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14 décembre 2011 3 14 /12 /décembre /2011 09:25

576px-transnistria_state_flag_svg.pngL’Allemagne n’est pas seulement dominatrice au sein de l’Union européenne en ce moment.  Elle l’est aussi en Europe de l’Est. A preuve sa politique en vue d’obtenir la disparition de la République autoproclamée de Pridnestrovie (Transnistrie, entre la Moldavie et l'Ukraine).

 

Selon Cristian Ghinea dans Romania Libera du 9 décembre dernier : « Les Russes ont engagé des pourparlers avec les Allemands autour d'une nouvelle configuration de la sécurité en Europe [un statut pour la Transnistrie, un réglement du conflit gelé contre une libéralisation des visas pour les Russes dans l'UE]./Mais Berlin a exigé des preuves de bonne volonté : si la Russie veut être un partenaire crédible, elle doit au moins démontrer qu'elle est disposée à résoudre le conflit en Transnistrie. ».

 

A défaut de pouvoir liquider du jour au lendemain le particularisme transnistrien, Moscou se devait au moins de faire semblant d’avoir essayé quelque chose. Aussi, à l’occasion des élections présidentielles du 11 décembre dernier, Dimitri Medvedev a-t-il défendu, contre le père fondateur (et président sortant) de la République transnistrienne, Igor Smirnov (aujourd'hui proche de Russie Juste, les sociaux-démocrates russes, et qui fait campagne sur le thème "La Transnistrie n'est pas à vendre"), son rival le président du Soviet Suprême, Anatoly Kaminski, 61 ans, ancien cadre supérieur de l’industrie laitière moldave à l’époque soviétique. La politique de promotion du parti de challengers face à Smirnov, pour plaire aux Européens remonte d’ailleurs à 2001.

 

Moscou a investi de lourds moyens pour satisfaire les appétits allemands à l’encontre du sécessionnisme transnistrien et renverser le président Smirnov (versement d’indemnités aux fonctionnaires et retraités, enquête contre le fils de Smirnov accusé d’avoir détourné 5 millions de dollars de l’aide russe, émission à charge de la chaîne NTV contre les Smirnov – cf la vidéo ci-dessous http://www.youtube.com/watch?v=d1HbtgFt4yw le 8 décembre), sans toutefois aller jusqu’à couper les livraisons de gaz à la Pridnestrovie.

 

 Ainsi « si Smirnov reste en place, expliquait Cristian Ghinea avant les élections, il pourra dire aux Européens (lire : aux Allemands) : voyez, nous avons essayé de le remplacer, mais le peuple de Transnistrie le soutient, nous ne contrôlons pas la situation. / Si Kaminski gagne, le Kremlin dira : voilà, nous vous avons mis un plus jeune et plus réformiste à Tiraspol, voyez avec lui. »

 

Cristian Ghinea précisait que Kaminski non plus n’était pas prêt à sacrifier l’indépendance de son pays qui s’est constitué en 1990 sur les bords du Dniestr sous l’impulsion de la nomenklatura industrielle locale et des fonctionnaire restés fidèles à l’URSS en réaction à la politique de roumanisation de la Moldavie (dans un contexte de fièvre nationaliste qui, alors, promouvait l’idée d’une fusion dans une Grande Roumanie).

 

Peu de temps avant les élections, les grands médias y étaient allés de leur charge habituelle contre l’entité transnistrienne. Dans un article du 5 décembre dernier un correspondant du Monde, sur la base du témoignage du responsable d’une ONG moldave financée par la National endowment for democracy et USAID, et d’un défenseur de la culture roumaine en Transnistrie avait resservi le cliché du « trou noir de l’Europe » et accusé le régime de Tiraspol de n’avoir « pas seulement changé d'alphabet, avec la promotion du cyrillique, mais aussi de monnaie, de drapeau, d'histoire » (alors que la Transnistrie n’a fait qu’hériter des drapeau, alphabet et symboles en vigueur dans la Moldavie soviétique jusqu’en 1989…-  pour une rectification des contrevérités de nos médias sur la Transnistrie, voir le voyage de deux contributeurs de l’Atlas alternatif dans ce pays en 2007, et le livre qui a été publié à ce sujet).

 

Pour l'heure la publication des résultats ne cesse d'être reportée. Certaines rumeurs évoquent la percée d'un outsider, Y. Chevchouk. On parle aussi de risque de loi martiale. Ces élections sur lesquelles les pays étrangers pèsent très fortement pourraient menacer sérieusement la stabilité de l'entité des bords du Dniestr.

 

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13 décembre 2011 2 13 /12 /décembre /2011 15:34

georgie.pngSi les conflits "gelés" dans le Caucase autour de l'Abkhazie (qui a élu un nouveau président en novembre), de l'Ossétie du Sud (qui vient d'avoir des élections présidentielles plus mouvementées) et du Nagorny-Karabakh (sur lequel les négociations se poursuivent, avec les pressions diplomatiques que cela implqiue) ne font plus la "une" de l'actualité, les puissances occidentales gardent un oeil sur cette région et continue d'y avancer ses pions.

 

Le 7 octobre, le président français M. Sarkozy était à Tbilissi (Géorgie) pour rappeler la vocation européenne de la Géorgie et reprocher à Moscou d'accroître son implantation en Abkhazie  et en Ossétie du Sud. Un mois plus tard le 17 novembre, le Parlement européen adoptait une résolution défendant l'intégrité de la Géorgie et qualifiant les Républiques sécessionnistes (qui après plusieurs guerres n'ont aucune envie de réintégrer le giron géorgien) de "territoires occupés" suscitant une lettre de protestation du ministère des affaires étrangères abkhaze, mais cette résolution a valu à son rapporteur Krzysztof Lisek d'être décoré à Tbilissi de l'ordre de Saint Georges huit jours plus tard.

 

 

Le soutien européen donne des ailes au bouillant président M. Saakachvili qui vient d'annoncer son intention de créer ex-nihilo une ville nouvelle sur les bords de la Mer noire, Lazica, à deux pas de la frontière abkhaze qui devrait devenir un très grand port de et une cité de 500 000 habitants d'ici dix ans. Le but déclaré de Saakachvili est de concurrencer la capitale Abkhaze Soukhoumi. "En dépit des plans échaffaudés par l'ennemi, nous allons créer cette nouvelle grande ville, qui sera bien plus grande que ne l'est actuellement Soukhoumi, et qui sera une base ferme pour permettre à la Georgie de définitivement retourner dans ses territoires perdus car la Géorgie n'est bien sûr pas envisageable sans l'Abkhazie" a affirmé Saakachvili. Peu de temps après l'élection d'Obama le vice-président Biden avait incité Tbilissi à jouer la carte économique pour créer un pôle d'attraction qui destabiliserait l'Abkhazie, en l'absence de possibilités de la reconquérir militairement (cf le livre Abkhazie).

 

On apprenait par ailleurs la semaine dernière que le Centre de la politique européenne, la Eurasia Partnership Foundation et “Robert Bosch Stiftung” organiseront demain 14 décembre à Bruxelles une conférence intitulée “La lutte pour l'influence dans le Caucase du Sud: Quel rôle pour l’Union européenne” (un titre qui pose clairement l'enjeu en terme de rivalité avec Moscou). Robert Bosch Stiftung est une fondation financée par la société d'ingénierie multinationale et d'électronique du même nom (mais plus connue sous le nom de Bosch) basée près de Stuttgart. Bosch joue un rôle important dans les pipelines d'Azerbaïdjan, et possède aussi des intérêts industriels en Géorgie. Eurasia Partnership quant à lui, créé en 2008, sous des airs "européens" fait partie en réalité d'un réseau basé à Washington, la Eurasia Foundation. A l'origine financée uniquement par le gouvernement étatsunien, elle reçoit aujourd'hui des fonds diversifiés des agences des Nations Unies, de la « Swedish International Development Cooperation Agency (Sida) », des gouvernements de la Norvège et de la Finlande, de l’Ambassade de Grande-Bretagne et l’Ambassade de Pologne, d' une institution danoise, des fondations allemandes ainsi que d’un certain nombre de firmes privées (Chevron, Microsoft, Philip Morris etc, elle semble d'ailleurs liée à la Fondation Soros puisque une des membres de son conseil d'administration fait partie de l'International Crisis Group). Le président du conseil de gestion est Jan Kalicki, ancien conseiller de Bill Clinton (proche donc des démocrates américains comme Soros) et aujourd'hui attaché à la compagnie pétrolière Chevron.

 

Sanaa Amrani

 

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12 décembre 2011 1 12 /12 /décembre /2011 11:08

csto.pngComme en Libye et en Syrie, la question de la récupération de l'opposition populaire par les puissances occidentales est aujourd'hui d'actualité après que les élections législatives du 4 décembre dernier aient accordé une courte majorité au parti "Russie Unie" de Vladimir Poutine et Dimitri Medvedev.

 

Dès le 6 décembre la bouillante secrétaire d'Etat américaine Mme  Clinton s'est empressée de qualifier d' "injuste" les élections législatives russes et a demandé uen enquête sur les fraudes présumées, à l'heure où se tendent à nouveau les relations entre Moscou et Washington sur le projet de bouclier antimissile de l'OTAN.

 

Le journaliste belge Jean-Marie Chauvier explique dans un article récent que l’association « Golos », que dirige M. Gregory Melkoyants, est un des principaux relais de l'action des Etats-Unis en Russie. Elle, "a plusieurs implantations régionales, et figure également sur les listes d’ONG assistées par National Endowment for Democracy (NED) la fondation conservatrice créée en 1983 par Ronald Reagan pour combattre l’URSS et le communisme et qui s’emploie, depuis 1991, à étendre l’influence et les clientèles de Washington dans tout l’espace ex-soviétique", précise-t-il. Les Occidentaux peuvent aussi compter sur "de nombreuses associations russes de lutte pour les Droits de l’Homme et les libertés, pour l'inventaire des crimes de l'ère soviétique, contre le racisme et la guerre en Tchétchénie. Parmi ces associations, il ne manque pas de noms connus du public occidental, vu qu’elles sont aussi les sources d’information des journalistes étrangers en poste ou en reportage à Moscou : le centre Youri Levada d’étude de l’opinion publique, la Fondation Andrei Sakharov, le Comité tchétchène de salut national,  les associations « Sova », "Memorial" etc…" .

 

Dans son compte rendu de la manifestation du 10 décembre à Moscou qui a réuni 30 à 40 000 personnes Jean-Marie Chauvier remarque que les libéraux, interlocuteurs privilégiés des Occidentaux, dirigés par Boris Nemtsov ont cherché à voler la vedette aux autres tendances présentes dans le cortège, notamment le Parti communiste (qui dépasse Russie Unie en Moyenne Sibérie -  Novossibirsk, Irkoutsk, Argansk, Omsk) et Russie Juste (le parti propulsé par le Kremlin pour concurrencer le PC et qui occupe aujourd'hui l'espace socialdémocrate). De nouvelles manifestations sont prévues les 17, 18 et 24 décembre.

 

Dans un communiqué du 12 décembre le vice président du comité central du Parti communiste de la fédération de Russie, Vladimir Kachine accuse les libéraux pro-Occidentaux d'essayer de voler la victoire au peuple et rappelle que les libéraux, qui avaient participé à la prise de la Douma par les armes aux côtés de Eltsine, ont été associés à toutes les manipulations de la présidence eltsinienne sont tout aussi autoritaires et aussi peu démocrates que Russie Unie. Le parti communiste a proposé le 7 décembre à Russie Juste une alliance électoral pour que Ziouganov soit le candidat unique de tout "le centre gauche", proposition rejetée le 10 par Russie Juste qui a désigné son propre candidat.

 

Delphine Jaen

 

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6 décembre 2011 2 06 /12 /décembre /2011 13:20

eruthrea.gifLe 5 décembre le Conseil de sécurité des Nations-Unies a voté par 13 voix pour et 0 contre un renforcement des sanctions économiques contre l'Erythrée, accusée d'apporter une aide militaire aux milices islamistes Shebab en Somalie. La Chine et la Russie se sont abstenues.

 

La version originale de la résolution rédigée par le Gabon (sous la dictée des Occidentaux selon l'Afrique du Sud) cherchait à interdire tout investissement dans le secteur des minerais du pays et toute importation en provenance de ce pays dans ce domaine, ce qui aurait lourdement contribué à asphyxier son économie dont l'avenir repose sur les découvertes récentes de nombreuses mines. La Russie et la Chine s'y sont opposés et les Occidentaux ont admis qu'elle était trop radicale. La version définitive demande seulement aux entreprises étrangères impliquées dans l'exploitation des minerais à être "vigilantes" pour que leurs ressources ne soient pas employées à la déstabilisation de la région et qui condamne l'usage des impôts de la diaspora érythréenne pour aider les Shebab et demande à l'Eythrée de ne plus "extorquer" de froce des fonds à sa diaspora. Le président érythréen Isaias Afewerki s'est plaint que le conseil de sécrutité ne lui ait même pas laissé le temps de prendre un avion pour pouvoir défendre à New York le point de vue de son pays (un empressement  occidental critiqué par l'ambassadeur russe Vitaly Chourkine). L'Erythrée est déjà sous embargo pour les livraisons d'armes et sous interdiction de visa pour ses officiels à destinations des pays occidentaux. La Grande Bretagne a menacé que d'autres sanctions pourraient frapper Asmara dans les mois à venir.

 

usmarine.jpgLe Kenya a envahi la Somalie le 16 octobre dernier tirant prétexte de l'enlèvement de touristes occidentaux (dont les milices Shebab ont démenti être les auteurs, et qui selon elles seraient l'oeuvre du gouvernement kenyan lui-même). L'Ethiopie lui a emboité le pas en novembre (alors qu'elle s'était retirée de Somalie en 2009), et les services secrets américains sont très présents dans la région, une ingérence extérieure qui, de l'avis de beaucoup, renforce politiquement les Shebab qui recueillent ainsi à leur profit le sentiment patriotique et anticolonial des populations locales. L'impact de cette guerre sur la population civile est mal connu. Dans le camp de réfugiés somaliens de Daabab au Kenya où s'entassent 500 000 personnes, une épidémie de choléra s'est déclenchée mi-novembre.

 

Djibril Cissoko

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 20:11

Cote_d-Ivoire-carte.pngL'ancien président Laurent Gbagbo a été transféré dans la nuit du 29 au 30 novembre à la Cour pénale internationale (CPI). D'autres responsables ivoiriens subiront prochainement le même sort, l'arrestation du président déchu ivoirien Laurent Ggagbo n'étant "qu'un début", selon le procureur argentin de la Cour pénale internationale (CPI) Luis Moreno-Ocampo, un inquisiteur fort controversé qui avait déjà démontré la légèreté de ses enquêtes sur le Darfour et la Libye.

 

Selon Le Figaro du 3 décembre, Gbagbo aurait été déféré à La Haye en vertu mandat d'arrêt international émis le 23 novembre par le procureur Moreno-Ocampo, sans que les magistrats de la chambre d'accusation de la Cour d’appel d’Abidjan qui avait notifié le mandat d'arrêt acceptent d'entendre sa défense et sans même avoir pu amener des bagages avec lui. La décision fait du reste suite à une rencontre secrète Ouattara- Moreno-Ocampo à Paris (selon L'Express) qui laisse entendre que le gouvernement français

 

Pour beaucoup ce transfèrement brutal à quelques jours des élections législatives du 11 décembre pourrait compromettre le processus de réconciliation nationale annoncé par Alassane Ouattara. Dès l'annonce de cette arrestation le Front populaire ivoirien (FPI), parti du président déchu a d'ailleurs annoncé sa décision de boycotter les élections.

 

Pendant ce temps le président Ouattara essaie de se concilier les chrétiens évangélistes ivoiriens autrefois favorables à Laurent Gbagbo. Il a ainsi offert un pélerinage de douze jours en Israël le 2 décembre dernier à 200 évangélistes. Il n'est pas certain que cela suffise à apaiser le climat en Côte d'Ivoire où la démocratie est loin de régner. Ainsi le 28 novembre 2011 trois journalistes de "Notre Voie" (pro-FPI) ont été arrêtés (sans que cela suscite d'émoi international).

 

L'ingérence de la CPI dans le processus électoral ivoirien est d'autant plus contestée par les partisans de Gbagbo que les crimes imputés au camp Ouattara, notamment le massacre de Duékoué fin mars 2009, n'ont toujours donné lieu à aucune investigation.

 

Le transfèrement de Gbgbo n'a guère suscité d'éditoriaux ou de communiqués en France. Citons juste une réaction favorable prévisible, celle du rédacteur en chef du Nouvel Observateur (centre-gauche) Jean-Marie Bouguereau qui demande que le même sort soit infligé au président syrien Bachar el Assad, et le communiqué du Parti communiste français qui critique la décision de la CPI et les méthodes de la Françafrique.

 

Delphine Jaen

 

 

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4 décembre 2011 7 04 /12 /décembre /2011 17:42

latinamerica.jpgLe 2 décembre trente-trois chefs d’État étaient réunis à Caracas (Venezuela) pour lancer la CELAC. CELAC est l’acronyme espagnol désignant la « Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes » (ou de la Communauté des nations d’Amérique latine et les Caraïbes). Cet organisme comprend tous les Etats du continent américain sauf les Etats-Unis et le Canada. Salué par certains commentateurs comme "un pas de plus dans la marche à la conquête de la seconde indépendance", ce sommet a fixé les plan d'action pour développer le commerce entre les pays membres (actuellement plus réduit en volume que celui avec les pays du Nord), la solidarité financière dans le respect des souverainetés nationales, la protection des migrants, la mise en place entre autres de politiques sociales et politiques énergétiques concertées.

 

Jusqu'ici l'union régionale la plus vaste ne comprenant pas les USA et le Canada était l'Union des nations d'Amérique du Sud (UNASUR) créée en 2008 à Brasilia et qui se réunissait le même jour à Caracas. Toutefois elle n'incluait pas l'Amérique centrale et les Caraïbes. L'UNASUR a déjà à son actif d'importantes réalisations notamment dans la coopération militaire et spatiale. Le blog Globalspin lié à Time.com, propragandiste des puissances du Nord, estime qu'à la différence de l'UNASUR l'efficacité de la CELAC restera purement rhétorique, et pronostique à cet organisme un avenir court, notamment parce que, selon ce blog, l'espérance de vie de Chavez serait très réduite par son cancer. Elle s'inquiète cependant de voir le Brésil cautionner ce sommet.

 

Un des facteurs du succès ou de l'échec de la CELAC sera la procédure décisionnaire. Les membres de la nouvelle organisation soutenaient l'idée d'une de prise de décision à l'unaniminté, mais l'Equateur (actuellement dans le collimateur des puissances du Nord sur la question de la liberté de la presse) avec un soutien limité du Mexique a avancé l'idée d'une majorité qualifiée des quatre cinquièmes.

 

Le président social-démocrate panaméen Ricardo Martinelli, pourtant réputé anti-Chavez, a proposé son pays, qui a candidaté à l'organisme de coopération pétrolière lancée par Cuba et le Venezuela Petrocaribe, comme siège de la CELAC . L'enthousiasme du président du Panama, qui a eu des mots très favorables au président équatorien proche d'Hugo Chavez Rafael Correa sur la presse, et qui a proposé l'existence d'un secrétariat permanent de la CELAC tranche avec la prudence du Brésil qui veut que cet organisme demeure léger et n'a pas voulu en prendre la tête. Ce ralliement d'un pays aussi peu "bolivarien" que le Panama à la CELAC est peut-être le signe que l'organisme a un potentiel qui va bien au delà de la personnalité de Chavez.

 

Alors que le thème est peu débatu en Europe, il se peut bien que la complaisance des élites étatsuniennes et européennes (y compris de gauche) pour les guerres humanitaires, ait contribué à affermir la volonté de l'Amérique latine de s'unir sans les pays du Nord. Comme le rappelle le chroniqueur Juan Manuel Karg : "Alors que dans une Europe rendue amnésique par les grands médias, on a vu des "intellectuels" de gauche se convertir à la « guerre humanitaire » et défendre peu ou prou une guerre meurtrière en Libye, il est bon de citer la présidente argentine Cristina Fernandez « Quand je vois les pays dits civilisés régler leurs affaires à coups de bombes, je me sens fière d´être sud-américaine »."  Pourtant Cristina Fernandez n'est pas la plus radicale des dirigeants latino-américains...

 

Sanaa Amrani

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2 décembre 2011 5 02 /12 /décembre /2011 11:19

syrie.pngDepuis quelques jours, l'option d'une intervention militaire contre la Syrie sur le modèle libyen semble faiblir.

 

Le 1er décembre le secrétaire général de l'Organisation de coopération islamique, Ekmeleddin Ihsanoglu a déclaré que l'OCI  était hostile à la mise en oeuvre d'un scénario à la libyenne.Même le président  du "Conseil national syrien" (CNS) le 2 décembre dans le Wall Street journal a affirmé qu'il refusait cette option.

 

La Ligue arabe après avoir suspendu la Syrie dans des conditions tumultueuses reste sur la ligne de l'embargo économique et de l'envoi d'observateurs, et même la Turquie semble avoir modéré ses visées bellicistes.

 

Le 24 novembre les Etats-Unis ont déployé un porte-avion au large de la Syrie.

 

Cette nouvelle modération des interventionnistes pourrait s'expliquer par la montée de la tension entre les Etats-Unis et la Russie. Après que les Etats-Uis aient envoyé en Méditerranée orientale le porte-avion George Bush, le président Medvedev aurait dépêché vers la Syrie trois vaisseaux dirigés par le porte avion Amiral Kuznetsov dont on ne sait pas encore avec précision s'ils sont destinés à s'installer à mouiller dans les eaux du port de Tartous en Syrie ou  à rester en haute mer. A Moscou la semaine dernière, les ministres des affaires adjoints des BRICS (Brésil, Chine, Chine, Inde, Afrique du Sud) ont fait bloc derrière la Russie sur ce dossier, ce qui pourrait bien avoir contribué à modérer la Turquie qui, quoique désireuse de promouvoir une hégémonie des Frères musulmans de Tunis à Damas, ne peut ignorer qu'elle importe 70 % de son énergie de la Russie et de l'Iran (alliée du régime syrien).

Ces obstacles pourraient avoir conduit les puissances occidentales et leurs alliés à préférer l'ingérence indirecte par l'armement et le soutien de groupes armés sur le territoire syrien. L'hebdomadaire satyrique français Le Canard Enchaine et le quotidien turc Milliyet ont révélé que des commandos de services secrets français et britanniques entraînent l'Armée syrienne libre (ASL) aux techniques de guérilla urbaine à Hatay dans le sud de la Turquie et à Tripoli au Liban. Le nouveau regime libyen quant à lui auraot envoyé des bataillons en Syrie via la Turquie (ce qui détoune l’énergie des combattants de la guerre civile en dehors du théâtre intérieur libyen passablement instable). Et le secrétaire d'Etat Mme Clinton avait clairement annoncé à la télévision indonésienne qu’une opposition bien armée viendrait prochainement à bout du régime syrien.

 

L'ASL reste une formations assez mystérieuse. Asia Times, sur le fondement d'un témoignage direct à Homs affirme qu'il s'agit d'une simple "couverture médiatique sympathique pour des criminels". La vidéo tournée ci-dessous montre en tout cas qu'ils agissent librement et à visage découvert désormais à Baba Amr et Homs.

 

 

Fondée en juillet dernier, l'ASL qui revendique 15 000 déserteurs serait plus radicale sur le plan miitaire que le CNS selon Emile Hokayem, de l'Institut international pour les études stratégiques. En revanche elle serait moins religieuse que le CNS (dont le secrétariat général comporterait 10 islamistes sur 19 membres) si l'on en croit l'étude de Ryan Mauro pour Assyrian International News Agency. S'il est clair qu'elle est à même aujord'hui d'attaquer les services gouvernementaux à l'arme lourde, les origines de son armement sont mal connues. Tony Cartalucci de GlobalResearch.ca parle de livraison d'armes américaines, turques et même israéliennes, mais ne cite aucune source ce qui jette de sérieux doutes sur cette affirmation pour le moment. Le colonel Asaad qui dirige l'ASL a déclaré à Al Jazeera le 19 novembre que ses armes proviennent uniquement des prises faites à l'armée régulière et que "pas une seule balle" ne transite de la Turquie vers ses troupes en territoire syrien.

 

Delphine Jaen

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24 novembre 2011 4 24 /11 /novembre /2011 19:28

myanmar.pngDans une semaine le secrétaire d'Etat étatsunien Hillary Clinton sera à Naypyidaw (nouvelle capitale qui a remplacé Rangoon), première visite d'un officiel américain de ce rang depuis 50 ans. « Mme Clinton soulignera l'engagement américain à une politique d'engagement de principe et à un dialogue direct dans le cadre de notre double approche», a déclaré son porte-parole , soulignant qu'elle va « confirmer le soutien pour les réformes dont nous avons témoigné ces derniers mois et discuter de la poursuite de ces réformes dans des domaines clés, ainsi que des mesures que les États-Unis peuvent prendre pour renforcer ces progrès ».

 

Le 17 novembre le président Barack Obama avait appelé à l’instauration de nouvelles relations entre les Etats-Unis et la Birmanie et l'Asean le même jour avait confié la présidence tournante de son organisation à la Birmanie en 2014.  Quelques jours plus tôt, le 10 novembre, le ministre des affaires étrangères japonais Koichiro Gemba et son homologue indonésien Marty Natalegawa étaient tombés d'accord pour accroître la coopération avec la Birmanie et l'assister dans sa "transistion démocratique".

 

Ce spectaculaire rapprochement avec les Occidentaux est le résultat de la politique impulsée par le nouveau président de la République (et général) Thein Sein auquel la junte militaire a laissé place au terme d'élections contrôlées destinées à mettre en place un gouvernement civil. Depuis lors le gouvernement birman a entrepris des réformes politiques et économiques dans le pays, y compris la poursuite des privatisations initiées par le précédent gouvernement et la libération très remarquée de milliers de prisonniers politiques (dont les membres de l’Association des Moines de toute la Birmanie responsable des émeutes de 2007) ainsi que la reprise du dialogue avec l'opposante Aung San Suu Kyi.

 

La nouvelle orientation de Thein Sein s'accompagne aussi d'un rééquilibrage géopolitique. Rangoon a pris ostensiblement ses distances avec son protecteur chinois en gelant les travaux sur un grand barrage construit par les Chinois dans le nord du pays (Myitsone),

 

En contrepartie la Birmanie s'est rapprochée de l'Inde où s'est récemment rendu le président birman (alors que la junte en 1988 avait expusé un demi million d’Indiens de son territoire).

 

Pour autant même les analystes indiens comme G. Parthasarathy dans le journal The Hindu estiment que l'alliance avec la Chine restera difficilement contournable, du fait de son poids économique dans le pays (secteurs de la construction, de l'armement etc.). La Chine est aussi un partenaire important pour la gestion des conflits ethniques à la périphérie de la Birmanie. En particulier des tensions ont surgi récemment à la frontière nord du pays avec la milice qui défend le territoire des Kokang, le seul peuple de langue chinoise de Birmanie, des tensions qui s'ajoutent à la reprise de la guerre au Kachin (après 17 ans de cessez-le-feu) en juin dernier.

 

La Chine est d'autant plus susceptible de garder une influence en Brimanie qu'au sein même du gouvernement de ce pays l'option de la libéralisation et de l'ouverture sur l'Occident est loin de faire l'unanimité. Ainsi le ministre de l'information, le général Kyaw Hsan, dans un discours récent à la chambre basse à Naypyidaw a comparé les médias à des "fourmis rouges" et a jugé que la liberté de la presse avait plus d'inconvénients que d'avantages.

 

En tout cas le processus de libéralisation offre aux Occidentaux de nouveaux points d'appuis pour peser sur la politique birmane. Alors que les donnateurs comme la National Endowment for Democracy soutiennent moins les groupes réfugiés en Europe et aux Etats-Unis, leur intérêt se porte, comme l'a évoqué l'ambassadeur danois en Birmanie en févier dernier, vers Egress, une ONG dirigée par Nay Win Maung qui prétend incarner une opposition modérée, troisième voie entre l'armée et Aung San Suu Kyi, et qui a soutenu le processus électoral de février dernier. Nay Win Maung, fils de militaire et ancien étudiant de Yale, que le gouvernement a choisi comme intermédiaire avec Oxfam après le passage du cyclone  Nargis, possède deux magazines dans lesquels il traduit des articles étrangers. Selon le Washington Post, il serait une sorte de représentant officiel de la société civile birmane que l'armée aurait mis en avant pour contribuer à la transition douce à l'oeuvre depuis mars dernier. Il serait à ce titre un acteur important du rapprochement birmano-étatsunien auquel on assiste aujourd'hui.

 Djibril Cissoko

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 16:04

baghdad-bank.jpgLe chef d'Etat major irakien Babaker Zebari est en visite à Téhéran. A cette occasion son homologue iranien le général Pakpour a souligné que l'Iran n'épargnerait aucun effort pour aider les Irakiens à construire la sécurité dans leur pays.


Il a ajouté que le retrait des forces étrangères d'Irak était l'occasion pour les Irakiens de commencer à prendre en main leur destinée. Cela pourrait augurer d'une alliance irano-irakienne après le départ des Américains que Washington depuis le second mandat de George W. Bush souhaitait rendre effectif fin 2011.

 

Cependant rien n'est simple car le même Babaker Zebari aurait déclaré selon un rapport de l’Inspecteur général spécial américain pour la reconstruction de l’Irak publié le 1er novembre que les forces de sécurité irakiennes n’auront pas la capacité « sans l’aide de partenaires internationaux » de défendre l’espace aérien et les frontières du pays jusqu’à l’horizon 2020 à 2024, ce qui laisse entendre qu'il compterait davantage sur les Etats-Unis que sur l'Iran pour protéger son pays. En tout état de cause les Etats-Unis laisseront 5 500 employés de sécurité privés sur place après leur retrait d'Irak, 16 000 employés militaires et civils dans leur plus grande ambassade au monde (à Bagdad) et renforceront leur présence militaire dans les pétromonarchies.

 

La difficulté pour l'irak de choisir entre son mentor étatsunien et ses sympathies iraniennes se reflète aussi dans sa diplomatie au quotidien. Bagdad s'est abstenue sur la suspension de Damas (allié de l'Iran) de la Ligue arabe (sans pouvoir aller jusqu'à voter contre comme le Liban et le Yémen), il a sévèrement critiqué les sanctions prises ensuite par cet organisme.L'Irak à majorité chiite aurait en effet beaucoup à perdre à voir s'installer à Damas un gouvernement sunnite favorable à l'Arabie Saoudite, lequel ne manquerait d'ailleurs pas de renvoyer en Irak les milliers de réfugiés de la guerre de 2003 séjournant en Syrie, parmi lesquels de nombreux partisans de Saddam Hussein dont la résistance armée en Irak s'est encore montrée active l'an dernier.

 

  Sanaa Amrani

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15 novembre 2011 2 15 /11 /novembre /2011 13:27

sweet-crude.jpgDans la concurrence mondiale que se livrent la Chine et les Etats-Unis pour le contrôle du pétrole, la Chine a marqué quelques points ces derniers temps : elle a ainsi persuadé le Kazakhstan et l'Angola de résilier des contrats pétroliers passés avec les Etats-Unis pour signer plutôt des accord avec elle.

 

Les Etats-Unis cherchent-ils une revanche au Sud-Soudan ? Un projet d'oléoduc est en tout cas à l'étude, a-t-on appris en juillet, pour acheminer le pétrole du Sud-Soudan vers le Kenya (engagé en Somalie dans la lutte contre les milices islamistes Shebab), ce qui marginaliserait définitivement le Nord. Les revenus de ce pétrole pourraient au passage servir à récompenser les alliés de Washington (le gouvernement de Nairobi, mais aussi celui de l'Ouganda (où Washington vient d'envoyer des hommes), ainsi qu'à lutter contre les groupes armés qui, dans le Sahel, ne manqueront pas de proliférer avec notamment la dissémination des armes issues de la guerre civile libyenne.

 

Selon l'analyste militaire Brian M Downing,la Chine qui a des intérêts pétroliers aussi bien au Nord-Soudan qu'au Sud a tout intérêt de ménager les deux pays, ec qu'a confirmé David Loro Gubek, sous-secrétaire au ministère de l'énergie du Sud-Soudan. Les Etats-Unis, eux pourraient avoir un intérêt à obtenir un "changement de régime" au Nord-Soudan ce qui leur permettrait d'augmenter les bénéfices qu'ils ont obtenus de la sécession de leurs alliés du Sud.

 

Le Nord Soudan, depuis qu'il a perdu le pétrole du Sud (75 % des réserves, alors que les raffineries sont au Nord), traverse une grave crise économique. L'inflation y a atteint 19,8 % en octobre. L'opposant en exil à Londres Farouk Abu Issa a déclaré hier que Khartoum serait "candidate pour la prochaine révolution arabe". En août dernier les Etats-Unis ont dû retirer au Conseil de sécurité de l'ONU un projet de résolution condamnant le Nord-Soudan pour sa répression des rebelles pro-sudistes dans l'Etat du Kordofan du Sud en raison de la menace de veto sino-russe. Mais le 10 novembre dernier, le président sud-soudanais Salva Kiir a de nouveau accusé le Nord de bombarder son territoire dans la région de Guffa (Etat du Haut-Nil). Tirant prétexte de ces conflits frontaliers les Etats-Unis, qui s'étaient pourtant engagés à lever les sanctions en échange de la reconnaissance de l'indépendance du Sud les ont prolongées début novembre.

 

Cette situation délicate explique peut-être que Khartoum ait voté le 12 novembre pour la suspension du siège du gouvernement syrien à la Ligue arabe (tout comme l'Algérie). Le gouvernement nord-soudanais a  par ailleurs saisi le Conseil de sécurité pour le convaincre que le Sud soutenait les guérillas actives sur son territoire dans les Etats du Nil-Bleu et du Kordofan du Sud. L'issue de la bataille diplomatique reste des incertaines.

 

DC

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