Le Zimbabwe élu au Conseil de sécurité de l'ONU
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Le Zimbabwe a été élu au titre du groupe des États africains, avec le soutien de 182 États membres de l’ONU. L’Autriche et le Portugal ont obtenu des sièges au titre du groupe des États d’Europe occidentale et autres États, devançant l’Allemagne, qui briguait également un siège au Conseil de sécurité. Après quatre tours de scrutin, le Kirghizistan a également été élu membre du Conseil de sécurité, obtenant le siège attribué au groupe Asie-Pacifique avec 142 voix.
À partir de janvier 2027, le Zimbabwe remplacera la Somalie, Trinité-et-Tobago prendra la place du Panama, l’Autriche et le Portugal remplaceront le Danemark et la Grèce, tandis que le Kirghizistan succédera au Pakistan. Les mandats de ces États arrivent à échéance à la fin de l’année 2026.
C’est la troisième fois que le Zimbabwe occupe ce siège non permanent depuis son indépendance en 1980.
Pour le président Emmerson Mnangagwa , isolé depuis son arrivée au pouvoir par un coup d'État militaire en novembre 2017 en raison des violations des droits de l'homme et des fraudes électorales, il s'agit d'une victoire diplomatique. Au Zimbabwe, cependant, cette victoire diplomatique du gouvernement Mnangagwa a été éclipsée par le débat parlementaire en cours visant à annuler les élections générales de 2028 et à prolonger le mandat présidentiel d'au moins deux ans, jusqu'en 2030. Le gouvernement entend se servir de son siège pour faire pression contre les sanctions imposées à Mnangagwa, à sa famille et à ses alliés par les États-Unis et le Royaume-Uni.
La candidature du Zimbabwe avait dès 2025 reçu le soutien de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC), de l'Union africaine (UA) et d'un certain nombre de partenaires stratégiques, dont la Russie, Cuba, l'Iran et le Sénégal. Emmerson Mnangagwa s'était rendu l'an dernier à Moscou et Pékin.
Depuis quelques mois certains spécialistes se demandent si Trump qui a mis en oeuvre une politique offensive de soutien aux Afrikaner blancs en Afrique du Sud fera de même à l'égard des 4 500 fermes de Blancs expropriés dans les années 2000 par Robert Mugabe. Mnangagwa, après la chute de Mugabe, a promis de payer les fermiers blancs pour les infrastructures et les améliorations des terres - un ensemble de mesures qui s'élevait à 3,5 milliards de dollars (3 milliards de livres sterling). Mais la question agraire au Zimbabwe pourrait être un levier de pression américain pour s'accaparer les ressources du pays, qui détient la première réserve de lithium d'Afrique exportée vers la Chine (Harare veut convaincre Pékin de raffiner ce métal sur son sol). Il recèle aussi 17 sortes de terres rares sur lesquelles lorgnent des pays occidentaux comme l'Italie.
L'Irlande solidaire de Gaza
En pointe parmi les rares pays européens à vouloir encore défendre le droit international, le gouvernement irlandais a annoncé vendredi avoir interdit d'entrer sur son territoire les ministres israéliens de la Sécurité nationale Itamar Ben Gvir et des Finances Bezalel Smotrich, deux figures de l'extrême droite en Israël. Le 21 mai l'Italie, l'Irlande et l'Espagne ont appelé l'UE à sanctionner le ministre israélien de la Sécurité nationale, qui a publié une vidéo montrant des militants de la "flottille pour Gaza" se faire humilier en détention.
Les crimes de guerre restent quotidiens en Palestine. Des bombardements israéliens ont fait jeudi 11 morts dans la ville de Gaza et ses environs, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la défense civile du territoire palestinien. Neuf personnes ont été tuées dans des frappes contre des appartements dans le nord-ouest et le sud-ouest de la ville de Gaza. De même au Liban : ce matin les attaques israéliennes s'étaient majoritairement concentrées sur les cazas de Nabatiyé et Tyr faisant plus de dix morts, la région de Saïda a été menacée et pilonnée à son tour. L'armée israélienne a menacé huit villages du secteur, forçant à l'exode leurs habitants et les déplacés qui y avaient trouvé refuge, avant d'effectuer de puissants bombardement
Dublin a également pris la tête l'an dernier d'un effort au sein de l'Union européenne (UE) pour interdire le commerce avec les colonies israéliennes dans les territoires occupés. Cette attitude courageuse tranche avec celle de l'Allemagne qui pour la première fois a manqué la possibilité d'intégrer le conseil de sécurité de l'ONU comme membre non permanent, en partie à cause de son alignement inconditionnel sur la politique de Netanyahou.
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Pour mémoire l'Irlande s'est dotée en novembre dernier d'une présidente socialiste anti-impérialiste, Catherine Connolly, élue avec 63 % des voix. Elle succédait à un autre socialiste sur un poste qui reste assez honorifique mais l'élection révèle un attachement croissant du peuple au non-alignement, alors que le gouvernement de droite, lui, n'a cessé de poursuivre une politique très libérale (impôts très faibles pour les entreprises, excédent du budget public), qui a entraîné des manifestations au moment de la hausse des cours du pétrole en avril, alors que l'économie du pays se contracte de 12 % au premier trimestre, plongeant la zone euro dans le rouge.
La solidarité de l'Irlande avec la Palestine transcende le clivage gauche droite. Elle est en partie due au passé commun de résistance au colonialisme, et aussi au fond culturel catholique du pays. L'Irlande n'a reconnu Israël qu'en 1963 et n'a établi d'ambassade à Tel Aviv qu'en 1996. Elle a été l'un des premiers pays européens à réclamer un État palestinien en 1980 et a toujours défendu loyalement le droit au retour des réfugiés palestiniens.
Népal : les impairs du premier ministre rappeur
Le rappeur centriste devenu premier ministre Balendra Shah, 35 ans, porté au pouvoir au Népal à l'issue des élections du 5 mars dernier par la révolte de la Gen Z, se rapproche de Washington. La sous-secrétaire d'État américaine à la diplomatie publique, Sarah B. Rogers, est arrivée à Katmandou samedi dernier pour renforcer les liens entre les deux pays.
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Shah veut aussi plaire à Modi et a brisé un tabou en déclarant que le Népal empiétait en partie sur du territoire indien. Le député du Parti communiste népalais naguère au pouvoir, Bishnu Bahadur Bishwakarma a exigé la démission immédiate du premier ministre. Le parti du Congrès, premier parti d'opposition s'est aussi indigné.
C'était la première participation de Shah aux questions au gouvernment, exercice auquel il s'était dérobé jusqu'ici. Il l'a fait alors qu'il n'était même pas interrogé et cet impair révèle un manque de professionnalisme car il n'avait pas été concerté avec ses collaborateurs.
Loin d'admettre ses limites, Shah est plutôt du genre à concentrer les pouvoirs. Il a tenté de légiférer par voie d'ordonnances . Le fonctionnement du Conseil constitutionnel, chargé de recommander les responsables des institutions étatiques, a été modifié afin de conférer au Premier ministre le pouvoir de nommer le nouveau président de la Cour suprême, faisant ainsi planer le spectre d'une mainmise du pouvoir exécutif sur le pouvoir judiciaire. De même, sur la base d'une autre ordonnance, le gouvernement a révoqué 1 500 hauts fonctionnaires sans prévoir leur remplacement. Cette mesure a affecté des fonctions essentielles telles que la réglementation de l'aviation civile et l'organisation des examens scolaires.
L'Etat de grâce du premier ministre rappeur pourrait donc être plus bref que prévu dans ce pays très pauvre où la population a mené à bien déjà de nombreuses révoltes depuis la chute de la monarchie en 2008.
Le jeu d'équilibrisme entre Paris et Moscou de la junte malgache
Le colonel Michaël Randrianirina, l'homme fort de la junte militaire portée au pouvoir à Madagascar à l'issue de la révolte de la "Gen Z" continue de tenter de normaliser ses rapports avec des puissances africaines pro-occidentales comme le président du Kenya et le très pro-français Alassane Ouattara de Côte d'Ivoire qu'il rencontre au sommet Africa Forward au Kenya. Il doit aussi se rendre prochainement au Congo (RDC) récemment rapproché de Trump. Parallèlement des figures de son régime sont aussi attendues en Russie à l’occasion de la première édition du Forum international sur la sécurité, qui aura lieu du 26 au 28 mai
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Le même exercice d'équilibrisme avait été constaté en février quand Michaël Randrianirina avait été reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée, cinq jours après avoir rencontré Vladimir Poutine au Kremlin.
En 2018, des acteurs liés à l’entourage du groupe Wagner avaient tenté d’influencer la vie politique malgache tout en cherchant à s’implanter dans l’exploitation du chrome à travers un partenariat avec la société étatique Kraoma à un jour de route au nord de la capitale. Les Russes se sont retirés du partenariat à la fin de 2019. Cet échec explique sans doute qu'Antananarivo ne souhaite pas pencher trop visiblement du côté des BRICS à la différence des juntes de l'AES au Sahel .
Avec une zone économique exclusive de Madagascar qui couvre plus de 1,2 million de kilomètres carrés, soit près du double de sa superficie terrestre, le pays occupe une place stratégique au sein de l'Océan indien. L'île exporte nickel et cobalt. Madagascar possède par ailleurs 8 % des réserves mondiales de graphite. Deux mines de terres rares sont exploitées respectivement par un consortium australien et l'américain Energy Fuels. Au début de cette année les militaires ont levé le moratoire de 16 ans sur l'octroi de nouveaux permis miniers.
En interne, le régime mène une politique répressive condamnée par Amnesty International et lance en juin des concertations nationales sur la refondation du pays qui réuniront des acteurs politiques, citoyens, militaires, entrepreneurs et leaders religieux .
Le Salvador, prison physique et numérique qui fait des émules
Ami de Donald Trump, pour lequel il gère des prisons qui accueillent ses migrants refoulés de diverses nationalités, le régime salvadorien de Nayib Bukele est aussi devenu une prison numérique.
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Dans une vidéo de plus d’une heure enregistrée dans un salon du palais présidentiel, le chef de l’Etat a présenté le mois dernier son intention de confier à Gemini, l’intelligence artificielle (IA) de Google, le suivi de maladies chroniques (diabète, hypertension, insuffisance rénale…) à travers l’application DoctorSV. Le système propose de remplir un questionnaire de santé sur l’application, pour de la médecine préventive avec diagnostic en ligne et gestion automatique de sa prise de médicaments.
Le président BuKele s'est aussi associé à Elon Musk pour déployer Grok, le chatbot de sa société d'intelligence artificielle, auprès de plus d'un million d'élèves à travers le pays, selon une annonce faite jeudi par xAI. Au cours des deux prochaines années, le plan prévoit d'intégrer Grok à plus de 5 000 écoles publiques dans le cadre d'un programme éducatif basé sur l'intelligence artificielle. Il confie désormais à un chatbot la création de programmes scolaires à travers le pays.
En outre le Salvador est devenu le premier pays au monde à utiliser le bitcoin comme monnaie légale (avant de subir quelques revers une fin de non recevoir du FMI à ce sujet). Il est aussi en pointe dans le projet des "smart cities", qui va avec cette notion de connexion tous azimuts, ce qui lui attire non seulement la sympathie des Etats-Unis mais aussi de cet autre champion de la surveillance des gens qu'est la Chine.
Rappelons ici en deux mots l'histoire récente du Salvador. Le mouvement Farabundo Marti de libération nationale, FMLN, ancienne guérilla, a gouverné pendant deux mandats législatifs, de 2009 à 2014 et de 2014 à 2019. Au cours de cette période, il a mis en œuvre d’importantes réforme. Comme l'explique la journaliste Hilary Goodfriend sur Jacobin, "un vaste système de soins de santé communautaires préventifs, inspiré du modèle cubain, avec des dispensaires répartis dans tout le pays, et ont entrepris d'importants projets de construction d'hôpitaux. Ils ont supprimé les frais d'accès aux services de santé publique. Dans le domaine de l'éducation, ils ont instauré des réformes majeures, rendant l'université publique gratuite pour les élèves des écoles publiques et distribuant des fournitures scolaires, des uniformes et des repas à ces élèves, d'abord au niveau primaire, puis jusqu'au lycée. Tous ces articles étaient fournis par de petits producteurs locaux, ancrés dans la communauté. Le FMLN a réalisé des progrès législatifs et politiques en matière d'égalité des sexes". Mais "malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, les hausses du salaire minimum et autres mesures similaires, les structures d'accumulation et d'inégalité n'ont subi aucune transformation majeure." Les homicides et la violence des gangs ont atteint des records, et le FMLN, pas seulement la droite, ont été touchés par des scandales de corruption. Le populiste Nayib Bukele a su en tirer profit. Fils d'un bourgeois palestinien chrétien converti à l'Islam, proche du FMLN et plus particulièrement de son aile communiste dirigée par Schafik Hándal, lui aussi d'origine palestinienne, il a percé dans ce mouvement sous ses propres couleurs, ce qui lui permit de devenir maire de la capitale. En 2017 il s'est émancipé du FMLN et a mené sa campagne électorale avec succès sur le thème de la lutte contre la corruption.
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A la suite d'une campagne de répression de la criminalité énergique dans le cadre d'un état d'urgence indéfiniment prolongé, il a mis 2 % de la population de son pays en prison (un record mondial). Les deux principales pandillas (bandes) qui déchiraient le pays — la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio-18 avec ses deux factions, les Revolucionarios et les Sureños — ont été mises en déroute. Le taux d'homicide a baissé de 98 %... au prix du sécrifice des droits individuels, et notamment de l'asphyxie totale de la presse.
Par ailleurs il axe sa stratégie économique sur la promotion du tourisme et de l'extraction minière, et utilise les milliers de prisonniers pour construire des infrastructures. Mais la pauvreté a explosé depuis son arrivée au pouvoir et les investissements directs étrangers sont en baisse. La dette publique a atteint des sommets et le système de retraite, que son gouvernement a utilisé comme une caisse noire, est en pleine crise, cependant pour l'heure sa position hégémonique dans l'espace politique salvadorien ne paraît pas remis en cause. Il rayonne même comme modèle pour la droite populiste de pays voisins comme le Costa Rica, ou la Colombie, et même au sein de certaines tendances du Parti démocrate américain.
Hongrie : la prudence de Magyar
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Au milieu de rumeurs de fuite des capitaux des oligarcques vers les Émirats arabes unis, l’Uruguay, les États-Unis et d’imposition sur la fortune de 1 % pour les milliardaires, l’un des principaux bénéficiaires de l’ère Orban, Gyula Balásy, patron des campagnes de presse du premier ministre déchu, a fondu en larmes devant les caméras, et annoncé qu'il cédait volontairement l’intégralité de son empire d’entreprises à l’État lors d’une interview accordée à Kontrol, une chaîne YouTube détenue par le frère du nouveau premier ministre Magyar.
L'inquiétude des oligarques pro-Orban est un des aspects de la transition impulsée par le nouveau gouvernement pro-européen de Magyar, lequel cependant semble faire preuve d'une certain sens de la nuance dans la mise en oeuvre de ses réformes. Si celui-ci veut rompre avec la politique de bas-salaires et d'ouverture tous azimuts aux investissements étrangers, tout en se rapprochant de la Pologne, il reste pragmatique à l'égard de l'approvisonnement en hydrocarbures russes, à l'égard de la Chine, et ferme à l'égard de l'Ukraine sur la question des importations agricoles. Des changements au niveau de l'Education (en pleine crise de financement, avec des enseignants les plus mal payés de l'OCDE) pourraient survenir. La protection de l'enfance est soustraite au ministère de l'intérieur pour ouvrir la voie à une nouvelle approche, dont les responsables se défendent cependant de l'orienter vers le LGBTisme. Il pourrait être mise fin aussi au transfert du système scolaire aux Eglises hongroises, lesquelles le considéraient du reste comme un fardeau difficile à gérer. Mais même dans ce domaine l'approche semble pragmatique : Magyar a renoncé à supprimer de la constitution l'engagement à protéger la culture chrétienne.
Cette prudence s'explique par le fait que le nouveau chef du gouvernement est lui-même issu à l'origine du parti d'Orban, le Fidesz, dont il partage d'ailleurs les positions en ce qui concerne l'immigration (il s'est même engagé à se passer de l'immigration en pariant sur un retour des Hongros qui ont quitté le pays).
Sénégal : limogeage du premier-ministre anti-système
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Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lô, ancien secrétaire général de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), et partisan du franc CFA a été nommé vendredi au poste de premier ministre du Sénégal.
Il remplace Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts et maire de Ziguinchor devenu une idole des jeunes en tenant un discours panafricaniste et anti-système. Le 22 mai, il avait accusé l'Occident de vouloir "imposer [l'homosexualité] au reste du monde", quelques semaines après l'adoption d'une loi durcissant les peines contre les relations homosexuelles.
Son parti (Pastef) domine encore le Parlement (depuis les législatives de 2024) dont le président vient de démissionner, au milieu des fêtes de Pentecôte et du pèlerinage marial de Popenguine, peut-être pour permettre à Sonko de le remplacer, ce qui ouvrirait la voie à un bras de fer avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye au sommet de l'Etat.
Le Sénégal est le deuxième pays le plus endetté d'Afrique subsaharienne, Face à la crise aggravée par l'augmentation du prix du pétrole, Dakar tente de rétablir ses relations financières avec le FMI. Le ministre des Finances a annoncé la reprise des discussions techniques à partir de la semaine du 8 juin, avec pour objectif d’aboutir à un accord avant la fin du mois. Cela augmente les moyens de pression des Occidentaux sur le pays.
Escalade en Ukraine
Face aux attaques sauvages de drones ukrainiens contre des objectifs civils en Russie Russie (la raffinerie de Syzran - 1% du raffinage russe -, après beaucoup d'autres depuis le début de l'année, les terminaux pétroliers russes de la Baltique avec des drones utilisant probablement le sol de pays de l'OTAN pour menr à bien les opérations, le dortoir du lycée de Lougansk), la Russie a répliqué par l'envoi d'un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) Oreshnik, pour viser une zone au sud-ouest de Kiev. La Russie a par ailleurs visé l’Ukraine avec « 90 missiles et 600 drones », dont beaucoup auraient ét éinterceptés. L'Oreshnik, arme hypersonique très rapide qui ne peut être interceptée, mais imprécise et pour laquelle la Russie n'a que peu de lanceurs serait surtout un instrument psychologique dans la mesure où il est susceptible un jour de porter une tête nucléaire.
Selon le Financial Times du 12 octobre 2025, l'Ukraine s'appuie sur les renseignements fournis par les États-Unis et l'OTAN pour lancer ses attaques de drones à longue portée en Russie, ce qui signifie que ces attaques risquent toujours d'entraîner une escalade entre la Russie et les pays de l'OTAN. La dynamique de représailles russes semble définitivement enclenchée et pourrait faire entrer le conflit dans une nouvelle phase. Un colonel expert militaire, Anatoly Matviychuk, a estimé sur Lenta.ru les usines Arsenal, l’usine Artem (déjà visée en 2022), l’usine Krystal, peut-être le poste de commandement souterrain de l’ancien district militaire de Kyiv, le bâtiment du Conseil suprême d’Ukraine et peut-être le bureau de [Volodymyr] Zelensky, le président ukrainien les aérodromes militaires de Vasylkiv et de Bila Tserkva, ainsi que les aéroports de Boryspil et de Zhuliany.
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Pressé par le parti de la guerre d'intensifier le conflit pour en finir au plus vite, alors que le front ne bouge pas, Poutine pourrait être tenté de lancer une grande offensive terrestre comme le laisse entendre le repositionnement des satellites russes.
Parallèlement les perspectives d'entrée de Kiev dans l'Union européenne s'éloignent. Début mai, la France et l'Allemagne ont proposé un processus par étapes selon lequel l'Ukraine recevrait des avantages « symboliques » et un accès progressif aux mécanismes de l'UE en échange de la réalisation d'étapes clés des réformes.
Selon le Financial Times, les responsables ukrainiens estiment que cela signifie que l'adhésion complète n'est pas envisageable avant au moins une décennie. Le cocaïnomane Zelensky toujours dépourvu de tout sens de la gratitude et de la mesure aurait donné pour instruction à ses diplomates de ne pas envisager ni même d'entamer de discussions avec les gouvernements de l'UE concernant de telles propositions, mais de ne parler que d'une adhésion pleine et entière à l'UE. Bruxelles dénonce la lenteur du président des oligarques à Kiev à lutter contre la corruption et augmenter les impôts sur les entreprises, condition posée par l'UE pour le versement d'une partie du prêt de 90 milliards d'euros. En matière de corruption, la première audience du procès du bras droit de Zelensky Yermak a montré à quel point l'entourage le plus proche du président ukrainien, et probablement le président lui-même, participent directement aux détournements des fonds publics et des aides à leur profit.
Inde : les communistes perdent le Kerala
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La gauche n'a pas le vent en poupe en Inde. Au Kerala (33 millions d'habitant) qui a été gouverné pendant 50 ans par les communistes, le parti du Congrès (centriste) vient de l'emporter.
Par ailleurs le Bengale occidental (100 millions d'habitants dont un tiers de musulmans) qui a été gouverné par les communistes (PCI-M) de 1977 à 2011 vient de basculer dans le camp du parti du premier ministre Modi, comme l'avait fait en 2019 le Tripura (4 millions d'habitants) qui avait été aussi gouverné pendant des décennies par les communistes. L'ex-chef ministre libérale (All India Trinamool Congress) Mamata Banerjee accuse Modi d'avoir fait radier des listes des millions d'électeurs musulmans, mais cela n'explique pas tout.
Au niveau national, la gauche est passée de 62 sièges au Parlement en 2004 à 8 aujourd'hui, alors pourtant qu'en 2024 le parti de Modi avait subi un revers en perdant la majorité absolue. Et le Parti du Congrès (centriste) ne contrôle plus que 4 des 28 Etats indiens tandis que le parti nationaliste de Modi en contrôle 21.
En 2020-2021 et de nouveau en 2024, des agriculteurs ont mené des actions contre les réformes du gouvernement. Et les syndicats ont organisé des grèves massives impliquant entre 200 et 300 millions de travailleurs en 2020, 2025 et 2026. Mais les partis de gauche n'ont pas pris le relai. Dans les États où elle exerçait un contrôle politique, la gauche a recherché le compromis avec les grandes entreprises epour attirer les investissement des multinationales. Au Kerala les communistes qui avaient mené une action volontariste pendant la crise du Covid, et s'étaient vanté en 2025 d'avoir vaincu l'extrême pauvreté, avaient tenté de briser l'an dernier la grève des personnels médicaux des centres de santé ruraux, et leur ministre de l'industrie P. Rajeev en avril dernier se félicitait de la progression de son Etat au classementd e l' "Ease of Doing business" (des facilités pour la pratique des affaires).
Par ailleurs il n'y a plus de guérilla marxiste en Inde. Le ministre de l'intérieur Amit Shah le 30 mars dernier a annoncé en avoir fini avec la rébellion naxaliste.
La guerre civile au Soudan se poursuit
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Le Soudan s'enlise dans une guerre des chefs, tandis que l'affrontement FSR/armée régulière ne faiblit pas. Le 4 mai, un drone des FSR (Forces de soutien rapide) a frappé l'aéroport de Khartoum, qui venait tout juste d'ouvrir ses portes aux vols internationaux. L'armée soudanaise a affirmé que le tir avait été effectué depuis le territoire éthiopien. En représailles, l'Éthiopie a expulsé l'ambassadeur du Soudan. À peu près au même moment, les États-Unis ont présenté aux deux parties un nouveau document de négociation, proposant un nouvel accord pour le plan du Quad (lancé il y a sept mois sous l'égide des États-Unis, avec la participation de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Égypte) axé sur l'aide humanitaire plutôt que sur un cessez-le -feu.
Les FSR, encadrées principalement par des arabes du Darfour, sont dirigées par Mohamed Hamdane Daglo dit Hemedti, face au régime du dictateur Abdel Fattah al-Burhane qui a pris le pouvoir en 2021. Burhane est décrit en Occident comme un proche des milices Wagner russes (ce qui explique le 18 novembre 2024, le veto russe à un projet de résolution préparé par le Royaume-Uni et la Sierra Leone appelant à un cessez-le-feu et à la protection des civils au Soudan). Issu d'une famille de bergers de chameaux sur les pâturages du Darfour, Hemedti a vu se dérouler sous ses pieds le tapis rouge à Addis Abeba, Tripoli, Kigali, Kampala, Johanesburg, Nairobi. Il est soutenu par certaines forces civiles au Soudan. L'armée régulière, elle, a des drones iraniens et compte aussi sur le soutien de miliciens tigréens du FPLT.
Washington redoute maintenant que les zones contrôlées par les FSR ne servent de refuge aux mouvements islamistes de l'Ouest africain et que ceux-ci n'intensifient leur influence autour de la Mer Rouge.
Malgré la guerre 4 millions de personnes de personnes exilées, surtout en Egypte, sont rentrées au pays. Mais le problème des 9 millions de déplacés intérieurs reste entier, et aggravé par les épidémies (choléra, variole simienne) qui requièrent une intervention croissante de l'OMS dans certaines zones.
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En marge du conflit Socialist Worker signale le décès en avril à Amsterdam, suite à une maladie, de l'activiste marxiste soudanaise Muzan Alneel, 39 ans qui avait été une fine analyste de la révolution soudanaise de 2018 et de son échec en 2022.