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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 18:00
A l'occasion de la visite du repésentant du Parti communiste chinois à Caracas Li Changchun, le Venezuela s'est engagé à livrer à la Chine 300 000 barrils de pétrole par jour en 2007, l'objectif étant de monter jusqu'à 1 million en 2012. 

Le Venezuela l'an dernier n'a exporté que 150 000 barrils par jour vers la Chine (http://www.chinadaily.com.cn/china/2007-03/27/content_837557.htm ) alors que celle-ci en importait 3 millions au total en 2005 (la moitié de sa consommation, chiffre en hausse constante chaque année) dont 50 % du Proche-Orient (http://www.zoomchina.com.cn/index.php?option=com_content&task=view&id=5548&Itemid=81 ).

Un projet de construction d'une raffinerie sino-venezuelienne est aussi à l'étude.

L'objectif venezuelien est de diversifier sa politique d'exportation. En 2005 Caracas livrait 1,2 millions de barrils par jour aux USA (un peu plus d'un dixième des importations américaines - http://tonto.eia.doe.gov/dnav/pet/pet_move_impcus_a2_nus_epc0_im0_mbblpd_a.htm ) soit presque la moitié de ses exportations totales.

La Chine et le Venezuela ont par ailleurs décidé de créer un fond de développement binational de 6 milliards de dollars qui serait abondé aux deux tiers par la Chine et pourrait servir notamment à financer la production de téléphones cellulaires et la construction d'une ligne ferrovière traversant le Venezuela d'Est en Ouest (sources TeleSUR)
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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 19:33
Le parti Janatha Vimukthi Peramuna (Front de Libération du Peuple) a organisé le 22 mars 2007 une manifestation contre les interférences de l'ONU dans la politique intérieure du Sri Lanka (http://www.tamilnet.com/pic.html?path=/img/publish/2007/03/22_03_07_jvp_protest_06.jpg&width=500&height=280 ), après que le gouvernement sri-lankais ait manifesté sa volonté de faire appel aux instances internationales pour enquêter sur les violations des droits de l'homme sur l'île (http://www.sibernews.com/news/sri-lanka/-200703147663/ ). Un des slogans était "Human right observers are needed in Afghanistan and Iraq not in Sri Lanka" ("On a besoin d'observateurs des droits de l'homme en Afghanistan et en Irak, pas au Sri Lanka"). Le JVP est un parti marxiste qui compte depuis 2004 39 sièges au parlement du Sri Lanka sur 225.

Les manifestants ont également exigé que soit rendu public l'accord de défense secret conclu entre Colombo et les Etats-Unis d'Amérique.

Le Sri Lanka est d'un intérêt stratégique important pour les Etats-Unis. Le Département de la Défense américain au début des années 2000 a conclu à la nécessité de ne plus compter seulement sur l'alliance avec Singapour et la Thaïlande. Il fallait pour les Etats-Unis pouvoir contrôler de plus près l'Inde. Trois scénarios étaient possibles dans ce but : s'installer au nord de l'Inde, en Asie centrale, ou dans l'Océan indien. Sri Lanka offre la meilleure option  étant à mi-chemin entre Singapour et Oman, vu son alliance traditionnelle avec le dispositif de défense britannique (http://www.tamilnation.org/intframe/us/index.htm ), et vu la configuration du port de Trincomalee qui peut abriter des sous-marins nucléaires (http://www.defencetalk.com/forums/archive/index.php/t-4126.html ). Un accord a été signé récemment avec le gouvernement srilankais, mais toutes ses closes n'ont pas été rendues publiques.

L'implication croissante de Washington dans la zone ne manquera sans doute pas d'avoir des effets sur la guerre civile qui oppose les autorités du Sri lanka au mouvement rebelle des Tigres tamouls qui ont lancé le 26 mars 2007 une attaque aérienne contre une base militaire près de Colombo (http://www.sibernews.com/news/sri-lanka/-200703267909/ ).
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26 mars 2007 1 26 /03 /mars /2007 19:12
Le Conseil de sécurité a unanimement adopté le 25 mars la résolution 1747 patronnée par la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne qui interdit à l'Iran d'exporter des armes et ordonne le gel des avoirs de 28 personnes et entités liées à son programme nucléaire. La résolution donne à l'Iran 60 jours pour geler son programme d'enrichissement d'uranium, soupçonné de servir à la mise au point d'une arme nucléaire, avant de faire face à de nouvelles sanctions. 

Les trois pays membres du Mouvement des Non-Alignés aux Nations Unies - le Qatar, l'indonésie, et l'Afrique du Sud - ont fait assaut d'efforts diplomatiques pendant huit jours pour édulcorer cette résolution et notamment y inclure des considérations sur le fait que l'interdiction d'accès de l'Iran à l'armement nucléaire devrait s'étendre à tous les pays (sous-entendu y compris Israël).

Le représentant d'Afrique du Sud qui préside le Conseil de sécurité a exprimé son malaise devant le rejet de la plupart des propositions des non-alignés par le Conseil de sécurité et souligne que la résolution 1747, qui ne devrait pas être utilisée à des fins belliqueuses, au moins reconnaît le droit de l'Iran et des autres pays à se doter du nucléaire civil. (source : www.larepublica.es ). Moscou considère également que la résolution doit inciter l'Iran à négocier et non déboucher sur une escalade militaire.

La tension monte toujours entre Téhéran et les Occidentaux. Quinze marins britanniques qui s'étaient introduits illégalement dans les eaux territoriales iraniennes ont été arrêtés (http://www.larepublica.es/spip.php?article4674 ).
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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 20:54

A signaler un article intéressant intitulé "La bulle coloniale de la Zone Verte", qui reprend les meilleures pages du livre de Rajiv Chandrasekaran Imperial Life in the Emerald City (Vie impériale dans la ville d’émeraude), sur la "bulle coloniale de la Zone Verte" de Bagdad d'où nous viennent les informations biaisées des grands médias sur la situation en Irak (http://www.alencontre.org/Irak-USA/IrakZoneVerte02_07.htm).

 

Le même article met par ailleurs en perspective, comme l'avait fait Karim Lakjaa dans l'Atlas alternatif l'an dernier, le budget militaire des Etats-Unis pour 2008 (623 milliards de dollars) en hausse de 62 % depuis 2001 (pas seulement à cause de l'Irak), avec ceux de la Russie (18 milliards de dollars), de la Chine (estimé à 40 milliards), de la France (41 milliards), du Japon (45 milliards), du Royaume-Uni (50 milliards, qui a adopté la semaine dernière une modernisation de son arsenal nucléaire), de  l’Inde (22 milliards, en progression sous l'impulsion des USA). Celui de l'Iran, cible actuelle des Etats-Unis, est de 4,5 milliards de dollars.

Aux lecteurs qui comprennent l'espagnol nous conseillons le dossier sur les 4 ans d'occupation de l'Irak constitué par le journal télévisé de 20 h (heure locale) de la télévision vénézuélienne progressiste TeleSUR du 21 mars 2007 (http://www.telesurtv.net/secciones/alamedida/telesurnoticias/index.php).

 

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21 mars 2007 3 21 /03 /mars /2007 20:38

 

 

 

La dernière série de pourparlers entre représentants serbes et kosovars albanais s’est achevée le 10 mars et, comme prévu, aucun accord n’a été conclu. La « proposition » de résolution du statut du Kosovo de l’émissaire de l’ONU, Martti Ahtisaari, a été acceptée par Pristina, qui y voit le pas décisif vers l’indépendance de la province, et rejetée par Belgrade, refusant l’amputation de 15 % de son territoire.

 

Car, même si son document ne cite pas le mot « indépendance », c’est bien ce qui est offert par Ahtisaari : le Kosovo se verrait octroyer tous les attributs réservés aux Etats souverains : constitution, hymne, drapeau, droit d’adhérer à des organisations internationales, comme l’ONU, et de créer une armée, bien que devant être « légèrement armée ».

 

Jusqu’à présent, le processus s’est passé anicroche, ou presque. Géré sous la responsabilité de l’ONU, occupé par une force sous commandement de l’OTAN (KFOR), le Kosovo n’en était pas moins resté, depuis 1999, une partie intégrante de la Serbie, qui a continué à y déployer des structures administratives dans les régions où subsistent des Serbes et d’autres minorités. Pendant ce temps, la majorité albanaise – de plus en plus écrasante en conséquence d’un implacable nettoyage ethnique – attendait avec une impatience croissante la matérialisation des promesses d’indépendance faites par les leaders occidentaux dans la foulée des bombardements de l’OTAN de 1999.

 

On ne pourra pas reprocher à l’ancien président finlandais d’avoir caché son jeu : déjà, la veille de la première série de « négociations » serbo-albanaises, en février 2006, Ahtisaari avait manifesté toute son impartialité en se prononçant pour l’indépendance du Kosovo dans une interview au Spiegel allemand. Dès lors, ces « négociations » ne pouvaient aboutir au moindre rapprochement entre les parties, la position albanaise – l’indépendance et seulement l’indépendance – étant bétonnée par le « médiateur », lui-même porte-parole des grandes puissances occidentales, tandis que la proposition serbe d’une autonomie maximale n’était jamais prise en compte.

 

Une première version du « plan Ahtisaari » a été rejetée à la mi-février par le parlement serbe, lors de sa session inaugurale, trois semaines après des élections ayant confirmé la polarisation de l’échiquier politique : le Parti radical, nationaliste, est resté le principal parti de Serbie, mais est condamné à l’opposition face à une probable coalition autour du Parti démocrate, pro-occidental, et Parti démocrate serbe du Premier ministre sortant Kostunica. Jusqu’à présent, la question du Kosovo continue de faire l’unanimité de l’essentiel de la classe politique serbe.

 

A Pristina, malgré une violente manifestation de partisans de l’indépendance sans négociation, le leadership albanais kosovar a accueilli favorablement le plan Ahtisaari. Sur le plan international, les membres occidentaux du Groupe de contact[1], l’Union européenne, Washington et l’OTAN ont également exprimé leur satisfaction. Seule la Russie manifeste clairement son opposition, arguant que le nouveau statut du Kosovo doit être accepté par les deux parties, Pristina, mais aussi Belgrade.

 

Légèrement amendée suite à la dernière série de pourparlers entre Belgrade et de Pristina, la proposition d’Ahtisaari vient d’être transmise au Conseil de sécurité de l’ONU. Celui-ci pourrait en discuter en avril, sous présidence britannique, et produire une résolution qui consacrerait l’indépendance du Kosovo et donnerait un nouveau mandat à une présence internationale. Cette étape semble indispensable car une précédente résolution du Conseil, la 1244 ayant mis fin aux bombardements de l’OTAN contre la Yougoslavie en 1999[2], avait non seulement placé le Kosovo sous tutelle de l’ONU et de l’OTAN, mais également consacré la souveraineté serbe sur la province.

 

Une indépendance très théorique

 

Telle que prévue, l’indépendance du Kosovo ne changerait pas grand-chose à son statut de protectorat, à court terme du moins. En effet, la tutelle de l’ONU passerait à l’Union européenne et des pouvoirs étendus seraient octroyés à un « Représentant civil international », faisant également office de « Représentant spécial de l’UE » qui, sur le modèle du « Haut représentant » contrôlant la Bosnie-Herzégovine depuis près de douze ans, aurait le droit d’annuler toute décision des autorités du Kosovo et de démettre tout responsable, élu ou non. En Bosnie, les plus hauts responsables serbes et croates ont été victimes des pouvoirs exorbitants de cette sorte de vice-roi balkanique, essentiellement parce qu’ils étaient accusés de freiner les réformes centralisatrices exigées par la « communauté internationale ». Sur le plan militaire, le Kosovo continuerait à être occupé par une force de l’OTAN, comptant actuellement 17.000 hommes et dont aucune réduction du niveau n’est prévue dans un avenir proche. Quant à l’indépendance économique, elle relève de la grande illusion : les industries sont toujours à l’arrêt, les services publics ont été démantelés ou souffrent de graves carences par manque de personnel qualifié, le taux de chômage se situe entre 50 et 70 % et serait encore plus élevé sans les nombreux postes et subsides dépendant de l’ONU et de la multitude d’organisations internationales qui s’activent à « construire un Etat », une grande partie du PIB provient du secteur « informel », y compris la grande criminalité et la contrebande dont les profits ont explosé depuis 1999. En outre, la privatisation des entreprises publiques, menée à la va-vite, a été dénoncée par Belgrade, car ce sont les biens de l’Etat serbe qui ont été vendus ou bradés au bénéfice du privé.

 

Comme pour les autres fragments du puzzle ex-yougoslave, Bosnie et Macédoine en tête, l’indépendance du Kosovo n’aurait que peu en commun avec une pleine souveraineté. Cependant, un pas supplémentaire serait franchi : cette fois-ci, ce n’est plus une entité fédérale qui se séparerait, comme l’a encore fait en mai dernier le Monténégro, permettant paradoxalement à la Serbie d’accéder à une indépendance non demandée. Avec la province du Kosovo, c’est une partie intégrante de la Serbie qui ferait sécession, créant incontestablement un précédent. Les conséquences d’une telle décision sont encore difficiles à mesurer, mais les Serbes de Bosnie, dotés de leur propre entité, ont déjà annoncé qu’ils organiseraient un référendum d’indépendance. Côté albanais, cela encouragerait les mouvements centrifuges en Macédoine (où les relations avec la majorité slave restent tendues), voire au Monténégro ou en Grèce. L’objectif d’une « Grande Albanie » (ou d’un « Grand Kosovo ») est loin d’avoir été abandonné par les milieux nationalistes qui considèrent l’indépendance du Kosovo comme une première étape.

 

Une épidémie sécessionniste ?

 

Ce n’est pas un hasard si, au sein de l’UE, les Etats les plus « compréhensifs » envers la position serbe sont, outre le traditionnel allié grec, la Roumanie, l’Espagne et Chypre, des pays confrontés aux revendications autonomistes de leurs minorités. Mais c’est assurément sur le sol de l’ex-URSS que le précédent kosovar aurait des conséquences les plus immédiates. Depuis plusieurs mois, Moscou argue que la reconnaissance de l’indépendance du Kosovo pourrait être logiquement suivie de celle d’autres régions connaissant des situations similaires, bien que moins médiatisées, notamment l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud (deux « républiques autonomes » de Géorgie en rébellion depuis plus d’une décennie), la Transnistrie (faisant partie de la Moldavie) et le Nagorny Karabakh (enclave arménienne en Azerbaïdjan). Quant à la Chine, qui devrait s’aligner sur la position russe au Conseil de sécurité, elle s’inquiète que l’exemple soit retenu par Taiwan, ses indépendantistes tibétains, voire ouïgours. Et la liste des candidats qui, en Asie ou en Afrique, se sentiraient encouragés par l’accession à l’indépendance du Kosovo pourrait presque indéfiniment être allongée, d’autant plus que les Etats-Unis, en Irak par exemple, encouragent le dépeçage d’Etats jugés trop grands à leur goût.

 

Reste qu’un tel scénario pourrait buter sur un veto russe au Conseil de sécurité, ou une menace de veto qui ajournerait indéfiniment la résolution consacrant l’indépendance. Le nouveau mandat de l’UE au Kosovo serait remis en question, alors que la mission de l’ONU est pratiquement en train de boucler ses valises. Dans l’état actuel des relations entre Moscou et Washington – le pire depuis vingt ans – et avec la multiplication des déclarations de la diplomatie russe rejetant toute solution n’ayant pas l’aval des deux parties, une telle éventualité ne peut être écartée.

 

On en viendrait alors au « plan B », avec déclaration unilatérale d’indépendance par Pristina, indépendance qui serait immédiatement reconnue par les Etats-Unis et certains de leurs alliés européens. L’UE se retrouverait profondément divisée et renoncerait à gouverner la province. De nouvelles violences viseraient le personnel et les installations de l’ONU et les enclaves des minorités, forçant la KFOR à intervenir contre les foules albanaises, ou à se retirer… Ce « plan B » a déjà été évoqué par divers diplomates états-uniens, dont récemment par Richard Holbrooke, le « peacemaker » bosniaque, qui n’hésite pas à prédire une nouvelle guerre dans les Balkans, dont il rejette bien entendu la responsabilité sur la Serbie et, surtout, la Russie.

 

Une autre approche serait de mettre en cause les promesses d’indépendance faites par les responsables occidentaux aux leaders albano-kosovars, au moins depuis les pourparlers de Rambouillet, qui servirent de prétexte aux bombardements de 1999. Belgrade et Moscou ne font que suivre la logique du droit international, garantissant l’intégrité des Etats. Les Etats-Unis restent, eux et plusieurs de leurs alliés dans l’OTAN, fidèles à une logique d’interventionnisme dans les affaires balkaniques, n’ayant mené qu’à l’exacerbation des conflits causés par l’effondrement de la Yougoslavie socialiste. Et dont la longue liste n’est peut-être pas close…

 

Georges Berghezan

Journaliste, contributeur de l'Atlas alternatif

 



 

[1] Le Groupe de contact réunit les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, la France, l’Allemagne, l’Italie et la Russie à propos de certains dossiers concernant l’ex-Yougoslavie.

[2] Rappelons que c’est le même Martti Ahtisaari qui fut alors chargé de transmettre au président Milosevic les conditions mises par l’OTAN pour l’arrêt de ses frappes.

Cet article a été publié dans Alerte OTAN ! n° 25 (mars 2007), du Comité de surveillance OTAN (CSO, Bruxelles, www.csotan.org/

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 12:20

 

Une centaine de parachutistes des forces françaises basés au Gabon est arrivée dimanche dernier à Bangui, en renfort des 200 soldats stationnés dans la capitale de Centrafrique. Le même jour des affrontements ont eu lieu entre l'armée française et les rebelles de l'Union des forces démocratiques pour le changement, à Birao, une ville stratégique située nord-est du pays (http://www.congoplus.info/article_congoplus-2654.html). L'action militaire de la France au soutien du gouvernement centrafricain se poursuit depuis quelques mois déjà (http://www.congoplus.info/tout_larticle.php?id_article=1651).

L'affaire n'est pas totalement séparée de celle du Darfour à propos de laquelle l'inénarrable procureure de la Cour pénale internationale, ex procureure du TPIY, Louise Harbour déploie en ce moment son activisme (http://fr.news.yahoo.com/08032007/5/darfour-les-viols-continuent-selon-l-onu.html).

C'est ainsi toute la zone sahélienne entre la Libye et Bangui qui est plongée dans l'instabilité par différentes luttes de factions et qui pourrait échapper progressivement au contrôle de Paris tandis que les Etats-Unis y poursuivent leur implantation (cf un article d'analyse à ce sujet sur http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=74763).


 

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10 mars 2007 6 10 /03 /mars /2007 12:08

 

26 février 1992 : quelques semaines après la reconnaissance de l’indépendance de la Slovénie par la Communauté européenne, les autorités de la plus prospère des républiques yougoslaves biffent secrètement les noms de dizaines de milliers d’habitants des registres d’état civil. Ces « effacés » vont bientôt réaliser qu’ils ont perdu des pans entiers de leur existence : emploi, sécurité sociale, retraite, permis de conduire, parfois même leur logement ou leur droit à fréquenter l’école.

 

Le crime qui justifie un tel châtiment ? Ils n’ont pas, à la fin de l’année précédente, demandé la nationalité slovène, par ignorance de la procédure ou par attachement à la fédération yougoslave, dont l’agonie n’en était encore qu’à ses débuts. Précisons aussi que les membres de l’« ethnie slovène » n’ont pas dû faire une telle démarche, pas plus que les membres des minorités italienne et hongroise ou les citoyens étrangers. Etaient donc clairement visés les personnes originaires des autres républiques yougoslaves, les « sudistes », en majorité Roms, Croates, Bosniaques, Serbes et Albanais du Kosovo. En outre, parmi ceux qui avaient demandé la nationalité, certains ont essuyé des refus, notamment des employés et des retraités de l’armée yougoslave, sous prétexte que les requérants auraient pu être des ennemis de l’indépendance. Ce « nettoyage ethnique administratif » fut tellement rondement mené qu’il passa inaperçu dans les médias, alors que les Balkans s’enfonçaient dans une guerre vivifiée et prolongée par les interventions « humanitaires » des grandes puissances.

Le nombre des effacés n’est pas connu avec précision. Le gouvernement de Ljubljana a admis, des années plus tard, un chiffre de 18.305, alors que des associations évaluent leur nombre à plus de 100.000 dans un pays comptant moins de 2 millions d’habitants. La plupart d’entre eux étaient nés ou vivaient depuis de nombreuses années en Slovénie, république où tout Yougoslave était libre de s’établir et de travailler. Aussi, malgré leur disparition administrative, nombreux furent ceux qui choisirent de rester envers et contre tout, ayant perdu toute attache dans leur république d’origine (ou celle de leurs parents), que guerre ou blocus économique avaient en outre rendue peu habitable.

A partir de 1999, alors que la Slovénie s’efforçait de remplir le « cahier des charges » du bon candidat à l’Union européenne, la Cour constitutionnelle a imposé des amendements aux lois utilisées pour supprimer administrativement une partie de la population. Ainsi, à trois reprises, entre 1999 et 2004, des arrêts de la Cour ont entraîné des changements législatifs permettant à chaque fois à quelques milliers d’effacés d’obtenir la nationalité slovène ou, au moins, un permis de séjour. Bien que le gouvernement ait interprété de la manière la plus restrictive possible les exigences de la Cour – s’en tenant au principe du « cas par cas » et en réclamant la preuve d’une résidence ininterrompue dans le pays depuis l’indépendance -, l’opposition de droite s’est déchaînée contre ces « hors-la-loi » et ces « traîtres » qui osaient réclamer le droit de vivre sur ce que les dépliants touristiques décrivent comme le « versant ensoleillé des Alpes ». Le principal argument avancé était que les demandes de compensation des « régularisés » ruineraient la Slovénie. L’opposition (actuellement au gouvernement) a même organisé en avril 2004 un référendum : 95 % des votants se sont déclarés hostiles à la dernière loi adoptée par le parlement. Mais le taux de participation a été plutôt faible : 31 %.

Quinze ans plus tard, seule une partie des effacés a réussi à régulariser sa situation, mais aucun n’a touché la moindre compensation, malgré des années de privation de travail, de retraites, de scolarité, et en corollaire un plongeon dans la plus noire des misères. Des milliers d’autres ont quitté la Slovénie, sont revenus dans leur république d’origine ou partis au-delà. Certains ont été déportés ou ont été refoulés à la frontière après un séjour à l’étranger. D’autres, encore, sont tout simplement décédés, un phénomène amplifié par le stress et le déni de soins médicaux. Détail sordide : morts, les effacés n’ont pas le droit d’être inhumés dans la terre slovène, juste celui d’être incinérés…

Enfin, plusieurs milliers de personnes continuent à vivre « sans papiers », espérant qu’une hypothétique loi restitue à tous ceux qui résidaient dans le pays lors de l’indépendance le droit de continuer à y séjourner. Mais, depuis 2004, les régularisations se font au compte-gouttes et aucun nouveau projet de loi n’est à l’horizon. Et les déportations n’ont pas cessé. Le cas de la famille Berisha, un couple de Roms nés au Kosovo et leurs cinq enfants, l’a récemment montré. Effacé en 1992, le mari avait déjà été déporté l’année suivante, vers… l’Albanie, qui l’avait renvoyé en Slovénie. Il a ensuite tenté sa chance en Allemagne, où il a rencontré son épouse. Leur demande d’asile ayant été finalement rejetée, ils ont été menacés d’expulsion vers… le Kosovo, où les Roms sont un des peuples les plus persécutés depuis que la province serbe est sous contrôle OTAN et ONU. Ils sont alors revenus en Slovénie, vivant dans un centre d’accueil de Ljubljana, pour être finalement déportés vers l’Allemagne ce 1er février.

Annexée au cours des siècles par l’Italie, l’Autriche et la Hongrie, la Slovénie peine à consolider son identité. Ce n’est que durant la Yougoslavie royaliste de l’entre-deux-guerres que l’enseignement du slovène y a été autorisé. Malgré un développement économique favorisé par les investissements fédéraux et les matières premières bon marché des autres républiques yougoslaves, l’élite communiste slovène a enfourché le cheval sécessionniste, mettant en avant les transferts financiers bénéficiant aux républiques moins développées, à ces « paresseux du sud ». Convertie au néolibéralisme, cette élite a ainsi distillé dans la population un nationalisme étroit et égoïste, imprégné de xénophobie. Avec le miroir aux alouettes européen en point de mire, le rejet de la Fédération socialiste a presque naturellement entraîné celui des « sudistes », symbolisant un héritage que certains préfèrent oublier.

Georges Berghezan

 

 

 

 

 

 Journaliste, contributeur de l'Atlas alternatif 

 

Un crime qui ne sera jamais jugé à La Haye

Lors de son accession à l’indépendance, la Slovénie a été agitée par une courte guerre entre l’armée yougoslave, déployée aux frontières internationales de la fédération, et des policiers et paramilitaires aux ordres des autorités sécessionnistes. Lors d’un de ces affrontements, le 28 juin 1991, un cameraman de la chaîne autrichienne ORF a filmé ce qui paraît être l’exécution de trois jeunes conscrits yougoslaves qui déployaient un drap blanc en signe de reddition. Selon les Conventions de Genève, abattre des prisonniers relève du crime de guerre et cet épisode, au poste de Holmec, à la frontière autrichienne, serait dès lors le tout premier cas de crime de guerre enregistré lors du démantèlement sanglant de la Yougoslavie qui s’étendra tout au long des années ’90.

Il fallut attendre près de huit ans pour que la séquence vidéo soit diffusée par la télévision slovène. Une enquête sera expédiée, concluant à l’inexistence de tout crime qui aurait pu ternir la guerre d’indépendance : les soldats auraient simulé leur exécution. L’affaire aurait été définitivement enterrée si une ONG slovène de défense des droits humains, le Helsinki Monitor (HMS), et sa présidente, Neva Miklavcic Predan, ne s’en étaient emparées et n’avaient entamé elles-mêmes leur propre enquête. Ainsi, avec l’aide de la presse et d’ONG d’autres républiques ex-yougoslaves, le HMS réussit à identifier des survivants de la fusillade et des proches des victimes, un Croate d’Herzégovine et deux Serbes de Vojvodine.

Craignant que leur mythe fondateur –  la glorieuse guerre de libération de 1991 – ne soit entaché de pratiques hélas communes à toutes les guerres, les autorités slovènes ont réagi avec hargne à la quête du HMS pour que les auteurs du crime – toujours non identifiés – aient à répondre de leurs actes. Les attaques dans la presse, les procès, les saisies, les menaces et même les agressions physiques se sont multipliées après que Miklavcic Predan ait accusé l’ancien président Kucan d’avoir menti lors de son témoignage à La Haye en 2003 contre son homologue serbe, Slobodan Milosevic, qui avait évoqué les exécutions de Holmec.

Actuellement, la présidente du HMS fait l’objet de quatre procès, accusée de diffamation ou de corruption, dans des affaires concernant Holmec ou les « effacés », un autre centre d’activité de l’association. Après qu’elle ait été acquittée en première instance dans l’une d’entre elles, le Premier ministre Janez Jansa a, en juin dernier, exigé que « les organes d’état prennent des mesures à l’encontre de ses mensonges absurdes et pathologiques ». Deux semaines plus tard, le procureur faisait appel. En matière de séparation des pouvoirs, le « modèle slovène » laisse percevoir certaines failles…

 

 

 

 

NB : Cet article vient d'être publié dans le journal La lettre de Bastille-République-Nation (BRN) http://lereseaubrn.free.fr/ / amisbrn@yahoo.fr,  

 

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 18:07

A noter cette semaine dans les nouvelles liées à l'Atlas alternatif, une interview de Raul Zibechi, journaliste uruguayen et contributeur de l'Atlas, en p.64-66 de l'hebdomadaire HD-L'Humanité dimanche qui vient de paraître. Raul Zibechi y analyse les rapports de forces en Amérique latine à la veille du voyage du président George W. Bush.

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 19:31

Le président Chavez a annoncé la création en août prochain d'un Parti socialiste Uni du Venezuela dans lequel se fondraient les partis de la coalition qui le soutiennent.

De son côté le président Bush doit entamer demain 8 mars une visite au Brésil, en Uruguay, en Colombie, au Guatemala et au Mexique. Un des aspects importants de cette tournée latino-américaine devrait être le 9 mars à Brasilia l'examen d'un accord bilatéral sur la recherche et le développement de biocarburants. La semaine dernière les Etats-Unis ont annoncé la création d'un Forum international des biocombustibles incluant les Etats-Unis, le Brésil, la Chine, l'Inde, l'Afrique du Sud et l'Union européenne. Le Brésil est le premier producteur mondial d'éthanol devant les Etats-Unis. L'alliance des deux pays qui totalisent 72 % de la production mondiale, à laquelle pourrait se joindre l'Uruguay, permettrait aux Etats-Unis de moins dépendre des exportations pétrolières vénézuliennes. Pour contrer l'offensive diplomatique états-unienne, Hugo Chavez se rendra à partir du 9 mars en Argentive et en Bolivie (http://www.latinreporters.com/amlateco05032007.html). Argentine et Bolivie viennent d'ailleurs de conclure un accord pour la construction d'un gazoduc (http://www.larepublica.es/foto.php3?id_article=4402).

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7 mars 2007 3 07 /03 /mars /2007 18:49

Le 27 février 2007, à l'occasion de la célébration du 31e anniversaire de la République arabe sahraouie démocratique à Tifariti le président de la République arabe sahraouie (gouvernement en exil reconnu par une cinquantaine d'Etats) a critiqué certains Etats qui entravent le processus de décolonisation du Sahara occidental (http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=62031). L'attaque vise la France et l'Espagne, accusées de soutenir le plan d'autonomie marocain arrêté en 2005, qui viole les résolutions des Nations Unies reconnaissant au peuple sahraoui le droit à l'autodétermination (voir l'interview http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=62177). Le président du Conseil espagnol achevait hier le 6 mars sa visite au Maroc à la veille d'un réexamen de la situation du Sahara occidental par les Nations Unies. L'opinion publique de l'Espagne, ancien tuteur colonial de ce pays aujourd'hui occupé par le Maroc,  est très sensibilisée au problème. L'Audience nationale a demandé au juge Baltasar Garzon d’enquêter sur les accusations de « crimes internationaux » commis par « 32 dirigeants et militaires marocains » au Sahara-Occidental depuis 1975 (http://www.elwatan.com/spip.php?page=article&id_article=62575). La coalition de gauche Izquierda Unida a critiqué le 5 mars dernier l'orientation pro-marocaine du gouvernement Zapatero (http://www.larepublica.es/spip.php?article4368).

La diplomatie française au Sahara occidental sous le deuxième mandat de Jacques Chirac, placée sous le signe du soutien au Maroc, a, quant à elle, évolué vers un isolement croissant tandis que les Etats-Unis en 2003 se posaient de plus en plus en médiateurs entre les parties (http://www.bladi.net/imprimer-6667-la-france-et-le-dossier-du-sahara.html). Les partis de gauche en France soutiennent l'autodétermination du Sahara occidental, mais la question n'est pratiquement jamais abordée dans le débat public.

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