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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 11:23

darfour.jpgLe ministre nigérien des Affaires étrangères, Mohamed Bazoum, a déclaré à l’issue de la première journée de Conférence internationale sur le Sahel hier que le conflit libyen a transformé la région en une "poudrière".

 

Selon «Sahel Intelligence», la direction de la protection de la sécurité du ministère français de la Défense, a reconnu dans une note du 18 juin dernier que «des armes sensibles, y compris des missiles mobiles terre-air puisés dans les arsenaux de guerre du régime libyen ont été acheminées vers le Mali à travers le territoire algérien». Les services algériens en auraient averti la France dès le mois de mars. L'inquiétude se portait notamment sur un lot de missiles "Sam7 abandonné à ciel ouvert par l´armée de Kadhafi avait été acheminé depuis Benghazi vers le Nord du Mali, via le Tchad, apparemment avec la complicité des insurgés libyens, car la frontière algérienne était des plus surveillée par les unités spéciales de l´armée algérienne (ANP) et de la gendarmerie" (source  Algérie 360) .Le directeur du bureau de l´Officie international des migrations de l´ONU de Nouakchott, l´Américain Richard Ots, a confirmé à son tour récemment qu’Aqmi (Al Qaida Maghreb) a acquis en Libye non seulement des Sam 7 russes mais également des missiles américains de type Stinger dont sont dotées les armées de l´OTAN. Ces missiles pourraient menacer les avions militaires de l'OTAN mais aussi les avions civils maliens et nigériens. Le 5 juillet l'Aqmi a attaqué la caserne de Bassiknou se trouvant en Mauritanie à 45 km de la frontière malienne avec des armes moins sophistiquées que les Sam7 dont les islamistes seraient encore en train d'apprendre le maniement (ibid).

 

En début de semaine les nouvelles autorités libyennes ont confirmé que 200 voitures environ étaient passées au Niger. Au Niger, une source militaire a affirmé avoir "vu un convoi inhabituel et impressionnant de plusieurs dizaines de véhicules entrer à Agadez en provenance d'Arlit, une cité minière proche de la frontière algérienne, et se diriger vers Niamey par la route", témoignage qui a été corroboré par d'autres sources. On ignore quel rôle ces partisans de Kadhafi sont susceptibles de jouer au Nord du Niger (les déclarations officielles se sont bornées à signaler que l'ex-guide de la révolution libyenne n'était pas parmi eux). Selon les aveux de soldats de Kadhafi arrêtés il y a huit jours près de Beni Walid il existait un plan d'exfiltration de Kadhafi et des millions de dollars dont il dispose encore vers le Fezzan (Sud de la Libye qu'il contrôle toujours) voire vers le Niger d'où l'ex-leader libyen pourrait s'allier soit aux islamistes (actuellement en conflit avec les ex-dignitaires kadhafistes du Conseil national de transition libyen), soit plus sûrement avec les Touaregs toujours fidèles à Kadhafi pour entretenir la résistance. Ceux-ci font l'objet de persécutions racistes par le CNT au pouvoir à Tripoli. Selon  El Watan, "dans un communiqué rendu public hier, le coordinateur du Mouvement touareg pour la Libye, Ishaq Ag Al Husseyni, fait état «de chasse aux Touareg et d’exécutions» par les rebelles au lendemain de la prise de Tripoli, qui ont suscité «des fuites collectives vers la frontière algérienne».Tous les Touaregs du Sud libyen auraient fui vers l'Algérie." Un important groupe, dont des femmes et des enfants, ayant fui la région de Oubari, a été signalé au village de Tarat, non loin de la frontière avec Illizi. «Elles sont dans le dénuement le plus total, vivant une situation des plus dramatiques. Privées de tout, sans aucun soutien, elles ne peuvent ni rebrousser chemin, de peur de subir des représailles, ni avancer vers l’Algérie, qui a refusé de les accueillir…»"

 

Le 8 septembre, les autorités nigériennes (qui ont reconnu le nouveau pouvoir libyen le 30 août) ont décliné la demande du CNT qui les priait de fermer les frontières du pays, en invoquant l'impossibilité pour eux de la protéger.

 

La tenue de la Conférence internationale sur le partenariat, la sécurité et le développement entre les pays du Sahel (Algérie-Mali-Mauritanie-Niger) à Alger hier, avec la participation de 38 délégations,dont les Etats-Unis, la France, la Russie, la Chine et le Royaume-Uni semble confirmer l'importance accordée par les Occidentaux de se coordonner avec l'Algérie, qui avait pu passer pour un un pays dans le collimateur après la victoire de l'OTAN à Tripoli. Selon l'expert Samuel Benshimon de  Sahel Intelligence, c'était le but recherché par les autorités algériennes soucieuses de "détourner l’attention de l’opinion publique interne, après les déboires accumulés par la diplomatie algérienne dans la crise libyenne", et notamment leur participation en juillet aux côtés de l'Afrique du Sud à des négociations en vue de la livraison d'armes chinoises au colonel Kadhafi.

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 15:59

800px-map_non-aligned_movement.png600 diplomates (de plus d'une centaine de pays) et 178 journalistes étaient rassemblés à Belgrade lundi dernier 5 septembre pour fêter les 50 ans du Mouvement des non-alignés (MNA) dont le premier sommet s'était tenu dans cette ville du 1 au 6 septembre 1961.

 

Les membres du MNA se sont réunis pendant deux jours dans les locaux du parlement serbe, en présence du président Tadic, de son ministre des affaires étrangères et d'autres membres de son gouvernement, des ministres des affaires étrangères slovène, bosniaque et monténégrin, d'un secrétaire d'Etat croate et d'un ministre adjoint macédonien. Le dernier ministre des affaires étrangères de la Yougoslavie des années 1980, le croate Budimir Loncar, a pris la parole au cours de cette réunion.

 

Le ministre des affaires étrangères égyptien Mohamed Kamel Amr, dont le pays préside le MNA en ce moment, dans son discours introductif a souligné l'actualité des principes du Mouvement des non-alignés et appelé toutes les Républiques ex-yougoslaves à reconnaître l'Etat de Palestine et à voter dans ce sens lors de la prochaine session des Nations-Unies le 19 septembre prochain. La majorité des membres du MNA reconnaît déjà l'Etat de Palestine. Ce fut le sujet le plus politique de la conférence. Le ministre des affaires étrangères serbe a reconnu qu'il n'était pas prévu au départ qu'il soit inscrit à l'ordre du jour, mais il semble que l'Egypte ait fait un peu le "forcing" sur ce dossier, ce qui n'est pas allé sans embarrasser les Serbes qui ont de bonnes relations avec Israêl.

 

Le secrétaire d'Etat aux affaires étrangères cubain Abelardo Moreno Fernandez à la tribune a regretté l'inaction des Non-alignés face à la "manipulation du Conseil de sécurité" par les Occidentaux dans l'affaire libyenne. Son homologue iranien Mohammad Mehdi Akhondzadeh a critiqué, pour sa part, "une intervention et une politique arrogante" des Occidentaux en Afrique du Nord et au Proche-Orient.

 

Les pays européens présents étaient la Hongrie, la Finlande, l'Espagne et Chypre (qui fut avec la Yougoslavie le seul pays européen membre des Non-alignés en 1961).

 

L'initiative du président serbe Boris Tadic de commémorer les 50 ans du MNA à Belgrade a fait l'objet de critiques de la part d'atlantistes qui la jugeaient incompatible avec la candidature de la Serbie à l'entrée dans l'Union européenne. Le ministre des affaires étrangères Vuk Jeremic a cependant précisé que la Serbie resterait membre observateur et n'adhèrerait pas au MNA (en Europe seule la Biélorussie en est membre titulaire). Le président serbe dans son allocution devant le MNA a souligné la nécessité de prendre en compte l'avis de la majorité des nations de la planète que représente le MNA pour la prise des grandes décisions de notre temps, et l'engagement de son pays dans cette direction. Le petit fils du maréchal Tito, Joska Broz, fondateur du nouveau parti communiste serbe en 2010 (une fusion de trois partis d'extrême gauche), qui n'a pas été invité à ce sommet, a qualifié l'attitude de la Serbie d'hypocrite puisqu'elle peut la même année organiser une réunion avec l'OTAN et une avec le MNA. Beaucoup estiment que Belgrade cherchait surtout à endiguer la nouvelle vague de reconnaissance du Kosovo par des pays du Sud (le Bénin, la Guinée, le Niger et Sainte-Lucie cet été) et s'ouvrir des marchés dans le Tiers-monde à l'heure où ses produits ne sont plus compétitifs en Europe.

 

La ministre des affaires étrangères d'Afrique du Sud Maite Nkoana-Mashabane (qui dans son discours a surtout parlé de la prochaine conférence de l'ONU à Durban sur le changement de climat) a exprimé devant les médias à cette occasion sa volonté de renouer les liens entre son pays et le peuple serbe (ce qui s'est traduit par la signature d'un protocole de consultation mutuelle avec Belgrade), et beaucoup de représentants des pays du Tiers-Monde ont manifesté leur attachement au souvenir de l'engagement de la Yougoslavie de Tito à leurs côtés ainsi que le rôle du MNA dans la stabilité des pays du Sud. Le dernier sommet des non-alignés à Belgrade remontait à 1989, juste avant l'éclatement de la Yougoslavie. Le leader libyen Mouammar Kadhafi à l'époque était venu avec des chameaux dont il avait fait don au zoo de Belgrade.

 

La rencontre comme à l'accoutumé a permis diverses discussions bilatérales Sud-Sud (par exemple entre le Vietnam et la Tunisie, et le Vietnam et l'Angola).

 

 

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 14:29

turkey flagAprès le refus d'Israël de présenter ses excuses et d'indemniser les familles des victimes turques suite au massacre de militants pacifistes de la flottille pour Gaza l'an dernier, le gouvernement turc a annoncé de nouvelles sanctions à l'encontre d'Israël, dont l'une consistera à renforcer la présence militaire turque dans l'Est de la Méditerranée, ont annoncé jeudi les médias turcs.Le 7 septembre dernier, le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, avait annoncé la décision d'Ankara de geler toute coopération militaire avec Israël, de fermer l'espace aérien turc à l'armée israélienne et de saisir la Cour internationale de Justice (CIJ), tandis que les liens diplomatiques étaient réduits au strict minimum.

 

La politique turque du parti AKP, parfois qualifiée de "néo-ottomane" en ce qu'elle cherche à regagner une influence sur les territoires de l'ancien empire ottoman, a rendu quelques services aux occidentaux ces derniers temps. Ankara a par exemple condamné la répression en Syrie et soutenu le Conseil national de transition en Libye contre le colonel Kadhafi,  ce qui devrait lui permettre aujourd'hui de jouer un rôle dans ce pays apparemment voué à connaître des troubles durables (résistance kadhafiste, et division au sein du CNT et entre les tribus).

 

Mais elle a aussi su prendre ses distances avec les Etats-Unis à plusieurs reprises depuis 2003 (où elle avait refusé de mettre à disposition ses bases pour l'invasion de l'Irak). En 2009 le président Recep Tayyip Erdogan s'était opposé à l'inculpation du président du Soudan par la Cour pénale internationale pour génocide. En ce qui concerne les relations turco-iraniennes les échanges commerciaux entre les deux pays ont été multipliés par dix en 9 ans dans les années 2000 et Ankara souhaite que la question du programme nucléaire iranienne soit traitée sur le même plan que celle de l'arme nucléaire israélienne, ce qui aux yeux de Washington affaiblit la position occidentale en faveur du désarmement iranien. Elle tient aussi un langage commun avec la Russie sur la question du dialogue avec le Hamas en Palestine.

 

Erdogan a annoncé hier qu'il se rendra en Egypte, en Libye et en Tunisie. En Israël des craintes s'expriment selon lequelles la Turquie pourrait influencer ces trois pays dans un sens défavorable à ses intérêts. Le ministre de la défense israélien Ehoud Barak s'est dit persuadé que la Turquie et Israël ne deviendront pas des ennemis et que cette crise n'était que passagère.

 

Ce durcissement intervient en tout cas à un moment où Israël est mis en difficulté par la perspective d'un vote de reconnaissance de l'Etat palestinien à l'Assemblée générale des Nations-Unies, une reconnaissance qui, note le quotidien  Haaretz, pourrait entraîner notamment l'inculpation des dirigeants isréaliens devant la Cour pénale internationale de La Haye pour crime de guerre, du fait de l'occupation illégale de la Cisjordanie. Les membres du congrès pro-israéliens à Washington sont en tout cas sur le pied de guerre. La présidente de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants Ileana Ros-Lehtinen (une républicaine liée au lobby cubain d'extrême droite de Miami) a demandé au président Obama d'user de son droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU sur ce sujet et présenté un projet de loi prévoyant que les Etats-Unis couperont toute contribution financière aux organes des Nations unies, si l'Assemblée générale accordait (à la majorité requise de 129 voix) à la Palestine même un simple statut de "non-membre" comparable à celui du Vatican.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:48

Copie-de-gas-20pipeline.jpgLe leader de la Corée du Nord ne se déplace jamais à l'étranger, sauf en Chine régulièrement et en Russie tous les dix ans. Son déplacement en Sibérie au début de cette demaine a donc suscité de nombreuses interrogations.

 

Depuis les agressions occidentales contre la Yougoslavie, l'Afghanistan, l'Irak, la Côte d'Ivoire et la Libye, la Corée du Nord sait désormais que l'arme nucléaire est sa seule garantie de sécurité. Obtenir qu'elle y renonce par des voies diplomatiques semble donc improbable.

 

Pourtant les incidents avec une Corée du Sud (elle aussi de plus en plus belliqueuse) se multiplient, comme on l'a vu avec l'affaire de la frégate Cheonan et le bombardement de l’île sud-coréenne de Yeonpyeong.

 

Comme le souligne Fedor Loukianov dans  Ria Novosti, la Russie aujourd'hui opte pour un nouveau moyen de réintégrer la Corée du Nord dans le concert des nations : la construction d’un gazoduc reliant la Sibérie et le Sud de la péninsule de Corée. Cela changerait le statut de Pyongyang. qui se retrouverait dans la position adoptée par l’Ukraine à l’égard de la Russie, et par la Géorgie à l’égard de l’Azerbaïdjan, tout en profitant non seulement du gaz, mais également des revenus pour le transit. Le 4 juillet une délégation de Gazprom a rencontré le ministre nord-coréen des hydrocarbures à Pyongyang. La Corée du Nord qui connaît un problème chronique d'approvisionnement énergétique a lancé par ailleurs une coopération avec la Chine sur les énergies renouvelables, notamment la géothermie.

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 12:47

Libya.png

Le 20 juillet une délégation de rebelles de Misrata (une ville située dans l'ouest du pays, clé pour le contrôle de Tripoli) s'est rendue en France pour demander plus d'armes. Celle-ci a procédé à des livraisons dans le djébel Nefoussa en violation des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies et les conseillers militaires occidentaux ont joué un rôle clé dans la coordination des opérations.


Après la chute de Misrata, l'OTAN (guidée par les drones américains Prédator) a intensifié ses frappes, mis à disposition des bateaux pour conquérir Tripoli par la mer. les hélicoptères de combat français et britanniques ont protégé les rebelles face aux contre-attaques des forces loyalistes. Les agents infiltrés par la France à Tripoli via la Tunisie auraient joué un rôle important dans la chute de la capitale, de même que les armes fournies par le Qatar (cf l e Nouvel Observateur).

 

Le mercredi 17 août Zaouia à 50 km de Tripoli est tombée. Le dimanche 21 août les rebelles libyens sont entrés à Tripoli. Le mardi 23, le QG du colonel Kadhafi était investi par les insurgés.

 

Selon le témoignage d'un mercenaire croate loyaliste les troupes de Kadhafi étaient d'un niveau militaire assez faible. Les insurgés eux étaient militairement encore pires. Les désertions dans l'armée loyaliste ont été très nombreuses à partir de juillet, notamment des officiers de l'ex-armée yougoslave, et des mercenaires sud-africains. Le style de vie de Kadhafi dans son bunker, les divisions entre ses fils, et la peur de la défaite finale face à l'OTAN auraient pesé lourdement dans leur choix.

 

La prise de Tripoli aurait provoqué la mort de nombreux civils sur laquelle la presse dominante reste silencieuse, mais aucun chiffre probant n'a été avancé sur ce point. Le gouvernement libyen a parlé de 1 300 morts "des deux côtés" (donc surtout des militaires) lors de la première journée de combats dans la ville. Les hôpitaux de la capitale sont en tout cas saturés de blessés.

 

Selon des journalistes indépendants sur place cités par  Russia Today et d'autres sources,  l'OTAN et les insurgés auraient tenté de les éliminer.

 

Le 22 août le représentant du CNT auprès de la Ligue arabe Abd el-Menem el-Honi s'est engagé à ce qu'il n'y ait aucune base de l'OTAN sur le sol libyen. Mais la privatisation du pétrole et des services publics libyens au profit des grandes multinationales est visiblement à l'ordre du jour. Selon un article de Kevin Gosztola, dans The Dissenter, Wikileaks a révélé que des câbles diplomatiques depuis l'époque Bush manifestent l'intérêt des majors américaines pour les immenses réserves d'hydrocarbures libyen. Selon Gosztola, Ali Al-Issaoui ministre de l'économie libyenne avait par ailleurs étudié en 2008 la possibilité d'une privatisation du secteur de la santé et de celui du logement, tout en reconnaissant que cela diminuerait le niveau de vie des plus pauvres. Aujourd'hui Al-Assoui est Chargé des relations extérieures du Conseil national de transition... Le responsable d'une compagnie pétrolière libyenne entre les mains des rebelles a en tout cas fait savoir que pour ce qui concerne les puits déjà privatisés ils pourraient être réattribués aux Occidentaux au détriment des Russes, des Chinois et des Brésiliens hostiles à l'ingérence de l'OTAN.

De nombreux pays après la chute de Tripoli ont reconnu le CNT (notamment la Ligue arabe le 25 août et la Chine).

 

kadhafiLa tête du colonel Kadhafi en fuite, comme avant lui celle de Saddam Hussein, a été mise à prix. Son porte parole Moussa Ibrahim sur la chaîne syrienne Arrai le 24 août a affirmé que quatre qataris hauts gradés, un émirati et une équipe technique d’étrangers ont été capturés à Tajoura, que les combats se poursuivaient à Siyahia, et que l'Algérie serait la prochaine cible des Occidentaux. Le 25 août les combats à Tripoli se poursuivaient sans qu'on puisse savoir de source neutre quelle proportion de la ville est tenue par les loyalistes et laquelle est entre les mains des insurgés.

 

La question de l'aptitude des kadhafistes à entretenir une résistance armée efficace "à l'irakienne" reste ouverte.Selon la Aporrea.org (Venezuela), 4 600 hommes armés en provenance du sud du pays (tribu Bani Walid et tribu Tarhuna) seraient en route vers Tripoli sous les ordres de  Saadi Al Kadhafi pour aider les troupes loyalistes.

 

FD

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 14:23

yhailand.pngAprès que les élites aristocratiques de Thaïlande, alliées à la monarchie, aient organisé une répression sévère de la révolte populaire des Chemises rouges, c'est finalement Yingluck Shinawatra la soeur (et elle même femme d'affaires) du milliardaire chef des Chemises rouges, Thaksin Shinawatra, qui  a remporté le 3 juillet dernier les élections législatives à la tête de son parti Puea Thai, grâce notamment au soutien des régions du Nord et du Nord-Est tandis que la capitale votait pour ses adversaires du Parti démocrate.

 

Ce résultat est en partie le fruit de négociations entre le palais royal, l'armée, et les partisans de l'ex-premier ministre en exil Thaksin Shinawatra dont des représentants se sont rencontrés au Brunei en février dernier puis à trois reprises encore notamment à Dubai, selon des sources proches du palais royal citées par Asia Times. L'idée étant de contenir le sentiment antimonarchiste grandissant qui se développait dans les franges les plus populaires des Chemises rouges et de préparer une réconciliation nationale "en douceur" incluant le retour de Thaksin Shinawatraet d'un certain nombre de ses partisans ostracisés.

 

Les milieux d'affaires sont pourtant restés fortement mobilisés contre le parti Puea Thai, et les banques d'investissement international ont ouvertement conseillé à leurs clients de vendre leurs avoirs thaïlandais dès que les sondages ont commencé à annoncer la possible victoire de Yingluck Shinawatra. En cause les promesses "populistes" de la dirigeante du Puea Thai. Celle-ci par exemple a promis d'offrir à huit millions d'élèves thaïlandais des iPads gratuits et de garantir un prix d'achat du riz aux paysans plus élevé que celui que leur accordait le gouvernement sortant d'Abhisit (la Thaïlande est le plus grand exportateur de riz au monde). La banque HSBC par exemple s'est ouvertement ingérée dans la politique thaïlandaise en annonçant après le résultat des élections que la politique de Yingluck Shinawatra risquait de relancer les pressions inflationnistes dans le pays. D'une façon significative, même en France, le journal Le Monde, contrôlé par les trois hommes d'affaires Bergé-Niel-Pigasse, et qui a toujours été hostile au "populisme" des Chemises rouges, mettait en exergue sur son site le 5 juillet une dépêche dressant un portrait défavorable de Yingluck Shinawatra accusée de ne pas être susceptible d'incarner correctement la cause des femmes.

 

Les forces armées quant à elles auraient accepté la victoire de la nouvelle premier-ministre en échange d'un engagement de sa part à ne pas interférer dans leur budget, ni la nomination de leurs officiers et de dissuader les nouveaux élus issus des Chemises rouges de tenter de faire condamner les responsables de la répression qu'ils ont subie.

 

La marge de manoeuvre de Yingluck Shinawatra est d'autant plus étroite que l'institution judiciaire, très proche des élites conservatrices, possède en Thaïlande un pouvoir politique très important. Elle a déjà par le passé dissout deux partis qui se réclamait de Thaksin Shinawatra et le Puea Thai n'est pas à l'abri de subir le même sort ou des députés pourraient voir leur élection invalidée par les tribunaux, comme le rappelle Shawn W Crispin dans Asia Times Online. Ceci explique sans doute que dès son élection Yingluck Shinawatra a annoncé que son parti, bien que détenteur de la majorité absolue, gouvernerait en coalition, et laisse augurer la poursuite d'une ligne assez "consensuelle" par la nouvelle élue.

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 09:14

800px-LocationAfrica.pngMercredi 6 juillet, les rebelles libyens ont lancé une offensive vers Tripoli depuis les montagnes du Djebel Nafoussa après avoir reçu de la France un parachutage de fusils-mitrailleurs et de lance-roquettes - une nouvelle violation de la résolution 1973 de l'ONU, et un mauvais exemple que même la Grande-Bretagne a décidé de ne pas suivre, alors que l'opération militaire en Libye est depuis le début conçue par M. Sarkozy comme la première application de l'accord franco-britannique de novembre 2010.

 

Quelques jours auparavant, en marge du sommet de l’Union africaine en Guinée Equatoriale les 1er et 2 juillet 2011, le nouveau président de la Côte d'Ivoire, Alassane Dramane Ouattara, installé au pouvoir au terme de la liquidation du parti de Laurent Gbagbo par l'armée française, avait rencontré deux délégations libyennes (la délégation des fidèles du colonel Kadhafi avec à sa tête le nouveau chef de la diplomatie du guide libyenne et une délégation de trois membres du CNT conduite par l'ancien ministre des Affaires étrangères, Abdel Rahman Shalgam). Selon le site CameroonVoice, Ouattara aurait promis l'aide de la Côte d'Ivoire aux insurgés libyens, ce qui pourrait contribuer à insérer la Libye post-Kadhafi dans le maillage de la Françafrique rénovée.

 

En Côte d'Ivoire, Paris a nommé en mai dernier comme nouveau tuteur ("conseiller spécial") d'Alassane Ouattara,  le colonel Marc Paitier ex-assistant du commandant de la force Licorne en 2004 et 2005. Le ministre de la défense de M. Sarkozy Gérard Longuet était à Abidjan le 27 juin pour préparer un accord militaire qui ne devrait laisser dans le pays que 250 soldats français (pour la protection des ressortissants français) conter 900 aujourd'hui, un objectif qui ne pourra être atteint toutefois que si Alassane Ouattara parvient à surmonter l'anarchie qui s'est instaurée après la disparition des forces de polices au cours de  la guerre civile du premier semestre. Pour l'heure celui-ci s'emploie surtout à renverser les derniers vestiges du pouvoir de Laurent Gbagbo et notamment d'obtenir l'arrestation de l’ex-chef des "Jeunes Patriotes" gbagbistes, Charles Blé Goudé, actuellement en fuite, lequel devient aujourd'hui pour beaucoup un symbole de la résistance à l'ingérence française en Côte d'Ivoire.

 

Il est probable que la France en Côte d'Ivoire se déchargera d'une partie du fardeau sur l'ONU. Le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour la Côte d’Ivoire, Young Jin Choi, a annoncé le 30 juin à Abidjan la création de huit nouveaux camps militaires dans l’ouest du pays, la région la plus ravagée par les violences post-électorales et où persiste un déficit de sécurité. L'ONU devrait investir 2 milliards de F CFA dans la construction de ces camps et la reconstitution de la police et de la gendarmerie, un choix qui indigne ceux qui estiment que la Côte d'Ivoire a d'abord besoin d'aide humanitaire.

 

Alléger les effectifs militaires à Abidjan permettrait à la France de se reposer davantage sur le nouveau pilier de sa stratégie en Afrique,entre la Côte d'Ivoire et la Libye : le Niger, riche en uranium. Paris s'efforce d'imposer à ce pays un projet d’accord l’autorisant à installer une base militaire permanente notamment pour protégers a mine d'uranium d'Amouraren. Depuis l’enlèvement de sept employés du groupe nucléaire français Areva en septembre 2010, la France dispose au Niger d’un corps expéditionnaire de près de 80 soldats d’élite appuyés par des moyens aériens dont des avions de surveillance et de reconnaissance. Le président nigérien Mahamadou Issoufou du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (proche du parti socialiste français) ne cesse de répéter qu'il n'y aura pas de base permanente sur son territoire.

 

Elu avec une large majorité président de la République en mars 2011, cet ancien opposant à la dictature présente un profil atypique dans l'Ouest africain. A peine élu, il a précisé à propos de la guerre en Libye que son pays respecterait le principe de non ingérence dans les affaires des pays voisins. Puis au dernier sommet des chefs d'Etat africains il a souligné qu'en ce moment, son pays pâtit surtout du conflit entretenu par les Occidentaux qui coûte à l'économie nigérienne des milliards de francs CFA entre les revenus perdus sur les transactions commerciales et les mandats envoyés jadis par les plus de 200.000 Nigériens travaillant en Libye qui ont du retourner dans leur pays. Sa capacité à résister aux pressions françaises sera un test pour le nouveau dispositif françafricain fondé sur la militarisation du continent noir en vue du contrôle de ses ressources.

 

 

 

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4 juillet 2011 1 04 /07 /juillet /2011 13:35

nepalflag.jpgRam Baran Yadav, premier président du Népal depuis l'abolition de la monarchie en 2008, a présenté dimanche 3 juillet au Parlement un programme centré sur le processus de paix et l'adoption d'une nouvelle constitution. Le gouvernement dirigé par le secrétaire général du Parti communiste Jhala Nath Khanal a annoncé qu'il adoptera le socialisme comme politique économique pour garantir le développement équitable du pays, une nouvelle reprise au Venezuela via l'agence Prensa Latina.

 

Le président Yadav a souligné dans des déclarations transmises par l'agence de presse PTI que les programmes du Gouvernement accorderont une attention spéciale aux femmes et aux dalits (intouchables), marginalisés par le système traditionnel féodal de castes. Sur le front de la condition féminine par exemple, le ministre de l'éducation déclarait le 4 juillet que le taux d'échec scolaire des jeunes filles restait très élevé et entretenait le système du mariage forcé (50 % des Népalaises sont mariées entre 15 et 19 ans, dans toutes les religions et dans tous les milieux sociaux), ce qui nécessite un programme d'éducation ambitieux, les fonctionnaires et militants associatifs qui essaient de s'opposer aux mariages forcés faisant encore fréquemment l'objet d'attaques physiques.

 

Le gouvernement - qui doit faire face à une affaiblissement croissant des structures étatiques dans la phase de transition actuelle - a aussi insisté sur la nécessité de renforcer l'armée y compris dans sa participation aux missions de l'ONU (l'armée napalaise est présente sous le drapeau des Nations unies au Soudan, à Haïti, au Timor .

 

Ce programme  "socialiste" a été critiqué par le parti du Congrès (opposition) et par les milieux d'affaire qui lui reprochent de menacer l'entreprise privée.

 

Par delà les déclarations ambitieuses, le Népal tarde toujours à se doter d'une nouvelle constitution et le mandat de l'assemblée constituante a été prolongé de 3 mois le 29 mai dernier au terme d'un accord entre le parti communiste, le parti communiste maoïste et le parti du Congrès. Les maoïstes défendent un système présidentiel, le Congrès un système parlementaire. Les rivalités entre les grands partis, après la légalisation de la guérilla maoïste (devenue le premier parti au parlement) se poursuivent, notamment sur les questions touchant au contrôle de la force armée : qui doit contrôler le ministère de la défense ? l'armée maoïste (20 000 hommes) doit-elle intégrer l'armée régulière avant la promulgation de la constitution ? La difficulté des négociations sur ces points contribue à entretenir le pouvoir des trois partis qui contrôlent le processus de transition mais empêche le lancement de politiques de long terme sur des bases solides.

 

FD

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Published by Atlasaltern - dans Sous continent indien
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1 juillet 2011 5 01 /07 /juillet /2011 11:26

b52.jpgLa décision de la France révélée par le Figaro mercredi dernier de livrer des armes aux insurgés libyens de Benghazi suscite l'indignation dans le monde. Le président de la Commission de l'Union africaine, Jean Ping, a  déclaré à la BBC le jeudi 30 juin que ces livraisons d'armes favorisaient "le risque d'une guerre civile, le risque d'une partition de l'Etat, le risque d'une "somalisation" du pays, le risque de prolifération des armes en lien avec le terrorisme". Le ministre russe des affaires étrangères Sergueï  Lavrov a qualifié cette livraison d'armes de "violation grossière de la résolution 1970 du Conseil de sécurité de l'Onu". Paris a tenté de se défendre en déclarant qu'il ne s'agit que d'armes légères, larguées à l'occasion d'opérations d'aide humanitaire en faveur de populations sous la menace des troupes de Mouammar Kadhafi dans une région située à quelques dizaines de kilomètres de Tripoli, mais ces assertions sont invérifiables pour le moment.

 

Par ailleurs, le nombre de morts civils depuis le 19 mars dû aux frappes aériennes de l'OTAN selon les sources gouvernementales de Tripoli approcherait le millier de morts, dont beaucoup d'enfants, un paradoxe pour une mission militaire qui se réclamait d'une résolution de l'ONU visant à "protéger les civils".  Ce chiffre n"inclut pas les effets indirects désastreux de la guerre sur les infrastructures de santé (autrefois exemplaires) et les services sociaux libyens (alors qu'un soutient moins radical des Occidentaux aux insurgés aurait déjà permis le mise en oeuvre de négociations).

 

Le bilan humain ne prend pas en compte non plus les effets de l'utilisation possible par l'OTAN d'armes à uranium appauvri - dénoncée par des organismes britanniques comme Uranium Weapons Network et la Campagne pour le Désarmement nucléaire (on attend toujours que les députés au parlement européen, notamment écologistes, lancent une commission d'enquête sur le sujet). Un gâchis d'autant plus préoccupant qu'il n'a débouché sur aucune avancée politique concrète, le gouvernement de Muammar Kadhafi s'étant considérablement renforcé en Tripolitaine, tirant profit du réflexe patriotique provoqué par l'agression de l'OTAN.

  

Le 30 mai dernier, le rapport du Centre international de recherche et d’études sur le terrorisme et d’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT1) dressait déjà le bilan suivant de la décision française d'intervenir en Libye (après l'envoi d'une mission à Belghazi et Tripoli) :

 

 "La décision unilatérale de Nicolas Sarkozy a stupéfié ses alliés allemands et italiens - c’est l’une des raisons de l’abstention de Berlin sur ce dossierà l’ONU – alors que son ministre des Affaires étrangères Alain Juppé semble avoir été placé dans une situation comparable à celle de Colin Powell en 2003, lors du déclenchement de l’invasion de l’Irak. Il a dû en effet défendre une position qu’il n’avait pas choisie età laquelle il ne semble pas avoir été associé.

 

(...)Les illusions du président Sarkozy ont été renforcées par les déclarations outrancières des représentants de la toute jeune révolution libyenne et l’enthousiasme – légitime – de la population de Benghazi. Les dirigeants du CNT clament que « la décision du président français a sauvé plus d’un million de vie humaines » et que c’est l’amitié entre la France et le CNT qui a permis l’évolution actuelle la survie de la rébellion.


Indéniablement, la France et son président bénéficient d’une cote d’amour inégalée sinon inégalable dans toute la Cyrénaïque. La délégation, composée en majorité de Français, a reçu en tous lieux un accueil très favorable. Les drapeaux français sont arborés partout et sont même vendus dans les kiosques. A Derna, nos interlocuteurs nous ont déclaré avoir déjà noté une nette augmentation des demandes d’inscriptio nà l’université en faculté de français, surtout de la part des femmes.


Il convient de reconnaître que le nom du président français n’aura sans doute jamais été aussi prononcé dans un pays étranger. S’il est encensé à l’Est, il est honn ià l’Ouest, mais tout aussi présent dans les attroupements populaires et les médias, comme si la France seule était responsable de la situation aux yeux des deux parties. Les Libyens fidèles au régime font toutefois une nette différence entre le peuple français et son président.


Cette hypermédiatisation de la participation française est particulièrement trompeuse et dangereuse. Certes, certains contrats secrets ont déjà été conclus avec les insurgés, mais rien n’assure aujourd’hui que le pari du président Sarkozy de renverser le régime sera tenu. En cas de maintien au pouvoir de Kadhafi, les entreprises françaises se retrouveront dans une position extrêmement défavorable. En cas de partition du pays ou de négociation entre les parties, la France ne pourra jouer aucun rôle d’arbitre tant le ressentiment à l’égard de son président est fort à Tripoli.


Nous sommes convaincus que cet engagement irréfléchi de Paris dans le conflit libyen fait le jeu de Washington, qui laisse Nicolas Sarkozy s’afficher en moteur de la coalition, au risque, en cas d’échec, d’endosser toute la responsabilité de cette affaire. L’attitude plus discrète du président Obama permettra alors aux Etats-Unis de tirer les marrons du feu."

 

Le rapport évoquait aussi le coût financier élevé de cette guerre et les bénéfices que les organisations terroristes comme Al Qaïda étaient susceptibles d'en retirer.

 

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Ci dessous interview par Russia Today de Vijay Prashad, contributeur du livre "Atlas alternatif", sur la Libye (il évoque notamment la propagande de guerre autour des soi-disants viols collectifs et de la distribution de viagra dans l'armée gouvernementale libyenne)

 

 

 

 

 

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 15:33

great_seal_of_the_us.pngLe général Carter F. Ham, chef du Commandement militaire américain pour l’Afrique (Africom, basé à Stuttgart - Allemagne) a effectué une visite de deux jours du 31 mai au 2 juin.


Selon Brahim Takheroubt de L'Expression, deux hypothèses se dégagent de cette visite :

 

«La première est que le général américain est venu solliciter l’approbation de l’Algérie pour le transfert du siège de l’Africom en Afrique, plus précisément au Burkina Faso ou alors carrément au sud de la Libye, "ce que l’Algérie n’acceptera jamais" (...) La deuxième lecture faite à cette visite du général consiste à dire qu’il y a une véritable pression sur l’Algérie pour la convaincre d’accepter une action militaire sur la Libye à partir du territoire algérien. »

 

Selon le quotidien arabophone Al Khabar «l’Algérie a refusé de permettre à des appareils de la coalition ayant décollé des bases aériennes américaines en Espagne et en Angleterre, d’utiliser son espace aérien, pour bombarder les forces pro-Kadhafi».  

 

Le même journal révèle également que «des pays qui conduisent les frappes militaires contre la Libye ont demandé ces derniers jours à l’Algérie, à travers des voies diplomatiques et militaires officielles, d’autoriser l’utilisation de l’espace aérien algérien, pour parvenir à la région des opérations militaires en Libye». Jusque-là, les appareils de la coalition n’arrivent pas à atteindre la profondeur du Sahara libyen où Kadhafi se réfugierait.

 

L'Algérie est souvent accusée par les Occidentaux de faire obstacle au renversement du régime libyen. Comme la Syrie, l'Algérie au mois de mars s'était opposée à la mise en place d'une zone d'exclusion aérienne en Libye. En avril la ligue des droits de l’Homme libyenne a affirmé que des mercenaires arrêtés par les rebelles avaient été recrutés par les services de sécurité algériens (DRS), mais le commandant de l'Africom lui-même l'a démenti lors de son passage à Alger (pour des raisons diplomatiques ?). Selon Jeune Afrique, Aïcha, la fille unique de Kaddafi, "serait réfugiée dans le plus grand secret en Algérie depuis le 16 mai sous la protection personnelle du président Bouteflika à la suite de l'assassinat de son frère cadet par l'OTAN.

 

Il est vrai que les services de sécurité algériens redoutent que les éléments islamistes proches d'Al Qaida qui ont massivement intégré l'armée rebelle de Benghazi ne relancent le terrorisme et la guerre civile sur le territoire algérien.L'Expression le 19 avril parlait de "complot de déstabilisation" de l'Algérie.

 

Le Quotidien d'Oran, pour sa part, estime que la visite de l'officier étatsunien est surtout liée à la coordination de la lutte anti-terroriste dans le Sahel : il note qu'elle "intervient une semaine après la fin de la réunion des chefs d'état-major des pays du Sahel à Bamako (Mali), où l'accent a été mis sur l'urgence d'une généralisation de la lutte contre les groupes d'Al Qaida Maghreb (AQMI). L'appel à une union des forces et des moyens militaires des pays concernés est d'autant nécessaire que le danger terroriste, avec les dommages provoqués par la guerre civile en Libye, risque de se propager rapidement dans plusieurs pays, et particulièrement en Tunisie. C'est dans cette perspective que les quatre pays du Sahel, à travers leur état-major conjoint (Cemoc) ont pris la décision de confier à l'Algérie la préparation d'une rencontre à Alger vers le 3ème trimestre 2011 sur la lutte contre le terrorisme dans la région. Une réunion à laquelle seront conviés les experts des pays de l'Union européenne et des Etats-Unis."

 

Mais cette lutte anti-terroriste dans toute l'Afrique du Nord-Ouest est elle-même liée à la guerre de Libye. Selon les services de sécurité algériens, début avril un convoi composé de 8 véhicules tout-terrain, chargé de missiles russes terre-air de type SA-7, l´équivalent du Stinger occidental et de matériels de guerre divers puisés par les rebelles de Banghazi dans les stocks de l´armée libyenne a déjà été acheminé au Mali, via le Tchad puis le Niger pour se retrouver entre les mains de l'AQMI. D'autres on peut-être circulé. L'Algérie a dû affecter plus de 7 000 hommes à la protection de ses frontières dans le désert pour limiter ces trafics.

 

Ainsi pendant que les Etats-Unis jouent les pompiers pyromanes de l'Afrique du Nord en poursuivant la guerre en Libye, ils se "coordonnent" avec l'Algérie pour gérer la répression de groupes terroristes dont ils facilitent par ailleurs l'approvisionnement en armes. Une contradiction qui n'augure rien de bon pour la stabilité de l'Algérie.

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