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11 novembre 2010 4 11 /11 /novembre /2010 23:38

« Je ne sais pas vous, mais moi, j’en ai assez des pressions et du forcing des pays étrangers » a déclaré le 6 novembre le président malgache Andry Rajoelina, lors de son show politique au Palais des sports de Mahamasina devant les centaines de milliers de personnes. « Nous avons traversé 20 mois sans aucune aide de leur part, mais les affaires nationales continuent  à marcher. Nous allons leur prouver qu’ensemble, nous restons debout et nous atteindrons nos objectifs de développement »

 

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Les Occidentaux reprochent à Rajoelina, qualifié par la presse anglo-saxonne de "businessman populiste", d'avoir renversé en 2009 l'ex-président Ravalomanana, patron du plus puissant groupe agro-alimentaire du pays, Tiko, soutenu par les évangélistes étatsuniens.

 

Depuis lors ils n'ont pas ménagé leurs pressions sur Antananarivo. En juin dernier l'Union européenne a suspendu son aide à Madagascar (dont le budget dépend por moitié des apports extérieurs). Les Etats-Unis avaient fait de même en mars à la suite de la dissolution du parlement malgache. Washington s'est aussi saisi du thème de la protection des forêts pour mettre Madagascar en difficulté. Le 5 novembre 2009, le représentant démocrate Earl Blumenauer (Oregon) faisait voter à une écrasante majorité à la chambre des représentants étatsunienne une résolution condamnant le pillage de la forêt malgache.

 

Au cours du meeting du 6 novembre le président Rajoelina a présenté les nouveaux partenaires de Madagascar : la Chine, dont des représentants de grandes firmes comme le China Sonagol International Holdings, ou du China International Found, mais aussi la Turquie, l’Inde, l’Iran.

 

Le 17 novembre prochain les Magaches seront appelés aux urnes pour l'adoption d'une nouvelle constitution.

 

---

 

PS : le référendum, organisé en présence d'une délégation européenne, aurait fait se déplacer près de 50 % de votants, malgré la tentative de coup d'Etat militaire survenue le même jour, et finalement désamorcée.

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10 novembre 2010 3 10 /11 /novembre /2010 19:50

Le président de la commission des affaires étrangères du Sénat étatsunien, John Kerry, s'est rendu le weekend dernier au Soudan, pour proposer la radiation du Soudan de la liste des Etats soutenant le "terrorisme" et la levée de l'embargo étatsunien en échange de la participation de Khartoum à une sécession pacifique des provinces du Sud. Auparavant la Maison Blanche exigeait du gouvernement de Bachir à titre préalable la stabilisation de la situation au Darfour (où des affrontements ont repris en juin entre Arabes et entre troupes gouvernementales et rebelles malgré la présence de forces internationales), mais cette demande n'est plus à l'ordre du jour.

 

Le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan chrétien à la suite d'une longue guerre civile est prévu pour le 9 janvier prochain. Ce référendum pourrait susciter des violences dans la province pétrolifère d'Abyei, où le gouvernement de Khartoum voudrait que les pasteurs nomades de langue arabe, les Misseriya, puissent obtenir le droit de vote, ce que les sudistes refusent. Les Misseriya (1 million de bédouins qui voyagent toujours armés) ont besoin du maintien de cette province dans le Nord-Soudan pour y trouver l'eau nécessaire à leur troupeau. Leur transhumance saisonnière vers le Sud, sur les terres des Dinka Ngok, existe depuis deux siècles.

 

Les leaders de l'Armée de libération du peuple soudanais (sudiste, qui compte beaucoup de Dinka) on proposé à Khartoum qu'Abyei, déjà redécoupée en 2008, soit rattachée au Sud sans référendum en échange d'un partage de sa manne pétrolière avantageux pour Khartoum. Mais cet accord ne règlerait pas le problème de l'eau, crucial pour la survie des Misseriya. A deux mois du référendum, le risque d'une reprise de la guerre civile demeure.

 

FD

 

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2 octobre 2010 6 02 /10 /octobre /2010 03:50

flagcongo.pngUn rapport de 550 pages vient d'être publié par le Haut commissariat pour les droits de l’Homme de l'ONU sur les atrocités commises en République démocratique du Congo (RDC) de 1993 à 2003 contre les populations hutu qui y étaient réfugiées après le génocide commis par les extrémistes hutu au Rwanda. Ce rapport n'avait été communiqué en juin et juillet qu'à six pays impliqués dans la tragédie des Grands Lacs. Les autorités rwandaises alliées des Etats-Unis ont évidemment condamné son contenu. (Le président Kagamé très démocratiquement rééelu récemment avec 93 % des voix s'exprimait dans le cadre d'une conférence de l'Institut international d'études stratégiques à Londres, un institut qui en son temps avait légitimé la thèse de la possession des armes de destructions massives biologiques et chimiques par l'Irak). Le Burundi, l'Ouganda et l'Angola également incriminés à divers niveaux ont fait de même.

 

Un ex enquêteur de l’ONU sur les massacres au Congo, Reed Brody, qui travaille pour Human Rights Watch et s’est distingué par ses actions à l’encontre de l’ancien dictateur tchadien Hissene Habré, a estimé que le rapport de l’ONU devrait servir d’argument, de base de données pour amener les coupables devant la justice.

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La publication de ce rapport met l'ONU en complet porte-à-faux car les Nations-Unies ont misé sur le Rwanda pour de nombreuses missions de maintien de la paix en Afrique, notamment au Soudan (Paul Kagamé a d'ailleurs menacé de retirer ses troupes si des suites favorables étaient données au rapport qui l'accuse de crime contre l'humanité). En outre, alors que l'ONU a critiqué l'invitation par les chefs d'Etat africains du président soudanais Omar El-Béchir inculpé devant la cour pénale internationale (CPI), il devient tout aussi critiquable que l'institution soit représentée en la personne de l'adjoint du procureur de la CPI à la cérémonie d'investiture de Paul Kagamé... qui lui même pourrait se voir inculper devant cette même cour sur la base du rapport de l'ONU prochainement....

 

La nouvelle intervient alors qu'au même moment, au mois de septembre, à la faveur d'un réchauffement des rapports entre Paris et Kigali, le juge français Marc Trevidic qui a repris à zero l’enquête du juge Bruguière sur l’attentat contre l’avion présidentiel du président Habyarimana en 1994 s'est rendu au Rwanda pour finaliser son enquête. Des officiers de l'armée de M. Kagamé ont été traduits pour crimes de masse devant la justice espagnole dont l'enquête constitue une pression supplémentaire sur le régime de Kigali.

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3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 19:46

Le président de l'Union des Comores Ahmed Abdallah Sambi a nommé dans la nuit de mardi à mercredi 26 mai un gouvernement d'intérim, à la veille de la fin théorique de son mandat présidentiel, a-t-on appris de source officielle.

 

La prolongation du mandat de M. Sambi a suscité la colère des habitants de Mohéli à qui revient normalement le tour d'assurer la présidence de l'Union des Comores, en vertu du principe de la présidence tournante entre les îles de Grande Comore, Anjouan et Mohéli.

 

Le 31 mai des membres de la communauté comorienne de France ont constitué un gouvernement d'union nationale en exil pour obtenir le départ du président Ahmed Abdallah Sambi, et en appellent à la France pour mettre fin à la crise politique de l'archipel.

 

Selon un communiqué, ce gouvernement en exil a été constitué à l'initiative des partis Mwashiwa et Jirma (Jeunesse Initiée et Rassemblée en Mouvement pour Anjouan), ainsi que des femmes mohéliennes de France. Composés de onze membres, tous originaires des trois îles de l’archipel (Anjouan, la Grande Comore, Mohéli), ce gouvernement en appelle à la France, « le pays mère » pour sortir de la crise politique.

 

Le 1er juin il était aussi question de la création d'un gouvernement dissident sur l'île de Mohéli, de sorte que l’armée comorienne a dressé mardi des barricades dans la région centre de l’île et a quadrillé les rues de Fomboni, le chef-lieu.

 

Le président sortant aurait pour sa part eu recours à l'aide libyenne pour sa sécurité.Selon Jeune Afrique, il pourrait aussi compter sur le soutien diplomatique de l'Iran et des monarchies du Golfe.

 

Des étudiants mohéliens ont quant à eux hissé le 1er juin le drapeau de l'ancien colonisateur français sur le site de l'Université de Mvuni sans qu'on connaisse la finalité véritable de cette provocation.

 

La France a récemment renforcé sa présence à Mayotte (île qui selon l'ONU devrait aujoud'hui faire partie des Comores) qu'elle a décidé de transformer en département d'Outre-mer en 2011. La zone présent un intérêt économique du fait de ses réserves en gaz et pétrole, mais surtout stratégiques. 1 500 militaires français y sont basés. Mayotte permet de garder sous contrôle Madagascar, Maurice, les Seychelles et les Comores et surveiller le commerce maritime qui représente 90% des échanges commerciaux intercontinentaux. b52.jpg

 

C’est à partir de la base de l’île de Diego Garcia dans l’océan indien que les Etats-Unis ont bombardé l’Irak pendant la première guerre du golfe et l’Afghanistan après l’attaque du 11 septembre. Les forces occidentales ont quadrillé les régions pétrolifères de l’Afrique. La France et les Etats-Unis, de concert, contrôlent les routes maritimes et enserre l’Asie centrale grâce à l’installation de bases militaires à Abou Dhabi, Diego Garcia, La Réunion ; Djibouti, Mayotte (voir le blog d'Eve Ressaire à ce sujet). Les Etats-Unis en 2008 avaient manifesté leur intérêt pour les Comores en y dépêchant leur secrétaire d'Etat adjoint aux affaires africaines Mme Jendayi Fraze. Ils ont d'ailleurs participé à une médiation avec la France et l'Afrique du Sud à Anjouan cette même année.

 

Anjouan en 1997 avait demandé à rejoindre la France. L'apparition de drapeaux français à Mohéli ces derniers jours pose la question du rôle de la France dans cette crise. La presse présente l'ancien colonisateur comme étant en retrait et laisse entendre que les initiatives pro-françaises des Mohéliens ne seraient pas provoquées de l'extérieur.

 

L'Union africaine a en tout cas dépêché un commissaire à la paix et la sécurité afin de favoriser une solution sans ingérence des puissances occidentales.

 

 

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19 mai 2010 3 19 /05 /mai /2010 17:00

Vendredi dernier (14 mai), l’Ethiopie, l’Ouganda, le Rwanda et la Tanzanie ont signé un accord remettant en cause le traité de partage des eaux du Nil élaboré en 1929, à l’époque de l’occupation britannique, et amendé au moment des indépendances africaines. Cet accord très favorable aux deux pays en aval attribue à l’Egypte (55 milliards de m³) et le Soudan (18 milliards) près de 90% du volume annuel du fleuve. Le traité octroie en outre au Caire un droit de veto sur tous les travaux susceptibles d’affecter son débit. En 1978, le président égyptien Anouar el-Sadate avait ainsi menacé de bombarder l’Ethiopie si les travaux d’un barrage n’étaient pas interrompus. ­Addis-Abeba avait cédé.

 

Aujourd'hui l'Ethiopie se sent davantage en position de force et prévoit de construire une quarantaine de micro-barrages. L'Egypte l'accuse d'avoir sur ce point le soutien d'Israël qui pourrait en financer quelques-uns.

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En septembre 2009, le ministre des affaires étrangères israélien M. Avigdor Lieberman a rendu visite aux trois pays qui contrôlent le bassin du Nil : l'Ouganda, le Kenya (où s'était rendu le président M. Ahmadinejad quelques mois plus tôt) et l'Ethiopie. Certains analystes arabes comme Galal Nassar dans Al -Ahram estiment qu'Israël utilise les pays en amont du Nil pour mettre en péril la survie de l'Egypte dont l'agriculture dépend complètement du Nil (et en dépendra encore davantage à mesure que sa population augmente). Au Kenya, Lieberman a d'ailleurs signé un important accord sur l'eau. Le ministre qui en 1998 avait recommandé de bombarder le barrage d'Assouan pour inonder l'Egypte aurait ainsi plutôt opté pour le chantage à l'assèchement.

 

Israël a du reste tout autant besoin d'eau que l'Egypte. Le 8 septembre, à propos de la visite de Lieberman en Afrique, le journal français Le Figaro remarquait d'ailleurs : "En 1974, un projet envisageant la restitution de Jérusalem-Est aux Palestiniens en échange du transfert annuel de 840 millions de m³ - suffisants pour couvrir les besoins en eau d'Israël à l'époque - s'est encore heurté à l'hostilité de l'Éthiopie et du Soudan et au veto du premier ministre israélien Menahem Begin. Cinq ans plus tard, Israël a retenté sa chance après la signature du traité de paix de Camp David. Mais l'Égypte s'y est opposée, arguant qu'une telle décision requiert l'accord de tous les pays riverains. Israël a retenu la leçon. Et prépare peut-être la prochaine offensive."

 

En ce qui concerne l'autre grand pays arrosé par le Nil, le Soudan, son instabilité sert aussi les intérêts israéliens. Israël a mené des raids aériens au Soudan en 2009 et entretenu la sécession au Darfour et du Sud-Soudan. Dans ce pays le processus électoral du mois dernier, qui s'est déroulé dans le cadre d'un plan de paix visant à un meilleur partage des ressources, semble de plus en plus compromis, tandis que les armes affluent à nouveau, ravivant le risque de reprise de la guerre civile.

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 11:50

La démocrature rwandaise de Paul Kagame serait-elle fragilisée ? A quelques mois des élections présidentielles prévues le 9 août 2010, deux événements récents laissent supposer à certains une fragilisation du régime nationaliste tutsi de Paul Kagame.

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En premier lieu le harcèlement policier contre la Présidente des Forces Démocratiques Unifiées « FDU – Inkingi », Victoire Ingabire Umuhoza, une jeune hutu venue à la politique bien après le génocide mais que le pouvoir rwandais prétend associer aux forces armées hutues  Forces Démocratiques de Libération du Rwanda « FDLR » basées au Congo. Elle est fréquemment interrogée depuis son retour de son exil, et présentée comme une "hooligan" par le  président Kagamé, qui ne cesse aussi de demander l'extradition de responsables de l'opposition en exil. Le pouvoir du président Kagamé est d'ailleurs occasionnelle appuyé par l'ONU dans ses attaques contre le FDU, un rapport d'expert récent ayant reproché à Mme Ingabire d'avoir siégé à une table de dialogue national à laquelle se trouvaient des représentants du FDLR. Des Tutsis francophones sont aussi inquiétés.

 

Le deuxième élément est le remplacement du général James Kabarebe au poste de chef d'Etat major qui pourrait traduire une méfiance à l'égard de l'armée, mais cette information n'est citée semble-t-il que sur un blog.

 

Pendant ce temps les tribunaux rwandais tardent à juger l’ex-chef historique de la rébellion congolaise, Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda en janvier 2009, accusé d'avoir commis de nombreux crime sde guerre au Congo, et toujours détenu à Kigali.

 

En ce qui concerne le Congo justement, sur Dissident voice, le journaliste Keith Harmon Snow accuse les forces de l'ONU d'avoir soutenu les forces gouvernementales congolaises contre la nouvelle guérilla les "Patriotes-Résistants de Dongo" dans la province d'Equateur et met en cause la propagande occidentale de l'Agence france presse et de Reuters qui dissimulent les vrais enjeux de la guerre au Congo oriental. Il rappelle aussi que la dernière grande opération humanitaire, l'initiative Congo, menée par l'acteur Ben Affleck est financée par Howard Buffet, dont la holding Berkshire Hathaway possède 18,5 % des parts du Washington Post (ce qui n'est guère de nature à assurer l'indépendance des grands médias étatsuniens sur ce sujet) et qu'en septembre 2008 le milliardaire Bill Gates, Howard Buffet, Paul Kagame et Yoweri Museveni ont lancé ensemble un partenariat “Purchase for Progress” avec le Programe alimentaire des Nations-Unies. Il révèle aussi que l'OTAN, le commandement africain des troupes américaines (Africom), les compagnies de sécurité privées Dyncorp and PAE (Pacific Architect & Engineers) d'avoir encadré des soldats ougandais et rwandais impliqués dans la répression de l'insurrection à Kisangani, mais aussi engagés au Soudan, en Irak et en Afghanistan comme supplétifs de l'armée américaine.

 

La nouvelle insurrection de Dongo est en tout cas en train d'infliger des revers sérieux aux troupes occidentales, sur lesquels les agences de presse occidentales restent pour le moins discrètes.

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 10:06
Le Soudan s'apprête à tenir le 11 avril prochain ses premières élections multipartites (législatives, régionales et présidentielle) depuis 1986, un processus qu'il a dû accepter sous la pression des USA dans le cadre des négociations de 2005 avec les sécessionnistes du Sud. A cette occasion, les pressions occidentales se multiplient sur ce pays. Tout en subtilité, mardi 23 mars lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la cour pénale internationale, a estimé que le travail des observateur électoraux de l'Union européenne (138 observateurs), était comparable à "surveiller une élection sous Hitler". La cour pénale internationale (CPI) a inculpé le président sortant Omar al-Bachir pour génocide au Darfour, une accusation qui a été portée contre le gouvernement islamiste de Khartoum par les néo-conservateurs américains à l'époque de Bush, et relayée par divers lobbys, une accusation que même l'ancien président du Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie Antonio Cassese, qui a été dépêché au Soudan par l'ONU en 2004, trouve excessive.
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 M. al-Bachir a menacé d'expulsion les observateurs électoraux américains de la Fondation Carter (dirigée par l'ancien président démocrate américain, et proche d'Obama). Il est reproché à ceux-ci d'avoir demandé le report de la date des élections, ce qui n'est habituellement pas dans la compétence d'observateurs électoraux. Human Rights Watch (liée à la Fondation Soros et aux démocrates américains) s'est aussi jointe à la Fondation Carter pour demander le changement de date des élections. Il semble que ces lobbys liés à l'administration démocrate aient pris, sur le Soudan, le relais de la croisade des néo-consevateurs évangélistes liés aux républicains, manifestant ainsi la continuité de la politique impériale étatsunienne dans les pays à fort enjeu pétrolier.

17 partis politiques soudanais se sont engouffrés dans la brèche de la demande du report des élections, à l'exception notable du Mouvement de libération des peuples du Soudan et du Parti du congrès populaire.

Selon Gérard Prunier et  Maggie Fick, ces élections, qui sont un prélable au référendum d'autodétermination du Sud-Soudan en 2011, "marquent le début d'un processus qui va modifier durablement l'histoire, mais qui, au vu de l'état actuel des jeux politiques, pourrait conduire à la dissolution brutale de l'Etat soudanais."

F. Delorca
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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:37
Selon le bureau de coordination de l’ONU (Ocha), 1330 cas de viols ont été enregistrés au Sud-Kivu depuis le début de cette année. Non seulement les violences sexuelles, accompagnées d’atrocités, se multiplient, mais elles visent désormais des enfants (de 35 à 50% des cas) ainsi que des hommes adultes. Les assassinats et vols de civils se poursuivent . Les mêmes crimes sont constatés au Nord-Kivu. De passage à Bruxelles et s’exprimant à la tribune de Justice et Paix le 16 juin, le père Rigoberto Minani, qui dirige le Centre d’études pour l’action sociale et dont Colette Braeckman rapporte les propos sur son blog, a fait état de la situation dramatique au nord-est du Congo où l'armée régulière (FARDC environ 100 000 hommes) qui a intégré les anciens membres de  milice du rebelle tutsi Nkunda (comme Jean-Bosco Ntanganda également appelé « le Terminator », recherché par la Cour Pénale Internationale « coordonnateur adjoint » de l’offensive) inspire autant de crainte à la population que les milices hutus rwandaises FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, environ 8 000 hommes). Toutes les forces armées seraient devenues peu ou prou des bandes criminelles indisciplinées (par exemple la LRA ougandaise évoluerait au Sud-Kivu sans commandement ni objectif précis, la corruption par le partage des bénéfices miniers aidant encore à développer l'anarchie dans cette région). L'absence de versement des soldes pourrait expliquer en partie les violences (au moins en ce qui concerne les forces congolaises - FARDC). Une Mission de conseil et d’assistance de l’Union européenne en matière de réforme du secteur de la sécurité en RDCongo (EUSEC) a pourtant été mise en place par les ex puissances coloniales, sous commandement d'un général français, pour rationaliser le système de rémunération de cette armée.

La République démocratique du Congo s'enfonce par ailleurs dans la crise économique. Selon le FMI (qui augmente son contrôle sur ce pays - M. Strauss-Kahn était à Kinshasa le 25 mai,  après l'effondement des prix du cuivre, cobalt et diamant, une chute des termes de l’échange de 20% est attendue cette année. Par conséquent, la croissance économique pour 2009 est estimée à 2,7%, bien en dessous des niveaux d’avant-crise. Cette faiblesse de l'Etat central congolais ne peut qu'entretenir le pourrissement actuel de la situation.

Pour beaucoup d'analystes, aucune victoire militaire sur les hutus rwandais (dont seulement une petite partie à pu retourner dans leur pays qu'ils ont quitté en 1994) n'est possible et la solution ne peut être que diplomatique. Alexis Kalinda, leader d'un groupe ethnique Nyanga, affirme que le principal obstacle à la paix dans la partie Est de la RDC est le Président rwandais Paul Kagame (le leader nationaliste tutsi FPR, allié de Clinton et de Bush) qui persiste dans son refus de tout dialogue avec les FDLR. « Le Rwanda doit leur fournir des garanties », explique-t-il, insistant au passage sur le fait que Kigali a besoin d'un compromis convaincant et durable. Paul Kagame est de plus en plus en mauvaie posture à l'égard de ses anciens parrains occidentaux. Ayant soutenu les républicains et Mc Cain aux dernières élection présidentielles étatsuniennes estimant que les "blancs ne voteraient jamais pour un noir", il est en mauvaise posture à l'égard d'Obama (comme l'a révélé l'obligation dans laquelle il s'est trouvée d'abandonner son allié Nkunda). A la différence de Sarkozy qui, à contretemps des Américains, croyait intelligent de proposer un deal avantageux à Kagame au Congo, l'orientation de l'administration américaine serait plutôt hostile à Kagamé. Signe des temps, le 1er juin dernier, 70 universitaires principalement anglo-saxons ont adressé une lettre ouverte au président du tribunal pénal international pour le Rwanda demandant l'inculpation de M. Kagame... un moyen de pression qui pourrait faciliter certaines réconciliations entre nationalistes tutsis et exilés hutus...

FD
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20 mars 2009 5 20 /03 /mars /2009 14:56

Comme en Mauritanie, l'armée à Madagascar s'est posée en arbitre des conflits au sein de la classe politique. Après deux mois de mobilisation populaire contre le président Marc Ravalomanana, l'armée malgache a appuyé l'arrivée au pouvoir du maire d'Antananarivo Andry Rajoelina. L'Union européenne, les Etats-Unis et la Communauté pour le développement de l'Afrique australe (SADC), ont condamné ce coup d'Etat.

Le quotidien Ouest-France du 20 mars 2009 cite Denis Alexandre et Yvan Combeaux, du Centre de recherches sur les sociétés de l'océan Indien selon lesquels la France (ainsi que l'ex-président pro-soviétique devenu pro-français Didier Ratsiraka) serait derrière ce coup d'Etat contre Ravalomanana qui nourrissait de la francophobie et une sympathie pour ce qui est américain (Ravalomanana, patron du plus puissant groupe agro-alimentaire du pays, Tiko, était soutenu par les évangélistes étatsuniens). Andry Rajoelina quant à lui s'était réfugié à l'ambassade de France le10 mars dernier après avoir été déchu par le gouvernement. L'extrême gauche maoïste française comme le site Futur Rouge dénonce le retour de "l'impérialisme français".

La nouvelle intervient alors que la France prise dans la crise économiqie remobilise la zone franc. Il y a un mois, le 23 février à­ l’in­itia­tive d­e Chr­is­tin­e La­g­a­r­d­e, m­in­is­tr­e fr­a­n­ça­is­ d­e l’Econ­om­ie, d­e l’in­d­us­tr­ie et d­e l’em­ploi, les­ autorités­ fin­a­n­cièr­es­ et écon­om­iques­ d­e la­ Z­on­e fr­a­n­c s­e s­on­t r­etr­ouvées­ à Pa­r­is­.

Sur divers sites de gauche Bernard Grangeon pour sa part dresse le bilan de la présidence de Marc Ravalomanana et de l'état du paysage politique malgache en ces termes :

"L’union des Merina pour le changement social, mettre fin à la corruption, construire des infrastructures, projeter le pays dans le développement économique, fut rapidement trompée et niée par la réalité de la "bonne gouvernance" : libéralisme sauvage, montée des liens avec le capitalisme américain, les chrétiens démocrates allemands, les dirigeants de la Chine populaire et de la Corée du Sud (en janvier, le PC chinois a passé un accord avec Ravolomana pour l’imprimerie des cartes d’adhérents de son parti présidentiel ! ), adhésion et prosélytisme publics du président en faveur d’une église évangéligique américaine, le tout au détriment à la fois des positions traditionnelles de la majorité de la bourgeoisie Mérina et des anciens liens néocoloniaux avec la France. Finalement ce président PDG, menaçant les libertés individuelles, dévaluant la monnaie, promouvant sa propre entreprise, a poussé la population à l’exaspération complète. La vente massive de la terre des ancêtres au trust Daewoo a symbolisé cette politique et cristallisé les mécontentements.

C’est ce qui a conduit aux dernières municipales à la victoire contre toute attente du jeune Andry Rajoelina contre le candidat présidentiel. Cette nouvelle donne en cache une autre, beaucoup plus profonde et de nature nouvelle : la division de la bourgeoisie Mérina, la couche dominante traditionnelle de Madagascar.

Aujourd’hui les partis politiques malgaches, tant ceux de la bourgeoisie qui n’a jamais vraiment eu d’expression politique directe, que ceux issus de l’histoire de la gauche, sont en lambeaux, seule la petite AKFM est restée fidèle à ses valeurs, mais est peu connue de la jeunesse. Le grand mouvement actuel vit des traditions de lutte du peuple malgache, mais n’a pas de parti, pas d’organisation, pas de représentation politique. C’est très largement une vague spontanée, dirigée contre ceux qui sont perçus comme les voleurs au pouvoir."

Il semble donc que l'armée ait suppléé à la fois la vacance du pouvoir (selon Grangeon, les ministères sont vides depuis plusieurs semaines) et l'incapacité du peuple à donner une traduction concrète à son aspiration, qui est, comme au moment de la révolution malgache de 1973 : "pour une indépendance nationale totale et réelle".


FD
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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 16:38
Le journaliste Britannique David Blair dans un article publié le 20 novembre 2008 par le quotidien Britannique "The Daily Telegraph" a révélé que la Grande Bretagne a accordé en 2007 46 millions de livres  (Congo tribune malheureusement transforme leslivres en dollars dans le résumé en français de l'article) au président Paul Kagame, l'ayant donc équipé pour préparer à l'agression en cours contre la RDC à partir du Nord Kivu. On avait aussi noté l'activisme britanique contre la Russie l'été dernier. Londres n'est pas en reste en Afrique.

En janvier le président français pour adoucir ses relations avec Kigali a jeté un pavé dans la mare en proposant un partage des ressources de la région des Grands Lacs en faveur du Rwanda et au détriment de la république démocratique du Congo. La presse congolaise (Le Potentiel) y a vu une volonté de la France d'organiser le dépeçage du Congo. Le même journal est plus optimiste sur les chances de Washington de continuer à défendre l'intégrité territoriale de ce pays, semble-t-i pour éviter qu'il ne devienne un "failed state" dangereux pour sa sécurité. Hillary Clinton a annoncé une aide 52 millions de dollars. Très inférieure à l'aide annuelle d'1 milliard de dollars de la Russie, qui par la voix de son nouvel ambassadeur s'est déclarée opposée à l'exploitation sauvage des minerais du Congo par les multinationales.

Aujourd'hui la guerre du Kivu est largement financée par le commerce du coltan, précieuse composante des téléphones portables occidentaux.

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