Inde : les communistes perdent le Kerala
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La gauche n'a pas le vent en poupe en Inde. Au Kerala (33 millions d'habitant) qui a été gouverné pendant 50 ans par les communistes, le parti du Congrès (centriste) vient de l'emporter.
Par ailleurs le Bengale occidental (100 millions d'habitants dont un tiers de musulmans) qui a été gouverné par les communistes (PCI-M) de 1977 à 2011 vient de basculer dans le camp du parti du premier ministre Modi, comme l'avait fait en 2019 le Tripura (4 millions d'habitants) qui avait été aussi gouverné pendant des décennies par les communistes. L'ex-chef ministre libérale (All India Trinamool Congress) Mamata Banerjee accuse Modi d'avoir fait radier des listes des millions d'électeurs musulmans, mais cela n'explique pas tout.
Au niveau national, la gauche est passée de 62 sièges au Parlement en 2004 à 8 aujourd'hui, alors pourtant qu'en 2024 le parti de Modi avait subi un revers en perdant la majorité absolue. Et le Parti du Congrès (centriste) ne contrôle plus que 4 des 28 Etats indiens tandis que le parti nationaliste de Modi en contrôle 21.
En 2020-2021 et de nouveau en 2024, des agriculteurs ont mené des actions contre les réformes du gouvernement. Et les syndicats ont organisé des grèves massives impliquant entre 200 et 300 millions de travailleurs en 2020, 2025 et 2026. Mais les partis de gauche n'ont pas pris le relai. Dans les États où elle exerçait un contrôle politique, la gauche a recherché le compromis avec les grandes entreprises epour attirer les investissement des multinationales. Au Kerala les communistes qui avaient mené une action volontariste pendant la crise du Covid, et s'étaient vanté en 2025 d'avoir vaincu l'extrême pauvreté, avaient tenté de briser l'an dernier la grève des personnels médicaux des centres de santé ruraux, et leur ministre de l'industrie P. Rajeev en avril dernier se félicitait de la progression de son Etat au classementd e l' "Ease of Doing business" (des facilités pour la pratique des affaires).
Par ailleurs il n'y a plus de guérilla marxiste en Inde. Le ministre de l'intérieur Amit Shah le 30 mars dernier a annoncé en avoir fini avec la rébellion naxaliste.