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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

maghreb - afrique occidentale

Côte d'Ivoire-Zimbabwe : vers un reflux de l'ingérence occidentale ?

10 Février 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Alors qu'une mission de l'Union africaine (UA) chargée de trouver une solution à l'impasse politique où se trouve la Côte d'Ivoire vient d'achever son travail dans la discrétion, et que le spectre d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) s'éloigne, l'Afrique du Sud a envoyé une frégate au large d'Abidjan.

 

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"Cela ne peut que compliquer les choses" a déclaré le Ghanéen James Victor Gbeho, président pro-occidental de la Commission (pouvoir exécutif) de la Cédéao. "La solidarité qui s'est faite jour au sein de la communauté internationale est en train de s'effriter rapidement parce que certains pays prennent parti et ne sont pas d'accord avec la décision qui a déjà été prise (de défendre la victoire électorale d'Alassane Ouattara, ndlr)", a-t-il ajouté selon la correspondante de Libération et de Radio France International Sabine Cessou sur le blog Posts Afrique.

 

Prétoria a affirmé que cette frégate n'est là que pour facilter d'éventuelles négociations, comme Nelson Mandela avait dépêché une frégate au large du Congo-Zaïre en 1997 pour permettre le dialogue entre Laurent Désiré Kabila et Mobutu Sese Seko. Le journal "Le Pays", lui, accuse l'Afrique du Sud de s'apprêter à livrer des armes au président Gbagbo.

 

Selon, Renaldo Depagne, un responsable de l'International Crisis Group (ICG) financée par la fondation Soros, le camp africain des pro-Gbagbo, mené par l'Afrique du Sud, compterait l'Ouganda, la Gambie et le Zimbabwe.

 

Il semble qu'en France au sein même du parti gouvernemental UMP des voix commencent à s'élever pour mettre fin au boycott du gouvernement de Laurent Gbagbo. Le 8 février l'Elysée a empêché in extrémis un déplacement à Abidjan des députés UMP Yves Censi, Cécile Dumoulin et Jean-François Mancel, voyage que les agences de presse couvrent de sarcasmes mais qui semble correspondre à des convictions profondes chez eux puisqu'ils s'étaient déjà distingués en novembre dernier en se prononçant contre l'isolement infligé par la "communauté internationale" au gouvernement de Madagascar.

 

L'unanimité pour une pression sur le gouvernement d'Abidjan est donc loin d'être acquise.

 

Autour du Zimbabwe aussi le débat sur l'ingérence occidentale connaît de nouveaux développements. Selon un câble publié vendredi sur le site de Wikileaks, en avril 2009 lors d'une réunion à Paris Bruno Joubert conseiller diplomatique adjoint de l'Elysée, Eric Chevallier et Charlotte Montel conseillers techniques au cabinet de Kouchner auraient fait pression sur le ministre britannique Malloch-Brown pour une levée des sanctions après la constitution du gouvernement d'union nationale, ce qui a permis la reprise des pourparlers avec l'Union européenne, malgré la présence d'un fort lobby anti-Mugabe dans la classe politique britannique. Il est vrai que les sanctions économiques n'ont pas empêché le pays le pays de connaître une croissance de 5,7% en 2009, 8,1 en 2010 grâce à une bonne reprise de l'agriculture, ce qui justifie de bonnes anticipations économiques pour les années à venir.

 

Wikileaks a aussi révélé quel rôle les sanctions internationales jouaient dans la manipulation de la classe politique zimbabwéenne : le parti d'opposition MDC-T dont le dirigeant a été nommé premier ministre auprès du président Mugabe sous la pression étrangère, a négocié directement avec l'Union européenne des levées des sanctions au profit de ministres ou d'entreprises proches de ce parti pour l'aider à prendre l'ascendant contre le parti de Mugabe.

 

Le 9 février le quotidien zimbabwéen The Herald mettait à l'honneur une déclaration de l'ambassadeur iranien à Harare qui affirmait que l'Occident punissait le Zimbabwe pour sa résistance au néo-colonialisme et annonçait la visite du ministre des affaires étrangères chinois dont le pays coopère beaucoup avec le Zimbabwe.


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Le centre-ouest de la Tunisie en ébullition

4 Janvier 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Le 19 décembre (le 17 selon d'autres sources) à Sidi Bouzid en Tunisie, un jeune homme s’était immolé par le feu avec de l’essence devant la préfecture, après s’être fait confisqué la marchandise qu’il vendait illégalement. Cinq jours plus tard, un autre jeune s’est mortellement électrocuté en public, en grimpant au sommet d’un poteau électrique.

 

De nombreux jeunes chômeurs et des travailleurs sont descendus dans la rue. Des villes des alentours de Sidi Bouzid ont rejoint le mouvement dans un premier temps, puis des villes du nord au sud du pays jusque la capitale, Tunis. Tout en faisant part de sa compréhension, le président Ben Ali a lancé un processus répressif. Le 24 décembre un jeune manifestant tué par balle lors des violents affrontements qui ont secoué la ville de Menzel Bouzayane (ces tirs auraient répliqué à une tentative de groupes de jeune d'incendier un véhicule de police). Des journaux ont été saisis. A l'issue d'un sit-in des avocats à Tunis, maîtres Raouf El Ayadi et Choukri Belaïd ont été arrêtés, dans la soirée du mardi 28 décembre avant d'être libérés le lendemain.Ammar Amroussia, porte parole du Parti communiste ouvrier de Tunisie (PCOT) et correspondant du site albadil.org, a été arrêté à Gafsa pour ses publications et ses déclarations dès le début de ce mouvement de colère des déshérités ; ainsi qu'Attia Athmouni, porte parole du comité de soutien de Sidi Bouzid et membre du Parti démocrate progressiste (PDP) et le journaliste Mouldi Zouabi.Selon sa radio ce dernier était au palais de justice de Jendouba en compagnie des avocats le 29 décembre pour couvrir leur action de solidarité avec les habitants de Sidi Bouzid. Dans sa communication téléphonique avant que la police ne confisque son portable, le journaliste a déclaré depuis le commissariat qu’il a été agressé violement par des agents de police qui ont également cassé ses lunettes.

 

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La répression n'a toutefois pas découragé le mouvement social. A Sidi Bouzid la commission administrative de l’union régionale du travail de Sidi Bouzid sous la présidence de Mohamed Saad a tenu, le jeudi 30 décembre, une réunion à l’issue de laquelle une décision de grève générale pour le 12 janvier a été prise à l’unanimité. Selon radio Kalima à Jelma samedi "des syndicalistes et un nombre important d’activistes rejoints par une impressionnante foule de citoyens se sont rassemblés devant le siège de l’Union régionale du travail puis ont marché dans les rues de la ville. Les manifestants ont scandé des slogans pour dénoncer la corruption, demander leur droit aux travail et la levée de l’état de siège qui frappe Sidi Bouzid depuis le début des événements. La police a dispersé les manifestants à coups de matraques.

 

A Jerba la police a empêché les avocats de sortir du palais de la justice. Ces derniers étaient contraints d’improviser leur réunion dans le hall du palais.  Les avocats ont brandi des slogans pour demander la levée de l’état de siège imposé sur la ville de sidi Bouzid et dénoncer la corruption et la tyrannie. Le même scenario s’est produit au siège de l’Union régionale du travail où des citoyens venu se joindre au syndicalistes ont été empêché d’y accéder. La police a utilisé les matraques pour venir à bout de cette action. Kalima a appris que la syndicaliste Nejah Hamdani, membre du syndicat de l’enseignement secondaire a été grièvement blessé après avoir été agressé à coup de matraques par des policiers ; son fils a été lui aussi roué de coups. D’autres actions similaires ont eu lieu dans les ville de Makther , Siliana, Jebniana et Sousse." A Jbeniana plus précisément "des affrontements ont éclaté, vendredi le 31 décembre à 22h, entre les habitants de la ville et les forces de l’ordre. Ces dernières ont lancé des bombes lacrymogènes pour disperser les manifestants. Deux jeunes ont été arrêtés puis relâchés dans la matinée du samedi après avoir été soumis à la torture selon leurs déclarations."

 

Des sit-ins ont eu lieu devant des consulats tunisiens en Europe. Les partis égyptiens Karama, et Alraad, le parti communiste libanais, la Confédération syndicale internationale  ont exprimé leur soutien aux manifestants.

 

Ont appelé à une manifestation de solidarité Place de la fontaine des innocents à Paris le 6 janvier à 18 h les organisations ci-dessous : C ! - ACHR - ACORT - AFASPA - AMF - ASDHOM -ATF-ATF Paris - ATMF - ATTAC - CAPJPO-EuroPalestine - CEDETIM - CISA - CNT -Comité National de Soutien au Mouvement du Bassin minier - CourantNationaliste Progressiste - CORELSO - CPR -- CRLDHT - DAL - Etoile NordAfricaine - Europe Écologie Les Verts - La pelle et la pioche - FASE (Fédération pour une alternative Sociale et Écologique) - FDLT (Forum démocratique pour la liberté et le Travail) - FTCR - Les Alternatifs - Le Mouvement pour une alternative socale, écologique et démocratique, Lutte ouvrière,-Manifeste des Libertés - Mouvement Nahdha - Mouvement Tajdid France - MRAP - NO-VOX - NPA - PCF - PCOF - PCOT - PDP - PG -Réseau Stop la Précarité - Respaix Conscience Musulmane - Reveil des Consciences - SOLIDAIRES - Solidarité Tunisienne -- Sorti du colonialisme - UTIT - Voie Démocratique Maroc - Voix Libre)

 

Le Parti Socialiste français a publié un communiqué le 30 décembre dans lequel il a critiqué les autorités tunisiennes qui ont recouru à la violence contre des manifestants pacifiques. Le PS a demandé dans le même communiqué aux autorités tunisiennes le respect des libertés et la libération de tous les manifestants arrêtés. Rappelons que le Parti du dictateur est membre de l'Internationale socialiste.

 

Selon un câble diplomatique du 17 juillet 2009 publié par Wikileaks  l'ambassadeur des Etats-Unis à Tunis avait estimé : "La Tunisie a de gros problèmes. Le Président Ben Ali est vieillissant, son régime est sclérosé et il n’y a pas de successeur évident. De nombreux Tunisiens sont frustrés par le manque de libertés politiques et éprouvent de la colère envers la famille présidentielle, la corruption, le chômage élevé et les inégalités régionales. L’extrémisme fait peser une menace permanente. [...] La Tunisie est un État policier, avec peu de liberté d’expression et d’association, et de graves problèmes de droits humains. [...] Pour chaque pas en avant, il y en a un autre en arrière, par exemple le récent rachat d’importants médias privés par des personnes proches du président Ben Ali.

  [Ben Ali] et son régime ont perdu le contact avec le peuple tunisien. Ils ne tolèrent pas de conseils ou de critiques, ni nationales ni internationales. Ils s’appuient de plus en plus sur le contrôle par la police et se concentrent sur la préservation du pouvoir. La corruption dans les premiers cercles s’accentue. Même les Tunisiens moyens sont à présent très conscients de cela, et le choeur de leurs plaintes s’amplifie [...]. Les Tunisiens n’aiment vraiment pas, voire détestent la première dame Leila Trabelsi et sa famille. En privé, les opposants au régime se moquent d’elle. Même dans les cercles proches du pouvoir on exprime de la consternation face à ses frasques. Entretemps, la colère monte face au taux de chômage qui grimpe et aux inégalités régionales. En conséquence, les risques pour la stabilité à long terme du régime sont en augmentation."

 

La porte-parole du Ministère des affaires étrangères français a appelé à "l'apaisement". Le soutien de M. Sarkozy et de l'UMP au régime tunisien, semble toujours de rigueur.

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Côte d'Ivoire : pressions occidentales sur le président sortant

20 Décembre 2010 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Alors que les dernières élections tenues dans des conditions suspectes au Burkina et en Guinée ont renforcé les partisans de la Françafrique, Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire a refusé de reconnaître la victoire du candidat de Nicolas Sarkozy Alassane Ouattara. Le conseil constitutionnel a attribué à Laurent Gbagbo 51,45 % aux élections 28 novembre.

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Selon Dedy Seri, sociologue, membre de la coordination des intellectuels africains et des diasporas, et responsable de la doctrine au sein du Front populaire ivoirien (FPI) - le parti présidentiel -, des électeurs ont été empêchés de voter dans le nord du pays. Les votes à Paris ont été invalidés dans 28 bureaux à cause de troubles dans 8 bureaux, ce qui a contribué à compliquer le calcul des résultats. Le 1er décembre au soir, alors que les résultats n'étaient toujours pas connus Youssouf Bakayoko, le président de la commission électorale indépendante CEI (qui comprendrait un majorité de membres du RHDP et du Rassemblement des républicains) aurait subi de fortes pressions à quelques minutes de la forclusion de son mandat, c'est à dire juste avant que celle-ci soit légalement dessaisie au profit du conseil constitutionnel, ce qui l'aurait même conduit à tenter de proclamer des résultats dans des conditions douteuses. Puis le lendemain Bakayoko aurait été pris en otage à l'Hôtel du Golf, siège de l'opposant Ouattara,pour proclamer l'élection de celui-ci, au delà de la forclusion, alors que seul seul le conseil constitutionnel était désormais habilité à publier les résultats (cf la vidéo, la version des faits relatée là est différente de la présentation par Wikipedia et les médias dominants).

 

On notera d'ailleurs que le 8 décembre au conseil de sécurité de l'ONU (présidé par le Gabon ami de la France), la Russie a émis des doutes sur les conditions de la proclamation de la victoire de M Ouattara et sur la méthode de vérification adoptée par l'émissaire de l'ONU Choi Young-jin sur 20 000 procès verbaux.

 

Les deux candidats ont prêté serment le 4 décembre 2010, chacun de son côté, comme présidents de la Côte d'Ivoire. Dans les jours qui ont suivi, des violences ont éclaté entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d'Alassane Ouattara, causant la mort de plus de 50 personnes selon l'ONU. Les Etats-Unis, l'Union européenne, l'ONU et la France ont menacé M. Gbagbo de sanctions. L'Union européenne a adopté un premier train de sanctions le 17 décembre.

 

Le quotidien ivoirien pro-Gbagbo Notre Voie du 9 décembre accusait l'Elysée de préparer l'assassinat de Laurent Gbagbo, tandis que, dans le quotidien burkinabe "Le Pays", du 16 décembre, l'avocat Me Vergès dénonçait l'ingérence française dans le processus électoral ivoirien. En réactions aux menaces formulées par Nicolas Sarkozy, le ministre de la Jeunesse, de l'Emploi et de la Formation professionnelle Charles Blé Goudé, a battu le rappel des troupes. Il a cependant souligné qu'il n'incitera pas ses partisans à s'attaquer aux forces internationales présentes dans le pays afin de ne pas donner à la France de prétexte pour intervenir militairement contre les patriotes ivoiriens. Gbagbo lui-même a exigé le départ des casques bleus et des forces françaises de l'opération Licorne en Côte d'Ivoire.

 

Après l'échec de sa médiation le 17 décembre le président de la commission de l'Union africaine, le gabonais Jean Ping s'est envolé directement pour Alger afin de discuter avec le président Abdelaziz Bouteflika de la mise en place d'une éventuelle force d'intervention de l'UA en Côte d'Ivoire. Les pays africains sont divisés : certains, le Nigeria en tête, voudraient une intervention militaire pour déloger Gbagbo du pouvoir, d'autres, comme l'Algérie, préfèreraint encore privilégier une solution diplomatique.

 

Le président de la Banque mondiale, Robert B. Zoellick, a lancé un appel à Laurent Gbagbo, dimanche 19 décembre au soir à Bamako, pour qu'il accepte les résultats de l'élection présidentielle ivoirienne et "remette le pouvoir au gagnant". Le même jour place de la République à Paris des affrontements entre pro-Gbagbo et pro-Ouattara ont fait deux blessés. Parmi les personnalités françaises Henri Emmanuelli semble être parmi les derniers à défendre le point de vue de Laurent Gbagbo, alors que le Parti socialiste, autrefois ami du FPI, s'est progressivement rallié au point de vue majoritaire.

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Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée : des élections favorables à la Françafrique

3 Décembre 2010 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Les résultats des dernières élections en Afrique de l'Ouest sont plutôt de bonnes nouvelles pour l'impérialisme français dans la région, puisque les vainqueurs sont des candidats généralement présentés comme bénéficiant d'un certain soutien de Nicolas Sarkozy et des alliés traditionnels de la France en Afrique.

 

C'est particulièrement clair au Burkina Faso, où Blaise Compaoré, l'homme  qui a renversé Thomas Sankara en 1987 avec la bienveillance de la France a remporté une parodie d'élection présidentielle du 21 novembre dernier. Seule une moitié des 7 millions d’électeurs potentiels s’était inscrite sur les listes électorales, et seulement 1,7 millions d’entre eux se sont rendus aux urnes.

 

800px-LocationAfrica.pngSelon Survie, la France, dont l'aide économique augmente régulièrement, a accentué son contrôle du Burkina Faso au cours des dernières années. Le nouvel ambassadeur de M. Sarkozy est le général quatre étoiles Emmanuel Beth, habitué des bases africaines de l’armée française et frère du commandant des troupes d’élites du COS (Commandement des Opérations Spéciales), a été nommé à Ouagadougou cet été, juste avant un redéploiement de troupes françaises dans le pays au titre de la « lutte contre le terrorisme ». L’Union Européenne n’a pas envoyé d’observateurs. L’Observatoire Européen pour la Démocratie et le Développement (OEDD) l'a remplacée. Il s'agit d'une association, cofondée entre autres par Pierre Messmer, liée à l'UMP et au groupe Bolloré. Elle a dépêché sur place une douzaine d’observateurs, lesquels ont validé le scrutin, alors que seuls les représentants du candidat Compaoré et les forces de l’ordre étaient présentes dans les bureaux de vote visités.

 

M. Compaoré devait jouer un rôle de médiateur aux élections présidentielles de Côte d'Ivoire où le président sortant Laurent Gbagbo était donné perdant le 3 décembre par la commission électorale(45,9 %) face à Alassane Dramane Ouattara (54,1 %) à l'élection présidentielle.L'armée a ordonné la veillle au soir soir la fermeture des frontières du pays, sans qu'on sache précisément s'il s'agit d'une réaction des partisans du président sortant au sein de l'état major pour remettre en cause les résultats électoraux. Washington pour sa part a appelé  « toutes les parties » au respect des « résultats annoncés par la Comission électorale indépendante ». « Ces résultats provisoires ont déclaré Alassane Ouattara vainqueur contre le président en exercice Laurent Gbagbo. » Laurent Gbagbo avait à tort ou à raison à Paris l'image d'un opposant au néocolonialisme  et aux réseaux Françafricains. La France sarkozyste tout en ayant conscience d'avoir perdu du terrain en Côte d'Ivoire nourrirait l'espoir d'y reconstituer son influence avec Alassane Ouattara. Le Parti socialiste français n'avait pas hésité quant à lui à envoyer l'ancien ministre Jack Lang faire campagne pour Gbagbo.

 

En Guinée aussi c'est un ami de la France qui est élu. La Cour suprême de ce pays a confirmé, dans la nuit du 2 au 3 décembre, la victoire de l'opposant historique Alpha Condé à l'élection présidentielle avec 52,52% des voix, contre 47,48% à Cellou Dalein Diallo. M. Condé était connu pour entretenir des relations d'amitié personnelle avec M. Kouchner et Mme Alliot-Marie. En Guinée comme au Burkina le caractère démocratique des élections ne peut convaincre personne. Le taux d'inscription sur les listes électorales était faible. En outre les Peuls ont souligné avoir été empêchés de voter pour leur candidat Diallo dans les préfectures de Kouroussa et Siguiri. La proclamation des premiers résultats, qui donnaient déjà M. Alpha Condé gagnant, avaient suscité des émeutes. Les agents de la Force spéciale de sécurisation du processus électoral (Fossepel) et les unités ‘Béret rouge’ avaient tiré sur des manifestants à balles réelles dans plusieurs quartiers de Conakry pour rétablir l'ordre selon le Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, faisant des dizaines de morts, et le Conseil de sécurité des Nations Unies avait appelé à une modération de la répression.

 

Le regain d'influence de la France dans ces trois pays est favorisé par la communauté d'intérêts qui se dessine entre les Etats-Unis et la France (après les rivalités de l'époque de George W. Bush), notamment face à la Chine, malgré quelques nuances tactiques en ce qui concerne le Sahel.

 

FD

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Faibles réactions internationales après la répression marocaine à Laâyoune

15 Novembre 2010 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Le 8 novembre dernier policiers et gendarmes marocains en tenue anti-émeute ont démantelé par la force un campement (Gdeim Izik) de 15 000 personnes installées à Laâyoune (El Ayoun), la capitale du Sahara occidental, qui demandaient des logements sociaux, un revenu minimum pour les familles dans le besoin, des embauches dans la fonction publique pour les jeunes diplômés . L'intervention des policiers a suscité une émeute, et des affrontements ont eu lieu. Le bilan officiel fait état de 12 morts, 10 parmi les forces de l'ordre et deux civils, ainsi que d'une centaine d'arrestations. Le Polisario évoque un grand nombre de blessés, sans les identifier. En outre, selon ministère sahraoui  de l’Information.plus de 2000 personnes ont été emprisonnées.

 

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La ministre des affaires étrangères espagnole a rappelé que l'Espagne, ancienne autorité coloniale du Sahara occidental, soutient le droit à l'autodétermination du peuple Saharaoui, mais les activistes à Madrid accusent le gouvernemet de JL Zapatero de n'avoir rien fait pour empêcher la police marocaine d'intervenir. En outre le PSOE au pouvoir s'est désolidarisé de la résolution proposée par sa députée Fátima Aburto qui condamnait la violence au Sahara occidental. Les activistes ne sont pas les seuls à attaquer l'inertie de Madrid sur ce sujet, puisque le leader du PPMariano Rajoy a accusé le gouvernement madrolène "d'abdiquer ses responsabilités", ce qui d'ailleurs lui a valu une réaction birulente du premier ministre marocain lui reprochant de porter "atteinte à l'intégrité territoriale" du Maroc.

 

Maja Kocijancic, porte-parole de la haute représentante de l'Union européenne Catherine Ashton a simplement indiqué que l'UE suivait "de près" la situation.

 

Aux Etats-Unis la U.S. Western Sahara Foundation (bizarrement présidée par une pasionaria républicaine qui fait aussi du lobbying contre la Corée du Nord) a aussi interpelé le président Obama, sans résultat.

 

Le président Hugo Chavez Frias quant à lui a condamné la répression marocaine à Laâyoune. L'Union africaine a appelé le Maroc à éviter le recours à la violence.

 

Une pétition pour la mise en œuvre d’une enquête internationale sur les événements qui se déroulent depuis le 8 novembre à El Ayoun occupée, suite à l’assaut des forces de l’ordre marocaines contre le campement de civils sahraouis de Gdeym Izik a été lancée par des associations solidaires avec le peuple sahraoui et 60 organisations membres du Comité international du Forum  social mondial. L’eurodéputée Nicole Kiil-Nielsen, députée européenne  Europe écologie, membre de la sous-commission des droits de l’homme du parti des Verts suisses, a estimé samedi que «la répression a révélé malheureusement le vrai visage du régime marocain.»

 

En France les députés communistes ont demandé à Paris de réagir d'autant qu'un des leurs, Jean-Paul Lecoq (Seine-Maritime) s'est vu interdire de quitter l'aéroport de Casablanca de même que le député européen communiste espagnol Willy Meyer alors que tous deux souhaitaient se rendre à Laâyoune. Depuis le second mandat de Jacques Chirac la France est clairement alignée sur la position marocaine en ce qui concerne le Sahara occidental, position confirmée par M. Sarkozy en octobre 2007.

 

FD

 

ps : Le 17.11, La France a empêché le Conseil de sécurité (réunià la demande du Mexique et de la Grande-Bretagne) d'envoyer une mission d'enquête internationale au Sahara occidental.

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Une ONG catholique et un lobby états-unien critiquent le régime du Cameroun

30 Août 2010 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Dans un article mis en ligne le 24 août, Bruno Angsthelm, du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD, une ONG influente basée à Paris) s'alarme de l'impossibilité d'une alternance politique au Cameroun. Le Président Paul Biya aujourd'hui âgé de 77 ans a obtenu en 2008 la modification de la constitution permettant qu'il exerce un nouveau mandat.  Les élections auront lieu l'an prochain. Au pouvoir depuis 1982, responsable d'une répression sanglante des émeutes de la faim en février 2008, le président Biya est dans le collimateur de plusieurs ONG sur la question du respect du pluralisme et des droits de l'homme.

 

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L'International crisis group financé par George Soros et proche des démocrates aux Etats-Unis s'est aussi intéressée au régime de Paul Biya très récemment. Fin mai un de ses rapports soulignait l'instabilité potentielle du Cameroun. Dans la foulée, le 8 juin, à Douala, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Janet E. Garvey  s’est adressée à des hommes d’affaires, membres de la Chambre de commerce américaine, une structure créée au Cameroun il y a trois ans, pour dénoncer la corruption au sommet de l'Etat camerounais. Certains courants du parti démocrate à Washington pousseraient au Cameroun la candidature de Christopher Fomunyoh , le coordonnateur pour l’Afrique centrale du National Democratic Institute (Ndi), proche lui aussi du parti démocrate étatsunien, à l’élection présidentielle de 2011. 

 

Toutefois les Etats-Unis, tout comme la France, sont très loin d'avoir abandonné Paul Biya.  Leur allié, Israël, a récemment formé un corps d'élite au sein de l'armée camerounaise, le Bataillon d’intervention rapide, apparemment en concurrençant les cadres militaires français, spécialement pour sa protection. Nicolas Sarkozy à l'issue d'une visite de son ami Paul Biya en France lui a imposé la nomination d'un vice-président, afin que le système camerounais puisse se reproduire dans de meilleures conditions que le régime togolais à la mort d'Eyadéma ou le régime ivoirien après le décès d'Houphouët Boigny, ce qui n'est pas sans poser des problèmes ethniques. La désignation du vice-président pourrait être un moyen de ménager les intérêts états-uniens et français au Cameroun en ouvrant les perspectives d'une sortie "en douceur" de l'ère Biya.

 

L'économie du Cameroun est largement entre les mains de la holding française Bolloré qui contrôle ses chemins de fer, son port maritime (Douala), et directement ou indirectement une bonne partie de son agriculture (le groupe a lancé récemment des actions en justice contre des journalistes qui mettaient en cause la manière dont il traitait sa main d'oeuvre au Cameroun). En octobre 2007, le journal du groupe Bolloré Matin Plus en collaboration avec le Monde a vanté la politique de Paul Biya, et le groupe soutient la Fondation de l'épouse du chef de l'Etat Chantal Biya, une association caritative dont le nom a été évoqué à diverses reprises dans des affaires de corruption (fondation qui bénéficie certes aussi de dons chinois...). La découverte récente de nouveaux gisements pétroliers par Total devrait rendre ce pays (qui déjà tire la moitié de ses recettes à l'exportation des hydrocarbures) encore plus attractif pour ses parrains occidentaux.

 

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L'anticolonialisme au Maghreb

1 Mars 2010 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Dans un contexte où le président français Sarkozy s'est employé à vanter les bienfaits du colonialisme, et à durcir son discours à l'égard des immigrés et Français issus de l'immigration postcoloniale, diverses initiatives ont été prises récemment en Algérie qui témoignent de la vivacité du sentiment anti-colonial.
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Comme le rappelle Jeune Afrique, le 13 janvier 2010, Moussa Abdi, élu du Front de libération nationale (FLN), a présenté à l'assemblée nationale populaire algérienne un texte demandant la criminalisation du colonialisme. Cette proposition de loi si elle avait été adoptée aurait pu entraîner la création de juridictions spéciales chargées de juger les responsables politiques et militaires français pour les crimes de guerre perpétrés entre 1954 et 1962, et pour les crimes contre l’humanité qui auraient eu lieu durant la longue période coloniale (cent trente-deux ans de présence française en Algérie). En plus des excuses demandées à ­l’ancienne métropole et de la reconnaissance du « génocide », des compensations financières comme ce que la Libye a obtenu de l'Italie auraient été exigées. Le texte était soutenu par 125 députés (sur 389) du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste) et El Islah. 

En janvier M. Abdi avait annoncé sa ­volonté d’associer les parlementaires des autres anciennes colonies ou protectorats français (Maroc, Tunisie) au projet de ­criminalisation de la colonisation. Des élus algériens parmi les ­signataires de la proposition de loi se sont rendus au Vietnam la première semaine de février. Selon le quotidien algérien El Watan, la proposition « a été accueillie froidement » à Hanoi, et en Algérie-même la direction du FLN ne paraissait guère favorable au vote de la proposition de loi de M. Abdi. Des médias kabyles ont dénoncé aussi une opération "populiste" de l'aile conservatrice du FLN. Il semble que les partis de gauche algériens comme le Parti des travailleurs, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (représentés à l’APN) ainsi que le Front des forces socialistes (sans députés) ne soutenaient pas cette initiative. Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, le 13 février à Zéralda, lors de son rapport d’ouverture des travaux de la commission nationale des élus de son parti, a émis des réserves sur le fond, la forme et l’opportunité même du projet de M. Abdi, s’interrogeant au passage sur ses dessous et ses desseins et laissant entendre que le «timing» choisi pour cela ne serait pas étranger à le tenue du 9e congrès du FLN. Elle n'a cependant pas attaqué le fond du texte, espérant même sur un ton ambigu "que ce projet survivra au prochain congrès du FLN".Le député RCD, Noureddine Ait Hamouda, a jugé le projet inutile « parce que les initiateurs n’ont pas la légitimité nécessaire pour mener un projet de cette envergure ». Le 19 février le projet a finalement été retiré sous la pression du président Bouteflika, qui aurait été sensible aux menaces de Paris quant aux effets d'une telle loi sur les relations diplomatiques et économiques bilatérales. Il n'est pas absolument évident toutefois que le projet soit définitivement enterré par ses initiateurs.

La France reste par ailleurs sur la sellette en ce qui concerne les essais nucléaires qu'elle a réalisés dans le Sahara entre 1960 et 1966. Le 13 février, l’avocate Fatma ­Benbraham a ­annoncé qu’elle disposait de ­suffisamment de preuves pour attaquer devant les tribunaux internationaux la France pour génocide. « Un rapport militaire ­français relève la présence au moment des expériences nucléaires de quelque 40 000 ­habitants dans cette région, entre nomades et sédentaires, explique-t-elle. Cela ­contredit la version officielle soutenant que les essais ont eu lieu dans des zones sans vie, comme l’avait promis le représentant de la ­France aux Nations unies en 1957. » 

Dans un autre registre, le discours anticolonialiste au Maghreb s'est également déployé récemment à Bir Lahlou, en plein désert, 64 km à l’est du “mur de la honte” érigé par les Marocains au début des années 80, et qui sépare les territoires occupés des territoires sahraouis, où le Front polisario a célébré l’an 34 de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). S'étaient déplacés jusqu'à cette bourgade inhospitalière l’ambassadeur de Cuba à Alger, Eumelio Caballero Redriguez, et celui du Venezuela, Michel Mujica, le chargé d’affaires de l’ambassade de l’Afrique de Sud à Alger, une forte délégation venue de Pretoria, composée des responsables de l’ANC, du Parti communiste et des représentants des syndicats, le président de la commission de travail au Parlement nigérian, des universitaires, des représentants du mouvement ouvrier et d’étudiants de ce pays. D’autres pays africains qui ont combattu armes à la main le colonialisme étaient également représentés tels que le Mozambique, le Ghana, l’Angola, la Guinée-Bissau. L’Algérie était représentée par le Comité national de solidarité avec le peuple sahraoui. Les Africains ne connaîtront pas la paix et le repos tant qu’il y a un peuple africain sous le joug de la colonisation. » a déclaré le représentant de l'ANC paraphrasant Nkrumah.

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L'uranium nigérien

5 Décembre 2009 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

L’association de défense de l’environnement Greenpeace a publié un rapport sur les mines d’uranium exploités par le groupe français Areva, au nord du Niger. Une équipe de l’organisation s’est rendue sur les lieux du 1er au 9 novembre. Cette étude révèle les risques de contamination radioactive pour les populations locales.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

Dans un article du Monde Diplomatique de juin 2008, Anna Bednik décrivait l'action du mouvement touareg MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) pour que les collectivités locales nigériennes puissent avoir le contrôle des recettes de l'exploitation de l'uranium. Le Niger est le troisième exportateur mondial de ce minerai. Il est exploité par deux sociétés franco-nigériennes dont Areva NC est l’actionnaire majoritaire. Mais le gouvernement nigérien commercialise désormais une partie de la production directement sur le marché, et le monopole français de l’extraction de l’uranium au Niger est terminé. A. Bednik indique notamment qu'en novembre 2007, Sino-Uranium, filiale de l’entreprise publique chinoise China National Nuclear Corporation (CNNC) qui explore depuis 2006 l’importante concession de Tegguidda, a obtenu le permis d’exploitation du gisement d’Azelik. Au vu des actions de la guérilla touaregs contre la CNNC, l'hypothèse d'une manipulation de celle-ci par Areva a été avancée pendant un temps, puis démentie par la suite. Une dialectique entre violence des rebelles et le durcissement du gouvernemet de Niamey s'est engagée dans un contexte d'appauvrissement croissant des populations locales et de désertification, avec toutes les conséquences que l'on peut imagine (sur la répression, voir par exemple le témoignage d'Amnesty International en 2007).

Dans une préface au récent livre de Yash Tandon "En finir avec la dépendance à l'aide" (exd. CETIM), l'économiste Samir Amin, contributeur de l'Atlas alternatif, cite la situation du Niger comme illustration de l' "aiguisement des conflits pour l'accès aux ressourcs naturelles de la planète", contexte dans leque les pays du Nord entendent se réserver l'accès exclusif à une "Afrique "utile" (celle des ressources naturelles), et en interdire l'accès aux "pays émergents" " comme la Chine. L'aide au développement (dont les modalités sont définies de façon unilatérale et qui, dans le cas du Niger, représente la moitié de son buget) servant à maintenir les classes moyennes nationales dans une position clientélaire à l'égard des pays riches.

F. Delorca

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La Mauritanie sous haute surveillance

29 Septembre 2008 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Le 6 août  dernier, un conseil de 11 militaires dirigé par le général Ould Abdel Aziz a annoncé avoir « mis fin au pouvoir du président » élu en mars 2007. Il a promis une élection présidentielle « libre et transparente » dans « une période qui sera la plus courte possible ». Une marche organisée en soutien aux putschistes a réuni, quelques jours plus tard à Nouakchott, quelque centaines de véhicules et un millier de personnes qui ont défilé aux cris de « Aziz ! Aziz ! ». Quasiment au même moment, la police a dispersé « à coups de grenades lacrymogènes » un rassemblement en faveur du chef de l’Etat renversé, selon le secrétaire général du parti présidentiel, Mohamed Mahmoud Ould Dahmane. Cette manifestation contre le putsch était organisée par quatre partis politiques constitués en Front national pour la défense de la démocratie. Dans son premier communiqué, ce Front a affirmé que Sidi Ould Cheikh Abdallahi restait le « seul et unique président légitime » et a invité les militaires « à regagner leurs casernes » (http://www.elwatan.com/Les-militaires-promettent-une).

Les puissances étrangères n'ont pas tardé à réagir. A Bruxelles, la Commission européenne a demandé la libération du président et du Premier ministre, comme préalable à l’organisation de nouvelles élections. L’Egypte s’est dite « consternée » par le coup d’Etat, et la Ligue arabe faisait part de son « extrême » inquiétude.La France, ex-puissance coloniale, a « réaffirmé sa totale condamnation du coup d’Etat inacceptable » et menacé la junte de « conséquences sur les relations » de ce pays avec l’Union européenne s’il n’y avait pas de « retour à la légalité constitutionnelle ». Washington a suspendu son aide non-humanitaire à la Mauritanie.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de (CPS) de l'Union africaine pour sa part lançait un  ultimatum aux nouvelles autorités de Nouakchott le 22 septembre  dernier, à l'occasion d'une réunion tenue à New York, en marge de  l'Assemblée générale des Nations unies, leur donnant un délai jusqu'au 6 octobre prochain pour libérer le président déchu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, et pour  rétablir l'ordre constitutionnel. Le nouveau régime de Nouakchott a rejeté cet ultimatum.

L'Agence de presse chinoise Xinhua signale qu'aujourd'hui les députés favorables au putsch sont majoritaires en Mauritanie (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/29/content_730738.htm). Le Sénat mauritanien a adopté il y a le 18 septembre de jours une feuille de route pour le  retour à un ordre constitutionnel normal qui se félicite des mesures prises par les forces armées et de sécurité contre le président déchu sans effusion de sang (http://actualites.marweb.com/mauritanie/politique/senat-adopte-proposition-resolution-situation-politique-pays.html).

Cependant, en Mauritanie, la crainte des sanctions internationales est à son comble. Khalil Balla Gueye, ancien premier conseiller d’ambassade à Bagdad, agitait le spectre d'un "catastrophe humanitaire" comparable à celle qu'a connu l'Irak, si les militaires ne rendent pas le pouvoir aux civils (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-la-trame-d-un-genocide-economique.html). La Mauritanie dépend à hauteur d'un tiers de son budget de l'aide extérieure (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-de-l-aide-au-developpement-a-l-autosuffisance.html).

Se joignant aux Occidentaux, la branche maghrébine d'Al-Qaïda, a proclamé une guerre sainte contre le nouveau régime. L'armée mauritanienne a lancé une opération de ratissage dans le nord du pays (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-l-armee-traque-al-qaida.html).

Une des premières mesures de la junte a été de nommer un nouveau Président du Conseil d'administration de la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH) (http://www.click4mauritania.com/communique-du-conseil-des-ministres-du-25-septembre-2008.html). La Mauritanie est devenue producteur de pétrole début 2006. Un gisement de pétrole a été découvert dans l'océan Atlantique et la société australienne Woodside exploitera les champs de Chinguetti. Le gouvernement table sur une production à terme de 100 000 barils par jour. Plusieurs autres gisements (Tioff, Banda, Tevel) ont été repérés, et l'exploration continue, menée notamment par Woodside, Dana Petroleum, et Total. Par ailleurs la Mauritanie est le 13eme producteur de fer au monde. Elle fournit 12 % du fer importé par la France (http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/fe/texfe.htm). Elle intéresse à ce titre la Chine :  un contrat de vente d'environ 1,5  million de tonnes de minerai de fer par an, sur une période de 7  ans, a été signé récemment entre la Société Nationale Industrielle et  Minière(SNIM) de Mauritanie et la société chinoise China Minmetals Corporation (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-03/24/content_602229.htm). La Russie et la Chine sont aujourd'hui les 2ème et 3ème partenaires commerciaux de la Mauritanie pour les importations derrière la France (http://www.economie.gov.mr/NR/rdonlyres/EB41D705-A5D6-4859-9803-20B14F28CFF4/0/note_trimestrielle_commerce_exterieur_12008.pdf).

FD
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L'Empire s'inquiète pour son pétrole nigérian

20 Juin 2008 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Hier 19 juin, le géant pétrolier Royal Dutch Shell a dû suspendre l'exploitation du brut nigérien à la suite d'une violente attaque contre sa plateforme off-shore de Bonga, à 120 km des côtes nigérianes, dont la capacité est de 220 000 barils par jour. Le groupe MEND a revendiqué cette action ainsi que l'enlèvement du capitaine états-unien Jack Stone, de la firme de services pétroliers Tidex (Reuters). L'attaque des terminaux pétroliers et des oléoducs par ce groupe dans le Delta du Niger a déjà contribué depuis début 2006 à réduire de 20 % la production pétrolière du Nigéria qui est sixième exportateur mondial de pétrole (et le cinquième fournisseur des États-Unis),  et dont les réserves seraient immenses. La crainte d'une interruption totale des exportations nigérianes serait un des facteurs principaux de la flambée des prix du brut sur les marchés internationaux en ce moment.

On sait peu de choses sur le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEND) à part qu'il réclame une distribution plus équitable des revenus du pétrole (la manne pétrolière nigériane partagée entre les multinationales et le gouvernement profite fort peu à la population). Ses détracteurs y voient un ramassis de criminels, ses sympathisants, par exemple l’écrivain, prix Nobel de littérature, Wole Soyinka, un groupe de jeunes gens disciplinés et déterminés, mus par des objectifs politiques au service d'une meilleure répartition de la rente (voir par exemple l'analyse d'une chercheuse membre de la Ligue communiste révolutionnaire Kohou Mbwélili sur http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5313). Certaines de leurs revendications ponctuelles ont révélé une proximité avec des opposants nigérians qui ne sont pas faits pour plaire à l'Empire occidental : ils ont notamment demandé la libération de l'ex-gouverneur de l'Etat de Bayelsa, Diepreye Alamieyeseigha, jugé coupable de corruption et celle de «Mujahid» Dokubo Asari, "un converti à l’islam, un gangster admirateur d’Oussama Ben Laden, selon ses détracteurs, un chef charismatique qui affirme mener ses actions au nom de la défense des ijaw, selon ses admirateurs" d'après RFI (http://www.rfi.fr/actufr/articles/074/article_41998.asp). Jugé coupable de «trahison» par la Haute-Cour fédérale en octobre 2005, Asari dirigeait une milice armée désormais interdite, la Force des volontaires du peuple du delta du Niger (NDVPF), dont le MEND a pris la relève.

Les actions de sabotage du MEND rappellent celles de la résistance irakienne. La résistance nigériane semble d'ailleurs, comme celle d'Irak, divisée entre de nombreux groupes rivaux dont MEND serait le plus efficace ou peut-être l'étiquette commune à l'égard de l'extérieur (http://www.wjla.com/news/stories/1207/481135.html). 

Depuis peu, une certaine gauche droit-de-l'hommiste états-unienne s'intéresse au MEND, comme par exemple Sandra Cioffi dont on peut lire l'interview sur Democracy now! (http://i2.democracynow.org/2008/5/9/free_from_nigerian_military_custody_sweet ). Sandra Cioffi a réalisé un film documentaire au Nigéria sur le pétrole - Sweet crude (http://www.sweetcrudemovie.com/ et http://www.sandycioffi.com/home.php) -, ce qui lui a valu d'être arrêtée par le gouvernement nigérian, mais elle a pu être libérée au bout de six jours notamment grâce aux pressions de membres de la Commission des affaires étrangères du Sénat étatsunien. Après que le MEND ait demandé la médiation de personnalités comme George Clooney ou Jimmy Carter, elle estime que que la multinationale américaine Chevron, qui est, le deuxième exploitant pétrolier au Nigéria après Shell, devrait s'impliquer dans la résolution du conflit, et la négociation sur la redistribution de la rente... avant qu'elle ne soit remplacée par des compagnies chinoises. Elle serait, dit-elle, un "meilleur joueur que les autres compagnies pétrolières, en particulier les chinoises, par exemple, qui ont indiqué qu'elles désirent s'installer là, et qui n'ont rien à faire des atteintes aux droits de l'homme dans le Delta". Le site de son film appelle les juristes, politiciens et journalistes de l'Union européenne et des Etats-Unis à promouvoir au Nigeria un "Good Friday Peace Agreement" sur le modèle des négociations d'Irlande du Nord en 1998 afin d'obtenir par des voies "démocratiques" une stabilisation de la zone avant que la logique du conflit militaire ne la plonge davantage dans le chaos. Dans un style ambigu il observe : " Que l'objectif soit de traiter une crise humanitaire ou de sécuriser nos approvisionnements pétroliers, il est temps d'avoir une nouvelle approche"  (http://www.sweetcrudemovie.com/politicalAction.php).

F. Delorca


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