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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 14:33

Nous avions signalé l'an dernier la désinformation dont faisait l'objet le mouvement des Chemises Rouges thaïlandais. La tendance a perduré cette année où le mouvement s'est installé pacifiquement à Bangkok en mars dernier, dans le but de faire tomber le gouvernement en place (un gouvernement issu d'un coup d'Etat). 21 personnes ont trouvé la mort samedi dernier dans les affrontements entre l'armée et les manifestants, et, tandis que les négociations reprennent entre les autorités et les manifestants, l'Agence france presse et Reuters présentent encore ces derniers comme des sortes de milices à la solde de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, avec des termes comme "les manifestants favorables à l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra". Un observateur français sur place "Vinalys" sur son blog a récemment confirmé qu'il n'en était rien.

 

Les "chemises rouges" commencent à recevoir un timide soutien de la gauche européenne. Le Parti communiste du Royaume uni a appelé à bombarder l'ambassade de Thaïlande à Londres de protestations contre la répression du peuple à Bangkok. En France des blogs du NPA relayent un appel à la solidarité de partis de gauche d'Asie du Sud-Est.

 

 

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13 avril 2010 2 13 /04 /avril /2010 11:50

La démocrature rwandaise de Paul Kagame serait-elle fragilisée ? A quelques mois des élections présidentielles prévues le 9 août 2010, deux événements récents laissent supposer à certains une fragilisation du régime nationaliste tutsi de Paul Kagame.

  kagame.jpg

En premier lieu le harcèlement policier contre la Présidente des Forces Démocratiques Unifiées « FDU – Inkingi », Victoire Ingabire Umuhoza, une jeune hutu venue à la politique bien après le génocide mais que le pouvoir rwandais prétend associer aux forces armées hutues  Forces Démocratiques de Libération du Rwanda « FDLR » basées au Congo. Elle est fréquemment interrogée depuis son retour de son exil, et présentée comme une "hooligan" par le  président Kagamé, qui ne cesse aussi de demander l'extradition de responsables de l'opposition en exil. Le pouvoir du président Kagamé est d'ailleurs occasionnelle appuyé par l'ONU dans ses attaques contre le FDU, un rapport d'expert récent ayant reproché à Mme Ingabire d'avoir siégé à une table de dialogue national à laquelle se trouvaient des représentants du FDLR. Des Tutsis francophones sont aussi inquiétés.

 

Le deuxième élément est le remplacement du général James Kabarebe au poste de chef d'Etat major qui pourrait traduire une méfiance à l'égard de l'armée, mais cette information n'est citée semble-t-il que sur un blog.

 

Pendant ce temps les tribunaux rwandais tardent à juger l’ex-chef historique de la rébellion congolaise, Laurent Nkunda, arrêté au Rwanda en janvier 2009, accusé d'avoir commis de nombreux crime sde guerre au Congo, et toujours détenu à Kigali.

 

En ce qui concerne le Congo justement, sur Dissident voice, le journaliste Keith Harmon Snow accuse les forces de l'ONU d'avoir soutenu les forces gouvernementales congolaises contre la nouvelle guérilla les "Patriotes-Résistants de Dongo" dans la province d'Equateur et met en cause la propagande occidentale de l'Agence france presse et de Reuters qui dissimulent les vrais enjeux de la guerre au Congo oriental. Il rappelle aussi que la dernière grande opération humanitaire, l'initiative Congo, menée par l'acteur Ben Affleck est financée par Howard Buffet, dont la holding Berkshire Hathaway possède 18,5 % des parts du Washington Post (ce qui n'est guère de nature à assurer l'indépendance des grands médias étatsuniens sur ce sujet) et qu'en septembre 2008 le milliardaire Bill Gates, Howard Buffet, Paul Kagame et Yoweri Museveni ont lancé ensemble un partenariat “Purchase for Progress” avec le Programe alimentaire des Nations-Unies. Il révèle aussi que l'OTAN, le commandement africain des troupes américaines (Africom), les compagnies de sécurité privées Dyncorp and PAE (Pacific Architect & Engineers) d'avoir encadré des soldats ougandais et rwandais impliqués dans la répression de l'insurrection à Kisangani, mais aussi engagés au Soudan, en Irak et en Afghanistan comme supplétifs de l'armée américaine.

 

La nouvelle insurrection de Dongo est en tout cas en train d'infliger des revers sérieux aux troupes occidentales, sur lesquels les agences de presse occidentales restent pour le moins discrètes.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 18:37

Le 1er avril dernier le président de la République afghane placé au pouvoir à Kaboul par M. George W. Bush en lieu et place des talibans, M. Hamid Karzaï, a révélé le vrai visage des dernières élections du mois d'août en accusant les Etats-Unis et les Occidentaux d'avoir organisé des fraudes massives, largement acceptées par l'ONU. Dans la surenchère verbale qui a suivi ces déclarations, M. Karzaï a menacé de rejoindre les rangs des talibans.

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Le secrétaire de presse à la Maison blanche a refusé de dire s'il considérait toujour M. Karzaï comme un allié des Etats-Unis.

 

En Irak, aucun gouvernement n'a pu être constitué depuis les élections parlementaires du début du mois de mars. Trois des quatre partis chiites irakiens majoritaires n'ont pas hésité à se réunir directement en Iran pour être à l'abri des pressions américaines. Les dernières élections ont placé le premier ministre actuel Al Maliki juste derrière son rival, Iyad Allaoui qui a reçu beaucoup de voix sunnites et le soutien financier des monarchies du Golfe méfiantes à l'égard du chiisme. En Irak Allaoui est soupçonné de bénéficier du soutien de la CIA en tant que rempart potentiel contre l'Iran. D'ex membres de la CIA avaient déclaré en 2004 qu'Allaoui avait organisé des attentats pour le compte de leur agence en Irak dans les années 1990. L'issue des négociations sur la constitution d'un nouveau gouvernement reste des plus incertaines.

 

Tandis qu'une vidéo embarrassante montre des soldats américains tirant sur des journalistes de Reuters, on déplorait 41 morts et 437 blessés dans une série d'attentats à  Bagdad le weekend dernier. Les morts violentes de civils sont quotidiennes dans ces deux pays depuis l'invasion américaine.

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3 avril 2010 6 03 /04 /avril /2010 23:28

stbasile_spasskayatower_red_square_moscow.hires.jpgTrente-huit personnes, en plus de deux femmes kamikazes, ont été tuées dans le double attentat suicide commis lundi 29 mars dans la matinée dans le métro de Moscou. Par ailleurs douze personnes, dont neuf policiers, ont été tuées dans deux attentats-suicide mercredi à Kizlyar, près de la frontière avec la Tchétchénie le1er avril.

 

L'attentat a été revendiqué par Doukka Oumarov, "Emir du Nord Caucase", ancien président de l'Ichkérie qui revendique avoir des bases de l'Abkhazie jusqu'en Azerbaïdjan, une zone de première importance pour les routes du pétrole. La guérilla reste active dans les zones musulmanes du Caucase russe. En juin et en septembre dernier le président tchétchène Ramzan Kadyrov a accusé la CIA et la MI6 d'être présents aux côtés des rebelles islamistes. Par ailleurs l'American Committee for Peace in Chechnya est souvent désigné comme un organe de propagande américaine anti-russe tourné vers la Tchétchénie.

 

Dans cette région, outre l'activisme religieux au Daghestan et en Tchétchénie, le nationalisme circassien est aussi encouragé par des lobbys occidentaux. Comme le note Frédéric Delorca dans son dernier livre, "Abkhazie, A la découverte d'une "République" de survivants" (Ed. du Cygne 2010), un travail de promotion du nationalisme circassien (dans le Nord Ouest du Caucase) se développe dans la perspective des jeux olympiques de Sotchi de 2014, qui rappelle l'insurrection des moines tibétains à la veille des jeux olympiques de Pékin : "Sotchi était le port de départ de milliers de Circassiens déportés vers la Turquie.  2014 marquera la 150ème anniversaire de la victoire russe contre eux. Des voix s’élèvent au Caucase Nord, comme celle de l’Association circassienne internationale basée en république kabardino-balkarienne, et dans la diaspora des peuples déportés, pour que des symboles circassiens figurent dans ces jeux au même titre que les jeux de Vancouvert au Canada ont accordé une place aux Indiens victimes de génocide, ou ceux de Melbourne aux Aborigènes d’Australie . A défaut de pouvoir satisfaire les revendications circassiennes, les jeux de Sotchi pourraient être compris comme une provocation par les peuples du Nord-Ouest du Caucase et enflammer le ressentiment anti-russe. Des analystes russes début 2010 pointaient du doigt la décision récente de l’administration Obama d’augmenter les effectifs de USAID, l’agence des basses œuvres interventionnistes étatsuniennes, et accusait les associations adyguiennes comme Adyghe-Khasa, le Congrès circassien ou l’Association circassienne internationale qui réclament la reconnaissance du « génocide » de leur peuple d’appliquer en fait le programme de thinks tanks américains comme Rand Corp. et la Jamestown Foundation. Selon ces analystes cette activité qui joue sur des cordes tantôt ethniques tantôt religieuses contribue à la dé-russification rampante du Nord-Caucase . On peut d’ailleurs noter que la Fondation Carnegie à travers le Program on New Approaches to Research and Security in Eurasia (PONARS) finance publiquement des recherches très orientées vers le soutien aux revendications circassiennes."

 

Face à cette conjonction entre islamisme et nationalisme sur fond de fort taux de chômage, le Kremlin depuis quelques mois mise sur la répression. En février, le président russe Medvedev a nommé un « consul du Caucase », représentant du président de Russie, et vice-premier ministre, Alexandre Khloponine, 44 ans, ancien directeur de combinat, qui a déjà mis de l’ordre dans la région de Krasnoïarks en Sibérie en y intégrant  les territoires d’Evenk et Taïmyr. A cette occasion une grande région a été créée englobant le territoire de Stavropol et les Républiques autonomes de Karatchaevo-Tcherkessie, Kabardino-Balkarie, Ossétie du Nord, Ingouchie, Tchétchénie et du Daghestan, toutes ces entités pouvant à terme être absorbée par le territoire de Stavropol. Cette mesure, qui s'ajoute aux actions militaires et policières, passe pour un acte de méfiance à l'égard des autorités locales caucasiennes, et a été notamment critiquée par le président de l'Ingouchie

 

La spirale de la répression et du terrorisme pourrait, si elle se developpe, compromettre le retour récent de la Russie sur la scène internationale.

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27 mars 2010 6 27 /03 /mars /2010 20:57
usmarine.jpgC'est André Maltais qui le rapporte sur Mondialisation.ca :

"Dans la soirée du samedi, 10 octobre 2009, des milliers de soldats et policiers fédéraux, profitant du fait que leur présence dans les rues est familière depuis la militarisation de la lutte anti-drogue, envahissent subrepticement une cinquantaine d’installations de la compagnie nationale d’électricité, Luz y Fuerza del Centro (LFC) qui approvisionne plus de six millions de personnes dans le centre du pays.

Les militaires forcent les travailleurs présents à quitter les lieux et attendent que le président mexicain Felipe Calderon émette un décret liquidant purement et simplement l’entreprise publique et son syndicat, le Syndicat mexicain des électriciens (SME).

Du jour au lendemain, 44 000 travailleurs et leur famille de même que 22 000 retraités se retrouvent à la rue alors que disparaît l’un des syndicats indépendants les plus forts et combatifs du pays
."

Une semaine auparavant, le gouvernement avait refusé de reconnaître l’élection de Martin Esparza à la tête d’un syndicat qui, depuis 95 ans, s’est  toujours opposé aux privatisations et à l’érosion des droits des travailleurs."


L'article note aussi que "en 2009 seulement, le pays a perdu plus d’un million d’emplois et, depuis l’arrivée au pouvoir du « cauchemar » Calderon, au moins 2.8 millions d’emplois dont un très grand nombre dans les secteurs les plus intégrés à l’économie états-unienne.Le quotidien La Jornada révèle que 76.000 faillites d’entreprises sont survenues au cours des six derniers mois seulement!"

Alors que d'une main il démantèle l'Etat mexicain, Calderon de l'autre s'abandonne à la dérive sécuritaire, avec les encouragements de Washington. Cette semaine, on a justement appris qu'Obama a offert à Calderon une collaboration plus étroite en matière de sécurité. En janvier dernier, un rapport militaire étatsunien a placé le Mexique au même titre que le Pakistan parmi les possibles "failed states" (Etats en déliquescence) qui pourraient s'effondrer aussi rapidement que la Yougoslavie entre 1991 et 1995. Le gouvernement mexicain a déjà déployé 45 000 soldats dans les zones du pays susceptibles d'être aux mains des narcotraficants. Cette militarisation du pays entraîne des atteintes croissantes aux droits de l'homme. Les plaintes contre le ministère de la défense devant la Commission nationale des droits de l'omme sont passées de 182 en 2007 à 559 pour le seul premier semestre de 2009. Un rapport d'Amnesty international en décembre a décrit des cas de tortures, d'enlèvement et d'assassinats par l'armée mexicaine. Les excès de l'armée mexicaine sont tels que leurs mentors étatsuniens s'en inquiètent. En août 2009, le sénateur démocrate du Vermont Patrick Leahy (un sénateur en pointe sur les droits de l'homme qui a proposé en 2007 le rétablissement de l'habeas corpus à Guantanamo) a pu faire bloquer provisoirement une aide militaire de 90 millions de dollars au Mexique en raison des exactions imputées à l'armée de ce pays.

La semaine dernière la secrétaire à la sécurité intérieure Janet Napolitano a reconnu que l'armée américaine agissait directement "d'une certaine façon limitée" ("in certain limited ways") au Mexique. L'intervention militaire directe des Etats-Unis reste cependant difficilement envisageable dans un pays qui a déjà perdu une guerre (et un tiers de son territoire) contre les Américains. Obama se dit même réticent à l'idée militariser ouvertement la frontière (où se multiplient les meurtres et violences) comme le lui demandent certains gouverneurs.

Sur Counterpunch.org, Mike Whitney récemment rejoignait André Maltais en soulignant que la militarisation de la lutte contre  la drogue fait l'affaire des narco-traficants puisqu'elle fait augmenter le prix des stupéfiants et donc les bénéfices (y compris pour corrompre des fonctionnaires aux Etats-Unis), et que son objectif véritable était en fait la liquidation de la résistance de gauche au Mexique.

F.Delorca 

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24 mars 2010 3 24 /03 /mars /2010 10:06
Le Soudan s'apprête à tenir le 11 avril prochain ses premières élections multipartites (législatives, régionales et présidentielle) depuis 1986, un processus qu'il a dû accepter sous la pression des USA dans le cadre des négociations de 2005 avec les sécessionnistes du Sud. A cette occasion, les pressions occidentales se multiplient sur ce pays. Tout en subtilité, mardi 23 mars lors d'une conférence de presse à Bruxelles, Luis Moreno-Ocampo, procureur de la cour pénale internationale, a estimé que le travail des observateur électoraux de l'Union européenne (138 observateurs), était comparable à "surveiller une élection sous Hitler". La cour pénale internationale (CPI) a inculpé le président sortant Omar al-Bachir pour génocide au Darfour, une accusation qui a été portée contre le gouvernement islamiste de Khartoum par les néo-conservateurs américains à l'époque de Bush, et relayée par divers lobbys, une accusation que même l'ancien président du Tribunal pénal sur l'ex-Yougoslavie Antonio Cassese, qui a été dépêché au Soudan par l'ONU en 2004, trouve excessive.
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 M. al-Bachir a menacé d'expulsion les observateurs électoraux américains de la Fondation Carter (dirigée par l'ancien président démocrate américain, et proche d'Obama). Il est reproché à ceux-ci d'avoir demandé le report de la date des élections, ce qui n'est habituellement pas dans la compétence d'observateurs électoraux. Human Rights Watch (liée à la Fondation Soros et aux démocrates américains) s'est aussi jointe à la Fondation Carter pour demander le changement de date des élections. Il semble que ces lobbys liés à l'administration démocrate aient pris, sur le Soudan, le relais de la croisade des néo-consevateurs évangélistes liés aux républicains, manifestant ainsi la continuité de la politique impériale étatsunienne dans les pays à fort enjeu pétrolier.

17 partis politiques soudanais se sont engouffrés dans la brèche de la demande du report des élections, à l'exception notable du Mouvement de libération des peuples du Soudan et du Parti du congrès populaire.

Selon Gérard Prunier et  Maggie Fick, ces élections, qui sont un prélable au référendum d'autodétermination du Sud-Soudan en 2011, "marquent le début d'un processus qui va modifier durablement l'histoire, mais qui, au vu de l'état actuel des jeux politiques, pourrait conduire à la dissolution brutale de l'Etat soudanais."

F. Delorca
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 23:13

Dans un contexte où le président français Sarkozy s'est employé à vanter les bienfaits du colonialisme, et à durcir son discours à l'égard des immigrés et Français issus de l'immigration postcoloniale, diverses initiatives ont été prises récemment en Algérie qui témoignent de la vivacité du sentiment anti-colonial.
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Comme le rappelle Jeune Afrique, le 13 janvier 2010, Moussa Abdi, élu du Front de libération nationale (FLN), a présenté à l'assemblée nationale populaire algérienne un texte demandant la criminalisation du colonialisme. Cette proposition de loi si elle avait été adoptée aurait pu entraîner la création de juridictions spéciales chargées de juger les responsables politiques et militaires français pour les crimes de guerre perpétrés entre 1954 et 1962, et pour les crimes contre l’humanité qui auraient eu lieu durant la longue période coloniale (cent trente-deux ans de présence française en Algérie). En plus des excuses demandées à ­l’ancienne métropole et de la reconnaissance du « génocide », des compensations financières comme ce que la Libye a obtenu de l'Italie auraient été exigées. Le texte était soutenu par 125 députés (sur 389) du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, le Mouvement pour la société de la paix (MSP, islamiste) et El Islah. 

En janvier M. Abdi avait annoncé sa ­volonté d’associer les parlementaires des autres anciennes colonies ou protectorats français (Maroc, Tunisie) au projet de ­criminalisation de la colonisation. Des élus algériens parmi les ­signataires de la proposition de loi se sont rendus au Vietnam la première semaine de février. Selon le quotidien algérien El Watan, la proposition « a été accueillie froidement » à Hanoi, et en Algérie-même la direction du FLN ne paraissait guère favorable au vote de la proposition de loi de M. Abdi. Des médias kabyles ont dénoncé aussi une opération "populiste" de l'aile conservatrice du FLN. Il semble que les partis de gauche algériens comme le Parti des travailleurs, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (représentés à l’APN) ainsi que le Front des forces socialistes (sans députés) ne soutenaient pas cette initiative. Louisa Hanoune, la secrétaire générale du Parti des travailleurs, le 13 février à Zéralda, lors de son rapport d’ouverture des travaux de la commission nationale des élus de son parti, a émis des réserves sur le fond, la forme et l’opportunité même du projet de M. Abdi, s’interrogeant au passage sur ses dessous et ses desseins et laissant entendre que le «timing» choisi pour cela ne serait pas étranger à le tenue du 9e congrès du FLN. Elle n'a cependant pas attaqué le fond du texte, espérant même sur un ton ambigu "que ce projet survivra au prochain congrès du FLN".Le député RCD, Noureddine Ait Hamouda, a jugé le projet inutile « parce que les initiateurs n’ont pas la légitimité nécessaire pour mener un projet de cette envergure ». Le 19 février le projet a finalement été retiré sous la pression du président Bouteflika, qui aurait été sensible aux menaces de Paris quant aux effets d'une telle loi sur les relations diplomatiques et économiques bilatérales. Il n'est pas absolument évident toutefois que le projet soit définitivement enterré par ses initiateurs.

La France reste par ailleurs sur la sellette en ce qui concerne les essais nucléaires qu'elle a réalisés dans le Sahara entre 1960 et 1966. Le 13 février, l’avocate Fatma ­Benbraham a ­annoncé qu’elle disposait de ­suffisamment de preuves pour attaquer devant les tribunaux internationaux la France pour génocide. « Un rapport militaire ­français relève la présence au moment des expériences nucléaires de quelque 40 000 ­habitants dans cette région, entre nomades et sédentaires, explique-t-elle. Cela ­contredit la version officielle soutenant que les essais ont eu lieu dans des zones sans vie, comme l’avait promis le représentant de la ­France aux Nations unies en 1957. » 

Dans un autre registre, le discours anticolonialiste au Maghreb s'est également déployé récemment à Bir Lahlou, en plein désert, 64 km à l’est du “mur de la honte” érigé par les Marocains au début des années 80, et qui sépare les territoires occupés des territoires sahraouis, où le Front polisario a célébré l’an 34 de la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). S'étaient déplacés jusqu'à cette bourgade inhospitalière l’ambassadeur de Cuba à Alger, Eumelio Caballero Redriguez, et celui du Venezuela, Michel Mujica, le chargé d’affaires de l’ambassade de l’Afrique de Sud à Alger, une forte délégation venue de Pretoria, composée des responsables de l’ANC, du Parti communiste et des représentants des syndicats, le président de la commission de travail au Parlement nigérian, des universitaires, des représentants du mouvement ouvrier et d’étudiants de ce pays. D’autres pays africains qui ont combattu armes à la main le colonialisme étaient également représentés tels que le Mozambique, le Ghana, l’Angola, la Guinée-Bissau. L’Algérie était représentée par le Comité national de solidarité avec le peuple sahraoui. Les Africains ne connaîtront pas la paix et le repos tant qu’il y a un peuple africain sous le joug de la colonisation. » a déclaré le représentant de l'ANC paraphrasant Nkrumah.

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:45

great_seal_of_the_us.pngLe président Hugo Chavez a lancé récemment un appel à la création d’une Cinquième Internationale, appel relayé en France par un petit groupe de proches des éditions du Temps des Cerises, mais qui continue à faire débat à gauche.

L’appel ne signifie cependant pas  que le Venezuela soit particulièrement en position de force en ce moment. Comme le remarquaient l’International Herald Tribune du 12 février dernier et d'autres journaux : après avoir tourné le dos aux multinationales pétrolières au cours des dernières années, le président Chavez vient d’accorder d’importants contrats à des compagnies américaines. Mercredi 10 février au soir, le géant étatsunien a obtenu une concession dans la ceinture de l’Orénoque (une zone dont les réserves en brut sont évaluées à 513 milliards de barrils). M. Chavez a publiquement félicité son responsable des opérations africaines et latinoaméricaines, M. Ali Moshiri, pour avoir candidaté alors que Royal Dutch/Shell, Petrobras et Total s’étaient abstenues de candidater. Chavez en a profité pour inviter Obama à lui rendre visite. Repsol (Espagne) en consortium avec deux compagnies indienne et malaisienne est l’autre gagnant de la soirée sur un deuxième gisement de l’Orénoque. Le troisième n’a pas trouvé preneur.

Les investisseurs étrangers auraient été échaudés par la nationalisation en janvier des magasins appartenant à Exito une filiale du groupe français Casino au Venezuela, accusés de spéculer sur les prix des produits de consommation.


Les médias pro-Chavez publient en ce moment des enquêtes sur le groupe Casino.L’une d’elles montre que la multinationale française, en coopération avec USAID et le bureau des Nations Unies chargé de la répression du trafic de drogue (UNDOC), commercialise depuis 2009 des produits cultivés dans le Putumayo. Dans cette région USAID et UNDOC organisent des projets d’aide à des paysans supposés déplacés qui seraient en réalité, selon Aporrea, des paramilitaires subventionnés par le Département d’Etat américain. Un article de César Jerez en 2006 avaient montré que les "aides" d'USAID dans la région de Putumayo était ciblées pour contrer les FARC. Le président du groupe casino Jean-Charles Naouri, le 16 février dernier, a mis en valeur la Colombie comme pays parmi "les plus modernes et les plus développés des marchés d'Amérique latine"

Les paramilitaires colombiens (Autodefensas Unidas de Colombia ) ont mis en place une « filiale » vénézuélienne Autodefensas Unidas de Venezuela à l'origine de diverses opérations de déstabilisation du Venezuela depuis 2003-2004, et d'une infiltration de certains secteurs économiques à Caracas et à la frontière frontière des deux pays.

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18 février 2010 4 18 /02 /février /2010 07:43
balkans.jpgL'impérialisme des structures capitalistes occidentales s'exerce au sein de l'Union européenne sur les peuples qui pourtant à d'autres égards en tirent profit. Tel est le cas des Grecs en ce début d'année.

La Grèce a fait l'objet d'une offensive spéculative au début du mois de février. Certains hedge funds américains ont tenté de gagner beaucoup d'argent en pariant sur une explosion du prix des "credit default swap" (CDS)  grecs, jouant ouvertement sur la faillite de la Grèce. Le CDS du pays a bondi de 120 points de base en octobre à 419 le mardi 9 février. Ce qui signifiait que le marché évaluait à 29 % la probabilité que la Grèce fasse défaut dans les cinq ans à venir, selon la banque Natixis.

A titre de comparaison
, avec des finances publiques pourtant dégradées, le Roumanie affichait un CDS de "seulement" 265. Alors pourtant que son déficit public pour 2009 s'élevait à 12,7% du PIB (moins que la Grande-Bretagne et de l'Italie, et assez proche de celui de l'Espagne) les marchés financiers se sont polarisés sur ce pays, faute de confiance dans la capacité du nouveau gouvernement à redresser la situation économique du pays.

Réunis le 11 février à Bruxelles pour un sommet extraordinaire, les Vingt-sept membres de l'Union européenne craignant un risque de contagion à toute la zone commençait à inquiéter sérieusement les diplomates de tous bords, ont imposé à la Grèce une série de mesures d'austérité, analysée par les commentateurs comme une mise sous tutelle pure et simple, en attendant que ses finances se rétablissent. Chaque mois, Athènes devra d’ailleurs rendre compte à la Commission européenne, a confirmé le président français Nicolas Sarkozy.

Sur ordre de l'Union européenne, le ministre socialiste des finances a annoncé une batterie de mesures qui devrait aussi permettre d'économiser quelque 350 millions d'euros :  gel des salaires des fonctionnaires et des députés, octroi d'allocations exceptionnelles, entre 300 et 500, aux salariés qui perçoivent moins de 1700 euros, ainsi qu'aux retraités dont la pension est en deçà de 1100 euros ; prélèvement allant de 1000 à 3000 euros sur les hauts revenus situés dans une fourchette de 6000 à 150 000 euros.

Le blog eurocritique "La lettre volée" mentionne l'analyse qu'en fait une contribution de Marshall Auerback, spécialiste des marchés financiers sur le site New Deal 2.0 du Franklin and Eleanor Roosevelt Institute (qui compte le prix nobel Joseph Stiglitz parmi ses meilleures plimes). Sous le titre Greece signs its national suicide pact, son billet compare le soulagement de la Grèce après le "plan de secours" européen à celui d'un passant qui voit s'éloigner le braqueur qui vient de lui soutirer son portefeuille un revolver à la main. Non pas que l'Union européenne ait volé de l'argent à la Grèce, mais bien qu'elle lui a imposé un plan de règlement absurde ("the insanity of self-imposed constraints will be manifest to all soon enough").


De fait, pour Auerback, la Grèce vient de devenir une colonie franco-allemande, puisque ces deux pays ont tenu la plume du plan de règlement.

 

L'auteur renvoie à un autre billet, émanant d'un économiste australien qui a publié un ouvrage sur la politique économique européenne, le soin de mettre en pièces les règles absurdes du pacte de stabilité, cadre de la politique budgétaire européenne (It is often said that the European economies are sclerotic, which is usually taken to mean that their labour markets are overly protected and their welfare systems are overly generous. However,the real European sclerosis is found in the inflexible macroeconomic policy regime that the Euro countries have chosen to contrive). 

 

Donc, il est demandé à la Grèce de réduire de 4% son déficit public en 2010. Auerback écrit  : "c'est le genre de mesure qu'aucun pays souverain n'accepterait, mais la Grèce, comme le reste des pays membres de la zone euro, a délibérément choisi de s'asservir [enslave itself] à un paquet de règles sans aucun fondement théorique".

 

La Grèce n'ayant plus de politique budgétaire (sinon très fortement restrictive), ni de politique de change, ni de politique monétaire, va devoir comprimer ses salaires et écraser sa demande intérieure. Auerback : "c'est la recette pour un suicide national".

 

Conclusion de l'auteur : "le rejet arrogant de la part des technocrates européens de prendre en compte les inquiétudes de ceux qui se sentent menacés par l'engouement soudain pour une union politique et monétaire sans cesse plus étroite, sans aucun contrôle démocratique, ouvre la place à des politiciens populistes à la Jean-Marie le Pen, ainsi qu'à la montée des partis extrémistes dans toute l'Union européenne."

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2 février 2010 2 02 /02 /février /2010 02:57

Le 17 janvier dernier, la Haute Cour pénale irakienne - ex Tribunal spécial irakien, créé en 2003 par les autorités d’occupation - a condamné à mort en catimini Ali Hassan al-Majid dit "Ali le chimique" pour avoir ordonné le bombardement au gaz de la ville kurde de Halabja, le 16 mars 1988. Il a été pendu le 25. Ce bombardement a longtemps servi de mobile à l'administration Bush pour justifier sa guerre contre l'Irak, notamment lorsque celui des armes de destructions massive prêtait à caution. baghdad-bank.jpg

Un dossier sur france-irak-actualité.com rappelle que la bataille de Halabja a été provoquée par l’entrée au Kurdistan irakien d’une colonne de Gardiens de la révolution iranienne (Pasdarans), guidée par un groupe de peshmergas de l’Union Populaire du Kurdistan (UPK), le parti de Jalal Talabani, actuel président de la République, ce qui, en pleine guerre Iran-Irak, était un acte de trahison. "Arrivés près de la ville, explique ce blog, les Iraniens s’étaient emparé d’une garnison irakienne, et - selon le témoignage d’un ancien ambassadeur de France à Bagdad - égorgé les prisonniers et leur famille. A Téhéran, les mollahs organisateurs de cette opération, baptisée Val Fajr-10, savaient ce qui risquait de se passer ; les chefs de l’UPK probablement aussi. A chaque fois que les Iraniens perçaient dangereusement les lignes irakiennes, les gaz étaient utilisés pour les repousser. Malgré le danger, l’UPK avait ordonné à la population de Halabja de se rassembler pour accueillir leurs « libérateurs »." L’armée irakienne a utilisé du gaz pour annihiler l’offensive iranienne sur son territoire mais l’Iran est aussi accusée d’en avoir fait autant au cours de la bataille, et à Halabja précisément. Le 4 mai 1990, le Washington Post a résumé un rapport classifié de l'Army War College affirmant que l’interception par les Etats-Unis des communications échangées sur le champ de bataille désignait l’Iran comme l’auteur du bombardement au gaz de Halabja. Les Pasdarans croyaient que la ville avait été reconquise… Ce rapport, co-rédigé par le docteur Stephen Pelletiere, analyste de la CIA spécialiste de l’Irak, précisait que l’Irak ne possédait pas le type de gaz utilisé à cet endroit. Les conditions dans lesquelles le procès se déroulaient ne permettaiênt pas de faire la lumière sur cette affaire. Mais des rebondissements sont possibles. Le site kurde Rudaw.net a révélé qu’il y a deux mois, pendant l’assemblée plénière de l’UPK, Jalal Talabani a accusé son ancien n°2, Nawshirwan Mustafa -  aujourd’hui chef du Gorran (Changement), mouvement kurde d’opposition - d’être responsable du bombardement. Le 16 mars 2006, lors de la cérémonie anniversaire du massacre, la population de Halabja a incendié le monument qui le commémore.

L'ex-Vice-premier ministre irakien Tarek Aziz pour sa part qui a été condamné à 15 ans de prison a été hospitalisé d’urgence le 17 janvier sur la base américaine de Balad (ex Al-Bakr), près de Ramadi, suite à une nouvelle attaque cardiaque. Il aurait perdu l’usage de la parole. Sa famille n’a pu obtenir de nouvelles de son état de santé, ni des autorités américaines, ni irakiennes. Aucune ONG humanitaire occidentale ne se préoccupe de son sort. Son décès arrangerait les leaders occidentaux.

Les ex-baassistes ne sont pas les seules victimes d'une répression brutale sans respect de l'Etat de droit en Irak. Un millier d'hommes et de femmes, selon Amnesty International, sont en attente de l'exécution de leur condamnation à mort dans ce pays. Parmi elles, le collectif des Femmes irakiennes unies pour un Irak indépendant et unifié cite des condamnés de droit commun comme Samar Saed Abdullah accusée d'avoir tué son oncle et sa femme, mais qui dit avoir avoué sous la torture alors que l'auteur du crime serait son fiancé. Une campagne internationale est menée sur ce thème sur Stopwar.org.uk.


Dans ce pays où les multinationales se partagent la manne pétrolière, le bilan de la guerre et de l'occupation depuis  2003, est de 1,2 million de morts (y compris les pertes résultant des guerres civiles résultant du démantèlement des structures étatiques par les occupants occidentaux), un million de handicapés, 5 millions d'orphelins, 1 million de veuves.  Selon Oxfam : 92% des enfants irakiens souffrent de difficultés scolaires dues à des traumastisme, seulement 30% d'entre eux ont accès à l'éducation secondaire,180 hôpitaux en Irak sont dépourvus d'équipements de base. 4 millions d'Irakiens sont réfugiés refugees. Selon Transparency International, le gouvernement irakien est parmi les plus corrompus du monde. Les actions pour le jugement devant la justice internationale de Tony Blair, JM Aznar et George W Bush, D. Rumsfeld, D. Cheney, C. Rice etc. se poursuivent. En campagne électorale, Barack Obama avait promis de retirer les troupes américaines d’Iraq dans les 16 mois suivant son accession à la présidence. Avec Robert Gates, l’Amiral Mike Mullen et de nombreuses autres voix, il a ensuite décrit ce scénario comme étant simplement l’une des options envisageables. En février 2009, il parlait plutôt de 19 mois — le retrait des troupes devant être effectué en août 2010. Puis, le mois suivant, lors d’une discours à Camp Lejeune (Caroline du Nord), la date était reportée encore, cette fois à la fin 2011, qui est celle que l’administration Bush avait elle même retenue dans son accord avec le gouvernement de l’Iraq (le Status of Force Agreement, ou SOFA).Et déjà, l’administration Obama parle d’y laisser des "troupes de non-combattants" même après 2010 ou 2011...

F. Delorca

 

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Published by Atlasaltern - dans Proche-Orient
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