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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 14:13

cambodge.jpgPour la première fois depuis sa création, les pays de l'Association des nations d'Asie du sud-est (Asean) dont le fonctionnement repose sur le consensus de ses membres, se sont séparés, le 13 juillet dernier, sans parvenir à un déclaration commune, alors que cet organisme était censé prendre position sur le contentieux territorial entre la Chine d'une part, le Vietnam et les Philippines d'autre part, en mer de Chine méridionale. Selon les diplomates présents à la réunion la responsabilité de l'échec incombe au Cambodge, pays hôte de la conférence, qui s'est opposé seul au projet de texte avancé par les autres pays. Cet échec conforte la Chine dans sa volonté de règler le problème territorial au niveau bilatéral avec ses deux voisins.

 

Pour beaucoup d'analystes, la division de l'ASEAN sur ce dossier est aussi due à la montée en puissance de la présence navale des Etats-Unis dans le Sud-Est asiatique (voir nos articles précédents) qui place la Chine dans une position d'encerclement.

 

Le Cambodge est très lié à la Chine, notamment sur le plan de l'énergie et de la prospection pétrolière. Chinese national off-shore oil company aurait investi 200 millions de dollars dans la recherche d'hydrocarbures dans ce pays. Cette aliance se traduit par des votes atypiques à l'ONU. En février 2012 il s'était, comme Moscou, Pékin, La Havane et Caracas contre une résolution de l'ONU condamnant la répression gouvernementale en Syrie. En septembre 2011 il s'était absenté lors du vote de reconnaissance du Conseil national de transition libyen.

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10 juin 2012 7 10 /06 /juin /2012 15:56

drapeau-vietnam.pngLe secrétaire d'Etat à la défense américain Leon Panetta a visité dimanche dernier la base militaire vietnamienne jadis utilisée par les soviétiques de la baie de Cam Ranh pour examiner avec ses partenaires locaux la possibilité d'utiliser davantage ce port pour le stationnement et la maintenance des navires de guerre américains, en application d'un accord de coopération militaire signé entre les deux pays l'an dernier. La veille devant des responsables militaires de 28 pays, le ministre américain avait annoncé la volonté de Washington de faire passer la répartition des forces navales US entre l'Atlantique et le Pacifique d'un rapport de 50/50 à un rapport de 40 % contre 60 % illustrant le basculement des priorités stratégiques pour le Pentagone.

 

La mise américaine sur le Vietnam pour contrer la présence de la Chine dans le Pacifique n'est pas exempte d'arrière-pensée. Fin mai un blog vietnamien Dan Lam Bao (les gens font les nouvelles), a publié ce qui est présenté comme un rapport des services secrets vietnamiens sur des propos tenus par l'adjointe au chef de mission diplomatique des Etats-Unis au Vietnam Claire Pierangelo selon lequel la diplomate dénonçait la corruption du régime d'Hanoï, se réjouissait du fait qu'il n'était plu lié à la "culture chinoise" et prédisait la fin du système communiste dans ce pays dans les vingt ans qui viennent du fait de l'évolution économique actuelle. L'authenticité de ce document est contestée, mais les propos relatés révèlent une opinion très répandue dans les milieux libéraux anglo-saxons.

 

Le Vietnam quant à lui a aussi laissé entrevoir la possibilité de remettre Cam Ranh à disposition des navires de guerre russes pour lutter contre les pirates du Pacifique et de l'Océan indien, parallèlement au renforcement des liens économiques avec Moscou (la Russie envisage notamment de construire une centrale nucléaire au Vietnam). Les Russes avaient dû fermer Cam Ranh en 2002 quand Hanoï avait décidé de demander à Moscou un loyer annuel de 200 millions de dollars pour l'utlisation de cette base.

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 19:28

myanmar.pngDans une semaine le secrétaire d'Etat étatsunien Hillary Clinton sera à Naypyidaw (nouvelle capitale qui a remplacé Rangoon), première visite d'un officiel américain de ce rang depuis 50 ans. « Mme Clinton soulignera l'engagement américain à une politique d'engagement de principe et à un dialogue direct dans le cadre de notre double approche», a déclaré son porte-parole , soulignant qu'elle va « confirmer le soutien pour les réformes dont nous avons témoigné ces derniers mois et discuter de la poursuite de ces réformes dans des domaines clés, ainsi que des mesures que les États-Unis peuvent prendre pour renforcer ces progrès ».

 

Le 17 novembre le président Barack Obama avait appelé à l’instauration de nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Birmanie et l'Asean le même jour avait confié la présidence tournante de son organisation à la Birmanie en 2014.  Quelques jours plus tôt, le 10 novembre, le ministre des affaires étrangères japonais Koichiro Gemba et son homologue indonésien Marty Natalegawa étaient tombés d'accord pour accroître la coopération avec la Birmanie et l'assister dans sa "transistion démocratique".

 

Ce spectaculaire rapprochement avec les Occidentaux est le résultat de la politique impulsée par le nouveau président de la République (et général) Thein Sein auquel la junte militaire a laissé place au terme d'élections contrôlées destinées à mettre en place un gouvernement civil. Depuis lors le gouvernement birman a entrepris des réformes politiques et économiques dans le pays, y compris la poursuite des privatisations initiées par le précédent gouvernement et la libération très remarquée de milliers de prisonniers politiques (dont les membres de l’Association des Moines de toute la Birmanie responsable des émeutes de 2007) ainsi que la reprise du dialogue avec l'opposante Aung San Suu Kyi.

 

La nouvelle orientation de Thein Sein s'accompagne aussi d'un rééquilibrage géopolitique. Rangoon a pris ostensiblement ses distances avec son protecteur chinois en gelant les travaux sur un grand barrage construit par les Chinois dans le nord du pays (Myitsone),

 

En contrepartie la Birmanie s'est rapprochée de l'Inde où s'est récemment rendu le président birman (alors que la junte en 1988 avait expusé un demi million d’Indiens de son territoire).

 

Pour autant même les analystes indiens comme G. Parthasarathy dans le journal The Hindu estiment que l'alliance avec la Chine restera difficilement contournable, du fait de son poids économique dans le pays (secteurs de la construction, de l'armement etc.). La Chine est aussi un partenaire important pour la gestion des conflits ethniques à la périphérie de la Birmanie. En particulier des tensions ont surgi récemment à la frontière nord du pays avec la milice qui défend le territoire des Kokang, le seul peuple de langue chinoise de Birmanie, des tensions qui s'ajoutent à la reprise de la guerre au Kachin (après 17 ans de cessez-le-feu) en juin dernier.

 

La Chine est d'autant plus susceptible de garder une influence en Brimanie qu'au sein même du gouvernement de ce pays l'option de la libéralisation et de l'ouverture sur l'Occident est loin de faire l'unanimité. Ainsi le ministre de l'information, le général Kyaw Hsan, dans un discours récent à la chambre basse à Naypyidaw a comparé les médias à des "fourmis rouges" et a jugé que la liberté de la presse avait plus d'inconvénients que d'avantages.

 

En tout cas le processus de libéralisation offre aux Occidentaux de nouveaux points d'appuis pour peser sur la politique birmane. Alors que les donnateurs comme la National Endowment for Democracy soutiennent moins les groupes réfugiés en Europe et aux Etats-Unis, leur intérêt se porte, comme l'a évoqué l'ambassadeur danois en Birmanie en févier dernier, vers Egress, une ONG dirigée par Nay Win Maung qui prétend incarner une opposition modérée, troisième voie entre l'armée et Aung San Suu Kyi, et qui a soutenu le processus électoral de février dernier. Nay Win Maung, fils de militaire et ancien étudiant de Yale, que le gouvernement a choisi comme intermédiaire avec Oxfam après le passage du cyclone  Nargis, possède deux magazines dans lesquels il traduit des articles étrangers. Selon le Washington Post, il serait une sorte de représentant officiel de la société civile birmane que l'armée aurait mis en avant pour contribuer à la transition douce à l'oeuvre depuis mars dernier. Il serait à ce titre un acteur important du rapprochement birmano-étatsunien auquel on assiste aujourd'hui.

 Djibril Cissoko

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 20:31

choumaly.jpgLe président laotien Choummaly Sayasone était en visite aujourd'hui à Moscou. "Les sociétés russes souhaitent collaborer avec le Laos dans les domaines les plus prometteurs: le secteur hydroénergétique, les télécommunications, la production et la transformation des ressources minières", a indiqué à cette occasion le premier ministre russe Vladimir Poutine. Déjà en ce moment plus de  7 000 étudiants laotiens font leurs études dans les universités russes (contre 4 700 étudiants laotiens au Vietnam, qui est pourtant un "pays frère" pour le Laos).

 

M. Sayasone a pour sa part noté que le Laos considérait la Russie comme "un ami de longue date", et qu'il appréciait la contribution du "peuple soviétique à la libération du Laos".  La citation est révélatrice de l'attachement des cadres du Parti révolutionnaire du peuple (LPRP), qui dirige le Laos, à l'héritage de l'époque soviétique. C'est sans doute aussi au nom de cet héritage que le président laotien était en visite en Corée du Nord le 23 septembre, juste après la rencontre de Kim Jong Il avec le président Medvedev. Le Laos entretient également des relations privilégiées avec Cuba et la Chine avec lesquelles il partage l'objectif de maintenir un système socialiste ouvert à la libre entreprise (en juin 2009, le président américain Obama a jugé que le Laos a "cessé d'être un pays marxiste-léniniste" et l'a retiré d'une liste noire des pays portant atteintes aux règles du commerce international, le pays envisage d'intégrer l'Organisation mondiale du commerce et a ouvert une petite bourse en janvier dernier, mais dépourvu d'industrie à part la fabrication d'électricité il n'a soumis à cotation pour l'instant que des organismes para-étatiques et ne devrait pas éveiller trop d'appétits capitalistes dans les années qui viennent selon les Agences de presse occidentales).

 

A l'ONU le Laos s'est fermement engagé en septembre dernier pour la reconnaissance de l'Etat palestinien et contre l'embargo américain sur Cuba. Néanmoins la latitude d'action du Laos reste des plus limitées. C'est un petit pays très pauvre (revenu par habitant 1 800 dollars par an, malgré une croissance assez dynamique) de 6,7 millions d'habitants (principalement des paysans) dont le développement est largement grevé par les munitions non explosées (UXO) que les Etats-Unis ont laissées sur son sol pendant la guerre du Vietnam. Environ un quart des villages laotiens sont touchés par ces bombes, mines, grenades etc soit 80 millions d'engins. Le Laos est le pays au mode qui a reçu le plus de bombes par tête d'habitants. Entre 1964 et 2008, 50 000 personnes au Laos sont mortes à cause de ces engins qui explosent accidentèlement, soit plus d'un millier par an.

 

 

 

 

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 14:23

yhailand.pngAprès que les élites aristocratiques de Thaïlande, alliées à la monarchie, aient organisé une répression sévère de la révolte populaire des Chemises rouges, c'est finalement Yingluck Shinawatra la soeur (et elle même femme d'affaires) du milliardaire chef des Chemises rouges, Thaksin Shinawatra, qui  a remporté le 3 juillet dernier les élections législatives à la tête de son parti Puea Thai, grâce notamment au soutien des régions du Nord et du Nord-Est tandis que la capitale votait pour ses adversaires du Parti démocrate.

 

Ce résultat est en partie le fruit de négociations entre le palais royal, l'armée, et les partisans de l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra dont des représentants se sont rencontrés au Brunei en février dernier puis à trois reprises encore notamment à Dubai, selon des sources proches du palais royal citées par Asia Times. L'idée étant de contenir le sentiment antimonarchiste grandissant qui se développait dans les franges les plus populaires des Chemises rouges et de préparer une réconciliation nationale "en douceur" incluant le retour de Thaksin Shinawatraet d'un certain nombre de ses partisans ostracisés.

 

Les milieux d'affaires sont pourtant restés fortement mobilisés contre le parti Puea Thai, et les banques d'investissement international ont ouvertement conseillé à leurs clients de vendre leurs avoirs thaïlandais dès que les sondages ont commencé à annoncer la possible victoire de Yingluck Shinawatra. En cause les promesses "populistes" de la dirigeante du Puea Thai. Celle-ci par exemple a promis d'offrir à huit millions d'élèves thaïlandais des iPads gratuits et de garantir un prix d'achat du riz aux paysans plus élevé que celui que leur accordait le gouvernement sortant d'Abhisit (la Thaïlande est le plus grand exportateur de riz au monde). La banque HSBC par exemple s'est ouvertement ingérée dans la politique thaïlandaise en annonçant après le résultat des élections que la politique de Yingluck Shinawatra risquait de relancer les pressions inflationnistes dans le pays. D'une façon significative, même en France, le journal Le Monde, contrôlé par les trois hommes d'affaires Bergé-Niel-Pigasse, et qui a toujours été hostile au "populisme" des Chemises rouges, mettait en exergue sur son site le 5 juillet une dépêche dressant un portrait défavorable de Yingluck Shinawatra accusée de ne pas être susceptible d'incarner correctement la cause des femmes.

 

Les forces armées quant à elles auraient accepté la victoire de la nouvelle premier-ministre en échange d'un engagement de sa part à ne pas interférer dans leur budget, ni la nomination de leurs officiers et de dissuader les nouveaux élus issus des Chemises rouges de tenter de faire condamner les responsables de la répression qu'ils ont subie.

 

La marge de manoeuvre de Yingluck Shinawatra est d'autant plus étroite que l'institution judiciaire, très proche des élites conservatrices, possède en Thaïlande un pouvoir politique très important. Elle a déjà par le passé dissout deux partis qui se réclamait de Thaksin Shinawatra et le Puea Thai n'est pas à l'abri de subir le même sort ou des députés pourraient voir leur élection invalidée par les tribunaux, comme le rappelle Shawn W Crispin dans Asia Times Online. Ceci explique sans doute que dès son élection Yingluck Shinawatra a annoncé que son parti, bien que détenteur de la majorité absolue, gouvernerait en coalition, et laisse augurer la poursuite d'une ligne assez "consensuelle" par la nouvelle élue.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 20:52

Le chapitre dédié à l'Océanie dans l'Atlas alternatif  décrivait déjà en 2006 l'hégémonisme australien dans la zone. Il semble que cet hégémonisme s'inquiète de la montée en puissance de la Chine dans le Pacifique et que certains courants dans la classe politique australienne soient dans une logique de confrontation avec Pékin.

 

flag-australia.png

En décembre dernier, Wikileaks révélait (avec le concours du Guardian) qu'en mars 2009 dans le cadre d'un entretien avec Hilary Clinton, l'ancien premier ministre australien Kevin Rudd (devenu en septembre dernier ministre des affaires étrangères) avait ni plus ni moins suggéré à l'actuelle Secrétaire d'Etat étatsunienne d' "utiliser la force" contre Pékin (au risque d'une confrontation nucléaire...) si la situation dégénérait et incité celle-ci à demander l'autonomie du Tibet. Le câble qui rend compte de cette  rencontre précise aussi que le programme d'acquisition de nouveau sous-marins d'attaque présenté par le gouvernement travailliste en 2008 visait directement à contrer la capacité de projection chinoise.

 

En septembre dernier la presse chinoise présentait des avis d'experts selon lesquels le nouveau premier ministre travailliste Julia Gillard pourrait être moins anti-chinoise que son prédécesseur Kevin Rudd. Mais en mars 2011 à Washington celle-ci a insisté sur l'importance de l'alliance stratégique avec les Etats-Unis, et le gouvernement de Camberra se montre plus interventionniste encore que Washington sur des dossiers comme la Libye ou la Syrie (l'Australie demande l'inculpation de Bachar el Assad devant la justice internationale), ce qui n'est pas précisément le signe d'une aptitude de ce pays à oeuvrer à la bonne entente entre les nations.

 

Néanmoins le Conseil d'affaires australien (Business council of Australia), qui regroupe les cent plus grandes entreprises australiennes, a rappelé contre les velléités protectionnistes du sénateur de droite Barnaby Joyce, que l'Australie aurait besoin des investissements chinois dans les années à venir et que les capitaux proviendraient dorénavant davantage d'Asie que des pays occidentaux. Cette interdépendance croissante sur le plan économique entre Pékin et Camberra pourrait malgré tout atténuer les humeurs bellicistes des travaillistes australiens.

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8 février 2011 2 08 /02 /février /2011 16:43

Alors que la Cour constitutionnelle thaïlandaise a rejeté fin novembre pour tardiveté les poursuites contre le Parti démocrate (PD) au pouvoir, qui risquait la dissolution pour une utilisation frauduleuse de 29 millions de bahts (960.000 dollars) en 2005, que les crimes de la répression des Chemises rouges restent impunis, et que le régime renforce sa censure en interdisant plus de 200 000 sites et blogs dans ce pays, la xénophobie anti-cambodgienne et les velléités expansionnistes commencent à se développer.

 

En novembre après qu'un mouvement de foule ait causé des centaines de morts à Phnom Penh, des commentaires racistes anti-cambodgiens s'étaient déchaînés sur le site pro-gouvernemental Web Manager si l'on en croit un article d'Asiancorrespondent. Le 30 décembre dernier on annonçait que six membres des Chemises jaunes pro-gouvernementaux accompagnés d’un député du parti qu’ils ont porté au pouvoir ont été arrêtés par des soldats cambodgiens alors qu’ils avaient franchi la frontière dans une zone frontalière de 4,6 km2 contestée par les ultra-nationalistes. La zone fait l'objet de litiges notamment depuis que le temple khmer de Preah Vihear qui s'y trouve a été classé par l'Unesco en 2008.

yhailand.png

 

Le 7 février dernier, le Cambodge a informé les chancelleries occidentales que la Thaïlande est allée plus loin en organisant une démonstration de force militaire et des tirs de mortier dans la zone du temple. Un échange de coups de feu à l'arme lourde avec l'armée cambodgienne s'en est suivi, puis un cessez le feu a été conclu le 4 février, avec un bilan d'au moins trois morts côté thaïlandais et huit côté cambodgien.6 000 personnes ont dû quitter leurs villages.

 

Des combats avaient déjà eu lieu en juillet 2008 dans cette zone. La Thaïlande avait refusé à l'époque une médiation de l'ONU. En 1962 la Cour internationale de justice avait jugé que la région du temple de Preah Vihear appartenait bien au Cambodge.

 

Comme lors de la répression des Chemises rouges, les grandes puissances se sont montrées complaisantes à l'égard de cette montée du nationalisme en Thaïlande. La demande de réunion d'urgence du Conseil de sécurité présentée par le Cambodge a été rejetée. L'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) quant à elle incite à un règlement pacifique dans le cadre de discussions bilatérales.


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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 23:29

De passage à Djakarta après une visite en Inde et avant le sommet du G20 à Séoul, le président étatsunien Barack Obama a cité l'Indonésie comme une "modèle pour le monde" en matière de modération et de tolérance. L'Indonésie, plus grand pays musulman du monde, est en effet un allié traditionnel des Etats-Unis depuis les années 1960.

 

Un des effets immédiats de l'intensification de la coopération américano-indonésienne est la caution apportée à la répression militaire dans la province de Papouasie orientale travaillée par le séparatisme.

 

Selon le journaliste Allan Nairn, au moment même de la visite d'Obama à Djakarta, des fuites en provenances des unités de bérets verts indonésiens (Kopassus) révélaient que ces unités soutenues par les Etats-Unis étaient impliquées dans des affaires de meurtre et d'enlèvement en Papouasie occidentale. Les Etats-Unis ont repris leur

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aide à ces unités en juillet dernier sous couvert de lutte contre le terrorisme, après une suspension en 1997 pour cause deviolation des droits de l'homme. Or un rapport secret indique que dans leur liste d'ennemis figurent principalement des civils, à commencer par le chef du Synode de Papouasie, et des activistes comme le chef de l'Organisation de la Jeunesse musulmane de Papouasie.

 

Trois jours avant la visite d'Obama en Indonésie, Buchtar Tabuni, un activiste condamné à trois ans de prison pour avoir agité en public le drapeau papou, a écrit au président étatsunien pour que Washington cesse d'entraîner et d'équiper ces escadrons de la mort en Papouasie occidentale.

 

Pour Washington l'Indonésie est un contrepoids à la Chine. Mais l'Indonésie n'est pas si enthousiaste que par le passé à entrer une logique d'alliance inconditionnelle avec les Etats-Unis. En mars dernier, lors d'un meeting organisé par le parti fondamentaliste Hizb ut-Tahrir, le général à la retraite Tyasno Sudarto s'était exclamé "Nous devrions faire ce que la Chine a fait ; l'Amérique doit suivre nos règles", tandis qu'après lui un intervenant dénonçait le "néo-libéralisme" imposé par les Etats-Unis à l'Indonésie. Comme le notait Andrew Higgins du Washington Post, cet éloge d'un pays communiste athée (la Chine) par un mouvement islamiste est une nouveauté en Indonésie, et cette nouvelle sinophilie est en partie due à l'exaspération de bon nombre d'Indonésiens devant les diktats du FMI et les entraves que les banques et multinationales étatsuniennes représentent pour la souveraineté du pays. En février dernier la mairie de Djakarta avait dû déplacer une statue de Barack Obama enfant d'un parc public suite aux protestations que sa présence suscitaient.

 

Loin de suivre aveuglément les injonctions de Washington, Djakarta cherche plutôt une forme de non-alignement. Lors d'un voyage en Australie récemment le président Susilo Bambang Yudhoyono a déclaré que la politique étrangère de son pays était guidée par le principe d'avoir "un million d'amis et zéro ennemis". En 2005 Djakarta a signé un partenariat stratégique avec Pékin. L'Indonésie a été le premier pays de l'ASEAN a acheter des missiles sol-air QW-3 à la Chine. Pékin lui a aussi livré des missiles sol-sol C-802, profitant d'une pause dans la coopération américanindonésienne pour cause de violation des droits de l'homme. La reconquête de ce pays par Obama est donc loin d'être acquise.

 

F. Delorca

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 14:33

Nous avions signalé l'an dernier la désinformation dont faisait l'objet le mouvement des Chemises Rouges thaïlandais. La tendance a perduré cette année où le mouvement s'est installé pacifiquement à Bangkok en mars dernier, dans le but de faire tomber le gouvernement en place (un gouvernement issu d'un coup d'Etat). 21 personnes ont trouvé la mort samedi dernier dans les affrontements entre l'armée et les manifestants, et, tandis que les négociations reprennent entre les autorités et les manifestants, l'Agence france presse et Reuters présentent encore ces derniers comme des sortes de milices à la solde de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, avec des termes comme "les manifestants favorables à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra". Un observateur français sur place "Vinalys" sur son blog a récemment confirmé qu'il n'en était rien.

 

Les "chemises rouges" commencent à recevoir un timide soutien de la gauche européenne. Le Parti communiste du Royaume uni a appelé à bombarder l'ambassade de Thaïlande à Londres de protestations contre la répression du peuple à Bangkok. En France des blogs du NPA relayent un appel à la solidarité de partis de gauche d'Asie du Sud-Est.

 

 

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14 avril 2009 2 14 /04 /avril /2009 09:50
Pour la quatrième fois en 40 ans, en Thaïlande l'armée a tiré sur la foule qui demandait plus de démocratie. L'événement n'a pas suscité en Occident la même émotion que la répression de la place Tiananmen en Chine en 1989 et la répression des moines insurgés en Birmanie plus récemment. Et pour cause : le gouvernement qui fait tirer sur la foule est allié des élites occidentales.

La foule, elle, les "chemises rouges", est composée d'ouvriers, de paysans, de laissés pour compte du néo-libéralisme. Elle conteste la légitimité du Premier ministre, et des généraux qui en arrière plan contrôlent le régime. Ces "chemises rouges" soutiennent le millionnaire populiste en exil Thaksin Shinawatra qui lorsqu'il était Premier-ministre a lancé des réformes sociales (notamment il fut le premier à mettre en oeuvre un système de santé gratuite). Mais au sein de ce mouvement contestataire, selon Giles Ji Ungpakorn, professeur de Sciences politiques à l’université Chulalongkorn à Bangkok, des tendances plus autonomes apparaissent qui prennent leurs distances à l'égard de Thaksin et demandent l'abolition de la monarchie. Il ne s'agit donc pas uniquement de "clients" du milliardaire.

La classe dirigeante du pays, pour sa part, est prête à tout pour garder le pouvoir. Le 19 septembre 2006, elle a organisé un coup d'Etat pour renverser le gouvernement de Thaksin Shinawatra récemment réélu, dissout son parti, et organisé des milices (les "chemises jaunes"). Selon Thitinan Pongsudhirak, directeur de l'Institut des études de sécurité à Bangkok interviewé par Christiane Oelrich correspondante de Deutsche Presse-Agentur, si des élections avaient lieu aujourd'hui, le Premier ministre Abhisit Vejjajiva serait battu et les Chemises rouges prendraient le pouvoir, ce que l'armée et les grandes familles thaïlandaises ne peuvent accepter.

On observe une grande retenue, et un grand embarras, au niveau international à l'égard de la Thaïlande qui est une pièce important de l'ordre économique globalisé (notamment pour le tourisme). Les puissances occidentales ont appelé leurs ressortissants à éviter les zones de tension. A gauche, en Occident, le point de vue des Chemises rouges est relayé au Royaume Uni par la mouvance du Socialist worker's party.

F. Delorca

Nb : pour un traitement particulièrement répugnant du mouvement social thaïlandais dans la presse bourgeoise française, voir Libération du 11 avril - http://www.liberation.fr/monde/0101561444-a-bangkok-la-foule-a-le-droit-de-tout-faire.



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