L'impérialisme français au Kénya
La réorientation diplomatique de la France vers l'Afrique de l'Est anglophone ne s'annonce pas plus brillante que la Françafrique en Afrique de l'Ouest. A preuve le Sommet France-Afrique coprésidéles 11 et 12 mai dernires par Macron à Nairobi, dont le principal résultat en termes d'image auprès de la gauche aura été de s'afficher auprès d'un homme politique africain, William Ruto, dont le principal fait d'armes aura été de faire tirer à balles réel sur ses opposants de la gen Z dans les rues en juin 2024 (pire encore que les LBD de Macron en tir tendu sur les Gilets jaunes).
D'ailleurs le cynisme de cette alliance est apparu le jour même où Macron était à Nairobi, le 12 mai, et où la police kényane a réprimé brutalement une manifestation contre ce sommet.
La manifestation de mardi marquait l'apogée d'un contre-sommet de deux jours organisé en opposition au Sommet officiel « Africa Forward », rassemblant des militants, des intellectuels, des syndicalistes, des étudiants et des organisateurs anti-impérialistes kényans et internationaux, à l'appel du le Parti communiste marxiste du Kenya (PCM-K) mais qui incluait d'autres courants marxistes. Les participants au Sommet panafricain contre l'impérialisme (PASAI) convoqués par le ont critiqué le rôle de la France en Afrique, exprimant leurs inquiétudes quant à la militarisation, la domination économique, la dépendance à la dette, l'extraction des ressources et la persistance d'une influence néocoloniale sur le continent.
À peine trente minutes après le début de la manifestation, des véhicules de police sont arrivés et les agents ont commencé à arracher les banderoles des manifestants. La marche se poursuivant, la police a tiré des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes sur les manifestants. Une fois l'assaut terminé, la police a encerclé le secteur et a arrêté des manifestants sous la menace de leurs armes.
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Parmi les personnes détenues figurent Lee Sang-hun, ancien représentant du Parti démocratique populaire (Parti Minjung), de Corée du Sud (un groupuscule anti-impérialiste marxisant), une organisation nationaliste ; Song Dan-bi, directrice du département international du parti ; Joti Brar, président du Parti communiste de Grande-Bretagne (marxiste-léniniste), un parti maoïste ; Dimitris Patelis, professeur de philosophie à l’Université technique de Crète et membre fondateur du Groupe de théorie révolutionnaire de Grèce ; et Guy Bremond, un militant français.
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Nos médias sont restés muets. French Response, agence de trolls lancée par le ministre des affaires étrangères français en septembre dernier n'a trouvé qu'à sortir une moquerie idiote "Ferme protestation contre l'impérialisme, casquettes de l'URSS et tout le reste"... quand on ne sait que faire de la com' de bas étage plutôt que d'avoir une diplomatie vraiment digne et non-alignée...
Au titre de la nouvelle stratégie française dans l'Est africain, l'élite dirigeante du Kenya devrait bénéficier d'un engagement du géant français du transport maritime CMA CGM de Rodolphe Saadé, propriétaire de BFM, RMC, Brut et une partie de TF1, d'investir 823 millions de dollars dans la modernisation du port de Mombasa, un point de passage clé pour le transport de minéraux d'une valeur de plusieurs milliards de dollars en provenance d'Afrique centrale et orientale. Le business impérialiste s'accompagne d'un volet militaire : le Kenya et la France ont signé en octobre 2025 un accord bilatéral de coopération en matière de défense. Un texte, ratifié par le parlement kenyan le 10 avril, qui porte entre autres sur le « partage de renseignements », la « sécurité maritime », le « maintien de la paix »… et un soupçon d’« aide humanitaire » pour faire bonne figure.