Overblog Tous les blogs Top blogs Économie, Finance & Droit Tous les blogs Économie, Finance & Droit
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Publicité
Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

Burkina Faso : Une résolution sarkozyste votée au Parlement européen

24 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale, #x - Ingérence impérialisme global

L'esprit d'ingérence sarkozyste (appuyé en son temps sur Bernard-Henry Lévy) qui a semé le chaos dans le Sahel après avoir provoqué la dissémination dans le Sahara des arsenaux de guerre de l'Etat libyen continue à sévir.

Le 18 juin, le parlement européen a approuvé une résolution dénonçant l'isolement croissant du Burkina Faso depuis le coup d'Etat militaire qui a porté au pouvoir le capitaine Ibrahim Traore en 2022 et les atteintes aux droits de l'homme dans le pays.

Le texte a été approuvé par  476 voix pour, 11 voix contre et 75 abstentions. Les 11 courageux qui ont voté contre sont M. Blaha (Slovaquie, anti-capitaliste de gauche), Mme Konečná (Tchéquie, Parti communiste de Bohème et Moravie), M. Nikolaou-Alavanos (Grèce, Parti communiste de Grèce), et son collègue du même parti M. Papadakis, M. Adrews (Irlande, Fianna Fáil), Mme Blinkevičiūtė (Lituanie, Parti social-démocrate), M. Gonçalves  (Portugal, Parti socialiste), M. Oliveira (Portugal, Parti communiste portugais), M. Picaro (Italie, du Partie de Meloni), Mme Laykova (Bulgarie, ancienne attachée parlementaire de l'AfD en Allemagne), M. Droese (Allemagne, AfD).  

On notera que les vaillants mélenchonistes (*) français qui se disent décoloniaux en France ont voté pour la résolution (Mme Aubry et Mme Fourreau), tout comme les zémmouriens Nicolas Bay et Marion Maréchal, et les eurodéputés du RN Mme Griset, Mme Androuët et M. Olivier. L'unanimité française en dit long sur l'état d'esprit de notre pays.

Quelques abstentions dans le paysage européen du côté de l'aile gauche du Mouvement cinq étoiles (Italie), du parti Die Linke allemand, du Podemos espagnol, du Parti démocratique de la gauche slovaque, d'une ex-dirigeante de SYRIZA en Grèce, de l'extrême droite roumaine, polonaise et bulgare.

Le gouvernement de Ouagadougou s'est indigné de cette résolution qui selon lui repose sur de la désinformation.

Si l'on peut parler d'esprit sarkozyste à propos de cette résolution, c'est parce que son rapporteur n'est autre que Christophe Gomart, ancien général de corps d’armée et élu au Parlement européen depuis 2024 sous les couleurs du Parti populaire européen (PPE). Gomart était commandant des forces spéciales au moment de l'assassinat de Kadhafi et déjà adjoint du coodonnateur national du renseignement au moment du déclenchement de la guerre de Libye. Il est assez étonnant que ce genre de personnage qui a appartenu à une machine d'ingérence qui a détruit des sociétés entières, même s'il prétend maintenant que  les militaires n'ont pas été sérieusement associés à la décision de Sarkozy d'attaquer la Libye (on peut douter qu'ils s'y seraient sérieusement opposé même s'ils avaient eu davantage l'oreille du président de l'époque), vienne porter un jugement sur le fonctionnement de ces mêmes sociétés ... l'esprit néo-colonial autorise tout.

Le Burkina qui a rompu ses alliances avec la France, a quitté la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) en janvier 2025 et s'est tourné vers la Russie et les BRICSdénonce fréquemment des ingérences à son égard. Le 30 avril 2025, des centaines de milliers de personnes se sont rassemblées en soutien à la junte au pouvoir, quelques jours après que les autorités militaires ont déclaré avoir découvert un "complot" organisé depuis la Côte d'Ivoire visant à renverser le gouvernement. Ils étaient sur une place centrale de la capitale Ouagadougou, portant des affiches géantes du chef de la junte, le capitaine Ibrahim Traoré, ainsi que des drapeaux burkinabés et russes. Le 22 avril précédent, le ministre burkinabé de la Sécurité, Mahamadou Sana, avait déclaré dans une déclaration télévisée que les services de renseignement du pays ouest-africain ont intercepté des communications entre un officier des forces armées burkinabè déserteur divulguant les positions des forces burkinabè et de leurs auxiliaires, incluant un projet de prise du palais présidentiel.

Plus tôt le 1er avril, le ministère de la Sécurité burkinabè avait publié une liste noire d’environ trente personnes considérées comme « ennemis de l’intérieur ou de l’extérieur ». Cette liste mêlait figures politiques, journalistes, chefs religieux, djihadistes présumés et opposants en exil, dont Ahmed Barry, ancien président de la Commission électorale.

La manifestation avait alors suscité le soutien de personnalités internationales comme  le rappeur ghanéen Sarkodie (dont le tweet a été visionné 5 millions de fois)  et l'Américain Meek Mill.  Donsharp de Batoro, célèbre artiste national, Dabross, comédien slameur issu d'une famille royale musulmane de Ouagadougou, étaient aussi de la partie.

Sur le même mode pour l'anniversaire d'Ibrahima le régime avait invité d'anciens footballeurs internationaux à Ouagadougou pour une partie de football à la présidence de la république le 14 mars 2025, (10 millions FCFA pour chaque invité selon LSI Africa), une mobilisation médiatique dans un contexte où mes djihadistes affaiblissent toujours plus l'armée burkinabé (54 militaires tués dans le Nord le 17 avril 2025). Une affaire à rapprocher de celle de l'espionne Claire Dubois ici.

Le Burkina Faso subit aussi régulièrement des attaques de propagande. Par exemple, le 3 avril 2025 le général Michael Langley, chef de l'AFRICOM a témoigné devant une commission sénatoriale à Washington du fait que le capitaine Ibrahim Tarore détournait l'or du pays "pour protéger sa junte". Une accusation qui avait provoqué une levée de boucliers à Ouagadougou. Il est souvent très difficile, de l'extérieur, de faire la part des choses entre la propagande pro- et anti-Traore.

Une partie du ressentiment occidental s'explique par la politique souverainiste inaugurée en matière d'exploitation des minerais. Les autorités du Burkina ont lancé, à la fin de 2023, la construction de la première raffinerie d'or du pays, Marena Gold. Le régime militaire avait déjà octroyé, en 2022, un permis d'exploitation à Nordgold sur le site de Yimiougou (Centre-Nord) couvrant une superficie de 31,44 km2, pour une production totale estimée à 2,53 tonnes d'or. Le pays  abrite certains des gisements minéraux les plus riches d'Afrique de l'Ouest, mais d'importantes réserves restent inexploitées. Quatrième producteur d'or d'Afrique, il dépend depuis longtemps de ce métal précieux pour dynamiser son économie. Mais au-delà de l'or, les gisements de cuivre, de manganèse et d'autres minéraux stratégiques – notamment les terres rares dans des régions comme Zoungou et Mangodara – pourraient redéfinir son avenir minier.

En 2023, le Burkina a produit environ 57,3 tonnes d'or provenant de 17 mines industrielles, dont les principales exploitations sont Essakane, Houndé et Sanbrado. La plus grande mine, Essakane, est exploitée par la société canadienne  IAMGOLD , tandis que Houndé appartient à  Endeavour Mining , également canadienne. Parmi les autres projets clés, on compte Mana, propriété de la société canadienne  Fortuna Silver Mines , et Wahgnion, qui fait partie du portefeuille d'Endeavour Mining.

La société russe  Nordgold  contrôle Bissa-Bouly, tandis que la société australienne  West African Resources  exploite Boungou et Sanbrado. L'État détient généralement une participation minoritaire dans plusieurs mines, comme Karma et Youga, qu'il détient conjointement. Une révision du code minier en 2023-24 a renforcé les avantages et la surveillance de l'État. Ce cadre actualisé maintient la participation gratuite de l'État à 10 %, mais étend le contrôle des mines stratégiques.

Toutefois les attaques des djihadistes (qui ont fait des milliers ed morts depuis 5 abs et pèsent très lourd sur l'économie obligeant le pays à consacrer presque 5 % du PIB à l'armée contre 3 dans les années 1980), le manque d'électricité et l'absence de débouché maritime face au blocus de la CEDEAO augmentent les coûts d'exploitation.  Pour remédier à l'enclavement, Ouagadougou resserre ses liens avec ses partenaires de la Confédération des Etats du Sahel (Mali, Niger), mais aussi  se rapproche de la Mauritanie, pays resté proche de la France.

La nationalisation progressive des métaux n'est pas la seule réussite du capitaine Traore. Il y a aussi la proclamation de la gratuité de l'éducation jusqu'à l'université, la nationalisation des constructions  routières, et de la banque commerciale du Burkina spécialisée dans le crédit aux commerçants et agriculteurs (une joint venture avec la Libye créée en 1988 dans laquelle la Libye ne jouait plus son rôle), ainsi qu'une Centrale d'achat des médicaments vétérinaires (CAMVET) importante pour le coût de la santé des élevages. En ce qui concerne l'agriculture, la Banque mondiale a approuvé le 13 mars dernier un projet de 215,9 millions de dollars (environ 118,7 milliards de FCFA) visant à soutenir le développement du secteur agricole au Burkina Faso. Ce mois-ci Le Fonds international de développement agricole (FIDA) et le gouvernement du Burkina Faso ont signé un accord de prêt de 59,75 millions de dollars US. Ces aides s'inscrivent dans le cadre du Programme unique de développement intégré des productions agropastorales et halieutiques dénommé « Initiative Lijeeguoli » (qui signifie autosuffisance alimentaire en langue officielle gulmacema ) qui inclut une adaptation au changement climatique et une augmentation de la productivité dans ce secteur qui emploie 80 % de la population active.

---

(*) A propos des mélenchonistes, voir l'inventaire dressé par la Tribune des travailleurs : le 1er mars 2022, les eurodéputés LFI votent la résolution pour renforcer le pilier européen au sein de l'OTAN, en mars 2024 Mme Aubry se vante sur un plateau TV d'avoir voté pour 50 milliards d'euros d'aide militaire à l'Ukraine, Le 17 avril 2023, le groupe LFI propose un amendement à la loi de programmation militaire n°187 ajoutant 5,8 milliards d'euros de ressources extrabudgétaires au budget militaire. Mélenchon déclarera sur LCI : "il faut se préparer à la bonne guerre avec les bons moyens". Le 4 mai 2023, Aurélien Saintoul et Bastien Lachaud critiqueront seulement les aspects techniques inefficaces de la loi. Lachaud dira ce jour-là : "En 2027 avec Jean Luc Mélenchon à l'Elysée, nous agirons nous en planifiant, en partant des besoins de la nation et des armées, car oui nous sommes meilleurs que vous (les macronistes) en la matière".  LFI  défend les marchands de canons français contre les Américains. Mélenchon s'est rendu en janvier dans les usines Dassault à Cergy et a assuré le PDG Eric Trappier de son soutien au projet d'avion spatial. La France est le 2e exportateur d'armes au monde.

Lire la suite
Publicité

Albanie : la "révolution" des flamants roses

23 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Balkans

Depuis le 30 mai, des milliers de citoyens albanais descendent quotidiennement dans la rue pour protester contre l’accord conclu par le Premier ministre social-démocrate Edi Rama (un proche des Soros) avec la société Affinity Partners de Jared Kushner, gendre de Donald Trump (et exécuteur de ses basses oeuvres diplomatiques, en Ukraine et au Proche-Prient), portant sur un projet d’investissement de luxe d’une valeur de 4 milliards de dollars le long d’une partie de la côte protégée de Vlora, en Albanie. Le 20 juin les grandes avenues de Tirana étaient noires de monde.

Le projet suscitait des oppositions depuis son annonce publique en décembre 2024, mais les manifestations n’ont pris de l’ampleur que la semaine dernière, lorsque les préparatifs de construction ont commencé dans la région de Vlora. Depuis lors, le mouvement s’est amplifié relayé par la diaspora albanaise et ses sympathisants dans les capitales européennes qui brandissent des images de flamants roses, menacés par les visées de Kushner. Les manifestations expriment un refus de l'omniprésence de la corruption dans le pays, et d'autres projets d'infrastructure comme l’accord avec l’ Eagle Hills, liée aux Émirats arabes unis, pour le réaménagement du port de Durrës et de ses environs en un complexe touristique et port de plaisance moderne, ou l’accord avec l’Italie pour accueillir des centres d’accueil de migrants en Albanie.

Ces troubles interviennent alors que les pourparlers pour l'adhésion de l'Albanie à l'Union européenne s'accélèrent : en l’espace d’un an seulement, entre 2024 et 2025, l’Albanie a ouvert l’ensemble des 33 chapitres de négociation, et Macron a réitéré aujourd'hui son soutien à cette adhésion. Le 17 juin le Parlement européen a exhorté mercredi l'Albanie à suspendre les travaux de construction dans les zones protégées (sur le rapport de la commission à propos de l'Albanie LFI s'est abstenue et le RN a voté contre mais les explications de votes ne sont pas accessibles). La rapporteuse du texte était l'eurodéputée écologiste néerlandaise Tineke Strik. Elle conduira une mission Verts/ALE en Albanie, du 29 juin au 1er juillet, en compagnie des eurodéputés Cristina Guarda, Vicent Marzà i Ibáñez, Daniel Freund, Jutta Paulus et Anna Strolenberg (Volt).

L'Union européenne frustrée de voir l'administration américaine lui infliger des droits de douane, lui imposer une augmentation de ses dépenses militaires, désavouer l'alliance automatique au sein de l'OTAN et même menacer d'annexer le Groenland, voit là l'occasion d'une revanche facile contre le clan Trump.

Le premier ministre albanais pour sa part a décrit les manifestants comme des "foules emportées par une hystérie algorithmique et guidées par des intérêts qui ne sont ni les nôtres". En réalité, les manifestations, comme les Gilets Jaunes en France en 2018, réunissent des sensibilités politiques assez variées. Shqiptarja aujourd'hui identifie par exemple parmi les organisateurs de manifestation un certain Dritan Goxhaj, ex-volontaire de la guerilla de Presevo contre les Serbes en 2000, qui défend un modèle de démocratie directe par tirage au sort analogue à celui d'Etienne Chouard en France et s'oppose à la folie israélienne au Proche-Orient, Un des organisateurs Arben Kola à la manifestation de Tirana du 18 juin a précisé qu'ils "ne sont pas contre l'UE et l'Amérique, mais contre la clique" au pouvoir. Après un "incident concernant un drapeau israélien" (c'est l'expression que retient pudiquement la presse capitaliste albanaise pour ne pas choquer ses actionnaires), le même Kola accuse des infiltrés de Serbie et de Grèce. Le premier ministre lui cible un imam Mustafa Terniqi qui manifeste et qu'il accuse d'être lié à l'Iran. Il a aussi accusé le parti de gauche albano-kosovar "Autodétermination" (Vetevendosje) puissant au Kosovo, d'être actif dans les manifestations, ce que les responsables du parti ont démenti. Dans la petite Albanie qui depuis les années 1990 se perçoit comme une base américaine, il est difficile d'échapper aux influences géopolitiques.

Lire la suite

Trumpisation de l'Amérique latine et résistances

22 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Amérique latine-Caraïbes

Après le Salvador, le Honduras, le Costa Rica, l'Argentine, le Pérou et la Colombie (où le novice en politique, Abelardo de la Espriella a battu de peu le sénateur de gauche Ivan Cepeda, allié du président sortant Gustavo Petro) basculent dans le camp de la droite dure. De quoi inquiéter Lula da Silva au Brésil qui affrontera bientôt le fils de Bolsonaro. Pour accentuer la pression sur ce pays, les États-Unis ont classé le Primeiro Comando da Capital (PCC) et le Comando Vermelho (CV), mafias engagées dans le trafic de cocaïne, l’orpaillage illégal, la prostitution et le blanchiment d’argent,  comme organisations terroristes, parallèlement à l'augmentation des droits de douane. La mesure, avec les gels d'avoirs et les actions unilatérales qu'elle implique, peut menacer divers secteurs de l'économie brésilienne susceptibles de commercer avec ces cartels sans le savoir à travers des sociétés écrans (un peu comme la banque française BNP Paribas en 2014 avait écopé d'une amende américaine de 9 milliards pour avoir commercé avec l'Iran). 

Mais la Bolivie fait exception. En avril 2026, le gouvernement centriste de Rodrigo Paz Pereira, entré en fonction le 8 novembre 2025, a promulgué la loi 1720, visant à démanteler les protections constitutionnelles accordées à la petite propriété paysanne afin de favoriser les industries extractives à grande échelle. Cette loi a déclenché un mouvement de contestation qui a depuis lors engendré des blocages routiers, une marche indigène de Pando à La Paz, une manifestation massive à El Alto , et une grève de la faim menée par des femmes. Le pays a basculé dans une logique de grève générale, et le gouvernement a dû proclamer l'état d'urgence pour sortir La Paz du blocus.

Trump qui, après le succès de l'enlèvement du président Maduro au Vénézuela et d'une opération contre un cartel de la drogue dans ce pays, envisage d'autres opérations du même type en Equateur ou au Guatemala, tente de répliquer en Bolivie par l'ingérence indirecte. Le mardi 16 juin, Washington a annoncé la signature d'un accord avec la Bolivie visant à accroître l'intervention militaire américaine dans le pays.

De même que les organisations populaires boliviennes, le Mexique fait aussi aujourd'hui figure de résistant, en tenant un discours anti-impérialiste et anti-guerre, concernant le Proche-Orient, l'étranglement de Cuba etc. Les Les 5, 6 et 7 mai 2026 le Syndicat mexicain des travailleurs de l'électricité (SMEaccueillait les délégations de 15 pays du continent américain   dans le cadre d'une Rencontre nationale anti-impérialiste et antifascite, qui coïncidait avec la commémoration de la défaite des troupes françaises à Puebla le 5 mai 1862 face à des indigènes Xacapoaxtlas. Etaient présents à ce sommet les ambassadeurs du Venezuela et d'Iran. La délégation vénézuélienne comportait les députés du PSUV Gabriela Peña (Miranda), José Gregorio Colmenares (Aragua), et Ángel Marcano. Herban Vargas représentait ALBA Movimientos, Orlando Perez de la Centrale bolivarienne socialiste des travailleurs, Carlos Luis Ribero de l'Institut Simon Bolivar, Michael Humaña secrétaire de la centrale unitaire des travailleurs du Chili (syndicat de gauche), le professeur Edwin Hernandez du Honduras, la professeure de théâtre et syndicaliste Cintia Crespo, du Costa Rica, le syndicaliste péruvien Cesar Tito, Miguel Escobar, de la Federación Unitaria Sindical du Salvador, l'économiste et activiste Maribel Gordon du Panama, un représentant mexicain du Front populaire Francisco Villa, un de l'UPBA 28 de Octubre, le secrétaire général du syndicat SME etc. La forte présence de la délégation vénézuélienne montre que ce pays compte sur l'aide des mouvements de gauche mexicains.

Lire la suite

Une nouvelle implication de la Syrie au Liban ?

22 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Proche-Orient

Alors qu'Israël commence enfin à envisager un retrait partiel du Sud-Liban, pour se conformer au protocole d'entente américano-iranien signé à Versailles entérinant la victoire diplomatique de la République islamique après plus de trois mois de résistance militaire, la question se pose d'un retour de la Syrie dans le jeu politique libanais. 

Le président américain Donald Trump avait surpris les analystes le mardi 16 juin déclarant en marge du somet d'Evian qu'il a "suggéré à Israël de laisser la Syrie s'occuper du Hezbollah" au Liban.. 

Israël "se bat contre le Hezbollah depuis trop longtemps" et "trop de gens sont tués ", avait-il lancé contre Netanyahou. "Vous n'avez pas besoin de détruire tout un immeuble à chaque fois que vous cherchez quelqu'un parce qu'il y a beaucoup de gens dans ces immeubles", a poursuivi  Trump.

En réponse, le dictateur syrien Ahmad el-Chareh, ancien guérillero islamiste revêtu d'un costume respectable par les Occidentaux à la chute du clan Assad en décembre 2024, a déclaré dans un entretien diffusé sur la chaîne de télévision Al-Mashhad hier :  « Nous recherchons des canaux économiques entre le Liban et la Syrie et non des canaux militaires ».

Il est vrai que l'entité sioniste, qui avait pris soin de détruire l'aviation syrienne à la chute d'Assad, s'est répandue en menaces contre Damas ces derniers jours. Le  ministre de la diaspora Amichai Chikli dans une émission de radio a stigmatisé un axe radical sunnite Pakistan-Turquie-Qatar et a annoncé que tôt ou tard son pays serait en guerre avec la Syrie, "Il est impossible qu’un régime djihadiste enraciné dans l’EI et Al-Qaïda, dont l’aspiration est l’unification de Jérusalem, puisse vivre en paix aux côtés de l’État d’Israël" a-t-il précisé.

En outre la Syrie est bien loin d'avoir stabilisé sa situation intérieure et n'est donc pas en mesure de jouer un rôle en faveur du désarmement du Hezbollah au Liban, à supposer même qu'al-Chareh, ennemi déclaré des milices chiites, ait pu en avoir l'intention. 

Le pays connaît un processus de normalisation institutionnelle assez curieux depuis le coup d'Etat d'Ahmed el-Chareh (ex al-Joulani). En octobre dernier, alors que 14 millions de personnes déplacées, dont 7 millions à l'intérieur même du pays, n'avaient pas réintégré leur maison, 6 000 membres de collèges électoraux régionaux ont choisi des candidats sur des listes préapprouvées, dans le cadre d'un processus visant à constituer près des deux tiers des 210 sièges de la nouvelle assemblée du peuple. Le président el-Chareh devant nommer ultérieurement le tiers restant. Un processus à l'issue duquel les femmes et les chrétiens étaient sous-représentés. En mars et en mai, des élections spécifiques se sont tenues dans la zone kurde lâchée par les Américains. Imran Al-Sayyed, membre du bureau politique du Parti de la gauche démocratique kurde en Syrie, a  dénoncé le fait que les Kurdes ne seront pas repésentés à hauteur de leur poids dans le pays (20 % de la population) et que les délégués nommés ne sont que des fidèles d'el-Chareh.

Sur le plan économique, un article de Middlle East Eye décrit des restitutions de terre progressive à des paysans de minorité druzes et alaouites, notamment pour les champs de pistache contrôlés par la firme proche d'el-Chareh Iktifaa, mais près de Hama cela passe par des processus de blanchiment devant des comités de réconciliation, et les indemnisations rétroactives pour l'effet des confiscations ne vienennt pas.

Mais la violence reste très présente. Tout au long de l'année 2025, de nombreuses attaques ont été recensées. « Le Réseau syrien pour les droits de l'homme (SNHR) a indiqué début 2026 que 80 civils ont été tués en Syrie en décembre 2025, dont 11 enfants, huit femmes et deux victimes de torture. » Le rapport indique que sur les 3 666 personnes tuées en 2025, 73 civils, dont huit enfants, six femmes et 16 personnes décédées sous la torture, ont été tués par les forces gouvernementales syriennes. Bien qu'el-Chareh affirme vouloir instaurer un gouvernement inclusif protégeant tous les citoyens, quelles que soient leurs confessions, les actions de ses forces de sécurité prouvent jusqu'à présent le contraire, alimentant la peur et la méfiance des minorités syriennes (chrétiennes, alaouites, druzes, une partie de ces derniers se tournant vers Israël qui occupe le sud du pays). 

En échange de cette stabilisation les mesures unilatérales coercitives occidentales contre Damas ont été levées. Le pays reste exsange. Le PIB serait de 1 000 dollars contre 2 900  en 2010. Au Liban le taux de décès des suites de l'agression israélienne s'élève à plus de 4 000 et le nombre de personnes déplacées à 900 000. Le le PIB du pays pourrait chuter de 12 à 16 %. Il était autour de 3 000 dollars en 2023 contre 8 000 en 2019 (il est à 13 000 en Turquie).

Lire la suite
Publicité

L'impérialisme français au Kénya

20 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Afrique de l'Est - Grands lacs

La réorientation diplomatique de la France vers l'Afrique de l'Est anglophone ne s'annonce pas plus brillante que la Françafrique en Afrique de l'Ouest. A preuve le Sommet France-Afrique coprésidéles 11 et 12 mai dernires par Macron à Nairobi, dont le principal résultat en termes d'image auprès de la gauche aura été de s'afficher auprès d'un homme politique africain, William Ruto, dont le principal fait d'armes aura été de faire tirer à balles réel sur ses opposants de la gen Z dans les rues  en juin 2024 (pire encore que les LBD de Macron en tir tendu sur les Gilets jaunes).

D'ailleurs le cynisme de cette alliance est apparu le jour même où Macron était à Nairobi,  le 12 mai, et où la police kényane a réprimé brutalement une manifestation contre ce sommet.

La manifestation de mardi marquait l'apogée d'un contre-sommet de deux jours organisé en opposition au Sommet officiel « Africa Forward », rassemblant des militants, des intellectuels, des syndicalistes, des étudiants et des organisateurs anti-impérialistes kényans et internationaux, à l'appel du le Parti communiste marxiste du Kenya (PCM-K) mais qui incluait d'autres courants marxistes. Les participants au Sommet panafricain contre l'impérialisme (PASAI) convoqués par le  ont critiqué le rôle de la France en Afrique, exprimant leurs inquiétudes quant à la militarisation, la domination économique, la dépendance à la dette, l'extraction des ressources et la persistance d'une influence néocoloniale sur le continent.

À peine trente minutes après le début de la manifestation, des véhicules de police sont arrivés et les agents ont commencé à arracher les banderoles des manifestants. La marche se poursuivant, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les manifestants. Une fois l'assaut terminé, la police a encerclé le secteur et a arrêté des manifestants sous la menace de leurs armes.

Parmi les personnes détenues figurent Lee Sang-hun, ancien représentant du  Parti démocratique populaire (Parti Minjung),  de Corée du Sud (un groupuscule anti-impérialiste marxisant), une organisation nationaliste  ; Song Dan-bi, directrice du département international du parti ; Joti Brar, président du Parti communiste de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste), un parti maoïste ; Dimitris Patelis, professeur de philosophie à l’Université technique de Crète et membre fondateur du Groupe de théorie révolutionnaire de Grèce ; et Guy Bremond, un militant français.

Nos médias sont restés muets. French Response, agence de trolls lancée par le ministre des affaires étrangères français en septembre dernier n'a trouvé qu'à sortir une moquerie idiote "Ferme protestation contre l'impérialisme, casquettes de l'URSS et tout le reste"... quand on ne sait que faire de la com' de bas étage plutôt que d'avoir une diplomatie vraiment digne et non-alignée...

Au titre de la nouvelle stratégie française dans l'Est africain, l'élite dirigeante du Kenya devrait bénéficier d'un engagement du géant français du transport maritime CMA CGM de Rodolphe Saadé, propriétaire de BFM, RMC, Brut et une partie de TF1, d'investir 823 millions de dollars dans la modernisation du port de Mombasa, un point de passage clé pour le transport de minéraux d'une valeur de plusieurs milliards de dollars en provenance d'Afrique centrale et orientale. Le business impérialiste s'accompagne d'un volet militaire : le Kenya et la France ont signé en octobre 2025 un accord bilatéral de coopération en matière de défense. Un texte, ratifié par le parlement kenyan le 10 avril, qui porte entre autres sur le « partage de renseignements », la « sécurité maritime », le « maintien de la paix »… et un soupçon d’« aide humanitaire » pour faire bonne figure.

Lire la suite

Les tensions thaïlando-cambodgiennes perdurent

19 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Asie du Sud-Est-Pacifique

Lors de la 36e réunion des États parties à la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (CNUDM), qui s'est tenue au siège de l'ONU à New York du 15 au 18 juin, Keo Chhea, représentant permanent du Cambodge auprès de l'ONU a justifié la décision de son pays d'enclencher la procédure de conciliation obligatoire de cet organisme sous des auspices multilatéraux plutôt que de rester dans le cadre des négociations bilatérales (format(MOU 2001) dont s'est retiré la Thaïlande, pour règler la question de la délimitation maritime dans le golfe de Thaïlande riche en ressources d'hydrocarbures. De son côté le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a annoncé la nomination du juriste allemand Rudiger Wolfrum, de l'université d'Heidelberg, ex médiateur au Darfour, et de l'expert sud-africain (université de Prétoria) en droit maritime Albert Hoffmann, ex président du tribunal international du droit de la mer, comme conciliateurs dans le cadre de cette procédure.

Par ailleurs le Premier ministre cambodgien, Samdech Moha Borvor Thipadei Hun Manet, a réitéré la position du Cambodge sur les questions frontalières avec la Thaïlande au cours d’une discussion informelle avec le Premier ministre thaïlandais, Anutin Charnvirakul, au cours du sommet Russie-ASEAN de Kazan.

En juillet et décembre 2025 des incidents sur la frontière terrestre se sont produits entre le Cambodge (qui est dans le sphère d'influence chinoise) et la Thaïalnde (plus pro-occidentale), provoquant le déplacement de 600 000 civils cambodgiens, et autant en Thaïalnde. Les deux pays ont signé un accord de paix en octobre à Kuala Lumpur, en présence du président américain Donald Trump et du Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim.

Mais la paix reste fragile dans la zone. En mai 2026, la Thaïlande a inscrit unilatéralement les temples de Ta Muen, Ta Krabey et Khnar, ainsi que d'autres sites anciens situés le long de la frontière, au patrimoine national thaïlandais et auraient construit des clôtures en béton dans la zone du Temple de Ta Krabey. Le 17 juin 2026, les forces armées thaïlandaises ont planté et hissé leurs drapeaux nationauxen territoire cambodgien, dans la zone du poste frontière international de Thmâr Da, dans le district de Veal Vèng, province de Pursat.

La Thaïlande et le Cambodge, comme la plupart des nations de la région, sont des pays assez peu démocratiques. Le 7 mai dernier, la Cour suprême de Bangkok a confirmé la condamnation du militant pro-démocratie Tiwagorn Withiton par la Cour d'appel de la région 4, le condamnant à six ans de prison pour lèse-majesté. Au Cambodge en 2024 le parti de l'ex-premier ministre au pouvoir Hun Sen, qui est de fait le parti unique, a été accusé de menaces sur ses opposants et achat de voix. la Thaïlande a 4 millions de migrants sur son sol dont un cinquième est soumis eu travail forcé. La prostitution toucherait 800 000 à un million de personnes. Les proportions sont moindres au Cambodge : "seulement" 35 000 prostituées, (mais un tiers de moins de 16 ans) et 100 000 personnes soumises aux travaux forcés. Lors du vote de mai dernier sur la condamnation de la traite des Noirs à l'ONU (condamnation approuvée par 123 pays contre 3 (les USA, l'Argentine et Israël), le Cambodge a joint sa voix aux 52 abstentionnistes (dont l'Union européenne), peut-être de peur que la condamnation du trafic humain n'ouvre droit à indemnisation au niveau international.

Lire la suite

Attaque terroriste ukrainienne contre la Biélorussie

19 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern

Le 17 juin, un drone ukrainien a attaqué un bus civil reliant le Bélarus à Gelendzhik, station balnéaire de la mer Noire. À bord se trouvaient 44 passagers, dont 28 élèves de l'École sportive de jeunesse n° 2 de Rechka. Une femme qui les accompagnait a été tuée. Huit personnes ont été blessées. On peut voir les photos des rescapés ici.

La Biélorussie est un pays visé par des mesures coercitives unilatérales de la part des pays occidentaux (en particulier des mesures d’interdiction des importations dans des secteurs clés pour l’économie biélorusse dont les hydrocarbures, la potasse, les transports et les matières premières, l'interdiction de Swift) du fait de la nature de son régime politique et de son attitude à l'écart de l'Ukraine, même si elle n'est pas partie prenante dans ce conflit. Ses chaînes BELTA, ONT et STV sur YouTube ont été bloquées.

Comme à son habitude, le président cocaïnomane d'Ukraine Zelensky a répondu par la surenchère à l'indignation suscitée par l'attaque en exigeant du  président biélorusse Loukachenko qu'il démantèle sous huit jours les stations relais situées le long de la frontière qu'il accuse de servir aux attaques de drones russes. Il a également mis en cause les livraisons de fioul biélorusse à la Russie, la menace d'extension du conflit à la Biélorussie pourrait viser à assurer le maintien au pouvoir du dictateur ukrainien fragilisé par quatre ans de guerre et des scandales de corruption. Fin mai le commandant des drones ukrainiens Brodvi avait annoncé qu'il avait défini 500 cibles en Biélorussie, et le président Loukachenko a reconnu que son pays serait très vulnérable face à une attaque ukrainienne.

 

Lire la suite

L'ONU prolonge le mandat de sa mission en Afghanistan

17 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Sous continent indien

Le mandat de la Mission d'assistance des Nations unies en Afghanistan (Unama), malgré les réticences initiales des Etats-Unis,  a été renouvelé à l'unanimité des votes du Conseil de sécurité lundi 15 juin. Le représentant de la Chine, auteur de la résolution, a déclaré que la Mission devrait se concentrer à la fois sur les besoins de l'Afghanistan et sur les préoccupations de la communauté internationale.  A la différence de nos médias, la Chine n'attire pas seulement l'attention sur le sort des femmes et des enfants (le décret du 14 mai 2026 n° 18 intitulé « Code sur la séparation judiciaire des époux » définit les conditions dans lesquelles les femmes et les filles peuvent demander la dissolution d’un mariage. Il comprend des dispositions qui entérinent les mariages arrangés pendant l’enfance et restreignent la capacité des femmes et des filles à contester ce type d’unions ou à y mettre un terme) mais aussi sur les sanctions économiques occidentales et la confiscation des avoirs souverains afghans.

Un Afghan sur trois ignore aujourd’hui quand et comment il prendra son prochain repas.  15,8 millions de personnes sur une population de 41,7 millions souffrent d’insécurité alimentaire aiguë. 

Les catastrophes naturelles ont aggravé une situation déjà critique. Dans la province d’Hérat, trois séismes de magnitude 6,3 survenus en l’espace de huit jours en octobre dernier, ont endommagé 40 000 habitations, dont 10 000 ont été totalement détruites, laissant 245 000 personnes sans logement. Beaucoup vivent encore sous des tentes ou dans des abris précaires, exposées aux températures hivernales. 

Par ailleurs, depuis l’annonce par le Pakistan en novembre 2023 du renvoi des étrangers en situation irrégulière, plus de 450 000 Afghans ont été contraints de rentrer dans leur pays, dont 85% de femmes et d’enfants. Leur retour accentue la pression sur des ressources déjà limitées et nécessite une aide d’urgence, ainsi qu’un accompagnement sur le long terme.  Le Pakistan en outre bombarde périodiquement l'Afghanistan en représaille d'attaques terroristedans la province du  Khyber Pakhtunkhwa contrôlée au tiers par la guérilla Talibans du Pakistan / Tehreek-e-Taliban Pakistan (TTP) et divers attentats dans d'autres provinces.

En juin 2025, Trump s'était rapproché du Pakistan pour mener sa guerre des douze jours contre l'Iran. L'impérialisme indien a réagi à l'approfondissement des relations américano-pakistanaises en renforçant son soutien aux talibans. L'activisme de la Chine à l'ONU pour sauver l'UNAMA aujourd'hui s'explique en partie par son inquiétude de voir l'instabilité au Pakistan et en Afghanistan menacer ses projets économiques de "Route de la Soie".

Lire la suite
Publicité

Le Tchad renoue avec la France

17 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Maghreb - Afrique occidentale

Le 28 novembre 2024 juste après la visite du ministre de Macron Barrot, N'Djamena annonçait la dénonciation de ses accords militaires avec Paris et le départ des troupes françaises.


Il circule dans les milieux diplomatiques français que le retrait français avait été demandé par Abou Dhabi pour lui permettre d'acheminer une aide aux Forces de soutien rapide (FSR) du général soudanais Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemedti sans que la France ne puisse le voir. Mais aujourd'hui, les déboires des FSR et les succès militaires de l’armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhan fragilisent la position tchadienne et font courir des risques de débordements au Tchad, avec le possible retour des Toroboros, ces combattants tchadiens partis combattre du côté d’al-Burhan. Au nord les milices du chef toubou libyen Mahamat Wardougou pourraient un jour se retourner contre le président tchadien Mahamat Déby qui a soutenu son rival Haftar, l'homme fort de la Cyrénaïque, lequel a cependant le vent en poupe en ce moment (il bloque gentiment pour le compte d'Israël les activites de la flotille pour Gaza, son émissaire et fils rencontre le président français, et il a reçu en décembre quelques drones Feilong-1 FL-1 de fabrication chinoise et des Bayraktar TB2 turcs, moins puissants malgré l'emabargo),

Selon la Lettre du Continent, la coopération sécuritaire avec Ankara engagée depuis 2023 n’aide pas N’Djamena à relever tous ces défis. Les deux drones d’attaque turcs acquis par le Tchad seraient immobilisés faute de paiement et un troisième appareil ne serait toujours pas opérationnel. Une situation qui prive N’Djamena d’un outil de surveillance de ses frontières à un moment où les menaces se multiplient. Dans ce contexte, les besoins en renseignement, surveillance aérienne et anticipation stratégique sont redevenus centraux.

N'Djamena a aussi perdu une partie du contrôle de la situation autour du lac Tchad, région  attaquée en mai par les islamistes de Boko Haram et de Daech en Afrique de l'Ouest (ISWAP).

Dans ce dispositif le retour de la France pourrait intervenir dans un format plus léger. Les relations franco-tchadiennes avaient commencé à se réchauffer en février dernier avec la visite du président Mahamat Idriss Déby - dont le régime est issu d'un coup d'Etat en 2021 - à l'Elysée.

Outre les liens militaires (importants dans ce pays où un tiers du budget de l'Etat va à l'armée et le pays est encore dirigé par un conseil militaire de transition), le Tchad entretient aussi des rapports économiques serrés avec la France. Le Conseil d’entreprises France–Afrique centrale de MEDEF International a organisé 11 juin, une rencontre autour de Tahir Hamid Nguilin, ministre d’État, ministre des Finances, du Budget, de l’Économie et de la Coopération du Tchad. La réunion devait permettre aux entreprises françaises d’échanger directement avec le ministre sur les priorités du Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 » et sur les conditions d’accès aux projets ouverts aux investisseurs. Cette séquence vise à élargir la base d’investisseurs mobilisés autour du PND, après la table ronde organisée les 10 et 11 novembre 2025 à Abu Dhabi.

Lire la suite

Le Honduras ami des milliardaires trumpistes

14 Juin 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Amérique latine-Caraïbes

Alors que les Etats-Unis s'enlisent dans le conflit avec l'Iran au risque de faire basculer l'économie mondiale dans un cycle d'inflation, les relations du Honduras avec Israël sont au beau fixe. Le mois dernier le pays a officiellement inscrit le Hamas et les Gardiens de la révolution iraniens sur sa liste des organisations terroristes étrangères. 

Il s'agit de la conséquence de la victoire du conservateur Asfura, soutenu par Donald Trump, aux dernières élections présidentielles, qui a ouvert la voie à la restauration d'un régime qui a prospéré grâce à Palantir, une excroissance de la CIA qui a fourni l'intelligence artificielle pour écraser Gaza, ou Cellebrite, l'entreprise israélienne spécialisée dans les outils d'espionnage des téléphones portables.

Après une tentative infructueuse en 2021, Nasry Asfura, fils d'immigré palestinien et maire Parti National de la capitale (où il est accusé d'avoir détourné un million de dollars), a remporté  l’élection présidentielle au Honduras en un tour organisée dimanche 30 novembre, avec seulement 30 000 voix d'avance sur son rival. Le dépouillement, marqué par des « problèmes techniques » qui ont alimenté des soupçons de fraude, s’est éternisé durant trois semaines.

Le cadre général qui a présidé à cette élection a été mis au jour en avril dernier par le site Hondurasgate et Canal Red.  37 enregistrements, datés de janvier à avril 2026, ont été conjointement rendus publics . Ils révèlent un plan des Etats-Unis, d’Israël et de l’Argentine pour permettre le retour au pouvoir de l’ex-président du Honduras et narcotrafiquant Juan Orlando Hernández (du même parti, Parti National, qu'Asfura)z, ainsi que pour mener une grande campagne de déstabilisation des gouvernements de Gustavo Petro en Colombie et de Claudia Sheinbaum au Mexique. Trump qui prétend combattre le narco-trafic au Venezuela le promeut au Honduras en amnistiant Hernández .Les documents fuités révèlent également l’utilisation d’églises évangéliques pour promouvoir un récit d’« amnésie collective » concernant les crimes de l’administration Hernandez, dont le régime étaite, l’héritier d’un coup d’Etat militaire contre le président de gauche Manuel Zelaya en 2008. Le gouvernement israélien aurait quant à lui fourni des technologies d’espionnage, des renseignements et un soutien diplomatique.

Hernández avait avant 2022 fait d'énormes cadeaux aux amis de Trump, dont Peter Thiel en leur accordant la gestion de zones économiques spéciales privées auxquelles la candidate de gauche ("Libre) Xiomara Castro dans sa parenthèse de pouvoir en 2022-2025 n'aura pas pu mettre un terme. Ces zones correspondent au concept de "ville autonome" propsoé par l’ancien cadre de la Banque mondiale et économiste Paul Romer  Elles s'inscrivent dans le projet de Praxis, une start-up financée par des milliardaires du secteur technologique qui vise à créer des cités-États libertariennes afin de « restaurer la civilisation occidentale. » Les ZEDE sont autorisées à avoir leur propre gouvernement, leur propre force de police, leurs propres tribunaux et leurs propres lois, de plus les impôts collectés ne seraient pas versés au gouvernement hondurien, mais aux ZEDE elles-mêmes. Próspera (l’une des trois ZEDE du Honduras) dispose même d’un centre Bitcoin associé à des entreprises technologiques qui proposent des thérapies géniques à 25 000 dollars, des « services d’implantation sous-cutanée et diverses mises à niveau cybernétiques. » Ce sont des reproductions en miniature de l'utipie techno-libertarienne poursuivie au Salvador voisin. Il en existe aussi en Afrique. Le système n'est pas sans rappeler les concessions en Chine au temps des colonies

Le pays de 10 millions d'habitants dont un tiers des revenus proviennent de sa diaspora (presque 10 % de sa population) et confronté à des problèmes sanitaires (dengue, rougeole etc)., et énergétiques de tous ordres. Des questions se posent sur les projets de privatisation du nouveau gouvernement.

Quand bien même celui-ci aurait la moindre velléité de résistance, comment pourrait-il échapper aux moyens de chantage des milliardaires ? Par exemple l'ouvrage « L'assaut des entreprises contre le Honduras » passe au crible le groupe Próspera et plus d'une douzaine d'autres sociétés transnationales qui ont intenté des poursuites contre le Honduras pour des milliards de dollars. Ces poursuites ont été rendues possibles par des privilèges exclusifs inscrits dans des accords de libre-échange, des traités bilatéraux d'investissement, une loi nationale sur l'investissement adoptée après le coup d'État et des contrats. Ces créances irrécouvrables pour un pays comme le Honduras constituent un moyen supplémentaire pour les entreprises de faire chanter les gouvernements afin de les contraindre à négocier sous la contrainte ou à prendre des décisions qui servent leurs intérêts. Avec une épée de Damoclès de plusieurs milliards pesant sur sa tête, le Honduras ne pèse pas bien lourd.

Lire la suite
1 2 > >>