Le jeu d'équilibrisme entre Paris et Moscou de la junte malgache
Le colonel Michaël Randrianirina, l'homme fort de la junte militaire portée au pouvoir à Madagascar à l'issue de la révolte de la "Gen Z" continue de tenter de normaliser ses rapports avec des puissances africaines pro-occidentales comme le président du Kenya et le très pro-français Alassane Ouattara de Côte d'Ivoire qu'il rencontre au sommet Africa Forward au Kenya. Il doit aussi se rendre prochainement au Congo (RDC) récemment rapproché de Trump. Parallèlement des figures de son régime sont aussi attendues en Russie à l’occasion de la première édition du Forum international sur la sécurité, qui aura lieu du 26 au 28 mai
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Le même exercice d'équilibrisme avait été constaté en février quand Michaël Randrianirina avait été reçu par Emmanuel Macron à l’Elysée, cinq jours après avoir rencontré Vladimir Poutine au Kremlin.
En 2018, des acteurs liés à l’entourage du groupe Wagner avaient tenté d’influencer la vie politique malgache tout en cherchant à s’implanter dans l’exploitation du chrome à travers un partenariat avec la société étatique Kraoma à un jour de route au nord de la capitale. Les Russes se sont retirés du partenariat à la fin de 2019. Cet échec explique sans doute qu'Antananarivo ne souhaite pas pencher trop visiblement du côté des BRICS à la différence des juntes de l'AES au Sahel .
Avec une zone économique exclusive de Madagascar qui couvre plus de 1,2 million de kilomètres carrés, soit près du double de sa superficie terrestre, le pays occupe une place stratégique au sein de l'Océan indien. L'île exporte nickel et cobalt. Madagascar possède par ailleurs 8 % des réserves mondiales de graphite. Deux mines de terres rares sont exploitées respectivement par un consortium australien et l'américain Energy Fuels. Au début de cette année les militaires ont levé le moratoire de 16 ans sur l'octroi de nouveaux permis miniers.
En interne, le régime mène une politique répressive condamnée par Amnesty International et lance en juin des concertations nationales sur la refondation du pays qui réuniront des acteurs politiques, citoyens, militaires, entrepreneurs et leaders religieux .
Le Salvador, prison physique et numérique qui fait des émules
Ami de Donald Trump, pour lequel il gère des prisons qui accueillent ses migrants refoulés de diverses nationalités, le régime salvadorien de Nayib Bukele est aussi devenu une prison numérique.
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Dans une vidéo de plus d’une heure enregistrée dans un salon du palais présidentiel, le chef de l’Etat a présenté le mois dernier son intention de confier à Gemini, l’intelligence artificielle (IA) de Google, le suivi de maladies chroniques (diabète, hypertension, insuffisance rénale…) à travers l’application DoctorSV. Le système propose de remplir un questionnaire de santé sur l’application, pour de la médecine préventive avec diagnostic en ligne et gestion automatique de sa prise de médicaments.
Le président BuKele s'est aussi associé à Elon Musk pour déployer Grok, le chatbot de sa société d'intelligence artificielle, auprès de plus d'un million d'élèves à travers le pays, selon une annonce faite jeudi par xAI. Au cours des deux prochaines années, le plan prévoit d'intégrer Grok à plus de 5 000 écoles publiques dans le cadre d'un programme éducatif basé sur l'intelligence artificielle. Il confie désormais à un chatbot la création de programmes scolaires à travers le pays.
En outre le Salvador est devenu le premier pays au monde à utiliser le bitcoin comme monnaie légale (avant de subir quelques revers une fin de non recevoir du FMI à ce sujet). Il est aussi en pointe dans le projet des "smart cities", qui va avec cette notion de connexion tous azimuts, ce qui lui attire non seulement la sympathie des Etats-Unis mais aussi de cet autre champion de la surveillance des gens qu'est la Chine.
Rappelons ici en deux mots l'histoire récente du Salvador. Le mouvement Farabundo Marti de libération nationale, FMLN, ancienne guérilla, a gouverné pendant deux mandats législatifs, de 2009 à 2014 et de 2014 à 2019. Au cours de cette période, il a mis en œuvre d’importantes réforme. Comme l'explique la journaliste Hilary Goodfriend sur Jacobin, "un vaste système de soins de santé communautaires préventifs, inspiré du modèle cubain, avec des dispensaires répartis dans tout le pays, et ont entrepris d'importants projets de construction d'hôpitaux. Ils ont supprimé les frais d'accès aux services de santé publique. Dans le domaine de l'éducation, ils ont instauré des réformes majeures, rendant l'université publique gratuite pour les élèves des écoles publiques et distribuant des fournitures scolaires, des uniformes et des repas à ces élèves, d'abord au niveau primaire, puis jusqu'au lycée. Tous ces articles étaient fournis par de petits producteurs locaux, ancrés dans la communauté. Le FMLN a réalisé des progrès législatifs et politiques en matière d'égalité des sexes". Mais "malgré les progrès réalisés dans la lutte contre la pauvreté, les hausses du salaire minimum et autres mesures similaires, les structures d'accumulation et d'inégalité n'ont subi aucune transformation majeure." Les homicides et la violence des gangs ont atteint des records, et le FMLN, pas seulement la droite, ont été touchés par des scandales de corruption. Le populiste Nayib Bukele a su en tirer profit. Fils d'un bourgeois palestinien chrétien converti à l'Islam, proche du FMLN et plus particulièrement de son aile communiste dirigée par Schafik Hándal, lui aussi d'origine palestinienne, il a percé dans ce mouvement sous ses propres couleurs, ce qui lui permit de devenir maire de la capitale. En 2017 il s'est émancipé du FMLN et a mené sa campagne électorale avec succès sur le thème de la lutte contre la corruption.
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A la suite d'une campagne de répression de la criminalité énergique dans le cadre d'un état d'urgence indéfiniment prolongé, il a mis 2 % de la population de son pays en prison (un record mondial). Les deux principales pandillas (bandes) qui déchiraient le pays — la Mara Salvatrucha (MS-13) et le Barrio-18 avec ses deux factions, les Revolucionarios et les Sureños — ont été mises en déroute. Le taux d'homicide a baissé de 98 %... au prix du sécrifice des droits individuels, et notamment de l'asphyxie totale de la presse.
Par ailleurs il axe sa stratégie économique sur la promotion du tourisme et de l'extraction minière, et utilise les milliers de prisonniers pour construire des infrastructures. Mais la pauvreté a explosé depuis son arrivée au pouvoir et les investissements directs étrangers sont en baisse. La dette publique a atteint des sommets et le système de retraite, que son gouvernement a utilisé comme une caisse noire, est en pleine crise, cependant pour l'heure sa position hégémonique dans l'espace politique salvadorien ne paraît pas remis en cause. Il rayonne même comme modèle pour la droite populiste de pays voisins comme le Costa Rica, ou la Colombie, et même au sein de certaines tendances du Parti démocrate américain.
Hongrie : la prudence de Magyar
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Au milieu de rumeurs de fuite des capitaux des oligarcques vers les Émirats arabes unis, l’Uruguay, les États-Unis et d’imposition sur la fortune de 1 % pour les milliardaires, l’un des principaux bénéficiaires de l’ère Orban, Gyula Balásy, patron des campagnes de presse du premier ministre déchu, a fondu en larmes devant les caméras, et annoncé qu'il cédait volontairement l’intégralité de son empire d’entreprises à l’État lors d’une interview accordée à Kontrol, une chaîne YouTube détenue par le frère du nouveau premier ministre Magyar.
L'inquiétude des oligarques pro-Orban est un des aspects de la transition impulsée par le nouveau gouvernement pro-européen de Magyar, lequel cependant semble faire preuve d'une certain sens de la nuance dans la mise en oeuvre de ses réformes. Si celui-ci veut rompre avec la politique de bas-salaires et d'ouverture tous azimuts aux investissements étrangers, tout en se rapprochant de la Pologne, il reste pragmatique à l'égard de l'approvisonnement en hydrocarbures russes, à l'égard de la Chine, et ferme à l'égard de l'Ukraine sur la question des importations agricoles. Des changements au niveau de l'Education (en pleine crise de financement, avec des enseignants les plus mal payés de l'OCDE) pourraient survenir. La protection de l'enfance est soustraite au ministère de l'intérieur pour ouvrir la voie à une nouvelle approche, dont les responsables se défendent cependant de l'orienter vers le LGBTisme. Il pourrait être mise fin aussi au transfert du système scolaire aux Eglises hongroises, lesquelles le considéraient du reste comme un fardeau difficile à gérer. Mais même dans ce domaine l'approche semble pragmatique : Magyar a renoncé à supprimer de la constitution l'engagement à protéger la culture chrétienne.
Cette prudence s'explique par le fait que le nouveau chef du gouvernement est lui-même issu à l'origine du parti d'Orban, le Fidesz, dont il partage d'ailleurs les positions en ce qui concerne l'immigration (il s'est même engagé à se passer de l'immigration en pariant sur un retour des Hongros qui ont quitté le pays).
Sénégal : limogeage du premier-ministre anti-système
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Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lô, ancien secrétaire général de la Banque centrale des états de l’Afrique de l’Ouest (Bceao), et partisan du franc CFA a été nommé vendredi au poste de premier ministre du Sénégal.
Il remplace Ousmane Sonko, ancien inspecteur des impôts et maire de Ziguinchor devenu une idole des jeunes en tenant un discours panafricaniste et anti-système. Le 22 mai, il avait accusé l'Occident de vouloir "imposer [l'homosexualité] au reste du monde", quelques semaines après l'adoption d'une loi durcissant les peines contre les relations homosexuelles.
Son parti (Pastef) domine encore le Parlement (depuis les législatives de 2024) dont le président vient de démissionner, au milieu des fêtes de Pentecôte et du pèlerinage marial de Popenguine, peut-être pour permettre à Sonko de le remplacer, ce qui ouvrirait la voie à un bras de fer avec le président de la République Bassirou Diomaye Faye au sommet de l'Etat.
Le Sénégal est le deuxième pays le plus endetté d'Afrique subsaharienne, Face à la crise aggravée par l'augmentation du prix du pétrole, Dakar tente de rétablir ses relations financières avec le FMI. Le ministre des Finances a annoncé la reprise des discussions techniques à partir de la semaine du 8 juin, avec pour objectif d’aboutir à un accord avant la fin du mois. Cela augmente les moyens de pression des Occidentaux sur le pays.
Escalade en Ukraine
Face aux attaques sauvages de drones ukrainiens contre des objectifs civils en Russie Russie (la raffinerie de Syzran - 1% du raffinage russe -, après beaucoup d'autres depuis le début de l'année, les terminaux pétroliers russes de la Baltique avec des drones utilisant probablement le sol de pays de l'OTAN pour menr à bien les opérations, le dortoir du lycée de Lougansk), la Russie a répliqué par l'envoi d'un missile balistique à portée intermédiaire (IRBM) Oreshnik, pour viser une zone au sud-ouest de Kiev. La Russie a par ailleurs visé l’Ukraine avec « 90 missiles et 600 drones », dont beaucoup auraient ét éinterceptés. L'Oreshnik, arme hypersonique très rapide qui ne peut être interceptée, mais imprécise et pour laquelle la Russie n'a que peu de lanceurs serait surtout un instrument psychologique dans la mesure où il est susceptible un jour de porter une tête nucléaire.
Selon le Financial Times du 12 octobre 2025, l'Ukraine s'appuie sur les renseignements fournis par les États-Unis et l'OTAN pour lancer ses attaques de drones à longue portée en Russie, ce qui signifie que ces attaques risquent toujours d'entraîner une escalade entre la Russie et les pays de l'OTAN. La dynamique de représailles russes semble définitivement enclenchée et pourrait faire entrer le conflit dans une nouvelle phase. Un colonel expert militaire, Anatoly Matviychuk, a estimé sur Lenta.ru les usines Arsenal, l’usine Artem (déjà visée en 2022), l’usine Krystal, peut-être le poste de commandement souterrain de l’ancien district militaire de Kyiv, le bâtiment du Conseil suprême d’Ukraine et peut-être le bureau de [Volodymyr] Zelensky, le président ukrainien les aérodromes militaires de Vasylkiv et de Bila Tserkva, ainsi que les aéroports de Boryspil et de Zhuliany.
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Pressé par le parti de la guerre d'intensifier le conflit pour en finir au plus vite, alors que le front ne bouge pas, Poutine pourrait être tenté de lancer une grande offensive terrestre comme le laisse entendre le repositionnement des satellites russes.
Parallèlement les perspectives d'entrée de Kiev dans l'Union européenne s'éloignent. Début mai, la France et l'Allemagne ont proposé un processus par étapes selon lequel l'Ukraine recevrait des avantages « symboliques » et un accès progressif aux mécanismes de l'UE en échange de la réalisation d'étapes clés des réformes.
Selon le Financial Times, les responsables ukrainiens estiment que cela signifie que l'adhésion complète n'est pas envisageable avant au moins une décennie. Le cocaïnomane Zelensky toujours dépourvu de tout sens de la gratitude et de la mesure aurait donné pour instruction à ses diplomates de ne pas envisager ni même d'entamer de discussions avec les gouvernements de l'UE concernant de telles propositions, mais de ne parler que d'une adhésion pleine et entière à l'UE. Bruxelles dénonce la lenteur du président des oligarques à Kiev à lutter contre la corruption et augmenter les impôts sur les entreprises, condition posée par l'UE pour le versement d'une partie du prêt de 90 milliards d'euros. En matière de corruption, la première audience du procès du bras droit de Zelensky Yermak a montré à quel point l'entourage le plus proche du président ukrainien, et probablement le président lui-même, participent directement aux détournements des fonds publics et des aides à leur profit.
Inde : les communistes perdent le Kerala
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La gauche n'a pas le vent en poupe en Inde. Au Kerala (33 millions d'habitant) qui a été gouverné pendant 50 ans par les communistes, le parti du Congrès (centriste) vient de l'emporter.
Par ailleurs le Bengale occidental (100 millions d'habitants dont un tiers de musulmans) qui a été gouverné par les communistes (PCI-M) de 1977 à 2011 vient de basculer dans le camp du parti du premier ministre Modi, comme l'avait fait en 2019 le Tripura (4 millions d'habitants) qui avait été aussi gouverné pendant des décennies par les communistes. L'ex-chef ministre libérale (All India Trinamool Congress) Mamata Banerjee accuse Modi d'avoir fait radier des listes des millions d'électeurs musulmans, mais cela n'explique pas tout.
Au niveau national, la gauche est passée de 62 sièges au Parlement en 2004 à 8 aujourd'hui, alors pourtant qu'en 2024 le parti de Modi avait subi un revers en perdant la majorité absolue. Et le Parti du Congrès (centriste) ne contrôle plus que 4 des 28 Etats indiens tandis que le parti nationaliste de Modi en contrôle 21.
En 2020-2021 et de nouveau en 2024, des agriculteurs ont mené des actions contre les réformes du gouvernement. Et les syndicats ont organisé des grèves massives impliquant entre 200 et 300 millions de travailleurs en 2020, 2025 et 2026. Mais les partis de gauche n'ont pas pris le relai. Dans les États où elle exerçait un contrôle politique, la gauche a recherché le compromis avec les grandes entreprises epour attirer les investissement des multinationales. Au Kerala les communistes qui avaient mené une action volontariste pendant la crise du Covid, et s'étaient vanté en 2025 d'avoir vaincu l'extrême pauvreté, avaient tenté de briser l'an dernier la grève des personnels médicaux des centres de santé ruraux, et leur ministre de l'industrie P. Rajeev en avril dernier se félicitait de la progression de son Etat au classementd e l' "Ease of Doing business" (des facilités pour la pratique des affaires).
Par ailleurs il n'y a plus de guérilla marxiste en Inde. Le ministre de l'intérieur Amit Shah le 30 mars dernier a annoncé en avoir fini avec la rébellion naxaliste.
La guerre civile au Soudan se poursuit
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Le Soudan s'enlise dans une guerre des chefs, tandis que l'affrontement FSR/armée régulière ne faiblit pas. Le 4 mai, un drone des FSR (Forces de soutien rapide) a frappé l'aéroport de Khartoum, qui venait tout juste d'ouvrir ses portes aux vols internationaux. L'armée soudanaise a affirmé que le tir avait été effectué depuis le territoire éthiopien. En représailles, l'Éthiopie a expulsé l'ambassadeur du Soudan. À peu près au même moment, les États-Unis ont présenté aux deux parties un nouveau document de négociation, proposant un nouvel accord pour le plan du Quad (lancé il y a sept mois sous l'égide des États-Unis, avec la participation de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l'Égypte) axé sur l'aide humanitaire plutôt que sur un cessez-le -feu.
Les FSR, encadrées principalement par des arabes du Darfour, sont dirigées par Mohamed Hamdane Daglo dit Hemedti, face au régime du dictateur Abdel Fattah al-Burhane qui a pris le pouvoir en 2021. Burhane est décrit en Occident comme un proche des milices Wagner russes (ce qui explique le 18 novembre 2024, le veto russe à un projet de résolution préparé par le Royaume-Uni et la Sierra Leone appelant à un cessez-le-feu et à la protection des civils au Soudan). Issu d'une famille de bergers de chameaux sur les pâturages du Darfour, Hemedti a vu se dérouler sous ses pieds le tapis rouge à Addis Abeba, Tripoli, Kigali, Kampala, Johanesburg, Nairobi. Il est soutenu par certaines forces civiles au Soudan. L'armée régulière, elle, a des drones iraniens et compte aussi sur le soutien de miliciens tigréens du FPLT.
Washington redoute maintenant que les zones contrôlées par les FSR ne servent de refuge aux mouvements islamistes de l'Ouest africain et que ceux-ci n'intensifient leur influence autour de la Mer Rouge.
Malgré la guerre 4 millions de personnes de personnes exilées, surtout en Egypte, sont rentrées au pays. Mais le problème des 9 millions de déplacés intérieurs reste entier, et aggravé par les épidémies (choléra, variole simienne) qui requièrent une intervention croissante de l'OMS dans certaines zones.
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En marge du conflit Socialist Worker signale le décès en avril à Amsterdam, suite à une maladie, de l'activiste marxiste soudanaise Muzan Alneel, 39 ans qui avait été une fine analyste de la révolution soudanaise de 2018 et de son échec en 2022.
L'alliance énergétique sino-éthiopienne
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8 fabricants de panneaux solaires basés aux États-Unis ont saisi le Département du Commerce le mardi 12 mai, afin d'ouvrir une enquête sur des pratiques commerciales déloyales pratiquées par des sociétés chinoises installées en Éthiopie. Selon les informations relayées par Bloomberg, les entreprises chinoises ciblées contourneraient des droits compensateurs américains en délocalisant l'assemblage en Éthiopie, pour réexporter ensuite les panneaux vers les USA.
Alors que les importations américaines de produits solaires en provenance du pays d’Afrique de l’Est était inexistantes jusqu’en juin 2025, elles ont explosé quelques mois plus tard, cumulant à environ 300 millions USD fin décembre.
Par ailleurs cette semaine une délégation de haut niveau dirigée par le vice-président de l'Autorité chinoise de l'énergie atomique CAEA, Li Jing s'est rendue à Addis-Abeba pour rencontrer le président de la Commission éthiopienne de l'énergie nucléaire, Sandokan Debebe. L'un des principaux résultats de la réunion a été l'accord pour lancer de vastes programmes de bourses d'études et d'échanges techniques, des initiatives destinées à doter les étudiants et le personnel de la Commission de haute performance d'Éthiopie de l'expertise spécialisée nécessaire pour faire progresser le programme national de développement nucléaire.
Bolivie : l'impérialisme menace le peuple
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Malgré l'annonce d'un futur remaniement par le président Rodrigo Paz jeudi 21 mai, les manifestations se poursuivent en Bolivie. Depuis près de trois semaines, la capitale La Paz est le théâtre de violentes protestations contre la politique libérale du pouvoir en place. La Bolivie traverse une crise économique persistante due à la baisse de sa production de gaz naturel. Son taux d'inflation annuel a atteint 14 % en avril. L'élément déclencheur du mouvement fut une réforme agraire en faveur des grands propriétaires, tandis que le peuple a le sentiment d'être privé de son choix aux élection nationales depuis que le leader socialiste Evo Morales (qui avait multiplié par 3 en 15 le PIB par habitant et supprimé l'analphabétisme) est empêtré dans un "law fare" comme l'ont été d'autres politiques du sous-continent (Christina Hernandez, Lula da Silva).
Plus d'une douzaine de pays d'Amérique du Nord et du Sud ont appelé au calme en Bolivie, où des manifestations d'envergure se poursuivent depuis des semaines, réclamant la démission du président Rodrigo Paz. La coalition menée par les États-Unis, baptisée Bouclier des Amériques, a déclaré ne pas pouvoir permettre le renversement des dirigeants boliviens démocratiquement élus.
Le Myanmar entre pénurie alimentaire et guerre civile
La fermeture du détroit d'Ormuz touche durement l'agriculture du Myanmar (ex-Birmanie). Les agriculteurs birmans ont besoin de carburant et d'engrais, la crise alimentaire pourrait exposer 12,5 millions de personnes à la famine. Les 400 000 tonnes exportées habituellement par l'Iran vers le Myanmar sont gelés, ce qui menace directement les futures récoltes. Le prix de l'urée a augmenté de 50 % depuis décembre. La Chine est un important exportateur d'engrais vers le Myanmar, représentant 78 % des échanges en 2024, selon UNCOMTRADE. Cependant, la Chine a renforcé les restrictions sur les exportations d'engrais fin mars. L'industrie et les centrales électriques sont également touchées dès maintenant par la pénurie de carburant.
Cela s'ajoute à la guerre civile entretenue dans les zones où des minorités ethniques revendiquent leur autonomie, mais aussi dans les poches de résistance contrôlées par les Forces de défense du peuple (FDP).
Suite au coup d'État du 1er février de l'année dernière, un groupe de parlementaires élus en 2020 a formé le Gouvernement d'union nationale (GUN) le 16 avril. Le Conseil d'administration de l'État (CAE) de la junte militaire au pouvoir a immédiatement déclaré le GUN illégal et l'a qualifié d'organisation terroriste . Le GUN a annoncé la création des Forces de défense du peuple (FDP) en mai et a déclaré une « guerre défensive populaire » contre le gouvernement militaire en septembre. Sur le plan international, le GUN s'est autoproclamé seul gouvernement légitime représentant le Myanmar et a exigé, sans succès, la reconnaissance diplomatique des gouvernements souverains.
Au dernier trimestre 2021, tous les membres du NUG avaient quitté le Myanmar pour s'exiler. Les Forces de défense du peuple (FDP), quant à elles, sont devenues une insurrection de base, avec des branches locales organisées opérant dans de petites zones à travers le pays, notamment dans les États ethniques (la Birmanie est divisée en sept régions dominées par l'ethnie majoritaire bamar et sept États peuplés principalement de minorités ethniques).Parmi les nombreuses guérillas ethniques, certaines sont proches du FDP, d'autres sont neutres. Les principaux signataires de l'Accord de cessez-le-feu national (NCA) qui avait été négocié avec le GUN, tels que le Conseil de restauration de l'État Shan et l'Union nationale karen, ont rapidement condamné le coup d'État, d'autres sont neutres.
Les effets de la guerre sont considérables. 3 millions de personnes sur 50 millions d'habitants ont été déplacées depuis le coup d'Etat.
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Le régime militaire devenu gouvernement pseudo-civil sous la présidence de Min Aung Hlaing a invité en avril, depuis sa capitale Naypyidaw, tous les groupes armés ethniques, signataires et non signataires de l'accord de cessez-le-feu national de 2015, à participer aux pourparlers de paix avant le 31 juillet prochain, tout en intensifiant ses bombardements et les arrestations (qui frappent d'ailleurs massivement le personnel médical favorable à l'opposition, des hôpitaux sont délibérément bombardés) et en exhortant les Forces de défense du peuple (PDF), la branche armée du gouvernement d'unité nationale, à se rendre, et ce, dans l'espoir de pouvoir reintégrer l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est dont le pays est exclu.
Les ONG pro-droits de l'homme en Occident déplorent que l'administration Trump ait coupé les fonds d'USAID et de Voice of America. Mais les préoccupations pour la survie humaine des travailleurs et de leurs familles pourraient prochainement l'emporter sur celles concernant la liberté d'expression.