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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 14:51
Après qu'un étudiant nigérian, qui dit avoir été entraîné au Yémen (le Yémen a reconnu sa présence sur sn territoire il y a peu), ait tenté le 25 décembre dernier de faire sauter un avion américain, le président Obama a annoncé son intention de bombarder des objectifs au Yémen.
petraeus.jpg
Mais des interrogations se développent autour des intentions véritables des Etats-Unis dans ce pays.

Le Yémen est, comme l'Afghanistan, un pays montagneux qui se prête à des actions de guérilla. Il compte une minorité chiite opprimée de près de 45 % de la population dont certains combattants s'inspirent du Hezbollah libanais, ce qui menace d'effet domino le sultanat pro-occidental d'Oman ibadite, et l'Arabie Saoudite, en phase de succession dynastique. Un article du Socialist Worker montrait récemment comment la stratégie occidentale avait abouti à laisser se développer à la fois des rebellions sunnites et chiites dans ce pays (alors qu'à l'époque de Nasser les chiites avaient été les alliés des Occidentaux), et comment l'Arabie saoudite était maintenant chargée de réprimer les Chiites au nord du yémen, quand les USA réprimeraient les sunnites du sud réputés sympathisants d'Al Qaida, avec dans les deux cas un gros risque d'échec militaire.

Dans un article récent d'Asiatimes, M K Bhadrakumar, diplomate indien, rappelle qu'il y a un an, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, faisait une révélation fracassante : les forces de sécurité de son pays avaient appréhendé un groupe d’islamistes liés aux forces des services secrets israéliens, signe de leur activité intense dans la région.

Il observe qu'en intervenant au Yémen, les Etats-Unis empêchent les Russes de reprendre leur base d'Aden (dans l'ex-Yémen du Sud à l'époque soviétique), et renforcent leur contrôle des routes commerciales vers l'Asie (surtout vers la Chine, ce qui est un moyen de contrecarrer les intérêts commerciaux de ce pays). Ils se dotent aussi d'une base supplémentaire pour pouvoir attaquer l'Iran.

Pour M K Bhadrakumar, il se joue là un renforcement l'alliance israélo-américano-indienne pour le contrôle de l'Océan indien (l'Inde a d'ailleurs renforcé sa présence militaire au large d'Oman). On rappellera à ce propos que l'OTAN pour la première fois de son histoire s'est dotée en 2008 d'une présence dans l'Océan indien au large de la Somalie.

70 % des Américains seraient favorables à l'envoi de troupes au Yémen alors pourtant que le gouvernement yéménite a clairement affirmé qu'il n'accepterait que des opérations aériennes, et que chacun s'accorde à voir dans le relief du Yémen un piège parfait pour les troupes américaines. A la demande du gouvernement américain, malgré sa pauvreté, le gouvernement yéménite doit assumer une campagne militaire et a massé ses troupes dans la région montagneuse de Mareb. En juillet, la même opération militaire dans cette région n'avait rien donné. Le gouvernement yéménite estime qu'il lutterait plus efficacement contre l'intégrisme islamiste en construisant des écoles, mais aucune aide consistante ne lui a jamais été donnée pour cela.

F. Delorca
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16 janvier 2010 6 16 /01 /janvier /2010 12:50
ha-ti.jpgUne tremblement de terre a ravagé Haïti, l'ancienne terre des esclaves français affranchis du joug de leur maître au 19ème siècle et qui durent pendant des décennies verser une indemnité de compensation à la France de 21 milliards de dollars (valeur actualisée) pour éviter une nouvelle répression militaire, indemnité à l'origine de la spirale d'endettement du siècle suivant. Le tremblement de terre a pu avoir causé entre 50 000 et 150 000 morts, 250 000 blessés, et laissé 1,5 millions de personnes sans abri après la destruction de 10 % des logements.

La mise en scène de l'aide humanitaire intenationale est l'occasion d'une véritable "pornographie compassionnelle néocoloniale" dans les médias occidentaux comme le souligne un article d'un site vénézuélien en français.

La France n'a pas été en reste en matière d'hypocrisie en demandant l'annuation de la dette d'Haïti, après avoir protégé pendant des décennies la dictature de la famille Duvalier (elle y a trouvé refuge en 1986 avec sa fortune personnelle volée à Haïti). La dictature duvaliériste a joué un grand rôle dans l'apauvrissement du pays, et la France a par ailleurs organisé, en 2004, avec les Etats-Unis (voir Atlas alternatif) le renversement d'Aristide, qui signait le refus de laisser à Haïti sa souveraineté - ce pays depuis lors est de fait sous tutelle de l'ONU.

Sur le terrain, le néocolonialisme était aussi à l'oeuvre. Le 16 janvier, à Port au Prince, des soldats américains de la 82ème division aéroportée se sont déployés sur l'aéroport pour empêcher une foule désespérée de fuir le pays. Les soldats américains, premiers arrivés sur les lieux, d'autorité ont sélectionné les réfugiés titulaires d'un passeport américain, refoulant les autres (y compris les titulaires de passeports européens), les condamnant ainsi à rester bloqués au milieu de l'enfer haïtien.

Aujourd'hui l'Etat haïtien sort ruiné du tremblement de terre, ce qui réduit à néant de nombreux efforts des ONG mais aussi des pays voisins membre de l'ALBA (Cuba, Venezuela) qui l'avaient associé à leurs programmes de coopération (notamment Pétrocaribe), pour redonner à ce pays une souveraineté. Les médecins cubains ont été parmi les premières équipes de secours sur place. Après les dons d'urgence, quand les caméras se seront éloignées, l'heure sera bientôt de nouveau à la remise en cause des raisons structurelles de la pauvreté d'Haïti qui la rend si démunie face aux catastrophes naturelles - la remise en cause du système impérialiste qu'elle subit depuis plus de deux siècles.

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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:07

Dans Renaissance Capital du mois de décembre dernier, les spécialistes Roland Nash et Ovanes Oganisian estimaient que la Mongolie pourrait être le prochain tigre asiatique, grace à ses ressources en minerais.

La Mongolie a les premières réserves mondiales en cuivre. les neuvièmes réserves de charbon, ainsi que de l'uranium et des métaux rares. Son produit national brut devrait doubler d'ici à 2014. Elle serait ainsi une des économies les plus dynamiques dans les années à venir avec l'Azerbaïdjan et l'Angola. Le gisement d'or et de cuivre de Oyu Tolgoi dans le désert de Gobi devrait représenter à lui seul 10 % de ce PNB. Il sera exploité par la société canadienne Ivanhoe Mines en consortium avec l'australien Rio Tinto.

Pour affermir son indépendance face à la Russie et la Chine la petite Mongolie (3 millions d'habitants) dans les années 2000 s'était rapprochée des Etats-Unis, envoyant notamment un contingent de soldats en Irak et même en août dernier en Afghanistan pour aider Washington qu'elle appelle son "troisième voisin". Il n'y a toutefois pas eu de visite officielle étatsunienne de haut niveau depuis plusieurs années, Mme Clinton, qui s'était rendue en Mongolie en 1995, s'étant bornée à envoyer un message vidéo en décembre dernier.

Toutefois la dynamique économique de ce pays semble toujours tournée vers l'Eurasie (80 % de son commerce étant réalisé avec la Russie et la Chine). Le premier ministre mongol était en Chine en avril dernier. Un accord de coopération renforcé a été signé entre Vladimir Poutine et son homologue mongol en mars dernier portant sur l'agriculture, les infrastructures de transport, la formation universitaire et militaire ainsi que sur la coopération nucléaire  (la construction d'une centrale est à l'étude).

La Mongolie cherche aussi de nouveaux partenaires en Eurasie. Le secrétaire général du Parti révolutionnaire du peuple mongol (membre de l'Internationale socialiste), Ukhnaa Khurelsukh était en visite au Vietnam cette semaine où il devait notamment rencontrer son homologue du PC vietnamien (il s'agissait donc d'une rencontre de parti à parti, et non d'une rencontre entre Etats). De son côté, l'Inde en août dernier a prêté 25 millions de dollars à ce pays pour combler son déficit budgétaire.

L'annonce des bonnes perspectives économiques de la Mongolie, répercutée depuis plus d'un an dans toute la presse internationale d'affaire, semble aussi raviver l'intérêt de certains européens. Javier Solana a reçu le premier ministre mongol à Bruxelles le 23 mars dernier. La presse n'a pas fait état des résultats de cet entretien.

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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 10:12
Copie-de-gas-20pipeline-copie-1.jpgLe 14 décembre dernier, la République populaire de Chine a officiellement ouvert un gazoduc au départ du camp de Samandepe au Turkménistan en présence des présidents de Chine, d'Ouzbékistan et du Kazakhstan (pays que traverse le gazoduc). Ce gazoduc de 7 000 km devrait acheminer 40 milliards de mètres cubes par an en Chine en 2012. La semaine suivante on apprenait que la Russie après des tensions avec le Turkménistan suite à une explosion de gazoduc en avril dernier venait de signer un accord pour une livraison de 30 milliards de mètres cubes de gaz par an.

Ces accords semblent signer le glas des espoirs américains de voir le gouvernement turkmène exporter son gaz vers l'Occident via le pipeline qui traverse la Turquie. L'option du pipeline occidental avait été déjà affaiblie par le mémorandum signé en mars entre la société azerbaïdjanaise SOCAR et le russe Gazprom. Par ailleurs la guerre d'Afghanistan continue d'affaiblir la politique des Etats-Unis en Asie centrale. Alexander Cooley de l'université de Columbia, notait récemment que l'utilisation des pays d'Asie centrale pour l'approvisionnement des troupes américaines en Afghanistan dans le cadre du Northern Distribution Network (NDN) - un tiers des approvisionnemet des troupes transitent par ces pays désormais - pourrait prochainement nuire à la stabilité de ces pays en faisant des cibles potentielles des talibans, et rend Washington dépendant de leur bon vouloir.

En Irak où les Etats-Unis firent la guerre entre autres pour accaparer les ressources en hydrocarbures, leur position est aussi loin d'être hégémonique. Le 12 décembre dernier, le russe Loukoil en partenariat avec le norvégien StatoilHydro a remporté le marché d'exploitation du champ pétrolifère Kourna Ouest (West Qurna)-2 tandis que Shell et China national petroleum company obtenaient d'autres champs. L'Irak produit 2,5 millions de barils par jour. Il espère passer à 7 millions dans six ans. West Qurna-2 exploité par les Russes pourrait produire 1,8 millions de barils.

En termes de réserves prouvées Qourna Ouest-2 recèle 12,8 milliards de barils soit un dixième des réserves du pays. Les Russes en partenariat avec les Turcs et les Malaisiens obtiennent aussi Badra (109 millions de barrils) dans l'est du pays. Malaisiens et Japonais obtiennent Garraf (au centre du pays) -
863 millions de barils. L'Angola (l'entreprise publique Sonanol) décroche Najmah au nord (858 millions de barils) alors qu'elle exploitait déjà Qaiyarah (807 millions). Toutefois Shell et le Malaisien Petronas contrôleront Majnoon au Sud de l'Irak (12,6 milliards de bails) et China National Petroleum Company exploitera Halfiya dans le sud (4,1 milliards) en partenariat avec Petronas et Total. Les Chinois sont aussi présents dans Roumalia (17,8 milliards de barils) où British Petroleum est majoritaire. Certains champs n'ont pas trouvé preneur à cause des actions de la guérilla. Le groupe Hands off Iraqi oil continue de dénoncer ces ventes aux enchères du pétrole irakien.

A noter aussi dans ces grandes recompositions du partage du gâteau des hydrocarbures en Eurasie que la Russie vient de signer un accord d'approvisionnement de la Chine en gaz. Elle vient en outre d'inaugurer un nouveau terminal pétrolier pour approvisionner l'Extrême Orient. Tandis que sur le front Ouest, comme tous les ans en hiver, les tensions avec l'Ukraine menacent à nouveau l'approvisionnement de l'Europe de l'Est.

FD
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29 décembre 2009 2 29 /12 /décembre /2009 08:39
800px-palestinian_flag_svg.pngLes collectifs solidaires de Gaza manifestaient le weekend dernier en France pour le premier anniversaire de l'agression israélienne.

L'heure semble être à la division dans les rangs. Le Collectif Cheikh Yassine (une organisation autour de laquelle se développent diverses controverses dans les milieux pro-Palestine) qui revendique (mais l'information est invérifiable) la présence de 700 personnes à sa manifestation à Paris de Nation à Bastille a publié un communiqué dans lequel il affirmait avoir essayé de se joindre aux manifestations organisées par d'autres collectifs mais selon lui ces autres collectifs ont finalement choisi des itinéraires différents. Ce communiqué a fait l'objet de démentis par d'autres groupes. Abna Philistine, l’APF, la GUPS et Mémoire de notre Terre pour leur part s'étaitent donné rendez-vous sur le Parvis de Notre Dame de 17h30 à 19h30. Ces organisations n'ont pas publié de bilan de la participation à cette manifestation.

En Province l'Association France-Palestine Solidarité Nord-Pas de Calais revendiquait dimanche 700 manifestants à Lille. Pas de bilan chiffré sur Marseille, ni de Lyon. On est loin des milliers de manifestants de janvier dernier.

Les autres pays européens ne semblent pas avoir organisé de manifestations au cours des derniers jours

En Egypte, les quelques centaines d'internationalistes français et européens qui avaient prévu une Marche pour la Liberté de solidarité et d'aide humanitaire jusqu'à Gaza ont été bloqués au Caire par la police égyptienne alliée du gouvernement israélien. Un rassemblement de soutien à Paris devant l'ambassade d'Egypte était organisé ce mercredi. Divers collectifs comme la Confédération paysanne ont écrit au gouvernement français et à l'ambassade égyptienne et les citoyens solidaires de Gaza sont invités à faire de même.

Une autre manifestation aura lieu en Cisjordanie. Les deux marches devraient se rejoindre, 
les 31 décembre et 1er janvier, à Gaza.

Pendant ce temps la répression israélienne se poursuit à Gaza et en Cisjordanie. Le 26 décembre six Palestiniens ont été tués. En Cisjordanie, trois militants du Fatah --le parti du président palestinien Mahmoud Abbas--, impliqués selon l'armée israélienne dans le récent assassinat d'un colon israélien (mais rien n'est prouvé puisqu'ils n'ont pas eu droit à un procès équitable), ont été tués lors d'une opération de l'armée israélienne à Naplouse (nord). Dans la bande de Gaza, trois Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens. Selon des sources palestiniennes, les victimes sont des ferrailleurs ramassant des bouts de métal près de la clôture séparant l'enclave palestinienne d'Israël (AFP). Le gouvernement israélien a dévoilé, lundi 28 décembre, un projet de construction de plus de 700 nouveaux logements dans des secteurs de Cisjordanie que ce gouvernement considère comme appartenant à Jérusalem
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18 décembre 2009 5 18 /12 /décembre /2009 14:37

Après l'annonce d'un plan de militarisation de la Colombie sous forme d'une création de 7 bases, l'Empire étatsunien a-t-il prévu d'encercler le Venezuela ? Selon Hugo Chavez depuis 2005 les patrouilles de porte-avions et navires de guerre dans les Antilles néerlandaises au large de Curaçao, à 65 km des côtes venezueliennes, n'ont cessé d'augmenter, et Washington aurait signé avec les Pays-Bas un accord pour la construction d'un port en eau profonde pour  compléter la "base d'opérations avancées"(Forward Operating Location). Selon sa conseillère  Eva Golinger les 200 000 habitants de Curaçao en 2005 ont assisté mécontents mais impuissants à la visite de plus de cent bateaux de guerre en une année, soit dix fois plus que les années précédentes, tandis que la base aérienne de l'île sert de tête de pont aux incursions dans l'espace aérien venezuelien. Auparavant le dispositif états-unien dans les Antilles s'appuyait surtout sur l'aéroport Reine Béatrix d'Aruba, sur l'île voisine, utilisé depuis 1999.
cible.jpg
Le 16 novembre dernier Helmin Wiels, leader du Parti Pueblo Soberano de Curaçao a demandé la fermeture de la base américaine de l'île en affirmant que Curaçao devait rester en de bons termes avec l'ensemble de ses voisins. Mais son appel a peu de chances d'être entendu. Pour faire accepter leur présence sur l'île et dans la région, et pour contrer les actions de solidarité des alliés du Venezuela dans les Caraïbes (dans le cadre de l'ALBA) les troupes américaines développent des programmes d'assistance humanitaire aux habitants de la zone, qui va selon les soldats jusqu'à repeindre des écoles. L'argument de la drogue reste majeur pour justifier l'ouverture de ces bases. Alors que le bail se termine cette année, le parlement néerlandais a autorisé son renouvellement à la fin du mois de mai dernier.

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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 13:28
L’association de défense de l’environnement Greenpeace a publié un rapport sur les mines d’uranium exploités par le groupe français Areva, au nord du Niger. Une équipe de l’organisation s’est rendue sur les lieux du 1er au 9 novembre. Cette étude révèle les risques de contamination radioactive pour les populations locales.

L'association de défense de l'environnement Greenpeace relève des niveaux élevés de radiation dans les rues d’Akokan à l’ouest d’Arlit. « Les enfants qui jouent dans ces rues, explique le rapport, sont exposés à des risques inacceptables des rayonnements radioactifs.» A certains endroits de cette cité minière, la dose de radiation au niveau du sol est 500 fois plus élevée que le niveau naturel constate Greenpeace. « Même les passants peuvent être exposés gravement » note le mouvement écologiste.

Dans un article du Monde Diplomatique de juin 2008, Anna Bednik décrivait l'action du mouvement touareg MNJ (Mouvement des Nigériens pour la justice) pour que les collectivités locales nigériennes puissent avoir le contrôle des recettes de l'exploitation de l'uranium. Le Niger est le troisième exportateur mondial de ce minerai. Il est exploité par deux sociétés franco-nigériennes dont Areva NC est l’actionnaire majoritaire. Mais le gouvernement nigérien commercialise désormais une partie de la production directement sur le marché, et le monopole français de l’extraction de l’uranium au Niger est terminé. A. Bednik indique notamment qu'en novembre 2007, Sino-Uranium, filiale de l’entreprise publique chinoise China National Nuclear Corporation (CNNC) qui explore depuis 2006 l’importante concession de Tegguidda, a obtenu le permis d’exploitation du gisement d’Azelik. Au vu des actions de la guérilla touaregs contre la CNNC, l'hypothèse d'une manipulation de celle-ci par Areva a été avancée pendant un temps, puis démentie par la suite. Une dialectique entre violence des rebelles et le durcissement du gouvernemet de Niamey s'est engagée dans un contexte d'appauvrissement croissant des populations locales et de désertification, avec toutes les conséquences que l'on peut imagine (sur la répression, voir par exemple le témoignage d'Amnesty International en 2007).

Dans une préface au récent livre de Yash Tandon "En finir avec la dépendance à l'aide" (exd. CETIM), l'économiste Samir Amin, contributeur de l'Atlas alternatif, cite la situation du Niger comme illustration de l' "aiguisement des conflits pour l'accès aux ressourcs naturelles de la planète", contexte dans leque les pays du Nord entendent se réserver l'accès exclusif à une "Afrique "utile" (celle des ressources naturelles), et en interdire l'accès aux "pays émergents" " comme la Chine. L'aide au développement (dont les modalités sont définies de façon unilatérale et qui, dans le cas du Niger, représente la moitié de son buget) servant à maintenir les classes moyennes nationales dans une position clientélaire à l'égard des pays riches.

F. Delorca

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:29
L’ancien adjoint au Ministre de la Défense Israélien, Ephraim Sneh, a indiqué dans une interview avec le journal Britannique Sunday Times du 11 octobre dernier que si les sanctions contre l'Iran ne sont pas en place d’ici Noël, Israël pourrait attaquer seul l'Iran. « Si aucune sanction paralysante n'est imposé d’ici Noël, Israël frappera, » a-t-il dit. « Si nous sommes laissés seuls, nous agirons seul. »

Zbigniew Brzezinski, architecte des accords de Camp David à l'époque de Carter et de la politique d'encerclement de l'URSS par l'aide aux islamistes, déclarait pour sa part récemment au site people Daily Beast, que si les bombardiers israéliens venaient à traverser l’espace aérien irakien pour attaquer l’Iran, les États-Unis ne devraient pas hésiter à les intercepter, voire à les détruire tout comme Israël tira sans hésiter sur l’USS Liberty durant la guerre des Six jours. Brzezinski avait fait l'objet d'une attaque virulente du lobby pro-israélien pendant la campagne d'Obama dont il était un des mentor, et l'actuel président s'était engagé à ce que Brzezinski n'ait pas d'influence sur sa politique au Proche-Orient. Brzezinski insiste dans cette interview sur les risques économiques sur le cours du pétrole que ferait peser une frappe israélienne (ce dont selon lui les USA et la Chine paieraient le prix le plus fort tandis que la Russie en tirerait profit) et sur le dommage que cela causerait au processus de paix au Proche-Orient.

En revanche selon le Wall Street Journal aujourd'hui, des groupes de pression aux Congrès des Etats-Unis tentent de faire réécrire le rapport du National Intelligence Estimate de 2007 qui avait estimé que l'Iran avait arrêté ses activités nucléaires militaires en 2003.

Ces nouvelles menaces israéliennes interviennent à l'heure où le gouvernement de M. Sarkozy, devenu le meilleur allié d'Israël à l'ONU, tentait de retarder le vote d'une résolution déclarant Israël coupable de crimes de guerre à Gaza, une résolution qui a finalement été adoptée par la majorité d'un groupe de travail basé à Genève. Cette résolution a été finalement votée par une majorité de pays dont la Chine, la Russie, l'Egypte, l'Inde, la Jordanie, le Pakistan, l'Afrique du Sud, l'Argentine, le Bahrein, le Bangladesh, la Bolivie, le Ghana, l'Indonesie, Djibouti, le Liberia, le Qatar, le Sénégal, le Brésil, Maurice, le Nicaragua et le Nigéria. Ont voté contre les pays du Nord : les Etats-Unis, l'Italie, la Hollande, la Hongrie, la Slovaquie et l'Ukraine. Se sont abstenus des alliés des USA : la Bosnie, le Burkina-Faso, le Cameroun, le Gabon, le Japon, le Mexique, la Norvège, la Belgique, la Corée du Sud, la Slovénie et l'Uruguay. 

La résolution demande à l'Assemblée générale d'examiner le rapport Gladstone, et au Conseil de sécurité de déférer Israël à la Cour pénale internationale.

FD
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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 17:05
Selon un article récent de Robert Fisk, les pays arabes ont lancé des initiatives secrètes conjointement à la Chine, à la Russie et à la France, qui visent à cesser d’utiliser la monnaie américaine pour le commerce du pétrole.

En septembre, l’Iran a annoncé que ses réserves de devises étrangères seraient, dorénavant, libellées en euros, et non pas en dollars. Les pays arabes du Golfe sont en train de préparer – avec la Chine, la Russie, le Japon et la France – la cessation du recours au dollar pour les transactions pétrolières, au profit d’un panier de devises comportant le yen japonais, le yuan chinois, l’euro, l’or et une nouvelle devise unifiée préparée par les pays membres du Conseil de Coopération du Golfe, qui regroupe notamment l’Arabie saoudite, Abu Dhabi, le Koweït et le Qatar. Des réunions secrètes ont d’ores et déjà été tenues entre ministres des finances et gouverneurs des banques centrales, en Russie, en Chine, au Japon et au Brésil, afin de travailler à ce projet, qui aura pour effet que le pétrole ne sera désormais plus échangé contre des dollars.

Cette évolution pourraît intensifier la guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine, pour la conquête du pétrole moyen-oriental – transformant, de surcroît, les conflits endémiques de cette région en une bataille pour la suprématie de la première puissance mondiale. La Chine consomme plus de pétrole que les Etats-Unis, et elle en consomme de plus en plus, sa croissance économique étant moins efficace énergétiquement. La monnaie de transition, dans le mouvement prévu d’abandon du dollar, pourrait fort bien être l’or, laissent entendre certaines sources des milieux bancaires chinois. 

Selon le président de la Banque Mondiale, Robert Zoellick : « Un des legs de cette crise sera sans doute la prise de conscience d’un bouleversement total dans les relations entre puissances économiques »

Par ailleurs on apprenait cette semaine que, à plus petite échelle, les membres de l'Alternative bolivarienne pour les Amériques - ALBA (Equateur, Venezuela, Cuba, Bolivie, Nicaragua, Honduras, Dominique, Saint Vicent et Grenadines, et Antigua et Barbuda) ont décidé de remplacer le dollar comme monnaie de leur commerce extérieur extérieur entre eux par le sucre dès 2010, cette monnaie pouvant devenir à terme commune à ces pays pour l'ensemble de leurs transactions.
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27 septembre 2009 7 27 /09 /septembre /2009 16:15

Hugo Chavez accueille ce week-end sur l'île de Margarita le second sommet Afrique-Amérique latine, dont il espère que sortira un front "anti-impéraliste" des pays du Sud.

Un des rares médias dominants à en parler, Reuters insiste sur le fait que le leader venezuélien attire à lui des leaders assez radicaux tels que les présidents libyen, zimbabwéen et soudanais, alors que l'Afrique du Sud serait davantage sur la ligne du Brésil et que beaucoup d'Etats africains seraient maintenant plus favorables aux Etats-Unis (depuis que le président Obama affiche une ligne "modérée").

Il faut noter tout de même que 61 pays (49 africains et 12 latino-américains) sont représentés, la plupart d'entre eux à un niveau présidentiel (Algérie, Burkina Faso, Gambie, Ghana, Libye, Mali, Mauritanie, Equateur, Namibie, Niger, République centrafricaine, Soudan, Sao Tomé et Principe, Swaziland, Afrique du Sud, Togo, Argentine, Bolivie, Chili, Brésil, Paraguay, Uruguay et Zimbabwe). Les absents sont les alliés des Etats-Unis (Colombie, Pérou, Guyana, Surinam). Le 1er sommet afro- latino américain s'est tenu les 30 novembre et 1er décembre 2006 à Abuja (Nigéria).

En marge du sommet de cette année divers accords bilatéraux seront signés entre pays africains et sudaméricains. Le Vénézuéla a notamment signé 7 accords de coopération avec la Libye. "La Libye, a déclaré l'ambassadeur vénézuelien à Tripoli Afif Tajeldine, pour nous est la porte de l'Afrique, car c'est un pays qui a un comportement socialiste reconnu par tous".

Dans son discours inaugural le président Chavez a annoncé la fin du monde unipolaire. Le président libyen qui s'exprimait juste après lui a estimé : "Les puissances mondiales veulent continuer à préserver leur pouvoir. Quand ils ont eu l'occasion de nous aider, ils nous ont traités comme des animaux, ils ont détruit nos terres. Nous avons aujourd'hui la chance de construire notre propre puissance."  Le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi a proposé samedi la création d'une alliance militaire du Sud, calquée sur le modèle de l'Otan et sans objectifs "bellicistes",  opérationnel à l'horizon 2011. La présidente argentine Cristina Kirshner Fernández a promis l'instauration de nouvelles relations internationales basées sur "la coopération et non plus la subordination" et offert l'aide de l'Argentine aux pays africains.

Les membres du sommet ont aussi dénoncé l'usage de la part des putschistes honduriens de gaz toxiques dans les locaux de l'ambassade du Brésil à Tegucigalpa où le président légal du pays s'est installé.

F. Delorca

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