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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 17:31
Bien que le président français Sarkozy ait déclaré à Prague (Le Monde du 17 juin 2008) qu'il excluait tout élargissement de l'Union européenne (notamment à la Croatie) si le traité de Lisbonne n'était pas ratifié (un propos tenu pour faire pression sur les Tchèques, réticents à enterrer le "non" irlandais au traité), la perspective d'élargissement continue à restructurer la vie politique de la Serbie. L'ancien parti de Slobodan Milosevic, le Parti socialiste de Serbie (SPS) et le parti pro-occidental, le Parti démocratique (DS) qui l'a chassé du pouvoir en 2000 seraient prêts à former un gouvernement après l'échec des tractations avec les partis souveraintistes (le DSS de Vojislav Kostunica et le SRS de Tomislav Nikolic).

La cause de ce revirement d'alliance est la promesse faite par Bruxelles à Belgrade de signer un Accord d'association avec elle, prélude à une adhésion possible de la Serbie à l'UE si les pro-occidentaux dirigent le gouvernement. Le SPS, dont l'appui est nécessaire aux pro- ou aux anti-européens pour avoir la majorité au Parlement voit dans le ralliement à l'européisme une occasion de se réhabiliter au regard des pouvoirs occidentaux (comme l'avait déjà tenté du reste Slobodan Milosevic à plusieurs reprises, notamment en signant les accords de Dayton sur la Bosnie en 1995).

Dans une déclaration Večernje novosti, aujourd'hui 20 juin, le leader du Parti radical (SRS) tirait déjà les leçons des dernières semaines de négociation et imputait la défection du SPS au Premier ministre sortant Vojislav Kostunica. Selon lui, puisque le leader du SPS Ivica Dačić était au départ d'accord pour une alliance avec les souverainistes, Kostunica aurait dû dialoguer davantage avec le Parti des retraités associés et Serbie unie, qui étaient coalisés avec le SPS et ont été les premiers à lui demander de rechercher plutôt l'alliance avec les pro-occidentaux. Nikolic estime dans cette interview que Kostunica "n'a pas vraiment voulu" former un gouvernement avec son parti et le SPS, et fait également sa propre autocritique sur le score plus modeste que prévu du SRS aux élections, notamment en Voïvodine (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=06&dd=20&nav_id=51246). Les membres de la coalition d'opposition DSS-SRS-NS considèrent toutefois que le clivage avec le SPS ne s'est pas fait sur la question de l'Accord d'association, mais sur le fait de savoir si Belgrade accepterait de le signer alors que celui-ci ne prévoit pas explicitement que le Kosovo reste dans sa juridiction. La volte-face du SPS obscurcit en tout cas le sens du dernier scrutin législatif qui avait donné la majorité aux partis favorables au maintien de la question du Kosovo au centre des négociations avec l'Union européenne (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=06&dd=22&nav_id=51288).

FD
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7 juin 2008 6 07 /06 /juin /2008 10:25
 Il y a deux semaines, dans un entretien au Monde du 20 mai, le président érythréen Isaias Afwerki accusait Washington d'attiser les différends frontaliers entre Asmara et ses voisins, Djibouti et l'Ethiopie, et déclarait que le processus de démocratisation dans son pays ne reprendrait que si les Etats-Unis mettaient fin à l'état de guerre qu'ils entretiennent dans la zone  (http://www.lemonde.fr/afrique/article/2008/05/19/isaias-afwerki-la-politique-americaine-dans-la-corne-de-l-afrique-est-un-echec_1046809_3212.html). Le même jour le quotidien atlantiste accusait Asmara d'être un régime "intransigeant et nationaliste". Il devait cependant reconnaître que si presque partout en Afrique les Etats sont faibles, l'Erythrée faisait exception et que "l’éducation et l’accès aux soins sont gratuits. Le chômage est minime. Lourdement sanctionnée, la corruption est inexistante, tout comme la délinquance et la criminalité." (http://www.awetom.com/?p=430). La force de l'Etat en Erythrée constitue notamment un atout important dans le contexte actuel de crise alimentaire malgré la grande pauvreté de ce pays, qui a été sérieusement aggravée la guerre avec son voisin éthiopien de 1998-2000 (http://www.reliefweb.int/rw/RWB.NSF/db900SID/ASIN-7FBQPG?OpenDocument&rc=1&cc=eri).

L'Erythrée fait l'objet de pressions permanentes. Djibouti (qui accueille une base française et une base américaine sur son sol) a récemment accusé l’armée érythréenne d’avoir violé sa frontière nord (ce qu'Asmara a démenti), et le différend frontalier avec l'Ethiopie (client de Washington, qui occupe en ce moment militairement la Somalie) n'est toujours pas réglé. Le thème religieux fonctionne comme instrument de l'impérialisme occidental contre l'Erythrée. En 2004 la Commission sur la Liberté religieuse internationale américaine (USCIRF) - un organisme gouvernemental étatsunien - a dépêché une délégation en Erythrée en 2004. Elle a classé en 2005 l'Erythrée dans la liste de ses "pays de préoccupation particulière" (countries of particular concern), avec le Myanmar, la China, l'Iran, la Corée du nord, l'Arabie Saoudite, le Soudan, le Turkéménistan, l'Ouzbékistan, la Pakistan et le Vietnam (http://www.uscirf.gov/index.php?option=com_content&task=view&id=1456&Itemid=59). Comme conséquence de cette inscription, l'Erythrée a fait l'objet par le Département d'Etat en septembre 2005 d'un embargo sur les ventes d'armes. Le rapport de l'USCIRF pour 2006 lui reproche d'être méfiante ("suspicious") à l'égard des groupes religieux baptistes, pentecôtistes, évangélistes et autres groupes chrétiens qui ne sont pas traditionnellement implantés en Erythrée (à la différence de l'Eglise copte et de l'Eglise catholique qui y sont institutionnalisées) - http://www.uscirf.gov/images/AR_2007/eritrea.pdf. On rappellera que les églises évangélistes sont directement liées aux intérêts étatsuniens. Par exemple, via leurs ONG, elles tentent de diffuser des OGM auprès des paysans, comme cela s'est produit en Ouzbékistan (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-12868350.html).  L'USCIRFdans son dernier rapport encourage le financement d'une commission des droits de l'homme "indépendante" (c'est à dire pro-occidentale) en Erythrée. L'Agence d'Etat pour le Développement international américaine USAID a fermé ses bureaux à Asmara le 31 décembre 2005 à la demande du gouvernement érythréen.

Les relations avec l'Union européenne, alliée des Etats-Unis, ont aussi été souvent tendues. En novembre 2001, l'Eythrée avait expulsé l'ambassadeur d'Italie après une ingérence dans sa politique de réglementation des médias. Le Parlement de Strasbourg a voté une résolution contre le gouvernement érythréen 7 février 2002(http://www.shaebia.org/natural_to_protest_unfair_resolution.html) L'Union européenne depuis lors multiplie régulièrement les demandes d'instauration du pluralisme dans ce pays en vue du développement de partis plus favorables aux intérêts occidentaux (http://www.eritreadaily.net/News0407/article0907193.htm). Elle incite aussi le gouvernment érythréen à favoriser davantage le secteur privé capitaliste en libéralisant le marché et diminuant les impôts sur les sociétés (http://www.deleri.ec.europa.eu/eu_and_eritrea/country_strategy_paper_2002-2007.pdf p. 11)

A l'heure où Washington multiplie les sources de conflits (au Soudan, en Somalie) pour contrôler la Corne de l'Afrique sur la route du pétrole, l'Erythrée serait-elle pour les pouvoirs occidentaux un nouveau village d'Astérix à renverser ?

FD.
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31 mai 2008 6 31 /05 /mai /2008 12:37

Nous publions ci-dessous l'article de F. Delorca paru dans le mensuel Bastille-République-Nations du 28 mai 2008  (amisbrn@yahoo.fr)  (le titre est l'oeuvre du journal) à propos du Vème sommet Union européenne-Amérique latine et Caraibes :

Les cow-boys et les Andins


Le cinquième sommet Union européenne - Amérique latine et Caraïbes (UE-ALC), s’est déroulé du 13 au 16 mai dans la capitale du Pérou, Lima, plus précisément au cœur du quartier bunkérisé de la bibliothèque et du Musée de la Nation. Pas moins de 85 000 soldats et policiers avaient été mobilisés pour l’occasion. Quand la fine-fleur de l’eurocratie se déplace dans le Nouveau monde, la première règle qui semble s’imposer est de se placer à l’abri du monde réel. C’est en tout cas ce à quoi a veillé le président péruvien Alan García, un social-démocrate libre-échangiste qui fut élu en 2006 face à un souverainiste en jouant sur le thème de la peur du bolivarisme.

Ainsi, les chefs d’Etat et de gouvernement (53 au total, un record en partie dû à l’élargissement récent de l’UE), et les responsables de la Commission européenne n’auront pas vu la grève des mineurs et des travailleurs sociaux péruviens (des « radicaux », des « ratés », des « chouineurs » selon le Premier ministre hôte, Jorge del Castillo) déclenchée en guise de bienvenue aux visiteurs étrangers ; ni le contre-sommet (« sommet des peuples ») organisé par les mouvements sociaux latino-américains au même moment. Du coup, ils n’auront pas croisé non plus… les journalistes. Ceux-ci, entravés par le dispositif policier et les contretemps de l’organisation, n’eurent finalement qu’un très faible accès au travail des délégations. Mieux – ou pire : lors de la conférence de presse du Premier ministre de l’ex-puissance coloniale, José-Luis Zapatero, les journalistes latino-américains furent invités à quitter la salle sous prétexte de mise en ordre des chaises… et remplacés dans l’intervalle par des confrères espagnols triés sur le volet. L’organisation des travaux à huis clos se sera finalement imposée comme la solution optimale. Et tant pis pour la médiatisation.

Il est vrai qu’en Amérique du sud, les peuples ont parfois tendance à porter au pouvoir des adversaires affirmés de la globalisation, qui viennent jusque dans les rencontres entre chefs d’Etat se faire protester contre l’ordre des choses. Quelques mois plus tôt, en novembre 2007, lors du 17ème sommet ibéro-américain, le président vénézuélien Hugo Chavez avait eu une prise de bec mémorable avec le roi d’Espagne devant les caméras. Il menaçait de récidiver, ayant, la semaine précédente, qualifié Angela Merkel de représentante « de la droite allemande qui a soutenu Adolf Hitler », pour conclure : « Madame la chancelière, vous pouvez aller au ... », interrompant sa phrase d’un air entendu. Celle-ci avait en effet appelé les dirigeants latino-américains à prendre leurs distances avec Caracas. A Lima, le Vénézuélien et l’Allemande se sont finalement salués chaleureusement devant les caméras.

Le président García avait d’ailleurs dû reconnaître qu’il n’y avait pas de dispositif pour empêcher son homologue de Caracas de s’exprimer. Même la venue de Carla Bruni, épouse du président français, avec promesse de séance de photo au Machu Picchu, le tout annoncé par la presse péruvienne comme la principale attraction du sommet, n’allait pas suffire à museler les contestataires. Du reste, le couple Sarkozy s’est décommandé, tout comme Gordon Brown et Silvio Berlusconi. François Fillon avait certes été dépêché, mais le forfait de l’hôte de l’Elysée a provoqué un certain dépit parmi les dirigeants sud-américains. Une occasion manquée, ont regretté certains sous couvert d’anonymat, pour rétablir des liens d’amitié qui se sont distendus ces dernières années.

Le sommet devait être consacré à deux axes majeurs : « pauvreté, inégalités et inclusion », et « développement durable : environnement, changement climatique et énergie ». Des intitulés pompeux, mais sans grandes conséquences. Les choses sérieuses, la partie strictement économique, relevaient plutôt du forum des milieux d’affaires réuni en parallèle le 15 mai. A défaut d’un engagement ferme à augmenter l’aide au développement, qui stagne à 0,7 % du PIB pour l’ensemble de l’Union, la Commission européenne apportait sa friandise environnementale : un plan baptisé Euroclima contre le changement climatique, abondé à hauteur de 5 millions d’euros pour l’Amérique latine. Au fil des tables rondes, la nouvelle marotte de l’UE, les biocarburants, a aussi été évoquée : Bruxelles veut porter leur part dans les transports à 5,75% en 2010, et 10% en 2020. Une telle perspective qui peut séduire le Brésil, largement engagé dans l’aventure en partenariat avec les Etats-Unis, effraie les pays andins qui voient leurs paysans planter du grain pour faire rouler les voitures européennes au lieu de nourrir leur population pauvre. Il n’est guère surprenant, dès lors, que les récentes émeutes de la faim dans le monde aient quelque peu contribué à éclipser ce volet des négociations. A la demande notamment du représentant cubain, les chefs d’Etat auront même consenti à inclure dans la déclaration finale une mention de l’urgence à aider « les pays les plus vulnérables et les populations affectées par les prix élevés des denrées alimentaires ».

Au total, la tonalité de la presse internationale faisait écho à l’atmosphère « apaisée » du sommet. La radio institutionnelle allemande, Deutsche Welle concluait le 18 mai sur un « Happy end », en passant sous silence les propositions abandonnées en cours de route, telles que celle, présentée par Hugo Chavez, de créer un fond d’aide pour les pays victimes de la flambée des prix des denrées alimentaires, celle de son homologue bolivien Evo Morales en vue de délivrer des prêts sans intérêts aux populations démunies, ou encore celle de l’équatorien Rafael Correa pour empêcher la surexploitation du pétrole en Amazonie. Il est vrai que de compromis en déclarations qui n’engagent à rien, tout le monde a fini par obtenir un motif de satisfaction dans cette grand’messe – même La Havane a décroché une condamnation unanime en bonne et due forme de l’embargo étatsunien imposé à Cuba.

Le thème du libre échange, quant à lui, avait été soigneusement relégué en marge du sommet, dans des échanges de vues bilatéraux. C’est que les enjeux sont de taille et les points de vue difficiles à concilier. Si l’on agrège les vingt-sept pays-membres, l’Union européenne est le deuxième partenaire économique de la région Amérique latine/Caraïbes. Le volume des échanges bilatéraux s’élève à quelque 160 milliards d’euros par an. En 2007, environ 14% des exportations latino-américaines étaient destinées à l’UE. Les firmes de l’UE représentent la première source d’investissement dans de nombreux pays latino-américains. Les stocks d’investissements européens dans la région s’élèvent à quelque 400 milliards d’euros, soit environ 12% des investissements directs à l’étrangers totaux des Vingt-sept. Pour beaucoup de pays du sous-continent, les échanges avec l’Europe sont un moyen d’échapper à l’emprise du grand voisin yankee.

Or, si le libre-échange est acquis dans le cadre d’accords d’association avec la Chili et le Mexique, le bât blesse avec certains pays de la Communauté andine des Nations (CAN). Les représentants « bolivariens » d’Equateur et de Bolivie rejettent toujours le projet qui dort dans les tiroirs de Bruxelles. Ils lui reprochent de contenir des clauses en matière de propriété intellectuelle, d’interdiction des nationalisations, et de régime des investissements étrangers qui menacent la souveraineté des peuples. Le président paraguayen nouvellement élu, Fernando Lugo, a lui aussi insisté sur la nécessité de défendre l’indépendance des nations. A défaut de consensus andin, Javier Solana se consolera par la signature probable à court terme d’un accord bilatéral avec la Colombie, sur le modèle de celui que cette dernière a déjà paraphé avec Washington, voire d’un traité de libre-échange avec le Pérou… N’est-ce pas là ce que le Hongrois Rákosi nommait jadis « la tactique du salami » ? Plus que jamais cow-boy de l’UE, le Haut-représentant Solana, avant d’arriver à Lima, avait surtout fait le crochet par Bogota pour soutenir le président colombien, dont les liens avec les paramilitaires sont connus, dans son combat contre les guérilleros des FARC.

Avec les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay), les négociations sont au point mort depuis 2004 pour cause de désaccord sur les subventions et des barrières douanières agricoles. Leur reprise dépend de l’issue du « cycle de Doha » (les négociations engagées depuis 2001 dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce) – c’est en tout cas ce qu’a indiqué à Lima le commissaire européen Peter Mandelson. Le sujet est donc renvoyé à des discussions ultérieures.

Bien loin du sommet officiel, mais au même moment et dans la même ville, le « Tribunal permanent des peuples », présidé par le chanoine belge François Houtart, a symboliquement condamné le système d’exploitation économique dans lequel sont inscrites les relations UE-Amérique latine, et notamment l’action de 26 multinationales européennes. Le 19 mai, l’ONG britannique Christian Aid publiait un rapport selon lequel les grands groupes des pays développés volent aux pays latino-américains quelque 50 milliards de dollars d’impôts chaque année. Le nouveau système fiscal bolivien y est cité en exemple, le Pérou d’Alan García blâmé pour son laxisme. Peut-être un thème de discussion pour le prochain sommet ALC-UE, qui se tiendra à Madrid en 2010 ?

FREDERIC DELORCA

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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 06:33
L'Irak n’a pas été seulement spolié par ses agresseurs de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire.

En violation de la Constitution irakienne, et des conventions de la Haye et de Genève qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l’administrateur provisoire Paul Bremer (un ancien collaborateur de Kissinger) a édicté, avant l’installation d’un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force  de loi et qui ne peuvent être abolies ni modifiées par aucun gouvernement irakien (article 26 de la nouvelle constitution). L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux multinationales qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. L’ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des agriculteurs irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région. Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations (http://www.pressegauche.org/spip.php?article1596).

La nouvelle est publiée alors que la réduction des rations alimentaires menace l’Irak de malnutrition sévère et de famine. Le ministère irakien du commerce a en effet à restreint la fourniture d’aliments et de produits hygiéniques de base subventionnés dans le cadre du Système de distribution public. Le ministère a insisté pour dire que ces
restrictions étaient inévitables parce qu’on ne lui avait pas promis un budget adéquat pour 2008.En 2004, une étude réalisée par le World Food Program (WFP) trouva qu’au moins 6,5 millions d’Irakiens dépendaient fortement du programme de rationnement alimentaire (http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=3555). Il n'y a guère eu d'amélioration depuis lors.
 
Par ailleurs on apprend que s'est ouvert le 29 avril à Bagdad le procès de l'ex ministre des affaires étrangères de Saddam Hussein Tarek Aziz. Un Comité pour sa défense et celle des prisonniers politiques irakiens est créé à l'initiative de Gilles Munier qui a présenté un argumentaire sur l'innocence de l'ancien ministre quant aux crimes qui lui sont reprochés (http://www.stopusa.be/scripts/texte.php?section=BDBF&langue=1&id=25770). La liste des signataires comprend Jean-Pierre Chevènement (ancien ministre) - Michel Debray ( Vice-amiral en 2ème section) Général Pierre Gallois (CR) - Thierry Mariani (député)-Jacques Gaillot (évêque)- Paul-Marie Couteaux (député européen)- Pierre Levy (journaliste) - Bruno Drweski (maître de conférence) - Georges Labica (professeur émérite des universités) - Didier Julia (député).L'appel pour la libération de Tarek Aziz, reprenant les premiers signataires, a été ensuite relancé et élargi au niveau international par le parlementaire britannique George Galloway.Maître Jacques Vergès a déclaré qu'il assurera la défense internationale de Tarek Aziz comme le lui a demandé le Vice-Premier ministre il y a deux ans, demande confirmée le 29 avril 2008, par télécopie, par Ziad Aziz - fils du dirigeant irakien - et par Maître Badie (http://www.libertarek.blogspot.com/).

Sur le front iranien, Andrew Cockburn affirme que le président Bush aurait signé un décret secret allouant 300 millions de dollars à des opérations anti-iraniennes au Proche-Orient, incluant des assassinats de personnalités. Par ailleurs après avoir évincé l'amiral Fallon comme Centcom (commandant du United States Central Command qui couvre le Proche Orient, l'Afrique de l'Est et l'Asie centrale), Bush tenterait de hâter la nomination du faucon Petraeus. A cet effet toute une campagne est déployée auprès du Congrès pour le convaincre que l'Iran interfère par milices interposées dans les affaires irakiennes (http://www.counterpunch.org/andrew05022008.html).Le
26 avril, le Washington Post a rapporté que "le Pentagone prépare des actions militaires potentielles"
contre l'Iran (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8872).


Pour entretenir l'opinion publique étatsunienne dans un état d'esprit belliqueux, les Etats-Unis ont récemment déclaré qu'Israël a bombardé en septembre dernier une installation nucléaire syrienne construite avec l'aide des Nord-coréens. Ces allégations ont été mises en doute par la presse notamment The Independent, échaudée par les mensonges de l'administration Bush en 2003 (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8872).

L'establishment démocrate paraît peu susceptible de contrecarrer cette évolution à l'heure où Mme Clinton, qui s'est récemment vantée d'être prête à "anéantir totalement" (totally obliterate) l'Iran en cas d'attaque contre Israël, est en train de regagner de l'influence contre son rival Obama (http://www.nationalinterest.org/Article.aspx?id=17590). Celui-ci est de plus en plus attaqué pour ses positions sur le Proche-Orient. Ses adversaires lui
reprochent le choix de ses partisans : Zbignew Brzezinski, ex-conseiller à la sécurité nationale du président Jimmy Carter, qui a pris le parti des auteurs d'un ouvrage critiquant l'influence du "lobby pro-israélien" (dit "Aipac") à Washington, et Robert Malley, ex-conseiller du président Bill Clinton sur le Proche-Orient, favorable à une négociation avec le Hamas palestinien. Le 25 avril, le candidat républicain John McCain a qualifié M. Obama de "candidat préféré du Hamas". L'équipe d'Hillary Clinton, sa concurrente démocrate, distribue les pamphlets d'Ed Lasky, un ultra-conservateur qui a consacré 10 de ses 25 dernières chroniques dans American Thinker au seul thème d'Obama et Israël. Lorsque ce dernier explique qu'il entend "combler le fossé croissant entre les musulmans et l'Occident", Daphna Ziman, conseillère de Mme Clinton, se dit "horrifiée" : "Il n'affirme pas le droit d'Israël à exister." (Le Monde 3 mai 2008)

Deux flottes offensives de porte-avions sont maintenant près de l'Iran et une autre serait en route. À la fin mars, l'Arabie Saoudite s'est exercée à faire face aux retombées nucléaires qui surviendraient à la suite d'une attaque US contre l'Iran. Au début avril, Israël s'exerçait à affronter des tirs de représailles de missiles suite à une attaque US contre l'Iran. Tout le monde dans la région se prépare à un bombardement de la centrale nucléaire et les installations d'enrichissement d'uranium de l'Iran. Les États-Unis auraient défini quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l'ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d'enrichissement de Natanz près d'Ispahan.

Jamais dans toute l'histoire ne s'est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d'installations d'enrichissement nucléaire en activité.

Selon Floyd Rudmin en 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d'un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait qu'une bonne partie des réserves de pétrole de la région deviendraient instantanément inaccessibles
(http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8851). Sur les autres conséquences humaines d'une éventuelle guerre contre l'Iran voir : http://atlasalternatif.over-blog.com/article-12619077.html.
 
Post scriptum : Le 6 mai 2008 à l'espace AGECA à Paris avait lieu la présentation de l'ouvrage "Irak : la parole à la résistance"‏ (éditions le Temps des Cerises) par l'Appel franco-arabe. Voici quelques images des interventions - par ordre d'apparition dans cette vidéo : Yves Vargas, René Lacroix, Francis Combes, Sliman Doggui, Bruno Drweski, Toufik Helali, Gilles Munier (Vidéo publiée sur le blog de Frédéric Delorca).


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5 mai 2008 1 05 /05 /mai /2008 06:24
Au cours des dernières semaines des émeutes de la faim ont éclaté presque simultanément dans toutes les grandes régions du monde. 

En Haïti où le prix des denrées alimentaires en Haïti a augmenté en moyenne de 40 % en moins d'un an, des commerces et des véhicules de la Mission des Nations-Unies (Minustah ) ont été attaqués au début du mois d'avril. Au Bangladesh, [à la fin avril 2008 quelques 20 000 travailleurs du textile sont descendus dans la rue pour dénoncer l'augmentation vertigineuse des prix des produits alimentaires et pour demander des salaires plus élevés. Le prix du riz dans le pays a doublé au cours de la dernière année, menaçant les travailleurs qui gagnent un salaire mensuel de seulement 25 dollars.

Des manifestations de même nature ainsi que des grèves et des affrontements sont survenus en Bolivie, au
Pérou, au Mexique, en Egypte, en Côte d'Ivoire, en Indonésie, aux Philippines, au Pakistan, en Ouzbékistan, en Thaïlande, au Yémen, en Éthiopie et à travers la majeure partie de l'Afrique subsaharienne. » (Bill Van Auken, Amid mounting food crisis, governments fear revolution of the hungry, Global Research, April 2008) - cf http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8894

Selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture, le prix des céréales a augmenté dans le monde de 88% depuis mars 2007. Le prix du blé a augmenté de 181% sur une période de trois ans. Le prix
du riz a augmenté de 50% dans les trois derniers mois. Outre le changement climatique, les niveaux de stocks extrêmement bas, la consommation plus grande dans les économies émergentes telles que la Chine et l’Inde, ou
le coût très élevé de l’énergie et du transport, dans un article récent l'économiste Michel Chossudovsky montre que l'escalade des prix des produits alimentaires est en grande partie le résultat d'une manipulation du marché. Elle est en effet aggravée la spéculation boursière sur les marchés des matières premières. Les prix des céréales sont artificiellement gonflés par la spéculation à grande échelle sur les opérations des marchés boursiers de New York et de Chicago (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8894). Un article intitulé « Une avidité mortelle » paru dans l’édition du magazine allemand Der Spiegel du 24 avril 2008 donne quelques détails sur l’activité spéculative des hedge funds sur le marché alimentaire. Le magazine cite l’exemple du hedge funds Ospraie qui en général est considéré le plus important des fonds d’investissement opérant en ce moment dans les aliments de base. Dans la même logique, le géant de la finance, ABN Amro a acquis dernièrement un certificat lui permettant de spéculer à la bourse de Chicago pour le compte d’investisseurs plus petits.

Peu de temps avant que n’éclatent les émeutes de la faim il y a quelques semaines, ABN Amro avait publié un prospectus dans lequel on pouvait lire que l’Inde avait imposé une interdiction d’exporter du riz, ce qui additionnée aux mauvaises récoltes enregistrées dans plusieurs pays, a résulté en une pénurie mondiale de riz. « A présent », dit le prospectus d’ABN Amro, « il est possible pour la première fois d’avoir des parts du premier marché alimentaire de l’Inde. »

Selon l’article du Spiegel, ceux qui s’étaient ralliés à l’appel d’ABN Amro ont pu réaliser un taux de profit de 20 pour cent en l’espace de trois semaines, période durant laquelle on a assisté à une augmentation énorme
des investissements dans le riz à Chicago et dans d’autres grands centres (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8834).

Egalement incriminée la production de biocarburants qui s’effectue aux dépens des cultures vivrières en
puisant dans les réserves d’eau, et en détournant les terres et les capitaux (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8765). Bien que la production du maïs augmente partout dans le monde, cette augmentation est plus qu’absorbée par la diversification du biocarburant. Selon la Banque mondiale, la production mondiale de maïs a augmenté de 51 millions de tonnes entre 2004 et 2007. Pendant ce temps, la production de biocarburants aux Etats-Unis à elle seule (surtout de l’éthanol) a augmenté de 50 millions de tonnes, en absorbant presque entièrement l’ensemble de l’augmentation mondiale.L’Union européenne a déclaré que d’ici 2010, 5,75 pour cent de l’ensemble de l’essence vendue aux automobilistes européens devra provenir de la production des
biocarburants (http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8834).

Cette production a suscité déjà la mise en garde l'an dernier de gouvernements progressistes d'Amérique
latine - Cuba, Vénézuela (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-7013735.html).

Les institutions internationales inquiètes des risques de révoltes dans les pays du Sud ont injecté fin avril
500 millions de dollars US dans l'économie pour résoudre le problème(http://mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=8876) - soit à peine un peu plus que le coût du programme de guerre secrète signé par le président Bush contre l'Iran si on en croit Andrew Cockburn (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-19298141.html).

A signaler parmi les articles sur le sujet celui de Raul Zibechi, contributeur de l'Atlas alternatif  "Haïti n'est pas le Tibet : Les misères du double discours" - http://alainet.org/active/23402.
 
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11 avril 2008 5 11 /04 /avril /2008 20:50
Bien que tous les commentateurs s'accordent à relever que le sommet de la Ligue arabe à Damas n'a pas permis de réaliser l'unité des participants sur la question libanaise, il apparaît que la tenue de cette réunion dans le dernier pays ouvertement hostile à la politique israélo-américaine dans la région est en soi un succès pour la diplomatie syrienne, alors que les Etats-Unis ont fait pression sur de nombreux participants pour qu'ils n'y assistent pas. Le président syrien a même pu enregistrer le ralliement inattendu du colonel Kadhafi pourtant devenu ami des Etats-Unis : le dirigeant libyen a averti ses pairs enclins au compromis avec Washington qu’ils pourraient connaître un sort similaire à celui de l’ancien président iraqien Saddam Hussein, pendu en 2006 après l’invasion de son pays par l’armée américaine trois ans plus tôt (http://hebdo.ahram.org.eg/arab/ahram/2008/4/2/leve1.htm). Beaucoup d'analystes estiment que l'endurance syrienne face aux tentatives de destabilisation étatsuniennes est due au soutien russe - Damas ayant accordé à Vladimir Poutine l'établissement de bases militaires à Tartus et Latakie grâce auxquelles la flotte russe a retrouvé une présence en Méditerrannée (http://www.globalresearch.ca/index.php?context=viewArticle&code=IVA20060728&articleId=2847 et http://www.pinr.com/report.php?ac=view_report&report_id=520&language_id=1).

 
Par ailleurs, un acteur clé du jeu proche-oriental est sous la pression populaire en ce moment : l'Egypte. Travaillé par des conflits sociaux durs depuis plusieurs années (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-6859073.html), ce pays a vécu une grève générale dimanche dernier qui s'est soldée par l'arrestation de nombreux militants démocrates. Ont été notamment victimes de la répression :


- le docteur George Ishaq responsable du groupe Kifaya ("Ca suffit") un mouvement anti-impérialiste né en 2003 qui a réussi à fédérer toutes les oppositions du pays (http://www.dandurand.uqam.ca/download/pdf/publication/Kifaya.pdf), il a été emprisonné cette semaine 

- mais aussi des activistes de la liberté d'expression plus anonymes comme le membre de Kifaya Mustafa Khalil (fils du député du Parti national démocratique au pouvoir qui porte le même nom), le bloggeur Malek (http://malek-x.net/node/467), et des membres du Parti travailliste (Labour Party) égyptien (http://www.globalvoicesonline.org/2008/04/05/egypt-gears-up-for-a-general-strike-sunday/). Au total 800 personnes auraient été arrêtées.

Cette vague de répression brutale n'a pas éveillé de véritable élan de condamnation en Europe, c'est le moins qu'on puisse dire.  Une pétition contre la répression peut être signée sur le site britannique http://www.respectcoalition.org/index.php?ite=1878.

Quelques jours avant la grève générale s'était tenue au Caire, du 27 au 30 mars, une Conférence Internationale contre l’Occupation américaine (http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8685) fédérant des mouvances aussi différentes que les Frères musulmans, des marxistes jordaniens, des syndicalistes anglais (notamment Oliur Rahman de la coalition anglaise Respect, conseiller de Tower Hamlets), des représentants du Hezbollah, des membres de la résistance irakienne, une délégation canadienne du mouvement anti-guerre etc. A cette occasion Magdi Ahmed Hossein, le chef du Parti travailliste égyptien, s’en est pris aux Frères Musulmans en les accusant de ne pas en faire assez pour leurs frères à Gaza. Un kilo de sucre à la main, il a exhorté : «Remplissez des camions de nourriture, de médicaments et brisez le siège de Gaza !» (http://www.ism-france.org/news/article.php?id=8685).

Un mouvement de solidarité internationale avec les anti-impérialistes égyptiens pourrait aider à desserrer l'étau autour de Gaza, plus généralement de la Palestine, et du Liban.

FD
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8 avril 2008 2 08 /04 /avril /2008 01:19
Les élections législatives et présidentielles de fin mars 2008 s’annonçaient depuis plusieurs mois difficiles pour l’ancien leader de la résistance anti-coloniale et anti-apartheid Robert Mugabe et son parti, dans un pays où l’inflation dépasse les 100 000 % et où la récente confiscation des terres des grands propriétaires blancs n’a pas permis d’améliorer la situation alimentaire.

Après un décompte difficile des voix, il est apparu , le mercredi 2 avril, que, comme le président yougoslave Milosevic en 2000, le parti du président Mugabe a perdu la confiance des zones rurales qui votaient massivement pour lui jusque là, et, par voie de conséquence, le contrôle de la chambre basse du Parlement.

Le parti de Morgan Tsvangirai, Mouvement du Changement démocratique (MDC) a remporté des succès dans des régions où depuis 2000 il n’avait jamais eu aucun siège : le Masvingo (dans le sud), le Mashonaland (au centre du pays), ou au nord de Harare.

Les résultats des principaux dignitaires du pays sont révélateurs des problèmes de la révolution menée par Robert Mugabe.

Ont perdu leur siège à l’Assemblée :

- Patrick Chinamasa (ministre de la justice), ancien garde de sécurité, souvent présenté comme un dur, qui a joué un rôle actif dans l’expropriation des grands fermiers blancs et dans la mise au pas de la magistrature – il avait été limogé par Mugabe en 2005 avant d’être réintégré (http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2005/01/05/wzim05.xml&sSheet=/news/2005/01/05/ixworld.html)

- Joseph Made (ministre de la mécanisation de l’agriculture) qui avait promis des récoltes exceptionnelles (http://www.jeuneafrique.com/pays/zimbabwe/article_depeche.asp?art_cle=XIN70027lezimsellen0) mais qui, malgré les crédits chinois (http://www.pleinchamp.com/article/detail.aspx?id=27372&menu_id=2&page=1&local=false&pub_id=2 )  et les tracteurs iraniens (http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=226363), n’a pu améliorer la situation des 4 millions de Zimbabwéens qui vivent de l’aide alimentaire extérieure (http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3100). Sa nomination comme candidat dans l’Est du pays avait été contestée au sein même du parti majoritaire ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique), un parti souvent présenté comme indiscipliné et très déchiré par les luttes de factions (http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/conjonctures/093105.pdf  et http://www.sudonline.sn/spip.php?page=imprimer&id_article=9772)

- Mike Nyambuya (ministre de l’énergie), un ancien général et gouverneur du Manicaland (http://www.sadocc.at/news/2005/2005-101.shtml)

- Chris Mushowe (ministre des transports) qui avait plaidé en vain pour un redécoupage électoral qui favorise le parti au pouvoir (http://www.pr-inside.com/former-zimbabwe-finance-minister-simba-r402173.htm)

- Chen Chimutengwende (ministre des affaires publiques et interactives), ancien ministre de l’information, qui avait notamment fait parler de lui en septembre 2005 quand il avait accusé l’administration Bush de racisme pour s’être abstenue de secourir les Noirs de la Nouvelle Orléans après le passage du cyclone Katrina (http://www.mwinda.org/envoi/nvelleorleans_envoi.html)

- Oppah Muchinguri (ministre des affaires féminines et des questions de genre) : elle avait annoncé que les membres de Ligue des Femmes (un mouvement lié à la ZANU) manifesteraient nues dans les rues en soutien à Robert Mugabe si celui perdait le pouvoir (une manifestation de femmes nues en Afrique vaut malédiction, le procédé fut utilisé à divers endroits, notamment au Nigéria contre les multinationales occidentales) - http://www.zimbabwetoday.co.uk/2007/11/girls-lets-get-.html .


Ont sauvé leur mandat en revanche dans le Mashonaland Central et l’Ouest la Vice Présidente Joice Mujuru, 53 ans, ancienne commandante de la guérilla que dirigeait Mugabe, épouse d’un ancien chef d’état major et qui gère avec lui une ferme prise aux Blancs (http://www.mujuru.com/?page_id=4), ainsi que le ministre du travail Nicholas Goche, l’homme d’affaire Saviour Kasukuwere, et le ministre du gouvernement local et de développement urbain Ignatius Chombo.

Au total le MDC a décroché 99 sièges, contre 97 à la ZANU-PF et 10 à la faction dissidente du MDC Mutambara.

Une semaine après les élections la commission électorale ne parvenait toujours pas à publier les résultats complets des élections sénatoriales ni ceux de l’élection présidentielle (ce qui arrive aussi dans de nombreux pays du nord). Le MDC, qui estime que son leader a gagné avec 50,3 % des voix contre 43,8 % à Mugabe, a saisi la cour suprême du pays (http://en.afrik.com/article13082.html). Le système électoral zimbabwéen impose en tout état de cause que le gagnant obtienne 51 % des voix sans quoi un second tour est nécessaire.

Le 4 avril, le président Mugabe s’est entretenu avec le Politburo de son parti (la ZANU-PF) pour discuter de la question de savoir s’il devait négocier un départ immédiat, organiser un second tour le 19 avril, ou instaurer l’état d’urgence pour gagner du temps. L’organisation d’un second tour n’allait pas de soi compte tenu de l’état désastreux du budget et du coût des élections.

Dans l’intervalle, les déclarations impérialistes se sont bousculées. 

Condoleezza Rice, en visite à Jérusalem le 31 mars, a estimé que Robert Mugabe était une honte(« disgrace ») pour le Zimbabwe, pour l'Afrique australe et pour l'Afrique entière  (http://rawstory.com/news/afp/Rice_slams_Mugabe_regime_as_disgrac_03302008.html). Il est vrai qu’un contentieux particulier oppose Mme Rice à la ZANU-PF : le journal d’Etat The Herald avait qualifié celle-ci de « Noire qui lave les péchés du pouvoir blanc » et l’avait comparée à Colin Powell, lui-même accusé d’être un « Oncle Tom» (http://www.newzimbabwe.com/pages/powell20.12178.html). Le Département d’Etat mercredi a pressé la commission électorale de publier tous les résultats (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/03/content_7908017.htm) puis a tourné en dérision la demande de la ZANU-PF de recompter les voix (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936002.htm). Le secrétaire général de l’ONU ami de George W. Bush Ban Ki-Moon a aussi demandé à la commission électorale de proclamer au plus vite le résultat de l’élection présidentielle (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936087.htm ).

Des eurodéputés comme l’anglais Geoffrey Van Orden (un militaire conservateur, chaud partisan de la guerre en Irak en 2003 http://www.europa-eu-un.org/articles/es/article_2111_es.htm) et l’allemand Michael Gahler, (un chrétien démocrate qui a notamment montré ses ardeurs interventionnistes contre la Chine - http://fr.clearharmony.net/articles/200503/19020.html) ont demandé à l’Union européenne de reconnaître immédiatement la victoire de Morgan Tvangirai (http://en.afrik.com/article13062.html)

L’ambassadeur du Zimbabwe à l’ONU Boniface Chidyausiku a rappelé dans une interview à ZBC News que les élections zimbabwéennes sont une affaire interne à ce pays qui ne menace en rien le reste du monde et souligné que l’ONU et les grandes puissances feraient mieux de s’intéresser à des affaires plus graves comme la situation de la Somalie ou du Proche-Orient (http://www.newsnet.co.zw/index.php?nID=12315).

FD

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4 avril 2008 5 04 /04 /avril /2008 17:51
Les Etats-Unis, le Canada et les pays d'Europe centrale voulaient élargir l'OTAN à l'Ukraine et à la Géorgie. La France et l'Allemagne, soucieuses de ménager la Russie, ont fait échouer le projet au sommet de l'OTAN de Bucarest cette semaine.


Le ministre des affaires étrangères français, M. Kouchner à la tribune de l'Assemblée nationale mardi où il plaidait pour l'envoi de près d'un millier de soldats français dans les zones de combat en Afghanistan ( http://www.lcpan.fr/rattrapage_eve_afg_010408.asp?tc=eve_afg_010408), nouvelle idole de l'acteur américain pourtant hostile à la guerre d'Irak George Clooney qui souhaite qu'il soit un jour Président de la République(http://www.tvmag.com/article/Film/36598/EXCLUSIF_TV_Magazine_a_rencontre_George_Clooney.html), a déclaré que la position de la France à Bucarest serait la preuve que Paris peut encore s'opposer à Washington - ce qui pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un rideau de fumée pour cacher l'alignement de la France sur Washington sur d'autres dossiers, notamment celui de l'entrée dans le commandement intégré promise pour l'horizon 2009.

Une dépêche d'Associated Press aujourd'hui voyait dans cette division de l'OTAN un succès pour M. Poutine. La Géorgie et l'Ukraine, déçues ont laissé entendre que la dépendance énergétique de la France et de l'Allemagne à l'égard de Moscou expliquait leur position anti-Washington sur ce dossier (http://wiredispatch.com/news/?id=113378). Des sondages récents montraient qu'en Ukraine 60 % de l'opinion publique était hostile à l'entrée du pays dans l'OTAN et le président de ce pays avait promis un référendum sur ce thème (http://www.lemonde.fr/europe/article/2008/04/02/l-adhesion-a-l-otan-divise-l-ukraine-geographiquement-et-politiquement_1029991_3214.html#ens_id=1020072).

La France et l'Espagne se sont opposées par ailleurs conjointement, par solidarité avec la Grèce, à l'entrée de la Macédoine dans l'OTAN tant qu'elle ne modifie pas son nom (El Mundo http://www.elmundo.es/elmundo/2008/04/03/internacional/1207216253.html).

L'OTAN sera donc étendue dans un premier temps seulement à la Croatie et à l'Albanie. Le jour même de l'annonce de cette extension, le tribunal pénal international publiait l'acquittement de Ramush Haradinaj (Reuters 3 avril), chef de clan albanais du Kosovo, ancien commandant de l'UCK, et ancien premier-ministre du Kosovo impliqué dans des crimes de guerre en 1999 - une mesure qui montre le soutien inconditionnel des Occidentaux aux Albanais, et risque d'accroître le ressentiment nationaliste en Serbie. On notera que Le Conseil d'Etat français, statuant sur un recours contre la décision du 16 mai 2006 du Conseil d'Administration de l'Office Français de protection des réfugiés et apatrides établissant une liste complémentaire de pays d'origine sûrs, a, par décision du 13 février 2008, annulé partiellement cette seconde liste, en procédant au retrait de l'Albanie et du Niger (http://www.ofpra.gouv.fr/annonce.html?dtd_id=16&xmld_id=3117), ce qui signifie en clair que les juridictions françaises ne considèrent pas l'Albanie comme un pays qui accorde des garanties de sécurité politique suffisantes à ses ressortissants (qui peuvent donc avoir plus de chances d'obtenir l'asile politique en France).

La Moldavie, dont les troupes participent à l'occupation de l'Irak, a aussi discrètement fait savoir son intérêt pour une éventuelle adhésion à l'OTAN. Son président Vladimir Voronin était présent au sommet, au grand dam des Transnistriens (http://www.tiraspoltimes.com/news/moldova_at_nato_summit_with_bush_condi.html).

Si le climat se réchauffe entre Washington et Chisinau, il se tend entre M. Bush et M. Loukachenko : Washington mécontent de la création d'une coentreprise pétrolière biélorusso-vénézuélienne qui exploite le gisement de pétrole de Guara Este  au Vénézuéla (d'après ce qu'affirme le gouvernement biélorusse) a bloqué les comptes du groupe pétrochimique public Belneftekhim et de ses filiales. En représailles, il y a dix jours, Minsk a demandé à Washington de réduire les effectifs de son ambassade en Biélorussie (http://fr.rian.ru/world/20080324/102091344.html). Les services de renseignement biélorusses ont dénoncé le 25 mars l'existence d'un réseau d'espionnage américain sur leur sol (http://fr.rian.ru/world/20080325/102191410.html).

FD
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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 02:28

A signaler ce mois-ci un très bon article de Patrick Cockburn intitulé "Comment on détruit un pays en cinq ans". "Grâce" à l'invasion étatsunienne, l'Irak est devenu une mosaïque de ghettos, chaque communauté a son propre drapeau, et si le taux de décès par mort violente a décru par rapport aux années précédentes, c'est parce que les quartiers et les villes sont devenus "communautairement" purs (chiites d'un côté, sunnites de l'autre) parfois même séparés par des murs comme à Bagdad (http://www.counterpunch.org/patrick03152008.html).

Non contentes d'avoir provoqué la guerre civile en Irak, les forces d'occupation états-unienne auraient organisé l'élimination de l'intelligentsia du pays, afin de le priver de tout avenir. L'Irak a perdu 5.500 savants depuis son invasion en Mars 2003, tués ou contraints d'émigrer en Asie du sud et en Europe de l'Est. Selon le Président de l'Académie de la Recherche Scientifique, le Docteur R'bîi, interviewé par le journal égyptien Al Badil : « l'élimination physique des scientifiques irakiens est une partie intégrante de la stratégie « du désordre organisé » suivie par les occupants depuis l'invasion du pays afin de faire plier les irakiens et de les soumettre». Les autorités israéliennes sont aussi accusées d'être impliquées dans cette entreprise. Elles auraient constitué « une armée secrète : l'armée républicaine secrète » forte de 150 hommes, disposant d'une liste de 800 scientifiques irakiens à ramener en Israël ou, à défaut, à liquider physiquement. (http://www.iraqirabita.org/index3.php?do=article&id=13084/).

handsoff.jpgFace à un George W. Bush qui, comme son allié José-Maria Aznar en Europe, continue d'affirmer qu'il ne regrette rien face au carnage provoqué en Irak, des manifestations ont eu lieu le 19 mars dans diverses villes aux Etats-Unis à l'occasion du 5 ème anniversaire de la guerre pour réclamer le retrait des troupes étatsuniennes(http://www.npr.org/templates/story/story.php?storyId=88607479&ft=1&f=1010). Il y avait également des milliers de manifestants à Londres le 15 mars contre l'occupation de l'Irak (http://www.stopwar.org.uk/).

  FD

 

 

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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 01:14

"Un sous-marin américain a tire deux missiles Tomahawk au début du mois sur une maison de Dobley, une petite localité du sud de la Somalie à environ six kilomètresde la frontière avec le Kenya. La maison a étédétruite.  Trois personnes blessées, trois vaches et un âne tués. Ce bombardement est le quatrième en territoire somalien officiellement reconnu par le Pentagonedepuis décembre 2006.  D’autres informations, que les autorités américaines refusent de commenter, font état de la présence en Somalie d’unités relevant du Commandement desopérations spéciales (US SOCOM)."

Ainsi commence un intéressant article publié sur http://www.geopolitique.com/editorial/etats-d-ame-sur-le-front-somalien-de-la-guerre-contre-la-terreur-391-2.html à propos de la troisième guerre menée par les néo-conservateurs états-uniens (après celles d'Irak et d'Afghanistan), une guerre en partie faite par procuration (en instrumentalisant l'armée éthiopienne) dont on parle fort peu et qui, pourtant, selon ce même article se solde par des chiffres terribles : un million de personnes déplacées par la violence et 1,4 millions qui ont besoin d’une aide humanitaire - la crise humanitaire en Somalie « est la pire du continent africain et probablement dans le monde », déclare même un haut responsable de l'ONU, on attend toujours que MM. Kouchner, Finkielkraut, Glucksman ou BH Lévy s'y intéressent...

Là comme ailleurs, les Etats-Unis et leurs alliés sont enlisés. Là comme ailleurs la guérilla islamiste est loin d'être désarmée. Les services secrets français, mais aussi d'autres pays européens sont sur place ou au Kenya voisin, participant à des interrogatoires de présumés "islamistes" avec souvent de graves méprises sur les gens qu'on emprisonne sans autre forme de procès - voir le reportage "Mission secrète : enlèvement" de Dan Edge et Stephen Grey rediffusé sur Arte le 18 mars 2008 à 22 h 20 http://plus7.arte.tv/fr/detailPage/1697660,Grid=4904.html). De quoi précipiter toute une jeunesse somalienne dans la résistance... Une problématique liée à celle des prisons secrètes de la CIA en Europe - voir aussi le lien http://www.dailymotion.com/video/x4sblc_documentaire-cia-mission-secrete-en_news.

  FD

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