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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde
Articles récents

La montée des socialistes démocrates d'Amérique

19 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Europe-Amérique du Nord

Dans cette interview (min 47) sur Jeunesse du Monde, Alessio Arena, secrétaire de l'organisation marxiste-léniniste Fronte Popolare, fait l'éloge des Democratic socialists of America (DSA), organisation qui a le même emblême que le PS français mais où la motion communiste l'a emporté au dernier congrès (ils ont d'ailleurs quitté l'Internationale socialiste, qu'ils trouvent trop néo-libérale, en 2017).

La montée en puissance de ce mouvement au sein de la gauche américaine est impressionnante.

En Pennsylvanie, les démocrates ont choisi Chris Rabb , un représentant  résolument progressiste, comme candidat du parti pour leur troisième circonscription. Janeese Lewis George est pressentie pour devenir la prochaine maire de Washington D.C. Le 30 juin, dans le Colorado, Melat Kiros, socialiste démocrate, 29 ans, née en Ethiopie, a détrôné Diana DeGette, la députée sortante, qui pourtant bénéficiait d'un afflux financier du lobby israélien AIPAC et de Big Tech, dans le premier district congressionnel de l'État, bastion démocrate, centré sur Denver. le 1er juillet neuf des dix candidats new-yorkais soutenus par la DSA l'emportaient lors des primaires démocrates de l'État, dans le sillage de l'élection du maire de New York Zohran Mamdani le 5 novembre dernier. 

Le parti se développe partout, y compris dans des zones inattendues comme le Sud et le Midwest -  Macon (Géorgie), le comté de Sonoma (Californie), Corpus Christi (Texas), Kansas City (Missouri).

Il avait connu un premier essort lors du premier mandat de Trump, avec l'élection au Congrès d'Alexandria Ocasio-Cortez et de Rashida Tlaib en 2018, puis celle de Cori Bush et de Jamaal Bowman en 2020. Mais Bush et Bowman ont perdu leurs sièges en 2024. Mais les prochaines "mid-terms" (élections de mi-mandat) pourraient consacrer la victoire d'une nouvelle vaugue socialiste démocrate, avec peut-être un poste de gouverneur à la clé pour Francesca Hong dans le Wisconsin.

Le soutien du parti à Gaza (juste retour de boomerang de la répression des campus pendant le génocide), et aujourd'hui son opposition à la guerre contre l'Iran (sur laquelle une forte répression sévit aussi : Max Blumenthal de Grayzone a vu ses images des funéralles très populaires de l'ayatollah Khameini confisquées par la police des frontières à son retour de Téhéran) est un des moteurs de son succès. En politique intérieure, ils sont contre la dictature des géants de la tech, pour l'assurance maladie universelle, la suppression du Sénat et l'abolition de l'ICA, la police migratoire connue pour ses méthodes brutales.

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La démocrature allemande se durcit pour la guerre

13 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Europe-Amérique du Nord

L'AFP et Le Monde aujourd'hui continuent d'habituer les lecteurs au durcissement du régime allemand, avec un article expliquant que le président de la République fédérale "Frank-Walter Steinmeier, estime que la fonction protocolaire du chef de l’Etat doit évoluer face à la montée de l’extrême droite".

L'article présente l'épouvantail de l'Alternative pour l'Allemagne, comme "parti anti-migrants et farouchement prorusse" (ce qui dans le langage de la presse belliciste désigne en général tous les mouvements qui ne marchent pas dans l'embrigadement pour la guerre) et agite de l'angoisse de sa victoire possible dans des Länder de l'ex-RDA ((elle est créditée d'environ 41 % des intentions de vote en Saxe-Anhalt).

En mai 2025, l’Office fédéral de protection de la Constitution (BfV), un service de renseignement du ministère fédéral de l'intérieur avait annoncé avoir classé l’AFD comme un parti « extrémiste de droite avéré » retenant que « la conception du peuple fondée sur l’origine ethnique » promue par le parti d'Alice Weidel est « incompatible avec l’ordre fondamental démocratique et libéral ». Cette décision étend la qualification déjà appliquée à l’organisation de jeunesse de l’AfD, Junge Alternative, ainsi qu’aux fédérations du parti dans les Länder de Thuringe, de Saxe et de Saxe-Anhalt. L'épée de Damoclès de la dissolution plane toujours sur le parti. En 2018 le parti avait été aussi censuré sur Twitter (avant sa reprise par Elon Musk) et il l'est encore sur diverses plateformes. L'an dernier le gouvernement régional de Rhénanie-Palatinat, le sixième État allemand le plus peuplé, a imposé une interdiction générale aux membres de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) d'occuper des postes dans le secteur public.

La répression ne vise pas seulement l'extrême-droite. A preuve par exemple le coup de filet massif de 2023 contre les écologistes de Letzte Generation. Plus largement tous les citoyens sont visés par exemple avec la loi sur la police en Bavière qui autorise des mises sur écoute téléphonique et les saisies d'ordinateur sur de « menace de danger »,  sans crime commis, le placement en garde à vue sur deux mois sur de simples soupçons de délit ou d'infraction administrative.  Et trois des seize Länder allemands utilisent déjà Gotham de flicage préventif de Palantir : la Bavière , la Hesse et la Rhénanie-du-Nord-Westphalie .

Les organisations de défense des droits humains en mai dernier reliaient cette situation à la militarisation du pays.

Le pays a prévu de porter d'ici 2030, les dépenses de défense à environ 180 milliards d'euros. Elles sont déjà à 120 milliards, contre 92 au Royaume Uni et 68 en France. Le pays compte 184 000 soldats - contre 264 000 pour la France - et 860 000 réservistes. L'armée veut compter 460 0000 hommes opérationnels en 2039 (mais elle peine à atteindre les 200 000 visés actuellement).

Par ailleurs le 10 juillet 2024, le chancelier de l'époque, O. Scholtz, a autorisé déploiement de missiles américains à portée intermédiaire sur son territoire (des armes purement offesnives). Bien que Donald Trump ait annulé ce déploiement en mai dernier, le gouvernement allemand acquiert désormais ses propres missiles terrestres à portée intermédiaire. Plusieurs projets sont également en cours avec des partenaires européens pour développer ses propres systèmes d'armement. Lors de son congrès fédéral de 2026, la Confédération allemande des syndicats (DGB) a critiqué le déploiement de missiles à portée intermédiaire, arguant qu'il menace de créer une « dynamique dangereuse » et que, contrairement à la décision de l'OTAN de 1979 sur la double voie, « aucune offre n'a été faite à la Russie en vue de négociations sur le désarmement et le contrôle des armements ». Environ 1 500 à 2 000 personnes ont participé à la manifestation contre les missiles à portée intermédiaire à Wiesbaden, samedi 30 mai dernier. Et Die Linke a organisé au printemps une campagne massive contre le projet de rétablissement de la conscription.

En outre  l'Allemagne commence à se couvrir d'usines militaires discrètes voire clandestines.

Samedi 11 juillet, dans le quartier de Wedding à Berlin, de nombreux habitants et autres opposants à la guerre ont manifesté contre l'usine de munitions que construit le groupe d'armement Rheinmetall. La police a arrêté 15 manifestants.  L'usine fabriquera les douilles des obus d'artillerie de 155 mm. Le complexe immobilier est non seulement protégé par la police berlinoise, mais également surveillé par un drone entièrement automatisé. « Le drone peut décoller et atterrir de manière autonome et à tout moment, de jour comme de nuit, depuis le hangar », prévient la société de sécurité privée qui protège l'usine. C'est la première fois depuis 1945 que des armes sont à nouveau fabriquées à Berlin. En avril 2025, immédiatement après l'annonce de la restructuration, une trentaine d'organisations de gauche, partis, syndicalistes et citoyens se sont unies pour former un nouveau mouvement destiné à lutter contre cette nouvelle militarisation. Ils proposent que les usines d'armement produisent plutôt des pompes à chaleur contre le réchauffement climatique, mais cette proposition est évidemment ostensiblement ignorée.

 Le groupe Rheinmetal dont le patron Armin Papperger fut élu PDG de l'année par le lobby athalntiste de The Economist en 2025, veut multiplier ses revenus par cinq d'ici 2020. a construit en quinze mois à Unterlüss près d'Hanovre qui sera bientôt  la plus grande usine de munitions d’Europe et où l'on fabriquera aussi des moteurs de missiles en partenariat avec l’Américain Lockheed Martin. Il acquiert aussi des chantiers navals à Hambourg.

Aujourd'hui même un article dans Bild annonce que la startup munichoise Helsing, productrice de drones militaires pilotés par l'intelligence artificielle a levé 1,8 milliard de dollars. Elle produit aussi des logiciels pour les avions de chasse.

Le durcissement concerne aussi les militants pour la justice au Proche-Orient. Vendredi 10 juillet, le Conseil fédéral (Bundesrat) a adopté à la majorité un projet de loi émanant du Land de Hesse, qui  menacerait de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à cinq ans toute personne niant publiquement le droit d'Israël à exister, un équivalent de la loi Yadan qui a été heureuselent abandonnée en France en juin dernier. Rheinmetall a aussi fourni des armes pour le génocide à Gaza. En mai dernier la manifestation à Berlin commémorant la Naqba a été à été réprimée à coups de gaz lacrymogène et de gaz de poivre, une brutalité qui  a été constatée abondamment depuis le 7 octobre 2023.

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Le Sud-Soudan très éloigné de son modèle chinois

12 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique de l'Est - Grands lacs

Le Sud-Soudan, 6ème pays le plus pauvre du monden a fêté le 9 juillet le 15 ème anniversaire de son indépendance  Deux jours plus tôt, lors du symposium organisé à Juba, marquant le 105e anniversaire de la fondation du Parti communiste chinoris, le parti au pouvoir le  Mouvement populaire de libération du Soudan  (SPLM), qui au moment de sa création en 1983 était d'inspiration maoïste (mêmes 'il est aujourd'hui davantag ede centre-gauche), deux jours avant l'anniversaire, le 7 juillet a exposé sa volonté de s'inspirer de la stratégie de développement chinoise, en valorisant notamment l'éducation et la santé. La sympathie pro-chinoise du SPLM est analogue à celle du parti politique au pouvoir en Ouganda, le Mouvement de résistance nationale, de Yoweri Museveni, qui lui aussi était maoïste dans les années 1980, du temps où il animait une guérilla (les deux partis on signé un accord de coopération dans la formation idéologique en 2024).

Mais pour l'instant le pays, huit ans après la guerre civile qui l'a ravagé (causant 400 000 morts et le déplacement du tiers de la population), ressemble plus à une jungle capitaliste qu'à l'inspiration socialiste dont il se réclame.


Une enquête de l'ONU, intitulée « Pillage d'une nation » , a révélé comment les revenus pétroliers – 25,2 milliards de dollars depuis 2011, dont 8 milliards depuis 2018 – ont été détournés vers des réseaux de clientélisme liés au préisdent Kiir et son rival Machar. En 2024, les dépenses de santé s'élevaient à seulement 7,9 millions de dollars pour 12 millions d'habitants, soit moins que le budget alloué à l'équipe nationale masculine de basketball. Parallèlement, l'Unité médicale présidentielle, au service exclusif de Kiir et de son entourage, a reçu un budget supérieur à celui de l'ensemble du système de santé national. Le PIB s'est effondré, ne représentant plus qu'un quart de son niveau d'avant l'indépendance.

Les conséquences sont catastrophiques. Le Soudan du Sud se classe avant-dernier en matière de couverture sanitaire mondiale. Un enfant sur dix meurt avant l'âge de cinq ans, dont les trois quarts de maladies évitables. La mortalité maternelle y est la plus élevée au monde. L'espérance de vie stagne à 55 ans. Les deux tiers de la population sont confrontés à une grave insécurité alimentaire, notamment 2,3 millions d'enfants et 1,2 million de femmes souffrant de malnutrition aiguë. Des régions entières sont au bord de la famine. L'absence de routes pratiquables est en partie responsable de ce désastre, comme l'a montré le projet "Oil for roads"de financer des axes routiers vitaux en payant directement les constructeurs avec des cargaisons de pétrole brut. Les investigations de la Commission des droits de l’homme de l’ONU indiquent qu’entre 2021 et 2024, environ 2,2 milliards de dollars ont été engagés. Une part majeure de ces fonds a bénéficié à des sociétés contrôlées par Benjamin Bol Mel, un haut responsable proche du pouvoir et sous sanctions américaines. L’ONU estime que la valeur réelle des routes praticables livrées ne dépasse pas 500 millions de dollars. Si Juba rejette formellement ces conclusions, le dossier cristallise le niveau de détournement des ressources publiques.

A ce problème s'ajoute le fait que le Sud-Soudan n'a pas de débouché maritime et ne peut exporter ses productions via le Nord-Soudan ravangé par la guerre civile.

Des élections présidentielles et législatives, reportées depuis des années, devraient se tenir le 22 décembre prochain. Mais leur coût devrait être de 250 millions de dollars.

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Tensions entre Trump et Kagamé

1 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique de l'Est - Grands lacs

La situation reste tendue entre Washington, parrain des accords de paix à l'Est du Congo-RDC (en échange d'un droit d'extraction sur les ressources locales), et Kigali. Le 29 juin dans un entretien accordé à France 24, le chef de la diplomatie rwandaise, Olivier Nduhungirehe, s'est dit déçu par la "partialité de plus en plus criante"  des États-Unis. Il s'interroge sur des sanctions visant le seul Rwanda, alors que Kinshasa n'aurait - selon lui - pas davantage appliqué l'accord de paix conclu il y a un an. Il reproche aux Etats-Unis de rompre leur rôle de médiateur, et de ne pas sanctionner le Congo pour l'insuffisant désarmement des milices hutus (FDLR) alors que la la raffinerie rwandaise Gasabo Gold Refinery et sa direction accusée d'avoir pillé l'or congolais est sous sanction depuis le début du mois de juin.

Par ailleurs les autorités rwandaises sont agacées du fait que le 26 juin, la RDC ait saisi la Cour internationale de justice, accusant le Rwanda de mener une "campagne génocidaire" depuis 1996.

La mauvaise humeur des Etats-Unis n'est pas moindre. Trump a été irité de voir le smilices pro-Kagamé du M23 reprendre l'offensive au Congo le 10 décembre dernier 6 jours seumlement après la signature des accords de paix.

Le résultat est que la paix ne progresse pas dans l'Est du Congo. Selon un rapport d'étape, sur les 30 tâches prévues par les accords de paix, seules trois ont été pleinement réalisées et il s’agit d’avancées institutionnelles, comme la mise en place du Mécanisme conjoint de coordination sécuritaire (JSCM) ou encore du Comité de surveillance conjointe (JOC).

Le 15 juin les sénateurs démocrates Tim Kaine, Cory Booker, Chris Van Hollen, Peter Welch et Jeff Merkley, qui avaient déjà écrit à Marci Rubio le 20 novembre, dénoncent dans une nouvelle lettre le fait que le M23 a poursuivi ses avancées, culminant avec la prise d’Uvira. Des milliers de civils ont été tués, des centaines de milliers de personnes ont été déplacées, et plus de 100.000 réfugiés congolais ont fui vers le Burundi.

Mais Washinton est-il en mesure, au nom de son nouveau protectorat au Congo, de faire pression sur Kagame dont les troupes sont impliquées dans opérations au service du capitalisme occidentale du Soudan au Mozambique ?

Le rôle du Rwanda en tant que plateforme de raffinage et d'exportation revêt un intérêt stratégique particulier pour les États-Unis, notamment pour garantir un approvisionnement fiable en minéraux 3T ( étain, tantale et tungstène ), essentiels au complexe militaro-industriel américain. Au cours de la dernière décennie, le Rwanda a été un fournisseur clé de tantale (extrait minéral du coltan) pour les États-Unis, fournissant certaines années plus de 54 % des importations américaines de minerai. Il est largement établi qu'une grande partie de ce coltan provenait de la contrebande en provenance de l'est de la RDC, un problème qui s'est intensifié depuis avril 2024, lorsque le Rwanda et le M23 ont pris le contrôle des mines de coltan de Rubaya, l'un des plus grands gisements au monde. Depuis, une augmentation sans précédent du trafic de coltan a été constatée, le M23 ayant exporté frauduleusement au moins 150 tonnes de coltan vers le Rwanda en 2024 et jusqu'à 120 tonnes par mois en 2025. Selon les dernières estimations , les exportations rwandaises de coltan auraient progressé de 213 % au cours des premiers mois de 2025 par rapport à la même période en 2024. La société américaine America First Global , dirigé par Gentry Beach, proche collaborateur de Trump, convoite désormais les droits d'exploitation des mines de Rubaya, avec l'intention de transformer le coltan au Rwanda avant son exportation.

Ces dernières années, les États-Unis et le Qatar ont financé l'industrialisation de la transformation des minéraux au Rwanda, notamment via la construction d'installations de production de concentrés de coltan et de tungstène destinées à l'exportation. Trinity Metals, entreprise créée en 2022 par la fusion des trois principales sociétés minières rwandaises, est au cœur de ces investissements. Filiale de la société britannique TechMet, elle a bénéficié d'importants financements de la part de la Société américaine de financement du développement (105 millions de dollars) et de l'Autorité d'investissement du Qatar ( 180 millions de dollars ). En mai 2025, Trinity Metals a signé une lettre d'intention avec le Département d'État américain en vue de la mise en place d'une nouvelle filière d'approvisionnement en étain du Rwanda vers les États-Unis. Peu après, en octobre 2025, le Rwanda a exporté du tungstène vers les États-Unis pour la première fois grâce à un partenariat entre Trinity Metals, Global Tungsten & Powders (basée en Pennsylvanie) et la société internationale de négoce de matières premières Traxys. Trinity Metals développe actuellement ses capacités de transformation. L'entreprise consolide ainsi l'avantage du Rwanda en tant que plaque tournante du raffinage et de l'exportation, notamment par rapport à l'est de la RDC, qui possède des richesses minières bien plus vastes mais manque d'infrastructures et reste en proie à la violence et à l'instabilité qui dissuadent les investissements industriels (et qui sont en grande partie causées par le Rwanda).

Le Rwanda bénéficie également du soutien d'un autre allié clé, Israël, qui exerce une influence particulièrement forte sur le gouvernement américain et sa politique étrangère. Depuis 2020, l'Office minier rwandais est dirigé par Itzhak Fisher , homme d'affaires israélien de premier plan et ancien trésorier du Likoud et de la campagne qui a porté Netanyahu au pouvoir en 1996. Fisher dirige également l' Office rwandais de développement , chargé de faire du pays un « pôle mondial dynamique pour les affaires, l'investissement et l'innovation ». La coopération militaire entre Israël et le Rwanda s'est intensifiée ces dernières années, impliquant d'importants fournisseurs d'armement tels que RAFAEL, fabricant du système de défense antimissile israélien Dôme de fer, qui a ouvert son premier – et unique – bureau africain à Kigali en 2022. Le Rwanda utiliserait également, selon certaines sources, le logiciel espion Pegasus de la société interne NSO Group afin de surveiller et réprimer les opposants politiques. Sous-tendue par un récit commun d'autodéfense perpétuelle contre les forces hostiles et d'assimilation de l'antisémitisme au sentiment anti-Tutsi, la coopération va au-delà du soutien militaire, notamment dans l' agriculture et l' énergie .

Frédéric Mousseau, directeur politique à l'Oakland Institute, qui rappelait ces faits dans un article de janvier dernier se demandait si Kagame connaîtrait un jour son "moment Maduro", mais le dictateur rwandais qui a su se placer à la tête d'intérêts importants du système prédateur occidental est un morceau plus difficile à avaler par l'administration amérticaine que le président vénézuélien.

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Vers plus de transparence des réunions du Traité sur l'Antarctique ?

1 Juillet 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique australe, #Asie du Sud-Est-Pacifique

La 48e réunion consultative du Traité sur l'Antarctique (RCTA), qui s'est tenue pendant dix jours en mai, a rassemblé les 29 parties consultatives et les 29 parties non consultatives qui gouvernent le continent antarctique soit près de 10 % de la surface terrestre. Parmi elles figurent l'Australie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, les Pays-Bas, la Russie, l'Afrique du Sud et les États-Unis, qui prennent des décisions en matière de protection de l'environnement, de science, de tourisme et de gouvernance en Antarctique.

Une fois n'est pas coutume, le rapport final préliminaire, publié le 19 juin après la clôture de la réunion le 21 mai, paraît nettement plus tôt que ne l'exigent les règles du Traité. Ces règles prévoient un délai maximal de trois mois pour la publication dans les quatre langues officielles : anglais, français, russe et espagnol.

Selon le journal sud-africain Daily Maverick, cette transparence inhabituelle résulte d'une  campagne menée par les Pays-Bas (qui occupent le 2e rang mondial en matière de liberté de la presse), avec le soutien de Canberra et de Séoul, cette initiative vise à améliorer la communication avec le public, à élargir la participation et à rendre plus ouverte l'une des instances diplomatiques les moins accessibles au monde.

Toutefois les règles du Traité exigent que la séance plénière d'ouverture se tienne en public. Or les gouvernements limitent depuis des décennies,l'accès à la seule cérémonie d'ouverture, tandis que les discussions de fond se déroulaient à huis clos. Certains espèrent que le fait que le prochaine réunion se tienne au Pays-Bas continue à améliorer la transparence. Cependant les facteurs de résistance sont forts. Par exemple l'Allemagne, pays qui devient de plus en plus liberticide sur les questions de politique étarngère, a plaidé pour une censure des réseaux sociaux sur ce sujet, ce que la Norvège n'a pas accepté.

Le traité de 1959 sur l'Antarctique a figé le continent dans un pacte de « souveraineté gelée » hérité de la Guerre froide, réservant la plus grande réserve d'eau douce au monde à la seule recherche scientifique et interdisant toute activité militaire. Mais les récentes découvertes russes de vastes gisements de pétrole, de gaz et de terres rares font craindre que ce fragile consensus ne se transforme en une nouvelle lutte pour les ressources. La question est de savoir si le Protocole de Madrid de 1998 qui bloque les extractions jusqu'en 2048 tiendra au delà de cette date.

Actuellement, les États-Unis et la Russie possèdent chacun six stations de recherche, lesquelles peuvent servir de soutien à la guidance des missiles intercontinentaux (le Traité ne mentionne pas le survol de l'espace – et l'observation aérienne est autorisée pour les inspections liées au Traité). La Chine en a cinq et elle affiche son ambition de devenir une « grande puissance polaire » d'ici 2030, notamment grâce à des brise-glaces géants, principaux outils pour la destruction des calottes glaciaires profondes.En vce qui concerne la pêche depuis 2017, la Chine et la Russie bloquent systématiquement la création de nouvelles aires marines protégées (AMP) et d'autres mesures de conservation en Antarctique. Ces deux pays exercent leur droit de veto sur la pêche au krill antarctique d'une grande importance pour l'équilibre en carbone de la planète et pour l'avenir des baleines (cf l'activitié de Sea Shepherd sur le sujet, malgré l'incarcération de son leader au Groenland en 2025). La Russie a investi 600 millions de dollars en 2022, tandis que la Chine a violé à plusieurs reprises les limites des AMP en pratiquant la pêche. Se pose aussi la question d'une intégration éventuelle de Kiribati, les Îles Marshall, Tuvalu, les Maldives et le Bangladesh, pays concernés par le sort du Pôle du fait des effets de la fonte des glaces, seront intégrés au processus consultatuf

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Burkina Faso : Une résolution sarkozyste votée au Parlement européen

24 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale, #x - Ingérence impérialisme global

L'esprit d'ingérence sarkozyste (appuyé en son temps sur Bernard-Henry Lévy) qui a semé le chaos dans le Sahel après avoir provoqué la dissémination dans le Sahara des arsenaux de guerre de l'Etat libyen continue à sévir.

Le 18 juin, le parlement européen a approuvé une résolution dénonçant l'isolement croissant du Burkina Faso depuis le coup d'Etat militaire qui a porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traore en 2022 et les atteintes aux droits de l'homme dans le pays.

Le texte a été approuvé par  476 voix pour, 11 voix contre et 75 abstentions. Les 11 courageux qui ont voté contre sont M. Blaha (Slovaquie, anti-capitaliste de gauche), Mme Konečná (Tchéquie, Parti communiste de Bohème et Moravie), M. Nikolaou-Alavanos (Grèce, Parti communiste de Grèce), et son collègue du même parti M. Papadakis, M. Adrews (Irlande, Fianna Fáil), Mme Blinkevičiūtė (Lituanie, Parti social-démocrate), M. Gonçalves  (Portugal, Parti socialiste), M. Oliveira (Portugal, Parti communiste portugais), M. Picaro (Italie, du Partie de Meloni), Mme Laykova (Bulgarie, ancienne attachée parlementaire de l'AfD en Allemagne), M. Droese (Allemagne, AfD).  

On notera que les vaillants mélenchonistes (*) français qui se disent décoloniaux en France ont voté pour la résolution (Mme Aubry et Mme Fourreau), tout comme les zémmouriens Nicolas Bay et Marion Maréchal, et les eurodéputés du RN Mme Griset, Mme Androuët et M. Olivier. L'unanimité française en dit long sur l'état d'esprit de notre pays.

Quelques abstentions dans le paysage européen du côté de l'aile gauche du Mouvement cinq étoiles (Italie), du parti Die Linke allemand, du Podemos espagnol, du Parti démocratique de la gauche slovaque, d'une ex-dirigeante de SYRIZA en Grèce, de l'extrême droite roumaine, polonaise et bulgare.

Le gouvernement de Ouagadougou s'est indigné de cette résolution qui selon lui repose sur de la désinformation.

Si l'on peut parler d'esprit sarkozyste à propos de cette résolution, c'est parce que son rapporteur n'est autre que Christophe Gomart, ancien général de corps d’armée et élu au Parlement européen depuis 2024 sous les couleurs du Parti populaire européen (PPE). Gomart était commandant des forces spéciales au moment de l'assassinat de Kadhafi et déjà adjoint du coodonnateur national du renseignement au moment du déclenchement de la guerre de Libye. Il est assez étonnant que ce genre de personnage qui a appartenu à une machine d'ingérence qui a détruit des sociétés entières, même s'il prétend maintenant que  les militaires n'ont pas été sérieusement associés à la décision de Sarkozy d'attaquer la Libye (on peut douter qu'ils s'y seraient sérieusement opposé même s'ils avaient eu davantage l'oreille du président de l'époque), vienne porter un jugement sur le fonctionnement de ces mêmes sociétés ... l'esprit néo-colonial autorise tout.

Le Burkina qui a rompu ses alliances avec la France, a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en janvier 2025 et s'est tourné vers la Russie et les BRICSdénonce fréquemment des ingérences à son égard. Le 30 avril 2025, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées en soutien à la junte au pouvoir, quelques jours après que les autorités militaires ont déclaré avoir découvert un "complot" organisé depuis la Côte d'Ivoire visant à renverser le gouvernement. Ils étaient sur une place centrale de la capitale Ouagadougou, portant des affiches géantes du chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que des drapeaux burkinabés et russes. Le 22 avril précédent, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, avait déclaré dans une déclaration télévisée que les services de renseignement du pays ouest-africain ont intercepté des communications entre un officier des forces armées burkinabè déserteur divulguant les positions des forces burkinabè et de leurs auxiliaires, incluant un projet de prise du palais présidentiel.

Plus tôt le 1er avril, le ministère de la Sécurité burkinabè avait publié une liste noire d’environ trente personnes considérées comme « ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur ». Cette liste mêlait figures politiques, journalistes, chefs religieux, djihadistes présumés et opposants en exil, dont Ahmed Barry, ancien président de la Commission électorale.

La manifestation avait alors suscité le soutien de personnalités internationales comme  le rappeur ghanéen Sarkodie (dont le tweet a été visionné 5 millions de fois)  et l'Américain Meek Mill.  Donsharp de Batoro, célèbre artiste national, Dabross, comédien slameur issu d'une famille royale musulmane de Ouagadougou, étaient aussi de la partie.

Sur le même mode pour l'anniversaire d'Ibrahima le régime avait invité d'anciens footballeurs internationaux à Ouagadougou pour une partie de football à la présidence de la république le 14 mars 2025, (10 millions FCFA pour chaque invité selon LSI Africa), une mobilisation médiatique dans un contexte où mes djihadistes affaiblissent toujours plus l'armée burkinabé (54 militaires tués dans le Nord le 17 avril 2025). Une affaire à rapprocher de celle de l'espionne Claire Dubois ici.

Le Burkina Faso subit aussi régulièrement des attaques de propagande. Par exemple, le 3 avril 2025 le général Michael Langley, chef de l'AFRICOM a témoigné devant une commission sénatoriale à Washington du fait que le capitaine Ibrahim Tarore détournait l'or du pays "pour protéger sa junte". Une accusation qui avait provoqué une levée de boucliers à Ouagadougou. Il est souvent très difficile, de l'extérieur, de faire la part des choses entre la propagande pro- et anti-Traore.

Une partie du ressentiment occidental s'explique par la politique souverainiste inaugurée en matière d'exploitation des minerais. Les autorités du Burkina ont lancé, à la fin de 2023, la construction de la première raffinerie d'or du pays, Marena Gold. Le régime militaire avait déjà octroyé, en 2022, un permis d'exploitation à Nordgold sur le site de Yimiougou (Centre-Nord) couvrant une superficie de 31,44 km2, pour une production totale estimée à 2,53 tonnes d'or. Le pays  abrite certains des gisements minéraux les plus riches d'Afrique de l'Ouest, mais d'importantes réserves restent inexploitées. Quatrième producteur d'or d'Afrique, il dépend depuis longtemps de ce métal précieux pour dynamiser son économie. Mais au-delà de l'or, les gisements de cuivre, de manganèse et d'autres minéraux stratégiques – notamment les terres rares dans des régions comme Zoungou et Mangodara – pourraient redéfinir son avenir minier.

En 2023, le Burkina a produit environ 57,3 tonnes d'or provenant de 17 mines industrielles, dont les principales exploitations sont Essakane, Houndé et Sanbrado. La plus grande mine, Essakane, est exploitée par la société canadienne  IAMGOLD , tandis que Houndé appartient à  Endeavour Mining , également canadienne. Parmi les autres projets clés, on compte Mana, propriété de la société canadienne  Fortuna Silver Mines , et Wahgnion, qui fait partie du portefeuille d'Endeavour Mining.

La société russe  Nordgold  contrôle Bissa-Bouly, tandis que la société australienne  West African Resources  exploite Boungou et Sanbrado. L'État détient généralement une participation minoritaire dans plusieurs mines, comme Karma et Youga, qu'il détient conjointement. Une révision du code minier en 2023-24 a renforcé les avantages et la surveillance de l'État. Ce cadre actualisé maintient la participation gratuite de l'État à 10 %, mais étend le contrôle des mines stratégiques.

Toutefois les attaques des djihadistes (qui ont fait des milliers ed morts depuis 5 abs et pèsent très lourd sur l'économie obligeant le pays à consacrer presque 5 % du PIB à l'armée contre 3 dans les années 1980), le manque d'électricité et l'absence de débouché maritime face au blocus de la CEDEAO augmentent les coûts d'exploitation.  Pour remédier à l'enclavement, Ouagadougou resserre ses liens avec ses partenaires de la Confédération des Etats du Sahel (Mali, Niger), mais aussi  se rapproche de la Mauritanie, pays resté proche de la France.

La nationalisation progressive des métaux n'est pas la seule réussite du capitaine Traore. Il y a aussi la proclamation de la gratuité de l'éducation jusqu'à l'université, la nationalisation des constructions  routières, et de la banque commerciale du Burkina spécialisée dans le crédit aux commerçants et agriculteurs (une joint venture avec la Libye créée en 1988 dans laquelle la Libye ne jouait plus son rôle), ainsi qu'une Centrale d'achat des médicaments vétérinaires (CAMVET) importante pour le coût de la santé des élevages. En ce qui concerne l'agriculture, la Banque mondiale a approuvé le 13 mars dernier un projet de 215,9 millions de dollars (environ 118,7 milliards de FCFA) visant à soutenir le développement du secteur agricole au Burkina Faso. Ce mois-ci Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le gouvernement du Burkina Faso ont signé un accord de prêt de 59,75 millions de dollars US. Ces aides s'inscrivent dans le cadre du Programme unique de développement intégré des productions agropastorales et halieutiques dénommé « Initiative Lijeeguoli » (qui signifie autosuffisance alimentaire en langue officielle gulmacema ) qui inclut une adaptation au changement climatique et une augmentation de la productivité dans ce secteur qui emploie 80 % de la population active.

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(*) A propos des mélenchonistes, voir l'inventaire dressé par la Tribune des travailleurs : le 1er mars 2022, les eurodéputés LFI votent la résolution pour renforcer le pilier européen au sein de l'OTAN, en mars 2024 Mme Aubry se vante sur un plateau TV d'avoir voté pour 50 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine, Le 17 avril 2023, le groupe LFI propose un amendement à la loi de programmation militaire n°187 ajoutant 5,8 milliards d'euros de ressources extrabudgétaires au budget militaire. Mélenchon déclarera sur LCI : "il faut se préparer à la bonne guerre avec les bons moyens". Le 4 mai 2023, Aurélien Saintoul et Bastien Lachaud critiqueront seulement les aspects techniques inefficaces de la loi. Lachaud dira ce jour-là : "En 2027 avec Jean Luc Mélenchon à l'Elysée, nous agirons nous en planifiant, en partant des besoins de la nation et des armées, car oui nous sommes meilleurs que vous (les macronistes) en la matière".  LFI  défend les marchands de canons français contre les Américains. Mélenchon s'est rendu en janvier dans les usines Dassault à Cergy et a assuré le PDG Eric Trappier de son soutien au projet d'avion spatial. La France est le 2e exportateur d'armes au monde.

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Albanie : la "révolution" des flamants roses

23 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Depuis le 30 mai, des milliers de citoyens albanais descendent quotidiennement dans la rue pour protester contre l’accord conclu par le Premier ministre social-démocrate Edi Rama (un proche des Soros) avec la société Affinity Partners de Jared Kushner, gendre de Donald Trump (et exécuteur de ses basses oeuvres diplomatiques, en Ukraine et au Proche-Prient), portant sur un projet d’investissement de luxe d’une valeur de 4 milliards de dollars le long d’une partie de la côte protégée de Vlora, en Albanie. Le 20 juin les grandes avenues de Tirana étaient noires de monde.

Le projet suscitait des oppositions depuis son annonce publique en décembre 2024, mais les manifestations n’ont pris de l’ampleur que la semaine dernière, lorsque les préparatifs de construction ont commencé dans la région de Vlora. Depuis lors, le mouvement s’est amplifié relayé par la diaspora albanaise et ses sympathisants dans les capitales européennes qui brandissent des images de flamants roses, menacés par les visées de Kushner. Les manifestations expriment un refus de l'omniprésence de la corruption dans le pays, et d'autres projets d'infrastructure comme l’accord avec l’ Eagle Hills, liée aux Émirats arabes unis, pour le réaménagement du port de Durrës et de ses environs en un complexe touristique et port de plaisance moderne, ou l’accord avec l’Italie pour accueillir des centres d’accueil de migrants en Albanie.

Ces troubles interviennent alors que les pourparlers pour l'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne s'accélèrent : en l’espace d’un an seulement, entre 2024 et 2025, l’Albanie a ouvert l’ensemble des 33 chapitres de négociation, et Macron a réitéré aujourd'hui son soutien à cette adhésion. Le 17 juin le Parlement européen a exhorté mercredi l'Albanie à suspendre les travaux de construction dans les zones protégées (sur le rapport de la commission à propos de l'Albanie LFI s'est abstenue et le RN a voté contre mais les explications de votes ne sont pas accessibles). La rapporteuse du texte était l'eurodéputée écologiste néerlandaise Tineke Strik. Elle conduira une mission Verts/ALE en Albanie, du 29 juin au 1er juillet, en compagnie des eurodéputés Cristina Guarda, Vicent Marzà i Ibáñez, Daniel Freund, Jutta Paulus et Anna Strolenberg (Volt).

L'Union européenne frustrée de voir l'administration américaine lui infliger des droits de douane, lui imposer une augmentation de ses dépenses militaires, désavouer l'alliance automatique au sein de l'OTAN et même menacer d'annexer le Groenland, voit là l'occasion d'une revanche facile contre le clan Trump.

Le premier ministre albanais pour sa part a décrit les manifestants comme des "foules emportées par une hystérie algorithmique et guidées par des intérêts qui ne sont ni les nôtres". En réalité, les manifestations, comme les Gilets Jaunes en France en 2018, réunissent des sensibilités politiques assez variées. Shqiptarja aujourd'hui identifie par exemple parmi les organisateurs de manifestation un certain Dritan Goxhaj, ex-volontaire de la guerilla de Presevo contre les Serbes en 2000, qui défend un modèle de démocratie directe par tirage au sort analogue à celui d'Etienne Chouard en France et s'oppose à la folie israélienne au Proche-Orient, Un des organisateurs Arben Kola à la manifestation de Tirana du 18 juin a précisé qu'ils "ne sont pas contre l'UE et l'Amérique, mais contre la clique" au pouvoir. Après un "incident concernant un drapeau israélien" (c'est l'expression que retient pudiquement la presse capitaliste albanaise pour ne pas choquer ses actionnaires), le même Kola accuse des infiltrés de Serbie et de Grèce. Le premier ministre lui cible un imam Mustafa Terniqi qui manifeste et qu'il accuse d'être lié à l'Iran. Il a aussi accusé le parti de gauche albano-kosovar "Autodétermination" (Vetevendosje) puissant au Kosovo, d'être actif dans les manifestations, ce que les responsables du parti ont démenti. Dans la petite Albanie qui depuis les années 1990 se perçoit comme une base américaine, il est difficile d'échapper aux influences géopolitiques.

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Trumpisation de l'Amérique latine et résistances

22 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Amérique latine-Caraïbes

Après le Salvador, le Honduras, le Costa Rica, l'Argentine, le Pérou et la Colombie (où le novice en politique, Abelardo de la Espriella a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro) basculent dans le camp de la droite dure. De quoi inquiéter Lula da Silva au Brésil qui affrontera bientôt le fils de Bolsonaro. Pour accentuer la pression sur ce pays, les États-Unis ont classé le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), mafias engagées dans le trafic de cocaïne, l’orpaillage illégal, la prostitution et le blanchiment d’argent,  comme organisations terroristes, parallèlement à l'augmentation des droits de douane. La mesure, avec les gels d'avoirs et les actions unilatérales qu'elle implique, peut menacer divers secteurs de l'économie brésilienne susceptibles de commercer avec ces cartels sans le savoir à travers des sociétés écrans (un peu comme la banque française BNP Paribas en 2014 avait écopé d'une amende américaine de 9 milliards pour avoir commercé avec l'Iran). 

Mais la Bolivie fait exception. En avril 2026, le gouvernement centriste de Rodrigo Paz Pereira, entré en fonction le 8 novembre 2025, a promulgué la loi 1720, visant à démanteler les protections constitutionnelles accordées à la petite propriété paysanne afin de favoriser les industries extractives à grande échelle. Cette loi a déclenché un mouvement de contestation qui a depuis lors engendré des blocages routiers, une marche indigène de Pando à La Paz, une manifestation massive à El Alto , et une grève de la faim menée par des femmes. Le pays a basculé dans une logique de grève générale, et le gouvernement a dû proclamer l'état d'urgence pour sortir La Paz du blocus.

Trump qui, après le succès de l'enlèvement du président Maduro au Vénézuela et d'une opération contre un cartel de la drogue dans ce pays, envisage d'autres opérations du même type en Equateur ou au Guatemala, tente de répliquer en Bolivie par l'ingérence indirecte. Le mardi 16 juin, Washington a annoncé la signature d'un accord avec la Bolivie visant à accroître l'intervention militaire américaine dans le pays.

De même que les organisations populaires boliviennes, le Mexique fait aussi aujourd'hui figure de résistant, en tenant un discours anti-impérialiste et anti-guerre, concernant le Proche-Orient, l'étranglement de Cuba etc. Les Les 5, 6 et 7 mai 2026 le Syndicat mexicain des travailleurs de l'électricité (SMEaccueillait les délégations de 15 pays du continent américain   dans le cadre d'une Rencontre nationale anti-impérialiste et antifascite, qui coïncidait avec la commémoration de la défaite des troupes françaises à Puebla le 5 mai 1862 face à des indigènes Xacapoaxtlas. Etaient présents à ce sommet les ambassadeurs du Venezuela et d'Iran. La délégation vénézuélienne comportait les députés du PSUV Gabriela Peña (Miranda), José Gregorio Colmenares (Aragua), et Ángel Marcano. Herban Vargas représentait ALBA Movimientos, Orlando Perez de la Centrale bolivarienne socialiste des travailleurs, Carlos Luis Ribero de l'Institut Simon Bolivar, Michael Humaña secrétaire de la centrale unitaire des travailleurs du Chili (syndicat de gauche), le professeur Edwin Hernandez du Honduras, la professeure de théâtre et syndicaliste Cintia Crespo, du Costa Rica, le syndicaliste péruvien Cesar Tito, Miguel Escobar, de la Federación Unitaria Sindical du Salvador, l'économiste et activiste Maribel Gordon du Panama, un représentant mexicain du Front populaire Francisco Villa, un de l'UPBA 28 de Octubre, le secrétaire général du syndicat SME etc. La forte présence de la délégation vénézuélienne montre que ce pays compte sur l'aide des mouvements de gauche mexicains.

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Une nouvelle implication de la Syrie au Liban ?

22 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Proche-Orient

Alors qu'Israël commence enfin à envisager un retrait partiel du Sud-Liban, pour se conformer au protocole d'entente américano-iranien signé à Versailles entérinant la victoire diplomatique de la République islamique après plus de trois mois de résistance militaire, la question se pose d'un retour de la Syrie dans le jeu politique libanais. 

Le président américain Donald Trump avait surpris les analystes le mardi 16 juin déclarant en marge du somet d'Evian qu'il a "suggéré à Israël de laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah" au Liban.. 

Israël "se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps" et "trop de gens sont tués ", avait-il lancé contre Netanyahou. "Vous n'avez pas besoin de détruire tout un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu'un parce qu'il y a beaucoup de gens dans ces immeubles", a poursuivi  Trump.

En réponse, le dictateur syrien Ahmad el-Chareh, ancien guérillero islamiste revêtu d'un costume respectable par les Occidentaux à la chute du clan Assad en décembre 2024, a déclaré dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision Al-Mashhad hier :  « Nous recherchons des canaux économiques entre le Liban et la Syrie et non des canaux militaires ».

Il est vrai que l'entité sioniste, qui avait pris soin de détruire l'aviation syrienne à la chute d'Assad, s'est répandue en menaces contre Damas ces derniers jours. Le  ministre de la diaspora Amichai Chikli dans une émission de radio a stigmatisé un axe radical sunnite Pakistan-Turquie-Qatar et a annoncé que tôt ou tard son pays serait en guerre avec la Syrie, "Il est impossible qu’un régime djihadiste enraciné dans l’EI et Al-Qaïda, dont l’aspiration est l’unification de Jérusalem, puisse vivre en paix aux côtés de l’État d’Israël" a-t-il précisé.

En outre la Syrie est bien loin d'avoir stabilisé sa situation intérieure et n'est donc pas en mesure de jouer un rôle en faveur du désarmement du Hezbollah au Liban, à supposer même qu'al-Chareh, ennemi déclaré des milices chiites, ait pu en avoir l'intention. 

Le pays connaît un processus de normalisation institutionnelle assez curieux depuis le coup d'Etat d'Ahmed el-Chareh (ex al-Joulani). En octobre dernier, alors que 14 millions de personnes déplacées, dont 7 millions à l'intérieur même du pays, n'avaient pas réintégré leur maison, 6 000 membres de collèges électoraux régionaux ont choisi des candidats sur des listes préapprouvées, dans le cadre d'un processus visant à constituer près des deux tiers des 210 sièges de la nouvelle assemblée du peuple. Le président el-Chareh devant nommer ultérieurement le tiers restant. Un processus à l'issue duquel les femmes et les chrétiens étaient sous-représentés. En mars et en mai, des élections spécifiques se sont tenues dans la zone kurde lâchée par les Américains. Imran Al-Sayyed, membre du bureau politique du Parti de la gauche démocratique kurde en Syrie, a  dénoncé le fait que les Kurdes ne seront pas repésentés à hauteur de leur poids dans le pays (20 % de la population) et que les délégués nommés ne sont que des fidèles d'el-Chareh.

Sur le plan économique, un article de Middlle East Eye décrit des restitutions de terre progressive à des paysans de minorité druzes et alaouites, notamment pour les champs de pistache contrôlés par la firme proche d'el-Chareh Iktifaa, mais près de Hama cela passe par des processus de blanchiment devant des comités de réconciliation, et les indemnisations rétroactives pour l'effet des confiscations ne vienennt pas.

Mais la violence reste très présente. Tout au long de l'année 2025, de nombreuses attaques ont été recensées. « Le Réseau syrien pour les droits de l'homme (SNHR) a indiqué début 2026 que 80 civils ont été tués en Syrie en décembre 2025, dont 11 enfants, huit femmes et deux victimes de torture. » Le rapport indique que sur les 3 666 personnes tuées en 2025, 73 civils, dont huit enfants, six femmes et 16 personnes décédées sous la torture, ont été tués par les forces gouvernementales syriennes. Bien qu'el-Chareh affirme vouloir instaurer un gouvernement inclusif protégeant tous les citoyens, quelles que soient leurs confessions, les actions de ses forces de sécurité prouvent jusqu'à présent le contraire, alimentant la peur et la méfiance des minorités syriennes (chrétiennes, alaouites, druzes, une partie de ces derniers se tournant vers Israël qui occupe le sud du pays). 

En échange de cette stabilisation les mesures unilatérales coercitives occidentales contre Damas ont été levées. Le pays reste exsange. Le PIB serait de 1 000 dollars contre 2 900  en 2010. Au Liban le taux de décès des suites de l'agression israélienne s'élève à plus de 4 000 et le nombre de personnes déplacées à 900 000. Le le PIB du pays pourrait chuter de 12 à 16 %. Il était autour de 3 000 dollars en 2023 contre 8 000 en 2019 (il est à 13 000 en Turquie).

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L'impérialisme français au Kénya

20 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique de l'Est - Grands lacs

La réorientation diplomatique de la France vers l'Afrique de l'Est anglophone ne s'annonce pas plus brillante que la Françafrique en Afrique de l'Ouest. A preuve le Sommet France-Afrique coprésidéles 11 et 12 mai dernires par Macron à Nairobi, dont le principal résultat en termes d'image auprès de la gauche aura été de s'afficher auprès d'un homme politique africain, William Ruto, dont le principal fait d'armes aura été de faire tirer à balles réel sur ses opposants de la gen Z dans les rues  en juin 2024 (pire encore que les LBD de Macron en tir tendu sur les Gilets jaunes).

D'ailleurs le cynisme de cette alliance est apparu le jour même où Macron était à Nairobi,  le 12 mai, et où la police kényane a réprimé brutalement une manifestation contre ce sommet.

La manifestation de mardi marquait l'apogée d'un contre-sommet de deux jours organisé en opposition au Sommet officiel « Africa Forward », rassemblant des militants, des intellectuels, des syndicalistes, des étudiants et des organisateurs anti-impérialistes kényans et internationaux, à l'appel du le Parti communiste marxiste du Kenya (PCM-K) mais qui incluait d'autres courants marxistes. Les participants au Sommet panafricain contre l'impérialisme (PASAI) convoqués par le  ont critiqué le rôle de la France en Afrique, exprimant leurs inquiétudes quant à la militarisation, la domination économique, la dépendance à la dette, l'extraction des ressources et la persistance d'une influence néocoloniale sur le continent.

À peine trente minutes après le début de la manifestation, des véhicules de police sont arrivés et les agents ont commencé à arracher les banderoles des manifestants. La marche se poursuivant, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les manifestants. Une fois l'assaut terminé, la police a encerclé le secteur et a arrêté des manifestants sous la menace de leurs armes.

Parmi les personnes détenues figurent Lee Sang-hun, ancien représentant du  Parti démocratique populaire (Parti Minjung),  de Corée du Sud (un groupuscule anti-impérialiste marxisant), une organisation nationaliste  ; Song Dan-bi, directrice du département international du parti ; Joti Brar, président du Parti communiste de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste), un parti maoïste ; Dimitris Patelis, professeur de philosophie à l’Université technique de Crète et membre fondateur du Groupe de théorie révolutionnaire de Grèce ; et Guy Bremond, un militant français.

Nos médias sont restés muets. French Response, agence de trolls lancée par le ministre des affaires étrangères français en septembre dernier n'a trouvé qu'à sortir une moquerie idiote "Ferme protestation contre l'impérialisme, casquettes de l'URSS et tout le reste"... quand on ne sait que faire de la com' de bas étage plutôt que d'avoir une diplomatie vraiment digne et non-alignée...

Au titre de la nouvelle stratégie française dans l'Est africain, l'élite dirigeante du Kenya devrait bénéficier d'un engagement du géant français du transport maritime CMA CGM de Rodolphe Saadé, propriétaire de BFM, RMC, Brut et une partie de TF1, d'investir 823 millions de dollars dans la modernisation du port de Mombasa, un point de passage clé pour le transport de minéraux d'une valeur de plusieurs milliards de dollars en provenance d'Afrique centrale et orientale. Le business impérialiste s'accompagne d'un volet militaire : le Kenya et la France ont signé en octobre 2025 un accord bilatéral de coopération en matière de défense. Un texte, ratifié par le parlement kenyan le 10 avril, qui porte entre autres sur le « partage de renseignements », la « sécurité maritime », le « maintien de la paix »… et un soupçon d’« aide humanitaire » pour faire bonne figure.

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