Palestine : manifestations un an après l'attaque de Gaza
Les collectifs solidaires de Gaza manifestaient le weekend dernier en France pour le premier anniversaire de l'agression israélienne.L'heure semble être à la division dans les rangs. Le Collectif Cheikh Yassine (une organisation autour de laquelle se développent diverses controverses dans les milieux pro-Palestine) qui revendique (mais l'information est invérifiable) la présence de 700 personnes à sa manifestation à Paris de Nation à Bastille a publié un communiqué dans lequel il affirmait avoir essayé de se joindre aux manifestations organisées par d'autres collectifs mais selon lui ces autres collectifs ont finalement choisi des itinéraires différents. Ce communiqué a fait l'objet de démentis par d'autres groupes. Abna Philistine, l’APF, la GUPS et Mémoire de notre Terre pour leur part s'étaitent donné rendez-vous sur le Parvis de Notre Dame de 17h30 à 19h30. Ces organisations n'ont pas publié de bilan de la participation à cette manifestation.
En Province l'Association France-Palestine Solidarité Nord-Pas de Calais revendiquait dimanche 700 manifestants à Lille. Pas de bilan chiffré sur Marseille, ni de Lyon. On est loin des milliers de manifestants de janvier dernier.
Les autres pays européens ne semblent pas avoir organisé de manifestations au cours des derniers jours
En Egypte, les quelques centaines d'internationalistes français et européens qui avaient prévu une Marche pour la Liberté de solidarité et d'aide humanitaire jusqu'à Gaza ont été bloqués au Caire par la police égyptienne alliée du gouvernement israélien. Un rassemblement de soutien à Paris devant l'ambassade d'Egypte était organisé ce mercredi. Divers collectifs comme la Confédération paysanne ont écrit au gouvernement français et à l'ambassade égyptienne et les citoyens solidaires de Gaza sont invités à faire de même.
Une autre manifestation aura lieu en Cisjordanie. Les deux marches devraient se rejoindre, les 31 décembre et 1er janvier, à Gaza.
Pendant ce temps la répression israélienne se poursuit à Gaza et en Cisjordanie. Le 26 décembre six Palestiniens ont été tués. En Cisjordanie, trois militants du Fatah --le parti du président palestinien Mahmoud Abbas--, impliqués selon l'armée israélienne dans le récent assassinat d'un colon israélien (mais rien n'est prouvé puisqu'ils n'ont pas eu droit à un procès équitable), ont été tués lors d'une opération de l'armée israélienne à Naplouse (nord). Dans la bande de Gaza, trois Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Selon des sources palestiniennes, les victimes sont des ferrailleurs ramassant des bouts de métal près de la clôture séparant l'enclave palestinienne d'Israël (AFP). Le gouvernement israélien a dévoilé, lundi 28 décembre, un projet de construction de plus de 700 nouveaux logements dans des secteurs de Cisjordanie que ce gouvernement considère comme appartenant à Jérusalem
Curaçao : la nouvelle épée de Damoclès au dessus du Venezuela
Après l'annonce d'un plan de militarisation de la Colombie sous forme d'une création de 7 bases, l'Empire étatsunien a-t-il prévu d'encercler le Venezuela ? Selon Hugo Chavez depuis 2005 les patrouilles de porte-avions et navires de guerre dans les Antilles néerlandaises au large de Curaçao, à 65 km des côtes venezueliennes, n'ont cessé d'augmenter, et Washington aurait signé avec les Pays-Bas un accord pour la construction d'un port en eau profonde pour compléter la "base d'opérations avancées"(Forward Operating Location). Selon sa conseillère Eva Golinger les 200 000 habitants de Curaçao en 2005 ont assisté mécontents mais impuissants à la visite de plus de cent bateaux de guerre en une année, soit dix fois plus que les années précédentes, tandis que la base aérienne de l'île sert de tête de pont aux incursions dans l'espace aérien venezuelien. Auparavant le dispositif états-unien dans les Antilles s'appuyait surtout sur l'aéroport Reine Béatrix d'Aruba, sur l'île voisine, utilisé depuis 1999.

Le 16 novembre dernier Helmin Wiels, leader du Parti Pueblo Soberano de Curaçao a demandé la fermeture de la base américaine de l'île en affirmant que Curaçao devait rester en de bons termes avec l'ensemble de ses voisins. Mais son appel a peu de chances d'être entendu. Pour faire accepter leur présence sur l'île et dans la région, et pour contrer les actions de solidarité des alliés du Venezuela dans les Caraïbes (dans le cadre de l'ALBA) les troupes américaines développent des programmes d'assistance humanitaire aux habitants de la zone, qui va selon les soldats jusqu'à repeindre des écoles. L'argument de la drogue reste majeur pour justifier l'ouverture de ces bases. Alors que le bail se termine cette année, le parlement néerlandais a autorisé son renouvellement à la fin du mois de mai dernier.
L'uranium nigérien
L’association de défense de l’environnement Greenpeace a publié un rapport sur les mines d’uranium exploités par le groupe français Areva, au nord du Niger. Une équipe de l’organisation s’est rendue sur les lieux du 1er au 9 novembre. Cette étude révèle les risques de contamination radioactive pour les populations locales.L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.
Dans un article du Monde Diplomatique de juin 2008, Anna Bednik décrivait l'action du mouvement touareg MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) pour que les collectivités locales nigériennes puissent avoir le contrôle des recettes de l'exploitation de l'uranium. Le Niger est le troisième exportateur mondial de ce minerai. Il est exploité par deux sociétés franco-nigériennes dont Areva NC est l’actionnaire majoritaire. Mais le gouvernement nigérien commercialise désormais une partie de la production directement sur le marché, et le monopole français de l’extraction de l’uranium au Niger est terminé. A. Bednik indique notamment qu'en novembre 2007, Sino-Uranium, filiale de l’entreprise publique chinoise China National Nuclear Corporation (CNNC) qui explore depuis 2006 l’importante concession de Tegguidda, a obtenu le permis d’exploitation du gisement d’Azelik. Au vu des actions de la guérilla touaregs contre la CNNC, l'hypothèse d'une manipulation de celle-ci par Areva a été avancée pendant un temps, puis démentie par la suite. Une dialectique entre violence des rebelles et le durcissement du gouvernemet de Niamey s'est engagée dans un contexte d'appauvrissement croissant des populations locales et de désertification, avec toutes les conséquences que l'on peut imagine (sur la répression, voir par exemple le témoignage d'Amnesty International en 2007).
Dans une préface au récent livre de Yash Tandon "En finir avec la dépendance à l'aide" (exd. CETIM), l'économiste Samir Amin, contributeur de l'Atlas alternatif, cite la situation du Niger comme illustration de l' "aiguisement des conflits pour l'accès aux ressourcs naturelles de la planète", contexte dans leque les pays du Nord entendent se réserver l'accès exclusif à une "Afrique "utile" (celle des ressources naturelles), et en interdire l'accès aux "pays émergents" " comme la Chine. L'aide au développement (dont les modalités sont définies de façon unilatérale et qui, dans le cas du Niger, représente la moitié de son buget) servant à maintenir les classes moyennes nationales dans une position clientélaire à l'égard des pays riches.
F. Delorca
Nouvelles menaces de frappes contre l'Iran
L’ancien adjoint au Ministre de la Défense Israélien, Ephraim Sneh, a indiqué dans une interview avec le journal Britannique Sunday Times du 11 octobre dernier que si les sanctions contre l'Iran ne sont pas en place d’ici Noël, Israël pourrait attaquer seul l'Iran. « Si aucune sanction paralysante n'est imposé d’ici Noël, Israël frappera, » a-t-il dit. « Si nous sommes laissés seuls, nous agirons seul. »Zbigniew Brzezinski, architecte des accords de Camp David à l'époque de Carter et de la politique d'encerclement de l'URSS par l'aide aux islamistes, déclarait pour sa part récemment au site people Daily Beast, que si les bombardiers israéliens venaient à traverser l’espace aérien irakien pour attaquer l’Iran, les États-Unis ne devraient pas hésiter à les intercepter, voire à les détruire tout comme Israël tira sans hésiter sur l’USS Liberty durant la guerre des Six jours. Brzezinski avait fait l'objet d'une attaque virulente du lobby pro-israélien pendant la campagne d'Obama dont il était un des mentor, et l'actuel président s'était engagé à ce que Brzezinski n'ait pas d'influence sur sa politique au Proche-Orient. Brzezinski insiste dans cette interview sur les risques économiques sur le cours du pétrole que ferait peser une frappe israélienne (ce dont selon lui les USA et la Chine paieraient le prix le plus fort tandis que la Russie en tirerait profit) et sur le dommage que cela causerait au processus de paix au Proche-Orient.
En revanche selon le Wall Street Journal aujourd'hui, des groupes de pression aux Congrès des Etats-Unis tentent de faire réécrire le rapport du National Intelligence Estimate de 2007 qui avait estimé que l'Iran avait arrêté ses activités nucléaires militaires en 2003.
Ces nouvelles menaces israéliennes interviennent à l'heure où le gouvernement de M. Sarkozy, devenu le meilleur allié d'Israël à l'ONU, tentait de retarder le vote d'une résolution déclarant Israël coupable de crimes de guerre à Gaza, une résolution qui a finalement été adoptée par la majorité d'un groupe de travail basé à Genève. Cette résolution a été finalement votée par une majorité de pays dont la Chine, la Russie, l'Egypte, l'Inde, la Jordanie, le Pakistan, l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Bahrein, le Bangladesh, la Bolivie, le Ghana, l'Indonesie, Djibouti, le Liberia, le Qatar, le Sénégal, le Brésil, Maurice, le Nicaragua et le Nigéria. Ont voté contre les pays du Nord : les Etats-Unis, l'Italie, la Hollande, la Hongrie, la Slovaquie et l'Ukraine. Se sont abstenus des alliés des USA : la Bosnie, le Burkina-Faso, le Cameroun, le Gabon, le Japon, le Mexique, la Norvège, la Belgique, la Corée du Sud, la Slovénie et l'Uruguay.
La résolution demande à l'Assemblée générale d'examiner le rapport Gladstone, et au Conseil de sécurité de déférer Israël à la Cour pénale internationale.
FD
Vers la fin du dollar comme monnaie d'échange
En septembre, l’Iran a annoncé que ses réserves de devises étrangères seraient, dorénavant, libellées en euros, et non pas en dollars. Les pays arabes du Golfe sont en train de préparer – avec la Chine, la Russie, le Japon et la France – la cessation du recours au dollar pour les transactions pétrolières, au profit d’un panier de devises comportant le yen japonais, le yuan chinois, l’euro, l’or et une nouvelle devise unifiée préparée par les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, qui regroupe notamment l’Arabie saoudite, Abu Dhabi, le Koweït et le Qatar. Des réunions secrètes ont d’ores et déjà été tenues entre ministres des finances et gouverneurs des banques centrales, en Russie, en Chine, au Japon et au Brésil, afin de travailler à ce projet, qui aura pour effet que le pétrole ne sera désormais plus échangé contre des dollars.
Cette évolution pourraît intensifier la guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine, pour la conquête du pétrole moyen-oriental – transformant, de surcroît, les conflits endémiques de cette région en une bataille pour la suprématie de la première puissance mondiale. La Chine consomme plus de pétrole que les Etats-Unis, et elle en consomme de plus en plus, sa croissance économique étant moins efficace énergétiquement. La monnaie de transition, dans le mouvement prévu d’abandon du dollar, pourrait fort bien être l’or, laissent entendre certaines sources des milieux bancaires chinois.
Selon le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick : « Un des legs de cette crise sera sans doute la prise de conscience d’un bouleversement total dans les relations entre puissances économiques »
Par ailleurs on apprenait cette semaine que, à plus petite échelle, les membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques - ALBA (Equateur, Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Honduras, Dominique, Saint Vicent et Grenadines, et Antigua et Barbuda) ont décidé de remplacer le dollar comme monnaie de leur commerce extérieur extérieur entre eux par le sucre dès 2010, cette monnaie pouvant devenir à terme commune à ces pays pour l'ensemble de leurs transactions.
Second sommet Afrique-Amérique latine au Vénézuéla
Hugo Chavez accueille ce week-end sur l'île de Margarita le second sommet Afrique-Amérique latine, dont il espère que sortira un front "anti-impéraliste" des pays du Sud.
Un des rares médias dominants à en parler, Reuters insiste sur le fait que le leader venezuélien attire à lui des leaders assez radicaux tels que les présidents libyen, zimbabwéen et soudanais, alors que l'Afrique du Sud serait davantage sur la ligne du Brésil et que beaucoup d'Etats africains seraient maintenant plus favorables aux Etats-Unis (depuis que le président Obama affiche une ligne "modérée").
Il faut noter tout de même que 61 pays (49 africains et 12 latino-américains) sont représentés, la plupart d'entre eux à un niveau présidentiel (Algérie, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Libye, Mali, Mauritanie, Equateur, Namibie, Niger, République centrafricaine, Soudan, Sao Tomé et Principe, Swaziland, Afrique du Sud, Togo, Argentine, Bolivie, Chili, Brésil, Paraguay, Uruguay et Zimbabwe). Les absents sont les alliés des Etats-Unis (Colombie, Pérou, Guyana, Surinam). Le 1er sommet afro- latino américain s'est tenu les 30 novembre et 1er décembre 2006 à Abuja (Nigéria).
En marge du sommet de cette année divers accords bilatéraux seront signés entre pays africains et sudaméricains. Le Vénézuéla a notamment signé 7 accords de coopération avec la Libye. "La Libye, a déclaré l'ambassadeur vénézuelien à Tripoli Afif Tajeldine, pour nous est la porte de l'Afrique, car c'est un pays qui a un comportement socialiste reconnu par tous".
Dans son discours inaugural le président Chavez a annoncé la fin du monde unipolaire. Le président libyen qui s'exprimait juste après lui a estimé : "Les puissances mondiales veulent continuer à préserver leur pouvoir. Quand ils ont eu l'occasion de nous aider, ils nous ont traités comme des animaux, ils ont détruit nos terres. Nous avons aujourd'hui la chance de construire notre propre puissance." Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a proposé samedi la création d'une alliance militaire du Sud, calquée sur le modèle de l'Otan et sans objectifs "bellicistes", opérationnel à l'horizon 2011. La présidente argentine Cristina Kirshner Fernández a promis l'instauration de nouvelles relations internationales basées sur "la coopération et non plus la subordination" et offert l'aide de l'Argentine aux pays africains.
Les membres du sommet ont aussi dénoncé l'usage de la part des putschistes honduriens de gaz toxiques dans les locaux de l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa où le président légal du pays s'est installé.
F. Delorca
Sous prétexte d'une "menace" russe et chinoise, Big Brother durcira ses activités
Alors qu'ils continuent de battre tous les records de budgets militaires, et l'augmentent sensiblement d'une année sur l'autre, les Etats-Unis s'en prennent cette semaine à l'augmentation du budget militaire de la Chine.A l'occasion de la présentation du rapport "2009 National Intelligence Strategy" le 16 septembre, le directeur du Renseignement national l'ex-amiral Dennis Blair a accusé Pékin de menacer le monde en modernisant son armée et en recherchant des matières premières sur d'autres continents.
Moscou inquiète aussi Washington. La Russie est considérée comme un Etat qui rétablit activement son influence globale et régionale. Moscou et Pékin figurent parmi les menaces potentielles pour les Etats-Unis dans le cyber-espace.
Dès lors, cela donne le droit aux Etats-Unis, selon Blair, de renforcer leur activité de renseignement. Andreï Fediachine sur Ria Novosi rapporte que "Dennis Blair a l'intention de doter le renseignement américain (toutes ses agences) de fonctions de contre-espionnage. Auparavant, cela signifiait le dépistage d'agents des services de renseignements étrangers. A présent, à en croire la nouvelle directive, le contre-espionnage devient l'une des tâches primordiales de l'ensemble du renseignement américain, il doit viser (pour reprendre les paroles de Dennis Blair), "en tant qu'objectifs, non seulement les gouvernements étrangers, mais aussi les agents non gouvernementaux, les groupements extrémistes, les hackers et les organisations criminelles qui sapent de plus en plus les intérêts des Etats-Unis par des myriades de moyens". Selon Dennis Blair, la communauté du renseignement devra lutter désormais contre les tentatives de manipuler la politique des Etats-Unis et les efforts diplomatiques, de torpiller nos plans militaires et nos systèmes d'armements, de détruire nos avantages économiques et technologiques". "
Ces déclarations interviennent à l'heure où l'extrême-droite états-unienne attaque Obama sur les questions de défense nationale.Une conférence spéciale sur le système de défense antimissile en Europe s'est tenue le 15 septembre à Washington, dans la fondation conservatrice Heritage, pour demander qu'Obama ne transige pas avec la Russie sur le projet de bouclier anti-missile (ce qu'Obama a cependant fait trois jours plus tard).
Succès et revers des pro-israéliens
Les partisans de la politique colonialiste israélienne ont marqué quelques point récemment. Parmi leurs succès on note aux Etats-Unis la promotion d´un inconditionnel d´Israël au poste de conseiller spécial du président pour la «Région Centrale» (Afghanistan Palestine) - Dennis Ross, l´un des dirigeants du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), un think tank satellite de l´AIPAC, passe pour être un faucon proche du néo conservateur Paul Wolfowitz, l´un des artisans de l´invasion de l´Irak sous l´administration de George Bush.A l'ONU, vendredi dernier, l'ambassadeur des Etats-Unis a vertement dénigré le rapport sur l'attaque de Gaza en décembre 2008, rapport élaboré par le sud-africain Richard Goldstone qui pourtant critiquait non seulement Israël mais ausi le Hamas. Dans une conférence de presse le représentant d'Obama Ian Kelly a déclaré que son pays souhaitait éviter un examen du rapport en assemblée générale ainsi que les risques de poursuites contre Israël devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Le même jour l'émissaire américain George J. Mitchell revenait d'Israël sans avoir obtenu le gel de la colonisation en Cisjordanie.
En France Nicolas Sarkozy a nommé la directrice pour la France de l’American Jewish Committee et conseillère UMP de Paris Valérie Hoffenberg "représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient", un poste pas forcément aussi important que le souligne Europalestine, mais cela indique quand même dans quel sens le vent souffle sur les politiques occidentales. Accusé d'antisémitisme et de tiersmondisme anti-israélien en 2006, le premier ministre espagnol Zapatero prévoit maintenant un voyage en Israel en octobre, son ministre des affaires étragères Moratinos étant très proche du ministre des affaires étrangères d'extrême droite israélien Lieberman.
Toutes fois, sur l'échiquier planétaire, les résistances marquent aussi des points : le 13 septembre le Parlement brésilien a recommandé de suspendre la ratification du traité de commerce entre Israël et le Mercosur. A Liverpool, jeudi dernier, le TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais a voté à une écrasante majorité une motion proposant de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens. La même semaine, on apprenait que la multinationale de droit français Veolia, sous a pression de l'opinion publique, a fini par se retirer du projet de tramway. Ce tramway promu par Ariel Sharon (toujours dans le coma depuis trois ans) était destiné à cimenter l’unification de Jérusalem. La survie même du projet qui est maintenant en cause.
La CIA, Al Qaida et la Turquie au Xinjiang et en Asie centrale
Lors d'une interview à l’émission radio Mike Malloy radio show, l’ancienne traductrice pour le FBI, très connue aux Etats-Unis Sibel Edmonds a raconté comment le gouvernement de son pays a entretenu des « relations intimes » avec Ben Laden et les talibans, « tout du long, jusqu’à ce jour du 11 septembre (2001). » Dans « ces relations intimes », Ben Laden était utilisé pour des “opérations” en Asie Centrale, dont le Xinjiang en Chine. Ces “opérations” impliquaient l’utilisation d’al-Qaida et des talibans tout comme « on l’avait fait durant le conflit afghano-soviétique », c’est à dire combattre “les ennemis” par le biais d’intermédiaires.Comme l’avait précédemment décrit Mme Edmonds, et comme elle l’a confirmé dans cette interview, ce procédé impliquait l’utilisation de la Turquie (avec l’assistance d’acteurs provenant du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Arabie Saoudite) en tant qu’intermédiaire, qui à son tour utilisait Ben Laden et les talibans comme armée terroriste par procuration.
Selon Mme Edmonds : « Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le Complexe Militaro-Industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam. »
Le journaliste new-yorkais Eric Margolis, auteur de War at the top of the World, a affirmé que les Ouïghours, dans les camps d’entrainement en Afghanistan depuis 2001, « ont été entrainés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang. La CIA en avait non seulement connaissance, mais apportait son soutien, car elle pensait les utiliser si la guerre éclatait avec la Chine. »
L'action des services secrets états-uniens aux côtés des séparatistes ouïghours du Xinjiang n'est pas seulement passée par Al-Qaïda mais aussi par le milliardaire turc domicilié à Philadelphie depuis 1998 Fetullah Gulen qui finance des écoles islamiques (madrassas) en Asie centrale, et par Enver Yusuf Turani, premier ministre autoproclamé du "gouvernement en exil du Turkestan oriental" (qui est censé englober le Xinjiang chinois)... basé à Washington. Ces personnalités sont liées à Morton I. Abramowitz, directeur du National Endowment for Democracy, qui a joué un rôle important dans le soutien aux islamistes afghans sous Reagan et aux milices bosno-musulmanes et kosovares sous Clinton (dans le cadre de l'International Crisis Group). Le vice-président étatsunien Joe Biden qui s'est répandu en propos incendiaires contre la Russie récemment est aussi sur cette ligne.
Cette politique s'inscrit dans le cadre du plan Bernard Lewis à l'origine supervisé par Zbigniew Brzezinski sous l'administration Carter qui visait à maintenir un "arc de crise" dans les pays musulmans d'Eurasie pour faire main basse sur les ressources d'Asie centrale en hydrocarbures.
Certains observateurs soulignent cependant que vu leur dépendance économique à son égard et l'intérêt qu'ils peuvent avoir à jouer la carte de Pékin contre Moscou les Etats-Unis sont voués à garder officiellement une position modérée sur la politique de la Chine au Xinjiang (où de violentes manifestations touchent la province et provoquent la mort d'au moins 140 personnes le 5 juillet dernier) en compensation de la politique agressive de leurs services secrets dans la zone.
Pékin semble toutefois résolu à contrer les manoeuvres sécessionnistes sur son territoire, mais aussi à mener une action plus en profondeur sur le continent eurasiatique. C'est ainsi en tout cas que Nicolas Bardos-Feltoronyi, contributeur de l'atlas alternatif, analyse le prêt d'1 milliard de dollars que Pékin serait prêt à consentir à la Moldavie, pays charnière entre l'Union européenne et la Russie - un prêt sur 15 ans à un taux d’intérêt hautement favorable de 3%. Cette aide qui pourrait dissuader Chisinau de se rapprocher de l'Union européenne s'inscrirait selon l'auteur dans le cadre d'une coordination accrue des politiques étrangères russe et chinoise. C'est aussi l'analyse qu'en fait Jean Vanitier sur son blog.
Autre réplique à l'impérialisme états-unien en Eurasie, après la Libye, l'Algérie et la Syrie, le président vénézuélien Hugo Chavez s'est rendu le 7 septembre au Turkménistan, quatrième pays au monde pour les réserves de gaz après la Russie, l'Iran et le Qatar. Chavez a proposé à son homologue turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov d'adhérer au cartel gazier déjà évoqué sur ce blog. Le Turkménistan, actuellement en froid avec Moscou, est aussi très courtisé par l'Union européenne qui souhaite le voir adhérer à son projet de gazoduc Nabucco, ainsi que par la Chine.
F. Delorca
Dédicaces de l'Atlas alternatif et autres livres
Frédéric Delorca dédicacera ses ouvrages "Atlas alternatif" (ouvrage collectif), "Programme pour une gauche française décomplexée", "Transnistrie", "La Révolution des Montagnes" et "10 ans sur la planète résistante" à la fête de l'Humanité le dimanche 13 septembre 2009 au stand "jeunesse" du Temps des Cerises à 16 h et au stand "Cité du livre" du Temps des Cerises à 17 h, venez nombreux !