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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 16:04

baghdad-bank.jpgLe chef d'Etat major irakien Babaker Zebari est en visite à Téhéran. A cette occasion son homologue iranien le général Pakpour a souligné que l'Iran n'épargnerait aucun effort pour aider les Irakiens à construire la sécurité dans leur pays.


Il a ajouté que le retrait des forces étrangères d'Irak était l'occasion pour les Irakiens de commencer à prendre en main leur destinée. Cela pourrait augurer d'une alliance irano-irakienne après le départ des Américains que Washington depuis le second mandat de George W. Bush souhaitait rendre effectif fin 2011.

 

Cependant rien n'est simple car le même Babaker Zebari aurait déclaré selon un rapport de l’Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l’Irak publié le 1er novembre que les forces de sécurité irakiennes n’auront pas la capacité « sans l’aide de partenaires internationaux » de défendre l’espace aérien et les frontières du pays jusqu’à l’horizon 2020 à 2024, ce qui laisse entendre qu'il compterait davantage sur les Etats-Unis que sur l'Iran pour protéger son pays. En tout état de cause les Etats-Unis laisseront 5 500 employés de sécurité privés sur place après leur retrait d'Irak, 16 000 employés militaires et civils dans leur plus grande ambassade au monde (à Bagdad) et renforceront leur présence militaire dans les pétromonarchies.

 

La difficulté pour l'irak de choisir entre son mentor étatsunien et ses sympathies iraniennes se reflète aussi dans sa diplomatie au quotidien. Bagdad s'est abstenue sur la suspension de Damas (allié de l'Iran) de la Ligue arabe (sans pouvoir aller jusqu'à voter contre comme le Liban et le Yémen), il a sévèrement critiqué les sanctions prises ensuite par cet organisme.L'Irak à majorité chiite aurait en effet beaucoup à perdre à voir s'installer à Damas un gouvernement sunnite favorable à l'Arabie Saoudite, lequel ne manquerait d'ailleurs pas de renvoyer en Irak les milliers de réfugiés de la guerre de 2003 séjournant en Syrie, parmi lesquels de nombreux partisans de Saddam Hussein dont la résistance armée en Irak s'est encore montrée active l'an dernier.

 

  Sanaa Amrani

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 19:30

syrie.pngUn analyste qui se définit comme un "gaulliste de gauche" mais qui était en 1998 rédacteur en chef d'une revue dirigée par un sympathisant de l'extrême-droite (selon Wikipedia), estimait récemment dans une interview pour un site de géopolitique que la Russie, qui perdrait selon lui en 2017 sa base ukrainienne de Sébastopol, garde un intérêt vital à pouvoir faire mouiller sa marine dans les ports syriens, mais que, pour garder cette possibilité, elle serait prête à sacrifier Bachar-el-Assad en préparant d'elle-même, sans que les Occidentaux ne le lui aient demandé, une nouvelle résolution à l'ONU imposant sur un mode plus modéré que celle repoussée par Moscou et Pékin le 4 octobre dernier  (avec le soutien de l'ensemble des BRICS - Brésil, Inde, Afrique du Sud) une démocratisation du régime syrien - résolution que les Occidentaux pourraient utiliser et "surinterpréter" comme ils l'ont fait en Libye. L'auteur rappelle d'ailleurs que la Russie s'est depuis quinze ans toujours prêtée aux compromis qui ont abouti à la chute de ses alliés, de la Yougoslavie à la Libye

 

L'analyse géostratégique qui sous-tend cette interview est controversée ne serait-ce que parce que le bail sur Sébastopol a été prolongé en avril dernier jusqu'en 2042, mais l'existence d'un projet de résolution plus modéré est avéré : le ministre des affaires étrangères russe M. Lavrov a confirmé publiquement le 10 octobre dans le magazine Profil que Moscou travaillait sur un projet de résolution "plus équilibré" et la question de l'effectivité du soutien russe à Bachar El-Assad est effectivement posée.

 

La Russie a présenté son vote du 5 octobre comme un encouragement au dialogue entre le régime baassiste et l'opposition "intérieure", tandis que l'autre opposition, soutenue par les Occidentaux, est considérée comme fabriquée de toute pièce.

 

Une des figures de cette opposition intérieure est Qadri Jamil du Parti communiste syrien (PCS) qui a rencontré il y a un mois à Moscou le chef adjoint de la diplomatie russe Mikhaïl Bogdanov et le président de la Commission pour les Affaires internationales du Conseil de la Fédération (chambre haute du parlement russe), Mikhaïl Marguelov. Le PCS, fondé en 1943, a connu de longues périodes d’interdiction et de répression, y compris dans les premières années du régime bassiste. En 1970, Hafez al-Assad l'a réintroduit dans le jeu politique syrien, en en faisant une composante du Front national progressiste. A la fin des années 70, l’hostilité du PCS à la politique libanaise d’Hafez al-Assad l'a contraint à renouer avec la clandestinité, puis il a pu siéger à nouveau au parlement dans les années 1990.Qadri Jamil est le responsable d'une "Commission nationale d'unification des communistes syriens" chargée de réconcilier les factions du PCS. Il dénonce aussi bien le soutien étranger à l'insurrection que la gestion purement policière des manifestations par le gouvernement.

 

L'ancien diplomate Ignace Leverrier favorable à l'insurrection syrienne estime toutefois que Qadri Jamil n'a pas de légitimité pour incarner une opposition au régime et la possibilitéd'exclure du jeu les "oppositions modérées" ont déjà été souvent exploitées par les Occidentaux.

 

En tout cas le 7 octobre dernier le président Medvedev a demandé à Assad de démissionner s'il ne se sentait pas capable de réformer son régime, ce qui est le signe des limites du soutien russe au gouvernement syrien dorénavant.

 

Indépendamment de sa relation avec la Russie, Bachar el-Assad a sans doute obtenu un ballon d'oxygène en acceptant à Doha le 1er novembre un plan de la Ligue arabe prévoyant le retrait des chars de toutes les villes syriennes et le lancement de négociations entre le gouvernement et l’opposition.

 

Mais des manifestants ont été à nouveau tués les fiefs islamistes de Hama et de Homs.Le gouvernement de Damas lui souligne que 22 soldats et policiers sont morts ce weekend dans des combats (leurs noms sont cités par l'agence Sana) soit 72 depuis le 29 octobre, principalement à Homs, met en cause des éléments liés à Al-Qaida et aux Frères musulmans et dénonce des trafics d'armes aux frontières de la Turquie, du Liban et de la Jordanie.

 

Le gouvernement baassiste garde des appuis importants dans la population. Le 12 octobre des dizaines de milliers de personnes selon les agences de presse occidentales, un million selon les partisans du régime (les mêmes querelles de chiffres ont existé en juillet autour des manifestations de l'opposition), sont descendues dans les rues de Damas pour remercier la Russie et la Chine d'avoir opposé leur veto, le 4 octobre dernier, à une résolution du Conseil de sécurité de l'ONU qui condamnait la répression (une manifestation qui rappelait celle organisée par Kadhafi à Tripoli quand il contrôlait encore la moitié Ouest de son pays). Selon l'agence syrienne Sana (photos à l'appui) ils étaient à nouveau un million à Damas le 26 octobre à rejeter l'ingérence occidentale. Les tensions entre pro- et anti-Assad se récpercutent jusque dans la communauté syrienne de Paris (voir le recit de l'occupation violente du centre culturel par des opposants à l'occasion d'une conférence le 27 octobre dernier).

 

Les pressions et ingérences occidentales restent constantes. Le 4 novembre la porte-parole du Département d'Etat Victoria Nuland a dissuadé les opposants d'accepter les mesures d'amnistie offertes par le gouvernement syrien. Le sénateur américain néo-conservateur républicain McCain a appelé le 27 octobre Washington à lancer une attaque militaire contre la Syrie. Le ministre des affaires étrangères français rallié à l'ingérence impériale Alain  Juppé (sous les ordres d'un président de la république qui a menacé l'Iran de frappes militaires préventives dès le mois d'août dernier) avait pour sa part exprimé quinze jours plus tôt de son intention de prendre contact avec le Conseil national de transition syrien, un organe créé sur le modèle libyen. Créé à Istanbul fin août sous les auspices des Frères musulmans turcs de l'AKP, dirigé par le sociologue Burhan Ghalioun, il comprend parmi ses pères fondateurs Moulhem Droubi, haut membre des Frères musulmans syriens, Cheikh Muteih al Butain, responsable du mouvement de contestation dans la ville de Deraa (sud), l'ancien prisonnier politique Khaled al Haj Saleh et l'écrivain Hazem Nahar.

 

Le 31 octobre le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rassmussen a jugé utile de préciser qu'une intervention militaire de l'Otan en Syrie était totalement exclue... mais ce genre de déclaration n'a généralement qu'une valeur provisoire.

 

Delphine Jaen

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6 novembre 2011 7 06 /11 /novembre /2011 10:07

iran.pngMercredi 2 novembre la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants des Etats-Unis a adopté un projet de "loi pour diminuer la menace iranienne" pour 2011 (Iran Threat Reduction Act). Cette loi punira sévèrement des entreprises étrangères ou des filiales étrangères des compagnies d'USA si elles ne soumettent pas à l'embargo commercial des USA sur l'Iran.Le député conservateur Ron Paul a notamment souligné que ce texte pourrait sanctionner directement les entreprises russes et chinoises qui commercent avec Téhéran et, de ce fait, augmenter les tensions au niveau international.

 

Parallèlement Israël, par la voix de son président Shimon Peres vendredi, a fait part de son intention d'infliger à l'Iran des frappes militaires "préventives" après la révélation dans un rapport de l'AIEA non encore publié de nouvelles preuves de l'existence d'un programme nucléaire militaire secret mené par le gouvernement de Téhéran. Toutefois selon le journal israélien Haaretz (qui reprend les propos de CNN), l'armée américaine a souligné l'inquiétude ("concern") que cette menace lui inspire, notamment en ce qui concerne les risques de chaos dans la région, et les conséquences prévisibles pour la flotte militaire étatsunienne qui patrouille au large de l'Iran ainsi que pour leurs bases dans le Golfe arabopersique et en Irak.

 

Selon un sondage publié jeudi dernier l'opinion publique israélienne est divisée pratiquement à égalité entre partisans et opposants à une attaque contre les installations nucléaires iraniennes en activité (qui aurait des effets collatéraux dévastateurs pour es populations de la région et pour la paix au Proche-Orient). Quelque 41 % des personnes interrogées sont favorables à une attaque contre l'Iran, 39 % sont opposés et 20 % ne se prononcent pas. La menace israélienne, tout comme diverses fuites sur le test de missiles israéliens, ainsi que les opérations militaires occidentales en Sardaigne pourraient cependant, selon l'écrivain pacifiste israélien Uri Avreny, relever de la simple gesticulation.

 

Selon le journal français le Figaro du 13 octobre, la nouvelle montée de la tension aurait pour cause les échéances de 2012 : en Russie l'éventuel retour de Vladimir Poutine à la présidence, et en France la possible non-réélection de Nicolas Sarkozy (proche des néoconservateurs américains) pourrait affaiblir le camp belliciste en Occident, ce qui encourage celui-ci à plaider pour un changement de régime (regime change : c'est-à-dire son renversement par une opération militaire extérieure comme en Libye) dès maintenant en Iran.

 

En 2010 le programme d'enrichissement de l'uranium avait été ralenti par l'introduction d'un virus informatique américano-israélien Stuxnet dans les réseaux iraniens, ce que le président iranien avait reconnu à demi-mots il y a quelques mois. Mais les pressions, menaces et actions de sabotage contre le régime des mollahs ont très vite repris. Début décembre 2010, Shahid Beheshti, physicien de l'université de Téhéran était tué dans un attentat à la voiture piégée. Le chercheur Massoud Ali Mohammadi avait connu un sort similaire onze mois plus tôt. On apprenait ensuite en août dernier, que les Etats-Unis ont demandé en vain aux autorités pakistanaise la possibilié d'ouvrir un consulat au Balouchistan, région limitrophe de l'Iran où ils sont soupçonnés de mener des opérations de déstabilisation. Puis en octobre, l'attorney général américain Eric Holder dénonçait un soi-disant complot iranien contre l'ambassadeur d'Arabie saoudite aux Etats-Unis en mettant en cause un vendeur de voiture d'occasion du Texas d'origine iranienne qui aurait loué les services de mafieux mexicains - hypothèses que des sites de gauche américains comme Counterpunch jugent aussi peu crédible que la théorie du viol systématique de femmes par les troupes de Kadhafi utilisée par la propagande de guerre occidentale il y a quelques mois, mais qui n'avait pas empêché Washington le 11 octobre de lancer une "alerte mondiale contre le terrorisme" sur cette base. Le lobby néoconservateur et Mme Clinton au département d'Etat joueraient un rôle très important dans l'entretien de ce climat anti-iranien. Mme Clinton dans une interview le 26 octobre dernier dans une interview à la BBC a même appelé le mouvement "vert" iranien (réformateurs vaincus lors des dernières élections présidentielles dans ce pays) à solliciter ouvertement l'aide occidentale (une attitude d'ingérence que l'opposition iranienne a fermement condamnée).

 

La réalité du danger que représenterait un programme nucléaire militaire iranien fait pourtant l'objet de controverses. En janvier 2007, le résident français Jacques Chirac avait fait scandale en déclarant dans le Herald Tribune : «Où l’Iran enverrait-il cette bombe? Sur Israël? Elle n’aura pas fait 200 mètres dans l’atmosphère que Téhéran sera rasée». En outre beaucoup de voix s'élèvent pour que la question du désarmement  nucléaire de l'Iran soit traitée globalement avec celui d'Israël et de la flotte militaire étatsunienne qui patrouille dans la région.

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 18:28

Selon l'agence de presse chinoise Xinhua, aujourd'hui 13 octobre, des colons israéliens auraient agressé à coup de pierres et de bouteilles villes des petites élèves de l'école de filles de Kortoba à Hébron. L'Autorité palestiniene dénonce l'existece d'un plan israélien d'agitation en réplique à la demande de reconnaissance de l'Etat palestinien présentée par Mahmoud Abbas à l'Organisation des nations unies le 23 septembre dernier.

 

800px-palestinian_flag_svg.pngHier le Haut commissaire de Nations Unies pour les droits de l'homme (UNHCHR) a demandé au gouvernement israélien d'arrêter ses attaques contre les civils palestiniens en Cisjordanie. Il a cité quelques exemples récents de la connivence du régime de Tel Aviv avec des colons, tels que le meurtre d'un homme palestinien dans le village occupé de Qusra au sud de Naplouse le 23 septembre, les violences contre deux enfants palestiniens arrêtés par les troupes israéliennes le même jour, et la destruction de 200 oliviers dans le village le 6 octobre.

 

Au cours des dernières semaines, les territoires occupés ont subi une hausse de la violence israélienne, avec l'arrachage de centaines d'oliviers palestiniens, la destruction des récoltes, la profanation de mosquées et de cimetières.

 

Ce durcissement intervient alors que le gouvernement israélien a décidé de remettre en liberté plus d'un millier de militants du Hamas en Cisjordanie en échange de la libération du soldat Gilad Shalit. Selon divers analystes cet échange de prisonniers permettrait au premier ministre israélien d'affaiblir politiquement le Fatah en renforçant le Hamas dans les territoires occupés.

 

Le choix de la tension pourrait être une réplique au contexte international de plus en plus incertain pour Israël. Le régime syrien qui vient d'échapper à une condamnation internationale grâce au double véto de la Russie et de la Chine au Conseil de sécurité de l'ONU a organisé hier une manifestation de soutien à sa cause dans les rues de Damas, réunissant entre quelques dizaines de milliers et un million de personnes selon les sources derrière des slogans du genre « Amérique, dégage, la Syrie restera libre ! ». En Egypte les prochaines élections pourraient amener les Frères musulmans au pouvoir, avec le risque de rupture des accords de Camp David que cela peut impliquer, et la Turquie a ouvertement menacé Israël de lui opposer sa flotte de guerre le mois dernier (encore que les dernières prises de position de la Turquie contre Damas et pour l'installation d'un dispositif antimissile de l'OTAN, susceptible de protéger aussi Israël, sur son sol ait pu apparaître aux yeux de l'Iran notamment comme un signe de double langage...)

 

Au niveau des Nations-Unies, les tractations autour de la question de la reconnaissance de la Palestine se poursuivent.

 

La position de la France aura son importance puisqu'elle peut influencer, au Conseil de sécurité, des pays hésitants comme le Gabon et la Bosnie Herzégovine. Le président N. Sarkozy pour éviter aux Etats-Unis  d'opposer un véto unilatéral tente depuis plusieurs semaines de dégager un compromis en faveur de l'adoption d'un statut d'observateur pour la Palestine. L'Unesco, elle, a d'ores et déjà reconnu cet Etat.

 

Les partisans du gouvernement israélien continuent de mener la bataille politique aussi dans l'opinion publique française. Alors qu'un groupe de députés français a signé une pétition pour la reconnaissance de l'Etat palestinien, un autre groupe inspiré par le CRIF recommandait au contraire la "poursuite des négociations" en lieu et place de la reconnaissance (les internautes peuvent écrire aux députés signataires de ces pétitions pour leur dire ce qu'ils en pensent). Le Jerusalem Post en ligne publie une article dénonçant une "troisième Intifada" que la chaine publique de télévision française France 2 aurait lancée contre Israël du fait d'une "désinformation" sur la situation en Cisjordanie.  Le Syndicat national des journalistes, pour sa part, accuse l'ambassade d'Israël et le CRIF de faire obstacle à la liberté d'information de cette chaîne et lance une pétition sur ce thème.

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 17:08

Au Bahrein, pays alliés des Etats-Unis qui héberge sa flotte de guerre, la répression des chiites par la dynastie régnante se poursuit sans que l'ONU ne soit saisie ni que les grands médias s'en émeuvent..

 

Selon des condamnés chiites la princesse  Noora bint Ibrahim al-Khalif, cousine de la reine aurait directement participé à leur torture avec des bâtons et des tuyaux en caoutchouc. Ainsi le docteur Nada Dhaif, 36 ans, condamnée à  15 ans de prison la semaine dernière pour avoir soigné des manifestants blessés, a allégué que la princesse avait été impliquée dans son interrogatoire en mars. Dhaif a déclaré : « Elle m'a giflée, m'a battue et m'a traitée de truie chiite. Elle a enroulé un câble dans des mes oreilles et m'a donné des décharges électriques. » La presse anglo-saxonne livre d'autres témoignages allant dans ce sens.

 

Dans un communiqué Amnesty international précise que le 28 septembre dernier suivant une procédure expéditive la Cour d’appel pour la sûreté nationale de Manama, administrée par l’armée, a confirmé la condamnation intialement prononcée par le Tribunal de première instance pour la sûreté nationale de 21 personnes (dont le Dr Dhaif) parmi lesquelles sept sont condamnées à la prison à vie.

 

Le mouvement de contestation malgré la violence des mesures policières et extrapolicières (enlèvements, licenciements d'agents publics, destruction de lieux de culte) se poursuit. Le 23 septembre dernier des manifestants arborant le slogan "ready to die for Bahrain" ("prêt à mourir pour le Bahrein") qui cherchaient à rallier le rond-point du Conseil de la coopération du Golfe (appelée ainsi du fait de l'intervention militaire des pays membres de ce Conseil, autrefois son nom était le rond-point de la Perle) ont été arrêtés. Parmi les personnes appréhendées se trouvent 38 femmes et sept jeunes fille accusées de « rassemblement public illégal », d'émeute et d'agressions contre les forces de sécurité. Toujours selon Amnesty "aucun mandat d'arrêt ne leur a été présenté, il n'y avait pas d'avocat présent lorsqu'elles ont été interrogées et certaines d'entre elles auraient été torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements".

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:29

turkey flagAprès le refus d'Israël de présenter ses excuses et d'indemniser les familles des victimes turques suite au massacre de militants pacifistes de la flottille pour Gaza l'an dernier, le gouvernement turc a annoncé de nouvelles sanctions à l'encontre d'Israël, dont l'une consistera à renforcer la présence militaire turque dans l'Est de la Méditerranée, ont annoncé jeudi les médias turcs.Le 7 septembre dernier, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, avait annoncé la décision d'Ankara de geler toute coopération militaire avec Israël, de fermer l'espace aérien turc à l'armée israélienne et de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ), tandis que les liens diplomatiques étaient réduits au strict minimum.

 

La politique turque du parti AKP, parfois qualifiée de "néo-ottomane" en ce qu'elle cherche à regagner une influence sur les territoires de l'ancien empire ottoman, a rendu quelques services aux occidentaux ces derniers temps. Ankara a par exemple condamné la répression en Syrie et soutenu le Conseil national de transition en Libye contre le colonel Kadhafi,  ce qui devrait lui permettre aujourd'hui de jouer un rôle dans ce pays apparemment voué à connaître des troubles durables (résistance kadhafiste, et division au sein du CNT et entre les tribus).

 

Mais elle a aussi su prendre ses distances avec les Etats-Unis à plusieurs reprises depuis 2003 (où elle avait refusé de mettre à disposition ses bases pour l'invasion de l'Irak). En 2009 le président Recep Tayyip Erdogan s'était opposé à l'inculpation du président du Soudan par la Cour pénale internationale pour génocide. En ce qui concerne les relations turco-iraniennes les échanges commerciaux entre les deux pays ont été multipliés par dix en 9 ans dans les années 2000 et Ankara souhaite que la question du programme nucléaire iranienne soit traitée sur le même plan que celle de l'arme nucléaire israélienne, ce qui aux yeux de Washington affaiblit la position occidentale en faveur du désarmement iranien. Elle tient aussi un langage commun avec la Russie sur la question du dialogue avec le Hamas en Palestine.

 

Erdogan a annoncé hier qu'il se rendra en Egypte, en Libye et en Tunisie. En Israël des craintes s'expriment selon lequelles la Turquie pourrait influencer ces trois pays dans un sens défavorable à ses intérêts. Le ministre de la défense israélien Ehoud Barak s'est dit persuadé que la Turquie et Israël ne deviendront pas des ennemis et que cette crise n'était que passagère.

 

Ce durcissement intervient en tout cas à un moment où Israël est mis en difficulté par la perspective d'un vote de reconnaissance de l'Etat palestinien à l'Assemblée générale des Nations-Unies, une reconnaissance qui, note le quotidien  Haaretz, pourrait entraîner notamment l'inculpation des dirigeants isréaliens devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crime de guerre, du fait de l'occupation illégale de la Cisjordanie. Les membres du congrès pro-israéliens à Washington sont en tout cas sur le pied de guerre. La présidente de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants Ileana Ros-Lehtinen (une républicaine liée au lobby cubain d'extrême droite de Miami) a demandé au président Obama d'user de son droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU sur ce sujet et présenté un projet de loi prévoyant que les Etats-Unis couperont toute contribution financière aux organes des Nations unies, si l'Assemblée générale accordait (à la majorité requise de 129 voix) à la Palestine même un simple statut de "non-membre" comparable à celui du Vatican.

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 12:19

syrie.pngDans le prolongement du Printemps arabe de Tunisie, d'Egypte et du Yémen, la Syrie connaît depuis deux mois et demi une vague de contestation grandissante malgré la répression armée organisée par le régime de Bachar el-Assad.

 

Tout a commencé dans la ville de sunnite Deraa dans le sud du pays le 15 mars où quelques enfants d’une dizaine d’années qui avaient inscrit des slogans hostiles au gouvernement sur les murs de la ville ont été arrêtés. Des parents qui ont réclamé leur libération ont été arrêtés et humiliés. Le 18 mars une centaine de protestataires s'est assemblée et a incendié le palais de justice de la ville. La police a tiré sur la foule faisant un nombre indéterminé de  morts. Les manifestations et la répression se sont poursuivies, sans images fiables, la presse sur place étant interdite. Puis le mouvement s'est étendu.

 

Le 15 avril , jour de prière des militants des droits de l'homme ont signalé des manifestations à Damas, à Deir al-Zor (est), à Banias (ouest), à Lattaquié (nord-ouest), à Homs (ouest) et à Deraa.

 

Au lendemain de la promesse du président Bachar al Assad de lever l'état d'urgence, le 16 avril, des rassemblements appelant à la démocratisation du régime se sont poursuivis à Soueida. Le même jour à Alep, deuxième ville du pays située dans le nord-ouest, plusieurs centaines de personnes auraient scandé "Le peuple veut la liberté" sur la tombe du leader indépendantiste Ibrahim Hananou, selon un militant des droits de l'homme présent sur les lieux.

 

A Damas et dans d'autres villes des partisans du gouvernement eux manifestaient en soutien au régime le 17 avril en l'honneur de l'anniversaire de l'indépendance du pays.

 

Le 30 avril puis le 8 mai, l'armée syrienne entrait à Tafas dans le sud, la police étant apparemment débordée par l'insurrection. Elle menait aussi des opérations le 7 mai à Banias. L'agitation se poursuivait aussi à Homs, Hama et Qamishli.

 

A nouveau le vendredi 20 mai les forces de sécurité auraient tiré sur la foule à Homs (centre), à Maaret al-Naamane (nord-ouest), à Deraa, principal foyer de la contestation, à Daraya, et à Lattaquié. Dans la même semaine l'armée aurait bombardé Tall Kalakh à la frontière du Liban selon l'Agence Chine nouvelle.

 

Le 18 mai les Etats Unis et le lundi 23 mai les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'interdire de visa et de geler les avoirs du président syrien Bachar el-Assad, en raison de la répression du mouvement de contestation. Le 25 mai le Royaume Uni, la France, l'Allemagne et le Portugal  ont introduit un projet de résolution au conseil de sécurité de l'ONU pour condamner la violence, malgré le risque de véto de la Russie qui entretient une forte coopération militaire avec la Syrie.

 

Fin mars le président syrien a dénoncé l'existence d'un complot contre son régime.

 

La thèse d'une orchestration de la révolution syrienne par des puissances étrangères n'est pour l'instant pas vraiment étayée, mais les ingérences pour l'orienter et la récupérer ne sont pas absentes. Dès le jeudi 7 avril lors d'une soirée à l'United States Institute of Peace le président israélien Simon Péres avait appelé la "communauté internationale" à soutenir la "transition" politique en Syrie la décrivant comme la "meilleure chance" pour l'avenir de son pays.Deux semaines plus tôt Elliot Abrams, ancien conseiller de George W. Bush, dans le Washington Post appelait les Etats-Unis à faire de même.

 

Reste à faire la part de l'information et de la propagande dans ce domaine. 

 

Ainsi des rumeurs difficilement vérifiables existent sur la formation de bandes armées. Vers mi-avril, selon l'agence officielle Sana, les douanes syriennes auraient saisi des armes et des munitions cachées dans un camion en provenance d'Irak, au point de passage al-Tanaf, à la frontière syro-irakienne. Des armes qui devaient être introduites clandestinement en Syrie, auraient été également saisies aux frontières avec la Turquie et le Liban. Les médias syriens font état de snipers qui auraient dès le début entretenu le désordre à Déraa et à Banias malgré les efforts d'apaisement du gouvernement. Mais les informations sont difficiles à vérifier. Sur Internet circule le témoignage (diffusé dans certains milieux de gauche) d'une soi-disant religieuse "Mère Agnès-Mariam de la Croix" qui va dans ce sens, repris en boucle par divers sites anti-impérialistes. Elle fait notamment état du témoignage de personnes comme un certain "Alix Van Burren, reporter vétéran de la Repubblica" qui ne sont mentionnées nulle part ailleurs dans un autre contexte sur le Net, et déploie une argumentation politique si élaborée qu'il pourrait s'agir d'un faux - voir à ce sujet cet article. Le texte n'a d'ailleurs été repris sur aucun blog à l'étranger.

 

En revanche le rôle des Occidentaux dans la bataille de l'information est plus clair et mieux établi.

 

Le 20 mai un article de Vincent Jauvert dans le magazine français le « Nouvel Observateur » racontait comment l'animateur du principal site Internet d'opposition basé en Suède s'est rendu au Qatar à Doha pour discuter avec les patrons de la chaîne Al-Jazeera dans le cadre d'un voyage tenu secret.Selon cet article, ces dernières années, quelques dizaines de cybernautes ont suivi des stages de protection informatique à l’étranger pour déjouer les pièges des services de renseignements syriens. En Jordanie, par exemple, l’ONG irlandaise Frontline leur a expliqué comment effacer des données à distance, échanger secrètement des e-mails ou stocker des fichiers sensibles, notamment des vidéos.


Fin février, trois semaines avant la révolte de Déraa, le site Shaam News a ouvert aux Etats-Unis. Un certain nombre de ses membres auraient acheminé ces matériels clandestinement par les aéroports de province ou par les frontières de la Jordanie, du Liban et de la Turquie.

 

Selon le Washington Post ,qui se fonde sur des fuites de Wikileaks, la chaîne Barada TV, installée à Londres, qui a commencé à émettre en avril 2009 mais s’est étoffée pour couvrir la vague de protestations en Syrie est proche du Mouvement pour la justice et le développement, un réseau d’opposants syriens exilés. Le Département d’Etat américain a financé ce mouvement à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006.

 

L'historien italien Domenico Losurdo a récemment détaillé les techniques de manipulation des images qui auraient été déployées par ces agents occidentaux autour des manifestations.

 

En France, à l'initiative du publiciste idéologiquement proche des néo-conservateurs étatsuniens Bernard-Henri Lévy, un texte a été publié dans Le Monde du 25 mai 2011 sous le titre SOS Syrie, qui dénonce les crimes commis par le régime de Bachar al-Assad et appelle à la solidarité avec le peuple syrien dans sa lutte pour la liberté. Burhan Ghalioun, écrivain, professeur à la Sorbonne, Subhi Hadidi, écrivain et journaliste, et Farouk Mardam Bey, éditeur on dénoncé cette initiative comme "indécente" car provenante de personnes " comme Bernard-Henry Lévy, qui se sont toujours illustrées par leur hostilité aux revendications légitimes du peuple palestinien et par leur coupable complaisance pour la colonisation des territoires occupés, y compris le Golan syrien" et de gens "qui ont applaudi l'invasion américaine de l'Irak et qui ne se sont apparemment pas repentis en constatant ses tragiques conséquences". Ils reprochent à des élus socialistes comme MM. Rocard, Hollande et Delanoë d'avoir mêlé leur signature à ce lobby.

 

Ainsi, comme en Libye naguère, les tentatives d'instrumentalisation du mouvement populaire sont particulièrement actives autour de la Syrie en ce moment.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 16:53

usmarine.jpgTous les prétextes sont bons pour semer la terreur auprès de la majorité chiite au Bahrein en ce moment. Alors que l'élite issue de la minorité sunnite gère le pays sous le tutorat des Etats-Unis et a réprimé violemment avec l'aide des Saoudiens l'insurrection populaire de février dernier en l'accusant d'être manipulée par l'Iran, les députés de la faction sunnite salafiste Al-Asalah demandent au gouvernement d'inculper leurs collègues chiites du parti al-Wefaq pour haute trahison... Mais la trahison qu'ils reprochent à al-Wefaq  n'est pas liée à l'Iran. Ils accusent les députés de ce parti d'avoir rencontré des diplomates étatsuniens pendant la révolution. Ceci leur permet ainsi de stigmatiser les élus chiites à la fois comme pro-iraniens et pro-américains et demander l'interdiction de leur parti...

 

Les témoignages sur la brutalité de la répression de révolution du Bahrein sont de plus en plus circonstanciés.

 

Les atrocités commises dans les hôpitaux où l'on soignait les blessés, et les tortures infligées au corps médical de l'hôpital Salmanyia sont notamment une particularité que les médias occidentaux ont passé sous silence. Dans une dépêche d'une agence française, une médecin chiite raconte qu'elle a été interrogée par le police puis torturée : "Les yeux bandés et menottée, ce médecin qui a prétendu avoir toujours été apolitique, a dit avoir a été stupéfiée de recevoir une décharge électrique à la tête. Elle a été ensuite jetée sur le plancher, jambes vers le haut, et sévèrement battue sur les pieds avec ce qu'elle a senti être un câble électrique ou un tuyau." Sous la menace de viol elle a finalement accepté de signer une confession reconnaissant qu'elle a voulu le renversement du régime et a dû endurer une incarcération de 20 jours. D'autres médecins femmes ont enduré les mêmes humiliations. Les hommes arrêtés, eux, sont encore en prison sans qu'on puisse savoir quel traitement leur est réservé.

 

De nombreux élus et avocats chiites, et des responsables d'ONG ont été eux-aussi arrêtés et incarcérés dans des conditions très brutales. Le député Jawad Fairooz a vu trente hommes masqués armés de fusils mitrailleurs faire irruption chez lui dans la soirée du 2 mai et  il a été incarcéré. Mattar Ebrahim Mattar, autre député démissionnaire, a été enlevé et torturé. Même le député sunnite modéré du parti Waad Ebrahim Sharif a été arrêté.par un commando de quarante hommes masqués et violemment battu en prison. Tous étaient pourtant partisans de la monarchie constitutionnelle, à la différence du républicain Hassan Mushaima du parti Haq, rentré de son exil à Londres malgré son traitement contre le cancer, et qui lui aussi a été arrêté et incarcéré dans des conditions inhumaines.

 

L'éditorialiste du grand quotiden indépendant Alwasat Mansoor Al-Jamri et deux de ses collègues qui avaient appelé à des négociations entre le monarque et les manifestants ont été arrêtés eux aussi. Au total des centaines de personnes sont désormais derrière les barreaux (pour une population de moins de 700 000 habitants). Les étudiants ont dû signer un engagement à "ne pas organiser ou ne pas participer à tous événements et activités qui nuiraient à la réputation du Bahrain aux niveaux domestique et international ". Ceux qui refusent de signer sont exclus de l'université.

 

Les médias et les organisations de défense des droits de l'homme en Occident ne se sont guère mobilisés pour les victimes de la répression à Manama. A fortiori les gouvernements restent inertes. Le président américain Obama a critiqué verbalement la répression et notamment la destruction de plus d'une vingtaine de mosquées chiites en déclarant : " Les chrétiens coptes doivent avoir le droit de pratiquer leur religion librement au Caire, juste comme les Chiites ne doivent jamais avoir leurs mosquées détruites au Bahrein." Mais aucune sanction n'est envisagée. A Londres, le premier ministre James Cameron s'est même offert le luxe d'une poignée de main devant le 10 Downing Street le 20 mai avec le principal responsable de la répression, le cheikh Salman ben Hamad al-Khalifa en visite officielle. Sur le Bahrein la loi du silence reste de mise.

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 19:00

Tunisie : Le département d'Etat étatsunien annonce qu'il donnera 20 millions de dollars dans le cadre du programme "Middle East Partnership Initiative" créé par George W. Bush pour former et encadrer des ONG pro-occidentales en Tunisie. Cette aide représentera un tiers du budget total de ce programme destiné à 17 pays, et constitue le double dl'aide bilatérale versée cette année au gouvernement tunisien. L'Union européenne versera pour sa part 23 millions de dollars au titre du "renforcement de la démocratie" dans ce pays.

 

Egypte : Les Etats-Unis ont débloqué 150 millions de dollars d'aide à l'Egypte le mois dernier. Le 2 février le sénateur républicain Kirk de l'Illinois a dénoncé le Parti des frères musulmans comme une menace pour les intérêts nationaux des Etats-Unis et appelé à ce que Washington appuie les "partis nationalistes laïques". Dans un contexte où les fonds publics se font rares, un consensus existe pour maintenir l'aide de 3 milliards de dollars par an à Israël, mais des voix s'élèvent pour la diminuer aux pays arabes alliés. Concernant l'Egypte, la présidente républicaine de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants,Ileana Ros-Lehtinen (une américanocubaine ardemment anticastriste) a suggéré de couper toute aide à l'Egypte pour la prochaine année budgétaire si les Frères musulmans venaient à siéger au gouvernement. Le représentant démocrate proche de l'American Israel Public Affairs Committee Howard Berman continue lui de prôner un soutien financier aux partis égyptiens "modérés", et uen augmentation des crédits aux structures étatsuniennes comme le National Democratic Institute, l' International Republican Institute, le National Endowment for Democracy et le Bureau de la Démocratie, des droits de l'homme et du travail qui ont des programmes spécifiques sur l'Egypte.

 

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Le 19 mars les Egyptiens ont approuvé par référendum un changement limité de la constitution (approuvé par le parti national démocratique et les Frères musulmans mais critiqué par les autres formations, notamment des organisations de masse qui ont pris une part active dans l'occupation de la place Tahrir) qui facilite les candidatures indépendantes aux élections et diminue le rôle des juridictions d'exception sans remettre en cause les pouvoirs du président. Mme Clinton était au Caire le 16 mars. Beaucoup accusent Washington de vouloir mettre en place un système manichéen où le peuple n'aurait d'autre choix que de voter pour des mouvements issus du Parti de Moubarak pour éviter le "péril islamiste".

 

Libye : Les forces occidentales sous la direction de l'Africom étatsunien basé à Stuttgart sont passées à l'action contre l'armée du colonel Kadhafi (et contre des civils à Tripoli). Des avions de combat du Qatar et des Emirats arabes unis vont participer à la mie en place de la "zone d'exclusion aérienne", alors que ni l'Egypte ni la Tunisie ne participent à cette opération , ce qui, comme le note le contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad, est un signe que cette guerre est désormais entre les mains des forces les plus conservatrices. Le Conseil national intérimaire basé à Benghazi, et devenu gouvernement par interim libyen dirigé par Mahmoud Jibril, était en contact avec le MI6 britannique depuis le début du mois de mars. Jibril, ancien ministre de la planification de Kadhafi, était selon un cable diplomatique de 2009 déjà identifié depuis longtemps par Washington comme un interlocuteur utile et s'était déclaré très favorable à une ouverture rapide de l'économie libyenne aux intérêts étatsuniens. Initialement hostile à une ingérence militaire occidentale, cette structure désormais armée par la CIA s'est laissée convaincre d'appeler les Etats-Unis et leurs alliés à instaurer une zone d'exclusion aérienne dans leur pays.Quels que soient les objectifs des Occidentaux (renversement de Kadhafi ou partition de la Libye), le "gouvernement" de Benghazi semble éloigné de l'élan initial qui inspirait la révolution libyenne.

 

Bahrein : Le 4 mars, les monarchies du Conseil de coopération du Golfe ont donné leur accord pour l’activation du « Bouclier de la péninsule », une force d’intervention commune instaurée depuis longtemps pour contenir la possible expansion de la Révolution khomeiniste. Le soir même, 1 000 soldats saoudiens et 500 policiers émiratis sont entrés à Bahreïn. Le 22 mars une force maritime koweïtienne est arrivée à Bahreïn pour se joindre à cette force. Comme en Libye le bilan humain de la répression de l'élan révolutionnaire ne fait l'objet que de spéculations et n'a pas pu être vérifié par une commission indépendante. Le 17 mars, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay s'est indignée de  la prise de contrôle des hôpitaux par la police et de la répression violente qui y a été exercée. Les gouvernements occidentaux ont gardé un silence complice sur ce thème.

 

Yémen : Dans ce pays où l'opposition au président Ali Abdullah Saleh n'est pas unie, Washington appelle au dialogue (et non au départ du président qui est leur allié). Des dizaines de manifestants ont été tués à Sanaa le 18 mars dernier après avoir été délibérément visés à la tête. Le 11 mars le propos d'un opposant, Riadh Hussein al-Qadhi, accusant les services secrets saoudiens de contribuer à la répression à Sanaa a été repris par divers médias sur Internet, mais on ignore qui est cet opposant dont le nom ne figure par ailleurs dans aucun autre article relatif à la révolution yéménite. En tout cas ces derniers jours aussi bien la télévision saoudienne que le responsable de la commission des affaires étrangères de l'assemblée consultative à Riyad ont pris parti désormais pour le départ du président Saleh. Les monarchies du golfe qui depuis quelques semaines jouent un rôle de médiation au Yémen pourraient favoriser la mise en place d'un nouveau régime à la fois conforme aux attentes des tribus et favorable au maintien des intérêts occidentaux dans la zone.

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19 février 2011 6 19 /02 /février /2011 13:55

Alors que les mouvements populaires démocratiques se multiplient dans le monde musulman (mais sans toucher pour autant tous les pays), les grands médias français et occidentaux mettent surtout l'accent sur le cas de la Libye où la répression aurait fait plus d'une cinquantaine de morts (loin encore de 200 morts de la répression en Egypte).

 

La version électronique du Monde ce matin faisait sa "Une" sur ce pays et les 6 morts d'affrontements au  Yémen.


Il fallait cliquer pour apprendre plus loin ce qu'il se passait au Bahrein, à propos duquel le journal expliquait : "La journée de vendredi, consacrée aux obsèques de quatre chiites tués la veille dans un raid des forces  de sécurité, a tourné au bain de sang. L'armée a tiré sur un millier de  personnes qui voulaient reprendre un sit-in à Manama. Au moins 26 blessés ont  été hospitalisés, dont un "en état de mort clinique" selon un député  d'opposition."


Sur cette page le journal développait aussi des nouvelles sur l'agitationen Irak, à Djibouti, en Iran, au Koweit.

 

Le Figaro et Libération titraient aussi sur la Libye avec une mention plus modeste du Yémen et du Bahrein alors pourtant qu'Al Jazeera en anglais dès le début de la matinée citait un médecin de l'hôpital de Manama qui expliquait que les services étaient remplis de blessés et que l'armée de ce pays visait le manifestants à la tête. Les nouvelles du Bahrein n'ont fini par prendre place dans l'actualité française que lorsque le bilan de la répression de la nuit du 18 au 19 février a été diffusé par les agences.


La situation au Bahein est la mauvaise nouvelle qui vient compenser la bonne que serait pour les Occidentaux la chute du régime imprévisible du colonel Kadhafi. Cet émirat à majorité chiite mais dirigé par des sunnites est en effet une base importante de la 5ème flotte militaire des Etats-Unis d'Amérique. Ceux-ci ont appelé à la retenue dans le déploiement de la force, mais sont en réalité bien embarrassés par cette révolte. Car, si en Tunisie et en Egypte l'armée a pu préparer le chemin d'une transition politique, au Bahrein elle peut difficilement présenter la moindre option alternative puisqu'elle est dirigée par des officiers sunnites qui ne peuvent que perdre leur poste si la majorité chiite actuellement marginalisée venait à obtenir plus de droits. En outre une victoire des chiites au Bahrein pourrait encourager la minorité chiite d'Arabie Saoudite à faire valoir aussi ses droits.


L'impasse politique du Bahrein pourrait déboucher, selon une dépêche d'agence diffusée ce samedi sur une intervention militaire des Etat du Golfe persique. Les six ministres des affaires étrangères du Conseil de coopération du Golfe (qui couvre 45 % des réserves pétrolières mondiales) ont renouvelé leur soutien au régime de Manama.

 

Depuis 2008 le gouvernement du Bahrein attribue les revendications des chiites à une manipulation iranienne, mais celle-ci a été démentie notamment par les cables diplomatiques étatsuniens révélés par Wikileaks.

 

Malgré la brutalité de la répression de la nuit, les manifestants avaient repris la place Pearl à 13 h et les principaux syndicats ont appelé à une grève générale dimanche. La dynastie des Al Khalifa qui dirige le Bahrein peut-elle basculer ou Washington imposera-t-il un compromis politique qui préserve ses intérêts dans le Golfe ?

 

A l'heure où Obama vient d'opposer une fois de plus son véto au projet de vote par le conseil de sécurité d'une résolution qui condamne la colonisation des territoires palestiniens, au risque de mécontenter à nouveau ses alliés arabes, il lui faut absolument juguler toute source d'instabilité dans les monachies pétrolières.

 

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