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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

maghreb - afrique occidentale

Le Qatar et le pétrole du Sahel

24 Avril 2012 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

L'émirat du Qatar, sous-traitant des opérations occidentales en Libye et en Syrie, fer de lance avec les pétromonarchies voisine de la répression du "printemps arabe" au Bahrein, qui ne cesse de racheter des actifs en Europe et de propager sa propagande via la chaîne Al-Jazeera, est aussi actif au Sahel.

 

oil_well.jpgSelon le journal malien l'Indépendant, le vendredi 6 avril dernier (le lendemain de l'enlèvement du consul d'Algérie par le Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest), un cargo qatariote a atterri à l’aéroport de Gao pour livrer des armes et des stupéfiants aux rebelles. Un comité d’accueil a été formé autour de l’appareil sous la conduite d’Iyad Ag Ghaly, leader touareg du mouvement islamiste salafiste Ansar Eddine qui contrôle Tombouctou et Kidal en coopération avec l'AQMI. Celui-ci, ancien consul du Mali à Djeddah (Arabie Saoudite), avait profité dans les années 2000 de son statut de diplomate pour nouer des relations avec des organisations islamiques de la région. Au point que l’Arabie Saoudite, son pays d’accréditation, l’avait menacé d’expulsion en 2010. Revenu au Mali il y a organisé le développement de l'islamisme. Selon d'autres sources maliennes, juste après la prise de Tessalit le 10 mars 2012 par les nationalistes touaregs du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), un avion cargo  du Qatar avait aussi atterri dans cette localité avant de déverser une importante quantité d’armes sophistiquées, des munitions et des 4×4 pour le compte des assaillant, probablement lorsque Ansar Eddine a évincé le MNLA de la région.

 

Depuis lors des islamistes affluent du Sud du Niger, du Tchad et du Nigeria (Boko Haram) dans le Nord du Mali, plaçant l'Algérie par principe non-interventionniste dans la position délicate d'accepter soit le développement de l'insurrection islamiste à sa frontière sud, soit une intervention militaire de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) très contrôlée par les Etats-Unis et la France. Le nouveau régime malien, issu d'un coup d'Etat récent mené par des mutins proches de Washington, lui, est déjà engagé dans les négociations avec la CEDEAO pour la restitution du pouvoir aux civils et le règlement de la crise du Nord.

 

Outre son engagement au Mali, le Qatar fait aussi pression sur la Mauritanie voisine. En janvier dernier il se brouillait avec l'homme fort de Mauritanie, le président Ould Abdel Aziz, en tentant de lui donner des leçons de droits de l'homme (ce qui n'est pourtant pas le fort de l'émir du Qatar). Le Figaro du 12 janvier dernier, plus précis relate même ainsi les faits : "L'émir a voulu donner certaines directives au président Abdel Aziz, usant d'un ton quasi comminatoire, et menaçant d'utiliser sa chaîne al-Jazeera pour faire éclater une révolution en Mauritanie, comme en Tunisie et en Egypte. Le chef de l'Etat mauritanien, un militaire, a alors explosé et a congédié l'émir"... Ce faisant Ould Abdel Aziz (dont le geste a été salué par des groupes non-gouvernementaux mauritaniens comme l'initiative nationale pour la sauvegarde de la constitution  de Salka Mint Sid'Ahmed) compromettait provisoirement le développement d'un projet de prospection pétrolière mené dans ce pays conjointement avec Total (la coopération Total-Qatar est ancienne et remonte à 1936...). Mais Total et le Qatar pourraient bien utiliser les pressions de la rue en Mauritanie pour imposer à nouveau leurs desiderata : hier des milliers de jeunes manifestaient à Nouakchott pour exiger le départ du président. Un de ses principaux organisateurs, le petit parti (5 députés sur 95) islamiste Tewassoul bizarrement qualifié de "modéré" par les agences occidentales, a appelé au "Djihad politique" le 21 avril.

 

L'odeur du pétrole pourrait bien motiver également l'action du Qatar au Mali, car le bassin pétrolier de Taoudéni dont les réserves ont été découvertes récemment couvre les deux pays ainsi que le Niger (1,5 million de kilomètres carrés)... Total et Sipex, filiale internationale de la Sonatrach, société nationale algérienne, ont signé en 2011 un accord visant à unir leurs forces pour obtenir des concessions dans ces pays du Sahel.

 

Ainsi le chaos sahélien ne serait pas une perte pour tout le monde...

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Persécutions racistes, profanation de cimetière et sécession en Libye

15 Mars 2012 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

En septembre dernier le blog de l'Atlas alternatif a attiré l'attention des lecteurs sur le sort de la ville libyenne essentiellement peuplée de Noirs (ancien centre de trafic d'esclave où vivaient les descendants d'esclaves libérés) de Tawergha (ou Tawarga selon les conventions transcriptions retenues) apparemment victimes de nettoyage ethnique (les villages de Tomina, de Kararim ont également été vidés).

 

En février dernier une vidéo a circulé sur Internet parfois présentée comme montrant des habitants de cette ville faits prisonniers et traités de façon humiliante (parqués dans une cage, traités de chiens - insulte suprême pour un musulman - et forcés à manger l'ancien drapeau libyen).

 

 

Selon Russia Today, les Noirs libyens qui n'ont pu fuir le pays seraient 5 000 dans des centres de détention.

 

Le 16 février dernier Amnesty International a publié un rapport sur ce sujet. Selon Donatella Rovera en janvier et début février, des délégués d'Amnesty se sont rendus dans onze centres de détention contrôlés par les ex-rebelles dans le centre et l'ouest de la Libye et dans dix d'entre eux les prisonniers ont fait état de tortures.

 

En janvier un rapport d'ONG arabes  " Report of the Independent Civil Society Fact-Finding Mission to Libya" a été publié qui, tout en détaillant la répression à balles réelles du "Printemps libyen" et les crimes de guerre commis par les kadhafistes à Misrata et Zawiya notamment, dénonçait l'absence de système judiciaire dans la "nouvelle Libye" post-Kadhafi, critiquait la détention sans jugement de 28 prisonniers qui n'ont pas été des hauts responsables de l'ancien régime à Sibrata, les tortures au centre de Zawiya (om se trouvent des dizaines d'ex soldats noirs d'origine malienne et tchadienne). A propos de Tawergha ce rapport précise que si certains de ses anciens résidents se sont rendus coupables d'atrocités aux côtés des forces kadhafistes, notamment contre Misrata (cf l'exemple de la vente d'une fille de Misrata comme esclave à 7 000 dinars) la population a été victime de "rumeurs" et d'un "mythe urbain" instaurant une culpabilité collective sur cette ville, légitimant ensuite toutes les exactions des rebelles contre elle. Il confirme le rapport de Human Rights Watch sur l'existence d'un nettoyage ethnique systématique dans cette ville, et aborde aussi le problème des victimes directes des frappes de l'OTAN.

 

Un "comité international des juristes pour la Défense des Libyens" composé d'intellectuels qui ont souvent manifesté leur sympathie pour l'ancien régime libyen (et dirigé par avocat de l'ex-Premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi) devait quant à lui se réunir le 10 mars à Tunis pour évoquer les violations des droits de l'homme en Libye.

 

La barbarie des milices libyennes ne vise pas seulement les Noirs mais aussi les alliés occidentaux du Conseil national de Transition. Le 29 février une vidéo sur YouTube a été téléchargée montrant la profanation par des miliciens du cimetière de guerre anglais et italien de Benghazi.

 

Par ailleurs à Barqa le 6 mars dernier un "congrès" a nommé un Conseil suprême chargé de gouverner la nouvelle entité baptisée Cyrénaïque. La présidence du Congrès a été confiée au cheikh Ahmed Zoubaïr, cousin de l'ancien roi Idriss al-Senoussi renversé par Kadhafi. Le président du CNT les a accusés d'être financés par des pays arabes, mais Zoubaïr a démenti cette accusation.En tout cas M. Adnane Manser, consul de Tunisie à Benghazi était présent à la réunion de ce congrès, ce qui lui a valu d'être rappelé par son gouvernement à titre de sanction aujourd'hui 15 mars. Le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci a déclaré quant à lui que son pays restait engagé à soutenir l'intégrité territoriale de la Libye comme celle du Mali.  

 

Tout en manifestant son attachement formel à l'unité libyenne dans un cadre fédéral, le gouvernement autoproclamé de Cyrénaïque s'est doté de sa propre armée et certains experts affirment que son but est de priver le reste de la Libye des dividendes pétroliers de cette région. 

 

Malgré cela les autorités centrales du CNT à Tripoli minimisent les risques d'anarchie dans le pays. La production de pétrole représente 75 % de ce qu'elle était à l'époque de Kadhafi et la petite bourse de Tripoli (un marché de 3 milliards de dollars contre 65 milliards au Caire) vient de réouvrir après un an de fermeture. Des élections législatives sont prévues pour le mois de juin.

 

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La France soutient-elle la guérilla touarègue au Mali ?

20 Février 2012 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Depuis le 17 janvier dernier une guerre ouverte violente oppose le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) à l'armée malienne dans le Nord de ce pays. Le MNA créé en novembre 2010 se présentait comme un mouvement souhaitant « défendre et valoriser la politique pacifique » et disait « rejeter et condamner la violenceet le terrorisme sous toutes leurs formes ». Mais en octobre 2011 avec la chute de Kadhafi, il a fusionné avec les mercenaires touaregs de l'ex-guide libyen dans un "mouvement de libération nationale" armé.

 

De l'avis de commentateurs comme Cheick Tandina du journal Le Prétoire, le gouvernement malien peinerait à obtenir des soutiens de ses voisins qui ont reçu comme instruction des Occidentaux de combattre en priorité Al Qaïda au Maghreb Islamique(AQMI) responsable de nombreux enlèvements.

 

Au Mali, on va même jusqu'à avancer que la France aurait une sympathie pour le MNLA. Sekou Kyassou Diallo, dans une contribution à Maliweb explique : "Les fondateurs du MNLA auraient contacté, par le biais de certaines hautes personnalités maliennes à Bamako, le Quai d’Orsay qui leur aurait accordé une audience. Au cours de cet entretien, ils auraient promis de pouvoir lutter contre AQMI et de faire libérer les otages français retenus dans le nord malien sans versement de rançon. Ils auraient dit au passage que les autorités de Bamako, que Paris soupçonne d’ailleurs d’être impliquées dans les prises d’otages et autres, seraient les complices de AQMI au Sahel. / Très enchanté par leurs promesses de mettre fin au désordre dans le septentrion malien, le Quai d’Orsay aurait promis de se ranger sur leurs positions pour un départ. C’est cela qui explique d’ailleurs le fait que le ministre français des affaires étrangères, Alain Juppé, a fait publiquement l’éloge des premiers « succès » de ces bandits (des atrocités qu’un ministre d’Etat commente avec plaisir !). Comme pour lancer un signal fort (expression qu’il aime) à Koulouba qu’il y a bien d’autres alternatives de lutter contre les ravisseurs d’otages et leurs complices tapis dans l’ombre. /Cela explique aussi le fait que Paris a accepté d’accueillir les rebelles sur le sol français, de leur donner la possibilité de s’exprimer dans les médias français champions de l’intox et du mensonge, et de leur permettre même de manifester."

 

Oumar Babi dans Le Canard Déchaîné du 13 février 2012 va dans le même sens : selon lui lorsque M. Juppé le 7 février a déclaré que « la rébellion touareg a remporté, récemment, d’importants succès militaires » et appelé à un cessez-le-feu immédiat, il a apporté "de l’eau au moulin de ceux qui pensent, mordicus, que la France n’est pas étrangère à la crise du Nord-Mali". Le Mali au moment de son indépendance a opté pour une voie socialiste non-alignée. Si dans les années 70 le régime militaire a quelque peu dévié de cette voie, depuis la démocratie une partie de la majorité gouvernementale continue de défendre cette option ce qui s'est notamment traduit en 2009 par la résistance du Mali à signer l'accord migratoire que le gouvernement de MM. Sarkozy-Fillon voulait lui imposer.

 

Il semble que les guérillas soient de plus en plus interpénétrées au Sahel occidental, ce qui logiquement devrait inciter la France à ne pas les soutenir (c'est d'ailleurs la position officielle du ministre de la coopération français). Le gouvernement de Bamako a fait état d’une connexion avérée entre les rebelles touaregs du MNLA et l'AQMI. Les soupçons qui pèsent concernant la collaboration entre les Touaregs et les djihadistes (que le MNLA dément) tiennent notamment à la manière dont les soldats maliens ont été exécutés par eux après la prise des villes. Le Mali accuse aussi le Front Polisario sahraoui d'être le principal vecteur du trafic de drogue et des rapts d’Occidentaux pour le compte d’Al Qaïda au Maghreb Islamique (Aqmi). Une activité lucrative qui est devenue indispensable pour le Polisario depuis la chute de Kadhafi, son ancien allié et fournisseur en devises.

 

Pour l'heure on ne trouve pas en France de soutiens importants affichés pour le MNLA. Leur responsable des droits de l'homme est journaliste à France culture et à Radio France internationale. Des mouvements régionalistes comme Corsica Libera ou certains milieux occitanistes ont proclamé leur sympathie, mais il ne semble pas y avoir de lobby réellement puissant derrière ces Touaregs maliens (de même que le soutien que leur porterait le gouvernement mauritanien - ainsi qu'à l'Aqmi - n'est pas démontré). L'évolution des prises de positions de la France à leur égard doit en tout cas être suivie en gardant à l'esprit la possibilité de convergences d'intérêt entre leurs velléités sécessionnistes et le besoin qu'a Paris de renforcer sa présence militaire au Sahel (et donc la possibilité pour la France de les utilités face à la souveraineté du Mali et du Niger).

 

Sans doute pour limiter les effets de contagion, le gouvernement du Niger voisin, qui a vu se mettre en place un front kadhafiste sur son territoire à la fin de l'an dernier a procédé à l'arrestation de Saadi Kadhafi, un des derniers fils vivants du guide libyen. Le refus de l'extrader vers Tripoli a valu au Niger l'expulsion humiliante de son ambassadeurs sous les huées de jeunes miliciens islamistes (cf vidéo ci-dessous). L'effet domino possible sur ce pays où sévit aussi un mouvement de libération touareg n'est pas négligeable, de même qu'au Burkina Faso.

 

 

La Libye quant à elle en ce moment est abandonnée au règne des milices. L'autorité du Conseil national de transition n'y est pas reconnue. Le 26 janvier Médecins sans frontières a dénoncé 115 cas de torture à Misrata. Le gouvernement officiel ne cesse de décevoir ses mentors occidentaux. Il y a cinq jours son ambassadeur a provoqué l'indignation à la commission des droits de l'homme de l'ONU en déclarant  que les gays affectaient "la perpétuation et la reproduction du genre humain".

 

Une guerre des communiqués a opposé hier les pro-kadhafistes annonçant la mort de la journaliste Hala al-Misrati (cf ci-dessous) et les autorités de Tripoli qui ont démenti.

 

 

 

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Qui veut la peau du non-alignement algérien ?

15 Décembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Les mauvaises nouvelles s'accumulent pour le gouvernement algérien ces derniers temps.

 

Non seulement le pays est désormais entouré de gouvernements islamistes au Maroc et en Tunisie (la Tunisie qui d'ailleurs se rapproche d'Israël en ce moment), mais l'armée algérienne a intercepté dans la nuit du 11 au 12 décembre deux 4×4 libyens chargés d’armes (des armes semi-automatiques, lance-roquette et des roquettes) sur son territoire au nord de la région de Djanet. Ces mouvements clandestins d'armes en provenance de Libye dont la destination est inconnue sont de mauvais augure pour l'avenir de la région.

 

Une autre menace semble se dessiner du côté du Qatar (qui a été dans les affaires libyenne et syrienne un des bras armés des Occidentaux). Selon le site électronique libanais «Libnanews», «l’opposant» algérien Saad Djebbar est régulièrement reçu par l’émir du Qatar qui l’a désigné comme son avocat personnel. Au même moment, Oussama Madani, un des fils de Abassi Madani (l'ancien président du Front islamique du Salut emprisonné après 1991), ouvre une chaîne de télévision, qui, selon le journal Le Temps, serait financée par la Qatar (où il vit, et maintient par ailleurs des liens avec le CNT libyen) et c'est de Doha la capitale de l'émirat que le numéro 2 du FIS a fait savoir qu’il envisage de poursuivre l’Algérie devant des instances judiciaires internationales pour ne pas avoir accepté le retour, sur la scène politique nationale, de son parti politique.

 

Lors du vote de la Ligue arabe suspendant la Syrie de cette organisation, le chef  de la diplomatie qatariote Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabr Al Thani aurait lancé à son homologue algérien «ne défendez  pas trop la Syrie car quand votre tour arrivera, vous aurez certainement besoin de nous». Doha serait donc en train de rassembler les forces islamistes algériennes contre le régime militaire.

 

Dans les colonnes du journal Elkhabar le 13 décembre (en arabe ici), le syndicaliste trotskiste américain Alan Benjamin met en cause Washington (il est bizarrement présenté comme le "dirigeant de l’union syndicale des travailleurs" - algérienne ? - aux Etats-Unis mais sa fonction syndicale aux Etats-Unis est en réalité "membre du San Francisco Labor Council", et à ce titre il s'est aussi impliqué contre la guerre d'Irak). A l'issue de la conférence internationale sur les ingérences et les guerres d’occupation, tenue à Alger,il affirme que son pays aurait déjà anticipé la transition démocratique en Algérie, qu'il existerait déjà un "CNT algérien dans les tiroirs de la Maison blanche" et que des personnalités algériennes ont été déjà contactées pour le former. Hélas des noms jusqu'ici n'ont pas été mentionnés. M. Benjamin ne semble pas avoir publié d'éléments concrets sur ce thème, ni en langue en anglaise ni en français.

 

Louisa Hanoune, secrétaire générale du parti des travailleurs algérien (PT) et résistante historique de la guerre de décolonisation, a de son côté condamné, les manœuvres extérieures auxquelles doit faire face l’Algérie, en citant « la révolution du 17 septembre », appel lancé sur Facebook (et qui serait selon le quotidien Ennahar l'oeuvre de l'écrivain Bernard-Henri Lévy qui est né en Algérie, mais aucune preuve n'est apportée sur ce point - le ministre de l'intérieur M. Ould Kablia dans le même journal met en cause aussi Israël du fait que le 17 septembre est l'anniversaire des accords de Camp David, mais là encore les preuves font défaut). Dans son rapport d'ouverture, en marge de la session ordinaire du bureau politique, organisée au siège de son parti, elle a estimé que cet appel est lancé par une source inconnue qui veut déstabiliser l'union du pays. Elle a accusé, dans ce cadre, les lobbies qui veulent servir les intérêts étrangers et qui œuvrent pour diviser le pays.

 

Selon Samira Azzegag du journal le Temps, évoquant la situation actuelle en Libye, Mme Hanoune a précisé que ce qui se passe dans le pays voisin n'est pas une révolution, mais une anarchie totale, dictée par une force étrangère et dont l'avenir est incertain. Cette incertitude inquiète l'oratrice qui n'a pas manqué de mettre en garde contre les répercussions «cruciales» de cette crise et de «l'intervention militaire de l'Otan». Et d'enchaîner : «L'Algérie, en tant que pays, ne doit pas reconnaître la légitimité du CNT. Abondant dans ce sens, la première dame du PT est convaincue que la priorité du CNT est de préserver l'intérêt de la France». La reconnaissance de ce conseil n'est autre, aux yeux de Mme Hanoune, qu'une «légitimation de la guerre et de la présence des forces d'occupation étrangères».

oil_well.jpgLes infiltrations d'armes, et les rumeurs d'ingérence extérieure ne sont en tout cas pas faites pour arranger les relations entre la Libye et l'Algérie, d'autant que les deux pays sont en rivalité sur la question pétrolière : la Libye ayant annoncé qu'elle augmentera sa production pourrait nuire au quota de production au sein de l'OPEP de l'Algérie qui est sa concurrente directe, dans un contexte où tous les producteurs sont enclins à produire plus, et où la consommation occidentale pourrait décroître avec la crise, tirant ainsi les prix vers le bas. Pour lever un sujet de contentieux avec les Libyens et les Occidentaux, les autorités algériennes vont en tout cas cesser d'héberger sur leur territoire Aïcha Kadhafi, qui pourrait prendre la tête d'une chaîne de télévision au Venezuela.

Djibril Cissoko

 

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Ingérence judiciaire : la CPI se fait livrer Gbagbo à deux semaines des législatives ivoiriennes

4 Décembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Cote_d-Ivoire-carte.pngL'ancien président Laurent Gbagbo a été transféré dans la nuit du 29 au 30 novembre à la Cour pénale internationale (CPI). D'autres responsables ivoiriens subiront prochainement le même sort, l'arrestation du président déchu ivoirien Laurent Ggagbo n'étant "qu'un début", selon le procureur argentin de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, un inquisiteur fort controversé qui avait déjà démontré la légèreté de ses enquêtes sur le Darfour et la Libye.

 

Selon Le Figaro du 3 décembre, Gbagbo aurait été déféré à La Haye en vertu mandat d'arrêt international émis le 23 novembre par le procureur Moreno-Ocampo, sans que les magistrats de la chambre d'accusation de la Cour d’appel d’Abidjan qui avait notifié le mandat d'arrêt acceptent d'entendre sa défense et sans même avoir pu amener des bagages avec lui. La décision fait du reste suite à une rencontre secrète Ouattara- Moreno-Ocampo à Paris (selon L'Express) qui laisse entendre que le gouvernement français

 

Pour beaucoup ce transfèrement brutal à quelques jours des élections législatives du 11 décembre pourrait compromettre le processus de réconciliation nationale annoncé par Alassane Ouattara. Dès l'annonce de cette arrestation le Front populaire ivoirien (FPI), parti du président déchu a d'ailleurs annoncé sa décision de boycotter les élections.

 

Pendant ce temps le président Ouattara essaie de se concilier les chrétiens évangélistes ivoiriens autrefois favorables à Laurent Gbagbo. Il a ainsi offert un pélerinage de douze jours en Israël le 2 décembre dernier à 200 évangélistes. Il n'est pas certain que cela suffise à apaiser le climat en Côte d'Ivoire où la démocratie est loin de régner. Ainsi le 28 novembre 2011 trois journalistes de "Notre Voie" (pro-FPI) ont été arrêtés (sans que cela suscite d'émoi international).

 

L'ingérence de la CPI dans le processus électoral ivoirien est d'autant plus contestée par les partisans de Gbagbo que les crimes imputés au camp Ouattara, notamment le massacre de Duékoué fin mars 2009, n'ont toujours donné lieu à aucune investigation.

 

Le transfèrement de Gbgbo n'a guère suscité d'éditoriaux ou de communiqués en France. Citons juste une réaction favorable prévisible, celle du rédacteur en chef du Nouvel Observateur (centre-gauche) Jean-Marie Bouguereau qui demande que le même sort soit infligé au président syrien Bachar el Assad, et le communiqué du Parti communiste français qui critique la décision de la CPI et les méthodes de la Françafrique.

 

Delphine Jaen

 

 

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Un front kadhafiste s'organise au Niger

15 Novembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Franklin Lamb l'affirme dans Counterpunch du 4 novembre dernier : un Front de libération libyen est en train de se constituer dans le Sahel. "Quand je suis entré dans la salle de conférence d’un bureau du Niger, il y a peu, écrit-il, pour rencontrer des réfugiés qui venaient d’arriver de Libye et qui, selon mes informations, se préparaient à organiser une "lutte populaire au moyen de la tactique maoïste des 1000 entailles contre le groupe qui prétend représenter la Libye à l’heure actuelle", deux choses m’ont frappées. La première, c’est le nombre de personnes présentes et le fait qu’elles n’étaient ni débraillées, ni fanatiques, ni désespérées, mais au contraire reposées, calmes, organisées et méthodiques (...)L’autre chose à laquelle j’ai pensé, pendant cette première réunion, c’est la différence que trois décennies peuvent faire.(...)disposent des derniers modèles de téléphone par satellite, d’ordinateurs portables et de tout ce qui se fait de mieux parmi toutes les innovations technologiques qu’on a vues dans les hôtels où étaient installés les journalistes à Tripoli pendant les neuf derniers mois."

 

Le Niger se montre depuis quelques mois très accommodant avec les partisans du "guide" libyen assassiné. En septembre, il a exclu de renvoyer les réfugiés libyens de son territoire."Au regard de (nos) obligations internationales, nous ne pouvons pas renvoyer quelqu’un là où il n’a aucune chance de recevoir un procès équitable et où il encourt la peine de mort", avait déclaré le ministre nigérien de la Justice, porte-parole du gouvernement nigérien, Morou Amadou. Tout comme l'Algérie qui a accordé l'asile à Aïcha Kadhafi, le Niger vient de l'octroyer à un autre rejeton de Mouammar Kadhafi l'omme d'affaires et ancien footballeur professionnel, Saadi Kadhafi, qui a par ailleurs dirigé une unité d'élite de l'armée libyenne. Il est recherché par les nouvelles autorités libyennes qui l'accusent de "s'être emparé de biens par la force et l'intimidation quand il dirigeait la Fédération libyenne de football". Interpol avait pourtant lancé une "motice rouge" invitant les Etats membres (dont le Niger) à arrêter Saadi Kadhafi sur leur territoire en vue de l'extrader.

 

La politique nigérienne de résistance aux pressions occidentales sur le dossier libyen est probablement en rapport avec les liens que cultive avec l'Afrique du Sud le chef de l'Etat socialiste Mahamadou Issoufou, toujours hostile à l'installation d'une base militaire française sur le sol de son pays. C'est en effet dans le cadre d'une conférence de presse donnée à l'issue d'une visite de deux jours à Prétoria que Mahamadou Issoufou a annoncé sa décision d'accorder l'asile à Saadi Kadhafi. Sur sa route vers Pretoria le président nigérien avait escale en Angola, pays qui comme l'Afrique du Sud a combattu l'ingérence de l'OTAN en Libye.

 

Ces décisions lui ont valu des menaces du nouveau gouvernement de Tripoli : "Le Niger ne doit pas devenir un asile pour les criminels.", a déclaré le 13 novembre le vice-président du Conseil national de transition (CNT) Abdel Hafidh Ghoga.

 

En Libye, selon des sources pro-Kadhafi "Le sud libyen a fait semblant d’être inféodé au CNT pour éviter les bombardements meurtriers de la coalition apocalyptique de l’OTAN ", et même la ville Bani Walid serait redevenue pro-kadhafiste. Des allégations difficiles à vérifier.

 

En tout cas, comme en Irak et en Somalie, les milices font la loi. Des escadrons de la mort élimineraient les opposants dans les villes, et des affrontements entre milices ont eu lieu le 13 octobre à l'Ouest de Tripoli. Autre point commun avec l'Irak : des informations apparaissent dans le Sunday Times sur le pillage de trésors archéologiques à Benghazi.

 

DC

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Assassinats et Charia en Libye

6 Novembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Selon le Canard Enchaîné du 26 octobre dernier, à l'occasion du trentième anniversaire de l'abolion de la peine de mort en France, notre gouvernement se serait offert le luxe de la rétablir à l'encontre de son ancien allié, le colonel Mouammar Kadhafi, puisque le président Sarkozy serait directement à l'origine de l'ordre donné aux avions de l'OTAN de tirer sur son convoi qui quittait la ville de Syrte, le 20 octobre dernier, après que les services de renseignement français l'aient localisé. Il se serait agi d'éviter que l'ex-leader libyen puisse "rappeler ses excellentes relations avec la CIA ou les services français, l’aide qu’il apportait aux amis africains de la France, et les contrats qu’il offrait aux uns et aux autres". Pendant les jours qui ont suivi sa liquidation la plupart des médias s'en sont tenus plutôt à la version selon laquelle le tire d'une balle dans la tempe du guide de la révolution aurait des miliciens de Misrata après l'immobilisation de son véhicule par les forces de l'OTAN, sans que les dirigeants occidentaux soient directement intervenus dans la décision. Le fils de Kadhafi Mouatassim, 36 ans, président du Conseil national de sécurité, a subi le même sort après avoir été fait prisonnier en violation des conventions de Genève.

 

Peu de voix en France se sont élevées contre cette pratique. Le Monde soulignait le 20 octobre 2011 que toute la classe politique s'est réjouie de l'élimination du leader libyen. L'ancien Premier ministre de Jacques Chirac Dominique de Villepin qui avait mené une politique non-alignée pendant la guerre d'Irak a jugé sur Radio France Politique le 30 octobre (min 35.25) que ce qui avait été fait par la France en Libye avait été "bien fait".

 

Le dernier fils survivant du colonel Kadhafi Seif-Al-Islam pourrait subir le même sort que son père. Selon le journal d'Omar al-Bachir (président soudanais inculpé par la cour pénale internationale) al-Intibaha il serait protégé par des sécessionnistes du Darfour en lutte contre le gouvernement de Khartoum qui lui, soutient ouvertement les anti-kadhafistes du CNT.

 

Le bilan des morts civils dûs à l'intervention militaire de l'OTAN reste à faire (alors que les preuves de la répression massive de la population libyenne par Kadhafi au printemps dernier n'ont pas été apportées).

 

Le nouveau régime libyen a éveillé la méfiance en octobre en annonçant son intention d'abroger toute mesure légale incompatible avec la Charia, notamment la loi sur la loi sur la monogamie et tout ce qui touche à l'égalité entre hommes et femmes. Mais pour l'heure seuls les enjeux économiques semblent préoccuper les responsables des pays de l'Alliance atlantique. Le ministre de la défense britannique Philip Hamond dès le 21 octobre a demandé aux grandes entreprises britanniques de "faire leurs valises" pour se hâter de prendre leurs parts dans le marché de la reconstruction de la Libye.

 

Dgibril Cissoko

 

 

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L'armée française commet-elle des crimes de guerre à Syrte ?

3 Octobre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Propagande et contre-propagande s'opposent en Libye, et il est bien difficile de savoir ce qu'il se passe vraiment.

 

A la lecture du  Monde en ligne aujourd'hui, il n'y aurait que de gentils rebelles débraillés qui ont distribué aux femmes de Syrte apeurées "des jus d'orange et essayé de les apaiser" en leur disant : "C'est de la propagande de Kadhafi, nous ne sommes pas des criminels, mais vos frères et vous êtes les bienvenus dans la Libye libre !" ".

 

A lire  Ozyism.com au contraire, les mercenaires du CNT, les rebelles commettent des crimes de guerre en bombardant l'hôpital de Syrte déjà plongé dans une situation tragique par quinze jours de siège. Ils l'auraient attaqué au lance-roquettes juste après l'entrée de la Croix-Rouge hier.  

 

Cette version d'Ozyism est confirmée par les grandes agences occidentales qui rapportent le témoignage d'Hichem Khadhraou du Comité international de la Croix rouge selon lequel l'hôpital a été pilonné pendant la visite de la croix rouge. Celui-ci s'est étonné du fait que les "rebelles" aient choisi ce moment précis pour déclencher l'attaque, comme s'il s'agissait absolument d'empêcher les volontaires de venir en aide aux blessés assiégés dans l'hôpital. La tour d'approvisionnement en eau a été notamment touchée.

 

Plus grave pour l'image de la France (car cela implique directement son armée), les avions britanniques et français de l'OTAN bombarderaient des cibles au hasard pour provoquer la panique dans la population civile et les désolidariser des troupes loyalistes.

 

Une vidéo il y a quinze jours faisait déjà état du bombardement par l'OTAN de l'hopital Ibn Sina (Avicenne) de Syrte le 17 septembre 2011

 

 

Une vidéo en arabe situe le bombardement (peut-être un second bombardement) le 20 septembre et montre un médecin ukrainien blessé :

 

 

Un autre témoignage fait état de bombardements "5 jours" avant la visite du CICR (soit vers le 26 ou 27 septembre), et encore le soir à la veille de cette visite. Un témoin aurait affirmé que : « de nombreux médecins, infirmières, infirmiers et blessés ont été assassinés et ensevelis sous les décombres de l’hôpital, leur parents ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des décombres espérant récupérer les corps des ensevelis.Toute mission de secours avait été finalement arrêtée dans la ville, alors que des centaines de corps de blessées se dispersent dans les espaces après chaque attaque de l’OTAN.» (témoignage anonyme à prendre sous toute réserve)

 

L'attaque d'un hôpital civil constitue un crime de guerre au sens de l'article 8 du statut  de Rome de la Cour pénale internationale et expose à des poursuites sur ce fondement devant cette cour les autorités civiles et militaires qui s'en rendent coupables.

 

 

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Le Cap-Vert chouchou des institutions occidentales

29 Septembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Dans son rapport à l’occasion de sa réunion annuelle avec le Fonds Monétaire International (FMI) la semaine dernière, la Banque mondiale distingue le Cap Vert, archipel à l'ouest de l'Afrique,comme faisant partie des quatre pays (avec l'Ethiopie, le Ghana et le Malawi) du continent noir qui remplissent les conditions pour réaliser les Objectifs Millénaires du Développement (qui incluent des objectifs de santé et de lutte contre la pauvreté). La Banque le félicite pour ses innovations, notamment la gouvernance électronique ou la Maison du Citoyen

 

Autrefois pays socialiste non-aligné, qui dut son indépendance à la guérilla de type "guévariste" inspirée par Amilcar Cabral, le Cap Vert depuis les années 1990 n'a cessé de se rapprocher des Occidentaux. En 2006 il a accueilli les premiers exercices militaires de l'OTAN sur le sol africain, deux ans après que George W. Bush ait offert (en vain) la participation de l'OTAN aux côtés des troupes de l'Union africaine pour le "maintien de la paix"  au Soudan.

 

Le Cap Vert a fait partie des rares pays africains a voter à l'ONU la reconnaissance du Conseil de transition  libyen début septembre. Il soutient le Maroc sur la question du Sahara occidental. Il a intégré l'Organisation mondiale du commerce en décembre 2007 après avoir tout au long des années 1990 privatisé sa faible industrie et ses services publics (vendus aux ex colonisateurs portugais).

 

L'économie du pays étant entièrement tournée vers l'extérieur, les hommes ont émigré. 90 % des chefs de famille sont des femmes, la plupart célibataires et pauvres (voir l'article de Tobias Engel en 2003 dans  Le Monde Diplomatique) qui "qualifiait le Cap-vert de"théâtre du développement fictif". A l'inverse trois ans plus tard le journaliste sénégalais Chérif Elvalide Seye, conseiller du président de droite Abdoulaye Wade écrivait au contraire :"Plus de nombreuses filles-mères, plus d’enfants pieds nus, plus de vieilles guimbardes poussives. Le pays a fini par avoir raison de l’adversité de la nature. Sa gestion vertueuse a fini par payer. Quand les autres pays sahéliens distribuaient l’aide alimentaire, le Cap-Vert pratiquait un système dit de capitalisation. L’aide était vendue et le produit réinvesti dans des projets de reboisement ou d'hydraulique rurale." Il est certain en tout cas que la bonne image du Cap vert aux yeux des Occidentaux lui attire des visites touristiques. Pour un pays de 335 000 habitants c'est une aubaine qui, par l'afflux de devises, a contribué à l'entrée de l'archipel dans la liste des pays à revenu intermédiaire. En ce sens le Cap vert est un modèle de ce que les Etats vassaux de l'Occident peuvent obtenir comme récompense lorsqu'ils sont de taille modeste.

 

Le pays, redevenu social-démocrate (social-libéral) en 2001, est repassé à droite en août dernier et confirmera sans doute son orientation pro-occidentale dans les années qui viennent.

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Le CNT libyen divisé et répressif obtient la réconnaissance des Nations-Unies

19 Septembre 2011 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

onu.pngLe Conseil national de Transition (CNT) libyen a obtenu (par 114 voix) la reconnaissance de l'Assemblée générale des Nations-Unies  : seuls 17 pays se sont opposés et 15 se sont abstenus. L'Angola pour la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a présenté une motion contestant la procédure d'accréditation du CNT, et les pays de gauche latino-américain (dont Cuba, le Vénézuéla et la Bolivie) ont défendu une motion refusant sur le fond la légitimité du nouveau régime libyen. Le représentant de l'Egypte a pris la parole pour demander à l'ONU de ne pas soutenir la motion latino-américaine qui a été écartée. Les pays qui ont voté contre la reconnaissance sont donc : l'Angola, la Bolivie, Cuba, la République démocratique du  Congo, l'Equateur, la Guinée Equatoriale, Kenya, le Lesotho, le Malawi,  la Namibie, le Nicaragua, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, le Venezuela, la Zambie, le Zimbabwe.. Les abstentions : l'Algerie, Antigua et Barbuda, le Cameroun, la République Dominicaine, le Salvador, l'Indonesie, le Mali, la Mauritanie, le Nepal, Saint Vincent et les Grenadines, l'Arabie séoudite (bizarrement...), le Surinam, Trinidad et Tobago, l'Ouganda, l'Uruguay. Beaucoup de pays n'ont pas pris part au vote : l'Albanie, la Biélorussie, le Centrafrique, la Corée du Nord, l'Erythrée, la Guinée, la Guinée Bissau, le Rwanda, la Somalie, le Burundi, le Cambodge, le Mozambique, le Myanmar, le Niger, le Pakistan, le Nigéria, Haïti, le Guyana, toute l'ancienne Asie centrale soviétique. A noter que des pays réputés non-alignés sur l'Ouest comme le Soudan, le Sri Lanka, la Syrie et le Liban ont voté en faveur de la reconnaissance du CNT...

Sur le terrain le CNT enregistre deux échecs cuisants : les fiefs kadhafistes de Syrte (ville natale de Kadhafi) et Bani Walid (bastion de la puissante tribu des Warfalla) pourtant encerclés par les insurgés et bombardés par l'OTAN résistent à leurs assaillants. A cela s'ajoute que, comme le reconnaissait le  Figaro lui-même il y a huit jours, une grande partie du désert du Fezzan reste loyal à Kadhafi (ce qui peut permettre à ses partisans notamment de contrôler l'approvisionnement des villes en eau). Les médias dominants estiment que les fidélités tribales des villages du désert à Kadhafi sont imputables au caractère arriéré de ces régions, et à la présence de miliciens kadhafistes venus du Darfour. Ils estiment que le ralliement de ces zones au nouveau régime ne saurait tarder, mais l'ex-guide de la révolution garde de sérieux moyens financiers pour acheter des soutiens dans cette région.

 

Par ailleurs le CNT, déchiré par les dissensions entre ex-dignitaires du régime de Kadhafi et islamistes supporters de Abdoulhakim Belhaj, a échoué aujourd'hui à constituer un gouvernement.

 

Les partisans du CNT en revanche restent particulièrement efficaces en matière d'emprisonnement et d'exécutions sommaires (comme l'avait été le gouvernement pro-occidental en Irak après la chute de Saddam Hussein).

 

Les prisons étant pleines, les anciens partisans de Kadhafi, ou présumés tels, civils ou militaires (et notamment beaucoup de Noirs arrêtés au faciès), sont parqués dans des écoles, commes les 420 encore entassés (le 17 septembre) dans l'école secondaire de Misrata. A Tripoli 800 corps présentés comme des "pro-Kadhafi" ont été entassés dans un cimetière sans moyen d'identification. Des villages entiers ont été vidés comme Tawarga, peuplé de Noirs d'abord déplacés dans un camp de réfugié lequel a été attaqué par les insurgés de Misrata. Impossible de savoir si les habitants de Tawarga ont été tués par les bombes de l'OTAN ou par les insurgés. Ils sont en tout cas introuvables.

 

Ce triste bilan est à comparer au fait que selon la Croix rouge il n'y aurait eu qu'un millier de disparus imputable aux actions militaires de Kadhafi depuis le début du soulèvement. Un chiffre très éloignés des 50 000 avancés par le CNT et qui a été utilisé à tort par la propagande occidentale pour justifier l'intervention de l'OTAN (l'OTAN ayant elle-même tué, semble-t-il, un millier de personnes dans ses bombardements).

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