Le Myanmar entre pénurie alimentaire et guerre civile
La fermeture du détroit d'Ormuz touche durement l'agriculture du Myanmar (ex-Birmanie). Les agriculteurs birmans ont besoin de carburant et d'engrais, la crise alimentaire pourrait exposer 12,5 millions de personnes à la famine. Les 400 000 tonnes exportées habituellement par l'Iran vers le Myanmar sont gelés, ce qui menace directement les futures récoltes. Le prix de l'urée a augmenté de 50 % depuis décembre. La Chine est un important exportateur d'engrais vers le Myanmar, représentant 78 % des échanges en 2024, selon UNCOMTRADE. Cependant, la Chine a renforcé les restrictions sur les exportations d'engrais fin mars. L'industrie et les centrales électriques sont également touchées dès maintenant par la pénurie de carburant.
Cela s'ajoute à la guerre civile entretenue dans les zones où des minorités ethniques revendiquent leur autonomie, mais aussi dans les poches de résistance contrôlées par les Forces de défense du peuple (FDP).
Suite au coup d'État du 1er février de l'année dernière, un groupe de parlementaires élus en 2020 a formé le Gouvernement d'union nationale (GUN) le 16 avril. Le Conseil d'administration de l'État (CAE) de la junte militaire au pouvoir a immédiatement déclaré le GUN illégal et l'a qualifié d'organisation terroriste . Le GUN a annoncé la création des Forces de défense du peuple (FDP) en mai et a déclaré une « guerre défensive populaire » contre le gouvernement militaire en septembre. Sur le plan international, le GUN s'est autoproclamé seul gouvernement légitime représentant le Myanmar et a exigé, sans succès, la reconnaissance diplomatique des gouvernements souverains.
Au dernier trimestre 2021, tous les membres du NUG avaient quitté le Myanmar pour s'exiler. Les Forces de défense du peuple (FDP), quant à elles, sont devenues une insurrection de base, avec des branches locales organisées opérant dans de petites zones à travers le pays, notamment dans les États ethniques (la Birmanie est divisée en sept régions dominées par l'ethnie majoritaire bamar et sept États peuplés principalement de minorités ethniques).Parmi les nombreuses guérillas ethniques, certaines sont proches du FDP, d'autres sont neutres. Les principaux signataires de l'Accord de cessez-le-feu national (NCA) qui avait été négocié avec le GUN, tels que le Conseil de restauration de l'État Shan et l'Union nationale karen, ont rapidement condamné le coup d'État, d'autres sont neutres.
Les effets de la guerre sont considérables. 3 millions de personnes sur 50 millions d'habitants ont été déplacées depuis le coup d'Etat.
/image%2F1562803%2F20260522%2Fob_ddd2c8_min-aung-hlaing.jpg)
Le régime militaire devenu gouvernement pseudo-civil sous la présidence de Min Aung Hlaing a invité en avril, depuis sa capitale Naypyidaw, tous les groupes armés ethniques, signataires et non signataires de l'accord de cessez-le-feu national de 2015, à participer aux pourparlers de paix avant le 31 juillet prochain, tout en intensifiant ses bombardements et les arrestations (qui frappent d'ailleurs massivement le personnel médical favorable à l'opposition, des hôpitaux sont délibérément bombardés) et en exhortant les Forces de défense du peuple (PDF), la branche armée du gouvernement d'unité nationale, à se rendre, et ce, dans l'espoir de pouvoir reintégrer l'Association des Nations d'Asie du Sud-Est dont le pays est exclu.
Les ONG pro-droits de l'homme en Occident déplorent que l'administration Trump ait coupé les fonds d'USAID et de Voice of America. Mais les préoccupations pour la survie humaine des travailleurs et de leurs familles pourraient prochainement l'emporter sur celles concernant la liberté d'expression.