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21 septembre 2010 2 21 /09 /septembre /2010 15:56

A Caracas au Venezuela s'est constitué aujourd'hui un comité permanent de solidarité avec les "Indiens" (aborigènes) mapuche du Chili.

 

Le 18 septembre la présidente du conseil national de Lonko de l'Assemblée Mapuche de gauche Ximena Cumicán a estimé que les Mapuches ne se sentaient pas concernés par le bicentenaire de l'indépendance du Chili - déclaration liée au fait que les Mapuche ont joui d'une plus grande autonomie sous la couronne espagnole qu'au sein du Chili indépendant.

 

Selon le recensement officiel de 2002, les Mapuche représentent 4% de la population chilienne (87,3% des indigènes), soit un peu plus de 600 000 personnes. D'autres statistiques en donnent un nombre plus élevé. Ils vivent dans le centre du pays. Selon Raul Zibechi, contributeur du livre Atlas alternatif, la survie des Mapuche en tant que peuple est menacée par l'industrie forestière chilienne qui depuis la dictature de Pinochet est entre les mains de deux grands groupes. "Malgré les plaintes relatives à la détérioration environnementale et sociale, malgré la résistance de dizaines de communautés mapuche mais aussi maintenant de pêcheurs et d’agriculteurs, et,  à la poursuite accélérée, en dépit des analyses d’organismes publics nationaux qui préviennent de ses dangers, du développement de l’industrie forestière, la quantité de bois disponible aura doublé en 2018 par rapport à ce qu’elle était en 1995, selon ce qu’indique la Corporation du Bois" explique-t-il dans un article de 2007.

 

Malgré le retour à la démocratie en 1989, et à la différence de ce qui s’est produit dans d’autres pays d'Amérique latine, en 1992, le Parlement a rejeté la convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) et la reconnaissance constitutionnelle des Mapuche comme peuple.

 

Aujourd'hui il est fréquent que désespérées, beaucoup de communautés envahissent les terres dont se sont emparées les entreprises forestières, et pour cela soient accusées de « terrorisme ». Depuis le début de l'été 34 prisonniers politiques mapuche sont en grève de la faim, répartis dans six prisons.

 

Les organisations mapuche de gauche demandent l'abrogation de la loi anti-terroriste héritée de Pinochet et l'adoption d'une nouvelle constitution qui reconnaisse les droits de leur peuple.

 

Le président de la République chilienne Sebastián Piñera s'attache à diminuer la représentativité d'organisations comme celle de Ximena Cumicán et promet une aide de 4 milliards de dollars en investissements dans les constructions d'écoles et d'infrastructures pour les Mapuche. A supposer que la promesse soit tenue, il est peu probable que cela suffise à enrayer l'effet destructeur du productivisme néo-libéral sur cette population.

 

F. Delorca

 

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7 juin 2010 1 07 /06 /juin /2010 10:36

Jérôme Brisson l'explique dans Rue89 : "Début mai, la firme américaine Monsanto, leader mondial des OGM, a annoncé un don à Haïti de 475 947 kilos de graines hybrides de maïs et de légumes. Ils seront distribués pendant douze mois aux paysans haïtiens avec l'aide d'autres multinationales (UPS et Kuehne+Nage). L'opération est soutenue par le gouvernement américain puisqu'elle s'inscrit dans le cadre du projet Winner, lancé en octobre dernier par l'Agence américaine d'aide au développement international (USAID) pour aider à construire une nouvelle infrastructure agricole en Haïti."

 

Les graines de maïs de Monsanto ne pouvant être resemées, les agriculteurs devront en racheter à Monsanto les années suivantes. USAID se veut rassurante en rappelant que l'aide de Monsanto ne concerne que 10 000 paysans.

Il existe cependant de sérieuses raisons de s'inquiéter : le directeur général du projet Winner n'est autre que Jean-Robert Estimé, qui fut ministre des Affaires étrangères pendant 29 ans sous la dictature des Duvalier. Il faut en outre rappeler queMonsanto  s’est depuis longtemps attiré la colère des écologistes, des militants pour la santé et des petits agriculteurs ; cela remonte à sa production de l’Agent orange durant la guerre du Vietnam. L’exposition à l’Agent orange a provoqué  des cancers chez un nombre considérable de vétérans US et le gouvernement vietnamien affirme que 400 000 Vietnamiens ont été tués ou handicapés par l’Agent orange et que 500 000 enfants sont nés avec des malformations congénitales à cause de leur exposition à l’agent. Via Campesina, la plus grande confédération paysanne du monde présente  dans plus de 60 pays, a traité Monsanto d’un des « ennemis principaux de l’agriculture paysanne durable et de la souveraineté alimentaire pour tous les peuples. » Ils affirment que, Monsanto et d’autres multinationales, en  contrôlant une part sans cesse croissante des terres et de la production  agricoles,  forcent les petits cultivateurs à quitter leur terre et leur métier. Ils affirment également que les géants de l’agroalimentaire contribuent au changement climatique et à d’autres désastres environnementaux, une conséquence de l’agriculture industrielle.

 

La société civile haïtienne se mobilise contre ce péril que le père spiritain Jean-Yves Urfié qualifie de "nouveau séisme". Le Mouvement Paysan Papaye (Mouvman Peyizan Papay- MPP) de Chavannes Jean-Baptiste s’est engagé à brûler les semences de Monsanto et a appelé à une marche de protestation contre la présence des multinationales à Haïti le 4 juin 2010, pour la journée mondiale de l’environnement.

 

Le risque d'invasion d'Haïti par les OGM n'est pas le seul symptôme de la recolonisation du pays. Dans une interview récente, Jean Ziegler, ancien rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation, rappelait que les programmes successifs du FMI "ont réduit les droits de douane d’Haïti de 50 % à 3 %, en privant l’État d’une des rares ressources à sa disposition. Au début des années 1980, le pays était autosuffisant en riz. Aujourd’hui, il importe 75 % de ses besoins. Le riz subventionné en provenance de l’étranger a inondé le pays, ruinant des dizaines de milliers de familles paysannes, les chassant de leurs terres vers les bidonvilles". L’accord de partenariat économique (APE) imposé par l'Union européenne en 2008 va dans le même sens (malgré la mobilisation populaire à Haïti qui n'a pu que retarder sa signature). Le gouvernement haïtien est d'autant plus faible que ses infrastructructures ont été détruites par le tremblement de terre. Ce sont les Nations-Unies qui assurent le maintien de l'ordre. Le 27 mai dernier, l'armée des Nations-Unies a dispersé une manifestation d'étudiants aux abords du palais présidentiel et les ont poursuivi sur le Champ de Mars à Port-au-Prince où sont massés des milliers de sans-logis. Au moins six personnes ont été hopsitalisées du fait de l'usage de balles en caoutchouc. Des enfants et des vieillards ont été exposés à cette répression, qui n'a guère préoccupé les grands médias internationaux. La coalition Tet Kolé appelait à manifester pour protester contre la manière dont le président Préval et l'ONU géraient les conséquence du tremblement de terre.

 

F. Delorca

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 15:34

Plus de neuf mois après le coup d'Etat du 28 juin 2009 qui a renversé le président légal du Honduras, le silence s'installe autour de la situation de ce pays.

 

honduras.jpg

Le 27 janvier s’est terminé officiellement le mandat de M. Manuel Zelaya à la présidence de la République du Honduras. Elu le 29 novembre, au cours d’un scrutin illégitime (21,5 % de participation) organisé par le gouvernement putschiste Roberto Micheletti, le conservateur Porfirio Lobo a pris ses fonctions.

 

Le président du Guatemala a lancé un processus d'intégration du gouvernement putschiste dans le Système de l'Intégration Centraméricaine (SICA). Mme Clinton a annoncé le 4 mars dernier que les Etats-Unis reprendraient leur aide économique au gouvernement issu du putsch, en estimant que le pays a donné suffisamment de gages de démocratie.

 

Pourtant la répression militaire se poursuit dans ce pays. Globadia.com cite le cas d'un journaliste assassiné de plus de trente balles le 14 mars. Ils ont été au moins trois à faire l'objet d'exécutions sommaires en mars 2010, six depuis le début de l'année. Le 15 février le syndicaliste Funes Benítez  était assassiné par des hommes en moto sans que la police accepte d'enregistrer la plainte. Tandis que les paramilitaires visent spécifiquement ceux qui ont participé aux marches de soutien au président Zelaya, l'armée, elle s'en prend au mouvement paysan : hier un fort contingent de soldats a été déployé cette semaine contre la communauté paysanne de Guadalupe Carney qui s 'est approprié les terres d'un riche propriétaire qui les avait illégalement expropriés pour planter des palmes (une culture agrotoxique pour l'environnement et qui prive les petits paysans de leurs ressources) dans la région du Bas Aguan. Pour faire accepter la répression, le journal de droite La Prensa a prétendu que les opposants radicaux s'étaient alliés aux narcotraficants pour installer une guérilla armée dans le Bas Aguan.

 

L'opposition du Honduras néanmoins ne désarme pas. L'ancien Front populaire national contre le coup d'Etat rebaptisé Front national de résistance populaire qui réunit des secteurs variés de la société réclame maintenant une nouvelle constitution et va lancer une campagne de signatures dans ce but.

 

F. Delorca

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 20:57
usmarine.jpgC'est André Maltais qui le rapporte sur Mondialisation.ca :

"Dans la soirée du samedi, 10 octobre 2009, des milliers de soldats et policiers fédéraux, profitant du fait que leur présence dans les rues est familière depuis la militarisation de la lutte anti-drogue, envahissent subrepticement une cinquantaine d’installations de la compagnie nationale d’électricité, Luz y Fuerza del Centro (LFC) qui approvisionne plus de six millions de personnes dans le centre du pays.

Les militaires forcent les travailleurs présents à quitter les lieux et attendent que le président mexicain Felipe Calderon émette un décret liquidant purement et simplement l’entreprise publique et son syndicat, le Syndicat mexicain des électriciens (SME).

Du jour au lendemain, 44 000 travailleurs et leur famille de même que 22 000 retraités se retrouvent à la rue alors que disparaît l’un des syndicats indépendants les plus forts et combatifs du pays
."

Une semaine auparavant, le gouvernement avait refusé de reconnaître l’élection de Martin Esparza à la tête d’un syndicat qui, depuis 95 ans, s’est  toujours opposé aux privatisations et à l’érosion des droits des travailleurs."


L'article note aussi que "en 2009 seulement, le pays a perdu plus d’un million d’emplois et, depuis l’arrivée au pouvoir du « cauchemar » Calderon, au moins 2.8 millions d’emplois dont un très grand nombre dans les secteurs les plus intégrés à l’économie états-unienne.Le quotidien La Jornada révèle que 76.000 faillites d’entreprises sont survenues au cours des six derniers mois seulement!"

Alors que d'une main il démantèle l'Etat mexicain, Calderon de l'autre s'abandonne à la dérive sécuritaire, avec les encouragements de Washington. Cette semaine, on a justement appris qu'Obama a offert à Calderon une collaboration plus étroite en matière de sécurité. En janvier dernier, un rapport militaire étatsunien a placé le Mexique au même titre que le Pakistan parmi les possibles "failed states" (Etats en déliquescence) qui pourraient s'effondrer aussi rapidement que la Yougoslavie entre 1991 et 1995. Le gouvernement mexicain a déjà déployé 45 000 soldats dans les zones du pays susceptibles d'être aux mains des narcotraficants. Cette militarisation du pays entraîne des atteintes croissantes aux droits de l'homme. Les plaintes contre le ministère de la défense devant la Commission nationale des droits de l'omme sont passées de 182 en 2007 à 559 pour le seul premier semestre de 2009. Un rapport d'Amnesty international en décembre a décrit des cas de tortures, d'enlèvement et d'assassinats par l'armée mexicaine. Les excès de l'armée mexicaine sont tels que leurs mentors étatsuniens s'en inquiètent. En août 2009, le sénateur démocrate du Vermont Patrick Leahy (un sénateur en pointe sur les droits de l'homme qui a proposé en 2007 le rétablissement de l'habeas corpus à Guantanamo) a pu faire bloquer provisoirement une aide militaire de 90 millions de dollars au Mexique en raison des exactions imputées à l'armée de ce pays.

La semaine dernière la secrétaire à la sécurité intérieure Janet Napolitano a reconnu que l'armée américaine agissait directement "d'une certaine façon limitée" ("in certain limited ways") au Mexique. L'intervention militaire directe des Etats-Unis reste cependant difficilement envisageable dans un pays qui a déjà perdu une guerre (et un tiers de son territoire) contre les Américains. Obama se dit même réticent à l'idée militariser ouvertement la frontière (où se multiplient les meurtres et violences) comme le lui demandent certains gouverneurs.

Sur Counterpunch.org, Mike Whitney récemment rejoignait André Maltais en soulignant que la militarisation de la lutte contre  la drogue fait l'affaire des narco-traficants puisqu'elle fait augmenter le prix des stupéfiants et donc les bénéfices (y compris pour corrompre des fonctionnaires aux Etats-Unis), et que son objectif véritable était en fait la liquidation de la résistance de gauche au Mexique.

F.Delorca 

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:45

great_seal_of_the_us.pngLe président Hugo Chavez a lancé récemment un appel à la création d’une Cinquième Internationale, appel relayé en France par un petit groupe de proches des éditions du Temps des Cerises, mais qui continue à faire débat à gauche.

L’appel ne signifie cependant pas  que le Venezuela soit particulièrement en position de force en ce moment. Comme le remarquaient l’International Herald Tribune du 12 février dernier et d'autres journaux : après avoir tourné le dos aux multinationales pétrolières au cours des dernières années, le président Chavez vient d’accorder d’importants contrats à des compagnies américaines. Mercredi 10 février au soir, le géant étatsunien a obtenu une concession dans la ceinture de l’Orénoque (une zone dont les réserves en brut sont évaluées à 513 milliards de barrils). M. Chavez a publiquement félicité son responsable des opérations africaines et latinoaméricaines, M. Ali Moshiri, pour avoir candidaté alors que Royal Dutch/Shell, Petrobras et Total s’étaient abstenues de candidater. Chavez en a profité pour inviter Obama à lui rendre visite. Repsol (Espagne) en consortium avec deux compagnies indienne et malaisienne est l’autre gagnant de la soirée sur un deuxième gisement de l’Orénoque. Le troisième n’a pas trouvé preneur.

Les investisseurs étrangers auraient été échaudés par la nationalisation en janvier des magasins appartenant à Exito une filiale du groupe français Casino au Venezuela, accusés de spéculer sur les prix des produits de consommation.


Les médias pro-Chavez publient en ce moment des enquêtes sur le groupe Casino.L’une d’elles montre que la multinationale française, en coopération avec USAID et le bureau des Nations Unies chargé de la répression du trafic de drogue (UNDOC), commercialise depuis 2009 des produits cultivés dans le Putumayo. Dans cette région USAID et UNDOC organisent des projets d’aide à des paysans supposés déplacés qui seraient en réalité, selon Aporrea, des paramilitaires subventionnés par le Département d’Etat américain. Un article de César Jerez en 2006 avaient montré que les "aides" d'USAID dans la région de Putumayo était ciblées pour contrer les FARC. Le président du groupe casino Jean-Charles Naouri, le 16 février dernier, a mis en valeur la Colombie comme pays parmi "les plus modernes et les plus développés des marchés d'Amérique latine"

Les paramilitaires colombiens (Autodefensas Unidas de Colombia ) ont mis en place une « filiale » vénézuélienne Autodefensas Unidas de Venezuela à l'origine de diverses opérations de déstabilisation du Venezuela depuis 2003-2004, et d'une infiltration de certains secteurs économiques à Caracas et à la frontière frontière des deux pays.

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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:50
ha-ti.jpgUne tremblement de terre a ravagé Haïti, l'ancienne terre des esclaves français affranchis du joug de leur maître au 19ème siècle et qui durent pendant des décennies verser une indemnité de compensation à la France de 21 milliards de dollars (valeur actualisée) pour éviter une nouvelle répression militaire, indemnité à l'origine de la spirale d'endettement du siècle suivant. Le tremblement de terre a pu avoir causé entre 50 000 et 150 000 morts, 250 000 blessés, et laissé 1,5 millions de personnes sans abri après la destruction de 10 % des logements.

La mise en scène de l'aide humanitaire intenationale est l'occasion d'une véritable "pornographie compassionnelle néocoloniale" dans les médias occidentaux comme le souligne un article d'un site vénézuélien en français.

La France n'a pas été en reste en matière d'hypocrisie en demandant l'annuation de la dette d'Haïti, après avoir protégé pendant des décennies la dictature de la famille Duvalier (elle y a trouvé refuge en 1986 avec sa fortune personnelle volée à Haïti). La dictature duvaliériste a joué un grand rôle dans l'apauvrissement du pays, et la France a par ailleurs organisé, en 2004, avec les Etats-Unis (voir Atlas alternatif) le renversement d'Aristide, qui signait le refus de laisser à Haïti sa souveraineté - ce pays depuis lors est de fait sous tutelle de l'ONU.

Sur le terrain, le néocolonialisme était aussi à l'oeuvre. Le 16 janvier, à Port au Prince, des soldats américains de la 82ème division aéroportée se sont déployés sur l'aéroport pour empêcher une foule désespérée de fuir le pays. Les soldats américains, premiers arrivés sur les lieux, d'autorité ont sélectionné les réfugiés titulaires d'un passeport américain, refoulant les autres (y compris les titulaires de passeports européens), les condamnant ainsi à rester bloqués au milieu de l'enfer haïtien.

Aujourd'hui l'Etat haïtien sort ruiné du tremblement de terre, ce qui réduit à néant de nombreux efforts des ONG mais aussi des pays voisins membre de l'ALBA (Cuba, Venezuela) qui l'avaient associé à leurs programmes de coopération (notamment Pétrocaribe), pour redonner à ce pays une souveraineté. Les médecins cubains ont été parmi les premières équipes de secours sur place. Après les dons d'urgence, quand les caméras se seront éloignées, l'heure sera bientôt de nouveau à la remise en cause des raisons structurelles de la pauvreté d'Haïti qui la rend si démunie face aux catastrophes naturelles - la remise en cause du système impérialiste qu'elle subit depuis plus de deux siècles.

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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 14:37

Après l'annonce d'un plan de militarisation de la Colombie sous forme d'une création de 7 bases, l'Empire étatsunien a-t-il prévu d'encercler le Venezuela ? Selon Hugo Chavez depuis 2005 les patrouilles de porte-avions et navires de guerre dans les Antilles néerlandaises au large de Curaçao, à 65 km des côtes venezueliennes, n'ont cessé d'augmenter, et Washington aurait signé avec les Pays-Bas un accord pour la construction d'un port en eau profonde pour  compléter la "base d'opérations avancées"(Forward Operating Location). Selon sa conseillère  Eva Golinger les 200 000 habitants de Curaçao en 2005 ont assisté mécontents mais impuissants à la visite de plus de cent bateaux de guerre en une année, soit dix fois plus que les années précédentes, tandis que la base aérienne de l'île sert de tête de pont aux incursions dans l'espace aérien venezuelien. Auparavant le dispositif états-unien dans les Antilles s'appuyait surtout sur l'aéroport Reine Béatrix d'Aruba, sur l'île voisine, utilisé depuis 1999.
cible.jpg
Le 16 novembre dernier Helmin Wiels, leader du Parti Pueblo Soberano de Curaçao a demandé la fermeture de la base américaine de l'île en affirmant que Curaçao devait rester en de bons termes avec l'ensemble de ses voisins. Mais son appel a peu de chances d'être entendu. Pour faire accepter leur présence sur l'île et dans la région, et pour contrer les actions de solidarité des alliés du Venezuela dans les Caraïbes (dans le cadre de l'ALBA) les troupes américaines développent des programmes d'assistance humanitaire aux habitants de la zone, qui va selon les soldats jusqu'à repeindre des écoles. L'argument de la drogue reste majeur pour justifier l'ouverture de ces bases. Alors que le bail se termine cette année, le parlement néerlandais a autorisé son renouvellement à la fin du mois de mai dernier.

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 16:16
Le 15 juillet dernier le gouvernement colombien a divulgué son projet de mettre sept bases à la disposition de l'armée américaine. Le Venezuela et l'Equateur ont dénoncé la politique belliciste de leur voisin colombien, tandis que le Brésil et le Chili ont également fait part de leur "préoccupation". Ce nouvel accord permettrait à l'armée américaine de compenser la perte de sa seule base en Amérique du sud, située à Manta, en Equateur.

La Colombie était en 2006 le pays où sont morts la moitié des syndicalistes assassinés dans le monde. Elle est le troisième bénéficiaire de l'aide militaire étatsunienne derrière Israël et l'Egypte dans le cadre officiel d'un plan de lutte antidrogue (Plan Colombia) qui est en fait une lutte anti-FARC (tandis que par ailleurs les USA soutiennent la narco-répubique autoproclamée du Kosovo et que sous leur occupation la culture du pavot ne cesse d'augmenter en Afghanistan). Dans le cadre du Plan Colombia (que Washington veut exporter au Mexique, au Pakistan et en Afghanitan), les USA ont aussi mobilisé les services spéciaux britanniques et espagnols pour l'encadrement de l'armée colombienne. Si l'aide étatsunienne se chiffre à 5,5 milliards de dollars par an, les alliés européens membres de l'OTAN (France, Allemagne, Royaume-Uni etc) contribuent aussi : ils ont versé pour leur part en 2007 154 millions de dollars d'aide militaire à la Colombie sans aucun débat devant leur opinion publique. M. Uribe, qui est un ami de M. Kouchner, a fait libérer pour lui récemment le criminel de guerre kosovar recherché par la justice internationale Agim Ceku. Les forces spéciales israéliennes aussi sont en Colombie, tout comme elles ont participé au coup d'Etat au Honduras.

Le 1er mars 2008, la Colombie a bombardé une base arrière des FARC en Equateur provoquant la rupture des relations diplomatiques avec ce pays. Dix bombes de 500 kilos communément utilisées en Irak ont été déversées par des avions dont on soupçonne qu'ils furent américains (car les avions colombiens ne peuvent transporter de telles bombes).

En avril 2008 le colonel Jim Russell commandant des opérations de l'US Airforce dan le Sud a demandé que des soldats soient retirés d'Irak pour être déployés en Amérique latine. A partir du 12 juillet 2008, la 4ème flotte états-unienne a recommencé à patrouiller au large des côtes latino-américaines pour la première fois depuis 1950. En mai 2008 un avion de combat étatsunien en provenance des Antilles néerlandaises a violé l'espace aérien vénézuélien. Selon Caracas, il s'agissait d'une mission d'espionage sur l'île de La Orchila pour tester les radars vénézuéliens, tandis que Washington a parlé d'une erreur de navigation.

Pour se défendre, le Venezuela, qui se sent menacé, a proposé en mars dernier de mettre des bases aériennes à la disposition des bombardiers russes et son président Hugo Chavez a annoncé mercredi la signature en septembre d'un nouveau contrat d'armement "important" avec Moscou, comprenant l'achat d'une quarantaine de chars. Le président Chavez  accuse "l'empire américain" de vouloir utiliser les bases colombiennes pour s'approprier le riche bassin pétrolifère de l'Orénoque dans le sud-est de son pays. Dans l'Etat pétrolifère de Zulia, un mouvement sécessionniste se développe depuis plusieurs années "Rumbo Propio" soutenu par les grands médias de l'oligarchie vénézolo-américaine.

L'étau se resserre autour de Vénézuela tandis que les USA, qui utilisent les bases de la Guyane française, peuvent aussi compter désormais sur le Panama qui a élu un président de droite en mai dernier. Avec ses nouvelles bases, la Colombie,  pourra aussi menacer la zone andine au sud-ouest et la zone amazonienne où les enjeux stratégiques sont importants. " D'abord c'est le pétrole, ensuite ce sera le minerai de fer et l'eau. Aujourd'hui ils veulent envahir l'Iraq, ne vous étonnez pas si demain ils décident d'envahir l'Amazonie " avait déclaré l'économiste égyptien et contributeur de l'Atlas alternatif Samir Amin lors du deuxième forum social pan-amazonien de janvier 2003 à Bélem. Pour mémoire le 13 août dernier les delegués des peuples indigènes de Colombie ont dénoncé devant le Comité pour l'élimination des discriminations raciales des Nations Unies les persécutions dont ils sont l'objet par le gouvernement de Bogota. Karmen Ramírez Boscán, dirigeante de l'Organización Nacional Indígena de Colombia (ONIC) a critiqué les divers effets néfaste de la future présence des bases étatsuniennes dans leur zone, y compris en termes des risques de diffusion du commerce sexuel et de viols des femmes indigènes.


F. Delorca
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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 05:43

Après la rupture des négociations entre putschistes et partisans du président Zelaya, le Front National de Résistance a organisé une manifestation contre le coup d’Etat au Honduras devant l’Assemblée Nationale (Congreso de la República) dans le centre de la capitale hondurienne à Tegucigalpa. Le Secrétaire International du Mouvement Communal du Honduras, José María Meza, a accusé le Gouvernement des USA finance le régime putschiste conduit par Roberto Micheletti et le général Romeo Vásquez Velásquez. Lors d’un entretien téléphonique diffusé sur une chaîne vénézuélienne de télévision, Venezolana de Televisión, ce leader du mouvement social du Honduras a précisé que “ce financement s’effectuait sous couvert “d’aide humanitaire” acheminée par la base de Soto Cano’(ce financement est confirmé par un chercheur québecquois dans un article publié dans le Devoir, mais celui-ci insiste tout de même sur la position un peu plus modérée de l'admiistration Obama que cellede Bush à l'époque du coup d'Etat vénézuélien, et ce notamment à cause de la forte mobilisation de l'Amérique latine derrière Zelaya). On peut aussi se reporter au dossier de Michel Collon sur les contacts de l'ambassadeur étatsunien Hugo Llorens avec les militaires putschistes dès avant le coup d'Etat. A Washington l'ex-candidat à la présidence McCain et la mafia cubaine exilée à Miami entretiennent le lobbying en faveur du coup d'Etat.

José María Meza a par ailleurs dénoncé les assassinats dont ont été victimes à leurs domiciles Roger Iván Bados et José Murillo, dirigeants du Parti de l’Unification Démocratique qui soutient et organise des manifestations dans la ville de San Pedro Sula pour exiger le retour du Président Manuel Zelaya. Le bilan de la répression militaire depuis le coup d'Etat serait de 4 assassinats et plus d'un millier d'arrestations (notamment les militaires ont tiré sur la foule lors de la tentative de retour du président Zelaya à l'aéroport de Tegucigalpa appuyée par les présidents Fernando Lugo, Rafael Correa et Cristina Fernandez-Kirchner, une répression dissimulée par les grands médias occidentaux).

Les syndicats Central General de Trabajadores (CGT), la Confederación de Trabajadores de Honduras (CTH) et Confederación Unitaria de Trabajadores de Honduras (CUTH), les syndicats d'enseignants ont lancé un mot d'ordre de grève générale contre le nouveau pouvoir hondurien dirigé par le chef d'entreprise Roberto Micheletti.

Des actions de solidarité avec le peuple hondurien se poursuivent en Europe et dans le monde. Voir vidéo ci dessous d'un rassemblement le 2 juillet dernier.

FD

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 13:23
Des militaires ont arrêté le dimanche 28 juin à l'aube le président du Honduras, Manuel Zelya, qui était sur le point d'organiser  une consultation populaire pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre jugée illégale par la Cour suprême. Au moins huit de ses ministres, dont la ministre des affaires étrangères, ont été arrêtés. La veille, M. Zelaya avait limogé le chef d'état-major général devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote (AFP).

L'Union européenne a condamné dimanche l'arrestation par les forces armées du président du Honduras, Manuel Zelaya, et réclamé sa libération "immédiate", a annoncé la présidence tchèque de l'UE. A Washington, le président Barack Obama s'est déclaré "très préoccupé" et a demandé aux "acteurs politiques et sociaux" de ce pays d'Amérique centrale de respecter la démocratie et l'état de droit.

La modération des termes du président Obama suggère que les Etats-Unis sont directement derrière ce coup d'Etat. Eva Golinger, journaliste basée au Venezuela, note entre autre indices que Martha Diaz, coordinatrice de l'ONG Grupo Paz y Democracia financée par l'agence américaine USAID a qualifié le coup d'Etat de "transition vers la démocratie". Selon le New-York Times les Etats-Unis étaient au courant du projet de coup d'Etat.

Elu président en janvier 2006, M. Zelaya avait opéré un net virage à gauche et s'était rapproché des dirigeants de gauche antilibéraux de la région. Depuis plusieurs décennies le Honduras était un des piliers de la politique réactionnaire en Amérique centrale. Ceux qui s'attendaient à une évolution positive de la diplomatie étatsunienne sous le mandat du président Obama reçoivent là un bien mauvais signal.

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PS 30 juin : Face à la résistance populaire, l'armée a dû faire marche arrière. Dans les jours qui ont suivile putsch seuls se sont encore risquées à le défendre diverses opinions conservatrices comme celle journal des exilés cubains de Miami le Miami Herald, ou du journaliste Gérard Thomas qui, dans le journal Libération en France, estimait mardi que le président hondurien était démis "dimanche par les militaires, sur ordre de la justice" et accusait le président Zelaya (en citant le sociologue Gilles Bataillon, collaborateur des revues réactionnaires françaises Communisme - dirigée par S. Courtois - et Commentaire) d'incarner une «classe politique inepte, uniquement préoccupée d’assurer sa réélection».  Le président américain Obama a fini pour sa part par ademttre que ce putsch était illégal. Pour un beau récit du rôle des ambassadeurs de Cuba, du Vénézuela et du Nicaragua dans la défense du ministre des affaires étrangères honduriens, voir le témoignage de F. Castro en français.

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