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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 13:55
Alors qu'ils continuent de battre tous les records de budgets militaires, et l'augmentent sensiblement d'une année sur l'autre, les Etats-Unis s'en prennent cette semaine à l'augmentation du budget militaire de la Chine.

A l'occasion de la présentation du rapport "2009 National Intelligence Strategy" le 16 septembre, le directeur  du Renseignement national l'ex-amiral Dennis Blair a accusé Pékin de menacer le monde en modernisant son armée et en recherchant des matières premières sur d'autres continents.

Moscou inquiète aussi Washington. La Russie est considérée comme un Etat qui rétablit activement son influence globale et régionale. Moscou et Pékin figurent parmi les menaces potentielles pour les Etats-Unis dans le cyber-espace.

Dès lors, cela donne le droit aux Etats-Unis, selon Blair, de renforcer leur activité de renseignement. Andreï Fediachine sur Ria Novosi rapporte que "Dennis Blair a l'intention de doter le renseignement américain (toutes ses agences) de fonctions de contre-espionnage. Auparavant, cela signifiait le dépistage d'agents des services de renseignements étrangers. A présent, à en croire la nouvelle directive, le contre-espionnage devient l'une des tâches primordiales de l'ensemble du renseignement américain, il doit viser (pour reprendre les paroles de Dennis Blair), "en tant qu'objectifs, non seulement les gouvernements étrangers, mais aussi les agents non gouvernementaux, les groupements extrémistes, les hackers et les organisations criminelles qui sapent de plus en plus les intérêts des Etats-Unis par des myriades de moyens". Selon Dennis Blair, la communauté du renseignement devra lutter désormais contre les tentatives de manipuler la politique des Etats-Unis et les efforts diplomatiques, de torpiller nos plans militaires et nos systèmes d'armements, de détruire nos avantages économiques et technologiques". "

Ces déclarations interviennent à l'heure où l'extrême-droite états-unienne attaque Obama sur les questions de défense nationale.Une conférence spéciale sur le système de défense antimissile en Europe s'est tenue le 15 septembre à Washington, dans la fondation conservatrice Heritage, pour demander qu'Obama ne transige pas avec la Russie sur le projet de bouclier anti-missile (ce qu'Obama a cependant fait trois jours plus tard).
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19 septembre 2009 6 19 /09 /septembre /2009 13:02

Les partisans de la politique colonialiste israélienne ont marqué quelques point récemment. Parmi leurs succès on note aux Etats-Unis la promotion d´un inconditionnel d´Israël au poste de conseiller spécial du président pour la «Région Centrale» (Afghanistan Palestine) -  Dennis Ross, l´un des dirigeants du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), un think tank satellite de l´AIPAC, passe pour être un faucon proche du néo conservateur Paul Wolfowitz, l´un des artisans de l´invasion de l´Irak sous l´administration de George Bush.

A l'ONU, vendredi dernier, l'ambassadeur des Etats-Unis a vertement dénigré le rapport sur l'attaque de Gaza en décembre 2008, rapport élaboré par le sud-africain Richard Goldstone qui pourtant critiquait non seulement Israël mais ausi le Hamas. Dans une conférence de presse le représentant d'Obama Ian Kelly a déclaré que son pays souhaitait éviter un examen du rapport en assemblée générale ainsi que les risques de poursuites contre Israël devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre. Le même jour l'émissaire américain George J. Mitchell revenait d'Israël sans avoir obtenu le gel de la colonisation en Cisjordanie.

En France
Nicolas Sarkozy a nommé la directrice pour la France de l’American Jewish Committee et conseillère UMP de Paris Valérie Hoffenberg "représentante spéciale de la France pour la dimension économique, culturelle, commerciale, éducative et environnementale du processus de paix au Proche-Orient", un poste pas forcément aussi important que le souligne Europalestine, mais cela indique quand même dans quel sens le vent souffle sur les politiques occidentales. Accusé d'antisémitisme et de tiersmondisme anti-israélien en 2006, le premier ministre espagnol Zapatero prévoit maintenant un voyage en Israel en octobre, son ministre des affaires étragères Moratinos étant très proche du ministre des affaires étrangères d'extrême droite israélien Lieberman.

Toutes fois, sur l'échiquier planétaire, les résistances marquent aussi des points : le 13 septembre le Parlement brésilien a recommandé de suspendre la ratification du traité de commerce entre Israël et le Mercosur. A Liverpool, jeudi dernier, le TUC (Trade Union Congress) au Congrès Annuel 2009 de Liverpool ce jeudi, par des syndicats représentants 6,5 millions de travailleurs anglais a voté à une écrasante majorité une motion proposant de mettre en œuvre un mouvement de masse pour boycotter, désinvestir et sanctionner Israël jusqu’à l’obtention d’un accord négocié fondé sur la justice pour les Palestiniens. La même semaine, on apprenait que la multinationale de droit français Veolia, sous a pression de l'opinion publique, a fini par se retirer du projet de tramway. Ce tramway promu par Ariel Sharon (toujours dans le coma depuis trois ans) était destiné à cimenter l’unification de Jérusalem. La survie même du projet qui est maintenant en cause.

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8 septembre 2009 2 08 /09 /septembre /2009 05:34
Lors d'une interview à l’émission radio Mike Malloy radio show, l’ancienne traductrice pour le FBI, très connue aux Etats-Unis Sibel Edmonds a raconté comment le gouvernement de son pays a entretenu des « relations intimes » avec Ben Laden et les talibans, « tout du long, jusqu’à ce jour du 11 septembre (2001). » Dans « ces relations intimes », Ben Laden était utilisé pour des “opérations” en Asie Centrale, dont le Xinjiang en Chine. Ces “opérations” impliquaient l’utilisation d’al-Qaida et des talibans tout comme « on l’avait fait durant le conflit afghano-soviétique », c’est à dire combattre “les ennemis” par le biais d’intermédiaires.

Comme l’avait précédemment décrit Mme Edmonds, et comme elle l’a confirmé dans cette interview, ce procédé impliquait l’utilisation de la Turquie (avec l’assistance d’acteurs provenant du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Arabie Saoudite) en tant qu’intermédiaire, qui à son tour utilisait Ben Laden et les talibans comme armée terroriste par procuration.

Selon Mme Edmonds : « Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le Complexe Militaro-Industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam. »

Le journaliste new-yorkais Eric Margolis, auteur de War at the top of the World, a affirmé que les Ouïghours, dans les camps d’entrainement en Afghanistan depuis 2001, « ont été entrainés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang. La CIA en avait non seulement connaissance, mais apportait son soutien, car elle pensait les utiliser si la guerre éclatait avec la Chine. »

L'action des services secrets états-uniens aux côtés des séparatistes ouïghours du Xinjiang n'est pas seulement passée par Al-Qaïda mais aussi par le milliardaire turc  domicilié à Philadelphie depuis 1998 Fetullah Gulen qui finance des écoles islamiques (madrassas) en Asie centrale, et par Enver Yusuf Turani, premier ministre autoproclamé du "gouvernement en exil du Turkestan oriental" (qui est censé englober le Xinjiang chinois)... basé à Washington. Ces personnalités sont liées à Morton I. Abramowitz, directeur du National Endowment for Democracy, qui a joué un rôle important dans le soutien aux islamistes afghans sous Reagan et aux milices bosno-musulmanes et kosovares sous Clinton (dans le cadre de l'International Crisis Group). Le vice-président étatsunien Joe Biden qui s'est répandu en propos incendiaires contre la Russie récemment est aussi sur cette ligne.

Cette politique s'inscrit dans le cadre du plan Bernard Lewis à l'origine supervisé par Zbigniew Brzezinski  sous l'administration Carter qui visait à maintenir un "arc de crise" dans les pays musulmans d'Eurasie pour faire main basse sur les ressources d'Asie centrale en hydrocarbures.

Certains observateurs soulignent cependant que vu leur dépendance économique à son égard et l'intérêt qu'ils peuvent avoir à jouer la carte de Pékin contre Moscou les Etats-Unis sont voués à garder officiellement une position modérée sur la politique de la Chine au Xinjiang (où de violentes manifestations touchent la province et provoquent la mort d'au moins 140 personnes le 5 juillet dernier) en compensation de la politique agressive de leurs services secrets dans la zone.

Pékin semble toutefois résolu à contrer les manoeuvres sécessionnistes sur son territoire, mais aussi à mener une action plus en profondeur sur le continent eurasiatique. C'est ainsi en tout cas que Nicolas Bardos-Feltoronyi, contributeur de l'atlas alternatif, analyse le prêt d'1 milliard de dollars que Pékin serait prêt à consentir à la Moldavie, pays charnière entre l'Union européenne et la Russie - un prêt sur 15 ans à un taux d’intérêt hautement favorable de 3%. Cette aide qui pourrait dissuader Chisinau de se rapprocher de l'Union européenne s'inscrirait selon l'auteur dans le cadre d'une coordination accrue des politiques étrangères russe et chinoise. C'est aussi l'analyse qu'en fait Jean Vanitier sur son blog.

Autre réplique à l'impérialisme états-unien en Eurasie, après la Libye, l'Algérie et la Syrie, le président vénézuélien Hugo Chavez s'est rendu le 7 septembre au Turkménistan, quatrième pays au monde pour les réserves de gaz après la Russie, l'Iran et le Qatar. Chavez a proposé à son homologue turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov d'adhérer au cartel gazier déjà évoqué sur ce blog. Le Turkménistan, actuellement en froid avec Moscou, est aussi très courtisé par l'Union européenne qui souhaite le voir adhérer à son projet de gazoduc Nabucco, ainsi que par la Chine.

F. Delorca

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24 août 2009 1 24 /08 /août /2009 11:43
Frédéric Delorca dédicacera ses ouvrages "Atlas alternatif" (ouvrage collectif), "Programme pour une gauche française décomplexée", "Transnistrie", "La Révolution des Montagnes" et "10 ans sur la planète résistante" à la fête de l'Humanité le dimanche 13 septembre 2009 au stand "jeunesse" du Temps des Cerises à 16 h et au stand "Cité du livre" du Temps des Cerises à 17 h, venez nombreux !
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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 19:36
L'establishment canadien a récemment haussé le ton contre la Russie. Le 1er août, le ministre de la Défense Peter MacKay a été paraphrasé comme "avertissant la Russie que les chasseurs Canuck décolleront pour accueillir tout appareil non autorisé". Pourtant aucun avion russe n'a récemment violé l'espace aérien canadien. Ces déclarations s'inscrivent dans le cadre d'un regain d'activité de l'OTAN dans la zone. La Norvège a récemment déménagé son quartier général de commandement opérationnel dans le Cercle Arctique et le Danemark a annoncé des plans visant à établir un Commandement Arctique tous services, une force de réaction arctique et un renforcement militaire à la base aérienne de Thulé au Groenland, à partager avec ses alliés de l'OTAN. La Grande-Bretagne, la Finlande et la Suède s'impliquent elles aussi de plus en plus. L'année dernière la Norvège a acheté 48 chasseurs Lockheed F-35 "en raison de leur aptitude à des  patrouilles dans l'Arctique. En mars, ce pays a effectué un très important exercice de pratique militaire de l'Arctique impliquant 7 000 soldats de 13 pays dans lequel un pays fictif appelé Northland s'est emparé des plateformes pétrolières offshore.

Les 28- 29 janvier derniers le secrétaire général de l'OTAN avait annoncé la couleur : “ Le Grand Nord va nécessiter encore plus d'attention de la part de l'Alliance dans les années à venir." Comme la calotte glaciaire diminue, la possibilité augmente d'extraction des richesses  en minéraux et des gisements énergétiques du Grand Nord.
“ A notre sommet de Bucarest de l'an dernier, nous avons convenu de quelques principes directeurs pour le rôle de l'OTAN dans la sécurité de l'énergie....", rapporte le Directeur de « Stop NATO international » Rick Rozoff. (La zne arctique recèlerait un quart des ressources pétrolières mondiales).

L'implication de l'OTAN dans le cercle polaire ne va pas sans rivalité entre ses membres, les USA s'arrogeant notamment une exclusivité d'accès à l'Arctique par le détroit de Béring au détriment d'une partie des eaux territoriales canadiennes;

Le lieutenant général Dana Atkins, commandant de l' US Air Force,  a souligné mi-juillet que "l'Arctique deviendra de plus en plus important stratégiquement  dans l'avenir, non seulement en raison de la valeur estimée à des trillions de dollars de pétrole et de gaz naturel inexploités sous sa surface, mais aussi en raison des occasions croissantes pour des expéditions maritimes dans la zone, " ce qui pourrait permettre  "à un navire de voyager  de l'Asie à l'Europe pour diminuer de moitié ses frais en passant par cet itinéraire plutôt que via le canal de Panama". Au même moment le Pentagone a tenu ses manœuvres de guerre Northern Edge  [[(bordure nordique ]] en Alaska, situé entre la Russie et le Canada et à l'intérieur d'une bonne partie du Cercle Arctique, "avec plus de 9 000 soldats, des navires et des avions de guerre. L'Air Force, la Navy, l'Armée, le Corps des Marines et le personnel de la Garde Côtière y ont pris part avec des avions en combat aérien simulé.

La Russie, qui est la seule nation dans le monde à avoir une triade nucléaire - bombardiers stratégiques, missiles balistiques terrestres à longue portée et missiles balistiques lancés par sous-marins - capables de se défendre contre une première attaque nucléaire venant des États-Unis et leurs alliés, a répliqué en organisant des exercices à grande échelle de sous-marins nucléaires sous la calotte glacière arctique, exercices qui comprenaient " le déploiement de plusieurs sous-marins nucléaires d'attaque ... dans la zone de lancement pour assurer la sécurité à … deux  sous-marins stratégiques" lançant des missiles balistiques et qui ont aidé ces derniers à  éviter d'être détectés par les défenses US. Les  Etats-Unis et leur alliés s'efforcent d'anéantir cette dernière possibilité de défense russe en déployant des missiles intercepteurs et des bases de radar en République tchèque, en Pologne, en Norvège, en Grande-Bretagne, en Alaska (y compris les îles Aléoutiennes), au Japon, en Australie et partout ailleurs où cela pourrait rendre inutiles la dissuasion nucléaire et les capacités de représailles russes - et chinoises - et par conséquent préparer le terrain pour le lancement d'une première frappe nucléaire qui serait lancée avec une impunité présumée.

Comme l'explique Rick Rozoff "Le Cercle arctique est l'endroit où la Russie est en train de concentrer sa dernière ligne de défense contre une telle menace. Si les États-Unis et l'OTAN, utilisant le Canada comme leur avant-garde, affrontent et expulsent la Russie de l'Arctique, la possibilité d'un chantage nucléaire et d'attaques non-provoquées augmente de façon exponentielle." Rozoff soupçonne le vice-président d'Obama, John Biden, un fervent partisan des "révolutions colorées" à l'Est, d'être un adepte des thèses de l'ancien conseiller de Carter et Clinton Zbigniew Brzezinski qui souhaitait faire éclater la Russie. Dans ce dispositif, le Canada pourrait jouer un rôle analogue à celui de la Géorgie dans le Caucase : celui de l'agent provocateur "victime" de la réaction d'autodéfense russe que l'on pourrait ainsi instrumentaliser pour évincer la Russie de l'Arctique.

F. Delorca

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18 août 2009 2 18 /08 /août /2009 16:16
Le 15 juillet dernier le gouvernement colombien a divulgué son projet de mettre sept bases à la disposition de l'armée américaine. Le Venezuela et l'Equateur ont dénoncé la politique belliciste de leur voisin colombien, tandis que le Brésil et le Chili ont également fait part de leur "préoccupation". Ce nouvel accord permettrait à l'armée américaine de compenser la perte de sa seule base en Amérique du sud, située à Manta, en Equateur.

La Colombie était en 2006 le pays où sont morts la moitié des syndicalistes assassinés dans le monde. Elle est le troisième bénéficiaire de l'aide militaire étatsunienne derrière Israël et l'Egypte dans le cadre officiel d'un plan de lutte antidrogue (Plan Colombia) qui est en fait une lutte anti-FARC (tandis que par ailleurs les USA soutiennent la narco-répubique autoproclamée du Kosovo et que sous leur occupation la culture du pavot ne cesse d'augmenter en Afghanistan). Dans le cadre du Plan Colombia (que Washington veut exporter au Mexique, au Pakistan et en Afghanitan), les USA ont aussi mobilisé les services spéciaux britanniques et espagnols pour l'encadrement de l'armée colombienne. Si l'aide étatsunienne se chiffre à 5,5 milliards de dollars par an, les alliés européens membres de l'OTAN (France, Allemagne, Royaume-Uni etc) contribuent aussi : ils ont versé pour leur part en 2007 154 millions de dollars d'aide militaire à la Colombie sans aucun débat devant leur opinion publique. M. Uribe, qui est un ami de M. Kouchner, a fait libérer pour lui récemment le criminel de guerre kosovar recherché par la justice internationale Agim Ceku. Les forces spéciales israéliennes aussi sont en Colombie, tout comme elles ont participé au coup d'Etat au Honduras.

Le 1er mars 2008, la Colombie a bombardé une base arrière des FARC en Equateur provoquant la rupture des relations diplomatiques avec ce pays. Dix bombes de 500 kilos communément utilisées en Irak ont été déversées par des avions dont on soupçonne qu'ils furent américains (car les avions colombiens ne peuvent transporter de telles bombes).

En avril 2008 le colonel Jim Russell commandant des opérations de l'US Airforce dan le Sud a demandé que des soldats soient retirés d'Irak pour être déployés en Amérique latine. A partir du 12 juillet 2008, la 4ème flotte états-unienne a recommencé à patrouiller au large des côtes latino-américaines pour la première fois depuis 1950. En mai 2008 un avion de combat étatsunien en provenance des Antilles néerlandaises a violé l'espace aérien vénézuélien. Selon Caracas, il s'agissait d'une mission d'espionage sur l'île de La Orchila pour tester les radars vénézuéliens, tandis que Washington a parlé d'une erreur de navigation.

Pour se défendre, le Venezuela, qui se sent menacé, a proposé en mars dernier de mettre des bases aériennes à la disposition des bombardiers russes et son président Hugo Chavez a annoncé mercredi la signature en septembre d'un nouveau contrat d'armement "important" avec Moscou, comprenant l'achat d'une quarantaine de chars. Le président Chavez  accuse "l'empire américain" de vouloir utiliser les bases colombiennes pour s'approprier le riche bassin pétrolifère de l'Orénoque dans le sud-est de son pays. Dans l'Etat pétrolifère de Zulia, un mouvement sécessionniste se développe depuis plusieurs années "Rumbo Propio" soutenu par les grands médias de l'oligarchie vénézolo-américaine.

L'étau se resserre autour de Vénézuela tandis que les USA, qui utilisent les bases de la Guyane française, peuvent aussi compter désormais sur le Panama qui a élu un président de droite en mai dernier. Avec ses nouvelles bases, la Colombie,  pourra aussi menacer la zone andine au sud-ouest et la zone amazonienne où les enjeux stratégiques sont importants. " D'abord c'est le pétrole, ensuite ce sera le minerai de fer et l'eau. Aujourd'hui ils veulent envahir l'Iraq, ne vous étonnez pas si demain ils décident d'envahir l'Amazonie " avait déclaré l'économiste égyptien et contributeur de l'Atlas alternatif Samir Amin lors du deuxième forum social pan-amazonien de janvier 2003 à Bélem. Pour mémoire le 13 août dernier les delegués des peuples indigènes de Colombie ont dénoncé devant le Comité pour l'élimination des discriminations raciales des Nations Unies les persécutions dont ils sont l'objet par le gouvernement de Bogota. Karmen Ramírez Boscán, dirigeante de l'Organización Nacional Indígena de Colombia (ONIC) a critiqué les divers effets néfaste de la future présence des bases étatsuniennes dans leur zone, y compris en termes des risques de diffusion du commerce sexuel et de viols des femmes indigènes.


F. Delorca
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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 14:01
La révolution "Twitter" en Moldavie en avril dernier (surnommée ainsi à cause du rôle de ce réseau dans la coordination des insurgés) n'aura donné qu'un résultat mitigé.  Aux dernières élections du 29 juillet, le PC moldave a perdu la majorité absolue des sièges qu'il avait gagnée en avril (avec prè de 50 % des voix). Mais en obtient quand même 48 sur 101, avec 44,69 % des voix.

Dans Times on line à propos de la Moldavie le journaliste Tony Halpin le 10 août  souligne le rôle de l'instrumentalisation des jeunes femmes dans cette "révolution" :

"Il se peut que la chute du dernier régime communiste d'Europe en Moldavie soit le triomphe des urnes, mais il représente aussi un nouveau succès de la théorie des jolies filles dans les révolutions.

Cette théorie, que je tiens d'un ami arménien, affirme que les soulèvements populaires ont une chance de réussir si dans un pays les filles les plus jolies descendent dan la rue.

L'idée est que même les jeunes hommes les plus in  différents sur le plan politique veulent aller où se rendent les jeunes filles et cela crée une masse critique dans les manifestations pour provoquer une perte de confiance dans la capacité d'un régime à faire prévaloir son point de vue. Pour paraphraser Marx, les jeunes hommes sentent qu'ils n'ont rien à perdre sauf leur virginité (...) Les élections en Moldavie ont été le remake des élections d'avril qui ont poussé 10 000 manifestants dans les rues contre les communistes au pouvoir  Les organisateurs du premier jour de manifestations pacifiques incluaient Natalia Morar, qui a répandu sur les websites de création de réseaux le mot d'ordre de défense de la démocratie. Natalia est jeune et indéniablement attirante, mais elle expose aussi les imites de cette théorie. La beauté seule ne suffit pas - il faut aussi un cerveau, de l'engagement et du courage. Natalia a pris des risques personnels pour défir le régime ".


L'article insiste aussi sur le sex appeal de Tymoshenko dans la révolution orange ukrainienne et sur la beauté des jeunes femmes géorgiennes derrière Saakachvili. 

Cette théorie du sex appeal des révolutions colorées peut s'insérer dans des remarques plus générales déjà faites (voir par exemple le roman "La Révolution des Montagnes" à ce sujet) selon laquelle ces phénomènes marketing sont composés comme pour les ventes de voitures ou de yaourts. Il s'agit de mettre les images de la jeunesse et du plaisir au service de la contestation tandis que les images de la vieillesse et de la mort se projètent par effet de contraste sur les défenseurs des institutions. 

D'une révolution Twitter à l'autre, une interview de Hillary Clinton pour CNN le 9 août dernier révèle le rôle discret mais selon elle efficace des Etats-Unis dans les récentes émeutes post-électorales à Téhéran (cf vidéo ci dessous).

F. Delorca

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 05:43

Après la rupture des négociations entre putschistes et partisans du président Zelaya, le Front National de Résistance a organisé une manifestation contre le coup d’Etat au Honduras devant l’Assemblée Nationale (Congreso de la República) dans le centre de la capitale hondurienne à Tegucigalpa. Le Secrétaire International du Mouvement Communal du Honduras, José María Meza, a accusé le Gouvernement des USA finance le régime putschiste conduit par Roberto Micheletti et le général Romeo Vásquez Velásquez. Lors d’un entretien téléphonique diffusé sur une chaîne vénézuélienne de télévision, Venezolana de Televisión, ce leader du mouvement social du Honduras a précisé que “ce financement s’effectuait sous couvert “d’aide humanitaire” acheminée par la base de Soto Cano’(ce financement est confirmé par un chercheur québecquois dans un article publié dans le Devoir, mais celui-ci insiste tout de même sur la position un peu plus modérée de l'admiistration Obama que cellede Bush à l'époque du coup d'Etat vénézuélien, et ce notamment à cause de la forte mobilisation de l'Amérique latine derrière Zelaya). On peut aussi se reporter au dossier de Michel Collon sur les contacts de l'ambassadeur étatsunien Hugo Llorens avec les militaires putschistes dès avant le coup d'Etat. A Washington l'ex-candidat à la présidence McCain et la mafia cubaine exilée à Miami entretiennent le lobbying en faveur du coup d'Etat.

José María Meza a par ailleurs dénoncé les assassinats dont ont été victimes à leurs domiciles Roger Iván Bados et José Murillo, dirigeants du Parti de l’Unification Démocratique qui soutient et organise des manifestations dans la ville de San Pedro Sula pour exiger le retour du Président Manuel Zelaya. Le bilan de la répression militaire depuis le coup d'Etat serait de 4 assassinats et plus d'un millier d'arrestations (notamment les militaires ont tiré sur la foule lors de la tentative de retour du président Zelaya à l'aéroport de Tegucigalpa appuyée par les présidents Fernando Lugo, Rafael Correa et Cristina Fernandez-Kirchner, une répression dissimulée par les grands médias occidentaux).

Les syndicats Central General de Trabajadores (CGT), la Confederación de Trabajadores de Honduras (CTH) et Confederación Unitaria de Trabajadores de Honduras (CUTH), les syndicats d'enseignants ont lancé un mot d'ordre de grève générale contre le nouveau pouvoir hondurien dirigé par le chef d'entreprise Roberto Micheletti.

Des actions de solidarité avec le peuple hondurien se poursuivent en Europe et dans le monde. Voir vidéo ci dessous d'un rassemblement le 2 juillet dernier.

FD

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 13:23
Des militaires ont arrêté le dimanche 28 juin à l'aube le président du Honduras, Manuel Zelya, qui était sur le point d'organiser  une consultation populaire pour ouvrir la voie à une révision de la Constitution qui lui permettrait de briguer un deuxième mandat le 29 novembre jugée illégale par la Cour suprême. Au moins huit de ses ministres, dont la ministre des affaires étrangères, ont été arrêtés. La veille, M. Zelaya avait limogé le chef d'état-major général devant le refus des militaires de distribuer le matériel de vote (AFP).

L'Union européenne a condamné dimanche l'arrestation par les forces armées du président du Honduras, Manuel Zelaya, et réclamé sa libération "immédiate", a annoncé la présidence tchèque de l'UE. A Washington, le président Barack Obama s'est déclaré "très préoccupé" et a demandé aux "acteurs politiques et sociaux" de ce pays d'Amérique centrale de respecter la démocratie et l'état de droit.

La modération des termes du président Obama suggère que les Etats-Unis sont directement derrière ce coup d'Etat. Eva Golinger, journaliste basée au Venezuela, note entre autre indices que Martha Diaz, coordinatrice de l'ONG Grupo Paz y Democracia financée par l'agence américaine USAID a qualifié le coup d'Etat de "transition vers la démocratie". Selon le New-York Times les Etats-Unis étaient au courant du projet de coup d'Etat.

Elu président en janvier 2006, M. Zelaya avait opéré un net virage à gauche et s'était rapproché des dirigeants de gauche antilibéraux de la région. Depuis plusieurs décennies le Honduras était un des piliers de la politique réactionnaire en Amérique centrale. Ceux qui s'attendaient à une évolution positive de la diplomatie étatsunienne sous le mandat du président Obama reçoivent là un bien mauvais signal.

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PS 30 juin : Face à la résistance populaire, l'armée a dû faire marche arrière. Dans les jours qui ont suivile putsch seuls se sont encore risquées à le défendre diverses opinions conservatrices comme celle journal des exilés cubains de Miami le Miami Herald, ou du journaliste Gérard Thomas qui, dans le journal Libération en France, estimait mardi que le président hondurien était démis "dimanche par les militaires, sur ordre de la justice" et accusait le président Zelaya (en citant le sociologue Gilles Bataillon, collaborateur des revues réactionnaires françaises Communisme - dirigée par S. Courtois - et Commentaire) d'incarner une «classe politique inepte, uniquement préoccupée d’assurer sa réélection».  Le président américain Obama a fini pour sa part par ademttre que ce putsch était illégal. Pour un beau récit du rôle des ambassadeurs de Cuba, du Vénézuela et du Nicaragua dans la défense du ministre des affaires étrangères honduriens, voir le témoignage de F. Castro en français.

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27 juin 2009 6 27 /06 /juin /2009 11:37
Selon le bureau de coordination de l’ONU (Ocha), 1330 cas de viols ont été enregistrés au Sud-Kivu depuis le début de cette année. Non seulement les violences sexuelles, accompagnées d’atrocités, se multiplient, mais elles visent désormais des enfants (de 35 à 50% des cas) ainsi que des hommes adultes. Les assassinats et vols de civils se poursuivent . Les mêmes crimes sont constatés au Nord-Kivu. De passage à Bruxelles et s’exprimant à la tribune de Justice et Paix le 16 juin, le père Rigoberto Minani, qui dirige le Centre d’études pour l’action sociale et dont Colette Braeckman rapporte les propos sur son blog, a fait état de la situation dramatique au nord-est du Congo où l'armée régulière (FARDC environ 100 000 hommes) qui a intégré les anciens membres de  milice du rebelle tutsi Nkunda (comme Jean-Bosco Ntanganda également appelé « le Terminator », recherché par la Cour Pénale Internationale « coordonnateur adjoint » de l’offensive) inspire autant de crainte à la population que les milices hutus rwandaises FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda, environ 8 000 hommes). Toutes les forces armées seraient devenues peu ou prou des bandes criminelles indisciplinées (par exemple la LRA ougandaise évoluerait au Sud-Kivu sans commandement ni objectif précis, la corruption par le partage des bénéfices miniers aidant encore à développer l'anarchie dans cette région). L'absence de versement des soldes pourrait expliquer en partie les violences (au moins en ce qui concerne les forces congolaises - FARDC). Une Mission de conseil et d’assistance de l’Union européenne en matière de réforme du secteur de la sécurité en RDCongo (EUSEC) a pourtant été mise en place par les ex puissances coloniales, sous commandement d'un général français, pour rationaliser le système de rémunération de cette armée.

La République démocratique du Congo s'enfonce par ailleurs dans la crise économique. Selon le FMI (qui augmente son contrôle sur ce pays - M. Strauss-Kahn était à Kinshasa le 25 mai,  après l'effondement des prix du cuivre, cobalt et diamant, une chute des termes de l’échange de 20% est attendue cette année. Par conséquent, la croissance économique pour 2009 est estimée à 2,7%, bien en dessous des niveaux d’avant-crise. Cette faiblesse de l'Etat central congolais ne peut qu'entretenir le pourrissement actuel de la situation.

Pour beaucoup d'analystes, aucune victoire militaire sur les hutus rwandais (dont seulement une petite partie à pu retourner dans leur pays qu'ils ont quitté en 1994) n'est possible et la solution ne peut être que diplomatique. Alexis Kalinda, leader d'un groupe ethnique Nyanga, affirme que le principal obstacle à la paix dans la partie Est de la RDC est le Président rwandais Paul Kagame (le leader nationaliste tutsi FPR, allié de Clinton et de Bush) qui persiste dans son refus de tout dialogue avec les FDLR. « Le Rwanda doit leur fournir des garanties », explique-t-il, insistant au passage sur le fait que Kigali a besoin d'un compromis convaincant et durable. Paul Kagame est de plus en plus en mauvaie posture à l'égard de ses anciens parrains occidentaux. Ayant soutenu les républicains et Mc Cain aux dernières élection présidentielles étatsuniennes estimant que les "blancs ne voteraient jamais pour un noir", il est en mauvaise posture à l'égard d'Obama (comme l'a révélé l'obligation dans laquelle il s'est trouvée d'abandonner son allié Nkunda). A la différence de Sarkozy qui, à contretemps des Américains, croyait intelligent de proposer un deal avantageux à Kagame au Congo, l'orientation de l'administration américaine serait plutôt hostile à Kagamé. Signe des temps, le 1er juin dernier, 70 universitaires principalement anglo-saxons ont adressé une lettre ouverte au président du tribunal pénal international pour le Rwanda demandant l'inculpation de M. Kagame... un moyen de pression qui pourrait faciliter certaines réconciliations entre nationalistes tutsis et exilés hutus...

FD
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