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11 février 2009 3 11 /02 /février /2009 16:23

Selon The Lancet, sur la période allant du 27 décembre 2008 jusqu’au cessez-le-feu du 18 janvier 2009, on estime que c’est environ un million cinq-cent-mille tonnes d’explosif qui ont été lancées sur la bande de Gaza. Gaza mesure une quarantaine de kilomètres de longueur, sur quinze de largeur, et un million et demi de personnes y vit. Cela en fait la région la plus densément peuplée du monde. Avant cette guerre, Gaza avait été soumise à un blocus total et affamée durant cinquante jours. En réalité, depuis les élections (législatives) palestiniennes (remportées par le Hamas, ndt), Gaza a été soumis à un blocus partiel ou total depuis plusieurs années. Durant la seule première journée de l’invasion, ce sont 205 personnes qui ont été tuées.

Tous les commissariats de police de la bande de Gaza, sans aucune exception, ont été bombardés, de nombreux policiers ayant été tués. Les forces de police une fois anéanties, l’attention se focalisa sur les cibles non gouvernementales. Gaza a été bombardé du ciel par des avions F-16 et des hélicoptères Apache, et bombardé depuis la mer par des vedettes israéliennes, ainsi que depuis le sol par l’artillerie des tanks. Beaucoup d’écoles ont été réduites à des tas de gravats, dont l’American School de Gaza, quarante mosquées, des hôpitaux, des bâtiments de l’Onu et, bien entendu, 21 000 appartements ont été touchés, dont 4 000 ont été totalement détruits. Le nombre des sans abri est aujourd’hui estimé à 100 000 personnes.

Vendredi 13 février à 19 h diverses associations et syndicats (l’AJN, le Groupe Frantz Fanon et le Syndicat FO Bagnolet) organisent à Bagnolet, place Salvador allende, métro Galliéni, une soirée de témoignage sur Gaza.

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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 19:19
Plusieurs attaques revendiquées par un obscur groupe islamiste ont frappé les centres touristiques de la ville indienne de Bombay (Mumbai) faisant au moins 183 morts le 27 novembre.

Comme le fait remarquer Patrick Cockburn, alors que les Etats-Unis en 2005 n'ont cessé d'attribuer la responsabilité des attentats en Irak à des mercenaires étrangers (notamment saoudiens) alors qu'il s'agissait souvent d'une résistance locale, Washington et ses alliés cette fois se sont empressés de dissuader l'Inde de mettre en cause le Pakistan, dont les services secrets (ISI), alliés des Etats-Unis ont pourtant fomenté le terrorisme islamiste pendant des années (http://www.counterpunch.org/patrick12012008.html).

Washington a révélé hier avoir informé son allié indien depuis le mois de septembre du risque d'attaque (http://news.antiwar.com/2008/12/02/advanced-us-warning-adds-fuel-to-post-mumbai-criticisms/). Les Indiens, eux, qui ont entamé une coopération avec le FBI depuis 1997, dénoncent surtout les lacunes de cette coopération à chaque fois que celle-ci risquait de gêner la police pakistanaise. Le FBI a notamment fait obstruction à une enquête sur le détournement sur Kandahar du vol Indian Airlines IC 814 Katmandou-Dehli en décembre 1999, une enquête qui risquait de compromettre des membres de l'ISI pakistanaise. L'ISI pakistanaise est une alliée précieuse des Etats-Unis pour ses opérations en Afghanistan (http://www.hindu.com/2008/12/03/stories/2008120355171000.htm).

Des responsables états-uniens se sont immédiatement rendus en Inde et au Pakistan de crainte que la montée des tensions entre les deux pays ne conduisent le Pakistan à alléger son dispositif dans l'Ouest du pays (où il surveille les bases arrières des Talibans) pour masser des troupes à la frontière indienne à l'Est (http://wiredispatch.com/news/?id=474243).

Au Pakistan et sur les blogs musulmans (cf http://www.islamonline.net/discussione/thread.jspa?threadID=22888) une rumeur court selon laquelle le Mossad aurait provoqué les attentats de Bombay en vue de légitimer une intervention militaire états-unienne au Pakistan. L'historien indien Amaresh Misra a même parlé d'une action coordonnée entre le Mossad et l'extrême-droite nationaliste hindoue (Hindutva), en soulignant le fait qu'une des victimes des attentats, Hemant Karkare, chef de la brigade antiterroriste de Mumbai, avait enquêté sur la connexion Mossad-Hindutva, sa famille s'étant d'ailleurs vue proposer de l'argent par l'extrême-droite pour acheter son silence (http://www.asiaobserver.com/component/option,com_fireboard/Itemid,558/func,view/id,7806/catid,22/). L'Anti-Defamation League à New-York a condamné avec véhémence cette rumeur  (http://www.forbes.com/prnewswire/feeds/prnewswire/2008/11/28/prnewswire200811281724PR_NEWS_USPR_____CLF915.html). Le journal israélien Haaretz du 3 décembre pour sa part met  l'accent sur le fait que le seul terroriste arrêté pour l'heure, Amir Kasab, 21 ans, aurait déclaré avoir voulu surtout tuer des Juifs à Bombay pour venger les atrocités commises en Palestine (http://www.haaretz.com/hasen/spages/1042203.html).

Comme le fait remarquer Paul Joseph Watson, le Pakistan n'a rien à gagner dans cette opération qui lui attire les foudres de l'opinion publique mondiale (http://www.prisonplanet.com/mumbai-terrorists-were-aided-by-indian-authorities.html). Les spéculations sur les véritables commanditaires de ces attentats et leurs complices en Inde risquent de se multiplier. Pour l'heure, en visite à Washington, le ministre des affaires étrangères indiens Shiv Shankar Menon rencontre les responsables pour expliquer le besoin qu'a l'Inde de prendre des sanctions à l'égard de son voisin. Condoleeza Rice tente d'atermoyer. Washington pourrait mettre en oeuvre des sanctions internationales collectives contre le Pakistan pour dissuader l'Inde d'aller dans le sens de représailles unilatérales de trop grande envergure (http://timesofindia.indiatimes.com/US_sets_stage_for_strikes_if_Pak_does_not_act/articleshow/3789520.cms).
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3 décembre 2008 3 03 /12 /décembre /2008 18:32
Un des premiers gestes du nouveau président états-unien Barack Obama, avant même sa prise de fonction, a été de maintenir au poste de secrétaire à la Défense Robert Gates, l'homme qui s'oppose depuis des mois à la fixation d'un délai pour le retrait des troupes d'occupation d'Irak, ce qui met de plus ne plus en doute la détermination d'Obama à tenir sa promesse en la matière (http://news.antiwar.com/2008/12/02/gates-obama-on-same-page-on-iraq/). A Bagdad, le pacte, le SOFA (Status of Forces Agreement), qui vise à donner un cadre juridique à la présence des troupes américaines au-delà de l’expiration le 31 décembre prochaindu mandat de l’ONU dont elles bénéficient actuellement, a été adopté samedi 29 novembre 2008 par le parlement irakien malgré l'opposition des partisans chiites de Moqtada Sadr.  L’accord, très souple, s’il mentionne l’horizon 2011 pour le retrait des troupes américaines, laisse aux Etats-Unis le pouvoir d'adapter leur décision en fonction de la réalité du terrain (cf http://www.lesafriques.com/actualite/dissensions-irakiennes-sur-un-sofa-de-la-honte.html?Itemid=89?article=10631 et Los Angeles Times du 2 décembre http://fairuse.100webcustomers.com/itsonlyfair/latimes0563.html). Les adversaires de l'occupation militaire de l'Irak aux Etats-Unis en Europe et dans le reste du monde ont encore du pain sur la planche.

Le site du Pakistan Daily publiait récemment la liste des universitaires et chercheurs irakiens assassinés depuis l'invasion états-unienne de 2003 : http://www.daily.pk/world/middle-east/8343--list-of-iraqi-academics-assassinated-in-iraq-during-the-us-led-occupation.html. Le site http://www.handsoffiraqioil.org/ rappelle qu'à cause de la guerre et de l'occupation américaine depuis 2003 40 % de la population irakienne, vit avec une eau contaminée, 3 millions sont réfugiés à l'étranger.

Parallèlement à la signature du SOFA, l'Irak négocie des contrats d'expoitation pétrolière. Deux compagnies, China National Petroleum et Shell, en ont déjà décroché. Un des enjeux de souveraineté pour l'Irak est de ne négocier que des contrats de longs termes afin de pouvoir redistribuer les cartes quand les troupes d'occupation états-uniennes se seront retirées (http://www.carbonweb.org/showitem.asp?article=347&parent=339).
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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 11:32

Une réunion du Conseil des chefs de gouvernement des pays membres de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), notamment consacrée à la crise financière mondiale, s'est tenue les 29 et 30 octobre à Astana (Kazakhstan). L'OCS regroupe la Chine, le Kazakhstan, le Kirghizstan, l'Ouzbékistan, la Russie et le Tadjikistan. L'Iran, le Pakistan, l'Inde et la Mongolie ont le statut d'observateurs.

Le Premier-ministre russe Vladimir Poutine s'y est fait l'avocat d'un monde multipolaire en train de se constituer : selon lui, la confusion qui règne dans l'économie mondiale et sur les marchés financiers témoigne du changement dans les relations internationales. "Le déclin de la politique d'égoïsme économique s'est dévoilé dans toute sa splendeur", a-t-il conclu (http://fr.rian.ru/world/20081030/118026599.html).

Le chef du gouvernement chinois Wen Jiabao pour sa part a dévoilé une série de propositions en vue d'intensifier la coopération avec les Etats membres de l'OCS, visant à simplifier le commerce et les investissements, à créer un réseau régional d'infrastructures (énergie, transports, communications) et à resserrer les liens entre les cercles d'affaires (http://fr.rian.ru/world/20081030/118028547.html). La Chine, dont les échanges avec les pays de l'OCS entre janvier et août ont atteint 55,8 milliards de dollars (+35% en glissement annuel), espère que cet indicateur atteindra 80 à 100 milliards de dollars à la fin de l'année. Il existe une l'Union interbancaire de l'OCS qui devrait se réunir dans quelques jours en Chine pour étudier une stratégie commune de résistance à la crise financière mondiale (http://fr.rian.ru/business/20081030/118029435.html). Un des apects de cette stratégie pourrait être le renoncement progressif au dollar comme monnaie de réserve et d'échange (http://fr.rian.ru/world/20081030/118032387.html).

Le premier ministre kirghiz Igor Tchoudnov a proposé quant à lui d'élaborer une Stratégie de sécurité alimentaire de l'OCS - http://fr.rian.ru/world/20081030/118026787.html.

En marge du sommet le Premier ministre chinois a rencontré le premier vice- président iranien Parviz Davoudi (http://www2.irna.ir/fr/news/view/menu-374/0810313421174450.htm).

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2 novembre 2008 7 02 /11 /novembre /2008 10:40

L'Egypte a apporté une nouvelle fois sa contribution au blocus qui asphyxie le territoire palestinien de Gaza en détruisant récemment trois tunnels facilitant la  contrebande à sa frontière avec l'enclave palestinienne de la  bande de Gaza, a rapporté samedi l'agence de presse égyptienne MENA. L'Egypte a intensifié la lutte contre les tunnels après avoir  négocié un cessez-le-feu entre le Hamas et le côté israélien en  juin 2008, tuant au total 40 trafiquants palestiniens depuis le  début de l'année (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-11/02/content_753281.htm). 

Néanmoins c'est au Caire que devrait se tenir le 9 novembre un dialogue rassemblant toutes  les factions palestiniennes en vue de la constitution d'un gouvernement d'union nationale entre le Fatah qui gouverne la Cisjordanie (et réprime les opposants pour plaire à l'occupant israélien http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=5282) et le Hamas qui gouverne Gaza (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-11/02/content_753271.htm).

Des initiatives de solidarité avec la population de Gaza continuent dans le monde. Le 29 octobre, le bateau "Dignity", parti de Chypre la veille, a accosté à Gaza vers 8 H ce mercredi matin, avec à son bord 27 militants des droits de l’Homme, venus de 13 pays, dont le prix Nobel de la Paix Mairead Corrigan Maguire, le ténor italien Joe Fallisi, le député palestinien Moustapha Barghouti, le député israélien du parti arabe Balad, des avocats, des médecins. Israël avait menacé de l'arraisonner mais s'est abstenu (http://www.europalestine.com/spip.php?article3445).

Pour avoir une idée des conséquences du blocus israélien de Gaza sur la population, on peut se reporter au témoignage du journaliste Samah A. Habeeb sur http://www.europalestine.com/spip.php?article3429.

En ce moment un citoyen français Salah Hamouri, membre d’une association de jeunesse réputée proche du Front Populaire de Libération de la Palestine, est incarcéré en Israël depuis trois ans sans jugement (http://www.france-palestine.org/article7743.html). Le Quai d'Orsay ne se mobilise guère pour sa libération (http://www.oulala.net/Portail/IMG/_article_PDF/article_3696.pdf).

FD

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1 novembre 2008 6 01 /11 /novembre /2008 10:06
Le 26 octobre, un hélicoptère américain lançait un raid à la frontière syro-irakienne tuant 8 personnes (dont 4 enfants et un couple marié - http://www.counterpunch.org/kampmark10312008.html) dans un village syrien. Il visait officiellement un chef proche d’Al-Qaida, Abu Ghadiyah, dont Damas dément cependant qu'il se trouve sur son territoire. La même semaine les drones états-uniens tuaient 32 personnes au Pakistan (Waziristan).

Ces deux attaques contre des pays souverains suscitent des réactions hostiles dans l'opinion publique internationale y compris chez les alliés ou ex-alliés de Washington. Les Britanniques eux-mêmes se sont indignés de l'agression contre le Pakistan (http://dailytimes.com.pk/default.asp?page=2008\11\01\story_1-11-2008_pg7_25). En ce qui concerne la Syrie, le gouvernement irakien pro-américain s'est senti embarrassé par les frappes. Ni le Premier ministre Nuri al-Maliki ni le Président Jalal Talabani n'avaient été préalablement informés de l'attaque(http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/JK01Ak05.html).

La Syrie est l'objet d'agressions fréquentes de la part des Etats-Unis et d'Israël. Le gouvernement de Tel-Aviv avait bombardé Deir Al-Zour, en septembre 2007. Des "accidents" mystérieux ont eu lieu sur le territoire syrien : l’assassinat d’Imad Mughniyeh, leader du Hezbollah, assassiné à Damas, en février dernier, celui du général Mohammed Suleiman, conseiller pour la sécurité du président Assad, assassiné à Tartous, ville côtière au nord de la Syrie, il y a environ deux mois (http://fr.rian.ru/analysis/20081028/117998491.html). "Le dénominateur commun de toutes ces opérations est que plus personne ne prend la Syrie au sérieux, étant donné les violations répétées de sa souveraineté. Le pays n’a sans doute jamais connu une telle instabilité." conclut même le quotidien israélien Haaretz ( http://www.courrierinternational.com/article.asp ?obj_id=90851).

Par delà le succès militaire très douteux de ce qui est peut-être une des dernières opérations de l'administration Bush, l'effet politique, lui est désastreux, dans la région. Les sunnites iraquiens qui ont été bien traités par la Syrie depuis 2003 (des centaines de milliers y sont d'ailleurs réfugiés, un certain nombre de leurs "tribus" étant à cheval sur les deux côtés de la frontière) ont été exaspérés par cette attaque contre leur voisin et pourraient se montrer plus réticents à aider les Etats-Unis à combattre Al Qaida dans le cadre des Awakening Councils (conseils des sages). Les chiites redoutent que l'attaque contre la Syrie soit une étape dans une reprise du processus de guerre contre l'Iran. Le néoconservateur John Bolton, ex ambassadeur de Bush aux Nations-Unis, a d'ailleurs à nouveau agité le spectre de la guerre sur la chaine saoudienne al-Arabiya (émission Bi Saraha) - voir l'analyse de Sami Moubayed sur Asia Times Online http://www.atimes.com/atimes/Middle_East/JK01Ak05.html.

Surtout le regain d'anti-américanisme que cela provoque en Irak rend difficile la signature de l'accord avec le gouvernement de Bagdad sur le statut des forces d'occupation états-uniennes (Status of Forces Agreement - SOFA) dont le mandat validé a posteriori par l'ONU prend fin cette année.

On peut se demander quelles seront les répercussions en Syrie même où la volonté de "normaliser" les relations avec les Occidentaux reste forte. Mardi 28 octobre (http://english.people.com.cn/90001/90777/90854/6525377.html), le ministre danois des affaires étrangères Per Stig Moeller, après une rencontre de deux heures avec le président Assad, a assuré Ehoud Olmert de l'intention "très sérieuse" du leader syrien de reprendre les négociations avec Israël.  Sur la table des négociations, la restitution du Golan et la normalisation des relations entre les deux Etats, en échange de l'abandon du soutien de la Syrie aux groupes armés palestiniens, au Hezbollah, et à l'Iran (http://www.haaretz.com/hasen/spages/1033028.html). Pour l'heure le durcissement de Damas se manifeste surtout à l'égard des Etats-Unis. A titre de représailles contre les bombardements, le gouvernement syrien a suspendu la présence des gardes à la frontière irakienne qui freinaient les infiltrations possibles de résistants. Damas agit d'ailleurs sous la pression de la rue. Des milliers de Syriens ayant manifesté contre l'agression américaine le 30 octobre, le centre culturel de ce pays a dû être fermé (http://www.syria-today.com/pkg05/index.php?page=show_cat&ex=2&dir=c&cat_id=26). Le général américain David Petraeus nommé vendredi commendant central (Centcom) des forces du Moyen-Orient aurait proposé cette semaine de se rendre en Syrie pour y apaiser le ressentiment et oeuvrer à la séparation de la Syrie de son allié iranien, mais l'administration Bush, toujours partisane de l'épreuve de force, s'y serait opposée (http://abcnews.go.com/Politics/story?id=6148650&page=1).

FD
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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 21:53
L'officier rebelle tutsi Laurent Nkunda (voir notre précédent article) a lancé cette semaine à l'Est du Congo une offensive contre la ville de Goma qui s’est vidée de ses habitants : tous ceux qui le pouvaient se sont repliés sur Bukavu, la capitale du Sud Kivu, les autres ont tenté d’échapper aux tirs sporadiques même si en début de soirée le mouvement de Laurent Nkunda, à la demande des Nations unies, a annoncé qu’il n’entrerait pas dans la ville et qu’il décrétait un cessez le feu. Le personnel de la Mission des Nations unies au Congo a quitté ses bureaux voisins de l’aéroport pour une résidence plus sûre au bord du lac Kivu, à proximité de la frontière rwandaise...

Plusieurs camps de personnes déplacées près de la ville de Rutshuru dans le Nord-Kivu, à 90 km au nord de Goma, ont été vidés par la force, pillés et brûlés. Des massacres de grande envergure se déroulent. L'Unicef s'inquiète d'un éventuel déclenchement d'une épidémie de choléra et de rougeole parmi les dizaines de milliers de déplacés regroupés aux portes de Goma

Le chef de la MONUC demande des renforts, mais le Conseil de sécurité de l'ONU s’est retrouvé divisé sur cette question et les Etats-Unis vont envoyer un nouvel émissaire au Congo. Du côté européen,  Bernard Kouchner fidèle à son credo interventionniste, alors que la France préside l’Union européenne, s’est déclaré favorable au déploiement de 1500 hommes pour mettre fin aux violences. D'autres partenaires sont plus réticents. Paris, qui sait que l'ingérence de la France n'est plus acceptée dans la zone, essaie d’associer les Britanniques à l’initiative.

Le gouvernement nationaliste à dominante tutsie (FPR) rwandais, de Paul Kagame, accusé d'armer Nkunda est montré du doigt par les spécialistes.

"Laurent Nkunda, ses compagnons de bataille et ses protecteurs rwandais assurent qu’ils se battent pour défendre les Tutsis congolais, une minorité qu’ils disent menacée, alors que depuis des années des efforts notoires ont été déployés pour leur faire place dans les institutions de la république, au même titre que tous les autres citoyens et effacer le souvenir des années de guerre" écrit Colette Braeckman, journaliste au quotidien belge Le soir, http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/10/29/qui-seme-la-haine/. "Quant au président Kagame, qui, à des degrés divers, est le "parrain" incontestable de Nkunda, et qui, après la terrible expérience du génocide, se montre si soucieux de la sécurité de son peuple, il devrait savoir qu’à terme, la dissuasion par la force ne représente qu’un éphémère rempart." ajoute-t-elle. Colette Braeckman était pourtant jusqu'ici plutôt proche du gouvernement rwandais, dans sa façon notamment de dénoncer l'inculpation (dans les colonnes du Monde Diplomatique) de Paul Kagamé par le juge français Bruguière (http://www.monde-diplomatique.fr/2007/01/BRAECKMAN/14367).

Elle dénonce aussi "la passivité de la communauté internationale (ndle : des Occidentaux) face aux développements que pourrait susciter la chute possible de Goma : transformation de la rébellion en mouvement d’opposition national, risque de sécession du Kivu, qui pourrait entraîner d’autres provinces (Bas Congo, Katanga…) menace de balkanisation du pays tandis qu’à Kinshasa une motion de défiance contre le chef de l’Etat pourrait entraîner un changement de leadership…" (http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/10/29/les-raisons-de-la-solitude-de-kinshasa/). Depuis plusieurs mois Karel de Gucht notamment, ministre des affaires étrangères belges dissuadait le président Kabila d'avoir une position de fermeté face à la rebellion.

Les Echos de Kinshasa ( www.congopanorama.info) accusent aujourd'hui "les compagnies militaires privées des mercenaires Américains et Européens, voire Sud Africains au su et au vu de leur gouvernements respectifs qui fournissent des armes à Nkundabatware, parfois elles sont même contractées par la MONUC en contrepartie de ces minerais strategiques (citons Aviation Consultancy Services or ACS, Kayswell Services, DynCorp International or DCP, Triple Canopy, Northrop Grumman (NOC), PAE (une filiale de Lockheed Martin ou LMT), MPRI (une filiale de L-3 Communications - LLL), Blackwater,AFRICOM, Executive Outcomes)!"

Le silence sur le Congo des intellectuels médiatiques français, lui, est toujours aussi assourdissant.

FD
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12 octobre 2008 7 12 /10 /octobre /2008 10:26
Les articles sur le déclin de l'Empire euro-états-unien se multiplient.

Dans un texte sur l'avenir de la politique étrangère des Etats-Unis, Michel Collon liste les échecs de Washington sur les différents continents (http://www.michelcollon.info/articles.php?dateaccess=2008-09-20%2019:47:47&log=articles) : enlisement en Afghanistan et en Irak, recul en Amérique latine où des gouvernements anti-états-uniens ont consolidé leurs positions, échec à étendre l'OTAN à l'Ukraine à la Géorgie, défaite dans le Caucase, incapacité à installer un centre opérationnel en Afrique (refusé par tous les pays, y compris, finalement par le Maroc), abandon du projet de guerre contre l'Iran. De sorte, estime Michel Collon, qu'on peut se demander si Washington optera pour une forme d'impérialisme plus astucieuse, misant moins sur la violence (à l'image de ce que propose Brzezinski, dans l'équipe d'Obama) ou pour une fuite en avant guerrière (comme le suggèrent encore les néo-conservateurs proches de Mc Cain).

Chaque jour de nouveaux exemples du repli de l'Empire occidental nous sont donnés. En septembre, l'Ouest a dû accepter (même si ce n'est que provisoirement) le maintien au pouvoir de Mugabe au Zimbabwe, au terme d'un accord national sous le patronnage de l'Afrique du Sud. Il n'y a pas eu de grande campagne médiatique contre les élections législatives du 26 septembre en Biélorussie - les révolutions colorées subventionnées par l'Occident ne sont plus de saison, spécialement à l'heure où Minsk unifie sa défense anti-aérienne avec Moscou (l'Occident a de plus en plus besoin de Loukachenko). Les Etats-Unis ont dû retirer cette semaine la Corée du Nord de la liste des Etats soutenant le terrorisme (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-10/12/content_738182.htm).

En Mauritanie, après le coup d'Etat, on en vient à se demander sérieusement si la Russie et la Chine pourraient supplanter l'Europe dans le financement des besoins du pays (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-de-l-aide-au-developpement-a-l-autosuffisance.html). Le chef du département de l'information du comité central du Parti Communiste Chinois (PCC) Liu Yunshan a appelé vendredi 10 octobre à ce que les échanges dans le domaine de la presse soient renforcés entre la Chine et l'Afrique :"Notre coopération aidera aussi à sauvegarder les intérêts communs des pays en voie de développement au sein de la voix de la communauté internationale et à faire connaître au monde chacun de nos pays de manière plus complète et objective.", a-t-il déclaré  (prémisse d'une agende de presse des pays du Sud ?).  Peut-être un sujet de réflexion pour le Forum mondial des Alternatives qui se réunit à Caracas la semaine prochaine (http://www.forumdesalternatives.org/FR/viewpage.php?page_id=8&banner_id=5).

La crise financière américaine ne fait qu'accentuer l'impression de débâcle du camp occidental - voir par exemple l'article de René Naba (http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6024&lg=fr).

Toutefois il est trop tôt pour savoir si cette crise annonce un rééquilibrage effectif des rapports de force internationaux sur le long terme. Le Monde le 11 octobre rappelait que " selon China Newsweek, quelque 1 200 milliards de dollars des réserves chinoises sont placés aux Etats-Unis, pour moitié dans Freddy Mac et Fanny Mae, et pour moitié en bons du Trésor", ce qui crée une forte interdépendance entre les économies de la Chine et des Etats-Unis. La bourse de Moscou s'est effondrée à mi-septembre, ce qui a forcé le gouvernement et la banque centrale à injecter 70 milliards de dollars pour arrêter la chute libre des marchés (http://www.lemonde.fr/economie/article/2008/09/18/la-bourse-de-moscou-victime-collaterale-de-la-debacle-des-subprimes_1096491_3234.html). Des jeux de bascules s'effectuent, notamment entre l'Europe et les Etats-Unis (voir par exemple l'article http://www.alterinfo.net/Derriere-la-panique,-la-guerre-financiere-pour-le-futur-pouvoir-bancaire-mondial-_a24773.html), mais l'issue globale pour le monde demeure encore incertaine.

FD
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7 octobre 2008 2 07 /10 /octobre /2008 15:46

Les lecteurs et abonnés de ce site qui s'intéressent à l'actualité internationale, et à l'action anti-impérialiste, auront peut-être envie de découvrir le dernier livre de Frédéric Delorca "Dix ans sur la planète résistante" publié aux éditions Thélès. Ce livre à la fois retrace l'histoire des guerres et ingérences menées par les Etats-Unis et leurs alliés de 1998 à aujourd'hui et décrit, à titre de témoignage personnel, la résistance menée par les cercles dissidents en France et ailleurs en Europe. Vous y retrouverez une évocation d'actions individuelles et collectives plus ou moins connues, et de débats qui ont émaillé les dix dernières années, en dehors des sentiers battus abrutissants des grands médias, ainsi qu'un petit historique de la fabrication du livre "l'Atlas alternatif".

L'ouvrage peut être commandé chez votre libraire ou encore
- sur Amazon http://www.amazon.fr/10-ans-sur-plan%C3%A8te-r%C3%A9sistance/dp/2303001153/ref=sr_1_3?ie=UTF8&s=books&qid=1223387603&sr=1-3
- chez l'éditeur http://www.theles.fr/theles/Fenetres/DetailLivre.php?numLivre=861.


Par ailleurs nous vous rappelons aussi que l'Atlas alternatif existe désormais en anglais sur http://www.lulu.com/content/3600002.

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29 septembre 2008 1 29 /09 /septembre /2008 05:39
Le 6 août  dernier, un conseil de 11 militaires dirigé par le général Ould Abdel Aziz a annoncé avoir « mis fin au pouvoir du président » élu en mars 2007. Il a promis une élection présidentielle « libre et transparente » dans « une période qui sera la plus courte possible ». Une marche organisée en soutien aux putschistes a réuni, quelques jours plus tard à Nouakchott, quelque centaines de véhicules et un millier de personnes qui ont défilé aux cris de « Aziz ! Aziz ! ». Quasiment au même moment, la police a dispersé « à coups de grenades lacrymogènes » un rassemblement en faveur du chef de l’Etat renversé, selon le secrétaire général du parti présidentiel, Mohamed Mahmoud Ould Dahmane. Cette manifestation contre le putsch était organisée par quatre partis politiques constitués en Front national pour la défense de la démocratie. Dans son premier communiqué, ce Front a affirmé que Sidi Ould Cheikh Abdallahi restait le « seul et unique président légitime » et a invité les militaires « à regagner leurs casernes » (http://www.elwatan.com/Les-militaires-promettent-une).

Les puissances étrangères n'ont pas tardé à réagir. A Bruxelles, la Commission européenne a demandé la libération du président et du Premier ministre, comme préalable à l’organisation de nouvelles élections. L’Egypte s’est dite « consternée » par le coup d’Etat, et la Ligue arabe faisait part de son « extrême » inquiétude.La France, ex-puissance coloniale, a « réaffirmé sa totale condamnation du coup d’Etat inacceptable » et menacé la junte de « conséquences sur les relations » de ce pays avec l’Union européenne s’il n’y avait pas de « retour à la légalité constitutionnelle ». Washington a suspendu son aide non-humanitaire à la Mauritanie.

Le Conseil de Paix et de Sécurité de (CPS) de l'Union africaine pour sa part lançait un  ultimatum aux nouvelles autorités de Nouakchott le 22 septembre  dernier, à l'occasion d'une réunion tenue à New York, en marge de  l'Assemblée générale des Nations unies, leur donnant un délai jusqu'au 6 octobre prochain pour libérer le président déchu, Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi, et pour  rétablir l'ordre constitutionnel. Le nouveau régime de Nouakchott a rejeté cet ultimatum.

L'Agence de presse chinoise Xinhua signale qu'aujourd'hui les députés favorables au putsch sont majoritaires en Mauritanie (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-09/29/content_730738.htm). Le Sénat mauritanien a adopté il y a le 18 septembre de jours une feuille de route pour le  retour à un ordre constitutionnel normal qui se félicite des mesures prises par les forces armées et de sécurité contre le président déchu sans effusion de sang (http://actualites.marweb.com/mauritanie/politique/senat-adopte-proposition-resolution-situation-politique-pays.html).

Cependant, en Mauritanie, la crainte des sanctions internationales est à son comble. Khalil Balla Gueye, ancien premier conseiller d’ambassade à Bagdad, agitait le spectre d'un "catastrophe humanitaire" comparable à celle qu'a connu l'Irak, si les militaires ne rendent pas le pouvoir aux civils (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-la-trame-d-un-genocide-economique.html). La Mauritanie dépend à hauteur d'un tiers de son budget de l'aide extérieure (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-de-l-aide-au-developpement-a-l-autosuffisance.html).

Se joignant aux Occidentaux, la branche maghrébine d'Al-Qaïda, a proclamé une guerre sainte contre le nouveau régime. L'armée mauritanienne a lancé une opération de ratissage dans le nord du pays (http://www.click4mauritania.com/mauritanie-l-armee-traque-al-qaida.html).

Une des premières mesures de la junte a été de nommer un nouveau Président du Conseil d'administration de la Société Mauritanienne des Hydrocarbures (SMH) (http://www.click4mauritania.com/communique-du-conseil-des-ministres-du-25-septembre-2008.html). La Mauritanie est devenue producteur de pétrole début 2006. Un gisement de pétrole a été découvert dans l'océan Atlantique et la société australienne Woodside exploitera les champs de Chinguetti. Le gouvernement table sur une production à terme de 100 000 barils par jour. Plusieurs autres gisements (Tioff, Banda, Tevel) ont été repérés, et l'exploration continue, menée notamment par Woodside, Dana Petroleum, et Total. Par ailleurs la Mauritanie est le 13eme producteur de fer au monde. Elle fournit 12 % du fer importé par la France (http://www.sfc.fr/Donnees/metaux/fe/texfe.htm). Elle intéresse à ce titre la Chine :  un contrat de vente d'environ 1,5  million de tonnes de minerai de fer par an, sur une période de 7  ans, a été signé récemment entre la Société Nationale Industrielle et  Minière(SNIM) de Mauritanie et la société chinoise China Minmetals Corporation (http://www.french.xinhuanet.com/french/2008-03/24/content_602229.htm). La Russie et la Chine sont aujourd'hui les 2ème et 3ème partenaires commerciaux de la Mauritanie pour les importations derrière la France (http://www.economie.gov.mr/NR/rdonlyres/EB41D705-A5D6-4859-9803-20B14F28CFF4/0/note_trimestrielle_commerce_exterieur_12008.pdf).

FD
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