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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 15:35

drapeaubolivie.pngLe président Évo Morales, dans son discours à l’Assemblée générale des Nations Unies, a dénoncé l’insécurité générée par les nouvelles méthodes des Etats-Unis et de l’Otan visant la déstabilisation et le renversement de gouvernements. La crise économique les pousse vers les pays riches en pétrole, minerais et richesses de toute nature.

 

Cette déclaration fait suite  à une nouvelle tentative de déstabilisation dont a été victime la Bolivie, comme le rappelle dans son article le québecquois Oscar Fortin, à l'occasion de la mise en chantier par une entreprise brésilienne d'une autoroute qui passe par le Territoire Indigène et le Parc National Isiboro Sécure ((TIPNIS) lequel relie les départements
 de Beni et Cochabamba (ce qui peut à la fois désenclaver des communautés indigènes pour l'accès au soin et l'accès de leurs producteurs aux marchés agricoles, et accélérer l'exploitation de l'Amazonie par les multinationales). Il s’agit d’un parc où vivent plusieurs communautés indiennes. Un certaine nombre de communautés (mais pas toutes car certaines sont favorables à l'autoroute) ont manifesté tout au long de l’été contre le passage de cette route sur leur territoire. Le 15 août dernier, une marche, regroupant près de 600 personnes a été organisée pour protester contre ce projet. Elle avait pour destination la capitale La Paz.

 

À plusieurs reprises le Président s’est dit ouvert au dialogue et a délégué divers représentants de haut niveau pour entamer des négociations avec les communautés locales et leurs dirigeants. La dernière de ces délégations a été envoyée la semaine du 20 septembre. Le ministre des Relations extérieures, lui-même indien de source, a dirigé cette délégation. Un dérapage imprévisible s'est produit lorsque la délégation gouvernementale, le ministre en tête, a été prise en otage et forcée de marcher en tête de la marche, servant de bouclier humain pour franchir la ligne de protection policière qui était là pour éviter qu’il y ait confrontation avec un autre groupe d’indiens, ceux-là en faveur de la route. Les otages ont pu être libérés et la confrontation entre les deux groupes opposés a pu être évitée. Cet incident a aussitôt été rapporté à la commission des droits de l’homme de l’Organisation des États Américains (OEA). Le lendemain (25 septembre), un responsable des forces policières a donné l’ordre d’évacuer les indiens contestataires et de prendre les moyens nécessaires pour y arriver. Cette répression (qui aurait fait des morts) a soulevé la colère dans tout le pays.

 

Devant l’ampleur de cette crise, le président Morales a fait appel à la Commission des droits de la personne des Nations Unies, à celle qui la représente en Bolivie, aux représentants des communautés indiennes ainsi qu’à la secrétaire d’UNASUR de participer à l’enquête devant faire toute la lumière sur cet événement et s’assurer que tous les responsables de ces actes aient à répondre de leurs gestes.

 

Les accusations d'ingérence extérieure dans l'affaire de l'autoroute du TIPNIS présentées à l'ONU par Evo Morales ne sont pas gratuites. La Ligue pour la défense de l'environnement - Liga por la Defensa del Medio Ambiente (LIDEMA) - financée par l'agence publique américaine USAID et par la Fondation Konrad Adenauer qui travaille à la déstabilisation du gouvernement cubain à Bruxelles est présente aux côtés des manifestants et finance des actions parmi les communautés indigènes. Des câbles de Wikileaks ont montré qu'USAID cible spécifiquement les communautés indigènes, ce que le militant Federico Fuentes (auteur d'un livre sur le parti de Morales, le MAS) appelle un "impérialisme vert". Au delà de cette action des ONG mêlée aux marches indigènes, il y a aussi les appels à la démission de Morales dans la presse conservatrice, les homélies de l'église institutionnelle en faveur du "dialogue" (comme si Evo Morales n'avait pas recherché le dialogue depuis le début - la moitié du gouvernement au totals s'est rendue sur place pour discuter).

 

Dans un article du 27 septembre qui ne cite que la presse de droite, Mathilde Gérard du journal Le Monde semble se réjouir à l'idée que "Malgré les distances prises par Evo Morales avec les violences du week-end, la bataille d'opinions ne joue pas en sa faveur. Le président est en train de perdre le soutien des Indiens, soit la moitié de la population du pays, celle qui avait largement contribué à son ascension politique." Une fois de plus la machine à déstabiliser est en marche.

 

 

 

 

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 17:08

Au Bahrein, pays alliés des Etats-Unis qui héberge sa flotte de guerre, la répression des chiites par la dynastie régnante se poursuit sans que l'ONU ne soit saisie ni que les grands médias s'en émeuvent..

 

Selon des condamnés chiites la princesse  Noora bint Ibrahim al-Khalif, cousine de la reine aurait directement participé à leur torture avec des bâtons et des tuyaux en caoutchouc. Ainsi le docteur Nada Dhaif, 36 ans, condamnée à  15 ans de prison la semaine dernière pour avoir soigné des manifestants blessés, a allégué que la princesse avait été impliquée dans son interrogatoire en mars. Dhaif a déclaré : « Elle m'a giflée, m'a battue et m'a traitée de truie chiite. Elle a enroulé un câble dans des mes oreilles et m'a donné des décharges électriques. » La presse anglo-saxonne livre d'autres témoignages allant dans ce sens.

 

Dans un communiqué Amnesty international précise que le 28 septembre dernier suivant une procédure expéditive la Cour d’appel pour la sûreté nationale de Manama, administrée par l’armée, a confirmé la condamnation intialement prononcée par le Tribunal de première instance pour la sûreté nationale de 21 personnes (dont le Dr Dhaif) parmi lesquelles sept sont condamnées à la prison à vie.

 

Le mouvement de contestation malgré la violence des mesures policières et extrapolicières (enlèvements, licenciements d'agents publics, destruction de lieux de culte) se poursuit. Le 23 septembre dernier des manifestants arborant le slogan "ready to die for Bahrain" ("prêt à mourir pour le Bahrein") qui cherchaient à rallier le rond-point du Conseil de la coopération du Golfe (appelée ainsi du fait de l'intervention militaire des pays membres de ce Conseil, autrefois son nom était le rond-point de la Perle) ont été arrêtés. Parmi les personnes appréhendées se trouvent 38 femmes et sept jeunes fille accusées de « rassemblement public illégal », d'émeute et d'agressions contre les forces de sécurité. Toujours selon Amnesty "aucun mandat d'arrêt ne leur a été présenté, il n'y avait pas d'avocat présent lorsqu'elles ont été interrogées et certaines d'entre elles auraient été torturées ou soumises à d'autres formes de mauvais traitements".

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4 octobre 2011 2 04 /10 /octobre /2011 12:35

Le 21 septembre dernier, la Corporation du développement national (NDC) tanzanienne et la compagnie chinoise Sichuan Hongda ont signé un accord pour la création d'une entreprise nouvelle, la Tanzania China International Mineral Resources Limited pour l'exploitation d'une mine de charbon, d'une mine de fer, et la construction d'une acierie (production prévue 1 million de tonnes d'acier par an) et d'une centrale électrique à Liganga et Mchuhuma, pour un montant d'investissement de 3 milliards de dollars. Cet accord avec les Chinois est offciiellement placé dans le sillage des bonnes relations qu'entretenait autrefois la Tanzanie socialiste avec la Chine de Mao Zedong (l'accord avec la firme russe Borodino l'an dernier qui peut aussi être mise au compte de la tradition "non-alignée" de ce pays).

 

En apparence c'est une bonne nouvelle pour la Tanzanie qui pourrait ainsi créer 8 000 emplois... Dans les faits des doutes subsistent : il n'est fait aucune mention des impôts que paiera cette nouvelle société, ni des garanties du fait que les parts détenues par la compagnie d'Etat tanzanienne (fixées à 20 % pour l'instant) augmenteront avec le temps. En d'autres termes : ce nouveau complexe a-t-il pour unique objectif de profiter aux besoins de la consommation chinoise ou des bénéfices équilibrés sont-ils à attendre pour la Tanzanie ?

 

Ces questions ne sont pas purement théoriques. Dans  Counterpunch, le journaliste Robert Gordon rappelle qu'en ce qui concerne les mines d'or, la valeur du métal précieux ne cesse d'augmenter, mais que cela ne profite qu'aux sociétés britanniques, australiennes et sud-africaines qui l'exploitent. Les recettes fiscales pour le gouvernement, elles, stagnent depuis 5 ans - ce qui rappelle les problèmes rencontrés avec son cuivre par la Zambie qui vient de changer de président de la République. Gordon explique aussi le bras de fer qui a opposé BP Tanzanie à l'Etat sur la question de la réduction du prix de l'essence. Après que le gouvernement ait abaissé le prix, BP a décidé de ne plus livrer de carburants. L'instance publique de régulation (Energy and Water Utilities Authority) a alors menacé de retirer à BP sa licence d'exploitation qui a finalement renoncé à sa plainte en justice contre le décret de tarification et s'est excusée (non sans avoir revendu ses actifs à la société Puma filiale de Trafigura). Le journaliste note que jamais le gouvernement n'aurait pu retirer sa licence à un opérateur comme BP qui détenait près de 12 % des parts du marché. Les mêmes problèmes peuvent se poser avec les grandes entreprises chinoises qu'avec les sociétés occidentales comme on l'a vu au Zimbabwe où la question des retombées fiscales fut une source de tension (parmi d'autres) entre Harare et Pékin l'an dernier (selon des fuites de Wikileaks).

 

La latitude d'action de la Tanzanie est d'autant plus réduite qu'elle a absolument besoin de capitaux extérieurs pour son développement et doit donc se montrer attractive. Avec la crise économique d'importants projets occidentaux ont été annulés : un projet américain d'investissement de 3,5 milliards de dollars dans de la fonte d'aluminium à Kabanga, et un projet suisse de 165 millions de dollars pour une mine de nickel. Les puissances occidentales ne perdent cependant pas leur enthousiasme : l'ambassadeur américain Alfonso E. Lenhardt qui organisait la visite de hauts responsables de General Electric dans le pays a déclaré : « L'Afrique offre la prochaine frontière de la croissance et la Tanzanie est bien située parmi nos partenaires. » La justice sociale et la redistribution de la plus-value n'ont guère de place dans ce genre de discours.

 

FD

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3 octobre 2011 1 03 /10 /octobre /2011 14:54

Propagande et contre-propagande s'opposent en Libye, et il est bien difficile de savoir ce qu'il se passe vraiment.

 

A la lecture du  Monde en ligne aujourd'hui, il n'y aurait que de gentils rebelles débraillés qui ont distribué aux femmes de Syrte apeurées "des jus d'orange et essayé de les apaiser" en leur disant : "C'est de la propagande de Kadhafi, nous ne sommes pas des criminels, mais vos frères et vous êtes les bienvenus dans la Libye libre !" ".

 

A lire  Ozyism.com au contraire, les mercenaires du CNT, les rebelles commettent des crimes de guerre en bombardant l'hôpital de Syrte déjà plongé dans une situation tragique par quinze jours de siège. Ils l'auraient attaqué au lance-roquettes juste après l'entrée de la Croix-Rouge hier.  

 

Cette version d'Ozyism est confirmée par les grandes agences occidentales qui rapportent le témoignage d'Hichem Khadhraou du Comité international de la Croix rouge selon lequel l'hôpital a été pilonné pendant la visite de la croix rouge. Celui-ci s'est étonné du fait que les "rebelles" aient choisi ce moment précis pour déclencher l'attaque, comme s'il s'agissait absolument d'empêcher les volontaires de venir en aide aux blessés assiégés dans l'hôpital. La tour d'approvisionnement en eau a été notamment touchée.

 

Plus grave pour l'image de la France (car cela implique directement son armée), les avions britanniques et français de l'OTAN bombarderaient des cibles au hasard pour provoquer la panique dans la population civile et les désolidariser des troupes loyalistes.

 

Une vidéo il y a quinze jours faisait déjà état du bombardement par l'OTAN de l'hopital Ibn Sina (Avicenne) de Syrte le 17 septembre 2011

 

 

Une vidéo en arabe situe le bombardement (peut-être un second bombardement) le 20 septembre et montre un médecin ukrainien blessé :

 

 

Un autre témoignage fait état de bombardements "5 jours" avant la visite du CICR (soit vers le 26 ou 27 septembre), et encore le soir à la veille de cette visite. Un témoin aurait affirmé que : « de nombreux médecins, infirmières, infirmiers et blessés ont été assassinés et ensevelis sous les décombres de l’hôpital, leur parents ont passé la nuit de samedi à dimanche dans des décombres espérant récupérer les corps des ensevelis.Toute mission de secours avait été finalement arrêtée dans la ville, alors que des centaines de corps de blessées se dispersent dans les espaces après chaque attaque de l’OTAN.» (témoignage anonyme à prendre sous toute réserve)

 

L'attaque d'un hôpital civil constitue un crime de guerre au sens de l'article 8 du statut  de Rome de la Cour pénale internationale et expose à des poursuites sur ce fondement devant cette cour les autorités civiles et militaires qui s'en rendent coupables.

 

 

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30 septembre 2011 5 30 /09 /septembre /2011 15:36

Mercredi dernier le ministre de la défense Népal, Sarat Singh Bhandari, a fait sensation, 15 jours seulement après son entrée au gouvernement, en déclarant : "Si les 22 districts du Téraï décident de faire sécession, aucune loi au Népal ne pourra l'empêcher." Le vice-président maoïste Mohan Baidhya 'Kiran' (dont la faction est en désaccord avec la stratégie actuelle du premier ministre Baburam Bhattarai, issu du même parti que lui) et le secrétaire général Ram Bahadur Thapa 'Badal' du PCUN(maoïste) ont délivré un communiqué de presse condamnant la déclaration et lancé un appel à manifester. Ils dénoncent la volonté de la bourgeoisie indienne de "sikkimiser" le Terai (c'est à dire l'annexer à l'Etat indien frontalier du sikkim).

 

Le Teraï est la plaine au climat tropical qui borde le Népal au sud, le long de la frontière indienne. Sa population colonisée par le royaume du Népal au 18ème siècle, fut alliée des Anglais (de la Compagnie des Indes orientales) au siècle suivant pour combattre le shah népalais. Les partisans de la sécession du Terai estiment que les structures locales ont été démantelées par le gouvernement de Katmandou pour permettre la confiscation de ses ressources : le Terai fournissant la majorité des terres arables, de la petite industrie népalaise et des ressources gazières sans que cela profite à ses habitants. Les habitants du Terai (qui représente la moitié de la population népalaise)  sont historiquement liés à l'Inde (la zone a servi de refuge aux Hindous à l'époque de l'empire musulman des Moghols) et leurs organisations sont souvent liées à la mouvance nationaliste hindoue .En janvier-février 2007 peu de temps après la chute de la monarchie népalaise, des manifestations violentes avaient éclaté dans le Terai à l'instigation d'un petit groupe le Forum des droits du peuple madhesi/Madhesi People's Right Forum (MPR) et avec le soutien de cadres monarchistes, et le couvre feu avait dû être instauré dans de nombreuses villes. La révolte avait été maîtrisée au terme d'un accord avec le MPRF incluant la reconnaissance des droits culturels et une politique de non-discrimination dans le recrutement aux emplois publics. Le ministre Bandhari est responsable d'une alliance (du Terai, le Front démocratique uni madheshi - United Madhesi Democratic Front) qui avait provoqué une grève générale de seize jours en 2008 et dont le MPRF a fait partie jusqu'en septembre 2010.

 

Les maoïstes népalais ont été favorables depuis longtemps à la fédéralisation du Népal, projet auquel se sont aussi ralliés les autres partis politiques. Mais le modèle ne sera viable qu'en l'absence d'ingérence extérieure, notamment de l'Inde (qui s'est engagée à ne pas soutenir les sécessionnistes).

 

Or cette semaine on apprenait que le député américain républicain néo-conservateur (et chantre enthousiaste de la guerre en Irak dès 2001) Steve Chabot en visite à Katmandou avait une conversation avec le premier ministre népalais ainsi qu'avec le chef d'état major de l'armée. Chabot est membre de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants et y préside le sous-comité Proche Orient-Asie du Sud.  Le but de sa visite n'est pas précisé par les médias, mais le profil du personnage peut faire craindre un risque d'ingérence directe. La presse népalaise annonce aussi que USAID (agence qui finance le soft power étatsunien à l'étranger) a fait savoir qu'elle donnera 65 millions de dollars supplémentaires au Népal pour "renforcer les institutions démocratiques du pays", promouvoir l'éducation des jeunes, mener des politiques de santé publique et améliorer la productivité de l'économie népalaise. La liste des organismes bénéficiaires de cette aide n'est pas publique. La sécession madhesi (du Terai) est une des cartes entre les mains des Occidentaux pour faire pression sur les révolutionnaires népalais.

 

FD

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 16:01

Dans son rapport à l’occasion de sa réunion annuelle avec le Fonds Monétaire International (FMI) la semaine dernière, la Banque mondiale distingue le Cap Vert, archipel à l'ouest de l'Afrique,comme faisant partie des quatre pays (avec l'Ethiopie, le Ghana et le Malawi) du continent noir qui remplissent les conditions pour réaliser les Objectifs Millénaires du Développement (qui incluent des objectifs de santé et de lutte contre la pauvreté). La Banque le félicite pour ses innovations, notamment la gouvernance électronique ou la Maison du Citoyen

 

Autrefois pays socialiste non-aligné, qui dut son indépendance à la guérilla de type "guévariste" inspirée par Amilcar Cabral, le Cap Vert depuis les années 1990 n'a cessé de se rapprocher des Occidentaux. En 2006 il a accueilli les premiers exercices militaires de l'OTAN sur le sol africain, deux ans après que George W. Bush ait offert (en vain) la participation de l'OTAN aux côtés des troupes de l'Union africaine pour le "maintien de la paix"  au Soudan.

 

Le Cap Vert a fait partie des rares pays africains a voter à l'ONU la reconnaissance du Conseil de transition  libyen début septembre. Il soutient le Maroc sur la question du Sahara occidental. Il a intégré l'Organisation mondiale du commerce en décembre 2007 après avoir tout au long des années 1990 privatisé sa faible industrie et ses services publics (vendus aux ex colonisateurs portugais).

 

L'économie du pays étant entièrement tournée vers l'extérieur, les hommes ont émigré. 90 % des chefs de famille sont des femmes, la plupart célibataires et pauvres (voir l'article de Tobias Engel en 2003 dans  Le Monde Diplomatique) qui "qualifiait le Cap-vert de"théâtre du développement fictif". A l'inverse trois ans plus tard le journaliste sénégalais Chérif Elvalide Seye, conseiller du président de droite Abdoulaye Wade écrivait au contraire :"Plus de nombreuses filles-mères, plus d’enfants pieds nus, plus de vieilles guimbardes poussives. Le pays a fini par avoir raison de l’adversité de la nature. Sa gestion vertueuse a fini par payer. Quand les autres pays sahéliens distribuaient l’aide alimentaire, le Cap-Vert pratiquait un système dit de capitalisation. L’aide était vendue et le produit réinvesti dans des projets de reboisement ou d'hydraulique rurale." Il est certain en tout cas que la bonne image du Cap vert aux yeux des Occidentaux lui attire des visites touristiques. Pour un pays de 335 000 habitants c'est une aubaine qui, par l'afflux de devises, a contribué à l'entrée de l'archipel dans la liste des pays à revenu intermédiaire. En ce sens le Cap vert est un modèle de ce que les Etats vassaux de l'Occident peuvent obtenir comme récompense lorsqu'ils sont de taille modeste.

 

Le pays, redevenu social-démocrate (social-libéral) en 2001, est repassé à droite en août dernier et confirmera sans doute son orientation pro-occidentale dans les années qui viennent.

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29 septembre 2011 4 29 /09 /septembre /2011 14:46

balkans.jpgAprès la reconnaissance unilatérale de l'indépendance du Kosovo par les principales puissances occidentales (indépendance à ce jour non reconnue par l'Organisation des Nations Unies), les autorités albanophones de Pristina ont franchi un nouveau pas dans l'unilatéralisme cet été en tentant d'instaurer des check-points douaniers entre les districts du nord du Kosovo à majorité serbe et la Serbie non-kosovare.

 

Cette mesure viole la résolution 1244 de l'ONU (stipulant l'intégrité territoriale de la Serbie) et revient à vouloir couper définitivement les Serbes kosovars des Serbes du reste de la Serbie. Des groupes de Serbes du Nord du Kosovo ont réagi en bloquant les forces de police des autorités albanophones, en incendiant des postes douaniers et en installant des barricades en août dernier.

 

Ces actions de Serbes kosovars ont embarrassé Belgrade engagé dans une négociation avec Pristina afin de faciliter la candidature de la Serbie à l'entrée dans l'Union européenne, et n'ont donc guère fait l'objet de soutiens de la part du gouvernemebnnt serbe (Mme Merkel la chancelière allemande lors de sa visite le 23 août dernier ayant sommé à nouveau Belgrade de reconnaître le Kosovo si elle veut rejoindre l'UE). Paradoxalement c'est la Russie qui s'est trouvée la plus libre pour défendre l'intégrité territoriale de la Serbie : le 16 septembre, alors que la mission de police européenne Eulex envisageait de parachuter des fonctionnaires albanophones sur les postes douaniers, l 'ambassadeur russe en Serbie, Alexandre Konouzine, a quitté jeudi le Forum régional sur la sécurité dans les Balkans qui se tenait à Belgrade en raison du refus des participants d'examiner la situation actuelle au Kosovo. "Je suis surpris. L'Otan, la Kfor et la mission Eulex envisagent de déployer des douaniers kosovars aux postes-frontières dans le nord du Kosovo, ce qui revient à violer leur mandat et la résolution 1244. L'auditoire du forum n'a pas réagi. Y a-t-il des Serbes dans la salle? Le destin de vos compatriotes vous préoccupe-t-il?" a-t-il lancé au public serbe.

 

Le mardi 27 septembre, la Kfor (force de l'ONU au Kosovo composée majoritairement de soldats de pays de l'OTAN), a démantelé par la force dans la matinée une barricade érigée par des Serbes à proximité du poste de Jarinje.

 

A cette occasion les soldats occidentaux entourés d'une foule de 1 500 civils, n'auraient pas hésité à tirer avec des balles en caoutchouc. Selon le directeur de l'hôpital de Kosovska Mitrovica, Milan Jakovljevic, cité par l'agence serbe Beta, six Serbes blessés par balles ont été hospitalisés dans son établissement (au total le nombre de blessés d'élèverait à seize). Quelques heures plus tard, en représaille, l'explosion d'une bombe artisanale a fait quatre blessés dans les rangs de la Kfor.

 

Selon les déclarations de l'ambassadeur russe  à l'agence Interfax, les civils serbes blessés auraient fait l'objet de tirs à balles réelles et non de balles en caoutchouc. Il a accusé l'OTAN de "provoquer un nouveau conflit dans la région". La Kfor, pour sa part invoque l'autodéfense, mais la Russie demandera une enquête auprès de l'ONU.

 

Les Serbes kosovars ont renforcé les dispositifs de barricades, notamment dans la ville de Mitrovica.

 

Parallèlement à ce regain de tension, l'enquête sur les trafics d'organes de prisonniers civils de 1998-99 dans lesquels serait impliqué l'actuel premier ministre kosovar (et ex chef de l'UCK) Hashim Thaci se poursuit sous la houlette de la mission européenne Eulex. Un américain John Clint Williamson a été désigné "procureur en chef" d'une équipe spéciale le 29 août dernier. L'Eulex a mis en accusation sept personnes dont un Turc Yusuf Ercin Sonmez et un israélien d'ascendance turque Moshe Harel tous deux en fuite. Beaucoup de Serbes du Kosovo s'indignent de la nomination de Williamson comme procureur en chef. Selon l'ex-président de la commission pour les affaires d’enlèvement et de disparition, Vladimir Bojovic les autorités serbes étaient au courant du trafic d'organes dès 2001 mais les organes judiciaires de MINUK (Mission d'administration intérimaire des Nations unies au Kosovo) à l'époque dirigés par Williamson ne voulaient pas coopérer, et celui-ci ne se serait occupé sous son mandat que de faire arrêter des officiels serbes accusés de crime de guerre.

 

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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 16:04

onu.pngLe Conseil national de Transition (CNT) libyen a obtenu (par 114 voix) la reconnaissance de l'Assemblée générale des Nations-Unies  : seuls 17 pays se sont opposés et 15 se sont abstenus. L'Angola pour la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) a présenté une motion contestant la procédure d'accréditation du CNT, et les pays de gauche latino-américain (dont Cuba, le Vénézuéla et la Bolivie) ont défendu une motion refusant sur le fond la légitimité du nouveau régime libyen. Le représentant de l'Egypte a pris la parole pour demander à l'ONU de ne pas soutenir la motion latino-américaine qui a été écartée. Les pays qui ont voté contre la reconnaissance sont donc : l'Angola, la Bolivie, Cuba, la République démocratique du  Congo, l'Equateur, la Guinée Equatoriale, Kenya, le Lesotho, le Malawi,  la Namibie, le Nicaragua, l'Afrique du Sud, le Swaziland, la Tanzanie, le Venezuela, la Zambie, le Zimbabwe.. Les abstentions : l'Algerie, Antigua et Barbuda, le Cameroun, la République Dominicaine, le Salvador, l'Indonesie, le Mali, la Mauritanie, le Nepal, Saint Vincent et les Grenadines, l'Arabie séoudite (bizarrement...), le Surinam, Trinidad et Tobago, l'Ouganda, l'Uruguay. Beaucoup de pays n'ont pas pris part au vote : l'Albanie, la Biélorussie, le Centrafrique, la Corée du Nord, l'Erythrée, la Guinée, la Guinée Bissau, le Rwanda, la Somalie, le Burundi, le Cambodge, le Mozambique, le Myanmar, le Niger, le Pakistan, le Nigéria, Haïti, le Guyana, toute l'ancienne Asie centrale soviétique. A noter que des pays réputés non-alignés sur l'Ouest comme le Soudan, le Sri Lanka, la Syrie et le Liban ont voté en faveur de la reconnaissance du CNT...

Sur le terrain le CNT enregistre deux échecs cuisants : les fiefs kadhafistes de Syrte (ville natale de Kadhafi) et Bani Walid (bastion de la puissante tribu des Warfalla) pourtant encerclés par les insurgés et bombardés par l'OTAN résistent à leurs assaillants. A cela s'ajoute que, comme le reconnaissait le  Figaro lui-même il y a huit jours, une grande partie du désert du Fezzan reste loyal à Kadhafi (ce qui peut permettre à ses partisans notamment de contrôler l'approvisionnement des villes en eau). Les médias dominants estiment que les fidélités tribales des villages du désert à Kadhafi sont imputables au caractère arriéré de ces régions, et à la présence de miliciens kadhafistes venus du Darfour. Ils estiment que le ralliement de ces zones au nouveau régime ne saurait tarder, mais l'ex-guide de la révolution garde de sérieux moyens financiers pour acheter des soutiens dans cette région.

 

Par ailleurs le CNT, déchiré par les dissensions entre ex-dignitaires du régime de Kadhafi et islamistes supporters de Abdoulhakim Belhaj, a échoué aujourd'hui à constituer un gouvernement.

 

Les partisans du CNT en revanche restent particulièrement efficaces en matière d'emprisonnement et d'exécutions sommaires (comme l'avait été le gouvernement pro-occidental en Irak après la chute de Saddam Hussein).

 

Les prisons étant pleines, les anciens partisans de Kadhafi, ou présumés tels, civils ou militaires (et notamment beaucoup de Noirs arrêtés au faciès), sont parqués dans des écoles, commes les 420 encore entassés (le 17 septembre) dans l'école secondaire de Misrata. A Tripoli 800 corps présentés comme des "pro-Kadhafi" ont été entassés dans un cimetière sans moyen d'identification. Des villages entiers ont été vidés comme Tawarga, peuplé de Noirs d'abord déplacés dans un camp de réfugié lequel a été attaqué par les insurgés de Misrata. Impossible de savoir si les habitants de Tawarga ont été tués par les bombes de l'OTAN ou par les insurgés. Ils sont en tout cas introuvables.

 

Ce triste bilan est à comparer au fait que selon la Croix rouge il n'y aurait eu qu'un millier de disparus imputable aux actions militaires de Kadhafi depuis le début du soulèvement. Un chiffre très éloignés des 50 000 avancés par le CNT et qui a été utilisé à tort par la propagande occidentale pour justifier l'intervention de l'OTAN (l'OTAN ayant elle-même tué, semble-t-il, un millier de personnes dans ses bombardements).

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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 14:24

nicaragua.png200 000 personnes étaient présentes samedi 10 septembre dans la capitale régionale et deuxième ville du Nicaragua Matagalpa (110 000 habitants), dans le centre-nord du pays, pour le meeting de lancement de la campagne électorale du président sortant sandiniste Daniel Ortega.

 

Le président ortega a rappelé à cette occasion le bilan de son action, notamment l'octroi de 136 000 titres de propriété à des paysans expulsés de leur terre (il en promet 150 000 pour son prochain mandat), la prise en charge de l'équipement en lamelles de zinc de 267 000 toits par l'Etat depuis 2007 (le "plan techo"), l'électrification de 156 000 logements. 100 000 Nicaraguayens ont bénéficié de l'opération Milagro (avec l'aide de médecins cubains) pour les soins des yeux. Tous ces chiffres a assuré le président devraient encore augmenter sous son second mandat, tandis que l'accès à la téléphonie mobile devrait toucher 1 million de nicaraguayens en plus dans les cinq prochaines années.

 

Alors que les sandinistes voient dans cette mobilisation paysanne un signe favorable pour les élections présidentielles qui auront lieu le 6 novembre, la presse de droite nicaraguayenne estime que Matagalpa est un fief sandiniste et qu'une telle mobilisation aurait été impossible dans les districts plus urbains de la zone pacifique. Pourtant il y a seulement sept ans, le Parti libéral constitutionaliste (PLC) faisait jeu égal avec le Front sandiniste de libération nationale (FSLN) dans cette zone. La démonstration de force du FSLN dans cette ville samedi fut donc un signe fort d'adhésion des paysans de la région à son programme.

 

Selon la chaîne sandiniste Multinoticias, beaucoup de paysans qui souhaitaient assister au meeting sandiniste n'ont pas pu disposer d'assez de véhicules pour s'y rendre. Une adhésion citoyenne qui est aussi le résultat de l'action conjuguée du gouvernement central et des autorités locales sandinistes : dans ce seul district sept centres de santé ont été créés depuis 2007, la politique de santé et de prévention s'est développée, la mortalité maternelle a baissé de 40 % et la formation intensive de maîtres d'école dans l'école normale José Marti (du nom du libérateur cubain de 1898) rénovée en 2009, a permis de faire reculer l'analphabétisme à un taux de 0,3 % (contre encore plus de 10 % au Honduras voisin).

 

L'épouse du président Rosario Murillo en sa qualité de coordonatrice du Conseil de la communication et de la citoyenneté a estimé que cette mobilisation manifestait le soutien populaire au projet d'un Nicaragua "plus chrétien, plus socialiste et plus solidaire" (slogan sandiniste qui est aussi la devise de la municipalité sandiniste de Matagalpa).

 

F. Delorca

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 12:53

drapnigeria.gifLe Nigeria, l’un des plus importants producteurs de pétrole en Afrique a annoncé lundi dernier avoir rajouté le yuan chinois à ses monnaies de réserves à côté du dollar américain, l’euro, ou la livre sterling pour près d'un dixième de ses réserves de change. Les commentateurs y voient un effet de la baisse historique de la note du crédit américain.

 

flag-china.pngLa Banque du Peuple (banque centrale) de Chine a déjà signé des accords de change pour libeller les échanges commerciaux en yuan avec divers pays, dont le Brésil, la Corée du Sud, Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, le Belarus, l'Argentine et l'Islande. Et lors d'une réunion d'avril 2011, les dirigeants du BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) ont accepté d'encourager l'utilisation de leurs propres devises dans les règlements commerciaux entre ces pays.La Chine par ailleurs envisage de développer à l'étranger des marchés en yuan à l'étranger pour permettre aux entreprises d'échanger leurs devises contre cette monnaie.

 

Pour autant la question de savoir si le yuan peut devenir une monnaie internationale de réserve fait débat en Chine et ailleurs. Pour des raisons historiques, le yuan n'était toujours pas convertible jusqu'à très récemment pour les investissements ou les comptes de capitaux (mais al Chine vient d'annoncer sa "pleine convertibilité" pour 2015), par ailleurs la monnaie est maintenue à des parités fixes et les valeurs et les marchés financiers de la Chine ne sont pas suffisamment importants ni assez sophistiqués pour faire face à ce rôle du yuan. Il ne pourrait devenir une monnaie de réserve que si la Chine acceptait de faire du déficit commercial, ce qui n'est pas le cas pour l'heure (cf Le  Quotidien du peuple).

 

Jusqu'à récemment au niveau mondial le dollar représentait près des deux tiers des réserves de devises mondiales ( 62% des réserves en taux de change en 2009) et l'euro un gros quart (27% en 2009). Vers 2016 la Chine (avec son taux de croissance à deux chiffres) pourrait devenir la première puissance économique mondiale avec un PIB qui dépasserait celui des Etats-Unis.Les Etats-Unis affichaient, début mai, des réserves monétaires pour un montant de seulement 143 milliards de dollars et la Chine pour 3 047 milliards. Selon  Moneyweek.fr, "le seul poste où les Etats-Unis devancent encore la Chine est celui des stocks d’or officiellement détenus par les banques centrales soit, pour les Etats-Unis 8 133 tonnes, et pour la Chine 1 054 tonnes (qui devrait être « normalement » pour ce pays plutôt d’environ 10 000 tonnes)". Alors que la dévaluation progressive du dollar altère sérieusement la valeur des obligations détenues par les créditeurs. C'est donc le système financier mondial qui pourrait trouver un intérêt au remplacement au moins partiel du dollar par le yuan.

 

Le vice-premier ministre et ministre russe des Finances Alexeï Koudrine en mai 2010 pronostiquait que la monnaie chinoise serait une monnaie de réserve internationale dans dix ans. Le président de la Banque mondiale, Robert Zoellick,  avait fait une prévision assez voisine en novembre 2009. Si elle se vérifie, le coût pour les Occidentaux pourrait accentuer encore leur déclin économique. Selon l'économiste newyorkais ancien conseiller de Bill Clinton, Nouriel Roubini, elle se traduira par un renchérissement du coût des emprunts pour les Etats-Unis et du coût des matières premières importées,  ce qui pouvait se répercuter lourdement sur la consommation et la croissance. Il en concluait en 2009  dans le New York Times qu'il était temps pour Washington de "changer [ses] priorités", d’investir dans une infrastructure "en ruine, dans les énergies alternatives et renouvelables et le capital humain productif - plutôt que dans des logements inutiles et des inventions financières toxiques".  Une sorte de course contre la montre semble engagée aux Etats-Unis pour sauvegarder leur hégémonie monétaire.

 

FD

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Published by Atlasaltern - dans Chine-Extrême Orient
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