à l'administration Obama de suspendre son aide au gouvernement égyptien accusé de persécuter la minorité chrétienne. L'association American Coptic Union, demandait en 2008 seulement que l'agence USAID (l'organe paraététique d'ingérence humanitaire des Etats-Unis) qui verse une aide aux Coptes cesse de le faire par l'intermédiaire du gouvernement égyptien mais subventionne directement les associations coptes. Cette association fait aussi pression pour que l'administration Obama présente le cas des Coptes devant la commission des droits de l'homme des Nations-Unies.

 

L'action des églises évangéliques étatsuniennes, qui cherchent à convertir les Musulmans au Proche-Orient contribue elle-aussi à précariser le christianisme dans la région. Le Joshuah Fund fondé en 2006 affirme que 20 000 Irakiens ont été convertis par les évangélistes depuis la chute de Saddam Hussein. Le risque d'amalgame avec les églises chrétiennes autochtones n'est pas mince. La seule issue à cet engrenage de la haine a été rappelé par les deux principaux représentants musulmans au synode des évêques du Proche-Orient réuni au Vatican en octobre, le sunnite libanais Muhammad Al-Sammak et l'ayatollah chiite iranien  Seyed Mostafa Mohaghegh Ahmadabad : les Musulmans doivent protéger les minorités chrétiennes du Proche-Orient.

 

En Occident, les citoyens doivent pour leur part militer pour une paix juste en Palestine et le retrait des troupes d'occupation occidentales dans la région.

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13 octobre 2010 3 13 /10 /octobre /2010 14:21

Noam Chomsky le déclare dans une interview au journal Zaman ce mois ci : la Turquie peut jouer un rôle constructif au Proche-Orient. Il la félicite notamment d'avoir accompli, avec le Brésil, un office de médiateur sur le dossier du nucléaire iranien.turkey-flag.png

 

Après s'être rapprochée de la Syrie et de l'Iran (dans une sorte de triangle sunnite-laïque-chiite), et accessoirement du Qatar, Ankara aurait organisé début octobre des manoeuvres militaires conjointes avec la Chine. Selon le quotidien Haaretz cité par des blogs et sites français et par Al Manar des avions de combats chinois de type « Sukhoi 27 » venus en survolant le Pakistan et la Turquie ont participé à ces exercices aux cotés des avions F16 turcs. Israël se serait dit préoccupé par ces maoeuvres secrètes. L'information toutefois ne figure pas (ou plus) dans les archives d'Haaretz ni sur les sites anglophones.

 

Quoi qu'il en soit, et cette info-là peut être vérifiée dans la presse turque, le premier ministre chinois Wen Jiabao et son homologue turc Recep Tayyip Erdoğan se sont pubiquement félicités le 8 octobre dernier de la coopération stratégique sino-turque, une coopération qui se met en place malgré le lobbying des sécessionnistes ouïgours à Ankara, dont beaucoup sont manipulés par les Etats-Unis.


Ce rapprochement sino-turc intervient alors que le prix Nobel de la paix attribué à un dissident chinois vient compléter sur le plan idéologique les pressions que les occidentaux font peser sur le plan militaire par l'installation de bases de missiles en Corée, le déploiement de forces navales et l'encerclement "en croissant" de ce pays.

 

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Peut-être en partie pour contrer ce nouveau rapprochement stratégique, la Fondation Lantos basée aux Etats-Unis et placée sous le patronnage moral du président israélien Shimon Peres, soutient des personnalités dans le collimateur du gouvernement chinois, comme l'artiste Shen Yun, en l'honneur de laquelle la présidente de la Fondation Lantos a organisé une réception au mois d'août dernier. En 2009, elle avait remis le prix Tom Lantos des droits de l'homme au Dalai Lama.

 

Nul doute que la Fondation Lantos agit ici en symbiose avec le gouvernement des Etats-Unis. La secrétaire d'Etat Hillary Clinton vient de nommer Tomicah Tillemann-Dick, le fils de la présidente de la Fondation Lantos (et veuve du congressman Lantos), conseiller pour la société civile et les démocraties émergentes. Un poste utile pour relancer les révolutions colorées en direction de la Chine.

 

F. Delorca

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6 octobre 2010 3 06 /10 /octobre /2010 16:04

C'est un grand classique depuis la guerre du Vietnam : les pays qui servent de base arrière aux rebelles deviennent rapidement des cibles et font les frais du conflit qui se déroule chez le voisin.

 

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Tel est le cas du Pakistan aujourd'hui. Depuis début septembre les autorités pakistanaises ont recensé 24 frappes de drones sur leur territoire qui ont causé plus de 140 morts (90 % de civils selon les médias pakistanais).

 

Selon le journaliste Eric Margolis, les récentes alertes sur un risque d'attentat en Europe auraient précisément pour but de justifier la stratégie du Pentagone de plus en plus axée sur l'attaque du Pakistan.


La semaine dernière, le Pakistan a temporairement fermé l'itinéraire d'approvisionnement principal des Etats-Unis et de l'OTAN qui va de Karachi à la frontière afghane à Torkham après le massacre de trois soldats pakistanais depuis des hélicoptères militaires étatsuniens. Trois convois de fourniture en combustible étatsuniens ont été brûlés par des activistes pakistanais. Les Etats-Unis dépensent beaucoup d'argent le long de cette route pour acheter les fonctionnaires, les chefs de guerre pachtounes, et certains talibans afin que l'approvisionnement des troupes en Afghanistan ne soit pas coupé, et ce, en plus de l'aide annuelle officielle de 2 milliards de dollars au gouvernement de Karachi. Les forces spéciales sont infiltrées sur place. Mais le sentiment anti-étatsunien dans la région est à son comble - ce qui d'ailleurs a favorisé un rapprochement entre le Pakistan et l'Iran.

 

L'ancien chef d'Etat major pakistanais, le général Mirza Aslam Beg, a récemment suggéré à son gouvernement de tirer sur les drones américains qui survolent illégalement le territoire.

 

Toujours selon Margolis, Washington ne ferait plus confiance au gouvernement civil d'Asif Ali Zardari et compterait surtout sur le pouvoir militaire du général Ashfaq Kayani, un général d'infanterie qui a été autrefois propulsé dans la hiérarchie par Benazir Bhutto (qu'un livre écrit par sa nièce qui vient de paraître chez Penguin Books India démystifie sérieusement).

 

Cette politique pourrait encore se durcir en cas de victoire des Républicains aux élections du Congrès. Les néo-conservateurs étatsuniens continuent de suggérer l'élimination de l'arsenal nucléaire pakistanais par les forces spéciales et la division non seulement de l'Afghanistan mais aussi du Pakistan en entités ethniques qu'ils pourraient contrôler plus facilement, comme ils ont aussi voulu le faire en Irak.

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:39

Après Israël, l'Ouganda, la Colombie et la Géorgie, la Corée du Sud aurait-elle intégré le club des alliés des Etats-Unis les plus bellicistes du moment ?

 

Le journaliste étatsunien Mathiew Reiss le laisse entendre dans un article publié dans Le Monde diplomatique d'octobre 2010 intitulé "Séoul se voit en shérif régional".

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Déjà de 1999 à 2006 les dépenses militaires de la Corée du Sud ont augmenté de 70 %. Et ce n'est pas fini. L'arrivée au pouvoir du président Lee Myung-bak en 2008 a marqué un revirement dans la politique extérieure de ce pays. A  peine élu il dénonçait les engagements bilatéraux passés avec la Corée du Nord, et abrogeait la réforme de libéralisation des médias initiée par son prédécesseur. L'incident du naufrage de la corvette Cheonan cet été, aux causes pourtant opaques, n'a fait que légitimer à ses yeux son discours belliciste.

 

La petite île sud-coréenne de Jeju au sud de la péninsule coréenne, qui est actuellement un modèle pour l'écotourisme, pourrait prochainement devenir une base militaire de premier plan, pour le plus grand profit du conglomérat militaro-industriel formé par Hyundai et Lockheed, et malgré l'opposition de la population locale (comme aux Antilles néerlandaises, le point de vue des insulaires ne compte pas).

 

A l'heure où le Japon, sous la houlette du Parti démocratique du Japon (PDJ), se fait plus modéré (il a même tenté d'expulser la base étatsunienne d'Okinawa), Jeju pourrait jouer un rôle crucial dans l'encerclement "en croissant" de la Chine, et la neutralisation de sa dissuasion nucléaire par des missiles anti-ballistiques étatsuniens. Autrement dit, grâce au dispositif d'encerclement mis en place par les Etats-Unis et dont l'île coréenne de Jeju serait un maillon important, la force nucléaire de dissuasion chinoise serait rendue inopérationnelle et les Etats-Unis pourraient s'offrir le luxe d'une première frappe nucléaire sans en subir de conséquences dommageables. 

 

Les 11 et 12 novembre prochain le G20 se réunira à Séoul. Amnesty international a déjà dénoncé les restrictions au pluralisme en Corée du Sud et les méthodes de répression musclées du gouvernement de ce pays. Les militants altermondialistes n'auront qu'à bien se tenir...

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 17:31

L’armée équatorienne a pris d’assaut, le 30 septembre au soir, l’hôpital de Quito. Le président bolivarien Rafael Correa y était était encerclé depuis plusieurs heures par des policiers qui manifestaient contre la loi du Service public récemment votée.

 

Quelques soldats s'étaient joints aux policiers furieux de voir certaines de leurs primes diminuer, tandis que 5 000 habitants de Quito venaient soutenir le président devant l'hôpital. Un groupe de militaires a même pris momentanément le contrôle du principal aéroport du pays, à Quito.

 

Certains partisans du président dénoncent déjà un vaste complot de la droite derrière cette insurrection des policiers. La députée María Augusta Calle d'Alianza País a souligné le rôle de responsables de droite qui le jour même du coup s'indignaient de la baisse des primes des policiers, et surtout le fait que les média privés ont été immédiatement sur place pour filmer les opérations des policiers contre le président. Ces mêmes médias, tandis que le président était encerclé, jouaient la carte du pire, donnant la parole au général Mario Pazmiño (accusé d'avoir aidé l'armée colombienne à effectuer des incursions en territoire équatorien en 2008) qui incitait les équatoriens à retirer immédiatement leur argent des banques - ce qui pouvait provoquer le chaos économique. Selon María Augusta Calle la droite a entretenu auprès des policiers une désinformation concernant le contenu réel de la loi du Service public (qui comporte des avantages substantiels pour la police et les pompiers comme le paiement de leurs heures supplémentaires), et aurait même organisé des pillages à divers endroits du pays. En outre des partisans de l'ancien président de la République le colonel Lucio Gutiérrez auraient tenté d'empêcher la télévision publique équatorienne de continuer à diffuser des informations pendant l'encerclement du président. Le président Correa lui-même aprè sa libération a dénoncé des manoeuvres d'infiltration de la police par la droite.

 

Les Etats-Unis sont également en cause, et pas seulement du fait de leur financement des médias privés et de la façon dont CNN a couvert la tentative de coup d'Etat. Aporrea rappelle qu'un rapport du ministère de la défense équatorien de 2008 expliquait, sur la base de fuites livrées par l'ex agent de la CIA Philip Agee que l'ambassade des Etats-Unis à Quito corrompait un grand nombre d'officiers de la police équatorienne. Trois colonels de la police ont été arrêtés. De nouvelles révélations pourraient apparaître dans les semaines qui viennent.

 

Frédéric Delorca

 

 



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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 03:50

flagcongo.pngUn rapport de 550 pages vient d'être publié par le Haut commissariat pour les droits de l’Homme de l'ONU sur les atrocités commises en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 contre les populations hutu qui y étaient réfugiées après le génocide commis par les extrémistes hutu au Rwanda. Ce rapport n'avait été communiqué en juin et juillet qu'à six pays impliqués dans la tragédie des Grands Lacs. Les autorités rwandaises alliées des Etats-Unis ont évidemment condamné son contenu. (Le président Kagamé très démocratiquement rééelu récemment avec 93 % des voix s'exprimait dans le cadre d'une conférence de l'Institut international d'études stratégiques à Londres, un institut qui en son temps avait légitimé la thèse de la possession des armes de destructions massives biologiques et chimiques par l'Irak). Le Burundi, l'Ouganda et l'Angola également incriminés à divers niveaux ont fait de même.

 

Un ex enquêteur de l’ONU sur les massacres au Congo, Reed Brody, qui travaille pour Human Rights Watch et s’est distingué par ses actions à l’encontre de l’ancien dictateur tchadien Hissene Habré, a estimé que le rapport de l’ONU devrait servir d’argument, de base de données pour amener les coupables devant la justice.

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La publication de ce rapport met l'ONU en complet porte-à-faux car les Nations-Unies ont misé sur le Rwanda pour de nombreuses missions de maintien de la paix en Afrique, notamment au Soudan (Paul Kagamé a d'ailleurs menacé de retirer ses troupes si des suites favorables étaient données au rapport qui l'accuse de crime contre l'humanité). En outre, alors que l'ONU a critiqué l'invitation par les chefs d'Etat africains du président soudanais Omar El-Béchir inculpé devant la cour pénale internationale (CPI), il devient tout aussi critiquable que l'institution soit représentée en la personne de l'adjoint du procureur de la CPI à la cérémonie d'investiture de Paul Kagamé... qui lui même pourrait se voir inculper devant cette même cour sur la base du rapport de l'ONU prochainement....

 

La nouvelle intervient alors qu'au même moment, au mois de septembre, à la faveur d'un réchauffement des rapports entre Paris et Kigali, le juge français Marc Trevidic qui a repris à zero l’enquête du juge Bruguière sur l’attentat contre l’avion présidentiel du président Habyarimana en 1994 s'est rendu au Rwanda pour finaliser son enquête. Des officiers de l'armée de M. Kagamé ont été traduits pour crimes de masse devant la justice espagnole dont l'enquête constitue une pression supplémentaire sur le régime de Kigali.

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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 15:56

A Caracas au Venezuela s'est constitué aujourd'hui un comité permanent de solidarité avec les "Indiens" (aborigènes) mapuche du Chili.

 

Le 18 septembre la présidente du conseil national de Lonko de l'Assemblée Mapuche de gauche Ximena Cumicán a estimé que les Mapuches ne se sentaient pas concernés par le bicentenaire de l'indépendance du Chili - déclaration liée au fait que les Mapuche ont joui d'une plus grande autonomie sous la couronne espagnole qu'au sein du Chili indépendant.

 

Selon le recensement officiel de 2002, les Mapuche représentent 4% de la population chilienne (87,3% des indigènes), soit un peu plus de 600 000 personnes. D'autres statistiques en donnent un nombre plus élevé. Ils vivent dans le centre du pays. Selon Raul Zibechi, contributeur du livre Atlas alternatif, la survie des Mapuche en tant que peuple est menacée par l'industrie forestière chilienne qui depuis la dictature de Pinochet est entre les mains de deux grands groupes. "Malgré les plaintes relatives à la détérioration environnementale et sociale, malgré la résistance de dizaines de communautés mapuche mais aussi maintenant de pêcheurs et d’agriculteurs, et,  à la poursuite accélérée, en dépit des analyses d’organismes publics nationaux qui préviennent de ses dangers, du développement de l’industrie forestière, la quantité de bois disponible aura doublé en 2018 par rapport à ce qu’elle était en 1995, selon ce qu’indique la Corporation du Bois" explique-t-il dans un article de 2007.

 

Malgré le retour à la démocratie en 1989, et à la différence de ce qui s’est produit dans d’autres pays d'Amérique latine, en 1992, le Parlement a rejeté la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et la reconnaissance constitutionnelle des Mapuche comme peuple.

 

Aujourd'hui il est fréquent que désespérées, beaucoup de communautés envahissent les terres dont se sont emparées les entreprises forestières, et pour cela soient accusées de « terrorisme ». Depuis le début de l'été 34 prisonniers politiques mapuche sont en grève de la faim, répartis dans six prisons.

 

Les organisations mapuche de gauche demandent l'abrogation de la loi anti-terroriste héritée de Pinochet et l'adoption d'une nouvelle constitution qui reconnaisse les droits de leur peuple.

 

Le président de la République chilienne Sebastián Piñera s'attache à diminuer la représentativité d'organisations comme celle de Ximena Cumicán et promet une aide de 4 milliards de dollars en investissements dans les constructions d'écoles et d'infrastructures pour les Mapuche. A supposer que la promesse soit tenue, il est peu probable que cela suffise à enrayer l'effet destructeur du productivisme néo-libéral sur cette population.

 

F. Delorca

 

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 16:26

M. Kouchner vient de le déclarer : les missiles S-300 russes déployés en Abkhazie (que Ria Novosti situe à tort dans le Caucase du Nord) ne déséquilibrent pas la région et ne présentent de menace pour personne, puisqu'il s'agit d'un dispositif défensif. Faut-il voir là une opération de charme des alliés de Washington à destination du gouvernement de Soukhoumi, à l'heure où l'expert ancien collaborateur de la CIA Paul Goble, conseille aux USA et à la Géorgie de reconnaître l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud pour déstabiliser le Nord du Caucase (russe) où les violences se poursuivent ?

 

Les Etats-Unis sont enclins aux revirements d'alliances en ce moment : à la recherche d'une alliance stratégique avec le gouvernement communiste du Vietnam (où ils ont tué deux millions de personnes) dans leur stratégie d'encerclement de la Chine, les responsables de l'administration Obama sont prêts à vouer aux gémonies leur allié serbe Tadic, qu'ils avaient soutenu pendant des années à Belgrade, depuis que celui-ci déploie une diplomatie un peu trop efficace contre la reconnaissance du Kosovo.

 

Les mêmes revirements seraient-ils envisageables dans le Caucase.

 

En mai 2010 le président Obama avait estimé que la situation de la Géorgie (qui voudrait récupérer ses deux républiques sécessionnistes) n'était plus un obstacle à la signature d'un traité nucléaire avec la Russie. Selon Simon Shuster il y aurait un véritable lâchage de la Géorgie par Washington qui n'a pas apprécié l'émission télévisée du 13 mars au cours de laquelle une fausse information sur une invasion russe a provoqué la panique dans le pays.

 

Le président russe Dimitri Medvedev quant à lui,est identifié depuis longtemps comme plus favorable aux Etats-Unis que son premier ministre Vladimir Poutine, ce qui s'est traduit par un rapprochement russo-américain sur le dossier du nucléaire iranien et la signature d'un accord de défense entre la Russie et Israël aujourd'hui 7 septembre.

 

La possibilité d'un évolution des alliances autour du Caucase reste cependant limitée la place capitale de la Géorgie dans les divers dispositifs stratégiques occidentaux, notamment pour mener la guerre en Afghanistan et pour une éventuelle attaque contre l'Iran.

 

F. Delorca

 

Célébration du 2ème anniversaire de la reconnaissance
de l'indépendance de l'Abkhazie par la Russie.
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Published by Atlasaltern - dans Caucase
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