Dédicaces de l'Atlas alternatif et autres livres
Frédéric Delorca dédicacera ses ouvrages "Atlas alternatif" (ouvrage collectif), "Programme pour une gauche française décomplexée", "Transnistrie", "La Révolution des Montagnes" et "10 ans sur la planète résistante" à la fête de l'Humanité le dimanche 13 septembre 2009 au stand "jeunesse" du Temps des Cerises à 16 h et au stand "Cité du livre" du Temps des Cerises à 17 h, venez nombreux ! L'OTAN à la conquête de l'Arctique
L'establishment canadien a récemment haussé le ton contre la Russie. Le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme "avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé". Pourtant aucun avion russe n'a récemment violé l'espace aérien canadien. Ces déclarations s'inscrivent dans le cadre d'un regain d'activité de l'OTAN dans la zone. La Norvège a récemment déménagé son quartier général de commandement opérationnel dans le Cercle Arctique et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique tous services, une force de réaction arctique et un renforcement militaire à la base aérienne de Thulé au Groenland, à partager avec ses alliés de l'OTAN. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède s'impliquent elles aussi de plus en plus. L'année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 "en raison de leur aptitude à des patrouilles dans l'Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice de pratique militaire de l'Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s'est emparé des plateformes pétrolières offshore.Les 28- 29 janvier derniers le secrétaire général de l'OTAN avait annoncé la couleur : “ Le Grand Nord va nécessiter encore plus d'attention de la part de l'Alliance dans les années à venir." Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d'extraction des richesses en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord.
“ A notre sommet de Bucarest de l'an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l'OTAN dans la sécurité de l'énergie....", rapporte le Directeur de « Stop NATO international » Rick Rozoff. (La zne arctique recèlerait un quart des ressources pétrolières mondiales).
L'implication de l'OTAN dans le cercle polaire ne va pas sans rivalité entre ses membres, les USA s'arrogeant notamment une exclusivité d'accès à l'Arctique par le détroit de Béring au détriment d'une partie des eaux territoriales canadiennes;
Le lieutenant général Dana Atkins, commandant de l' US Air Force, a souligné mi-juillet que "l'Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement dans l'avenir, non seulement en raison de la valeur estimée à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions croissantes pour des expéditions maritimes dans la zone, " ce qui pourrait permettre "à un navire de voyager de l'Asie à l'Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama". Au même moment le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge [[(bordure nordique ]] en Alaska, situé entre la Russie et le Canada et à l'intérieur d'une bonne partie du Cercle Arctique, "avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre. L'Air Force, la Navy, l'Armée, le Corps des Marines et le personnel de la Garde Côtière y ont pris part avec des avions en combat aérien simulé.
La Russie, qui est la seule nation dans le monde à avoir une triade nucléaire - bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins - capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés, a répliqué en organisant des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient " le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité à … deux sous-marins stratégiques" lançant des missiles balistiques et qui ont aidé ces derniers à éviter d'être détectés par les défenses US. Les Etats-Unis et leur alliés s'efforcent d'anéantir cette dernière possibilité de défense russe en déployant des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes - et chinoises - et par conséquent préparer le terrain pour le lancement d'une première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.
Comme l'explique Rick Rozoff "Le Cercle arctique est l'endroit où la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l'OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l'Arctique, la possibilité d'un chantage nucléaire et d'attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle." Rozoff soupçonne le vice-président d'Obama, John Biden, un fervent partisan des "révolutions colorées" à l'Est, d'être un adepte des thèses de l'ancien conseiller de Carter et Clinton Zbigniew Brzezinski qui souhaitait faire éclater la Russie. Dans ce dispositif, le Canada pourrait jouer un rôle analogue à celui de la Géorgie dans le Caucase : celui de l'agent provocateur "victime" de la réaction d'autodéfense russe que l'on pourrait ainsi instrumentaliser pour évincer la Russie de l'Arctique.
F. Delorca
Après l'Irak la Colombie ?
Le 15 juillet dernier le gouvernement colombien a divulgué son projet de mettre sept bases à la disposition de l'armée américaine. Le Venezuela et l'Equateur ont dénoncé la politique belliciste de leur voisin colombien, tandis que le Brésil et le Chili ont également fait part de leur "préoccupation". Ce nouvel accord permettrait à l'armée américaine de compenser la perte de sa seule base en Amérique du sud, située à Manta, en Equateur.La Colombie était en 2006 le pays où sont morts la moitié des syndicalistes assassinés dans le monde. Elle est le troisième bénéficiaire de l'aide militaire étatsunienne derrière Israël et l'Egypte dans le cadre officiel d'un plan de lutte antidrogue (Plan Colombia) qui est en fait une lutte anti-FARC (tandis que par ailleurs les USA soutiennent la narco-répubique autoproclamée du Kosovo et que sous leur occupation la culture du pavot ne cesse d'augmenter en Afghanistan). Dans le cadre du Plan Colombia (que Washington veut exporter au Mexique, au Pakistan et en Afghanitan), les USA ont aussi mobilisé les services spéciaux britanniques et espagnols pour l'encadrement de l'armée colombienne. Si l'aide étatsunienne se chiffre à 5,5 milliards de dollars par an, les alliés européens membres de l'OTAN (France, Allemagne, Royaume-Uni etc) contribuent aussi : ils ont versé pour leur part en 2007 154 millions de dollars d'aide militaire à la Colombie sans aucun débat devant leur opinion publique. M. Uribe, qui est un ami de M. Kouchner, a fait libérer pour lui récemment le criminel de guerre kosovar recherché par la justice internationale Agim Ceku. Les forces spéciales israéliennes aussi sont en Colombie, tout comme elles ont participé au coup d'Etat au Honduras.
Le 1er mars 2008, la Colombie a bombardé une base arrière des FARC en Equateur provoquant la rupture des relations diplomatiques avec ce pays. Dix bombes de 500 kilos communément utilisées en Irak ont été déversées par des avions dont on soupçonne qu'ils furent américains (car les avions colombiens ne peuvent transporter de telles bombes).
En avril 2008 le colonel Jim Russell commandant des opérations de l'US Airforce dan le Sud a demandé que des soldats soient retirés d'Irak pour être déployés en Amérique latine. A partir du 12 juillet 2008, la 4ème flotte états-unienne a recommencé à patrouiller au large des côtes latino-américaines pour la première fois depuis 1950. En mai 2008 un avion de combat étatsunien en provenance des Antilles néerlandaises a violé l'espace aérien vénézuélien. Selon Caracas, il s'agissait d'une mission d'espionage sur l'île de La Orchila pour tester les radars vénézuéliens, tandis que Washington a parlé d'une erreur de navigation.
Pour se défendre, le Venezuela, qui se sent menacé, a proposé en mars dernier de mettre des bases aériennes à la disposition des bombardiers russes et son président Hugo Chavez a annoncé mercredi la signature en septembre d'un nouveau contrat d'armement "important" avec Moscou, comprenant l'achat d'une quarantaine de chars. Le président Chavez accuse "l'empire américain" de vouloir utiliser les bases colombiennes pour s'approprier le riche bassin pétrolifère de l'Orénoque dans le sud-est de son pays. Dans l'Etat pétrolifère de Zulia, un mouvement sécessionniste se développe depuis plusieurs années "Rumbo Propio" soutenu par les grands médias de l'oligarchie vénézolo-américaine.
L'étau se resserre autour de Vénézuela tandis que les USA, qui utilisent les bases de la Guyane française, peuvent aussi compter désormais sur le Panama qui a élu un président de droite en mai dernier. Avec ses nouvelles bases, la Colombie, pourra aussi menacer la zone andine au sud-ouest et la zone amazonienne où les enjeux stratégiques sont importants. " D'abord c'est le pétrole, ensuite ce sera le minerai de fer et l'eau. Aujourd'hui ils veulent envahir l'Iraq, ne vous étonnez pas si demain ils décident d'envahir l'Amazonie " avait déclaré l'économiste égyptien et contributeur de l'Atlas alternatif Samir Amin lors du deuxième forum social pan-amazonien de janvier 2003 à Bélem. Pour mémoire le 13 août dernier les delegués des peuples indigènes de Colombie ont dénoncé devant le Comité pour l'élimination des discriminations raciales des Nations Unies les persécutions dont ils sont l'objet par le gouvernement de Bogota. Karmen Ramírez Boscán, dirigeante de l'Organización Nacional Indígena de Colombia (ONIC) a critiqué les divers effets néfaste de la future présence des bases étatsuniennes dans leur zone, y compris en termes des risques de diffusion du commerce sexuel et de viols des femmes indigènes.
F. Delorca
Sexe, mensonges et révolution Twitter
Dans Times on line à propos de la Moldavie le journaliste Tony Halpin le 10 août souligne le rôle de l'instrumentalisation des jeunes femmes dans cette "révolution" :
"Il se peut que la chute du dernier régime communiste d'Europe en Moldavie soit le triomphe des urnes, mais il représente aussi un nouveau succès de la théorie des jolies filles dans les révolutions.
Cette théorie, que je tiens d'un ami arménien, affirme que les soulèvements populaires ont une chance de réussir si dans un pays les filles les plus jolies descendent dan la rue.
L'idée est que même les jeunes hommes les plus in différents sur le plan politique veulent aller où se rendent les jeunes filles et cela crée une masse critique dans les manifestations pour provoquer une perte de confiance dans la capacité d'un régime à faire prévaloir son point de vue. Pour paraphraser Marx, les jeunes hommes sentent qu'ils n'ont rien à perdre sauf leur virginité (...) Les élections en Moldavie ont été le remake des élections d'avril qui ont poussé 10 000 manifestants dans les rues contre les communistes au pouvoir Les organisateurs du premier jour de manifestations pacifiques incluaient Natalia Morar, qui a répandu sur les websites de création de réseaux le mot d'ordre de défense de la démocratie. Natalia est jeune et indéniablement attirante, mais elle expose aussi les imites de cette théorie. La beauté seule ne suffit pas - il faut aussi un cerveau, de l'engagement et du courage. Natalia a pris des risques personnels pour défir le régime ".
L'article insiste aussi sur le sex appeal de Tymoshenko dans la révolution orange ukrainienne et sur la beauté des jeunes femmes géorgiennes derrière Saakachvili.
Cette théorie du sex appeal des révolutions colorées peut s'insérer dans des remarques plus générales déjà faites (voir par exemple le roman "La Révolution des Montagnes" à ce sujet) selon laquelle ces phénomènes marketing sont composés comme pour les ventes de voitures ou de yaourts. Il s'agit de mettre les images de la jeunesse et du plaisir au service de la contestation tandis que les images de la vieillesse et de la mort se projètent par effet de contraste sur les défenseurs des institutions.
D'une révolution Twitter à l'autre, une interview de Hillary Clinton pour CNN le 9 août dernier révèle le rôle discret mais selon elle efficace des Etats-Unis dans les récentes émeutes post-électorales à Téhéran (cf vidéo ci dessous).
F. Delorca
Honduras : le risque d'une guerre civile
Après la rupture des négociations entre putschistes et partisans du président Zelaya, le Front National de Résistance a organisé une manifestation contre le coup d’Etat au Honduras devant l’Assemblée Nationale (Congreso de la República) dans le centre de la capitale hondurienne à Tegucigalpa. Le Secrétaire International du Mouvement Communal du Honduras, José María Meza, a accusé le Gouvernement des USA finance le régime putschiste conduit par Roberto Micheletti et le général Romeo Vásquez Velásquez. Lors d’un entretien téléphonique diffusé sur une chaîne vénézuélienne de télévision, Venezolana de Televisión, ce leader du mouvement social du Honduras a précisé que “ce financement s’effectuait sous couvert “d’aide humanitaire” acheminée par la base de Soto Cano’(ce financement est confirmé par un chercheur québecquois dans un article publié dans le Devoir, mais celui-ci insiste tout de même sur la position un peu plus modérée de l'admiistration Obama que cellede Bush à l'époque du coup d'Etat vénézuélien, et ce notamment à cause de la forte mobilisation de l'Amérique latine derrière Zelaya). On peut aussi se reporter au dossier de Michel Collon sur les contacts de l'ambassadeur étatsunien Hugo Llorens avec les militaires putschistes dès avant le coup d'Etat. A Washington l'ex-candidat à la présidence McCain et la mafia cubaine exilée à Miami entretiennent le lobbying en faveur du coup d'Etat. 
José María Meza a par ailleurs dénoncé les assassinats dont ont été victimes à leurs domiciles Roger Iván Bados et José Murillo, dirigeants du Parti de l’Unification Démocratique qui soutient et organise des manifestations dans la ville de San Pedro Sula pour exiger le retour du Président Manuel Zelaya. Le bilan de la répression militaire depuis le coup d'Etat serait de 4 assassinats et plus d'un millier d'arrestations (notamment les militaires ont tiré sur la foule lors de la tentative de retour du président Zelaya à l'aéroport de Tegucigalpa appuyée par les présidents Fernando Lugo, Rafael Correa et Cristina Fernandez-Kirchner, une répression dissimulée par les grands médias occidentaux).
Les syndicats Central General de Trabajadores (CGT), la Confederación de Trabajadores de Honduras (CTH) et Confederación Unitaria de Trabajadores de Honduras (CUTH), les syndicats d'enseignants ont lancé un mot d'ordre de grève générale contre le nouveau pouvoir hondurien dirigé par le chef d'entreprise Roberto Micheletti.
Des actions de solidarité avec le peuple hondurien se poursuivent en Europe et dans le monde. Voir vidéo ci dessous d'un rassemblement le 2 juillet dernier.
FD
Coup d'Etat au Honduras : les USA ne changent pas
L'Union européenne a condamné dimanche l'arrestation par les forces armées du président du Honduras, Manuel Zelaya, et réclamé sa libération "immédiate", a annoncé la présidence tchèque de l'UE. A Washington, le président Barack Obama s'est déclaré "très préoccupé" et a demandé aux "acteurs politiques et sociaux" de ce pays d'Amérique centrale de respecter la démocratie et l'état de droit.
La modération des termes du président Obama suggère que les Etats-Unis sont directement derrière ce coup d'Etat. Eva Golinger, journaliste basée au Venezuela, note entre autre indices que Martha Diaz, coordinatrice de l'ONG Grupo Paz y Democracia financée par l'agence américaine USAID a qualifié le coup d'Etat de "transition vers la démocratie". Selon le New-York Times les Etats-Unis étaient au courant du projet de coup d'Etat.
Elu président en janvier 2006, M. Zelaya avait opéré un net virage à gauche et s'était rapproché des dirigeants de gauche antilibéraux de la région. Depuis plusieurs décennies le Honduras était un des piliers de la politique réactionnaire en Amérique centrale. Ceux qui s'attendaient à une évolution positive de la diplomatie étatsunienne sous le mandat du président Obama reçoivent là un bien mauvais signal.
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PS 30 juin : Face à la résistance populaire, l'armée a dû faire marche arrière. Dans les jours qui ont suivile putsch seuls se sont encore risquées à le défendre diverses opinions conservatrices comme celle journal des exilés cubains de Miami le Miami Herald, ou du journaliste Gérard Thomas qui, dans le journal Libération en France, estimait mardi que le président hondurien était démis "dimanche par les militaires, sur ordre de la justice" et accusait le président Zelaya (en citant le sociologue Gilles Bataillon, collaborateur des revues réactionnaires françaises Communisme - dirigée par S. Courtois - et Commentaire) d'incarner une «classe politique inepte, uniquement préoccupée d’assurer sa réélection». Le président américain Obama a fini pour sa part par ademttre que ce putsch était illégal. Pour un beau récit du rôle des ambassadeurs de Cuba, du Vénézuela et du Nicaragua dans la défense du ministre des affaires étrangères honduriens, voir le témoignage de F. Castro en français.
Guerre au Kivu : la balle dans le camp de Kagamé ?
Selon le bureau de coordination de l’ONU (Ocha), 1330 cas de viols ont été enregistrés au Sud-Kivu depuis le début de cette année. Non seulement les violences sexuelles, accompagnées d’atrocités, se multiplient, mais elles visent désormais des enfants (de 35 à 50% des cas) ainsi que des hommes adultes. Les assassinats et vols de civils se poursuivent . Les mêmes crimes sont constatés au Nord-Kivu. De passage à Bruxelles et s’exprimant à la tribune de Justice et Paix le 16 juin, le père Rigoberto Minani, qui dirige le Centre d’études pour l’action sociale et dont Colette Braeckman rapporte les propos sur son blog, a fait état de la situation dramatique au nord-est du Congo où l'armée régulière (FARDC environ 100 000 hommes) qui a intégré les anciens membres de milice du rebelle tutsi Nkunda (comme Jean-Bosco Ntanganda également appelé « le Terminator », recherché par la Cour Pénale Internationale « coordonnateur adjoint » de l’offensive) inspire autant de crainte à la population que les milices hutus rwandaises FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, environ 8 000 hommes). Toutes les forces armées seraient devenues peu ou prou des bandes criminelles indisciplinées (par exemple la LRA ougandaise évoluerait au Sud-Kivu sans commandement ni objectif précis, la corruption par le partage des bénéfices miniers aidant encore à développer l'anarchie dans cette région). L'absence de versement des soldes pourrait expliquer en partie les violences (au moins en ce qui concerne les forces congolaises - FARDC). Une Mission de conseil et d’assistance de l’Union européenne en matière de réforme du secteur de la sécurité en RDCongo (EUSEC) a pourtant été mise en place par les ex puissances coloniales, sous commandement d'un général français, pour rationaliser le système de rémunération de cette armée.La République démocratique du Congo s'enfonce par ailleurs dans la crise économique. Selon le FMI (qui augmente son contrôle sur ce pays - M. Strauss-Kahn était à Kinshasa le 25 mai, après l'effondement des prix du cuivre, cobalt et diamant, une chute des termes de l’échange de 20% est attendue cette année. Par conséquent, la croissance économique pour 2009 est estimée à 2,7%, bien en dessous des niveaux d’avant-crise. Cette faiblesse de l'Etat central congolais ne peut qu'entretenir le pourrissement actuel de la situation.
Pour beaucoup d'analystes, aucune victoire militaire sur les hutus rwandais (dont seulement une petite partie à pu retourner dans leur pays qu'ils ont quitté en 1994) n'est possible et la solution ne peut être que diplomatique. Alexis Kalinda, leader d'un groupe ethnique Nyanga, affirme que le principal obstacle à la paix dans la partie Est de la RDC est le Président rwandais Paul Kagame (le leader nationaliste tutsi FPR, allié de Clinton et de Bush) qui persiste dans son refus de tout dialogue avec les FDLR. « Le Rwanda doit leur fournir des garanties », explique-t-il, insistant au passage sur le fait que Kigali a besoin d'un compromis convaincant et durable. Paul Kagame est de plus en plus en mauvaie posture à l'égard de ses anciens parrains occidentaux. Ayant soutenu les républicains et Mc Cain aux dernières élection présidentielles étatsuniennes estimant que les "blancs ne voteraient jamais pour un noir", il est en mauvaise posture à l'égard d'Obama (comme l'a révélé l'obligation dans laquelle il s'est trouvée d'abandonner son allié Nkunda). A la différence de Sarkozy qui, à contretemps des Américains, croyait intelligent de proposer un deal avantageux à Kagame au Congo, l'orientation de l'administration américaine serait plutôt hostile à Kagamé. Signe des temps, le 1er juin dernier, 70 universitaires principalement anglo-saxons ont adressé une lettre ouverte au président du tribunal pénal international pour le Rwanda demandant l'inculpation de M. Kagame... un moyen de pression qui pourrait faciliter certaines réconciliations entre nationalistes tutsis et exilés hutus...FD
Impunité israélienne

Cet "amour" violent et touchant des soldats israéliens pour la France, dont les médias Français (AFP, Libération) ne peuvent plus éviter de parler, a suscité une réaction diplomatique du Consul général de France à Jérusalem qui a adressé une lettre de protestation au ministère israélien des Affaires étrangères concernant les sévices infligés à la directrice du CCF, accompagnée d'un rapport médical détaillé, exigeant une enquête afin d’établir les faits avec exactitude.
Le consulat général de France à Jérusalem déploie une activité culturelle très dynamique en Palestine occupée, principalement en Cisjordanie.
A Gaza, il n'est même plus possible de songer à une action culturelle tant la situation y reste castrophique. Aucun des milliers de bâtiments bombardés par Tsahal n'a été reconstruit malgré l'aide internationale car le siège que subit ce territoire interdit l’entrée de tout ce qui n’est pas ravitaillement ou médicaments de toute première nécessité. 40 000 personnes restent sans logement. Les tirs d'obus, et d'armes automatiques de la part des Israéliens et le survol par les drones se poursuivent. il n'y a pas d'électricité à l’Hôpital de Al-Shifa. Laura Dukay en livre un compte rendu émouvant sur le site de Socialist Worker.
Pour Israel, à l'égard des diplomates européens comme à l'égard des civils palestiniens, l'impunité prévaut.
Au début de cette année l'Espagne a tenté d'ouvrir une brèche dans cette impunité. Le 29 janvier, le juge Fernando Andreu d'instruction de la 4e chambre de l'Audience nationale ouvrait une enquête pour "crime contre l'humanité" visant sept personnalités israéliennes suite à une plainte du Centre palestinien pour les droits de l'homme sur le bombardement, le 22 juillet 2002 à Gaza, qui tua Salah Chehadeh, dirigeant du Hamas que le magistrat qualifie "d'organisation terroriste", et 14 civils palestiniens, "en majorité des enfants et des bébés". Le ministre israélien de la Défense Ehud Barak a immédiatement réagi en affirmant qu'il "ferait tout" pour obtenir l'annulation de cette enquête "délirante"."Celui qui qualifie de crime contre l'humanité la liquidation d'un terroriste vit dans un monde à l'envers" déclara le ministre. Le 3 février comme le ministre Moratinos avait annoncé qu'il envisageait de faire voter une loi anti-compétence universelle pour faire obstacle à l'enquête d'Andreu, un collectif d'intellectuels progressistes juifs venait défendre cette enquête.
Le 2 avril, le parquet espagnol a demandé le classement de l'enquête au motif que les faits visés faisaient, selon lui, déjà l’objet d’enquêtes en Israël. Le juge Fernando Andreu a courageusement décidé le 7 mai de ne pas suivre ces réquisitions, estimant au contraire que la justice israélienne n’enquêtait pas sur ces faits et que, quand bien même ce serait le cas, la justice espagnole resterait compétente, mais fin mai il se confirmait que les 2 principaux partis de droite et de centre-gauche espagnols voteraient au Congrès une réforme de la loi de compétence universelle sous la pression israélienne, comme la Belgique avait dû le faire en 2003 sous la pression de l'administration Bush et d'Israël quand des plaintes avaient été introduites contre des responsables américains de la guerre en Irak et contre Ariel Sharon, de sorte que dorénavant seule la Cour pénale internationale garderait une compétence universelle (ce dont Israël se moque puisque, comme les Etats-Unis, il n'en a pas ratifié les protocoles et échappe donc à sa juridiction).
FD
Mauvaises nouvelles pour Pristina
Aujourd'hui on apprend l'arrestation de l'ancien premier ministre albanokosovar Agim Ceku (2 ème à droite sur la photo serrant la main à M. Kouchner et à M. Clark), accusé sur la base d'un mandat d'Interpol de crimes de guerre commis lorsqu’il était colonel des forces croates en 1993, puis lorsqu’il était chef d’état-major des forces kosovares (UÇK) en 1998-99, et encore à nouveau lors des pogroms anti-Serbes au Kosovo en 2004. Il a été placé en garde à vue au point de passage frontalier de Giuechevo alors qu'il pénétrait en Bulgarie depuis la Macédoine voisine dans la nuit de mardi à mercredi.
Selon des sources diplomatiques, les autorités de Belgrade avaient demandé en vain début mai à leurs homologues colombiens de procéder à son extradition de la Colombie où il s'était réfugié vers Belgrade. L’échec aurait été dû à l’intervention directe de Bernard Kouchner.
Il a deux jours, Human Rights Watch à Londre publiait un rapport sur le sort des Roms du Kosovo : 200 000 personnes en 1999, et dont il ne reste que 20 000 ressortissants aujourd'hui après l'impitoable nettoyage ethnique que leur ont infligé les nationalistes albanais de l'UCK. Le rapport cite notamment la mise à feu et à sang de Roma Mahalla à Kosovska Mitrovica où vivaient 8 000 Roms pour la plupart musulmans, chassés par les extrémistes albanokosovars. Le rapport accuse aussi l'ONU d'avoir construit pour les rescapés des camps à proximité de dépôt de déchets toxiques.
Après l'affaire des trafics d'organes de prisonniers de l'UCK, ces dernières nouvelles ne sont pas bonnes pour l'image des autorités de Pristina qui peinent à obtenir une reconnaissance internationale. Même au dernier sommet de l'Organisation de la conférence islamique de Damas, et malgré les instructions données par le ministre des affaires étrangères britannique David Miliband à l'ensemble des membres de reconnaître l'indépendance du Kosovo, la plupart des pays musulmans s'y sont refusés. Aujourd'hui parmi les 60 pays qui ont reconnu ce pays (moins d'un tiers des membres des Nations unies), à part les pays d'Europe occidentale (sauf l'Espagne) on ne trouve que des nations inféodées aux USA ou à l'Union européenne comme l'Afghanistan, l'Albanie, l'Arabie saoudite, le Costa Rica, le Sénégal (ou pour des raisons historiques la Turquie). La Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil, l'Indonésie, l'Afrique du Sud, le Venezuela, l'Argentine, l'Egypte, Cuba, la Syrie, la Libye, l'Azerbaijan, la Corée du Nord, l'Iran et la Bolivie maintiennent leur opposition à toute reconnaissance.
Il n'est pas sûr que les félicitations adressées par M. Sarkozy à l'entité autoproclamée, dans une lettre ouverte à notre ambassadrice à Pristina changent grand chose. D'autant qu'il se dit même à Paris que M. Sarkozy, qui accueillait récemment le président serbe Boris Tadic, conscient du poids géopolitique de la Serbie dans les Balkans, ne serait pas aussi fanatique du nationalisme albanokosovar que son ministre des affaires étrangères.
FD
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NB : ci dessous photo d'une manif de Serbes du Kosovo arborant une affiche pro-Chavez (2008)
Post scriptum au 26 juin 2009 : La justice bulgare a finalement libéré le criminel de guerre Ceku poursuivi par la Serbie et Interpol. Le ministre serbe des affaires étrangères Vuk Jeremić a dénoncé un coup "dévastateur" porté au droit international (mais l'Occident n'est plus à un près à l'égard de de la Serbie). Jeudi, le parquet bulgare avait relevé "un manque de preuves que M. Ceku ait commis les crimes dont il est accusé" et a estimé que la Serbie n'était pas compétente pour le juger.M. Ceku, qui n'est cependant pas autorisé à quitter la Bulgarie avant le 2 juillet, limite jusqu'à laquelle le Parquet bulgare peut faire appel de la décision (mais vu la position du parquet susmentionnée, il et peu probable qu'un revirement ait lieu).
La "révolution verte" iranienne, les "fraudes" et les ingérences étrangères
Quelques précisions factuelles pour aider à se faire une opinion au moins sur la sincérité du scrutin qui s'est tenu dimanche dernier en Iran et sur les éventuelles ingérences extérieures.
Sur le plan factuel deux camps s'affrontent, l'un et l'autre en principe fidèles à l'idéologie de la République islamique et l'héritage de l'Ayatollah Khomeiny puisque c'est une condition sine qua non pour pouvoir se présenter à l'élection présidentielle dans ce pays (ce qui a fait dire à Obama que les deux candidats se valaient du point de vue des USA, mais ce peut être là un propos qui cherche à masquer le intérêts réels de Etats-Unis). D'un côté le président sortant Mahmoud Ahmadinajed, parfois qualifié de "populiste", radical dans sa politique à l'égard d'Israël, et qui 'appuie sur le groupe des Gardiens de la révolution (anciens combattants de la guere Iran-Irak comme lui qui contrôlent des secteurs importants de l'économie iranienne). De l'autre Mir Hossein Moussavi, ancien premier ministre de 1981 à 1989, qui, selon l'universitaire Yann Richard aurait réalisé l'union des réformateurs derrière lui quand Ahmadinejad a mis en cause l'ancien président Hachemi Rafsanjani, patron d'une multinationale, soupçonné de corruption (alors que Moussavi dans les années 1980 était uun "radical" hostile à Rafsanjani). Moussavi paraît plus ouvert aux Occidentaux en politique internationale, il a notamment proposé de reprendre les pourparler sur le nucléaire.
La réalité des fraudes prête à débat. Le quotidien français Le Figaro explique, le 16 juin 2009, que selon certaines sources internes, « la commission électorale aurait d'abord prévenu Moussavi de sa victoire, dans la soirée du vote, vendredi, tout en lui demandant d'attendre pour annoncer le résultat Mais, le soir même, les rumeurs circulent selon lesquelles la réélection d'Ahmadinejad fera la une du journal conservateur Keyhan, dès le lendemain.
Ayant, semble-t-il, eu vent de l'affaire, Moussavi convoque alors, juste avant minuit, une conférence de presse, en dévoilant toute une liste de fraudes : le manque de bulletins de vote dans certaines grandes villes comme Chiraz, Ispahan et Téhéran, la fermeture anticipée de certaines urnes, malgré la prolongation annoncée des horaires de vote. Il évoque aussi l'impossibilité, pour ses représentants, d'assister au dépouillement, comme prévu par les autorités. Mais ses appels restent sans réponse./Pire. Le lendemain, un cordon de voitures de police empêche les journalistes d'accéder à un nouveau point presse, organisé par Moussavi dans les locaux du journal Etelaat. Furieux, ses partisans commencent alors à organiser des manifestations spontanées à travers la capitale, qui ont dégénéré en minicombats de rue face aux miliciens islamiques pendant le week-end». Selon Libération en date du même jour, selon des fuites obtenues auprès d'experts du ministère de l'Intérieur, « les vrais scores des candidats sont radicalement différents de ceux annoncés officiellement : le réformateur Mir Hussein Moussavi serait ainsi arrivé en tête avec 19 millions de voix (sur 42 millions de votants), devant le second candidat réformateur, Mehdi Karoubi, qui a recueilli 13 millions de suffrages, Ahmadinejad n'arrivant qu'en troisième position avec 5,7 millions.
Ces chiffres rappellent les résultats contradictoires qui furent avancés lors de l'élection présidentielle yougoslave de septembre 2000 à l'issue de laquelle les résultats finaux n'ont finalement jamais été connus, le président sortant ayant capitulé devant le pouvoir de la rue.
Ici, la thèse de la fraude se fonde sur des arguments qui tous pour le moment peuvent paraître contestables.
1) Des sondages ont donné M. Moussavi gagnant.
Diver sondages de la BBC ont donné Mir-Hossein Moussavi gagnant.
Toutefois déjà le 12 mai un sondage d'opinion mené à Téhéran ainsi que dans 29 autres capitales provinciales et dans 32 villes importantes du 3 au 4 mai, indiquait que 58,6% personnes interrogées voteraient en faveur d'Ahmadinejad, alors que 21,9% choisiraient Moussavi. On peut se reporter à l'intéressant tableau sur les sondages préélectoraux iraniens contradictoires que fournit Wikipedia.
2) Les résultats ont été proclamés très vite, ce à quoi les partisans d'Ahmadinejad répondent que les partisans de Moussavi eux aussi s'étaient proclamés vainqueurs avant même la cloture du scrutin.
3) M. Moussavi qui est un azéri est donné perdant en Azerbaïdjan iranien. Toutefois Ken Ballen and Patrick Doherty dans un article du Washington Post ont révélé récemment que leur propre sondage avait donné Ahmadinejad vainqueur das les circonscriptions azéries (selon leur sondage du reste Moussavi ne l'emportait que dans la bourgeoisie urbaine diplômée). L'idée selon laquelle les Azéris ne votent que pour un azéri apparaît à beaucoup trop "communautariste" pour être appropriée à a situation de l'Iran.
4) Des irrégularités mineures ont été relevées
Des absences de bulletins ont été constatées. On reproche aussi au système de ne pas favoriser le secret du vote car les illettrés ont besoin de l'aide de tiers pour écrire le nom de leurs candidats sur les bulletins. Mais ce genre de carence qui se constate aussi dans d'autres pays n'a pu, de l'avis de nombreux observateurs, ne peut jouer qu'à la marge. Selon Al Manar-TV (la chaîne du Hezbollah, mais c'est une source qui peut prêter à caution) le chef du service de renseignements israélien Meïr Dagan, a lui-même aurait déclaré mardi à la Knesset que "la fraude électorale en Iran n'est pas différente de ce qui se passe dans les États libéraux lors des élections". Un observateur russe Pavel Zarifoulline, rédacteur en chef du portail analytique Geopolitika a déclaré " A titre d'observateur, j'ai participé à bien des élections, notamment en Biélorussie et en Moldavie, mais je n'ai vu nulle part d'élections aussi démocratiques qu'en Iran". Selon lui seule la capitale Téhéran soutenait Moussavi.
La réalité des ingérences étrangères aussi prête à débat. Si la "révolution verte" peut être comparée aux révolutions colorées de Serbie, d'Ukraine et de Géorgie par les thèmes qu'elle invoque (l'attrait du mode de vie occidental, la mise en valeur des jeunes) et par les brouillages idéologiques auxquels elle se livre (Moussavi se veut par moment plus fidèle à l'esprit du Khomeinysme qu'Ahmadinejad... tout en prônant une intifida électronique en Palestine plutôt qu'une intifida réelle), le preuves sont pour le moment rares.
Ce que l'on sait avec certitude c'est que les actions de la CIA en Iran sont effectives depuis mai 2007, mais on ignore si elles ont pris une ampleur particulière à l'occasion de ce scrutin.
Depuis quelques jours, les Etats-Unis donnent des petits signes discrets de soutien à Moussavi. Selon Associated press par exemple Washington a demandé à Twitter (un outil de réseau social et de microblogage par messagerie et SMS) de reporter une opération de maintenance prévue pour lundi, qui aurait privé les jeunes Iraniens de l'un de leurs moyens de communication privilégiés en pleine contestation de l'élection présidentielle, selon trois responsables américains ayant requis l'anonymat.
Le département d'Etat américain (Affaires étrangères) est intervenu auprès de la direction de Twitter afin d'éviter l'interruption d'une heure et demie initialement prévue sur le réseau, qui permet de publier des messages au format SMS (140 signes) sur un forum en ligne, par ordinateur ou par téléphone portable (AFP).
La demande de l'administration a apparemment été satisfaite, et les Iraniens privés d'accès Internet qui pouvaient encore se connecter au réseau téléphonique ont ainsi continué d'envoyer des SMS sur la situation sur place.
Est-ce à dire que les partisan de Moussavi sont "téléguidés" par des lobbies occidentaux, ou du moins fortement appuyés par eux à l'intérieur même des frontières iraniennes ?
Les dirigeants occidentaux connus pour être les plus favorables aux intérêts d'Israël, sont parmi les plus ardents à dénoncer les soi-disant fraudes électorales : tel est le cas en France de M. Kouchner qui peu de temps avant que l'armée américaine ne force G. W. Bush à modérer ses positions avait suggéré que l'Iran devait se préparer à la guerre, et de M. Sarkozy (lequel semble songer à placer Abu Dhabi sous le parapluie nucléaire français face à l'Iran), qui trouve "intéressant" le réveil de l'opposition à Ahmadinejad. L'Union européenne a demandé lundi 15 juin à l'Iran qu'une enquête soit réalisée sur les accusations de fraude électorale. Les principaux leaders ont condamné la répression qui s'abattait sur les partisans de Moussavi. Selon le diplomate indien M K Bhadrakumar, seuls les Européens peuvent être en première ligne sur le dossier iranien, vu l'impopularité des ingérences américaines en Iran depuis 1953, mais les Européens ne sont pas aussi habiles que les néo-conservateurs étatsuniens pour organiser des "révolutions de couleur"...
Dès le 10 juin le responsable des gardiens de la Révolution Yadollah Abbasi avait parlé d'un risque de "révolution de velours" ou de "révolution orange" à Téhéran du fait que Moussavi voulait accaparer le "vert" (couleur de l'Islam) pour mener à bien son projet de renverser Ahmadinejad.
Est-ce à dire que les organismes autrefois accusés d'avoir organisé des révolutions de couleur (la Fondation Soros, USAID, le National Endowment for Democracy, la Albert Einstein Institution, voire la CIA) sont impliqués de façon directe dans les événements des derniers jours ? Comme c'est souvent le cas, Thierry Meyssan depuis son exil proche-oriental fait partie de ceux qui mettent en cause plus précisément la CIA : en reprenant la nouvelle ci-dessus concernant l'intervention des Etats-Unis auprès de Twitter, Meyssan accuse la CIA de semer systématiquement la confusion dans l'opinion publique iranienne "en inondant les Iraniens de messages SMS contradictoires". Twitter aurait déjà été utilisé dans l'insurrection moldave d'avril dernier. Mais la thèse de Meyssan pourrait n'être qu'une extrapolation.
Pour l'heure le soupçon d'une "révolution orange" comparable à celles d'Europe de l'Est demeure hypothétique.
F. Delorca