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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 14:57

Les États-Unis augmenteront leur participation militaire et leur engagement en Asie, particulièrement en Asie du Sud-Est, malgré les restrictions budgétaires, a annoncé le secrétaire à la défense Robert Gates le vendredi 28 mai, lors d'une conférence annuelle (II SS Shangri-La Security Dialogue) devant les hauts responsables militaires du Pentagone.

 

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Il a évoqué parmi les mesures prioritaires des mois à venir l'augmentation de la présence navale des États-Unis en Australie, le déploiement de navires de guerre à Singapour, y compris le nouveau bateau de combat littoral, et l'accélération du concept d'Air-Sea battle (une meilleure intégration de la Marine et de l'armée de l'air afin notamment de répliquer aux efforts de la Chine pour se donner les moyens de détruire les porte-avions étatsuniens qui patrouillent au large de ses côtes).

 

« Pris ensemble, tous ces développements démontrent l'engagement des Etats-Unis à soutenir une présence militaire robuste en Asie - une présence qui garantit la stabilité en soutenant et en rassurant des alliés tout en décourageant, et au besoin en mettant en déroute, les adversaires potentiels, » a déclaré Robert Gates. Son discours officiel toutefois s'abstient d'inclure explicitement la Chine parmi ces "adversaires potentiels", contrairement à ce qu'il avait fait lors de la précédente conférence en 2010.

 

Gates a cependant reconnu que la guerre en Irak et en Afghanistan avait affaibli l'appareil de guerre étatsunien et que la demande de Barack Obama de réduire de 400 milliards de dollars les dépenses militaires étatsuniennes dans les douze ans qui viennent compliquent les objectifs de renforcement des moyens offensifs des Etats-Unis en Asie.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 22:02

A la tête d'une coalition électorale Gana Perú (le Pérou gagne) regroupant le  Parti nationaliste péruvien (PNP) qu'il a fondé, le Parti communiste du Pérou, le Parti socialiste et le Parti socialiste révolutionnaire, l'ancien officier Ollanta Humala vient de remporter avec environ 51 % les élections présidentielles face à Keiko Fujimori.

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Il succède ainsi au social démocrate rallié au néo-libéralisme Alan Garcia. La presse conservatrice estime que Humala doit son succès au fait qu'il a pris ses distances avec Hugo Chavez, qu'il s'est engagé à ne pas faire entrer son pays dans l'Alliance bolivarienne pour les Amériques et qu'il souhaite plutôt s'inspirer du modèle brésilien, alors que sa proximité avec Chavez lui aurait fait perdre les élections de 2006.

 

Il n'en demeure pas moins que Humala, d’origine indienne (quechua), veut une redistribution des richesses au profit des régions andines, son programme prévoit également la nationalisation de secteurs stratégiques, et l'adoption d'une nouvelle constitution.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 20:52

Le chapitre dédié à l'Océanie dans l'Atlas alternatif  décrivait déjà en 2006 l'hégémonisme australien dans la zone. Il semble que cet hégémonisme s'inquiète de la montée en puissance de la Chine dans le Pacifique et que certains courants dans la classe politique australienne soient dans une logique de confrontation avec Pékin.

 

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En décembre dernier, Wikileaks révélait (avec le concours du Guardian) qu'en mars 2009 dans le cadre d'un entretien avec Hilary Clinton, l'ancien premier ministre australien Kevin Rudd (devenu en septembre dernier ministre des affaires étrangères) avait ni plus ni moins suggéré à l'actuelle Secrétaire d'Etat étatsunienne d' "utiliser la force" contre Pékin (au risque d'une confrontation nucléaire...) si la situation dégénérait et incité celle-ci à demander l'autonomie du Tibet. Le câble qui rend compte de cette  rencontre précise aussi que le programme d'acquisition de nouveau sous-marins d'attaque présenté par le gouvernement travailliste en 2008 visait directement à contrer la capacité de projection chinoise.

 

En septembre dernier la presse chinoise présentait des avis d'experts selon lesquels le nouveau premier ministre travailliste Julia Gillard pourrait être moins anti-chinoise que son prédécesseur Kevin Rudd. Mais en mars 2011 à Washington celle-ci a insisté sur l'importance de l'alliance stratégique avec les Etats-Unis, et le gouvernement de Camberra se montre plus interventionniste encore que Washington sur des dossiers comme la Libye ou la Syrie (l'Australie demande l'inculpation de Bachar el Assad devant la justice internationale), ce qui n'est pas précisément le signe d'une aptitude de ce pays à oeuvrer à la bonne entente entre les nations.

 

Néanmoins le Conseil d'affaires australien (Business council of Australia), qui regroupe les cent plus grandes entreprises australiennes, a rappelé contre les velléités protectionnistes du sénateur de droite Barnaby Joyce, que l'Australie aurait besoin des investissements chinois dans les années à venir et que les capitaux proviendraient dorénavant davantage d'Asie que des pays occidentaux. Cette interdépendance croissante sur le plan économique entre Pékin et Camberra pourrait malgré tout atténuer les humeurs bellicistes des travaillistes australiens.

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6 juin 2011 1 06 /06 /juin /2011 16:23

Le 6 juin la chaîne de télévision France 5 programmait la dernière diffusion du documentaire dérangeant "Zambie : à qui profite le cuivre ?" d'Audrey Gallet et Alice Odiot qui dévoile le système d'exploitation de la société de négoce Glencore (longtemps non cotée en bourse bourse pour échapper aux contrôles et basée dans le paradis fiscal du canton de Zoug en Suisse)  et les méfaits écologiques et humains qu'elle a provoqué en Zambie avec sa mine de cuivre Mopani  qui fonctionne au mépris des normes envrionnementales (pollution au dioxyde de soufre) et alors que la multinationale paie très peu d'impôts à la Zambie (voir le résumé dans la vidéo ci-dessous).

 

En avril 2011, cinq ONG (Sherpa, Déclaration de Berne, CTPD, Mining watch et l’Entraide missionnaire) ouvraient un procès à l'encontre de Glencore pour violation des principes de l'OCDE.

 

Le scandale fiscal est aujourd'hui le mieux connu. La société Mopani qui exploite le complexe minier du même nom (le second du pays) facturait son cuivre à 25 % seulement des tarifs du marché à la maison mère Glencore, privant ainsi l'Etat zambien d'une masse fiscale énorme. Dans un pays où les exportations de cuivre représentent 70 % des devises, on comprend ce que ce pillage pur et simple de matières premières a pu représenter comme manque à gagner pour le gouvernement zambien - le chiffre d'un manque à gagner de 700 millions de dollars de 2003 à 2008 pour le seul cuivre, sans compter le cobalt a été avancé.

 

Ce pillage a été encouragé par la banque européenne d'investissement (BEI), une institution liée à l'Union européenne et dont les gouvernements européens sont actionnaires, qui a joué aussi un rôle controversé au Congo, et qui a prêté 48 millions d'euros pour le développement de Mopani en 2005.

 

"Aujourd'hui gênée par cette situation, la BEI répète que l'outil qu'elle a financé (un des fours de la mine) « fonctionne et qu'il est moins polluant ». Ce que la banque ne dit pas, ce sont les intentions cachées de ce type de prêts. Alice Odiot décrypte :

« L'UE a besoin d'investir dans les mines afin de devenir client privilégié face à la concurrence des agences chinoises. Le cuivre s'épuise, alors qu'on en commande 10 kg par an par Européen, notamment pour les ordinateurs, les voitures… »" note Rue89 à propos du documentaire d'Audrey Gallet et Alice Odiot.

Malgré la publication par les Amis de la terre d'un audit (commandité par le fisc zambien à des cabinets norvégiens, Grant Thornton et Econ Pöyry mais qui aurait dû rester secret) sur les fraudes fiscales de Mopani l'an dernier, le ministre des finances zambien est resté silencieux, ce qui entretient le soupçon d'une corruption généralisée du régime du président Rupiah Banda par les compagnies minières.

 

La question de la corruption des pouvoirs occidentaux est aussi posée par ce reportage : de 1983 à 2001, le fondateur de Glencore Marc Rich figure sur la liste des des Dix Fugitifs les plus recherchés du FBI pour fraude fiscale aux USA. Le 20 janvier 2001, quelques heures avant que Bill Clinton quitte la présidence, un de ses derniers actes officiels est de grâcier Marc Rich. Cette amnistie présidentielle déclenche un scandale, amplifié lorsque l'on apprend que Denise Rich, ex-épouse de l'homme d'affaires, avait fait des dons d'un million de dollars au parti démocrate et à la fondation des Clinton.

 

Glencore est également en cause pour l'exploitation dans des conditions scandaleuses de deux mines au Congo (Katanga).

 

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 12:19

syrie.pngDans le prolongement du Printemps arabe de Tunisie, d'Egypte et du Yémen, la Syrie connaît depuis deux mois et demi une vague de contestation grandissante malgré la répression armée organisée par le régime de Bachar el-Assad.

 

Tout a commencé dans la ville de sunnite Deraa dans le sud du pays le 15 mars où quelques enfants d’une dizaine d’années qui avaient inscrit des slogans hostiles au gouvernement sur les murs de la ville ont été arrêtés. Des parents qui ont réclamé leur libération ont été arrêtés et humiliés. Le 18 mars une centaine de protestataires s'est assemblée et a incendié le palais de justice de la ville. La police a tiré sur la foule faisant un nombre indéterminé de  morts. Les manifestations et la répression se sont poursuivies, sans images fiables, la presse sur place étant interdite. Puis le mouvement s'est étendu.

 

Le 15 avril , jour de prière des militants des droits de l'homme ont signalé des manifestations à Damas, à Deir al-Zor (est), à Banias (ouest), à Lattaquié (nord-ouest), à Homs (ouest) et à Deraa.

 

Au lendemain de la promesse du président Bachar al Assad de lever l'état d'urgence, le 16 avril, des rassemblements appelant à la démocratisation du régime se sont poursuivis à Soueida. Le même jour à Alep, deuxième ville du pays située dans le nord-ouest, plusieurs centaines de personnes auraient scandé "Le peuple veut la liberté" sur la tombe du leader indépendantiste Ibrahim Hananou, selon un militant des droits de l'homme présent sur les lieux.

 

A Damas et dans d'autres villes des partisans du gouvernement eux manifestaient en soutien au régime le 17 avril en l'honneur de l'anniversaire de l'indépendance du pays.

 

Le 30 avril puis le 8 mai, l'armée syrienne entrait à Tafas dans le sud, la police étant apparemment débordée par l'insurrection. Elle menait aussi des opérations le 7 mai à Banias. L'agitation se poursuivait aussi à Homs, Hama et Qamishli.

 

A nouveau le vendredi 20 mai les forces de sécurité auraient tiré sur la foule à Homs (centre), à Maaret al-Naamane (nord-ouest), à Deraa, principal foyer de la contestation, à Daraya, et à Lattaquié. Dans la même semaine l'armée aurait bombardé Tall Kalakh à la frontière du Liban selon l'Agence Chine nouvelle.

 

Le 18 mai les Etats Unis et le lundi 23 mai les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé d'interdire de visa et de geler les avoirs du président syrien Bachar el-Assad, en raison de la répression du mouvement de contestation. Le 25 mai le Royaume Uni, la France, l'Allemagne et le Portugal  ont introduit un projet de résolution au conseil de sécurité de l'ONU pour condamner la violence, malgré le risque de véto de la Russie qui entretient une forte coopération militaire avec la Syrie.

 

Fin mars le président syrien a dénoncé l'existence d'un complot contre son régime.

 

La thèse d'une orchestration de la révolution syrienne par des puissances étrangères n'est pour l'instant pas vraiment étayée, mais les ingérences pour l'orienter et la récupérer ne sont pas absentes. Dès le jeudi 7 avril lors d'une soirée à l'United States Institute of Peace le président israélien Simon Péres avait appelé la "communauté internationale" à soutenir la "transition" politique en Syrie la décrivant comme la "meilleure chance" pour l'avenir de son pays.Deux semaines plus tôt Elliot Abrams, ancien conseiller de George W. Bush, dans le Washington Post appelait les Etats-Unis à faire de même.

 

Reste à faire la part de l'information et de la propagande dans ce domaine. 

 

Ainsi des rumeurs difficilement vérifiables existent sur la formation de bandes armées. Vers mi-avril, selon l'agence officielle Sana, les douanes syriennes auraient saisi des armes et des munitions cachées dans un camion en provenance d'Irak, au point de passage al-Tanaf, à la frontière syro-irakienne. Des armes qui devaient être introduites clandestinement en Syrie, auraient été également saisies aux frontières avec la Turquie et le Liban. Les médias syriens font état de snipers qui auraient dès le début entretenu le désordre à Déraa et à Banias malgré les efforts d'apaisement du gouvernement. Mais les informations sont difficiles à vérifier. Sur Internet circule le témoignage (diffusé dans certains milieux de gauche) d'une soi-disant religieuse "Mère Agnès-Mariam de la Croix" qui va dans ce sens, repris en boucle par divers sites anti-impérialistes. Elle fait notamment état du témoignage de personnes comme un certain "Alix Van Burren, reporter vétéran de la Repubblica" qui ne sont mentionnées nulle part ailleurs dans un autre contexte sur le Net, et déploie une argumentation politique si élaborée qu'il pourrait s'agir d'un faux - voir à ce sujet cet article. Le texte n'a d'ailleurs été repris sur aucun blog à l'étranger.

 

En revanche le rôle des Occidentaux dans la bataille de l'information est plus clair et mieux établi.

 

Le 20 mai un article de Vincent Jauvert dans le magazine français le « Nouvel Observateur » racontait comment l'animateur du principal site Internet d'opposition basé en Suède s'est rendu au Qatar à Doha pour discuter avec les patrons de la chaîne Al-Jazeera dans le cadre d'un voyage tenu secret.Selon cet article, ces dernières années, quelques dizaines de cybernautes ont suivi des stages de protection informatique à l’étranger pour déjouer les pièges des services de renseignements syriens. En Jordanie, par exemple, l’ONG irlandaise Frontline leur a expliqué comment effacer des données à distance, échanger secrètement des e-mails ou stocker des fichiers sensibles, notamment des vidéos.


Fin février, trois semaines avant la révolte de Déraa, le site Shaam News a ouvert aux Etats-Unis. Un certain nombre de ses membres auraient acheminé ces matériels clandestinement par les aéroports de province ou par les frontières de la Jordanie, du Liban et de la Turquie.

 

Selon le Washington Post ,qui se fonde sur des fuites de Wikileaks, la chaîne Barada TV, installée à Londres, qui a commencé à émettre en avril 2009 mais s’est étoffée pour couvrir la vague de protestations en Syrie est proche du Mouvement pour la justice et le développement, un réseau d’opposants syriens exilés. Le Département d’Etat américain a financé ce mouvement à hauteur de 6 millions de dollars depuis 2006.

 

L'historien italien Domenico Losurdo a récemment détaillé les techniques de manipulation des images qui auraient été déployées par ces agents occidentaux autour des manifestations.

 

En France, à l'initiative du publiciste idéologiquement proche des néo-conservateurs étatsuniens Bernard-Henri Lévy, un texte a été publié dans Le Monde du 25 mai 2011 sous le titre SOS Syrie, qui dénonce les crimes commis par le régime de Bachar al-Assad et appelle à la solidarité avec le peuple syrien dans sa lutte pour la liberté. Burhan Ghalioun, écrivain, professeur à la Sorbonne, Subhi Hadidi, écrivain et journaliste, et Farouk Mardam Bey, éditeur on dénoncé cette initiative comme "indécente" car provenante de personnes " comme Bernard-Henry Lévy, qui se sont toujours illustrées par leur hostilité aux revendications légitimes du peuple palestinien et par leur coupable complaisance pour la colonisation des territoires occupés, y compris le Golan syrien" et de gens "qui ont applaudi l'invasion américaine de l'Irak et qui ne se sont apparemment pas repentis en constatant ses tragiques conséquences". Ils reprochent à des élus socialistes comme MM. Rocard, Hollande et Delanoë d'avoir mêlé leur signature à ce lobby.

 

Ainsi, comme en Libye naguère, les tentatives d'instrumentalisation du mouvement populaire sont particulièrement actives autour de la Syrie en ce moment.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 16:53

usmarine.jpgTous les prétextes sont bons pour semer la terreur auprès de la majorité chiite au Bahrein en ce moment. Alors que l'élite issue de la minorité sunnite gère le pays sous le tutorat des Etats-Unis et a réprimé violemment avec l'aide des Saoudiens l'insurrection populaire de février dernier en l'accusant d'être manipulée par l'Iran, les députés de la faction sunnite salafiste Al-Asalah demandent au gouvernement d'inculper leurs collègues chiites du parti al-Wefaq pour haute trahison... Mais la trahison qu'ils reprochent à al-Wefaq  n'est pas liée à l'Iran. Ils accusent les députés de ce parti d'avoir rencontré des diplomates étatsuniens pendant la révolution. Ceci leur permet ainsi de stigmatiser les élus chiites à la fois comme pro-iraniens et pro-américains et demander l'interdiction de leur parti...

 

Les témoignages sur la brutalité de la répression de révolution du Bahrein sont de plus en plus circonstanciés.

 

Les atrocités commises dans les hôpitaux où l'on soignait les blessés, et les tortures infligées au corps médical de l'hôpital Salmanyia sont notamment une particularité que les médias occidentaux ont passé sous silence. Dans une dépêche d'une agence française, une médecin chiite raconte qu'elle a été interrogée par le police puis torturée : "Les yeux bandés et menottée, ce médecin qui a prétendu avoir toujours été apolitique, a dit avoir a été stupéfiée de recevoir une décharge électrique à la tête. Elle a été ensuite jetée sur le plancher, jambes vers le haut, et sévèrement battue sur les pieds avec ce qu'elle a senti être un câble électrique ou un tuyau." Sous la menace de viol elle a finalement accepté de signer une confession reconnaissant qu'elle a voulu le renversement du régime et a dû endurer une incarcération de 20 jours. D'autres médecins femmes ont enduré les mêmes humiliations. Les hommes arrêtés, eux, sont encore en prison sans qu'on puisse savoir quel traitement leur est réservé.

 

De nombreux élus et avocats chiites, et des responsables d'ONG ont été eux-aussi arrêtés et incarcérés dans des conditions très brutales. Le député Jawad Fairooz a vu trente hommes masqués armés de fusils mitrailleurs faire irruption chez lui dans la soirée du 2 mai et  il a été incarcéré. Mattar Ebrahim Mattar, autre député démissionnaire, a été enlevé et torturé. Même le député sunnite modéré du parti Waad Ebrahim Sharif a été arrêté.par un commando de quarante hommes masqués et violemment battu en prison. Tous étaient pourtant partisans de la monarchie constitutionnelle, à la différence du républicain Hassan Mushaima du parti Haq, rentré de son exil à Londres malgré son traitement contre le cancer, et qui lui aussi a été arrêté et incarcéré dans des conditions inhumaines.

 

L'éditorialiste du grand quotiden indépendant Alwasat Mansoor Al-Jamri et deux de ses collègues qui avaient appelé à des négociations entre le monarque et les manifestants ont été arrêtés eux aussi. Au total des centaines de personnes sont désormais derrière les barreaux (pour une population de moins de 700 000 habitants). Les étudiants ont dû signer un engagement à "ne pas organiser ou ne pas participer à tous événements et activités qui nuiraient à la réputation du Bahrain aux niveaux domestique et international ". Ceux qui refusent de signer sont exclus de l'université.

 

Les médias et les organisations de défense des droits de l'homme en Occident ne se sont guère mobilisés pour les victimes de la répression à Manama. A fortiori les gouvernements restent inertes. Le président américain Obama a critiqué verbalement la répression et notamment la destruction de plus d'une vingtaine de mosquées chiites en déclarant : " Les chrétiens coptes doivent avoir le droit de pratiquer leur religion librement au Caire, juste comme les Chiites ne doivent jamais avoir leurs mosquées détruites au Bahrein." Mais aucune sanction n'est envisagée. A Londres, le premier ministre James Cameron s'est même offert le luxe d'une poignée de main devant le 10 Downing Street le 20 mai avec le principal responsable de la répression, le cheikh Salman ben Hamad al-Khalifa en visite officielle. Sur le Bahrein la loi du silence reste de mise.

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29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 10:28

eruthrea.gifIl y a quinze jours l'Erythrée, pays politiquement incorrect de la Corne de l'Afrique (cf notre article de 2008), a fêté les 20 ans de son indépendance. A cette occasion son président a reçu les félicitations de divers pays notamment le Qatar... et la Biélorussie (comme le met en valeur le site Dehai.org).

 

Mais cette anniversaire est marqué par un regain des menaces d'ingérence étrangère.

 

En effet, l'ennemi déclaré de l'Erythrée, le chef du gouvernement éthiopien (lourdement armé par les Occidentaux et Israël) Meles Zenawi a déclaré ouvertement le 4 avril qu'il entendait "aider le peuple érythréen à renverser le régime dictatorial" qui le gouverne. Il accuse Asmara, en alliance avec l'Egypte, de financer le Front de libération de l'Oromo, le Front de libération de l'Ogaden sur son territoire et les milices islamistes Shebab en Somalie, dans le cadre de la vaste bataille qui se déroule pour le contrôle du bassin du Nil. Le parti d'opposition érythréen Mouvement démocratique de libération des Erythréens Kunama s'est réjoui de cette déclaration. Huit jours plus tard le ministre éthiopien de la défense a même parlé de renverser par la force le gouvernement d'Asmara (alors qu'une guerre entre les deux pays a déjà fait 80 000 morts).

 

Par ailleurs depuis 2009 l'Erythrée est sous le coup de sanctions internationales (gels d'avoirs financiers, restriction de visas pour les officiels, embargo sur les ventes d'armes) du fait de son soutien aux milices somaliennes. Une ONG pro-érythréenne basée aux Etats-Unis (Erithrean Americans against unjust Sanctions) dans un rapport récent dresse l'historique de l'hostilité des Britanniques et des Américains à l'égard de l'Erythrée depuis l'époque coloniale, de leur parti pris pro-éthiopien, et détaille les informations mensongères - selon elle - qui auraient conduit l'ONU à croire à une ingérence érythréenne en Somalie pour légitimer les sanctions.

 

Un incident a encore aggravé les relations entre Asmara et les Occidentaux.

 

En décembre dernier quatre hommes lourdement armés de nationalité britannique ont été arrêtés dans les eaux territoriales de l'Erythrée. Au moins un d'entre eux travaille pour "Protection Vessels International", une compagnie britannique de protection des navires en mer. Cette arrestation empoisonne les relations avec Londres car Asmara leur refuse la protection consulaire. Londres a pris à titre de représailles des mesures contre les diplomates érythréens.

 

Le président éythréen Isaias Afewerki ne se laisse pas pour autant impressionner. Le 8 mai 2011 dans une interview à la chaîne de télévision d'Etat Al-Shorooq, il n'a pas hésité à dénoncer la sécession du Sud-Soudan comme le résultat d'une ingérence occidentale (à l'heure où un conflit se développe entre les deux Soudans autour de la région pétrolière d'Abyei). Il a aussi critiqué l'accord de paix imposé par les puissances étrangères au Darfour et appelé les Soudanais du Nord à rester unis et à règler ce litige par eux-mêmes. Pour limiter les effets de l'ingérence internationale, le ministre des finance érythréens a annoncé quant à lui qu'il limiterait les programmes d'aide de l'ONU dans le pays au strict nécessaire - car beaucoup lui paraissent contreproductifs -  et contrôlerait toutes les relations des agences de l'ONU avec les ressortissants érythréens.

 

Malgré les difficultés politiques l'Erythrée, pays très pauvre, affiche quand même le quatrième taux de croissance en Afrique cette année.

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28 mai 2011 6 28 /05 /mai /2011 07:51

Au moment même où au sommet du G8 à Deauville le président russe Medvedev se ralliait à la politique occidentale pour renverser le colonel Kadhafi en Libye, il poursuivait avec la Biélorussie un bras de fer en vue d'obtenir d'elle qu'elle brade ses entreprises d'Etat.

 

La Biélorussie traverse une tempête financière depuis quelques mois.

 

Dans son dernier rapport publié en janvier, le Fonds monétaire international (FMI) s'est alarmé du niveau du déficit courant du Bélarus, qui s'est élevé à 16% du Produit intérieur brut (PIB) en 2010 et est l'un des plus élevés au monde.

En mars, l'agence de notation financière Standard & Poor's (S&P) a abaissé d'un cran sa note d'endettement à long terme du Bélarus, de "B+" à "B", faisant craindre un défaut de paiement.

 

En avril le gouvernement biéorusse a dû laisser flotter sa monnaie puis s'est tourné vers Moscou pour obtenir un crédit de 3 milliards de dollars. Minsk a déjà dû solliciter à Moscou ce genre de crédit et a longtemps reproché à la Russie de ne pas créér la zone de libre-échange de la Communauté des Etats indépendants promise depuis longtemps grâce à laquelle les anciens membres de l'URSS dépendraient moins des politiques du FMI.

 

Moscou a conditionné son prêt à la privatisation partielle ou majoriatire des principaux fleurons de l'industrie biélorusse (pétrochimie, fertilisants, industrie automobile), tandis que l'Occident de son côté imposait des sanctions à l'encontre des transactions et les déplacements des officiels biélorusses à la suite des élections présidentielles de décembre dernier.

 

De plus en plus acculée par la Russie, la Biélorussie essaie d'autres formes de partenariat, avec le Vénézuela notamment. Le 5 mai dernier, elle organisait même une conférence à la bibliothèque nationale de Minsk sur les moyens d'une coopération avec l'Europe occidentale qui lui permettrait de conserver son modèle économique socialisant.

 

Outre les difficultés économiques, la Biélorussie affronte des difficultés politiques importantes. Le 11 avril dernier un attentat a coûté la vie à 13 personnes dans le métro de Minsk. Le 27 mai, le président biélorusse Alexandre Loukachenko a annoncé vendredi l'éventuelle mise à pied de certains médias étrangers dans le pays, et tout particulièrement russes, les accusant d'attiser les tensions au sein de la société et d'avoir entretenu la panique financière en avril. Parallèlement  le lundi 23 mai à Bruxelles, le Conseil des ministres des Affaires étrangères de l'Union européenne a décidé d'imposer une interdiction de visa et un gel des avoirs à l'encontre de 13 nouvelles personnes, dont des juges qui viennent de condamner à des peines de prison les opposants politiques accusés d'avoir saccagé le siège du gouvernement après les élections présidentielles le 19 décembre dernier.

 

La Biélorussie est le seul pays européen à faire partie du Mouvement des non alignés. Elle est aussi le seul à ne pas être membre du Conseil de l'Europe notamment du fait qu'elle n'a pas aboli la peine de mort.

 

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 20:08

800px-map_non-aligned_movement.pngLa 16ème conférence ministérielle du Mouvement des non alignés (MNA) s'est tenue à Bali en Indonésie le 25 mai à l'occasion du cinquantième anniversaire du mouvement, une réunion symbolique dont les observateurs ont supposé que l'Indonésie pourrait l'utiliser pour appuyer sa volonté d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité de l'ONU comme porte-parole des pays du Sud.

 

A cette occasion le ministre cubain des affaires étrangères a dénoncé le détournement des résolutions des Nations-nies par les Occidentaux en Libye. Le débat sur la guerre de Libye a débouché sur une déclaration commune manifestant la préoccupation des participants pour les victimes des guerres "y compris celles autorisées par le Conseil de sécurité" de l'ONU. Le ministre algérien a souligné l'importance du multilatéralisme et de questions pendantes comme le Sahara occidental et les territoires palestiniens occupés.

 

Le 26 mai une commission ministérielle du MNA devait se réunir spécialement sur la Palestine. En font partie l'Afrique du Sud, l'Algeria, le Bangladesh, la Colombie, Cuba, l'Egypte, l'Inde, l'Indonesie, la Malaisie, la Palestine, le Senegal, la Zambie et le Zimbabwe

 

En marge de ce sommet les ministres des affaires étrangères iranien et égyptien (deux pays qui n'entretiennent plus de relations diplomatique depuis 1979) se sont rencontrés pour rapprocher leurs points de vue (l'Egypte, actuelle présidente du MOAL, ayant sensiblement amélioré ses relations avec Téhéran depuis le renversement d'Hosni Moubarak). L'Iran accueillera la prochaine réunion des ministres du MNA.

 

Les îles Fidji (qui viennent de signer leur premier contrat d'exploitation de mine avec la Chine pour de la bauxite) et l'Azerbaïdjan viennent de rejoindre les non-alignés, signe de l'attraction que continue d'exercer ce forum dans les pays du Sud. Les participants du MNA ont signé une déclaration commune pour développer la coopération sud-sud en lien avec le G77 et la Chine (qui était présente à ce sommet), dans le cadre d'une "vision commune de la contribution du Mouvement des non alignés dans les 50 ans qui viennent" (Shared Vision on the Contribution of NAM for the Next 50 Years). Outre les 120 membres du MNA, étaient présents 18 pays observateurs (comme l'Argentine, la Bosnie, Brazil, la Chine, la Serbie, le Mexique et l'Ukraine), 10 organiations observatrices (Union africaine, ONU, Organisation de la conférence islamique etc), 26 pays hôtes (dont les USA, la Russie et le Japon), et 23 organisations hôtes (UNIDO, UNESCAP, ICRC etc).

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 17:46

L'ancien chef des forces serbes de Bosnie le général Ratko Mladic, recherché depuis quinze ans par le "tribunal pénal intenational" pour l'ex-Yougoslavie (TPIY - un tribunal ad hoc créé par le Conseil de sécurité de l'ONU auquel une certaine partialité a souvent été reprochée) a été arrêté hier à 80 km au nord de Belgrade. Cette arrestation figurait au nombre des conditions posées par les Occidentaux pour l'adhésion de la Serbie à l'Union européenne.

 

Le général Mladic est accusé d'avoir planifié le génocide de 7 000 à 8 000 civils musulmans bosniaques dans l'enclave de Srebrenica à l'Est de la Bosnie (au coeur de la zone serbe) pendant la guerre civile bosniaque. Le 7 juillet 1995 profitant du retrait des casques bleus hollandais qui protégaient la ville (et selon certains, au terme d'un possible accord de non intervention aérienne avec la Forpronu qui venait de récupérer des soldats-otages quelques jours plus tôt ), l'armée l'Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) commadée par Mladic faisait son entrée à Srebrenica. Les femmes et les enfants étaient envoyés par autobus dans la partie musulmane de la ville. Les hommes auraient été systématiquement massacrés pendant plusieurs jours, justifiant l'accusation de "génocide" et "crime contre l'humanité".

 

Ces meurtres s'expliqueraient selon les partisans de l'ex Armée de la République serbe de Bosnie (VRS) par le climat de guerre civile qui régnait dans la région. Le chef de guerre musulman Naser Orić  qui dirigeait l'armée musulmane à balkans.jpgSrebrenica aurait lui-même tué des centaines de civils serbes et fait régner la terreur dans la zone en 1992-93. Il a été acquitté par le TPIY en 2008. Pour les Occidentaux et les Musulmans de Bosnie il s'agirait d'une opération de nettoyage ethnique "à froid" (ce qui la distinguerait par exemple des massacres commis par les Américains à Faludjah en 2004).

 

L'arrestation de l'ex-général Mladic a été saluée en Serbie par les partis européistes comme le parti libéral démocrate. Le parti radical serbe (nationaliste) dont le leader V. Seselj est jugé par le TPIY en ce moment a annoncé qu'il organisera une manifestation de protestation - mais sans garantie que la police l'autorise. Le parti progressiste de M. Nikolic, issu d'une scission du Parti radical s'est pour sa part tenu dans une posture plus modéré manifestant seulement les "questions" que lui inspire cette arrestation à un moment où l'Union européenne fait pression pour un dialogue entre Belgrade et Pristina.

 

En République serbe de Bosnie (Republika Srpska, une entité fédérée issue des accords de Dayton), le président social démocrate Milorad Dodik s'est félicité de cette arrestation.

 

La République serbe de Bosnie est régulièrement menacée par des propositions occidentales de la supprimer purement et simplement.

 

En mars dernier, une nouvelle illustration du "deux poids deux mesures" de la justice internationale pro-occidentale à l'égard de cette entité avait été révélée par la libération de Jovan Divjak. Cet ancien général d'origine serbe qui avait dirigé l'armée musulmane à Sarajevo était recherché pour avoir fait tirer sur des recrues serbes désarmées au moment où celles-ce se retiraient de la ville en 1992. Arrêté en Autriche le 3 mars dernier il avait été libéré six jours plus tard contre une caution de 500.000 euro, payée par le canton de Sarajevo et la fondation Pravda (Justice). Cette libération a fini de convaincre les Serbes de Bosnie que les présumés criminels de guerre musulmans et croates ne seraient jamais traités sur un pied d'égalité avec les criminels de guerre serbe. La crise politique provoquée par cette affaire en République serbe de Bosnie décida début avril l'assemblée nationale de cette entité à soumettre à référendum un projet tendant à soustraire la partie serbe à la juridiction du système judiciaire de Bosnie accusé de n'avoir jamais jugé de criminels de guerre de la partie musulmane et de n'avoir pas, en l'occurrence, agi pour l'extradition de Divjak.

 

Les Occidentaux ont immédiatement menacé la République serbe de sanctions si le projet de référendum venait à se réaliser. Milorad Dodik a dû renoncer au projet de référendum  après sa rencontre avec la représentante de l'Union européenne Catherine Ashton. De retour des Etats-Unis où il avait présenté son rapport devant le Conseil de sécurité des Etats-Unis, le haut représentant des Nations-Unies, l'autrichien Valentin Inzko, n'avait pas hésité à menacer de "destituer" le président élu par les Serbes.

 

L'arrestation de Mladic s'est accompagnée de manifestations de solidarité en République serbe de Bosnie et pourrait entretenir le sentiment de persécution qui prévaut dans cette entité.

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Published by Atlasaltern - dans Balkans
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