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Le blog de l'Atlas alternatif / L'autre info sur le monde

Recolonisation pétrolière du Venezuela

3 Septembre 2026 , Rédigé par Atlasaltern Publié dans #Amérique latine-Caraïbes

 

Vendredi 28 août Donald Trump a annoncé sur Truth Social « le secrétaire d’Etat Marco Rubio et le ministre de la Guerre, Pete Hegseth, en étroite collaboration avec la très respectée présidente du Venezuela par interim, Delcy Rodríguez, (…) ont assuré aux États-Unis le contrôle majoritaire de plus de 65 000 000 000 de barils de réserves prouvées de pétrole au Venezuela ».

Il a ajouté que cet accord est « sans aucun coût pour le contribuable étasunien. »

Selon les données officielles, ce chiffre représente environ 21% des réserves prouvées totales du pays qui atteignent 303 000 000 000 de barils. Cela correspond à 17 gisements pétroliers.

En échange les USA ont promis un investissement de capitaux d'environ 100 milliards de dollars au cours des prochaines années pour construire l'infrastructure nécessaire à l'extraction des hydrocarbures du sous-sol, Mais on ignore d'où viendront les fonds. La société chargée de lever les fonds et de réaliser les forages est North American Blue Energy Partners (NABEP), une entité privée vénézuélienne qui collabore désormais avec les États-Unis. Cette entité est contrôlée par Alejandro Betancourt, 46 ans, présenté par le Financial Times comme le "vice-roi de Donald Trump au Venezuela". L'individu  été arrêté à deux reprises au Royaume-Uni, où il réside. Une première fois en septembre 2025 à la demande des autorités espagnoles, qui l’accusaient de blanchiment d’argent et de délits fiscaux. Relâché sous caution, il a ensuite été interpellé une deuxième fois deux mois plus tard à la suite d’un mandat d’arrêt international émis par la Suisse dans le cadre d’une enquête sur des soupçons de détournement de fonds de PDVSA, le géant pétrolier vénézuélien. Betancourt a  d’abord bâti sa fortune dans le secteur de l’électricité. Au début des années 2010, il fonde la société Derwick Associates qui "sans avoir la moindre expérience décroche au moins onze marchés publics d’une valeur d’environ 5 milliards de dollars pour construire des centrales thermoélectriques, sans qu’il n’y ait eu d’appels d’offres" a dénoncé El Pais. Beaucoup le décrivent comme un mégalomane sans foi ni loi.

Le Parti communiste du Venezuela a dénoncé ce mauvais coup de Dulcy Rodriguez (soutenue sur ce point par l'assemblée nationale) : "Il ne s'agit pas d'un accord mineur ni d'une simple transaction commerciale, a déclaré son bureau politique le 2 septembre. Nous assistons au transfert d'une part importante des principales richesses nationales dans des conditions inconnues du pays et sans le débat public ni le contrôle parlementaire nécessaires, pourtant prévus aux articles 150 et 187 de la Constitution."

L'experte en droit constitutionnel María Alejandra Díaz parle d'une escroquerie. Le professeur Luis Britto García évoque un pillage dont pas un centime ne profitera au peuple, tout comme les revenus d'exploitation minière qui tout au long du premier semestre ont été automatiquement accaparés par un fond géré par le Département du Trésor américain sous le régime de l'Executive Order 14373 (déjà 13 milliards de barils, sans aucun compte rendu sur leur utilisation), revenus qui représentaient l'essentiel du budget de l'Etat vénézuélien.

Les concessions de Dulcy Rordiguez, dans un contexte où le pays reste sous sanction, et entouré de navires de guerre américains, se sont multipliées depuis l'enlèvement illégal du président Maduro. Elles incluent l'éviction en février des forces de sécurité cubaines qui s'étaient sacrifiées pour le Venezuela, et celle en juin des médecins cubains qui s'occupaient gratuitement des pauvres, 

La présidente par intérim a beau se vexer quand les Iraniens se vantent d'être plus inflexibles qu'elle et convoquer leur ambassadeur en signe de protestation (alors que ce pays lui a fourni du pétrole et des drones), elle, son frère et le ministre de l'intérieur Diosdado Cabello, peuvent de moins en moins échapper à l'accusation de former un triumvirat de traîtres.

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