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1 mars 2014 6 01 /03 /mars /2014 20:11

Après la destitution inconstitutionnelle du président légal Ianoukovitch (les deux conditions constitutionnelles - le quorum de trois quarts des députés prévu par la constitution de 1996 et la sasine de la cour suprême - n'ont pas été réunies), sous la menace de l'extrême droite qui visait les familles des députés (selon le député de Sébastopol Vadym Kolesnichenko), le 22 février, diverses mesures de mise en accusation du président déchu et de pression sur les régions de l'Est (comme l'abrogation de la loi sur la langue russe) ont été votées.

 

Les régions de l'Est ont été gagnées par la peur de l'impunité des bandes d'extrême droite, qui, après avoir poussé au coup d'Etat à Kiev, pouvaient intervenir dans le reste du pays. A Odessa dimanche 6 000 personnes manifestaient sous des slogans anti-fascistes, des milices russophones d'origine inconnue (téléguidées par Moscou selon Kiev, mais aucune preuve n'a été fournie) sont apparues en Crimée et ont sécurisé les aéroports. Alors que le président Obama mettait en garde Moscou contre une intervention, et que Ianoukovitch en exil blâmait la passivité de Poutine, la Douma russe a voté le droit pour le président d'envoyer des troupes dans l'Est de l'Ukraine, où la population manifeste en masse pour obtenir la protection de leur voisin oriental.Voir ici.

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 18:03

De violents affrontements entre protestataires et forces de l'ordre ont repris le 18 février à Kiev devant le siège du parlement ukrainien, la Rada, qui devrait examiner un projet de loi sur la réforme constitutionnelle et n'ont cessé de s'aggraver depuis lors.

 

Des groupes d'extrême droite armés (Svoda et Secteur droit) sont passés à l'attaque avec des armes à feu. 30 policiers ont été blessés par balles dont trois ont succombé à leurs blessures. Plus de 500 policiers ont déjà sollicité des soins médicaux (Ria Novosti). Le lendemain 20 civils à Kiev selon les manifestants, et 7 selon la police ont été tués selon Pravda.ru. Le Monde annonce plus d'une soixantaine de tués aujourd'hui. 70 soldats ont été enlevés par les radicaux.

 

Sergueï Markov, directeur de l'Institut russe d'études politiques de Moscou, s'en est pris à la sous-secrétaire d'Etat américaine Victoria Nuland et à la représentante de la politique étrangère de l'Union européenne la baronne Catherine Ashton, qu'il qualifie de "furies de la révolution ukrainienne" et accuse d'avoir poussé l'opposition ukrainienne à l'intransigeance.

 

Victoria Nuland avait défrayé la chronique début février à la suite de la publication d'une conversation téléphonique de fin janvier avec l'ambassadeur des Etats-Unis à Kiev dans laquelle elle définissait la composition du futur gouvernement ukrainien et préconisait d'exclure l'Union européenne des négociations en des termes peu diplomatiques ("Fuck the EU").

 

La chancelière allemande Angela Merkel a damndé aujourd'hui par téléphone au président ukrainien Viktor Ianoukovitch de plus en plus marginalisé d'accepter la médiation de Berlin et de l'Union européenne dans ses négociations avec l'opposition. Selon le département d'Etat américain, une vingtaine d'officiels ukrainiens ont été interdits d'entrée aux Etats-Unis en raison de leur implication présumée dans les violences à l'encontre des manifestants antigouvernementaux. Le chef de la diplomatie française Laurent Fabius a fait état de "sanctions probables" de l'Union européenne contre l'Ukraine.

 

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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 18:00

Depuis le 21 novembre, l'Ukraine connaît une vague de contestation populaire déclenchée par la décision du pouvoir de suspendre le processus d'association avec l'Union européenne. Le mouvement de protestation s'est radicalisé suite à l'adoption par le parlement d'une série de lois restreignant la liberté de manifester.

Les violences qui s'en sont suivies ont fait trois morts, selon les autorités ukrainiennes. Des opposants radicaux ont investi des bâtiments administratifs dans de nombreuses villes du pays, y compris à Kiev. Face à la pression populaire (notamment les manifestants de la place de l'Indépendance "Maidan", dans la capitale), le président Viktor Ianoukovitch joue la montre. Il a accepté le 28 janvier la démission du premier ministre Nikolaï Azarov et a chargé le vice-premier ministre Sergueï Arbouzov de diriger le gouvernement par intérim.

 

A l'Ouest du pays, en Galicie, le parti d'inspiration antisémite et nostalgique de la Waffen SS Svoboda a "déclaré la guerre" au gouvernement et ses partisans se sont emparés des administrations dans diverses villes dans la région mais aussi dans le centre du pays sans que les médias occidentaux ne daignent enquêter sur ce phénomène inquiétant (préférant se polariser sur les exactions de paramilitaires pro-gouvernementaux). Les cadres de Svoboda sont eux-mêmes débordés par des éléments comme Pravyi Sektor encore plus radicaux, tandis que l'Est du pays reste fidèle au Parti des régions au pouvoir.

 

L'ambassadeur américain à Kiev Geoffrey Pyatt, intervenant mercredi à la télévision ukrainienne a menacé le pays de sanctions. :"Si des scénarios musclés, tels que l'instauration d'un état d'urgence ou une tentative de nettoyer Maïdan par la force, se réalisaient, a-t-il déclaré, cela aurait des conséquences économiques très sérieuses et des sanctions de visas de notre part" (Ria Novosti).

 

L'ex-boxeur Vitali Klitschko (parfois présenté comme le favori de Bruxelles et de l'Allemagne où il aurait une carte de résident selon NTV) a appelé aussi à des sanctions de l'Union européenne (UE) contre le président Viktor Ianoukovitch, telles que des restrictions de visas. A Paris, les chantres habituels de l'ingérence (A. Glucksman, A. Finkelkraut, A. Besançon) appellent à l'admission de l'Ukraine dans l'Union européenne (Le Monde). Mais les représentants des intérêts économiques allemands recommandent la prudence par peur de la guerre civile. Rainer Lindner, directeur général président du Forum germano-ukrainien met en garde contre une stratégie de confrontation. L'économie allemande a réalisé des niveaux records d'exportation vers l'Ukraine l'an dernier.

 

A Kiev les discussions ont échoué au parlement pour revenir à la constitution de 2004, moins présidentialiste, ce qui aurait pu constituer un compromis. Le parti des régions au pouvoir, mais aussi certains extrémistes de l'opposition comme les partisans de  l'ex-première ministre Ioulia Timochenko, y sont hostiles.

 

Des spéculations continuent de courir sans preuve décisive sur le fait que le mouvement pro-européen ukrainien pourrait correspondre au schéma d'une nouvelle révolution colorée (la phase 2 de la révolution orange). Le 9 décembre dernier, Oleg Tsarev, jeune député du Parti des régions originaire de la région de Dniepropetrovsk, y voyait le résultat possible d'une coalition d'intérêts entre les oligarques et les Etats-Unis. Il rappelait que les médias tenus par les oligarques (qui selon lui seraient 7 ou 8 à contrôler 40 % du PIB) assuraient une couverture des événements favorable aux manifestants et que les oligarques ont intérêt à la libéralisation de l'économie et des structures politiques du pays.

 

 

 

 

 

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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 12:38

ukraine.pngDevant 200 000 manifestants anti-gouvernement (chiffres occidentaux) le sénateur étatsunien belliciste John McCain a déclaré hier 15 décembre "Le monde libre est avec vous, l'Amérique est avec vous, je suis avec vous ... l'Ukraine améliorera l'Europe et l'Europe améliorera l'Ukraine." (Agences). McCain et le président de la sous-commission Europe du Sénat américain Chris Murphy ont rencontré divers représentants de l'opposition comme l'ex-champion de boxe Vitaly Klitchko, l'ex-ministre de l'économie Arseny Yatsenyouk et le nationaliste d'extrême droite Oleh Tyahnybog. Tyahnybog jusque là était surtout connu pour ses prises de position antisémites (cf Israel Hayom).

 

Le gouvernement des Etats-Unis suit aussi la pente de l'ingérence "Je ne vais pas entrer dans les détails (mais) nous envisageons certaines options politiques --bien évidemment aucune décision n'a été prise-- et les sanctions en font partie", a déclaré mercredi la porte-parole de la diplomatie américaine Jennifer Psaki. Le même jour également, le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a mis en garde son homologue ukrainien Pavlo Lebedev contre tout envoi de soldats contre les opposants: "Il a souligné les dégâts que pourraient causer toute intervention de l'armée pour réprimer les manifestations" (Agences).

 

Après plus de trois semaines de manifestations, les députés du parti gouvernemental, le Parti des régions, ont demandé aujourd'hui au premier ministre, Mykola Azarov, de remanier profondément le gouvernement. Russia Today elle évalue le nombre de manifestants pro-Europe à Kiev à seulement 20 000 et celui des anti-Europe à Mariinsky Park à 15 000.

 

 

 

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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 17:30

Le président ukrainien Viktor Ianoukovitch a défini cinq conditions, pour que son pays signe l'accord d'association avec l'Union européenne auquel il était censé adhérer au sommet de Vilnius le 28 novembre.

 

Il s’agit notamment de la restauration de la coopération avec le Fonds monétaire international (FMI), la révision des relations commerciales Ukraine-UE, la participation de l’Europe dans la modernisation du système de transport du gaz et la levée de contradictions dans la coopération économique de l’Ukraine avec la Russie et les pays de l’Union douanière (Pravda).

 

Le principal argument de Kiev contre l'accord commercial, c'est qu'il coûterait trop cher.Une des raisons pour lesquelles l'intégration de l'Ukraine avec l'UE coûterait tant est qu'elle empêcherait l'accès aux marchés traditionnels russes. L'Union européenne n'est pas en mesure de financer le manque à gagner.

 

Le président de la douma russe Sergeï Narychkine a dénoncé les ingérences européistes pour forcer le président ukrainien à assouplir sa position. CNN, Euronews, et la plupart des médias occidentaux ont accordé une large couverture aux manifestation des organisations pro-occidentales (telles que Freedom House Ukraine, financée par USAID) contre la position de Viktor Ianoukovitch.

 

FD

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 21:14

"Ce n'est un secret que les puissances occidentales (...) sont pressées de sortir" du Kosovo, écrivait le 29 juillet dernier Gerard Galucci, ancien diplomate américain et ex-représentant régional de l'ONU à Kosovska-Mitrovica, au Kosovo de juillet 2005 à octobre 2008 dans un plaidoyer pour que l'ONU prenne la relève des institutions occidentales (et notamment d'Eulex) au nord du Kosovo. Avant hier, jeudi 15 août dans les pages du quotidien de Pristina Tribuna le ministre des affaires étrangères du gouvernement autoproclamé (reconnu par plus de cent Etats désormais) du Kosovo Enver Hodzaj a au contraire exigé le départ de la mission civile (UNMIK) du Kosovo (ce que Belgrade juge inacceptable).

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2 août 2013 5 02 /08 /août /2013 12:08

La Russie a accordé l'asile à Edward Snowden. En représaille, le sénateur républicain Mc Cain a proposé l'extension de l'OTAN à la Géorgie.

 

Tandis que le gouvernement syrien reconquiert Homs, l'homme de la CIA, le prince Bandar ben Sultan responsable des services secrets saoudiens a rencontré le président Vladimir Poutine à Novo-Ogarevo mercredi (pour négocier un deal abandon du gouvernement d'Assad contre contrats commercuaux). Face-à-face entre deux pays qui marquent des points au Proche-Orient : la Russie (avec le renforcement d'Assad) et l'Arabie Saoudite (avec le coup d'Etat égyptien).

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29 juillet 2013 1 29 /07 /juillet /2013 10:15

Sur Mediapart, Albena Dimitrova, économiste et essayiste présente la situation du mouvement social bulgare.

 

"Après plus de 40 jours consécutifs de protestations, exposet-elle, Sofia et d’autres villes de Bulgarie voient leurs rues toujours investies de citoyens excédés par la corruption et les lacunes de la représentativité parlementaire. Les Indignés bulgares sont aujourd’hui les Inaudibles d’un pays et de toute l’Europe. Leurs revendications de changement de la Constitution, du Code électoral et plus largement, d’une refondation des règles démocratiques, émergent dans un contexte de crise politique profonde. En février dernier, suite à une hausse brutale des prix de l’électricité, une première vague de mécontentement populaire avait provoqué, à quelques semaines de la fin de son mandat, la démission du premier ministre bulgare, Boiko Borissov, leader du parti de centre-droit Gerb " La nouvelle majorité de gauche issue d'élections anticipées a suscité à son tour la colère du pays en nommant un oligarque, Delyan Peevski, à la tête de l’Agence d’État pour la sécurité nationale (les services des renseignements) en charge de la lutte contre la corruption. Le gouvernement a fait marche arrière, mais la mobilisation populaire a continué de prendre de l'ampleur.

 

Entre 2 et 3 000 personnes ont encerclé le Parlement bulgare, le 23 juillet, empêchant des députés et ministres de sortir pendant plusieurs heures. Toni Nikolov dans Kultura explique que comme en Turquie et en Egypte,  en Bulgarie "une nouvelle démocratie issue des réseaux sociaux peut briser le statu quo des réseaux clientélistes, chers au Parti socialiste et à ses partenaires". La police a essayé dans la soirée d'évacuer les personnes bloquées avec un autobus qui roulait dans la foule blessant des manifestants, mais le véhicule a été pris d'assaut et des vitres ont été brisées. Deux tiers des Bulgares se déclarent favorables aux manifestations selon un sondage.

 

En visite en Bulgarie mardi, la commissaire européenne pour la justice Viviane Reding selon une dépêche d'agence a déclaré via Twitter être favorable aux revendications populaires, un message très teinté d'ingérence impériale dont le sens était visiblement de dédouaner l'Union européenne de toute responsabilité dans la situation économique difficile de la Bulgarie. Devant 400 personnes réunies au Club militaire de Sofia, après l'exposé introductif du président de la République Rosen Plevneliev, elle a expliqué que l'argent versé par l'Union européenne était largement détourné par la corruption, et a appelé au renforcement de l'indépendance de la justice et des médias.

 

FD

 

 

 

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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 12:13

A l'occasion de manoeuvres militaires russes à 40 km de l'espace aérien de la Suède fin avril, la presse de Stockholm entretient la peur à l'égard de Moscou :

 

stbasile_spasskayatower_red_square_moscow.hires.jpg"Will there be war?" ("Kommer det bli krig?") was the question posed in the 22 April report by the one of country's most respected papers, Svenska Dagbladet (SvD), its article (internet edition), 'Ryskt flyg övade anfall mot Sverige' ('Russian planes practice attack against Sweden'), 'revealing' some alleged particulars of a Russian Air Force practice mission that had "so far been kept secret".  Every major Swedish media outlet was soon discussing the story." (Pravda)

 

Le journaliste Göran Greider voit les choses autrement :

 

Göran Greider, vividly explained his perception of "The need for fear of the Russians" ("Behovet av rysskräck").   He observed that fear of 'the Russians' was useful for pushing Sweden further towards Nato membership, not to mention helping defense spending.  And so, not everyone here is being entertained by the ongoing show, a Riksdag (Swedish Parliament) source telling this journalist that the 'scare' was needed to justify 43 Billion Kroner in defense spending, plus aiding additions to that.  

 

Il faut justifier l'intégration dans l'OTAN et la progression du budget militaire : 657 dollars par habitant (autant qu'en Grèce, et sept fois plus qu'en Iran, et même plus que la moyenne de l'Union européenne). La question de l'augmentation de ce budget divise la classe politique. Le thème du "péril russe" sert le complexe militaro-indutriel de la Suède et de l'OTAN pour maintenir le niveau de la commande publique.

 

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 15:02

0023.jpgLe vendredi 16 mars comme tous les ans à Riga, des vétérans de la Légion lettone de la Waffen SS et leurs sympathisants ont déposé des fleurs devant le Monument à la Liberté Ils étaient 1500 selon une agence occidentale

 

La Commission européenne avait pourtant condamné cette manifestation comme incompatible avec les valeurs de l'Union.

 

Les manifestations de vétérans SS jouissent d'une assise institutionnelle forte en Lettonie. Au printemps 2010 une cour administrative avait annulé un arrêté de la mairie de Riga interdisant cette marche, et le président du parlement avait lui-même pris position contre cet arrêté. Le ministre des affaires étrangères lui aussi s'est exprimé pour que cette manifestation puisse continuer.Selon l'ONG "Monde sans nazisme", les responsables politiques lettons cette année n'ont fait aucun effort pour se désolidariser de cette marche, le président letton Valdis Dombrovskis estimant même que le monde devrait "courber la tête" devant ces "libérateurs" de la Lettonie (où 90 % des Juifs ont été exterminés sous l'occupation allemande...).

 

Beaucoup d'anti-SS dans les pays baltes estiment aujourd'hui que leur position est affaiblie par le refus constant des Occidentaux de voter les résolutions de l'Assemblée générale des Etats-Unis condamnant la nostaligie du nazisme. Le 23 décembre 2010 129 pays à l'ONU ont voté une résolution russe condamnant la glorification du nazisme. Les Etats-Unis ont voté contre. L'année suivante, le 19 décembre 2011, une résolution A/66/460 sur “Le caractère inadmissibie de certaines pratiques qui contribuent à nourrir des formes conteporaines de racisme, de discriminations raciales, la xénophobie et les intolérances du même type”  qui exprimait notamment " une inquiétude profonde devant la glorification du mouvement nazi et d'anciens membres de la Waffen SS" a été votée par 134 pays aussi différents qu'Israël, la Syre, l'Iran, la Biélorussie,l'Inde,la Corée du Nord ou le Venezuela. 24 pays ont voté contre, dont les Etats-Unis et les pays européens. Le représentant des Etats-Unis a souligné que la résolution ne distinguait pas assez nettement ce qui devait relever du délit et ce qui procédait de la liberté d'expression.

 

En outre, les diplomates occidentaux ont parfois d'étranges positions sur le sujet, comme le montre un courrier de l'ambassadeur britannique à Riga daté du 1er mars dernier et publié ici. En réponse à une lettre de Monica Lowenberg qui a réuni 6 000 signatures dans le monde contre la marche des SS du 16 mars, celui-ci estime que la pétition reproduit "la vieille propagande soviétique réchauffée sur la 'Lettonie fasciste' " et  souligne que, selon lui, les SS lettons n'ont jamais commis de crimes de guerre et n'ont pas été réellement partisans de l'idéologie nazie (dont les symboles sont selon lui absents des commémorations du 16 mars).

 

La Russie quant à elle reste en pointe sur le dossier du révisionnisme balte. Le ministre des affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré aujourd'hui "honteux" le vote des Occidentaux à l'ONU et rappelé que ceux-ci doivent appliquer la jurisprudence de Nüremberg. La banalisation du nazisme en Lettonie entre en résonnance avec la politique d'exclusion des citoyens de langue russe. 16 % des habitants de la Lettonie souvent de condition très modeste et très liés au souvenir de l'URSS sont aujourd'hui apatrides du fait qu'ils sont d'origine russe. Le pays, par référendum a refusé le 18 février dernier d'ériger le russe en langue officielle aux côtés du letton, alors qu'un quart des électeurs soutenait cette proposition (en plus des 16 % privés du droit de vote). De même le 1er mars le Parlement letton a refusé de reconnaître le Noël orthodoxe comme jour férié, ce qui signifie par exemple qu'à Riga où la moitié de la population environ est de culture orthodoxe (russes, ukrainiens, biélorusses) celle-ci doit prendre un congé le 7 janvier pour célébrer son noël.

 

Sur le dossier de la minorité russe l'Union européenne demeure aussi hésitante que sur les manifestations d'anciens SS. Ainsi les efforts de l'eurodéputée Tatiana Jdanoka de l'Alliance libre européenne (qui inclut les Verts français) pour que le russe soit reconnu comme langue de l'Union au même titre que le gaélique par exemple (puisqu'il y aurait plus de locuteurs russes dans les Pays baltes que de locuteurs en gaélique en Irlande) n'ont pour l'heure toujours pas abouti et la Commission s'est excusée auprès des autorités lettones pour avoir publié par erreur un texte dans la langue de Tolstoï le 10 mars dernier.

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