Proche-Orient

Samedi 27 janvier 2007

La règle du "deux poids - deux mesures" continue de prévaloir au Proche-Orient : les gouvernements occidentaux qui, en Palestine, en décembre, soutenaient l'initiative de leur allié M. Abbas de dissoudre un Parlement où le Hamas avait remporté légalement la majorité aux dernières élections.

Au Liban au contraire, les grandes puissances occidentales soutiennent à bout de bras un gouvernement devenu minoritaire, mais qui défend leurs intérêts dans la zone (et boycottent le président de la République qui leur est hostile). Pas question dans ce pays où le pouvoir politique est discrédité, d'encourager la dissolution comme en Palestine.

Un climat pré-insurrectionnel y perdure depuis plusieurs mois. L'opposition a déclenché le 23 janvier une grève générale . Si jusque là elle était parvenue à préserver le caractère pacifique de ses manifestations malgré les provocations, des affrontements avec les partisans du gouvernement n'ont pu être évités, faisant trois morts et 152 blessés à Beyrouth cette semaine, ce qui a abouti à l'instauration d'un couvre-feu. Le premier ministre Fouad Siniora s'est précipité à Paris mercredi pour y recevoir le soutien de son ami Jacques Chirac. Ses mentors politique : le président français, la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, le secrétaire général de l'ONU et Paul Wolfowitz, ex conseiller de Bush et maintenant président de la Banque mondiale se sont réunis en France le lendemain et ont promis une aide de 7,6 milliards de dollars (avec le soutien enthousiaste du journal Le Monde http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-860131@51-759824,0.html).

Sur la véritable nature du Hezbollah, mouvement politique jouissant d'un soutien populaire très au delà de sa base chiite, on lira avec profit l'article du Dr. Zeinab Al-Saffar, professeure (selon la règle de féminisation des titres) d’anglais à l’Université Libanaise de Beyrouth sur http://altermonde-levillage.nuxit.net/spip.php?article8891.

En tout cas, les forces attachées à la non-ingérence occidentale et israëlienne au Liban (forces qui regroupent aussi bien le Hezbollah que divers courants des communautés musulmanes et chrétiennes ainsi que des partis laïques) ne pourront guère compter sur le nouveau secrétaire général de l'ONU  Ban Ki Moon pour prendre en compte leur point de vue. Un de nos correspondant notait cette semaine à l'occasion de sa venue à Paris :

" L'ONU est dans les mains d'un terne diplomate américanophile qui parle très mal français (...) le plus révélateur et comique est qu'après quelques phrases de politesse, péniblement articulées, le
secrétaire général est passé , très pressé visiblement de ne plus avoir à chercher ses mots, à l'anglais pour parler des dossiers du Liban (contre les ingérences ... syrienne et iranienne, pas US ou israëliennes!) et de l'Iran (la voix de son maître en VO, à peine adoucie: évidemment il est pour la paix! mais les sanctions sont possibles ... au nom de "la communauté internationale" bien sûr. "

 

 

 

Par Atlasaltern
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Samedi 3 février 2007

Durant la guerre d'Irak, l'opinion publique occidentale avait au moins appris ceci : il faut s'opposer aux guerres impériales, même si les régimes politiques qui en sont la cible ne nous inspirent aucune sympathie.

Il semble que cette fois la leçon soit oubliée. Une guerre étatsunienne se prépare, apparemment dans l'indifférence générale.

Comme le note JM Vernochet sur un site catholique de droite dans son analyse des préparatifs de guerre contre l'Iran " la France est assommée par une campagne présidentielle consternante de médiocrité et de platitude" et "Nous sommes loin du discours historique de Villepin du 14 février 2003 qui déclencha un véritable séisme diplomatique dans l'enceinte très politiquement correcte du Conseil de Sécurité. Loin, très loin de l'alliance franco-allemande contre la guerre." (http://www.univers-cifc.com/articles.php?lng=fr&pg=719).

Pourtant la menace d'attaque contre l'Iran se précise. Le Sunday Herald du 28 janvier 2007 annonce le début des opérations militaires pour fin avril, selon des informations provenant de fuites autour des bases de l'OTAN en Roumanie et Bulgarie qui pourraient servir de têtes de pont pour une attaque contre l’iran. Selon le Times du 30 janvier en revanche l’attaque pourrait partir de la base britannique de Diego Garcia dans l’Océan indien, à condition que Londres donne son accord. Elle pourrait avoir pour cible la plateforme d’enrichissement d’uranium de Natanz à défaut d’autres sites, la CIA n’ayant pas encore la liste exhaustive des centres d’enrichissement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le président Chirac a pourtant avoué cette semaine que le programme nucléaire militaire iranien, à supposer même qu'il puisse un jour déboucher sur la possession d'une arme atomique opérationnelle, n'est guère de nature à menacer les autres pays de la zone. A supposer que l’Iran acquière d’ici quelque temps « une bombe nucléaire, peut-être une deuxième un peu plus tard, cela ne lui servira à rien », a dit le président français. En effet, a-t-il poursuivi, « Où l’Iran enverrait-il cette bombe ? Sur Israël ? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée ».

Le vrai risque stratégique du nucléaire iranien serait d'encourager des pays arabes comme l'Arabie Saoudite et l'Egypte à se doter eux aussi de la bombe atomique, mais ce risque est déjà l’œuvre du seul fait qu’Israël possède l’arme nucléaire et menace ses voisins..

La Capjpo en se fondant sur les déclarations du vice-ministre de la défense israëlien explique quel avantage aurait pour Israël une attaque des Etats-Unis contre l'Iran : redonner confiance aux candidats à l’immigration pour qu’ils viennent en Palestine contrebalancer le poids démographique des arabes.

Autres avantages accessoires de l’attaque impériale contre l’Iran :   -     rappeler aux peuples du Tiers Monde qui commande et qui est le plus puissant -     leur montrer que la possession du nucléaire même civil dépend du bon vouloir de Washington  -     dissuader d’adopter l’euro comme monnaie de commerce international à la place du dollar (l’Irak de Saddam Hussein en 2002, le Venezuela plus récemment ont fait de même).

 

 

 

Dans ce contexte belliciste on comprend que la candidate du parti socialiste français S. Royal, trouve un intérêt à transformer sa bourde initiale (son hostilité au programme nucléaire iranien « civil », même si le traité de non prolifération l’autorise) en une sorte de slogan dans la surenchère impérialiste ambiante. Ce qui lui permettra de se rendre la tête haute, ainsi que les principaux candidats, à la conférence du CRIF organisée le 13 février sur le thème « contre la menace iranienne » (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2501 ).

Comme toujours l’ardeur guerrière se nourrit de clichés et de petites phrases. Celle qui a fait fureur dans nos médias est la prétendue déclaration du président Ahmadinejad selon laquelle il faut « rayer Israël de la carte ».

M. Arash Norouzi  décortique la version initiale de cette déclaration. Les mots dans la version persane d’origine étaient : « L’Imam (Khomeiny) disait que ce régime qui occupe Jérusalem doit disparaître de la page du temps.» (en persan : « Imam ghoft een rezhim-e ishghalgar-e qods bayad az safheh-ye ruzgar mahv shavad. » - http://www.quibla.net/protocoles2007/pfs6.htm )

Pourquoi l‘agence de presse officielle iranienne a-t-elle elle-même contribué à la déformer ? Pourquoi Ahmadinejad a-t-il préféré ensuite répondre aux journalistes par des dissertations grandiloquentes sur les principes plutôt que de rappeler le contenu exact de ses propos ? Signe peut-être de la mauvaise maîtrise des techniques de communication occidentales par certains gouvernements du tiers-monde, et du fossé existant entre les angles d’approche.

La citation initiale montrait qu’il ne s’agissait pas de détruire Israël dans le sang, mais d’obtenir l’effondrement du régime sioniste, comme s’est effondré le régime soviétique. Il y a peu de chances que les grands médias rectifient le tir sur ce point, tout comme il est peu probable qu’ils relaient les nombreux déclarations du régime iranien qui rappelle aussi souvent qu’il le peut qu’il est hostile au projet sioniste, mais pas antisémite.

Une attaque contre l’Iran serait un crime supplémentaire des pouvoirs occidentaux : crime contre la paix au sens du tribunal de Nuremberg, crime de guerre car elle viserait des installations à usage civil.

Tout comme la guerre d’Irak, elle provoquerait une nouvelle instabilité, en Irak même (à cause du risque d’insurrection des mouvements chiites sympathisants de l’Iran) et dans l’ensemble du monde. Le Jérusalem Post, du 31 janvier (http://www.jpost.com/servlet/Satellite?pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull&cid=1167467856230 ), qui relate les avis des experts, rappelle le risque d’attaque des puits de pétrole koweitiens et saoudiens par un régime iranien qui jouerait ainsi sa survie, avec toutes les conséquences que cela impliquerait sur l’économie mondiale. On peut aussi parler des risques de radicalisation des peuples musulmans, et des autres peuples cibles de l’impérialisme. Un risque que les leaders occidentaux, actuellement aveuglés, semblent prêts à assumer.

 

Par Atlasaltern
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Mercredi 7 mars 2007

Une nouvelle publiée sur le site de la Capjpo :

L’Université palestinienne de Birzeit vient de mener une enquête originale auprès de 520 "leaders d’opinion" palestiniens, de laquelle il ressort notamment que 67 % d’entre eux sont partisans de l’établissement d’un seul Etat démocratique dans la Palestine historique sans discrimination de religion, de race, d’ethnie, de couleur ou de sexe. Selon le même sondage deux tiers de ces personnes considèreraient que la coexistence entre Israël et une Palestine suivant la frontière de 1967 serait le seul moyen réaliste d'atteindre à terme cet objectif (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2543 et http://home.birzeit.edu/dsp).

De l'autre côté du "mur", un timbre à l'effigie du candidat français à l'élection présidentielle Nicolas Sarkozy vient d'être émis par la poste israëlienne annonçait la Capjpo-Europalestine il y a peu (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2539). Information cependant démentie sur Quibla (http://www.quibla.net/protocoles2007/pfs8.htm#2 ) En fait il ne s'agirait que d'un faux timbre émis par la section israëlienne de l'UMP... Etrange affaire...

Par Atlasaltern
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Mercredi 21 mars 2007

A signaler un article intéressant intitulé "La bulle coloniale de la Zone Verte", qui reprend les meilleures pages du livre de Rajiv Chandrasekaran Imperial Life in the Emerald City (Vie impériale dans la ville d’émeraude), sur la "bulle coloniale de la Zone Verte" de Bagdad d'où nous viennent les informations biaisées des grands médias sur la situation en Irak (http://www.alencontre.org/Irak-USA/IrakZoneVerte02_07.htm).

 

Le même article met par ailleurs en perspective, comme l'avait fait Karim Lakjaa dans l'Atlas alternatif l'an dernier, le budget militaire des Etats-Unis pour 2008 (623 milliards de dollars) en hausse de 62 % depuis 2001 (pas seulement à cause de l'Irak), avec ceux de la Russie (18 milliards de dollars), de la Chine (estimé à 40 milliards), de la France (41 milliards), du Japon (45 milliards), du Royaume-Uni (50 milliards, qui a adopté la semaine dernière une modernisation de son arsenal nucléaire), de  l’Inde (22 milliards, en progression sous l'impulsion des USA). Celui de l'Iran, cible actuelle des Etats-Unis, est de 4,5 milliards de dollars.

Aux lecteurs qui comprennent l'espagnol nous conseillons le dossier sur les 4 ans d'occupation de l'Irak constitué par le journal télévisé de 20 h (heure locale) de la télévision vénézuélienne progressiste TeleSUR du 21 mars 2007 (http://www.telesurtv.net/secciones/alamedida/telesurnoticias/index.php).

 

Par Atlasaltern
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Lundi 26 mars 2007
Le Conseil de sécurité a unanimement adopté le 25 mars la résolution 1747 patronnée par la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne qui interdit à l'Iran d'exporter des armes et ordonne le gel des avoirs de 28 personnes et entités liées à son programme nucléaire. La résolution donne à l'Iran 60 jours pour geler son programme d'enrichissement d'uranium, soupçonné de servir à la mise au point d'une arme nucléaire, avant de faire face à de nouvelles sanctions. 

Les trois pays membres du Mouvement des Non-Alignés aux Nations Unies - le Qatar, l'indonésie, et l'Afrique du Sud - ont fait assaut d'efforts diplomatiques pendant huit jours pour édulcorer cette résolution et notamment y inclure des considérations sur le fait que l'interdiction d'accès de l'Iran à l'armement nucléaire devrait s'étendre à tous les pays (sous-entendu y compris Israël).

Le représentant d'Afrique du Sud qui préside le Conseil de sécurité a exprimé son malaise devant le rejet de la plupart des propositions des non-alignés par le Conseil de sécurité et souligne que la résolution 1747, qui ne devrait pas être utilisée à des fins belliqueuses, au moins reconnaît le droit de l'Iran et des autres pays à se doter du nucléaire civil. (source : www.larepublica.es ). Moscou considère également que la résolution doit inciter l'Iran à négocier et non déboucher sur une escalade militaire.

La tension monte toujours entre Téhéran et les Occidentaux. Quinze marins britanniques qui s'étaient introduits illégalement dans les eaux territoriales iraniennes ont été arrêtés (http://www.larepublica.es/spip.php?article4674 ).
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Lundi 28 mai 2007

Les grands médias occidentaux évoquent brièvement ces derniers jours les combats entre ceux qu’ils appellent les « frères ennemis du Fatah et du Hamas ». Mais cette terminologie commode permet de masquer les ingérences extérieures occidentales orchestrées pour miner l’unité du peuple palestinien.

 

 

 

 

L’actuelle crise qui déchire la Palestine s'enracine dans l'échec du ministre de l'intérieur du nouveau gouvernement d'unité nationale Fatah-Hamas, Hani al-Kawasmeh, à obtenir la soumission de Mohammed Dahlan, chef de la garde présidentielle et conseiller de la sécurité nationale, ainsi que de Rachid Abou Chbak, chef de la sécurité du président Abbas, tous deux membres du Fatah, ce qui a entraîné sa démission le 17 mai. (http://www.haaretz.com/hasen/spages/859556.html )

Dans la même semaine, pour prêter main forte à Dahlan et Abou Chbak, Israël a autorisé l’entrée à Gaza de 500 soldats palestiniens fraîchement entraînés sous coordination états-unienne en Egypte. Et, pour faire bonne mesure, dans la nuit du 23 au 24 mai, le gouvernement israélien, manifestait son respect de la démocratie palestinienne en faisant arrêter une trentaine de membres du Hamas dont les maires de Naplouse, Tulkarem, Qalqilya (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2641), puis, le 26 mai, bombardait les locaux utilisés par la Force exécutive, une force de police du ministère de l'intérieur fondée par un membre du Hamas, et procédait à l’arrestation de ministres du gouvernement palestinien (http://www.liberation.fr/actualite/monde/256327.FR.php ).

En fait le président officiel de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, est cantonné dans une situation d’impuissance. L’homme fort en Palestine est Mohammed Dahlan, l’homme imposé à Abbas par Washington et les autorités israéliennes, et qui bénéficie de leur soutien militaire. Selon divers analystes comme Mark Perry (http://www.ism-france.org/news/article.php?id=6838&type=analyse&lesujet=R%C3%A9formes ), Dahlan était en fait la dernière carte dont disposait Washington pour faire échouer le plan de réconciliation patronné par les Saoudiens, dont la clé était de faire passer toutes les forces de police sous la coupe d’un ministère de l’intérieur politiquement neutre. Pour le journaliste Tony Karon (cité sur http://www.alterinfo.net/Un-Pinochet-palestinien-en-marche-_a8855.html), Mohammed Dahlan est une sorte de Pinochet palestinien qui a engagé un coup de force contre le gouvernement d’unité nationale Fatah-Hamas.

Son action s’inscrit plus largement dans le cadre d’une opération planifiée en 2006 par Elliot Abrams, vice-conseiller à la sécurité nationale de George W. Bush, néoconservateur, et qui consistait à déverser des millions de dollars et de munitions sur les services de sécurité présidentiels palestiniens pour en faire une force à leur service et au service d’Israël face aux élus du Hamas (parti majoritaire) - http://www.ism-france.org/news/article.php?id=6838&type=analyse&lesujet=R%C3%A9formes .

Abrams en tant que Secrétaire d’Etat adjoint aux droits de l’homme et aux affaires humanitaires puis Secrétaire d’Etat adjoint aux affaires interaméricaines sous Reagan a été souvent accusé d’implication dans l’action des escadrons de la mort et de la Contra en Amérique centrale dans les années 1980 (http://en.wikipedia.org/wiki/Elliott_Abrams).

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Lundi 18 juin 2007

Le plan d'Elliot Abrams à Gaza dont nous faisions état il y a quelques jours (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-6702092.html) a complètement échoué. Le Hamas, avec le soutien de la population, vient de mettre en déroute, presque sans coup férir, le "Pinochet palestinien" Mohammed Dahlan - dont la résidence a été mise à sac -, et de prendre possession des nombreuses armes que lui avaient fournies les Etats-Unis.

Le président Abbas otage des Occidentaux a nommé un gouvernement "d'urgence" en Cisjordanie presqu'entièrement occupée par Israël, tandis que le Premier ministre Ismail Haniyeh, issu du parti majoritaire Hamas, a annoncé sa volonté de perpétuer le gouvernement d'union nationale contre ce nouveau gouvernement collaborationniste (http://www.alterinfo.net/Un-revers-pour-la-doctrine-de-Bush-a-Gaza_a9316.html).

Dans une interview à Libération du 15 juin, Khalil Abou Leïla, responsable des relations extérieures du Hamas, déclarait n'être en guerre que contre "le courant sioniste" qui existe au sein du Fatah et être prêt à soutenir la création d'un Etat d'Israël... en France.

La question est maintenant de savoir si l'enclave résistante au sud-ouest d'Israël placée sous la pression de son voisin peut survivre sans aide économique occidentale. Al-Jazeera fait déjà état d'un plan israëlien pour "affamer" Gaza (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1913).

A retenir aussi dans l'actualité proche-orientale récente l'interview de l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l'agence juive, Avraham Burg dans Haaretz du 8 juin qui reconnaît l'échec du projet sioniste en Israël (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2655), ainsi que le rapport du coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient Alvaro de Soto qui dénonce la faiblesse de l'ONU face à Washington et au gouvernement israélien ( http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1909).

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Mercredi 27 juin 2007

Une vague de grèves secoue l'Égypte depuis 2004 malgré l'interdiction ordonnée par la Fédération générale des syndicats à la botte du gouvernement. Elle a d'abord affecté le secteur textile puis s'est étendue aux autres secteurs (http://www.lariposte.com/Une-vague-de-greve-secoue-l-Egypte-869.html) .

Middle East Report Online raconte le succès de la grève à Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil en décembre 2006, où les femmes ont joué un rôle très important. Le mouvement fait tâche d'huile. En mars le quotidien libéral al-Masri al-Yawm recensait 222 sites de grève dont  l'usine d'Arab Polvara Spinning and Weaving à Alexandrie, une entreprise de tissage privatisée dans les années 1990 où 12 000 salariés ont protesté contre les prix des maigres dividendes d'actions qui leur étaient versés en guise de suppléments de salaires (eux-mêmes très bas). Le gouvernement a accusé les Frères musulmans d'inciter à la grève mais ceux-ci sont peu implantés dans les milieux industriels et osent à peine proposer la création d'un syndicat indépendant (http://www.merip.org/mero/mero050907.html). Aussi bien les Frères musulmans que l'opposition de gauche ont été victimes d'une telle persécution et souffrent de telles divisions internes qu'ils semblent peu à même d'organiser le mouvement qui repose surtout sur des coordinations spontanées.

Al Jazeera le 1er juin 2007 consacrait une émission à la grève des employées de Mansoura-España Garments - un sous-traitant de clients de la multinationale Wal-Mart (http://arabist.net/arabawy/2007/06/19/more-on-the-wal-mart-mansoura-espana-link/) qui exploite les salariés dans des conditions particulièrement dures (sur Wal-Mart voir l'article de Serge Halimi http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/HALIMI/13083). Les anglicistes peuvent voir l'émission sur : http://www.youtube.com/watch?v=goQmvIygUAk&eurl=http%3A%2F%2Farabist%2Enet%2Farabawy%2F2007%2F06%2F13%2Fal%2Djazeera%2Dprogram%2Don%2Dmansoura%2Despana%2Dgarments%2Dcompany%2Dwomen%2Dworkers%2F. En ce qui concerne cette entreprise, le 21 juin le journaliste Hossam el-Hamalawy a annoncé qu'après deux mois d'occupation de l'usine de Talkha les travailleuses ont obtenu gain de cause, à savoir : le versement de leurs primes et salaires et l'engagement de la United Bank à ne pas mettre l'entreprise en liquidation (http://arabist.net/arabawy/2007/06/21/victory-for-the-mansoura-espana-%d8%a5%d9%86%d8%aa%d8%b5%d9%80%d9%80%d9%80%d8%a7%d8%b1-%d8%b9%d9%85%d8%a7%d9%84-%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%86%d8%b5%d9%88%d8%b1%d8%a9-%d8%a3%d8%b3%d8%a8%d8%a7%d9%86%d9%8a/). Le blog Arabist.net fournit régulièrement des comptes-rendus en arabe des conflits sociaux en Egypte (http://arabist.net/arabawy/category/egypt/).

 

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Mercredi 25 juillet 2007

Le Parlement irakien examine en ce moment à la demande de l'occupant états-unien un projet de loi qui devrait faire passer sous contrôle des firmes étrangères agréées par Washington l'ensemble de l'exploitation du pétrole irakien.

Dans une déclaration à la chaîne de télévision al-Sharqiyah, le 20 juillet Subhi al-Badri responsable de la FSCOI (Fédération des syndicats et conseils ouvriers en Irak) a déclaré que les employés du secteur pétrolier provoqueraient une mutinerie en cas d'adoption de cette loi - http://globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=6389.

Un mouvement international de soutien à ces travailleurs du pétrole et au peuple irakien est en train de se constituer. Dans les milieux syndicaux états-uniens, il convient de signaler le rôle de "U.S. Labor Against the War" qui organise la solidarité avec les syndicats irakiens (http://www.uslaboragainstwar.org/), Au Royaume-Uni, le collectif Hands-off-iraqi-oil fournit des vidéos et des textes sur la résistance à la confiscation du pétrole (http://www.handsoffiraqioil.org/). Ce genre d'initiative pourrait se développer en Europe continentale.

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Mardi 7 août 2007

Les électeurs de deux circonscriptions libanaises devaient désigner dimanche 5 août les remplaçants de deux députés de la majorité pro-occidentale assassinés, l'un à Beyrouth, l'autre dans la région chrétienne du Metn, au nord-est de la capitale. A Beyrouth le candidat du parti de Rafik Hariri a été élu sans surprise (l'opposition ne s'était guère mobilisé) avec un taux de participation inférieur à 20 %. Mais à Metn, Camille Khoury, un médecin inconnu du grand public mais soutenu par le parti de Michel Aoun, s'est imposé avec 418 voix d'avance face à Amine Gemayel, leader des phalangistes, qui du coup perd toute chance de pouvoir être élu à l'élection présidentielle. Il a bénéficié notamment du vote des chrétiens arméniens (http://www.voltairenet.org/article150578.html).

Nayla Eazzouk dans une dépêche AFP du 5 août à 19 h 08 avait pourtant écrit  : "Michel Aoun s'est prévalu pendant la campagne de la large majorité du vote chrétien remportée par son parti, le Courant Patriotique Libre (CPL), aux législatives de 2005. Mais sa popularité est en recul depuis qu'il a fait alliance en 2006 avec le Hezbollah chiite, premier parti de l'opposition."

Les pronostics occidentaux sont ainsi déjoués. Les journaux pro-américains (Le Monde, Libération) sont restés très discrets sur cette défaite.

Peu de temps avant l'élection, le 2 août, on apprenait que les avoirs aux Etats-Unis de toute personne considérée comme agissant "dans le but ou avec pour résultat de saper les institutions et les progrès démocratiques du Liban ou contribuant à briser l'Etat de droit" dans ce pays seront gelés.

La mesure s'applique aussi à ceux qui "soutiennent le restauration du contrôle de la Syrie ou qui contribuent à l'ingérence de la Syrie, ou qui empiètent ou sapent la souveraineté libanaise", c'est-à-dire, dans la novlang états-unienne, la coalition d'opposition qui a résisté l'an dernier à la guerre israëlienne et aux ingérences de Washington (http://www2.la-croix.com/afp.static/pages/070802204521.gh895c4m.htm AFP).

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