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3 novembre 2007 6 03 /11 /novembre /2007 00:07
Pour la seizième fois consécutive, comme chaque année, le vote de l'assemblée générale de l'ONU, le 30 octobre 2007, a révélé l'absurdité de la position états-unienne sur Cuba. 184 pays (un record cette fois-ci) ont voté pour la condamnation de cet embargo. Seuls ont voté contre les Etats Unis, Israel, les Iles Marshall et Palau (http://www.granma.cu/espanol/2007/octubre/mar30/condena-e.html). L’embargo imposé par les États-Unis depuis 50 ans à Cuba a infligé à l’île des dégâts dont le montant cumulé est désormais estimé à 89 milliards de dollars, dont 1,4 milliard de dollars rien que pour le commerce extérieur l’an dernier (soit près de la moitié du montant des exportations - cf http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_Cuba) . L'ONU publie dans un communiqué les explications de vote à l'Assemblée générale. La plupart des pays du Tiers-monde condamnent l'embargo américain en raison du principe de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, l'Union européenne et l'Australie, elles, mettent surtout en avant le préjudice commercial que leur cause la loi Helms Burton (http://www.un.org/News/fr-press/docs/2007/AG10649.doc.htm). Cuba est une affaire de politique intérieure pour les Etats-Unis compte tenu du poids démographique et financier, notamment en Floride, des exilés qui financent diverses campagnes électorales (en particulier le clan Bacardi - http://users.skynet.be/roger.romain/bacardilerhumquipue_28_10_2003.htm). 125px-Flag-of-Cuba-svg.png
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1 novembre 2007 4 01 /11 /novembre /2007 12:14
Les gouvernants américains aiment jouer la carte sécessionniste contre les Etats qui leur déplaisent. Ainsi ont-ils soutenu les indépendantistes albano-kosovars en Serbie, les Tibétains en Chine etc. Il n'est d'ailleurs pas exclu qu'ils soutiennent un jour des mouvements indigénistes en Amérique du Sud contre des gouvernements progressistes même si la tendance en ce moment est de créer des sécession de blancs et métis contre des gouvernements favorables aux Indiens.

Les voici en tout cas en ce moment en train d'armer lourdement les Kurdes contre l'Iran, mais aussi peut-être - et ce serait nouveau - contre leur allié de toujours, la Turquie. Rien n'est encore totalement prouvé, mais la saisie d'une très grande quantité d'armes américaines tombées entre les mains du PKK éveille des soupçons : se peut-il qu'elles aient toutes été détournées de leur destination initiale ? Un article de Justin Raimondo initialement paru sur antiwar.com pose la question, tout en attribuant les éventuelles livraisons d'armes à des incohérences politiques du Pentagone (http://www.voltairenet.org/article152634.html)

Il est vrai que les liens avec la Turquie se sont distendus depuis qu'Ankara avait refusé en 2003 de mettre son territoire à la disposition des troupes américaines pour une attaque contre l'Irak, mais de là à ce que Washington favorise sa déstabilisation via les Kurdes ... La question kurde est en tout cas en passe de rapprocher la Turquie de l'Iran - les deux pays travaillent déjà ensemble sur le dossier (http://www.liberation.fr/actualite/reuters/reuters_monde/287819.FR.php) - ce qui n'arrangera peut-être pas le projet américain de guerre contre Téhéran.
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29 octobre 2007 1 29 /10 /octobre /2007 00:00
Cristina Fernandez Kirchner a été élue hier présidente de la République argentine avec plus de 40 % des voix selon les sondages de sortie des urnes. Elle succède à son mari Nestor Kirchner qui, grâce à une politique de rupture avec le néo-libéralisme, a permis un redressement sensible de l'économie argentine au cours des dernières années.

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Cristina Kirchner, qui a commencé son engagement politique au sein de la Tendencia Revolucionaria du parti justicialiste dans les années 1970, dirige aujourd'hui la coalition Front pour la victoire, regroupant péronistes, radicaux et socialistes dissidents. L'extrême gauche, qui se présentait en ordre dispersé à cette élection, reprochait à la candidate, outre son goût pour les sacs Vuiton à 4 500 dollars, et les Rolex en or, d'avoir soutenu les politiques néo-libérales de son parti au début des années 1990 et d'être en fait la candidate de Wall Street (http://www.lahaine.org/index.php?blog=3&title=cristina_kirchner_candidata_el_cambio_de). L'agence cubaine Granma soulignait aussi récemment qu'elle avait de meilleurs rapports avec les milieux d'affaires argentins que son époux (http://www.granma.cu/espanol/2007/octubre/vier26/43cristina-e.html.

Cristina K pour sa part s'est toujours vantée d'avoir d'excellentes relations aussi bien avec Hugo Chavez qu'avec Lula (http://www.lanacion.com.ar/Archivo/nota.asp?nota_id=916885). En visite à Buenos Aires le 7 août 2007, le président vénézuélien avait ouvertement souhaité l'élection de Cristina K à la présidence de la République argentine (http://www.cubaencuentro.com/es/encuentro-en-la-red/internacional/noticias/chavez-fortalece-su-presencia-en-argentina/(gnews)/1186503600).
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27 octobre 2007 6 27 /10 /octobre /2007 12:50
Devant l'échec de la tactique des combats au sol pour venir à bout de la résistance irakienne, l'armée américaine en Irak intensifie les frappes aériennes : 996 sorties ont eu lieu au premier semestre 2007, soit autant que la totalité des sorties aériennes des trois années précédentes. Selon WIRED Magazine à paraître le mois prochain, le général Petraeus, chef des forces d'occupation en Irak, aurait jeté par la fenêtre en décembre dernier des manuels de répression de la guérilla urbaine qui soulignaient l'impact négatif sur la population de ces attaques aériennes en tant qu'elles causent des victimes civiles collatérales (http://blog.wired.com/defense/2007/10/in-december-the.html).

Ci-dessous la vidéo d'un tir américain sur un groupe de personnes en Irak.

 

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19 octobre 2007 5 19 /10 /octobre /2007 10:10

Les textes sur la "fascisation" des Etats-Unis depuis le Patriot Act ne manquent pas. Le dernier article en date est celui de Naomi Wolf sur le site de Michel Collon - http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2007-10-13 17:28:14&log=invites. Tout cela si l'on en croit Paul Craig Roberts ancien sous-secrétaire au Trésor de Reagan pourrait être lié à l'influence dans les arcanes du pouvoir de la Federalist society, un groupe d'extrême droite admirateur de Carl Schmitt (http://www.solidariteetprogres.org/spip/article.php3?id_article=2053). paul-craig.jpg

Le même Paul Craig Roberts a accusé le président américain de préparer encore un durcissement du régime après la signature en juillet dernier d’une ordonnance spéciale, autorisant le ministre américain des Finances après consultation du chef du Pentagone et du secrétaire d’Etat américain, à arrêter n’importe quelle personne et à confisquer ses biens sur le territoire américain, si elle "présente une menace pour la stabilisation en Irak" (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1194 ). L'analyste militaire Daniel Ellsberg confirme ces affirmations (http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1341).

Comme le Congrès, dominé par les démocrates (dont beaucoup comme Hillary Clinton doivent leur élection à l'AIPIAC) n'est guère déterminé à faire obstacle à l'Exécutif,  ces analystes comptent sur une réaction vigoureuse de l'armée pour modérer cette tendance. Il est vrai que celle-ci a été passablement malmenée par les choix "déraisonnable" du Pentagone sous la férule des néo-conservateurs et de Rumsfeld.

william-fallon-01.jpgSi l'on en croit un article récent du groupe Comaguer, les CENTCOM successifs (commandants de la zone Europe-Proche-Orient) se sont ouvertement opposés à une intervention en Iran et les responsables de l'occupation de l'Irak que Rumsfeld a "mouillés" dans l'affaire des tortures, commencent à vider leur sac (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=7104).

Un des aspects les plus singuliers de la résistance militaire pourrait avoir été constaté le mois dernier. Six missiles de croisières AGM-129 armés de têtes nucléaires W80-1 ont été transportés de la base de l’US Air Force de Minot, dans le Dakota du nord, à celle de Barksdale, en Louisiane, et sont restés 10 heures sur le tarmac, sans que personne ne s’en aperçoive. La grande presse presse a fait état d'une erreur technique. Le journaliste ancien officier de l'US Navy Wayne Madsen, lui, croit savoir "de sources du renseignement US et étrangères " que la perte de ces missiles serait due à une rebellion interne à l'US Air force. Selon lui, ces missiles devaient servir pour une attaque US contre l’Iran à l’aide d’armes nucléaires et conventionnelles. L'offensive devait coïncider avec l’attaque aérienne israélienne du 6 septembre contre une installation syrienne que les sources occidentales accusent d'être nucléaire à Dayr az-Zwar, près du village de Tal Abyad, au nord de la Syrie, près de la frontière turque. L’attaque d’Israël, qui avait pour nom de code OPERATION ORCHARD, devait fournir aux USA une raison pour frapper l’Iran, du fait des représailles qu'elle ne manquerait pas de provoquer. L’assaut de propagande néo-conservatrice dans la presse devait dénoncer la coopération des trois États restants de l’« axe du mal » de George Bush — la Syrie, l’Iran, et la Corée du Nord — pour justifier une attaque israélienne soutenue contre la Syrie et une attaque massive des militaires US contre l’Iran. Cette opération était liée au PROJECT CHECKMATE (projet échec et mat) classé hautement confidentiel du Pentagone, un programme compartimenté de l’US Air Force consacré à un plan d’attaque de l’Iran depuis juin 2007 piloté par le vice-président Dick Cheney. Un membre anonyme de l’Air Force aurait ébruité l’affaire dans Military Times le 5 septembre, la veille de l'attaque israëlienne sur la présumée installation nucléaire en Syrie et de l’attaque simultanée des USA contre l’Iran. La fuite dans les médias d’informations classées confidentielles sur la disposition ou le mouvement des armes nucléaires est elle-même sans précédent. (http://earthboppin.net/talkshop/national/messages/59386.htmlhttp://iro-dissidence.blog.fr/2007/10/03/apocalypse_now~3076741 et http://eldib.wordpress.com/2007/10/02/lair-force-a-refuse-demmener-en-avion-des-armes-sur-le-theatre-du-moyen-orient/). Des informations à prendre cependant avec toutes les précautions d'usage...

 

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13 octobre 2007 6 13 /10 /octobre /2007 18:42

En accueillant le fils de feu le président égyptien Gamal Abdel Nasser en août 2007 (cf vidéo ci-dessous), Hugo Chavez a formé des voeux pour la renaissance du socialisme arabe (http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=3682&lg=es). A noter dans le cadre de la réflexion sur la gauche arabe, un article intéressant du doctorant Nicolas Dot Pouillard  sur la dynamique de rapprochement entre marxistes arabes et partis religieux, en Palestine, au Liban, et ailleurs au Proche-Orient dans la revue Mouvements (http://www.mouvements.info/spip.php?article127).

 

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5 octobre 2007 5 05 /10 /octobre /2007 10:40
Les présidents zimbabwéen et iranien, Robert Mugabe et Mahmoud Ahmadinejad, qui se sont rencontrés en marge de l'Assemblée générale de l'ONU à New York envisagent de créer une "coalition pour la paix" en réaction aux critiques émises à leur encontre par le président américain George W. Bush a déclaré à l'AFP le vice-ministre de l'Information zimbabwéen, Bright Matonga le 26 septembre 2007. Cette coalition sera dirigée contre "l'agression des brutes internationales" a affirmé pour sa part l'ambassadeur du Zimbabwe aux Nations Unies (http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--mon/Le-Zimbabwe-et-l-Iran-pour-une-coalition-contre-les-brutes-occidentales.html).  800px-Flag-of-Zimbabwe-svg.png

Le président Mugabe, 83 ans dont 27 au pouvoir, ancien leader de la lutte anti-apartheid est très populaire en Afrique Australe (voir notamment l'accueil réservé par le peuple d'Afrique du Sud en 2004 http://www.afriquechos.ch/spip.php?article95, et par le peuple zambien le 16 août dernier http://www.rfi.fr/actufr/articles/092/article_55310.asp). Sa politique de redistribution des grandes propriétés des Blancs au profit des paysans sans terre de son pays est critiquée par les grands médias occidentaux qui prennent ouvertement le parti des possédants en des termes proches de ceux des colonisateurs du XIX ème siècle (http://delorca.over-blog.com/article-12846677.html). Des élus du Parti travailliste anglais comme la baronne Glenys Kinnock, eurodéputée, impliquée dans divers lobbying pour l'ingérence occidentale notamment en Birmanie (The Burma Campaign - http://www.burmacampaign.org.uk/pm/weblog.php?id=P155), s'appliquent à isoler toujours plus le gouvernement de Mugabe qu'ils accusent de violer les droits de l'homme (http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=37396).  La baronne Kinnock, qui s'offre des conférences-débats à 300 000 euros aux frais du contribuable européen à la Barbade en sa qualité de co-présidente de l'assemblée parlementaire du Forum Afrique-Caraïbe-Pacifique-Europe(http://www.timesonline.co.uk/tol/news/uk/article634439.ece), s'est prononcée le 4 septembre 2007 pour la dénonciation et le boycott des entreprises et organisations qui traitent avec le gouvernement zimbabwéen (http://www.swradioafrica.com/pages/hotseat130907.htm), ce qui n'est pas sans rappeler la logique de la loi d'embargo Helms-Burton imposée par les Etats-Unis aux entreprises qui font du commerce avec Cuba.

La dépêche AFP du 26 septembre cite un analyste basé à Harare,Takura Zhangazha, pour qui Cuba et le Venezuela seraient susceptibles de rejoindre cette coalition (Hugo Chavez, qui est allié d'Ahmadinejad, a accueilli Mugabe à Caracas en février 2004 http://www.news24.com/News24/Africa/Zimbabwe/0,,2-11-259_1490385,00.html)

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26 septembre 2007 3 26 /09 /septembre /2007 10:05

Voici la présentation d'une étude de chercheurs britanniques sur ce que serait la réalité humaine d'un bombardement contre l'Iran. Lorsqu'on sait  ce qu'a été la violence (toujours minimisée par nos médias) des opérations militaires en Serbie en 1999, en Afghanistan en 2001, en Irak en 2003, au Liban en 2006, on ne peut qu'accorder la plus grande attention à cet article qui a le mérite de donner un contenu concret aux débats abstraits sur l'éventuel "bombardement de l'Iran". b52.jpg

F. Delorca


Des scientifiques britanniques avertissent que les Etats-Unis préparent une attaque terrifiante contre l’Iran

par Peter Symonds

Mondialisation.ca, Le 24 septembre 2007 -

Une étude de quatre-vingt pages publiée le 28 août dernier par deux analystes en matière de sécurité britanniques fait une estimation à glacer le sang de la violence destructrice que les Etats-Unis emploieraient lors d’une attaque contre l’Iran. « Les Etats-Unis ont fait des préparatifs dans le but de détruire les armes de destruction massive de l’Iran, son énergie nucléaire, son régime, ses forces armées, son appareil d’Etat et son infrastructure économique dans les quelques jours, sinon les quelques heures qui suivraient un ordre donné par le président George W. Bush » dit cette étude. (http://www.rawstory.com/images/other/IranStudy082807a.pdf).

Les auteurs de cette étude, Dan Plesch et Martin Butcher, tirent, en s’appuyant sur des sources accessibles au public, cette conclusion que « Les bombardiers et les missiles à longue portée américains sont d’ores et déjà prêts à détruire en quelques heures 10.000 cibles à l’intérieur de l’Iran. Les troupes d’infanterie, de l’armée de l’air et de la marine déjà présentes dans le Golfe Persique, en Iraq et en Afghanistan ont la capacité de détruire en peu de temps les forces armées iraniennes, le régime du pays et son Etat. » 

Plesch et Butcher ont écrit abondement sur les relations et la sécurité internationale. Plesch est directeur du Centre for International Studies and Diplomacy à la prestigieuse School of Oriental and African Studies de Londres. L’étude intitulée « Envisager une guerre avec l’Iran : un mémoire pour une discussion sur les ADM [Armes de destruction massive] au Moyen-Orient » ne fait pas d’évaluation du programme nucléaire iranien, le prétexte d’une guerre des Etats-Unis contre l’Iran, ni ne tire de conclusion sur la probabilité d’une attaque. Mais elle décrit les vastes préparatifs du Pentagone et examine les stratégies militaires probables des Etats-Unis. 

Plesch et Butcher estiment qu’une attaque américaine quelle qu’elle soit ne se limiterait pas aux installations nucléaires iraniennes mais aurait aussi pour objectif d’éliminer sa capacité de réplique par la destruction de ses capacités militaires et de son infrastructure économique. « Toute attaque aura vraisemblablement lieu à une très grande échelle, sur plusieurs fronts, évitant toutefois une invasion terrestre. Une attaque qui se concentrerait sur les armes de destruction massive, laisserait à l’Iran trop d’options en matière de contre-attaque, permettrait que le président Bush soit accusé de n’avoir pas utilisé une force suffisante et laisserait le régime intact » déclarent-ils. 

Le mémoire examine les plans de « Frappe planétaire » (Global Strike) du Pentagone, développés sous l’égide de l’administration Bush et destinés à rendre l’armée américaine capable de frapper à brève échéance n’importe où dans le monde. Depuis 2001 en particulier, on a modifié le rôle de STRATCOM (US Strategic Command), un moyen de dissuasion nucléaire contre l’Union soviétique dans le passé, afin de « permettre l’obtention d’effets sur mesure partout et à tout moment dans le monde entier…Les Etats-Unis ont des forces stratégiques prêtes à lancer des attaques massives contre l’Iran en l’espace de quelques heures après que l’ordre en sera donné. » 

Plesch and Butcher analysent les types de bombardiers et de bombes conventionnelles disponibles et calculent que cent bombardiers stratégiques, armés chacun de cent « bombes intelligentes », suffiraient à frapper 10.000 cibles individuelles. « Cette force de frappe est à elle seule suffisante pour détruire toutes les capacités politiques, militaires, économiques importantes de l’Iran ainsi que ses capacités de transport »  concluent les auteurs.  « L’emploi d’une telle force amènerait la technique "choc et épouvante" (shock and awe) à un stade supérieur et ne laisserait à l’Iran que peu ou pas de capacités militaires conventionnelles pour bloquer le détroit d’Hormuz ou pour fournir un soutien militaire conventionnel à des insurgés en Irak ».

Le mémoire exclut dans une bonne mesure l’usage d’armes nucléaires par les Etats-Unis, déclarant que « les conséquences humaines, politiques et environnementales serait dévastatrices tandis que leur valeur militaire resterait limitée ». Mais les auteurs reconnaissent aussi qu’il existe « de nets indices qu’ [aux Etats-Unis] on considère sérieusement une telle utilisation d’armes atomiques [contre l’Iran] ». Et tout en déclarant qu’une attaque nucléaire américaine ou britannique contre l’Iran était « très improbable », Plesch et Butcher ne la tenaient pas pour impossible. Ils calculent que près de trois millions de « morts soudaines » se produiraient au cas où l’on jetterait des bombes nucléaires de 300 kilotonnes sur ne serait-ce qu’onze sites censés abriter des armes de destruction massive.  

Une bonne partie de cette étude traite des options diverses qu’ont les Etats-Unis dans l’utilisation des forces présentes dans la région pour contrer une riposte iranienne à leur attaque. « L’Iran a une armée de l’air et des capacités de défense antiaérienne faibles, la plupart vieilles de vingt ou trente ans et ne possède pas de système de communications moderne et intégré. Non seulement ses forces seront-elles rapidement détruites par la puissance de l’aviation américaine, mais l’armée de l’air et l’infanterie iraniennes devront encore lutter sans protection devant une attaque aérienne » écrivent les auteurs. 

L’étude évoque l’existence de plans américains pour contrer tout blocus du détroit stratégique d’Hormuz, dans le Golfe persique et pour se saisir de la province iranienne occidentale de Khuzestân, où s’effectue la plus grande partie de la production pétrolière du pays. Elle décrit en détail la capacité de l’armée américaine, stationnée non loin, en Irak et en Afghanistan, à détruire l’armée et les bases militaires iraniennes, même si elles se trouvent à des centaines de kilomètres des frontières et ce, sans invasion terrestre. Elle cite diverses sources faisant état d’opérations américaines secrètes ayant d’ores et déjà lieu à l’intérieur de l’Iran dans le but d’identifier des cibles et de fomenter une rébellion armée parmi les minorités ethniques et religieuses.
Examinant la question « dans quelle mesure peut-on considérer qu’une attaque est probable? » les auteurs font remarquer : « L’administration [américaine] a constamment refusé de renoncer à l’option militaire et elle a continué de préparer une guerre. Le Congrès a rejeté une motion exigeant du président qu’il le consulte avant d’aller en guerre contre l’Iran ». L’étude cite un certain nombre de commentaires menaçants faits cette année par des membres de l’administration Bush, ainsi que des déclarations anti iraniennes belliqueuses par des candidats républicains et démocrates à l’élection présidentielle. Elle énonce aussi les mesures prises par le Congrès en vue d’imposer des mesures plus sévères contre Téhéran.    

Les auteurs de l’étude réfutent de nombreux arguments généralement avancés pour expliquer pourquoi les Etats-Unis n’attaqueraient pas l’Iran. Ils estiment que la probabilité d’un compromis sur le programme nucléaire iranien est « extrêmement faible » étant donné que « les Etats-Unis refusent d’offrir toute garantie de sécurité à l’Iran et s’emploient effectivement et de façon active à affaiblir les autorités iraniennes. » Quant à la tentative de l’Union européenne de servir d’intermédiaire dans un marché avec l’Iran « les responsables américains…se moquent, tant en privé que de façon moins privée, des efforts de l’UE, qu’ils jugent futiles ».  

Répondant à ceux qui font remarquer que l’armée américaine est enlisée en Irak et manque de troupes, l’étude déclare : « Le déploiement de l’armée aux limites de sa capacité, dû à de longs tours de service en Irak est un problème sérieux, mais fournir des forces pour une guerre de courte durée (suivant le modèle de l’invasion initiale de l’Irak) constituerait un bien moindre problème. L’Iran n’a guère la capacité de conduire une attaque militaire conventionnelle en dehors de son propre territoire, donnant aux Etats-Unis de bonnes possibilités de se retirer et d’attendre la suite événements dans le pays après une attaque du genre de celle décrite dans cette étude. » 

Le mémoire explore également la capacité de l’Iran à répondre d’autre manière, soit directement contre un allié des Etats-Unis comme Israël ou contre des bases américaines, soit indirectement par l’encouragement  d’une sédition parmi les Chiites irakiens. Les auteurs considèrent que de tels arguments renforcent la proposition d’une attaque massive plutôt que celle d’une attaque limitée. Ils font aussi observer que l’Iran conservait l’option de contre-frappes à l’aide de missiles et avait observé de très près les opérations militaires américaines autour de ses frontières. « En même temps, les forces armées américaines se sont préparées à cette éventualité pendant de nombreuses années et il sera difficile d’être le général qui dira au président Bush qu’attaquer l’Iran n’est pas ‘faisable’. » 

Plesch et Butcher ne font aucune prédiction quant à une guerre, mais ils notent que le manque de publicité autour des préparatifs militaires américains ne constitue pas une garantie qu’une attaque n’aurait pas lieu. « L’état de préparation militaire, sinon politique, des Américains pour une guerre utilisant des forces d’invasion minimum, indique que leur inaction apparente vis-à-vis de l’Iran est trompeuse. La capacité des Etats-Unis de mener une opération militaire de grande envergure contre l’Iran est intacte. Quant à savoir s’il existe une volonté politique de poursuivre une telle ligne, cela n’est connu que de quelques personnalités dirigeantes de l’administration Bush ».    

Plesch et Butcher n’ont pas essayé d’analyser les raisons économiques et stratégiques sous-jacentes d’une attaque américaine de l’Iran ou d’examiner en détail le potentiel qu’une telle action avait de déclencher une guerre plus étendue. Leur étude ne contredit en rien la campagne de propagande de plus en plus importante sur les prétendus programmes nucléaire iraniens. La réelle motivation d’une nouvelle guerre irresponsable des Etats-Unis contre l’Iran réside dans la tentative de l’administration Bush d’établir une domination sans partage des Etats-Unis sur les régions riches en ressources minérales du Moyen-Orient et d’Asie centrale. 

Tout ce qui aurait pour conséquence de permettre à des rivaux européens et asiatiques de renforcer leur influence dans ces régions clés est tout simplement intolérable pour l’élite dirigeante américaine.  

L’optique plutôt limitée de l’étude ne fait que rendre sa conclusion plus troublante : les préparatifs militaires qui permettraient à l’administration Bush de faire, en peu de temps, d’une grande partie de l’Iran un champ de ruines, sont déjà terminés.


Article original en anglais, WSWS, 11 septembre 2007.


 Articles de Peter Symonds publiés par Mondialisation.ca

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 15:36
Nicolas Sarkozy devait présider, mardi 25 septembre, à New York, une session spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée à l'Afrique. La France à cette occasion propose l'envoi, au Tchad et en Centrafrique, d'une force
pouvant comporter jusqu'à 4 000 soldats, qui serait, c'est une première, composée de soldats européens. L'armée française, on s'en souvient était investie dans des opérations de maintien de l'ordre à caractère néo-colonial dans ces pays au printemps dernier (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-5958927.html). 250px-Tchad-carte.gif

L'opération, qui pourrait être votée par le Conseil de sécurité, comporterait deux volets : l'un, policier, relevant de l'ONU (300 policiers onusiens appuieront environ 850 policiers tchadiens devant être déployés dans les camps de réfugiés fuyant le Darfour voisin) ; l'autre militaire, sous l'égide de l'Union européenne (UE), dont le contingent aura pour mission de "sécuriser "des zones parcourues de milices armées, dans l'est du Tchad et le nord-est de la Centrafrique. Cette participation européenne, qui est une nouveauté, ne semble pas aller de soi, car nombre de nos voisins rechignent à fournir des troupes (Le Monde 25 septembre http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3212,36-958715@51-947123,0.html). Les rebelles tchadiens de l'UFDD (Union des forces pour la démocratie et le développement) du général Mahamat Nouri, et du RFC (Rassemblement des forces pour le changement) de Timane Erdimi (http://www.rfi.fr/actufr/articles/087/article_50266.asp) ont mis en garde contre "les initiatives françaises visant à transformer les troupes françaises au Tchad en une force européenne". Les textes de l'opposition tchadienne au régime d'Idris Déby soutenu par la France sont en ligne sur http://www.tchadvision.com/NewsDetail.asp?item_id=390&.

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25 septembre 2007 2 25 /09 /septembre /2007 15:03
Les résistances à l'Empire euro-états-unien continuent de se fédérer sur des bases "politiquement incorrectes". Le journal Panorama annonçait hier que le Venezuela va acheter 5 sous-marins à la Russie et négocier l'installation d'une usine de fusils russes sur son territoire (http://www.aporrea.org/tiburon/n101910.html).   800px-map_non-aligned_movement.png

Parallèlement on apprenait la veille que la restauration des relations diplomatiques entre la Bolivie et l'Iran provoquaient les critiques acerbes de l'ambassadeur états-unien à La Paz Philip Goldberg. Goldberg toujours aussi respectueux de la souveraineté de la Bolivie a demandé une réunion avec le président Morales à ce sujet. Une mission d'études iranienne sur les besoins des micro-entreprises est attendue à Tarija, Cochabamba et La Paz. L'année dernière l'Iran a livré à la Bolivie des tracteurs via le Venezuela (http://larepublica.es/spip.php?article7070). 
 
La coopération qui porte sur des contrats de faible envergure entre la Bolivie et l'Iran a surtout une portée symbolique, alors que la presse occidentale continue de se déchaîner contre le président Ahmadinejad en visite à l'Assemblée générale de l'ONU, à grands renforts de citations tronquées et de stéréotypes. Ahmadinejad a pu malgré tout s'exprimer aujourd'hui à l'université de Columbia (au nom de la liberté d'expression) malgré les virulentes insultes d'associations sionistes contre le président de cet université qui le traitent de tous les noms d'oiseaux (http://www.powerlineblog.com/archives/2007/09/018510.php, http://www.weeklystandard.com/Content/Public/Articles/000/000/014/131yhgvn.asp) relayés en cela par des soutiens de la cause israëlienne au conseil municipal de New York, comme Christine Quinn qui était en Israël récemment (http://www.observer.com/node/31382). Le président de l'université Lee Bollinger s'est pourtant engagé à soumettre le président iranien à des questions déplaisantes (http://www.breitbart.com/article.php?id=D8RPV2AO0&show_article=1). La video  de l'intervention d'Ahmadinejad est accessible sur You Tube. A la question sur la destruction d'Israël, le président Ahmadinejad répond en demandant l'organisation d'un référendum en Palestine. Les autres réponses sont également intéressantes et peuvent être visionnées en cliquant ci-dessous. Les adresses sont : http://www.youtube.com/watch?v=pAM5S4lhMGw&mode=related&search=,http://www.youtube.com/watch?v=ZuLfO3GlWcc&mode=related&search=,http://www.youtube.com/watch?v=h7rEqy5ohtc&mode=related&search=,http://www.youtube.com/watch?v=x5e4GC8Zxn0&mode=related&search=) . On notera que le public est manifestement partagé entre partisans et adversaires.

 


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