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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 12:53

drapnigeria.gifLe Nigeria, l’un des plus importants producteurs de pétrole en Afrique a annoncé lundi dernier avoir rajouté le yuan chinois à ses monnaies de réserves à côté du dollar américain, l’euro, ou la livre sterling pour près d'un dixième de ses réserves de change. Les commentateurs y voient un effet de la baisse historique de la note du crédit américain.

 

flag-china.pngLa Banque du Peuple (banque centrale) de Chine a déjà signé des accords de change pour libeller les échanges commerciaux en yuan avec divers pays, dont le Brésil, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, le Belarus, l'Argentine et l'Islande. Et lors d'une réunion d'avril 2011, les dirigeants du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont accepté d'encourager l'utilisation de leurs propres devises dans les règlements commerciaux entre ces pays.La Chine par ailleurs envisage de développer à l'étranger des marchés en yuan à l'étranger pour permettre aux entreprises d'échanger leurs devises contre cette monnaie.

 

Pour autant la question de savoir si le yuan peut devenir une monnaie internationale de réserve fait débat en Chine et ailleurs. Pour des raisons historiques, le yuan n'était toujours pas convertible jusqu'à très récemment pour les investissements ou les comptes de capitaux (mais al Chine vient d'annoncer sa "pleine convertibilité" pour 2015), par ailleurs la monnaie est maintenue à des parités fixes et les valeurs et les marchés financiers de la Chine ne sont pas suffisamment importants ni assez sophistiqués pour faire face à ce rôle du yuan. Il ne pourrait devenir une monnaie de réserve que si la Chine acceptait de faire du déficit commercial, ce qui n'est pas le cas pour l'heure (cf Le  Quotidien du peuple).

 

Jusqu'à récemment au niveau mondial le dollar représentait près des deux tiers des réserves de devises mondiales ( 62% des réserves en taux de change en 2009) et l'euro un gros quart (27% en 2009). Vers 2016 la Chine (avec son taux de croissance à deux chiffres) pourrait devenir la première puissance économique mondiale avec un PIB qui dépasserait celui des Etats-Unis.Les Etats-Unis affichaient, début mai, des réserves monétaires pour un montant de seulement 143 milliards de dollars et la Chine pour 3 047 milliards. Selon  Moneyweek.fr, "le seul poste où les Etats-Unis devancent encore la Chine est celui des stocks d’or officiellement détenus par les banques centrales soit, pour les Etats-Unis 8 133 tonnes, et pour la Chine 1 054 tonnes (qui devrait être « normalement » pour ce pays plutôt d’environ 10 000 tonnes)". Alors que la dévaluation progressive du dollar altère sérieusement la valeur des obligations détenues par les créditeurs. C'est donc le système financier mondial qui pourrait trouver un intérêt au remplacement au moins partiel du dollar par le yuan.

 

Le vice-premier ministre et ministre russe des Finances Alexeï Koudrine en mai 2010 pronostiquait que la monnaie chinoise serait une monnaie de réserve internationale dans dix ans. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick,  avait fait une prévision assez voisine en novembre 2009. Si elle se vérifie, le coût pour les Occidentaux pourrait accentuer encore leur déclin économique. Selon l'économiste newyorkais ancien conseiller de Bill Clinton, Nouriel Roubini, elle se traduira par un renchérissement du coût des emprunts pour les Etats-Unis et du coût des matières premières importées,  ce qui pouvait se répercuter lourdement sur la consommation et la croissance. Il en concluait en 2009  dans le New York Times qu'il était temps pour Washington de "changer [ses] priorités", d’investir dans une infrastructure "en ruine, dans les énergies alternatives et renouvelables et le capital humain productif - plutôt que dans des logements inutiles et des inventions financières toxiques".  Une sorte de course contre la montre semble engagée aux Etats-Unis pour sauvegarder leur hégémonie monétaire.

 

FD

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:48

Copie-de-gas-20pipeline.jpgLe leader de la Corée du Nord ne se déplace jamais à l'étranger, sauf en Chine régulièrement et en Russie tous les dix ans. Son déplacement en Sibérie au début de cette demaine a donc suscité de nombreuses interrogations.

 

Depuis les agressions occidentales contre la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak, la Côte d'Ivoire et la Libye, la Corée du Nord sait désormais que l'arme nucléaire est sa seule garantie de sécurité. Obtenir qu'elle y renonce par des voies diplomatiques semble donc improbable.

 

Pourtant les incidents avec une Corée du Sud (elle aussi de plus en plus belliqueuse) se multiplient, comme on l'a vu avec l'affaire de la frégate Cheonan et le bombardement de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong.

 

Comme le souligne Fedor Loukianov dans  Ria Novosti, la Russie aujourd'hui opte pour un nouveau moyen de réintégrer la Corée du Nord dans le concert des nations : la construction d’un gazoduc reliant la Sibérie et le Sud de la péninsule de Corée. Cela changerait le statut de Pyongyang. qui se retrouverait dans la position adoptée par l’Ukraine à l’égard de la Russie, et par la Géorgie à l’égard de l’Azerbaïdjan, tout en profitant non seulement du gaz, mais également des revenus pour le transit. Le 4 juillet une délégation de Gazprom a rencontré le ministre nord-coréen des hydrocarbures à Pyongyang. La Corée du Nord qui connaît un problème chronique d'approvisionnement énergétique a lancé par ailleurs une coopération avec la Chine sur les énergies renouvelables, notamment la géothermie.

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 14:57

Les États-Unis augmenteront leur participation militaire et leur engagement en Asie, particulièrement en Asie du Sud-Est, malgré les restrictions budgétaires, a annoncé le secrétaire à la défense Robert Gates le vendredi 28 mai, lors d'une conférence annuelle (II SS Shangri-La Security Dialogue) devant les hauts responsables militaires du Pentagone.

 

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Il a évoqué parmi les mesures prioritaires des mois à venir l'augmentation de la présence navale des États-Unis en Australie, le déploiement de navires de guerre à Singapour, y compris le nouveau bateau de combat littoral, et l'accélération du concept d'Air-Sea battle (une meilleure intégration de la Marine et de l'armée de l'air afin notamment de répliquer aux efforts de la Chine pour se donner les moyens de détruire les porte-avions étatsuniens qui patrouillent au large de ses côtes).

 

« Pris ensemble, tous ces développements démontrent l'engagement des Etats-Unis à soutenir une présence militaire robuste en Asie - une présence qui garantit la stabilité en soutenant et en rassurant des alliés tout en décourageant, et au besoin en mettant en déroute, les adversaires potentiels, » a déclaré Robert Gates. Son discours officiel toutefois s'abstient d'inclure explicitement la Chine parmi ces "adversaires potentiels", contrairement à ce qu'il avait fait lors de la précédente conférence en 2010.

 

Gates a cependant reconnu que la guerre en Irak et en Afghanistan avait affaibli l'appareil de guerre étatsunien et que la demande de Barack Obama de réduire de 400 milliards de dollars les dépenses militaires étatsuniennes dans les douze ans qui viennent compliquent les objectifs de renforcement des moyens offensifs des Etats-Unis en Asie.

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 15:39

Après Israël, l'Ouganda, la Colombie et la Géorgie, la Corée du Sud aurait-elle intégré le club des alliés des Etats-Unis les plus bellicistes du moment ?

 

Le journaliste étatsunien Mathiew Reiss le laisse entendre dans un article publié dans Le Monde diplomatique d'octobre 2010 intitulé "Séoul se voit en shérif régional".

  missile.jpg

Déjà de 1999 à 2006 les dépenses militaires de la Corée du Sud ont augmenté de 70 %. Et ce n'est pas fini. L'arrivée au pouvoir du président Lee Myung-bak en 2008 a marqué un revirement dans la politique extérieure de ce pays. A  peine élu il dénonçait les engagements bilatéraux passés avec la Corée du Nord, et abrogeait la réforme de libéralisation des médias initiée par son prédécesseur. L'incident du naufrage de la corvette Cheonan cet été, aux causes pourtant opaques, n'a fait que légitimer à ses yeux son discours belliciste.

 

La petite île sud-coréenne de Jeju au sud de la péninsule coréenne, qui est actuellement un modèle pour l'écotourisme, pourrait prochainement devenir une base militaire de premier plan, pour le plus grand profit du conglomérat militaro-industriel formé par Hyundai et Lockheed, et malgré l'opposition de la population locale (comme aux Antilles néerlandaises, le point de vue des insulaires ne compte pas).

 

A l'heure où le Japon, sous la houlette du Parti démocratique du Japon (PDJ), se fait plus modéré (il a même tenté d'expulser la base étatsunienne d'Okinawa), Jeju pourrait jouer un rôle crucial dans l'encerclement "en croissant" de la Chine, et la neutralisation de sa dissuasion nucléaire par des missiles anti-ballistiques étatsuniens. Autrement dit, grâce au dispositif d'encerclement mis en place par les Etats-Unis et dont l'île coréenne de Jeju serait un maillon important, la force nucléaire de dissuasion chinoise serait rendue inopérationnelle et les Etats-Unis pourraient s'offrir le luxe d'une première frappe nucléaire sans en subir de conséquences dommageables. 

 

Les 11 et 12 novembre prochain le G20 se réunira à Séoul. Amnesty international a déjà dénoncé les restrictions au pluralisme en Corée du Sud et les méthodes de répression musclées du gouvernement de ce pays. Les militants altermondialistes n'auront qu'à bien se tenir...

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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 13:19

A la "Une" du Quotidien du Peuple (organe du comité central du PC chinois) aujourd'hui "Est-ce que les Etats-Unis cherchent des noises dans la mer de Chine méridionale ou est-ce qu'ils veulent maintenir le paix ?"

 

great_seal_of_the_us.pngL'article fait suite aux déclarations de l'amiral Robert F. Willard le 18 août selon lesquelles les Etats-Unis se maintidendront militairement pour longtemps dans la mer de Chine méridionale pour "s'opposer à l'usage de la force" dans le cadre du litige opposant la Chine, le Vietnam, Taiwan, les Philippines, la Malaisie et Brunei sur  l'achipel des Spartleys (dont chacun occupe une partie). Il accuse Willard d'exagérer la nature des tensions dans cette région et rappelle que la Chine aux côtés de l'ASEAN (Association des nations de l'Asie du Sud-Est) s'est engagé avec tous les pays d'Asie du Sud-Est à rechercher des issues pacifiques aux litiges territoriaux.

 

flag-china.png

Il s'avère en effet que l'ASEAN et la Chine ont défini en 2002 un code de bonne conduite pour la résolution du litige territorial des Spartly et des négociations sont en cours pour le rendre plus contraignant. Dans ce contexte, les déclarations successives de Robert Gates, Hillary Cinton et de l'amiral Willard sur l' "intérêt national" des Etats-Unis à garantir par leur présence militaire dans cette zone le règlement pacifique des contentieux ne peut apparaître que comme une ingérence assez brutale.

 

Derrière ces gesticulations se cache en fait un nouvel épisode de la guerre du pétrole entre la Chine et les Etats-Unis.

 

Bien que l'archipel des Spratleys ne représente que quelques centaines d'îlots, ils sont censés reposer sur de grandes réservations de pétrole et de gaz naturel, et ils contrôlent des voies de la navigation de la région et des fonds de pêche principaux. La flambée des prix du pétrole n’a pas facilité les choses. La Chine qui souffre d’une pénurie d’énergie qui l’a conduite à des coupures d’électricité s’intéresse aux réserves d’hydrocarbures de l’archipel. En juillet 2004, les Philippines ont protesté contre les actions exploratoires de PétroChina trop près des îles contestées.

 

Le mois précédent, Taiwan avait demandé une clarification des frontières autour de l’archipel. Taipeh entretient des bases sur les îles de Dongsha et de Nansha proches de l’archipel litigieux et a construit un poste d'observation sur un récif au large de la plus grande île de l'archipel. Les Vietnamiens, eux, ont construit le petit aéroport sur Truong Sa Lon sur une autre île. Les sources vietnamiennes prétendent que les 600m de la piste sont seulement conçus pour accueilir des vols de touristes. Les Américains et les Philippins ont de leur côté organisé des manoeuvres militaires dans la province occidentale de Palawan pas loin des Spratleys au début de l'année.

 

Selon les experts américains une guerre en mer de Chine méridionale serait désastreuse pour le commerce international, 50 % du tonnage marchand et 30 des cargaisons de pétrole brut passent par les Spratleys.

 

La nouvelle source de tension en mer de Chine méridionale fait suite à un autre bras de fer, qui a eu lieu en juillet en Mer Jaune, plus au nord. Après que la Corée du Nord ait été accusée d'avoir coulé un navire militaire sud-coréen, le Cheonan, en mai dernier (en fait un navire qui pourrait bien avoir été plutôt coulé par une mine flottante américaine), les Etats-Unis ont organisé dans la Mer jaune des exercices militaires conjoints avec la Corée du Sud en vue d'impressionner Pyongyang. La Chine s'est opposée vivement à la participation du porte-avion à propulsion nucléaire le George Washington, néanmoins les Etats-Unis ont maintenu leur décision et le porte-avion continuera de participer à des manoeuvres conjointes avec la Corée du Sud dans les mois qui viennent, comme il l'a fait en octobre 2009. Notons d'ailleurs que la Corée du Sud depuis qu'elle a élu un président belliciste en 2008 ne cache plus ses intentions d'envahir la Corée du Nord (même si certains supporters de Washington préfèreraient que la Chine se charge elle-même du "sale boulot"). 

 

Ces tensions n'ont cependant pas empêché la Chine d'envoyer une flottille à Vladivostok pour participer à des manoeuvres navales le 22 août avec Russes, Américains et Japonais dans le cadre d'opérations de lutte contre le trafic de drogue dans le Pacifique nord.

 

Le Pacifique est depuis 10 ans le lieu d'une course aux armements généralisée et une des zones les plus dangereuses pour la paix mondiale.

 

F. Delorca

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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 15:45
Une réunion de trois heures du Conseil de sécurité de Nations Unies hier n'a débouché sur aucune nouvelle résolution contre la Corée du Nord. Les Etats-Unis en particulier avaient plaidé pour une réponse dure suite au lancement manqué d'un satellite de télécommunications par ce pays. La Russie et la Chine, comme c'est souvent le cas dans les conflits, ont tenté de modérer l'ardeur belliqueuse des Etats-Unis et poussé les protagonistes de part et d'autre à "faire preuve de retenue". Dans les discussions à huis-clos les Etats-Unis et le Japon exigeaient la fermeté, mais leur projet de résolution a été largement sabordé par le Vietnam et la Libye.La Russie et la Chine ont obtenu qu'une étude supplémentaire soit menée pour savoir si le lancement correspondait à un satellite ou un missile.

L'ardeur belliqueuse des citoyens étatsuniens semble chauffée à blanc puisque 57 % d'entre eux sont favorables à une attaque militaire de la Corée du Nord (malgré la présence de puissances nucléaires comme la Russie et la Chine à proximité). A Prague M. Obama, le 5 avril, dans un discours qui visait la Corée du Nord et l'Iran (et défendait le bouclier anti-missile qui neutralisera la défense des Russes), avait eu le culot d'affirmer que le fait que les USA aient été les premiers à utiliser l'arme nucléaire à Hiroshima et Nagazaki leur donnait le devoir moral d'empêcher d'autres pays de se défendre en se dotant ce type d'arme ("Les Etats-Unis, en tant que seule puissance nucléaire à avoir jamais utilisé une arme nucléaire, ont la responsabilité morale d'agir"). L'ancien président républicain de la chambre des représentants Newt Green a suggéré sur Fox News de neutraliser les équipements électriques de la Corée du Nord par des impulsions électromagnétiques. La bombe EMP Electromagnetic Pulse ou e-bombe est un engin destiné à saturer l'environnement d'ondes électromagnétiques de toutes longueurs d'ondes pour détruire de façon définitive les composants électroniques de tout ordinateur ou système électronique, supports de communications, lignes électriques ou téléphoniques dans sa zone d'action. Un engin nucléaire de ce type(explique Wikipedia) explosant dans l'atmosphère affecterait une superficie de plusieurs millions de kilomètres carrés, empêchant notamment tous les transferts d'informations véhiculés par des ondes électro-magnétiques (radio, télévision, systèmes informatiques, etc.) Une telle bombe donne un avantage stratégique énorme en paralysant l'ennemi sur son propre terrain et du fait d'un plus que probable black-out provoque une panique au sein de la population.Cette utilisation n'évite pas la contamination radioactive ou l'irradiation. Les habitants d'Extrême-Orient n'ont qu'à bien se tenir...

Le ministre des affaires étrangères de Singapour, sur la même ligne que les Russes et les Chinois, a invité toutes les parties en présence à "faire preuve de retenue" et à "réduire les tensions dans le cadre du dialogue à six" (les deux Corées, la Chine, la Russie, les USA et le Japon). Une position sage...

FD
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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 17:59

Dictature brutale d’un parti monolithique, pays nationaliste voire xénophobe, régime qui surexploite sa main d’oeuvre sous-payée. Toujours les mêmes clichés circulent à propos de la Chine depuis dix ans.

A l’approche des Jeux-Olympiques toutefois quelques sons de cloches différents se font entendre qui révèlent une réalité plus complexe.

Sur le traitement de la main d’œuvre un chroniqueur déclare « J’ai visité en Chine des usines où les ouvrier(e)s travaillaient pour 90 à 100 € par mois, dans de bonnes conditions de travail. C’est un bon salaire là-bas. Mais dans une grosse boîte de la sidérurgie, c’était 600 €, ce qui est un très bon salaire. Mais ça reste toujours inférieur aux nôtres, en chiffres absolus. Certaines catégories sont (ou étaient) certainement sous-payées. Mais les choses changent. De nouvelles lois sur le travail (contrats, salaires, etc.). font que les entreprises peuvent de moins en moins faire ce qu’elles veulent. La présence de l’ACFTU (syndicat officiel) pèse, malgré toutes les critiques adressées à son égard par les médias occidentaux. » (Marc van Campen http://romaindecourcelles.spaces.live.com/blog/cns!AF336575BD9B73BE!1269.entry). Le même chroniqueur note qu’une des preuves de la progression des salaires se trouve le fait que le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, va transférer une partie de sa production car il juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé. Le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004. Cela a permis  à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. En termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement» que celui des Etats-Unis.» (Erik Izraelewicz  Quand la Chine change le monde, Paris, Grasset, 2005).

Les ouvriers et paysans chinois continuent à défendre des avantages issus du système socialiste face à la logique de la globalisation néo-libérale. Les statistiques des “incidents de masse, manifestations ou révoltes” sont passées de 10 000 en 1994 à 58 000 en 2003 et 74 000 en 2004 (New York Times, 24.8.2005) ce qui est le signe du dynamisme de la société. Un article de la Monthly Review de 2006 (http://www.monthlyreview.org/0606weil.htm) expliquait qu’à la différence de ce qui s’est passé en Europe de l’Est, l’expérience qu’ont beaucoup de travailleurs chinois dans le cadre des anciennes organisations socialistes les aide à résister aux excès du capitalisme et à s’organiser notamment contre la corruption. Dans des villes berceau de la révolution chinoise comme Zhengzhou, même si le degré de participation des travailleurs dans la gestion des usines d’Etat restait limité, ceux-ci gardent le sentiment qu’elles leur appartiennent. L’efficacité de l’organisation ouvrière se réflète dans certains conflits comme celui de l’usine d’équipement de transmission électrique de Zhengzhou en 2001 où la police paya des paysans pour enlever les équipements de l’usine pour faire échouer soulèvement ouvrier contre la privatisation. Le fait que la police ne puisse elle-même faire le travail était le signe de la mobilisation contre elle. Et, même quand les paysans intervinrent,le 24 juillet 2001, 40 000 ouvriers de toutes les usines alentour se liguèrent contre eux en une bataille rangée, et la privatisation échoua. Les mouvements sont menés pour la conservation des « lois de Mao » et la statue de Mao est devenue dans cette ville le point de ralliement de manifestations (interdites) des étudiants de gauche. Le renouveau de la gauche, qu’il soit d’inspiration maoïste ou pas se manifeste dans des pétitions comme celle du Zhengzhou 4 ou la lettre d’anciens membres du PC, militaires et intectuels d’octobre 2004 à Hun Jitao, intitulée « Nos vues et opinions sur le paysage politique actuel ». Malgré la dissolution des communes populaires 1 % des villages ont gardé des structures collectivistes et un renouveau des coopératives a été constaté. L’héritage de la révolution culturelle commence à être réévalué dans les milieux intellectuels où l’on parle de plus en plus « d’apprendre des masses », et, le congrès du PC chinois fut l’occasion d’un débat sans précédent sur le socialisme. Sur le néo-maoïsme en Chine aujourd’hui on peut aussi lire «Renouveau Maoïste et Aspirations Démocratiques » (http://thirdworldforum.net, http://alternatives-international.net/article2346.html) publié le 31 juillet 2008.

Cette situation est de nature à favoriser un réancrage à gauche de certains secteurs du PC chinois lequel n'a pas officiellement renoncé à l’objectif socialiste, dans son discours ni même dans certaines de ses pratiques en témoigne l’article « Li Qiqing: La modernisation du système financier et bancaire en Chine » sur le contrôle des banques dans ce pays (http://socio13.wordpress.com/2008/08/02/li-qiqing-la-modernisation-du-systeme-financier-et-bancaire-en-chine/).

Pour ce qui est du « nationalisme » chinois, et qui doit plutôt être analysé comme un réflexe anti-impérialiste d’une nation humiliée par le colonialisme occidental pendant plusieurs générations (et qui l’est encore bien souvent), on peut se reporter à l’article de Jean-Louis Rocca « Des Chinois contre la mondialisation » dans Critiques internationales 2002- 2 (no 15)| ISSN 1290-7839 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-7246-2941-8 | page 70 à 74

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19 janvier 2007 5 19 /01 /janvier /2007 23:32
Les Etats-Unis, le Japon, la France, le Royaume-Uni, l'Australie et le Canada se sont déclarés "préoccupés" et ont demandé des "explications" à la Chine à la suite d'un test supposé de missiles anti-satellites le 11 janvier dernier, bien que le gouvernement chinois ait rappelé le caractère "pacifique" de sa politique (El Mundo http://www.elmundo.es/elmundo/2007/01/19/internacional/1169218582.html ). Gordon Johndroe porte-parole du National Security Council parle d'une initiative "incompatible avec l'esprit de coopération auquel les Etats Unis et la Chine aspirent dans le cadre domaine de l'aérospatiale civile" (Washington Post http://www.washingtonpost.com/wp-dyn/content/article/2007/01/18/AR2007011801029.html). Le Washington Post explique doctement que les USA et l'URSS ont mis fin à la fin des années 1980 à leurs programmes anti-satellites à cause des risques de chute et de dissémination de débris sur la Terre qu'occasionnent les tirs d'essais sur des machines géostationnaires. Tout indique cependant que les Etats-Unis poursuivent un programme d'armes anti-satellites (http://www.fas.org/spp/military/program/asat/overview.htm) et que la Chine en est à peine au point où en était Washington en 1985 quand les USA avaient détruit par missile un de leurs satellites à titre d'essai.

Une fois de plus le club des grandes puissances ne tolère pas qu'un pays du tiers-monde se donne les moyens de répliquer à des attaques (le risque d'utilisation des satellites par les Etats-Unis à des fins militaires non seulement sur le volet du renseignement mais aussi de l'attaque armée n'est pas nul, malgré l'état actuel des accords internationaux).

Seule la Russie s'est montrée modérée sur ce point au cours des derniers jours.

Sur l'intolérance des puissances occidentales à l'égard de l'armement des pays asiatiques (Chine et Corée du Nord) voir les articles de Kim Petersen, Chris Black et Wim Benda dans l'Atlas alternatif, ainsi que les travaux de Martin Hart-Landsberg.

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