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25 juillet 2007 3 25 /07 /juillet /2007 10:54

Une résolution ferme a été adoptée par 217 voix contre 12 dans la nuit du 24 au 25 juillet 2007 par le Parlement de Serbie pour faire face au chantage à la violence des nationalistes albano-kosovars qui menacent de proclamer l'indépendance de leur province avec le soutien unilatéral de certaines puissances occidentales (http://www.b92.net/eng/insight/strategies.php?yyyy=2007&mm=07&nav_id=42611).

La coalition néo-libérale au pouvoir, le Parti radical de Serbie, le Parti socialiste de Serbie et le Parti des Roms ont voté cette motion. Seul le Parti libéral démocrate a voté contre.

La Serbie, qui a fait pourtant toutes les concessions requises par l'Occident pour livrer d'importants officiers militaires, et des dirigeants politiques au Tribunal pénal pénal international, privatiser ses industries et aligner toute sa relecture de l'histoire sur la rhétorique de l'OTAN (intégrant même le Partenariat stratégique avec l'Alliance atlantique) se trouve aujourd'hui le dos au mur, menacée dans son intégrité territoriale.

George W. Bush lors de sa visite en Albanie en juin dernier avait défié la communauté internationale en annonçant que les Etats-Unis reconnaîtraient unilatéralement l'indépendance du Kosovo (une option aujourd'hui artificiellement adoucie sous la forme d'une reconnaissance "coordonnée" de UE et des USA), montrant par là, comme pendant la guerre d'Irak, son mépris pour les Nations-Unies. Cette déclaration est intervenue alors que le Kosovo ne remplit même pas les critères de protection des droits des minorités longtemps avancés comme une condition sine qua non de son indépendance. Des pays comme la Russie, la Chine, mais aussi (et on ne le dit jamais en Occident) des membres non permanents du Conseil de sécurité de l'ONU comme l'Afrique du Sud, l'Indonésie, et le Ghana (http://byzantinesacredart.com/blog/2007/04/ahtisaari-proposal-dead.html) se sont clairement opposés à la remise en cause de la souveraineté de la République de Serbie.

Pourtant, le 25 juillet au matin (ce matin), les médias dominants inversaient les rôles, et faisaient croire que c'étaient la petite Serbie, tenue en otage économiquement et politiquement de l'Occident, et son allié moscovite, qui menaçaient le monde. "Belgrade défie une nouvelle fois la communauté internationale sur le Kosovo" titrait Euronews (http://fr.news.yahoo.com/euronews/20070725/twl-belgrade-defie-une-nouvelle-fois-la-115566a_1.html). Les Occidentaux poursuivent ainsi obstinément leur politique constante depuis 1990 de soutien aux séparatismes en ex-Yougoslavie au risque (et parfois dans le but) de provoquer de nouveaux conflits dans les Balkans.

Le Kosovo n'est pas la seule province serbe en cause. Hier le journal albanais Korrieri daily a révélé qu'Ismail Prentić, le leader de l'Armée de Libération du Sandžak (un groupe djihadiste wahhabite basé dans la région de Novi Pazar au sud-ouest de la Serbie - http://www.freerepublic.com/focus/f-news/1820573/posts), tué par les forces spéciales serbes en avril avait sa base arrière au nord de l'Albanie, après s'être réfugié pendant un temps au Kosovo et en Macédoine. Des bombes ont été retrouvées récemment dans sa cachette albanaise (http://www.b92.net/eng/news/in_focus.php?id=119). L'effet domino d'une indépendance du Kosovo dans la région, en Serbie, mais aussi en Macédoine, au Montenegro (où les Albanais peuvent faire sécession), et en Bosnie-Herzégovine (où les Serbes peuvent faire de même) demeure imprévisible.

 

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 20:54

La conseillère pour la sécurité intérieure de George W. Bush  Fran Townsend a confirmé hier que les Etats-Unis continuaient de soutenir le régime du Général Musharaf au Pakistan douze jours après l'attaque de la Mosquée rouge. Interrogée sur la possibilité d'envoyer des forces spéciales au Pakistan pour y combattre les islamistes, elle a répondu : "Ce n'est pas parce que nous nous n'évoquons pas publiquement des choses que nous ne faisons pas les choses dont vous parlez" ("Just because we don't speak about things publicly doesn't mean we're not doing things you talk about" ). Cette déclaration revient à admettre l'action des commandos spéciaux dans le pays. Elle n'a par ailleurs pas exclu une plus grande implication militaire des Etats-Unis dans ce pays en cas d'échec de l'armée pakistanaise dans son action répressive ("There are no options off the table") - http://www.cbsnews.com/stories/2007/07/22/terror/main3086282.shtml.

L'Ouest du Pakistan a déjà été bombardé en janvier 2006, officiellement dans le cadre de la lutte contre Al Qaida, mais il est également possible que les sécessionnistes du Baloutchistan aient été dans la ligne de mire (http://www.voltairenet.org/article133827.html?var_recherche=pakistan?var_recherche=pakistan).

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 20:14

Alors que les autorités pridnestroviennes (transdniestriennes) s'appliquent depuis plusieurs mois à développer le multipartisme dans leur pays en vue d'obtenir une reconnaissance européenne, et mettent en avant leur refus de la référence communiste (http://www.tiraspoltimes.com/features/igor_smirnov_pridnestrovies_khozyain_president.html), l'ambassadeur des Etats-Unis en Moldavie, Michael Kirby, a été accueilli avec tous les honneurs le 19 juillet à Tiraspol. Il a même reçu une décoration du parti "Proriv" (La Percée), une organisation qui affiche l'image du Che sur ses enseignes (http://www.tiraspoltimes.com/news/american_ambassadors_tiraspol_visit_a_public_diplomacy_win.html) et constitue une sorte d'Otpor local - à ceci près qu'il était jusque là anti-OTAN (http://www.tiraspoltimes.com/interviews/alena_arshinova_we_are_prepared_to_make_a_sacrifice_for_sovereign_statehood.html), ce qui lui valait d'être affectueusement comparée aux Jeunesses hitlériennes (http://www.transdniestria.com/independent-transdniestria-news/transdniestriacubaeurope.html) par Oazu Nantoi, ancien fondateur du Parti social démocrate à Chisinau (http://www.azi.md/news?ID=43575).

Cette visite intervient à l'heure où la Moldavie amorce un rapprochement avec Moscou. Voilà qui pourrait augurer de quelques rebondissements dans la guerre du gaz qui se joue autour de ce pays(http://www.voltairenet.org/article149653.html).

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23 juillet 2007 1 23 /07 /juillet /2007 18:30

Le président du Nicaragua Daniel Ortega a accusé aujourd'hui l'ambassade des Etats-Unis à Managua d'organiser des réunions secrètes avec des partis, médias et associations d'opposition. Washington aurait ainsi conseillé à ces mouvements de focaliser leurs attaques sur les Conseils du Pouvoir Citoyen (CPC) qu'ils considèrent comme les équivalents de leurs modèles cubains et vénézuéliens (http://listin.com.do/app/article.aspx?id=21563). Les CPC regroupent déjà plus de 500 000 membres dans un pays de 5 millions d'habitants. La coordonatrice des CPC Rosario Murillo à l'occasion du 28 ème anniversaire de la victoire du Front sandiniste de libération nationale à Managua a annoncé que ces organisations compteront plus de 900 000 membres le 14 septembre prochain (http://www.radiolaprimerisima.com/noticias/general/17070), date de leur officialisation prévue, à l'occasion du 151 ème anniversaire de la bataille de San Jacinto, à l'issue de laquelle le Mexique perdit le Texas (http://actualidad.terra.es/nacional/articulo/consejos_poder_ciudadano_1725766.htm - Terra Actualidad EFE).

Le 17 juillet dernier une vingtaine d'organisations ont organisé une manifestation contre ces Conseils. Le Parti Liberal Constitutionaliste (PLC), l'Alliance Liberale Nicaraguaise (ALN) et Mouvement Rénovanteur sandiniste (MRS), qui comptent 51 députés au Parlement réclament une réforme législative pour faire interdire les CPC. La direction des CPC devraient être intégrée dans un "cabinet national" et s'imposer comme un pouvoir alternatif face au Parlement (http://actualidad.terra.es/nacional/articulo/consejos_poder_ciudadano_1725766.htm - Terra Actualidad EFE). L'opposition compare ces Conseils aux Conseils de défense sandiniste des années 1980 (http://www.terra.com/noticias/articulo/html/act905231.htm) et parle de "tentation totalitaire" du président (http://www.elnuevodiario.com.ni/2007/06/18/politica/51571).

Selon Daniel Ortega, les manifestations de juin ont été financées par Washington. Le président sandiniste a également mis en doute les bonnes intentions de Washington qui a récemment proclamé le Nicaragua (tout comme le Honduras) à nouveau éligible aux subventions au titre du Millennium Challenge Account (http://en.wikipedia.org/wiki/Millennium_Challenge_Account), de sorte que les régions occidentales du Chinandega et León devaient recevoir 175 millions de dollars en 2007 (http://www.elnuevodiario.com.ni/2006/12/15/economia/36459). L'usage de l'aide humanitaire à des fins d'ingérence politique est en effet habituelle de la part des Etats-Unis. Le Nicaragua étant un des pays les plus pauvres d'Amérique centrale (son PNB par habitant représente près du tiers de celui du Mexique), il reste très vulnérable face à ce type d'opération.

Le même genre d'ingérence d'une ambassade états-unienne dans un processus bolivarien avait été constaté en Bolivie il y a deux mois (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-6694886.html).

Le président équatorien Rafael Correa qui est lui aussi investi dans une révolution bolivarienne a annoncé pour sa part, aujourd'hui même, avoir fait l'objet de menaces contre sa sécurité personnelle (http://www.aporrea.org/internacionales/n98423.html).

Le Venezuela quant à lui continue sa mobilisation populaire dans le cadre de la constitution du nouveau Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) qui regroupe une grande partie des soutiens de Hugo Chavez dont le Mouvement Cinquième république, le Mouvement Electoral du Peuple, le Mouvement indépendant  Ganamos Todos, Unité populaire venezuelienne, le Mouvement Tupamaro et la LigueSocialiste. Il revendique déjà l'adhésion de 400 000 membres qui devraient être divisés en 18 838 "bataillons socialistes" (http://www.aporrea.org/ideologia/n98190.html) Toute une réflexion sur la démocratie participative se développe en marge de la mise en place de ce parti (http://www.aporrea.org/actualidad/n98174.html). Hugo Chavez qui invite le Parti communiste du Venezuela (PCV), Pour la Démocratie Sociale (Podemos) et Patrie Pour Tous (PPT), a déclaré que le marxisme-léninisme ne serait pas la référence de ce parti, car il estime que c'est une idéologie du passé (http://www.aporrea.org/ideologia/n98401.html).

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8 juillet 2007 7 08 /07 /juillet /2007 09:00

Les collaborateurs de l'Atlas alternatif Bruno Drweski, Frédéric Delorca et M. Joe se sont rendus en République autoproclamée de Transdniestrie (Pridnestrovie) du 2 au 6 juillet 2007 dans le cadre d'une mission d'observation organisée par l'Organisation non gouvernementale russe Trans European Dialogue. Des personnalités polonaises participaient également à cette visite. Les observateurs ont pu rencontrer les officiels transnistriens (le vice-président Korolyov, le président de la cour constitutionnelle, l'ombudsman, le président de la commission électorale, les représentants du Soviet Suprême), des responsables de l'activité économique, des citoyens ordinaires (sans présence des autorités). Tous les sujets relatifs au système démocratique, aux droits des personnes, aux relations entre les différentes cultures, aux droits sociaux, au système économique et à la position internationale de la Transdniestrie ont pu être abordés. Quelques images amateur de cette visite peuvent être visionnées sur les pages http://www.youtube.com/watch?v=_SNQSKfSyJ8 et http://www.youtube.com/watch?v=U9lA5yVn4oY ou en cliquant ci-dessous. 

Cette mission donnera prochainement lieu à la publication d'articles, y compris probablement sur ce blog. (Voir déjà quelques impressions de voyage sur le blog de FD - http://delorca.over-blog.com/article-6906431.html et l'article du service de presse du Soviet suprême de Pridnestrovie sur http://www.vspmr.org/News/?ID=1115 ).

 


 
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27 juin 2007 3 27 /06 /juin /2007 09:51

Une vague de grèves secoue l'Égypte depuis 2004 malgré l'interdiction ordonnée par la Fédération générale des syndicats à la botte du gouvernement. Elle a d'abord affecté le secteur textile puis s'est étendue aux autres secteurs (http://www.lariposte.com/Une-vague-de-greve-secoue-l-Egypte-869.html) .

Middle East Report Online raconte le succès de la grève à Mahallah Al-Kubra, dans le delta du Nil en décembre 2006, où les femmes ont joué un rôle très important. Le mouvement fait tâche d'huile. En mars le quotidien libéral al-Masri al-Yawm recensait 222 sites de grève dont  l'usine d'Arab Polvara Spinning and Weaving à Alexandrie, une entreprise de tissage privatisée dans les années 1990 où 12 000 salariés ont protesté contre les prix des maigres dividendes d'actions qui leur étaient versés en guise de suppléments de salaires (eux-mêmes très bas). Le gouvernement a accusé les Frères musulmans d'inciter à la grève mais ceux-ci sont peu implantés dans les milieux industriels et osent à peine proposer la création d'un syndicat indépendant (http://www.merip.org/mero/mero050907.html). Aussi bien les Frères musulmans que l'opposition de gauche ont été victimes d'une telle persécution et souffrent de telles divisions internes qu'ils semblent peu à même d'organiser le mouvement qui repose surtout sur des coordinations spontanées.

Al Jazeera le 1er juin 2007 consacrait une émission à la grève des employées de Mansoura-España Garments - un sous-traitant de clients de la multinationale Wal-Mart (http://arabist.net/arabawy/2007/06/19/more-on-the-wal-mart-mansoura-espana-link/) qui exploite les salariés dans des conditions particulièrement dures (sur Wal-Mart voir l'article de Serge Halimi http://www.monde-diplomatique.fr/2006/01/HALIMI/13083). Les anglicistes peuvent voir l'émission sur : http://www.youtube.com/watch?v=goQmvIygUAk&eurl=http%3A%2F%2Farabist%2Enet%2Farabawy%2F2007%2F06%2F13%2Fal%2Djazeera%2Dprogram%2Don%2Dmansoura%2Despana%2Dgarments%2Dcompany%2Dwomen%2Dworkers%2F. En ce qui concerne cette entreprise, le 21 juin le journaliste Hossam el-Hamalawy a annoncé qu'après deux mois d'occupation de l'usine de Talkha les travailleuses ont obtenu gain de cause, à savoir : le versement de leurs primes et salaires et l'engagement de la United Bank à ne pas mettre l'entreprise en liquidation (http://arabist.net/arabawy/2007/06/21/victory-for-the-mansoura-espana-%d8%a5%d9%86%d8%aa%d8%b5%d9%80%d9%80%d9%80%d8%a7%d8%b1-%d8%b9%d9%85%d8%a7%d9%84-%d8%a7%d9%84%d9%85%d9%86%d8%b5%d9%88%d8%b1%d8%a9-%d8%a3%d8%b3%d8%a8%d8%a7%d9%86%d9%8a/). Le blog Arabist.net fournit régulièrement des comptes-rendus en arabe des conflits sociaux en Egypte (http://arabist.net/arabawy/category/egypt/).

 

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20 juin 2007 3 20 /06 /juin /2007 20:10

Entre la Moldavie et l'Ukraine perdure une sorte de "Jurassic Park de l'époque soviétique", du moins est-ce ainsi que de nombreux visiteurs la décrivent, où les statues de Lénine et les faucilles et les marteaux n'ont pas été supprimés : la République autoproclamée de Transnistrie. Il s'agit d'une zone à population principalement russe, ukrainienne et moldave qui, au début des années 1990, a vu plutôt d'un mauvais oeil la proclamation d'indépendance de la Moldavie - dont tout laissait croire qu'elle se fondrait dans une "Grande Roumanie". Une autre minorité, les Gagaouzes (des Turcs), restait également fidèle à l'URSS, mais seuls les Transnistriens purent acquérir une indépendance de fait à l'égard des Moldaves grâce à la protection de la 14 ème armée russe.  L'armée russe ne garde plus qu'une présence allégée sur place, mais un "force de maintien de la paix" à dominante russe est restée, et l'enclave transnistrienne (capitale Tiraspol) a perduré depuis plus de quinze ans, hors d'atteinte du gouvernement moldave (basé à Chisinau).

La Transnistrie est aujourd'hui une des rares régions d'Europe qui restent au moins partiellement à l'abri du néo-libéralisme triomphant - c'est la "Cuba de l'Europe" selon certains journalistes http://www.transdniestria.com/independent-transdniestria-news/transdniestriacubaeurope.html. C'est aussi, et surtout, une des clés du remaniement possible des frontières en Europe de l'Est, à l'heure où les nationalistes albanais du Kosovo réclament à cor et à cri l'indépendance du berceau de la culture serbe.

Vladimir Poutine a en effet fait savoir qu'il n'excluait pas de reconnaître la Transnistrie, ainsi que d'autres "Républiques" informelles restées fidèles à la Russie comme l'Abkhazie ou l'Ossétie du Sud, en cas de reconnaissance unilatérale par les Occidentaux de l'indépendance du Kosovo.

Il est en cela soutenu par au moins une partie lobby serbe aux Etats-Unis. James Jatras, avocat, ancien analyste en politique étrangère pour le groupe républicain au Sénat déclarait le 28 mars 2007 dans le Tiraspol Times que la Transnistrie, du point de vue de ses structures étatiques, était plus qualifiée pour demander l'indépendance que le Kosovo.M. Jatras le 8 septembre 2004 avait été choisi par Slobodan Milosevic pour s'exprimer sur l'alliance entre Bill Clinton et les islamistes en Bosnie (http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=europe/20040908.OBS6510.html&datebase=20040908 ). Il est membre  de l'American Council for Kosovo (http://www.savekosovo.org/ ) et raisonne beaucoup (peut-être beaucoup trop) en termes de péril intégriste (http://www.orthodoxytoday.org/articles6/BorojevicJatras.php ). Mais sa comparaison entre les enclaves pro-russes et la province à majorité albanaise mérite qu'on s'y intéresse.

Cependant la Russie garde deux fers au feu, et pourrait aussi négocier avec Chisinau la fin de la République de Transnistrie si la Moldavie retournait dans le giron russe (http://www.transdniestria.com/independent-transdniestria-news/possibletransdniestriaagreemen.html). Certains observateurs ont du reste remarqué que Vladimir Poutine se montrait ces derniers temps plus sévère à l'égard de la Géorgie qu'à l'égard de la Moldavie (http://www.moldpres.md/default.asp?Lang=en&ID=68533 ).

Le ralliement de la Moldavie à Moscou ne pourrait toutefois résulter que d'un revirement à 180 dégrés. Le Parti communiste au pouvoir à Chisinau reste pour l'heure tourné vers l'OTAN. Samedi 16 juin la Moldavie a encore envoyé un nouveau contingent en Irak (http://www.tiraspoltimes.com/news/pmr_says_no_thanks_as_moldova_ships_more_soldiers_to_iraq.html)
La Chine, elle, fidèle à sa tradition hostile aux sécessionnismes, penche clairement du côté de la Moldavie. Au début du mois de juin le général de division Ion Ursu, directeur des services de sécurité et d'information moldaves, était à Pékin pour y discuter des méthodes de lutte contre le séparatisme (http://www.kommersant.com/p-10869/China_Moldova/ ).

Le bras de fer prévisible entre Moscou et Washington sur le Kosovo, sur les questions de défense et sur le partage des sphères d'influence (et du pétrole) en Asie centrale et dans le Caucase, ne manquera sans doute pas de remettre régulièrement sur la table dans les mois qui viennent l'avenir de la Transnistrie. Affaire à suivre...

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19 juin 2007 2 19 /06 /juin /2007 11:13

Comme elle le fait pratiquement chaque année (voir par exemple http://www.interet-general.info/article.php3?id_article=453), Christine Chanet, représentante spéciale pour Cuba du Haut commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a présenté au Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies (auparavant c'était devant la Commission des droits de l'homme récemment remaniée) un rapport hostile au gouvernement cubain, accusé de maintenir en détention arbitraire des opposants (environ 80, selon Mme Chanet dont beaucoup en réalité travaillaient pour des officines subventionnées par les Etats-Unis et l'Europe) - http://www.unhchr.ch/huricane/huricane.nsf/newsroomfrench.

Mme Chanet est une juriste française championne de l'ingérence judiciaire occidentale dans le tiers-monde (http://perso.orange.fr/joel.donnet/Articl66.htm). Elle travaille sous l'autorité de Louise Arbour, ex procureur général du tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie qui, dans les années 1990, avait entretenu un climat anti-serbe dans l'opinion publique pour légitimer l'ingérence occidentale dans les Balkans.

Les rapports successifs de Christine Chanet (qui n'a jamais pu enquêter sur l'île, où elle est personna non grata) ont souvent été critiqués par les délégations non-occidentales (http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=etranger/20050414.OBS4024.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/). Cette année, la levée de bouclier face à l'anti-castrisme de la représentante a été très majoritaire. La Russie, l'Inde, l'Indonésie, la République démocratique populaire de Corée, l'Algérie, la Syrie, le Soudan, la Malaisie, la Libye, l'Angola, le Zimbabwe, le Bangladesh, la Bielorussie, le Pakistan, l'Ouzbekistan, le Sri Lanka, le Nicaragua, le Venezuela, le Vietnam, l'Equateur, l'Iran, la Bolivie, la Chine et l' Afrique du Sud se sont exprimés successivement par la voix de leurs représentants le 12 juin dans un sens défavorable à Mme Chanel soit pour critiquer son rapport soit pour demander que prennent fin les mandats spécifiques par pays tels que celui que détient Mme Chanet pour Cuba et qui visent à stigmatiser les opposants à l'impérialisme occidental. "Nous porterons bientôt un toast avec nos amis cubains, dès que ces mandats politiques et sélectifs auront pris fin, et  nous chanterons Guantanamera" a déclaré le réprésentant de la Palestine à la tribune, provoquant le rire dans cette assemblée habituellement très sérieuse (http://members5.boardhost.com/medialens/msg/1181916464.html). Le représentant du Soudan a félicité Cuba pour sa politique de santé et d'éducation, celui du Sri Lanka a salué l'engagement militaire cubain contre l'apartheid dans les années 1970-80 en rappelant que Nelson Mandela n'aurait pas été libéré sans cet engagement. De nombreuses délégations ont par la même occasion dénoncé l'embargo états-unien dont Cuba est victime. Seules les délégations occidentales (Etats-Unis, Canada et Allemagne au nom de l'Union européenne) ont clairement soutenu le rapport de Mme Chanet sans remettre en cause son mandat (http://www.unhchr.ch/huricane/huricane.nsf/newsroomfrench).

La grande presse occidentale évidemment n'a pas dit un mot de cette séance du Conseil des droits de l'homme des Nations-Unies. Elle n'a évoqué que l'issue finale des débats le 19 juin.

Le 18 juin peu avant minuit, et à deux doigts de la clôture de la session, un accord est intervenu, à l'initiative du Mexique, entre le bloc occidental partisan du statu quo, et les non-alignés alliés à la Russie et à la Chine, qui souhaitaient la disparition des mandats d'experts par pays. Le Conseil a supprimé les experts des droits de l'homme sur Cuba et la Biélorussie, ce qui signifie que ces pays ne feront plus l'objet de rapports annuels stigmatisants de la part de l'ONU laquelle devrait désormais en priorité inspecter les pays membres du Conseil (AFP - http://cf.news.yahoo.com/s/afp/070619/monde/onu_conseil_droitshomme_4 et http://www.la-croix.com/afp.static/pages/070618060156.w5qtt56d ). Les officines occidentales comme Human Rights Watch (voir une analyse documentée des liens de cette organisation avec l'Establishment américain sur http://web.inter.nl.net/users/Paul.Treanor/HRW.html ) se sont indignées. La chancellerie cubaine a salué "une victoire historique dans la lutte de notre peuple pour faire prévaloir la justice et mettre fin à la manoeuvre anti-cubaine conçue par les Etats-Unis" (http://larepublica.es/spip.php?article5875 ).

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18 juin 2007 1 18 /06 /juin /2007 20:03

Le plan d'Elliot Abrams à Gaza dont nous faisions état il y a quelques jours (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-6702092.html) a complètement échoué. Le Hamas, avec le soutien de la population, vient de mettre en déroute, presque sans coup férir, le "Pinochet palestinien" Mohammed Dahlan - dont la résidence a été mise à sac -, et de prendre possession des nombreuses armes que lui avaient fournies les Etats-Unis.

Le président Abbas otage des Occidentaux a nommé un gouvernement "d'urgence" en Cisjordanie presqu'entièrement occupée par Israël, tandis que le Premier ministre Ismail Haniyeh, issu du parti majoritaire Hamas, a annoncé sa volonté de perpétuer le gouvernement d'union nationale contre ce nouveau gouvernement collaborationniste (http://www.alterinfo.net/Un-revers-pour-la-doctrine-de-Bush-a-Gaza_a9316.html).

Dans une interview à Libération du 15 juin, Khalil Abou Leïla, responsable des relations extérieures du Hamas, déclarait n'être en guerre que contre "le courant sioniste" qui existe au sein du Fatah et être prêt à soutenir la création d'un Etat d'Israël... en France.

La question est maintenant de savoir si l'enclave résistante au sud-ouest d'Israël placée sous la pression de son voisin peut survivre sans aide économique occidentale. Al-Jazeera fait déjà état d'un plan israëlien pour "affamer" Gaza (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1913).

A retenir aussi dans l'actualité proche-orientale récente l'interview de l'ex-président de la Knesset de 1999 à 2003 et ex-président de l'agence juive, Avraham Burg dans Haaretz du 8 juin qui reconnaît l'échec du projet sioniste en Israël (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2655), ainsi que le rapport du coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix au Proche-Orient Alvaro de Soto qui dénonce la faiblesse de l'ONU face à Washington et au gouvernement israélien ( http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=1909).

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10 juin 2007 7 10 /06 /juin /2007 19:51

La bataille d'RCTV lancée par Washington contre Hugo Chavez s'est poursuivie au cours des deux dernières semaines.

Malgré l'opposition de toute la gauche (y compris les sociaux-démocrates), la droite et l'extrême droite au Parlement européen, aiguillonnées par Reporter sans frontières, ont profité de l'absentéisme pour faire voter par 43 voix contre 22, sur 785 députés (http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5085) une résolution condamnant le refus de renouvellement des fréquences de la TV putschiste (les citoyens sont encouragés à demander aux députés absents pourquoi ils ont laissé passer cette résolution). La présidence allemande hésite cependant à appuyer trop ouvertement l'offensive anti-Chavez (http://www.anti-imperialism.net/lai/texte.php?langue=1&section=&id=25401).

Au Venezuela, face aux manifestations organisées par l'oligarchie locale et la droite américaine à grand renfort de dollars US et de slogans marketing, Chavez dans une conférence de presse a cité les travaux de Th. Meyssan sur le rôle de la Albert Enstein Institution depuis quinze ans dans l'organisation des manifestations non-violentes, en Lituanie, en Serbie, en Georgie, en Ukraine, pour renverser les résistances à la globalisation impériale (http://www.voltairenet.org/article148776.html).

Aux Etats-Unis, même les pauvres de Brooklyn qui bénéficient du pétrole venezuelien à bas prix commencent malgré tout à se faire entendre, par la voix du courageux conseiller municipal démocrate du 42 ème district de New York, Charles Barron, ancien membre des Black Panthers, qui n'a pas hésité à défendre Chavez sur la chaine conservatrice Fox News. Après avoir été traité de "fils de pute" par le correspondant de cette chaîne à Caracas Adam Housley (http://larepublica.es/spip.php?article5745), il a affronté le député républicain de Floride Connie Mack (http://mack.house.gov/ ),l'homme du lobby des millionnaires cubains de Miami (http://www.cubanet.org/CNews/y98/feb98/13o8.htm), auteur de grandes initiatives politiques dans l'histoire de l'impérialisme comme la libération d' Orlando Bosch, le terroriste anti-castriste allié de Posada Carriles en 1990 (http://www.paginadigital.com.ar/articulos/2003/2003terc/noticias2/cronolocub17-4.asp), la loi Cuba Democracy Act renforçant l'embargo contre l'île en 1992, la résolution parlementaire condamnant le gouvernement de Caracas en 2005 (http://www.trinicenter.com/modules.php?name=News&file=print&sid=1374).

Le conseiller Barron l'a accusé de participer à "la suprématie des hommes blancs" ("white men supremacy") en voulant dire aux Vénézueliens pour qui ils doivent voter (http://www.youtube.com/watch?v=Mb8JVwnUy-M et http://www.youtube.com/watch?v=5iNaPW_tXqc&mode=related&search=).

La situation au Venezuela reste tendue. Dayana Carolina Azueje, professeur à l'université nationale expérimentale politechnique des forces armées, et Gabriel Tovar tous deux dirigeants de la Coordinadora Simón Bolívar ont été assassinés après avoir accusé, sur la chaine de TV de droite Globovision, la FEDECAMARAS (le syndicat des patrons vénézueliens) d'organiser les troubles dans le pays (http://www.anncol.org/es/site/doc.php?id=3118).

En France, le Cercle bolivarien de Paris a appelé le 7 juin à une manifestation de soutien à la République bolivarienne au Trocadéro (http://cbparis.free.fr/). Une antenne française de la télévision vénézuelienne Vive vient de voir le jour (http://www.vive-fr.org/vive/), tandis que Telesur en langue espagnole est toujours accessible sur le Net (http://www.telesurtv.net/secciones/alamedida/telesurnoticias/index.php). En Amérique latine, Cuba, le gouvernement du Panama, le Parti des travailleurs brésilien, divers intellectuels argentins (le prix Nobel de la paix Adolfo Pérez Esquive; le cinéaste, Fernando Pino Solanas; les sociologues Atilio Borón et Alcira Argumedo), l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (au Mexique) entre autres ont manifesté leur soutient au gouvernement bolivarien face au lobby d'RCTV (http://www.congresobolivariano.org/modules.php?name=News).

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