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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 12:05

Selon le Canard Enchaîné du 26 octobre dernier, à l'occasion du trentième anniversaire de l'abolion de la peine de mort en France, notre gouvernement se serait offert le luxe de la rétablir à l'encontre de son ancien allié, le colonel Mouammar Kadhafi, puisque le président Sarkozy serait directement à l'origine de l'ordre donné aux avions de l'OTAN de tirer sur son convoi qui quittait la ville de Syrte, le 20 octobre dernier, après que les services de renseignement français l'aient localisé. Il se serait agi d'éviter que l'ex-leader libyen puisse "rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres". Pendant les jours qui ont suivi sa liquidation la plupart des médias s'en sont tenus plutôt à la version selon laquelle le tire d'une balle dans la tempe du guide de la révolution aurait des miliciens de Misrata après l'immobilisation de son véhicule par les forces de l'OTAN, sans que les dirigeants occidentaux soient directement intervenus dans la décision. Le fils de Kadhafi Mouatassim, 36 ans, président du Conseil national de sécurité, a subi le même sort après avoir été fait prisonnier en violation des conventions de Genève.

 

Peu de voix en France se sont élevées contre cette pratique. Le Monde soulignait le 20 octobre 2011 que toute la classe politique s'est réjouie de l'élimination du leader libyen. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin qui avait mené une politique non-alignée pendant la guerre d'Irak a jugé sur Radio France Politique le 30 octobre (min 35.25) que ce qui avait été fait par la France en Libye avait été "bien fait".

 

Le dernier fils survivant du colonel Kadhafi Seif-Al-Islam pourrait subir le même sort que son père. Selon le journal d'Omar al-Bachir (président soudanais inculpé par la cour pénale internationale) al-Intibaha il serait protégé par des sécessionnistes du Darfour en lutte contre le gouvernement de Khartoum qui lui, soutient ouvertement les anti-kadhafistes du CNT.

 

Le bilan des morts civils dûs à l'intervention militaire de l'OTAN reste à faire (alors que les preuves de la répression massive de la population libyenne par Kadhafi au printemps dernier n'ont pas été apportées).

 

Le nouveau régime libyen a éveillé la méfiance en octobre en annonçant son intention d'abroger toute mesure légale incompatible avec la Charia, notamment la loi sur la loi sur la monogamie et tout ce qui touche à l'égalité entre hommes et femmes. Mais pour l'heure seuls les enjeux économiques semblent préoccuper les responsables des pays de l'Alliance atlantique. Le ministre de la défense britannique Philip Hamond dès le 21 octobre a demandé aux grandes entreprises britanniques de "faire leurs valises" pour se hâter de prendre leurs parts dans le marché de la reconstruction de la Libye.

 

Dgibril Cissoko

 

 

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