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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 04:43
Le président vénézuélien Hugo Chavez était en Chine du 23 au 25 septembre 2008. Il y a confirmé son projet de fonder avec les Chinois une compagnie pétrolière mixte pour l'exploitation de ses principales réserves d'hydrocarbures dans le bassin de l'Orénoque. Un contrat d'achat de 24 avions d'entraînement K-8 qui seront intégrés à l'armée de l'air vénézuelienne début 2009 a également été finalisé (http://www.lepoint.fr/actualites-monde/le-president-venezuelien-chavez-en-chine-cooperation-militaire-et/924/0/276205).

Le 27 septembre, Chavez était à Moscou. A l'issue de sa visite,  il a annoncé la création d'un consortium entre les compagnies pétrolières Gazprom (entourée d'autres compagnies russes) et PDVSA qui opèrera non seulement au Venezuela (elle pourrait exploiter une partie des gisements de Carabobo également promis à la brésilienne et Pétrobras et l'indienne ONGC) mais aussi dans les pays d'Amérique latine favorables à la Russie comme Cuba et la Bolivie. Le premier ministre russe M. Poutine a affiché son intention de collaborer avec le Venezuela dans le domaine de l'énergie nucléaire civile. La création d'une banque russo-vénézuélienne est aussi prévue.

Le président russe Dmitry Medvedev a multiplié les signes d'amitié à l'intention de Chavez, le remerciant pour son soutien actif à la Russie face à la Géorgie, et pour avoir autorisé des bombardiers stratégiques russes Tu-160 à se poser à Caracas le 10 septembre dernier. La Russie allouera au Venezuela un crédit de 1 milliard de dollars pour la coopération militaire et technique.

Les échanges commerciaux entre Moscou et Caracas ont dépassé 1,1 milliard de dollars en 2007, coopération militaire et technique comprise (http://fr.rian.ru/world/20080926/117118554.html). Entre Caracas et Pékin ils sont de l'ordre de 8 milliards, alors qu'ils étaient presque nuls il y a dix ans (à titre de comparaison le montant total des exportations vénézéliennes tourne autour de 20 milliards de dollars).

Toutefois, le magazine Kommersant cette semaine exprimait quelque crainte des milieux d'affaire russes que ces accords puissent être remis en cause par une éventuelle victoire de l'opposition vénézuélienne aux élections de novembre (http://www.kommersant.com/p1032593/Russia_and_Venezuela_negotiating_big_deals/).

La visite de Chavez à Moscou intervient alors que les réactions russo-américaines se sont tendues après la guerre provoquée par M. Saakachvili dans le Caucase (M. Medvedev a déclaré le 12 septembre que "les Russes ont perdu les dernières illusions sur un ordre mondial juste") et que le Vénézuéla a expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis à Caracas en solidarité avec la Bolivie (où l'ambassadeur américain, lui aussi expulsé, complotait avec les préfets sécessionnistes).

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 17:08
Les opposants Leopoldo López de Un Nuevo Tiempo, maire de Chacao, et Juan José Molina, député du Parti Podemos, ont échoué à faire adopter par la conférence des présidents de groupes du Parlement européen un projet d'inscription à l'ordre du jour en urgence de la "déshabilitation" de M. López. Celui-ci a fait l'objet d'un déshabilitation (inhabilitación) a exercer ses fonctions de maire en raison de détournements de fonds et réception de fonds de la société pétrolière PDVSA. Par l'intermédiaire de l'ex-ambassadeur Milos Alcalay et du Parti populaire européen (conservateur), Leopoldo López espérait une inscription urgente de cette affaire à l'ordre du jour (http://www.aporrea.org/oposicion/n120096.html), comme il avait tenté de l'obtenir peu de temps auparavant en vain auprès de la commission des droits de l'homme de l'organisation sud-américaine du Mercosur (http://www.fmcenteresnoticia.com.ve/node/11667). L'épisode montre que l'opposition vénézuélienne mise toujours sur l'ingérence des puissances étrangères dans les affaires de son pays pour mettre en difficulté le gouvernement bolivarien.

Le 2 septembre Hugo Chavez était en Afrique du Sud. Au menu des discussions, un accord énergétique, mais aussi l'avenir du Mouvement des non-alignés et du groupe des 77 (130 pays dont la Chine) - http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n119925.html.

A l'occasion de cette visite Hugo Chavez a souligné que l'Afrique était la "mère de l'Amérique du Sud" (http://www.int.iol.co.za/index.php?set_id=1&click_id=3045&art_id=vn20080905054951341C271072), et exigé des excuses des Occidentaux pour les génocides commis sur ce continent (http://www.romandie.com/infos/news2/080902151919.94xqd3wd.asp). A l'heure où le candidat républicain à la présidence des Etats-Unis McCain et sa colistière martèlent qu'ils ne veulent plus que les Etats-Unis soient dépendants du pétrole vénézuélien (http://www.aporrea.org/venezuelaexterior/n120047.html), le partenariat stratégique avec l'Afrique du Sud implique que la société sud-africaine PetroSA obtiendra des concessions dans la vallée de l'Orénoque. Il n'est pas encore clair cependant que le pétrole sera livré à l'Afrique du Sud à prix réduit, mais la livraison d'Etat à Etat devrait au moins réduire le coût des intermédiaires. En outre, selon la presse sud-africaine, des obstacles techniques demeurent : le pétrole vénézuélien est lourd, alors que les raffineries sud-africaines sont étudiées pour raffiner du brut léger comme le pétrole iranien.

Chavez au banquet présidentiel offert par M. Mbeki a aussi évoqué la création d'une Banque du Sud pour remplacer le FMi et la banque mondiale, et à laquelle les directeurs de banques centrales des pays membres reconnaîtraient toute autorité ce qui déjà fait grincer des dents la presse de droite comme le Pretoria News (http://www.int.iol.co.za/index.php?set_id=1&click_id=3045&art_id=vn20080905054951341C271072). Néanmoins non seulement l'ANC (parti au pouvoir) et le Parti communiste, mais aussi le parti d'opposition Mouvement démocratique uni (UDM) se sont réjouis de la signature de l'accord pétrolier (http://www.int.iol.co.za/index.php?set_id=1&click_id=3045&art_id=nw20080903104816566C757423).

La diplomatie du pétrole vénézuélien touche aussi la France, puisque Jean-Paul Legrand, maire adjoint de Creil, publie cette semaine dans l'Humanité Dimanche une lettre incitant les élus municipaux à négocier avec le Vénézuéla l'achat de pétrole à prix réduit pouvant bénéficier aux plus pauvres. Le cercle bolivarien de Paris s'est déjà fait l'écho de son activisme dans ce sens (http://cbparis.over-blog.com/article-21971944.html). Cet élu raconte son voyage à Caracas sur son blog : http://www.creil-avenir.com/article-22170233.html. Pour mémoire on peut rappeler que l'ancien maire travailliste de Londres avant de perdre les dernières élections avait signé avec les autorités vénézuéliennes un accord de livraison de pétrole à bas prix pour les transports en commun londoniens (http://www.courrierinternational.com/article.asp?obj_id=71109).

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6 septembre 2008 6 06 /09 /septembre /2008 14:57

Le vice-président américain néo-conservateur Dick Cheney, un des pères spirituels du projet "Grand Proche Orient", de Guantanamo et de la guerre en Irak, a commencé par l'Azerbaïdjan un voyage d'une semaine, qui l'a conduit ensuite en Géorgie, en Ukraine. Au menu des discussions à Bakou figurait la "sécurité des couloirs énergétiques pour les livraisons" de gaz et de pétrole de la Caspienne vers l'Occident. Il s'agissait notamment pour Washington de défendre la mise en oeuvre du projet Nabucco, en particulier du secteur qui doit passer par le territoire de l'Azerbaïdjan et de la Géorgie. Le vice-président des Etats-Unis avait dirigé jusqu'en 2000 la compagnie pétrolière américaine Halliburton,est susceptible dans cette entreprise à la fin du mandat de George W. Bush et préparait peut-être par la même occasion son avenir personnel. 

L'avenir du GUAM (une association d'Etats qui regroupe la Géorgie, l'Ukraine, l'Azerbaïdjan et la Moldavie contre la Russie) était aussi un sujet important de la visite (http://fr.rian.ru/world/20080904/116541823.html). Le conflit géorgien a fait apparaître de sérieuses nuances entre les membres de ce groupe, l'Azerbaïdjan ayant fait preuve de neutralité tandis que la Moldavie manifestait un soutien à Moscou (http://delorca.over-blog.com/article-22255225.html). D'autant que l'évolution de l'Ukraine est loin d'être univoque. Alors qu'on s'attendait à ce que la visite de Cheney à Kiev, le 5 septembre, après Bakou et Tbilissi, marque encore un point dans la pression exercée contre la Russie, le vice-présenté est tombé au milieu d'une crise politique entre le Premier ministre ukrainien Ioulia Timochenko et le président Viktor Iouchtchenko, la première étant semble-t-il sur le point de se rapprocher du "Parti des régions" (hostile à l'OTAN). Les atlantistes déploient un activisme offensif en Ukraine en ce moment tandis que beaucoup de navires militaires de l'OTAN patrouillent en Mer Noire. Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères britannique David Miliband en visite à Kiev le 27 août 2008 appelait à créer « la plus large coalition possible contre l’agression russe ». L'Ukraine a annoncé son intention d'augmenter le montant du bail de la base navale de Sébastopol, mise à la disposition de la flotte russe de la mer Noire. Tony Barber dans le Financial Times du 25 août pronostiquait que l'Ukraine serait le prochain point de crise avec la Russie (http://blogs.ft.com/brusselsblog/2008/08/wanted-a-plan-for-ukraine/).

Jetant toujours de l'eau sur le feu, Cheney à Tbilissi s'est engagé à ce que les Etats-unis versent un milliard de dollars au régime de Saakachvili - soit exactement le montant de son budget de défense, et a appelé le "monde libre" à soutenir ce gouvernement.

Moscou, de son côté, placée sur la défensive tandis qu'à Avignon les ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne décidaient de geler le projet d'accord de partenariat renforcé avec elle (une mesure plus modérée que ce qu'espéraient les atlantistes), obtient des cautions de ses voisins. Déjà l'Organisation de coopération de Shanghaï, le 28 août (http://www.sectsco.org/news_detail.asp?id=2341&LanguageID=2) avait apporté un soutien diplomatique "au rôle actif de la Russie en aidant à la paix et à la coopération dans cette région"  (sans toutefois s'engager à reconnaître les républiques sécessionnistes du Caucase). L'Organisation du Traité de sécurité collective (Arménie, Biélorussie, Kazakhstan, Kyrgyzstan, Tadjikistan et Ouzbekistan) réunie à Moscou le 6 septembre a condamné l'agression géorgienne (http://www.russiatoday.com/news/news/29953 et http://www.russiatoday.com/news/news/29996/video).

Par ailleurs cette semaine le président nicaraguayen Daniel Ortega, à l'occasion du 29ème anniversaire de l'Armée nationale, a annoncé qu'il reconnaissait l'indépendance des Républiques séparatistes géorgiennes d'Ossétie du Sud et d'Abkhazie. Son pays est ainsi le premier à emboîter le pas à l'initiative prise dans le même sens par Moscou le 26 août (http://actu.voila.fr/Article/mmd--francais--journal_internet--une/Nicaragua-le-president-Ortega-reconnait-l-Ossetie-du-Sud-et-l-Abkhazie.html).

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23 août 2008 6 23 /08 /août /2008 10:54

Après l’agression géorgienne contre l’Ossétie du Sud, les relations entre Washington et Moscou se tendent. Les États-Unis ont renoncé à participer aux exercices antiterroristes russo-américains Active Endeavour en Méditerranée, qui ont lieu régulièrement depuis 2005, a annoncé vendredi à Sébastopol un responsable de l'État-major de la flotte russe de la mer Noire (http://fr.rian.ru/world/20080822/116217546.html ). Les Russes eux ont suspendu leur coopération avec l’OTAN. Le représentant spécial de l'OTAN dans le Caucase Sud Robert Simmons a promis que son organisation soutiendrait la candidature de la Géorgie à son entrée dans l'Alliance atlantique et le général John Craddock qui l'accompagnait a promis l'aide américaine à la reconstruction de l'armée de ce pays (http://www.kommersant.com/p1014239/Russia_Georgia_South_Ossetia_conflict/). Divers pays ralliés à l’OTAN à la périphérie de la Russie comme la Pologne et la Roumanie se sont rendus au chevet du régime de Saakachvili ces derniers temps.


La réplique russe aux pressions exercées à ses frontières pourrait avoir des effets dans diverses régions de l’Eurasie, à commencer par le Proche-Orient.


La Syrie, dont le président est en visite à Moscou, a annoncé son intention d’inciter la Russie à baser des missiles défensifs Iskander sur son territoire. "Notre position est la suivante : nous sommes prêts à collaborer avec la Russie dans le renforcement de sa sécurité. J'estime que la Russie doit penser à sa réponse lorsqu'elle sera encerclée" a déclaré le président Bachar El-Assad au quotidien Kommersant. Ce pourrait être la réplique russe à l'installation du dispositif antimissile américain en Europe de l'Est (http://fr.rian.ru/world/20080820/116150189.html). Il avait été question quelques semaines plus tôt  d’installer des missiles russes à Cuba, mais le gouvernement cubain a refusé, se disant mécontent de la façon dont les Russes en 2001 ont fermé sur leur sol la station radar Lourdes sans les consulter (http://fr.rian.ru/world/20080804/115675726.html).


Le renforcement du dispositif défensif de la Syrie ne sera évidemment pas sans conséquence sur le rapport de force entre alliés et adversaires des Etats-Unis dans la zone.


Le déploiement des missiles Iskander comme réplique possible au bouclier anti-missile (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-5776544.html) américain (ABM) est également envisagé par certains commentateurs russes en Europe de l’Est.
Vladimir Zaritski, commandant des Troupes de missiles et d'artillerie des forces armées russes, avait avancé l’hypothèse en novembre dernier d’un déploiement en Biélorussie, ce qui supposait la dénonciation du Traité sur l'élimination des missiles à portée intermédiaire et à plus courte portée (FNI) - http://fr.rian.ru/analysis/20071116/88413280.html .  

Pas de vente de missiles en vue en Asie centrale, mais la poursuite d’une coopération militaire : le ministre de la défense russe s’est rendu à Tachkent cette semaine à l’occasion d’exercices de défense antiterroriste russo-ouzbeks. A Tachkent se tient en ce moment le procès controversé du groupe Akramia accusé d'être responsable de l’insurrection d'Andijan en Ouzbékistan en 2005 (un procès qui fait quelques victimes collatérales parmi divers opposants au gouvernement ouzbek si on en croit le journal Kommersant http://www.kommersant.com/t611084/r_2/n_20/A_Trial_Is_Executed/, voir sur ce dossier http://www.voltairenet.org/image/article17291.html et http://www.carnegieendowment.org/publications/index.cfm?fa=view&id=18453&prog=zru).

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15 août 2008 5 15 /08 /août /2008 14:45

A près avoir favorisé les incidents frontaliers dans les zones de "conflit gelé" en juillet (http://atlasalternatif.over-blog.com/article-21143606.html), le gouvernement nationaliste géorgien a attaqué l'Ossétie du Sud dans la nuit du 7 au 8 août 2008, provoquant en une seule nuit entre 1 600 et 3 500 morts dans une population civile de seulement 95 000 habitants et dont un tiers avait pourtant déjà fui vers la Russie (voir le blog http://ossetie.canalblog.com/).

Les gouvernements occidentaux, prompts à soutenir les sécessionnistes contre les pays qu’ils n’aiment pas (celui du Kosovo contre la Serbie, celui du Tibet contre la Chine) avaient refusé 1991 d’approuver l’indépendance des minorités opprimées de Géorgie comme les Abkhazes, et les Ossètes du Sud, fidèles à l'URSS (qu'elles ont soutenue dans un référendum de 1991), puis constitués en Républiques autoproclamées (ratifiées par référendum en Ossétie du Sud en 1992 et 2006, et en Abkhazie en 1999). Après avoir renversé le régime de Chevarnadze en 2003 à l'aide d'une "révolution des Roses" financée par les ONG étatsuniennes, ils ont massivement armé la Géorgie. Parmi les principaux fournisseurs d'armes au cours des derniers mois figurent les Etats-Unis, le Royaume-Uni, la France, la Grèce, la Turquie, Israël, la Lituanie, l'Estonie, l'Ukraine et même le gouvernement pro-occidental de la Serbie qui espérait probablement que l'action militaire géorgienne légitime son propre souhait de récupérer le Kosovo, au risque de se brouiller avec Moscou qui, pourtant, soutient sa position à l'égard de Pristina, à moins qu'il ne sagisse comme l'affirme le ministre de la défense serbe de munitions acheminées via la Croatie sans l'accord des autorités de Belgrade (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=08&dd=15&nav_id=52722)

La désinformation pour présenter ce conflit comme le résultat d'une "agression russe" a fonctionné à plein régime dans les grands médias, qui n'ont pas dit un mot des exactions géorgiennes contre les civils.

L'attaque géorgienne présentait plusieurs avantages pour les Occidentaux. Outre celui de mettre la Russie en difficulté diplomatique, elle offrait une chance de sécuriser le projet de pipeline Bakou-Tbilissi-Ceyhan qui amènerait le gaz d'Azerbaïdjan et le pétrole du Turkménistan en Israël et en Europe occidentale via la Géorgie et la Turquie (http://www.debka.com/article.php?aid=1358) et de montrer aux puissances eurasiatiques tentées de collaborer entre elles (la Russie, l'Iran, l'Inde) que les alliés des Occidentaux restent en position de force dans la zone.

La contre-attaque russe s'est révélée particulièrement efficace. Malgré l'aide des avions de transport états-uniens qui ont rapatrié en Géorgie 2 000 soldats de ce pays stationnés en Irak(http://fr.rian.ru/world/20080811/115952146.html), les Géorgiens ont dû très vite battre en retraite. Comme l'a souligné le cabinet de conseil Stratfor Washington avait sous-estimé l'armée russe (http://www.stratfor.com/memberships/121623), le conflit en Ossétie du Sud a démontré la capacité de Moscou à mener des opérations militaires et à s'imposer face aux troupes formées par des instructeurs américains, ce que les Etats-Unis n'avaient pas cru possible. C. J. Chivers  du New-York Times parlait le 11 août d'une possible catastrophe pour les USA et faisait état des doutes de certains spécialistes sur le soutien apporté à Saakachvili (http://www.iht.com/articles/2008/08/11/europe/11ticktock.php?page=1), une situation qui rappelle la position des Occidentaux après l'échec de la Blitzkrieg israélienne au Liban en 2006.

Poussant leur avantage au delà de la simple réconquête de l'Ossétie du Sud, les Russes ont empiété sur le territoire géorgien, donnant l'occasion aux Occidentaux de multiplier les condamnations, et les menaces de représailles diplomatiques. La rhétorique des pays de l'OTAN a toutefois subi quelques nuances de la part de certains pays comme l'Italie : Franco Frattini, le ministre italien des Affaires étrangères dans La Stampa du 11 août 2008 mettait en garde contre la constitution d'une "coalition anti-russe".  Certains spécialistes estiment que la victoire russe donne raison à l'Allemagne et la France qui avaient refusé l'adhésion de la Géorgie à l'OTAN au printemps (http://news.bbc.co.uk/2/hi/europe/7557915.stm).

A l'occasion de l'investiture du président paraguayen Fernando Lugo à Asuncion, le président vénézuélien Hugo Chavez a accusé les Occidentaux d'avoir ordonné aux Géorgiens d'envahir l'Ossétie du Sud. "L'administration des Etats-Unis, à laquelle les dirigeants géorgiens sont totalement soumis, a provoqué l'incendie qui a embrasé le Caucase. Le président américain, l'impérialiste Georges Bush, a sans aucun doute donné l'ordre aux forces armées géorgiennes d'envahir l'Ossétie du Sud en brûlant les villes et les villages et en tuant des innocents. La partie russe avait toutes les raisons d'agir comme elle l'a fait", a t-il déclaré (http://fr.rian.ru/world/20080815/116063740.html).

Les liens entre les dirigeants occidentaux et le régime de Saakachvili à Tbilissi commencent à faire l'objet d'investigations. Seumas Milne dans The Guardian du 14 août 2008 révèle que le néo-conservateur Randy Scheunemann, ancien conseiller de  Rumsfeld et président du Committee for the Liberation of Iraq, maintenant conseiller pour les affaires étrangères du candidat républicain John McCain a reçu 900 000 dollars du gouvernement géogien depuis 2004 (http://www.guardian.co.uk/commentisfree/2008/aug/14/russia.georgia). Milne souligne que si la Géorgie avait fait partie de l'OTAN, l'agression déclenchée par le gouvernement de Saakachvili aurait été susceptible de conduire, en vertu des closes-mêmes du Traité de l'Atlantique nord, tous les pays occidentaux à intervenir militairement au soutien de Tbilissi.

 

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6 août 2008 3 06 /08 /août /2008 17:59

Dictature brutale d’un parti monolithique, pays nationaliste voire xénophobe, régime qui surexploite sa main d’oeuvre sous-payée. Toujours les mêmes clichés circulent à propos de la Chine depuis dix ans.

A l’approche des Jeux-Olympiques toutefois quelques sons de cloches différents se font entendre qui révèlent une réalité plus complexe.

Sur le traitement de la main d’œuvre un chroniqueur déclare « J’ai visité en Chine des usines où les ouvrier(e)s travaillaient pour 90 à 100 € par mois, dans de bonnes conditions de travail. C’est un bon salaire là-bas. Mais dans une grosse boîte de la sidérurgie, c’était 600 €, ce qui est un très bon salaire. Mais ça reste toujours inférieur aux nôtres, en chiffres absolus. Certaines catégories sont (ou étaient) certainement sous-payées. Mais les choses changent. De nouvelles lois sur le travail (contrats, salaires, etc.). font que les entreprises peuvent de moins en moins faire ce qu’elles veulent. La présence de l’ACFTU (syndicat officiel) pèse, malgré toutes les critiques adressées à son égard par les médias occidentaux. » (Marc van Campen http://romaindecourcelles.spaces.live.com/blog/cns!AF336575BD9B73BE!1269.entry). Le même chroniqueur note qu’une des preuves de la progression des salaires se trouve le fait que le numéro deux mondial des équipements sportifs, l’allemand Adidas, va transférer une partie de sa production car il juge le niveau des salaires en Chine dorénavant trop élevé. Le revenu par habitant a été multiplié par cinq ! Il était, d’après la Banque mondiale, de 190 dollars l’an en 1978, il est de 1000 dollars environ en 2004. Cela a permis  à 400 millions de Chinois de sortir de l’extrême pauvreté-moins d’un dollar par jour. Réservés à l’élite pendant un temps, le réfrigérateur, le vélo et le téléphone sont devenus des biens de consommation courante pour des centaines de millions de personnes. En termes de « parité de pouvoir d’achat », la Banque mondiale estime à 4000 dollars le PIB par habitant, dix fois moins « seulement» que celui des Etats-Unis.» (Erik Izraelewicz  Quand la Chine change le monde, Paris, Grasset, 2005).

Les ouvriers et paysans chinois continuent à défendre des avantages issus du système socialiste face à la logique de la globalisation néo-libérale. Les statistiques des “incidents de masse, manifestations ou révoltes” sont passées de 10 000 en 1994 à 58 000 en 2003 et 74 000 en 2004 (New York Times, 24.8.2005) ce qui est le signe du dynamisme de la société. Un article de la Monthly Review de 2006 (http://www.monthlyreview.org/0606weil.htm) expliquait qu’à la différence de ce qui s’est passé en Europe de l’Est, l’expérience qu’ont beaucoup de travailleurs chinois dans le cadre des anciennes organisations socialistes les aide à résister aux excès du capitalisme et à s’organiser notamment contre la corruption. Dans des villes berceau de la révolution chinoise comme Zhengzhou, même si le degré de participation des travailleurs dans la gestion des usines d’Etat restait limité, ceux-ci gardent le sentiment qu’elles leur appartiennent. L’efficacité de l’organisation ouvrière se réflète dans certains conflits comme celui de l’usine d’équipement de transmission électrique de Zhengzhou en 2001 où la police paya des paysans pour enlever les équipements de l’usine pour faire échouer soulèvement ouvrier contre la privatisation. Le fait que la police ne puisse elle-même faire le travail était le signe de la mobilisation contre elle. Et, même quand les paysans intervinrent,le 24 juillet 2001, 40 000 ouvriers de toutes les usines alentour se liguèrent contre eux en une bataille rangée, et la privatisation échoua. Les mouvements sont menés pour la conservation des « lois de Mao » et la statue de Mao est devenue dans cette ville le point de ralliement de manifestations (interdites) des étudiants de gauche. Le renouveau de la gauche, qu’il soit d’inspiration maoïste ou pas se manifeste dans des pétitions comme celle du Zhengzhou 4 ou la lettre d’anciens membres du PC, militaires et intectuels d’octobre 2004 à Hun Jitao, intitulée « Nos vues et opinions sur le paysage politique actuel ». Malgré la dissolution des communes populaires 1 % des villages ont gardé des structures collectivistes et un renouveau des coopératives a été constaté. L’héritage de la révolution culturelle commence à être réévalué dans les milieux intellectuels où l’on parle de plus en plus « d’apprendre des masses », et, le congrès du PC chinois fut l’occasion d’un débat sans précédent sur le socialisme. Sur le néo-maoïsme en Chine aujourd’hui on peut aussi lire «Renouveau Maoïste et Aspirations Démocratiques » (http://thirdworldforum.net, http://alternatives-international.net/article2346.html) publié le 31 juillet 2008.

Cette situation est de nature à favoriser un réancrage à gauche de certains secteurs du PC chinois lequel n'a pas officiellement renoncé à l’objectif socialiste, dans son discours ni même dans certaines de ses pratiques en témoigne l’article « Li Qiqing: La modernisation du système financier et bancaire en Chine » sur le contrôle des banques dans ce pays (http://socio13.wordpress.com/2008/08/02/li-qiqing-la-modernisation-du-systeme-financier-et-bancaire-en-chine/).

Pour ce qui est du « nationalisme » chinois, et qui doit plutôt être analysé comme un réflexe anti-impérialiste d’une nation humiliée par le colonialisme occidental pendant plusieurs générations (et qui l’est encore bien souvent), on peut se reporter à l’article de Jean-Louis Rocca « Des Chinois contre la mondialisation » dans Critiques internationales 2002- 2 (no 15)| ISSN 1290-7839 | ISSN numérique : en cours | ISBN : 2-7246-2941-8 | page 70 à 74

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20 juillet 2008 7 20 /07 /juillet /2008 18:53
Les valeurs de gauche semblaient marquer des points au Népal depuis le renversement de la monarchie le 29 mai dernier, qui devait conduire à la formation d'un gouvernement dirigé par les ex-rebelles maoïstes. Mais c'était compter sans la méfiance que cette perspective éveille dans le reste du monde, notamment aux Etats-Unis qui maintiennent le parti maoïste sur leur liste des "organisations terroristes".

Les parlementaires népalais n'ont pas réussi, samedi 19 juillet, à élire le premier président du pays. Depuis sept semaines, la plupart des décisions politiques ont été paralysées par le blocage sur le choix du président (qui n'aura pourtant qu'un rôle honorifique) et le ton commence à monter entre les trois principaux partis qui conduisent le processus de passage à la République. Pushpa Kamal Dahal 'Prachanda' leader du parti maoïste a mis en garde le parti de Congrès népalais, le parti communiste-marxiste léniniste, et le Madhesi Janadhikar Forum (représentant les habitants de la plaine du Terai) contre toute alliance "contrenature" entre eux. Netra Bikram Chand, membre du secrétariat central du comité central du parti maoïste, dans un discours prononcé à Birgunj samedi, a dénoncé une conspiration d'éléments extérieurs contre l'arrivée au pouvoir des maoïstes et n'a pas exclu un retour à la lutte armée (http://www.nepalnews.com/archive/2008/jul/jul19/news09.php).

Officiellement pourtant les puissances occidentales semblent soutenir le consensus des partis politiques népalais. Lord Malloch Brown ministre britannique des affaires étrangères chargé de  l'Afrique et de l'Asie en visite au Népal samedi dernier s'est dit attaché à ce que les partis népalais travaillent ensemble (http://www.nepalnews.com/archive/2008/jul/jul19/news03.php).

Netra Bikram Chand avait déjà développé la thèse d'un complot en juin dernier."Le Parti du Congrès népalais est devenu la marionnette (stooge) des étrangers et son objectif final est de désintégrer le pays" avait-il déclaré "Les impérialistes et les forces féodales se serrent les coudes (have joined hands) pour marginaliser la victoire du peuple népalais ".  (Weekly Telegraph 29 juin 2008 http://telegraphnepal.com/news_det.php?news_id=3644)

L'attaque viserait surtout l'Inde. Certains analystes font remarquer que l'Inde entretenait des relations positives avec les maoïstes népalais au moment de l'abolition de la monarchie, notamment par l'intermédiaire de Sitaram Yachuri, membre du bureau politique du parti communiste indien, qui servait de courroie de transmission entre Delhi et les ex-guérilleros népalais (http://www.peoplesreview.com.np/2006/040506/index.html). Mais le 9 juillet dernier le Parti communiste d'Inde (marxiste) a retiré son soutien au gouvernement indien de centre-gauche en raison de sa détermination à ratifier l'accord nucléaire avec les Etats-Unis annoncé par le président Bush en 2007(http://www.washtimes.com/news/2008/jul/09/communists-leave-coalition/). La fin de la médiation du PC indien aurait accéléré la prise de distance entre les maoïstes et l'Inde.

On serait ainsi dans un schéma où l'Inde, après avoir joué la carte des partis de gauche au Népal, tout en resserrant ses rapports sur la scène internationale avec les Etats-Unis (notamment contre la Chine), entrerait désormais dans une logique d'affrontement avec les maoïstes népalais, devenant ainsi l'instrument des intérêts féodaux népalais et des intérêts occidentaux dans la région (qui n'ont rien à gagner à la mise en oeuvre d'une vraie politique de gauche égalitariste et souverainiste au Népal).

FD
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15 juillet 2008 2 15 /07 /juillet /2008 21:49

La grande braderie du Congo (un des Etats africains les plus vastes, les plus peuplés et les plus riches en matières premières) se poursuit. A l’initiative de la Banque mondiale, s’est tenu à Kinshasa du 24 au 25 juin 2008, un séminaire regroupant les représentants du gouvernement, du comité de gestion de la SNEL (Société nationale d’électricité) et la délégation syndicale de cette entreprise.

Le premier jour des travaux, les représentants de la SNEL, le comité de gestion et la délégation syndicale étaient fermement opposés à la restructuration de l’entreprise et la journée s’est terminée sans aucune avancée majeure. Le jour suivant, coup de théâtre, sans aucune explication les représentants de la SNEL ont d’une même voix adhéré à la restructuration de leur entreprise. Ce revirement laisse croire à une opération de corruption de dernière minute, fréquente au Congo. Entreprise publique, créée en 1970, la SNEL, comme EDF en France, avait pour mission la production, le transport, la distribution et la commercialisation de l’électricité sur toute l’étendue de la République du Zaïre. A ce titre, toute l’infrastructure du réseau électrique de la RDC a été mise à sa disposition.

La Banque mondiale estime que la SNEL n’est pas rentable. La SNEL exporte, par la ligne Inga Kolwezi, l’électricité produite à Inga vers les réseaux interconnectés de l’Afrique australe : Luano (Zambie), Kariba nord (Zambie), Kariba Sud (Zimbabwe), Insukamini (Zimbabwe), Phokoje (Botswana) et Matimba (Afrique du sud).. Les recettes d’exportation en Afrique australe qui s’élèvent à plusieurs millions de dollars ne rentrent jamais dans les caisses de la SNEL. De plus, les autorités politiques opèrent régulièrement des ponctions dans les finances de la SNEL pour leur propre compte à tel point que l’entreprise est souvent obligée de recourir à des découverts bancaires pour payer le salaire de son personnel. Les créances de l’Etat congolais et des entreprises paraétatiques dues à leurs factures d’électricité s’élèvent à plus d’un milliard de dollars. La Banque mondiale a financé à plusieurs reprises la réhabilitation des centrales d’Inga. Tous ces financements ont été détournés avec la complicité des experts de cette institution qui venaient à Inga pour suivre l’exécution de ces projets

Mais le choix de la privatisation risque de coûter cher aux consommateurs locaux. L’électricité sera vendue par les entreprises privées à un prix inabordable pour la majorité de la population qui se trouve dans une situation d’extrême pauvreté. Elle prive en outre l'Etat congolais d'un moyen supplémentaire de lancer des projets de développement et défendre sa souveraineté et la souveraineté de l'Afrique. Le Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers Monde consacre une analyse à ce sujet qui dénonce dans sa conclusion le poids de la dette lequel interdit au gouvernement d’investir dans les entreprises publiques (http://www.cadtm.org/spip.php?article3539).

Cette ONG publie en outre un article de Victor Nzuzi qui fait le bilan de « l’indépendance congolaise » à l’occasion de son quarante-huitième anniversaire (célébré le 30 juin 2008) en ces termes :
« 1 – Il y a 17.500 casques bleus de l’ONU en RDC et près de 2.000 agents de la mission civile de l’ONU.
2 - Nos élections locales ne sont pas tenues depuis plus d’une année du fait que ceux qui donnent l’argent, au Nord, sont fâchés de la présence chinoise dans les mines de cuivre et de cobalt ; aussi, dans des affaires de construction de routes ...
3 - Notre budget est d’à peine 3 milliards $ US dont la moitié vient de l’étranger.
4 - Chaque fois que nous devons faire le Budget de l’Etat, le FMI est là pour donner ses directives.
5 - Pour gérer toutes les ressources naturelles : bois de la forêt, minerais, eau..., les instructions viennent du FMI et de la Banque mondiale. Ils nous ont imposé les codes de gestion qui font qu’aujourd’hui, 33% du territoire national est un champ minier où les investisseurs vont exploiter pendant 20, 30 ans sans presque rien donner au peuple congolais (seuls, quelques individus au Congo prennent leurs petites parts).
NB : dans mon village, les terres sont occupées depuis 1923, par la compagnie J V L d’un agro-industriel belge. Au moment où je vous écris, ce colon est là. Ses vaches polluent les eaux et nous manquons de terre pour cultiver…
Alors, dois je parler de l’indépendance ?
Actuellement, ceux qui prennent les mines déplacent certains villages, il y a même dans certains coins du Katanga, des écoles de plus de 1.000 élèves qu’ils veulent déplacer pour creuser leurs mines de cuivre»
(http://www.cadtm.org/spip.php?article3510 )

A ce tableau il faut ajouter la présence militaire directe ou par milices interposées au Nord Est du pays des forces tutsies rwandaises (http://www.africatime.com/rdc/nouvelle.asp?no_nouvelle=413855&no_categorie= )

Le président de la fragile République démocratique du Congo qui peut à peine payer ses soldats (http://english.people.com.cn/90001/90777/90855/6450610.html ), Joseph Kabila, effectuera une visite d'Etat en France les 16 et 17 juillet 2008.

FD

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10 juillet 2008 4 10 /07 /juillet /2008 19:53
Alors que l'installation du dispositif anti-missile en République tchèque se précise, un autre élément de l'encerclement de la Russie réapparaît dans l'actualité. Il tient aux manoeuvres militaires de la Géorgie dans le Caucase.

Deux militaires de la République autoproclamée d'Abkhazie ont été blessés dans une fusillade entre soldats abkhazes et géorgiens dans les gorges de Kodori, mercredi dernier 9 juillet, a annoncé à l'agence russe RIA Novosti le ministre abkhaz de la Défense Merab Kichmaria (http://fr.rian.ru/world/20080709/113622996.html). La veille le Département d'Etat américain était intervenu dans le conflit abkhazo-géorgien, évoquant aussi bien la nécessité d'une reprise des négociations entre la Géorgie et l'Abkhazie que son intention d'obtenir l'introduction d'une force multinationale en évinçant par là même les forces de paix russes (RBC Daily, Vedomosti et Moskovski komsomolets). Au cours des dernières semaines une série d'attentats commis en Abkhazie contre les civils de la république non reconnue et les soldats de la paix ont fait quatre morts.

Alkhaz Tcholokoua, porte-parole du président abkhaze, a expliqué que  toutes les actions proposées par les Etats-Unis font le jeu de la Géorgie : Tbilissi commet des actes terroristes en Abkhazie en vue de contraindre les forces de paix russes à quitter la république. L'un des objectifs poursuivis par ces explosions est de persuader la communauté mondiale de l'incompétence des soldats de la paix alors pourtant que les Abkhazes estiment que le contingent russe donne toute satisfaction dans le contrôle de la situation.

Les autorités de l'autre République autoproclamée, l'Ossétie du Sud, craignent elles aussi une prochaine agression militaire contre elle de la part de la Géorgie. Dans la nuit du 3 au 4 juillet, les militaires géorgiens ont quitté l'état-major des forces de paix. Les militaires géorgiens évacuent les enfants des villages géorgiens de la région de Tskhinvali, a fait savoir Irina Gagloïeva, présidente du comité pour l'information et la presse de l'Ossétie du Sud.

La supériorité des Géorgiens sur les sécessionnistes en matière d'instruction au combat est indiscutable, et ce, grâce au travail effectué depuis plusieurs années par des instructeurs américains et israéliens. En outre, leur supériorité sur le plan du matériel de guerre est considérable: la Géorgie a récemment acheté le nouveau système lance-roquettes GRADLAR conçu en Israël (http://fr.rian.ru/world/20080709/113617924.html).

On ne sait plus aujourd'hui qui de Washington ou de Tbilissi tire les ficelles. Dans un livre pourtant favorable à la pensée dominante paru en janvier dernier, Le diplomate et l'intrus, Bertrand Badie remarquait (p. 228) : "N'ayant aucune raison de craindre une défection américaine et n'ayant plus à faire face à la menace soviétique, Tel-Aviv est en mesure désormais d'imposer certains de ses choix stratégiques régionaux à la Maison Blanche. La Géorgie de Saakaschvili ou l'Ukraine de Iouchtchenko disposent de la même asymétrie tournant à leur profit : sachant pertinemment que les Etats-Unis n'ont aucun intérêt à les lâcher, quels que soient leurs choix, elles se laissent l'une et l'autre convaincre que l'hégémon américain est désormais privé, par l'évolution même du système international, de tout argument les contraignant à l'obésissance". Le client deviendrait ainsi le donneur d'ordre... Mais l'avantage pour Washington en terme de contrôle stratégique du Sud de la Russie et des voies des oléoducs et gazoducs d'Asie centrale n'est plus à démontrer.

FD
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20 juin 2008 5 20 /06 /juin /2008 18:00
Hier 19 juin, le géant pétrolier Royal Dutch Shell a dû suspendre l'exploitation du brut nigérien à la suite d'une violente attaque contre sa plateforme off-shore de Bonga, à 120 km des côtes nigérianes, dont la capacité est de 220 000 barils par jour. Le groupe MEND a revendiqué cette action ainsi que l'enlèvement du capitaine états-unien Jack Stone, de la firme de services pétroliers Tidex (Reuters). L'attaque des terminaux pétroliers et des oléoducs par ce groupe dans le Delta du Niger a déjà contribué depuis début 2006 à réduire de 20 % la production pétrolière du Nigéria qui est sixième exportateur mondial de pétrole (et le cinquième fournisseur des États-Unis),  et dont les réserves seraient immenses. La crainte d'une interruption totale des exportations nigérianes serait un des facteurs principaux de la flambée des prix du brut sur les marchés internationaux en ce moment.

On sait peu de choses sur le Mouvement pour l'émancipation du Delta du Niger (MEND) à part qu'il réclame une distribution plus équitable des revenus du pétrole (la manne pétrolière nigériane partagée entre les multinationales et le gouvernement profite fort peu à la population). Ses détracteurs y voient un ramassis de criminels, ses sympathisants, par exemple l’écrivain, prix Nobel de littérature, Wole Soyinka, un groupe de jeunes gens disciplinés et déterminés, mus par des objectifs politiques au service d'une meilleure répartition de la rente (voir par exemple l'analyse d'une chercheuse membre de la Ligue communiste révolutionnaire Kohou Mbwélili sur http://www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5313). Certaines de leurs revendications ponctuelles ont révélé une proximité avec des opposants nigérians qui ne sont pas faits pour plaire à l'Empire occidental : ils ont notamment demandé la libération de l'ex-gouverneur de l'Etat de Bayelsa, Diepreye Alamieyeseigha, jugé coupable de corruption et celle de «Mujahid» Dokubo Asari, "un converti à l’islam, un gangster admirateur d’Oussama Ben Laden, selon ses détracteurs, un chef charismatique qui affirme mener ses actions au nom de la défense des ijaw, selon ses admirateurs" d'après RFI (http://www.rfi.fr/actufr/articles/074/article_41998.asp). Jugé coupable de «trahison» par la Haute-Cour fédérale en octobre 2005, Asari dirigeait une milice armée désormais interdite, la Force des volontaires du peuple du delta du Niger (NDVPF), dont le MEND a pris la relève.

Les actions de sabotage du MEND rappellent celles de la résistance irakienne. La résistance nigériane semble d'ailleurs, comme celle d'Irak, divisée entre de nombreux groupes rivaux dont MEND serait le plus efficace ou peut-être l'étiquette commune à l'égard de l'extérieur (http://www.wjla.com/news/stories/1207/481135.html). 

Depuis peu, une certaine gauche droit-de-l'hommiste états-unienne s'intéresse au MEND, comme par exemple Sandra Cioffi dont on peut lire l'interview sur Democracy now! (http://i2.democracynow.org/2008/5/9/free_from_nigerian_military_custody_sweet ). Sandra Cioffi a réalisé un film documentaire au Nigéria sur le pétrole - Sweet crude (http://www.sweetcrudemovie.com/ et http://www.sandycioffi.com/home.php) -, ce qui lui a valu d'être arrêtée par le gouvernement nigérian, mais elle a pu être libérée au bout de six jours notamment grâce aux pressions de membres de la Commission des affaires étrangères du Sénat étatsunien. Après que le MEND ait demandé la médiation de personnalités comme George Clooney ou Jimmy Carter, elle estime que que la multinationale américaine Chevron, qui est, le deuxième exploitant pétrolier au Nigéria après Shell, devrait s'impliquer dans la résolution du conflit, et la négociation sur la redistribution de la rente... avant qu'elle ne soit remplacée par des compagnies chinoises. Elle serait, dit-elle, un "meilleur joueur que les autres compagnies pétrolières, en particulier les chinoises, par exemple, qui ont indiqué qu'elles désirent s'installer là, et qui n'ont rien à faire des atteintes aux droits de l'homme dans le Delta". Le site de son film appelle les juristes, politiciens et journalistes de l'Union européenne et des Etats-Unis à promouvoir au Nigeria un "Good Friday Peace Agreement" sur le modèle des négociations d'Irlande du Nord en 1998 afin d'obtenir par des voies "démocratiques" une stabilisation de la zone avant que la logique du conflit militaire ne la plonge davantage dans le chaos. Dans un style ambigu il observe : " Que l'objectif soit de traiter une crise humanitaire ou de sécuriser nos approvisionnements pétroliers, il est temps d'avoir une nouvelle approche"  (http://www.sweetcrudemovie.com/politicalAction.php).

F. Delorca


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