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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 22:24

obamaL'Afrique du Sud est la deuxième étape d'une tournée africaine d'une semaine du président américain Barack Obama qui, après le Sénégal, doit le mener en Tanzanie. Il a été accueilli samedi (après la dispersion par la police de quelques centaines de manifestants hostiles) par des chants chaleureux, des applaudissements et des rires de jeunes Sud-Africains dans une université à Soweto. Apparemment la promesse d'un partenariat économique entre les USA et l'Afrique est un slogan qui a séduit certains jeunes dans ce pays, autant que l'hommage que le président américain a rendu à l'ancien leader de l'ANC aujourd'hui dans un état de santé critique Nelson Mandela.

 

En réponse à cet accueil Obama a tenu un discours adapté à son public  :"J'ai été élu pour mettre fin aux guerres", a-t-il dit, ajoutant qu'il visite régulièrement les jeunes soldats américains qui ont été gravement blessés en Irak et en Afghanistan."Cette idée que nous cherchons à nous impliquer davantage militairement partout dans le monde n'est pas vraie" a-t-il ajouté.

 

Pour autant cette visite ne fait pas l'unanimité en Afrique du Sud. Buti Manamela, secrétaire national de la Ligue des jeunes communistes (YCL)  après avoir mobilisé un millier de manifestants à Prétoria devant l'ambassade des Etats-Unis vendredi a rappelé qu' «en réalité, Obama est ici pour les relations commerciales, et non pour le bénéfice du continent, mais le profit de l'impérialisme américain. L'avantage des entreprises américaines à continuer de violer nos ressources en minerais ". Selon lui les Américains "voient que la Chine est déjà là. C'est à cause de cette menace posée par la Chine que l'Amérique est ici. Toute cette histoire (le voyage en Afrique) est influencée par le fait que l'économie de l'Afrique est en croissance".

 

Lorsque les manifestants ont atteint l'ambassade, un groupe d'activistes musulmans a tenu une séance de prière.
Les autres, portant principalement des insignes de l'YCL , les ont regardés prier. De nombreux policiers se tenaient à l'entrée fermée de l'ambassade. Les manifestants ont brûlé un drapeau étatsunien. Sur certaines pancartes des manifestants on pouvait lire: «Obama, arrête de soutenir des dictateurs en Afrique. Pas de pétrole ici, passe ton chemin »,« 100 ans de génocide en Irak. Guerre dans 100 pays. Etat voyou ». L'affiche d'un jeune garçon disait: «Non, vous ne pouvez pas m'espionner". Une autre pancarte disait: «Etats-Unis sous administration satanique". De nombreux manifestants portaient des blouses oranges et des cagoules noires. Certains portaient des tenues de camouflage et des bérets rouges. Une grande banderole portait une photo du visage d'Obama et les mots: "Rencontrez le plus grand assassin du monde". "Libérez la Palestine. Libérez le Swaziland. Libérez le Zimbabwe" faisaient aussi partie des slogans.

 

Plus tôt dans la semaine, deux groupes sud-africains avaien tenté d'obtenir des mandats d'arrêt contre le président américain Barack Obama. Mohamed Hussain Vawda, de la Société pour la protection de notre Constitution, qui a porté plainte contre Obama pour " crimes de guerre et crimes contre l'humanité " et l'Association des juristes musulmans (MLA) qui a fait une demande d'arrestation d'Obama en référé auprès de la Haute Cour de Pretoria mercredi mais cette demande a été rejetée.

 

Vendredi à la suite de la manifestation devant l'ambassade, Loyd Shivambu, ancien membre de l'ANC qui critique aujourd'hui le ralliement de ce parti au néo-libéralisme, dans le Pretoria News, approuve les manifestants. "L'administration américaine sous Obama a poursuivi la domination néo-coloniale en Irak et en Afghanistan, écrit-il, non pas à cause de la guerre contre le terrorisme, mais pour des intérêts économiques étroits, notamment le pétrole. L'administration américaine sous Obama est également coupable de continuer de soutenir l'expansion israélienne illégale et la violation du droit des Palestiniens à l'autodétermination, de sa dignité et de ses libertés fondamentales... Le Zimbabwe est sous sanctions en raison d'un plan de déstabilisation concocté par l'administration américaine et la Grande-Bretagne comme un moyen d'intimider tous les États africains et les forcer à négliger la décolonisation économique." Mais il ajoute que l'Afrique du Sud joue un rôle ouvertement sous-impérialiste. Il accuse son pays d'avoir imposé la victoire de Joseph Kabila au Congo en 2011, d'avoir tenté de défendre Bozizé en Centrafrique, et de n'avoir pas empêché "le viol impitoyable de la Libye par les forces impérialistes" en votant la résolution 1973 sur la zone d'exclusion aérienne à l'ONU, d'avoir été parmi les premiers à reconnaitre le "gouvernement marionnette des Français" de Ouattara en Côte d'Ivoire et de favoriser l'arrogance du roi Mswati au Swaziland. Il accuse enfin Jacob Zuma d'avoir adopté une politique "sécurocratique" en Afrique du Sud depuis 2009, illustrée notamment par sa proposition de force d'intervention rapide pour l'Union africaine.

 

F. Delorca

 

 

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 12:00

cambodgeUne dépêche d'une grande agence occidentale reprise sur les grands réseaux du Net : "Le gouvernement cambodgien a interdit aux stations de radio de diffuser des contenus fournis par des médias étrangers d'ici les élections législatives du 28 juillet." La dépêche se termine en citant une radio aux ordres de l'administration Obama Radio Free Asia (RFA), qui dénonce "une attaque frontale contre la liberté de la presse, la plus considérable et la plus stupéfiante de l'histoire récente au Cambodge".

 

La dépêche oublie juste de préciser que, comme le signale l'agence chinoise Xinhua : Le gouvernement du Cambodge a accusé hier la délégation de l'Union européenne d'avoir interféré dans les affaires du pays et lui a demandé de respecter la souveraineté et l'indépendance du Cambodge. Mercredi l'Union européenne avait adressé un ultimatum au gouvernement de Phnom Penh sur l'organisation des élections.

 

Il faut dire que l'ingérence anti-Hun Sen (l'actuel premier-ministre donné vainqueur aux futures élections) bat son plein. Et pas seulement en provenance de l'Union européenne. Le 7 juin derniers les sénateurs américains Lindsey Graham et Marco Rubio avaient présenté une résolution au Sénat demandant que les Etats-Unis retire son aide économique (dans un pays où 40 % des enfants souffrent de malnutrition) en raison de la  situation des "droits de l'homme" au Cambodge et de "l'échec" des réformes électorales. Aujourd'hui même en plein weekend électoral le Cambodia Daily cite le rapport établi par Thomas Lum du Congressional Re­search Service (CRS) qui critique notamment l'éviction par la commission électorale du candidat néo-libéral populiste Sam Rainsy en exil en France qui a été condamné à 12 ans de prison pour avoir saccagé des bornes frontalières avec le Vietnam en 2009 et qui est parfois présenté comme le "golden boy" des Etats-Unis.

 

Tout en entretenant de bons rapports avec les Etats-Unis, mais entretient aussi une politique d'amitié avec la Chine et adopte parfois des positions hétérodoxes à l'ONU : en février 2012 il s'était, comme Moscou, Pékin, La Havane et Caracas contre une résolution de l'ONU condamnant la répression gouvernementale en Syrie. En septembre 2011 il s'était absenté lors du vote de reconnaissance du Conseil national de transition libyen.

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26 juin 2013 3 26 /06 /juin /2013 14:36

hezb.png"La ville de Saïda panse ses blessures, le cheikh intégriste Ahmad al-Assir en fuite, la classe politique apporte son soutien à l’armée. La Syrie s’en félicite et l’Autorité palestinienne exhorte les camps palestiniens à se désolidariser des organisations terroristes. Les pro-Hariri louvoient. Silence radio dans les capitales occidentales" (Afrique-Asie)

 

Cheikh Ahmad al-Assir, cheikh salafiste financé par le Qatar (selon Al Manar) qui avait défié le hezbollah chiite à Saïda par des sit ins de masse en 2012 avait attaqué dimanche 23 juin 2013 un barrage de l’armée libanaise après l’interpellation d’un de ses lieutenants, Fadi Beirouti et de son convoi armé. Des quantités "énormes" d’explosifs et d’armes ont été découvertes à son QG (L'Orient le Jour).

 

Au Qatar l'émir engagé dans des politiques interventionnistes tous azimuts du Mali à la Syrie Cheikh Hamad ben Khalifa Al Thani a dû cette semaine cèder le pouvoir à son fils, cheikh Tamima semble-t-il sous la pression de Washington qui souhaite un apaisement au Proche-Orient où la politique de la tension a jusqu'ici échoué. Par ailleurs l'actuel ministre des Affaires intérieures, cheikh Abdoullah ben Nasser al Thani, va être nommé à la tête d'un nouveau gouvernement au Qatar. La mouvance chiite libanaise évoque aussi l'existence d'une tentative de révolution de palais en Arabie Saoudite évitée in extremis par les Etats-Unis (mais l'info n'est pas confirmée par d'autres sources).

 

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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 00:32

Asia Time :

 

"Paradoxically, it suits the US geo-strategy to have the Taliban return to power and Afghanistan becoming an "Islamic" state. The talks in Doha aim at working out the ground rules of a "peaceful co-existence" between the US and the Taliban.

What Russia would apprehend is that it is a matter of time before this co-habitation between the US and the Taliban would mutate into a tacit "division of labor" between the two protagonists with regard to Central Asia. The strengthening of the Russian military presence in Tajikistan anticipates such a turn of events in the geopolitics of the region.

On Thursday in Kyrgyzstan, the country's parliament overwhelmingly voted in favor of the government's decision determining July 11, 2014, as the date by which the US should vacate its military personnel and equipment from the Manas air base."

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15 juin 2013 6 15 /06 /juin /2013 10:37

obama.jpg

Après la France et le Royaume-Uni, et sous les encouragements de l'ex-président Bill Clinton, les Etats-Unis se sont ralliés à l'idée d'armer les rebelles syriens, à l'heure où le gouvernement de Bachar El-Assad est en train de remporter des victoires décisives contre celle-ci. La décision aurait été prise bien avant le prétexte de la soi-disant utilisation d'armes chimiques par les forces gouvernementales. La nomination  de la très interventionniste ambassadrice à l'ONU Susan Rice (celle qui avait qualifié le véto russo-chinois de "dégoûtant") au conseil national de sécurité par Obama (elle sera remplacée à son poste par la non moins interventionniste Samantha Power) avait donné le "la" au début du mois de l'orientation de l'administration étatsuniennes. Cette orientation pourrait aussi être un exutoire aux révélations sur le programme de surveillance Prism mis au point par la National Security Agency (NSA) par l'informaticien Edward Snowden.

 

syrie.pngLa décision a suscité des réactions négatives de la part d'autorités d'ordinaire bienveillantes à l'égard de Washington comme le secrétaire général des Nations-Unies ou le gouvernement allemand.

 

Selon l'expert Christopher Harmer dans USA Today, les armes seront livrées à la Turquie par avion, puis transiteront par camion ou par train jusqu'à la frontière turco-syrienne. Les obstacles techniques à la mise en oeuvre des livraisons d'armes sont nombreux, notamment quant aux moyens d'éviter qu'elles tombent entre les mains d'Al Nosra et Al Qaida.

 

Les Etats-Unis envisagent aussi de mettre en oeuvre une zone d'exclusion aérienne sur le modèle libyen de 2011. Le projet pourrait s'appuyer sur la Jordanie qui s'est dotée récemment de missiles Patriot, tandis que la Turquie, agitée par des révoltes, n'est plus un partenaire assez stable pour ce genre d'opération.

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 13:24

latinamerica.jpgFin mai, à l'occasion du VIIe sommet de Cali, le Costa Rica a rejoint l'Alliance du Pacifique, constituée en 2012 par le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou. Beaucoup voient dans cette alliance un renouveau du projet de zone de libre-échange des Amériques (ALCA) mis en échec par l'alliance Kirchner-Chavez il y a huit ans.

 

La chaîne vénézuélienne Telesur le 23 mai a critiqué le projet libéral de zone de libre échange en montrant notamment que le traité commercial entre les Etats-Unis et la Colombie inspiré par la même philosophie impliquerait  des suppressions d'emplois dans le secteur industriel colombien et le déplacement de 100 000 paysans. Elle dresse un bilan semblable du traité du Mexique avec les Etats-Unis et le Canada (TLCAN). L'économiste Pedro Pineda estime que l'intégration de l'Alliance du Pacifique pouvait être tourné contre un Mercosur, lequel est conçu sur la base d'un plus grand dirigisme étatique.

 

 

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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 10:55

Côte d'Ivoire-carteDans un entretien accordé à l'hebdomadaire Le Nouvel Observateur le 5 juin, le ministre ivoirien du Commerce, de l'Artisanat et de la Promotion des PME, Jean-Louis Billan, dénonce les conditions d'attribution du deuxième terminal à conteneurs au groupement franco-suisse Bolloré-APM Terminal-Bouygue. Le premier avait été cédé à Bolloré par Gbagbo gratuitement (seul un avenant au contrat a permis d'obtenir le versement d'une compensation de 30 millions d'euros en 2012), et selon M. Billon (qui est le frère du dirigeant de la société Movis concurrente de Bolloré en alliance avec associé les groupes français CMA CGM et Necotrans ainsi que le philippin ICTSI) à cause du monopole de Bolloré sur le premier terminal, la manutention portuaire y est parmi les plus chères de la sous-région, de 20 à 30% en plus selon certaines estimations. Ce manque de compétitivité engendrerait des coûts qui se répercutent directement sur le consommateur ivoirien.

 

Le président Alassane Ouattara avait été soutenu par le groupe Bolloré à partir de 2011 ainsi que par Nicolas Sarkozy, ami du groupe, qui avait organisé une opération militaire pour l'installer à la présidence de la République en lieu et place de Laurent Gbagbo. L'épouse d'Alassane Ouattara, Dominique Folloroux, femme d'affaire et ancienne intermédiaire du président Houphouët-Boigny, est de longue date proche de Bouygue et de Bolloré, dont la présidente des filiales en Côte d'Ivoire avait assisté au mariage des Ouattara en 1991 à Paris.

 

FD

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 17:50

Lu sur le blog İnsanlik Hali :

 

"Pour mes amis qui vivent à l'extérieur de la Turquie:

 


repression.jpgJe vous écris pour vous faire savoir ce qui s'est passé à Istanbul au cours les cinq derniers jours. Personnellement, je dois écrire cela parce que la plupart des sources médiatiques sont fermées par le gouvernement et le bouche à oreille et l'Internet sont les seuls moyens laissés pour nous de nous expliquer et demander de l'aide et du soutien.

 

Il y a quatre jours, un groupe de personnes qui n'appartenaient à aucune organisation ou idéologie spécifique se sont réunies dans le parc Gezi d'Istanbul. Parmi eux, il y avait beaucoup de mes amis et étudiants. Leur raison était simple: prévenir et protester contre la démolition prochaine du parc pour la construction encore d'un autre centre commercial au centre de la ville. Il existe de nombreux centres commerciaux à Istanbul, au moins un dans chaque quartier! L'abattage des arbres devait commencer tôt jeudi matin. Les gens sont allés au parc avec leurs couvertures, des livres et des enfants. Ils ont planté leurs tentes et ont passé la nuit sous les arbres. Tôt le matin lorsque les bulldozers ont commencé à tirer sur les arbres centenaires. Les militants se sont levés contre eux pour arrêter l'opération.

 

Ils n'ont rien fait d'autre que de rester devant les machines.

 

Aucun journal, aucune chaîne de télévision n'était là pour présenter la manifestation. C'était un complet black out médiatique.

 

Mais la police est arrivée avec des véhicules à canons à eau et de gaz au poivre. Ils ont chassé les gens sur le parc.

 

Dans la soirée, le nombre de manifestants a grossi. De même que le nombre de forces de police à travers le parc. Pendant ce temps le gouvernement local d'Istanbul fermait tous les accès menant à la place Taksim, où le parc Gezi est situé. Le métro a été fermé, les ferries ont été annulées, les routes ont été bloquées.

 

Pourtant, de plus en plus de gens ont fait leur chemin jusqu'au centre de la ville à pied.

 

Ils sont venus de tous les coins d'Istanbul. Ils sont venus de tous les milieux différents, des idéologies, des religions différentes. Ils se sont tous réunis pour empêcher la démolition de quelque chose de plus grand que le parc:

 

Le droit de vivre comme des citoyens honorables de ce pays.

 

Ils se sont rassemblés et ont défilé. La police les a chassés avec des spray au poivre et des gaz lacrymogène et ont foncé avec leurs chars sur les gens qui en retour offraient de la nourriture à la police. Deux jeunes gens ont été écrasés par les chars et ont été tués. Une autre jeune femme, une de mes amis, a été touchée à la tête par une des bombes lacrymogènes. La police tirait directement dans la foule. Après une opération de trois heures, cette amie est toujours en unité de soins intensifs et dans un état très critique. Au moment où j'écris cela, nous ne savons pas si elle va s'en sortir. Ce blog est consacré à elle.

 

Ces gens sont mes amis. Ce sont mes étudiants, mes parents. Ils n'ont aucun «agenda caché» comme l'Etat aime à le dire. Leur agenda est là. Il est très clair. Le pays tout entier est vendu à des sociétés par le gouvernement, pour la construction de centres commerciaux, des condominiums de luxe, des autoroutes, des barrages et des centrales nucléaires. Le gouvernement est à la recherche de n'importe quelle excuse (et il l'inventera si nécessaire) pour attaquer la Syrie contre la volonté de son peuple.

 

En plus de tout cela, le contrôle du gouvernement sur la vie personnelle de son peuple est devenu insupportable. L'Etat, en vertu de son programme conservateur a adopté plusieurs lois et règlements concernant l'avortement, la naissance par césarienne, la vente et la consommation d'alcool et même la couleur du rouge à lèvres porté par les hôtesses de l'air.

 

Les gens qui marchent vers le centre d'Istanbul réclament leur droit de vivre librement et de recevoir la justice, la protection et le respect de l'État. Ils exigent d'être impliqués dans les processus de prise de décision au sujet de la ville où ils vivent.

 

Ce qu'ils ont reçu à la place est la mise en oeuvre d'une force excessive et d'énormes quantités de gaz lacrymogène tirées directement en direction de leurs visages. Trois personnes ont perdu leurs yeux.

 

Pourtant, ils continuent leur marche. Des centaines de milliers de gens se joignent à eux. Plus de deux mille personnes ont passé le pont du Bosphore à pied pour soutenir le peuple de Taksim.

 

Aucun journal ou chaîne de télévision n'était là pour rapporter les événements. Ils étaient occupés à diffuser des nouvelles à propos de Miss Turquie et du "chat le plus étrange du monde".

 

La police a continué de courir après les gens et en les pulvérisant avec spray au poivre si bien que les chiens et chats errants ont été empoisonnés et en sont morts.

 

Les écoles, les hôpitaux et même des hôtels 5 étoiles à travers la place Taksim ont ouvert leurs portes aux blessés. Les médecins rempli les salles de classe et des chambres d'hôtel à prodiguer les premiers soins. Certains policiers ont refusé de pulvériser des personnes innocentes avec des gaz lacrymogènes et ont quitté leur poste. Autour de la place ils ont mis des brouilleurs pour empêcher la connexion Internet et les réseaux 3G ont été bloqués. Les résidents et les entreprises de la région ont fourni leur réseau sans fil gratuit aux gens dans les rues. Les restaurateurs leur ont offert de la nourriture et de l'eau gratuitement.

 

Des personnes à Ankara et Izmir se sont réunies dans les rues pour soutenir la résistance à Istanbul.

 

Les médias grand public continuaient de montrer miss Turquie et "le chat étrange du monde".

 

***

 

Je vous écris cette lettre pour que vous sachiez ce qui se passe à Istanbul. Les médias ne vous diront rien de tout cela. Pas dans mon pays au moins. S'il vous plaît envoyez le plus grand nombre d'articles que vous voyez sur l'Internet et passer le mot.

 

Comme j'ai publié des articles qui expliquent ce qui se passe à Istanbul sur ma page Facebook hier soir quelqu'un m'a posé la question suivante:

 

«Qu'espérez-vous gagner en vous plaignant de notre pays aux étrangers?»

 

Ce blog est ma réponse.

 

Par ce qu'on appelle «se plaindre» au sujet de mon pays, je suis l'espoir de gagner:

 

La liberté d'expression et de parole,

 

Le respect des droits de l'homme,

 

Le contrôle sur les décisions que je prends concernant mon sur mon corps,

 

Le droit de se réunir légalement dans n'importe quelle partie de la ville sans être considéré comme un terroriste.

 

Mais plus que tout vous passant ce message, mes amis qui vivez dans d'autres parties du monde, j'espère obtenir votre prise de conscience, votre soutien et votre aide!

 

S'il vous plaît diffusez ce message et partagez ce blog.

 

Je vous remercie! "

 

  Traduction par Delorca Atlas alternatif, aussi publié sur Actualuttes

 

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 11:15

Six jours après les élections législatives et sénatoriales du 26 mai la présidence de la Guinée Equatoriale revendiquait hier "la majorité absolue dans toutes les circonscriptions" pour le parti présidentiel, le Parti démocratique de Guinée équatoriale (PDGE).

 

Le Collectif de Solidarité avec les Luttes Sociales et Politiques en Afrique (qui se réunit  tous les mois à la Bourse du travail à Paris) dénonçait des élections "dans un climat de terreur" (dans un communiqué signé notamment par le Parti de gauche, le NPA et Europe Ecologie les Verts). Le principal parti d'opposition membre de l'international socialiste Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), parle d' "élections bidons". Le parti présidentiel lui-même ne cache pas des manoeuvres étranges comme le don de 6 millions de francs CFA à la coopérative municipale des taxis de Bata afin qu'elle fasse campagne pour lui..

 

Les élections en question sont censées préparer la désignation du fils de l'actuel président Teodoro Obiang Nguema, Teodorin Obiang aujourd'hui deuxième vice-président chargé de la Défense et de Sécurité publique, comme successeur de celui-ci à la tête de l'Etat. Après avoir fait l'objet d'une tentative de coup d'Etat avec la complicité d'agents américains, britanniques et espagnols à l'époque de George W Bush en 2004, et malgré les poursuites judiciaires lancées contre lui en France dans le cadre de l'affaire des "biens mal acquis" le régime d'Obiang a maintenu son autorité sur le pays avec le soutien de ses voisins africains et des pouvoirs financiers occidentaux. Fin mai à l'issue des élections, la chef de la délégation de l'Union africaine, l'ancienne premier ministre sénégalaise Mame Madior Boye a appelé les partis politiques à accepter les résultats des élections, à n'utiliser que les moyens légaux en cas de litige, et à travailler ensemble pour construire la démocratie en Guinée équatoriale.

 

Les puissances occidentales n'ont pas manqué au cours de la campagne électorale de manifester leur soutien à l'opposition social-démocrate : le 17 avril 2013,  les ambassadeurs des pays de l'Union européenne (UE) accrédités à Malabo Manuel Gómez-Acebo, l'ambassadeur d'Espagne , François Barateau Ambassadeur de la République française, et Jean-Eric Holzapfel, Ministre Conseiller de la Délégation de l'Union européenne avaient reçu le secrétaire général de la CPDS, qui avait rencontré l'ambassadeur des Etats-Unis un peu plus tôt le 12 avril.  Le président de la Guinée équatoriale, pour sa part, était présent au dernier sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) le 27 mars dernier.

 

Selon Global Witness, malgré les milliards de dollars de revenus pétroliers, 77 pour cent des Équato-Guinéens vivent en dessous du seuil de pauvreté, 35 pour cent meurent avant l'âge de 40 ans , et 58 pour cent n'ont pas accès à l'eau potable. La mortalité infantile a augmenté depuis les années 1990. La Guinée équatoriale n'est pas le seul pays d'Afrique centrale où l'élite peut voler les pauvres. Le coût de la corruption dans l'ensemble du continent africain a été estimé à 148 milliards de dollars par an , ce qui représente 25 pour cent du produit intérieur brut du continent. 

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 11:24

Le 28 mai dernier, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, qui s'exprimait lors d'une visite au Niger où des kamikazes ont attaqué une mine d'uranium françaises la semaine dernière, a déclaré qu'il y avait des signes que le Sud de la Libye (le Fezzan) livré à l'anarchie devenait un refuge pour les groupes islamistes dans le Sahara et  a appelé les pays limitrophes africains à mener une action concertée dans cette zone (Reuters).

 

Sahelistan, le dernier livre de Samuel Laurent, un employé de sociétés privées qui fut pratiquement le seul Occidental en 2012 à sillonner le Fezzan libyen, décrit assez bien le chaos qui y règne sous les houlette des milices, et le nettoyage ethnique silencieux qui s'y déroule dans l'indifférence générale des médias occidentaux qui ont soutenu l'ingérence de Sarkozy contre le régime kadhafistes.

 

Notamment sur la base d'une enquête sur place et du témoignage de Douna, chef de la brigade 17.2 Gatrun rencontré en mai 2012 par le biais du beau-frère d'un assistant d'Abdejhakim Belhaj (ex gouverneur militaire de Tripoli), Laurent explique qu'alors que les Toubous (Africains noirs que les Libyens assimilent à des Tchadiens) ont participé à l'insurrection anti-Kadhafi (notamment la prise de la base militaire de Louer par le colonel Barca mi-juin 2011), ils ont été dénoncés comme complices de l'ancien régime par la tribu arabe des Ouled Slimane majoritaires à Sebha qui ont commis des exactions à leur égard. Après avoir mis à sac les casernes et saisi les armes, ils contrôlent Radio Sebha et en 2012 appellent régulièrement au "djihad contre les Toubous", pourtant musulmans comme eux, "avec une méthode et une rigueur qui rappellent la radio des Mille Collines au Rwanda" (p. 113). Le quartier Tayouri, bidonville sans eau courante ni électricité peuplé uniquement de civils toubous est régulièrement pris pour cibles par les canons et les mortiers des Ouled Slimane. A Zoufra près de la frontière égyptienne et soudanaise, les Toubous sont la cible de la tribu arabe des Zouayis (anciens alliés des Italiens à l'époque coloniale comme les Ouled Slimane, qui ont quitté la Libye lors de l'indépendance puis qui ont reconquis du pouvoir en Libye à partir des années 70). Les Ouled Slimane et les Zouayis, protégés par Kadhafi, ont joué les révolutionnaires à partir de 2011 tout en traficant (cigarettes, drogue, immigrants clandestins, contrefaçon) avec AQMI. Et cela avec la complicité du conseil national de transition libyen (gouvernement fantoche de la Libye porté à bout de bras par Bernard-Henry Lévy) qui nomma Abou Wahab Hassain Qaid, responsable de la sécurité de la frontière sud ... alors qu'il était le frère d'une étoile montante d'Al Qaida...

 

Samuel Laurent montre aussi comment les routes des trafics d'arme et de drogue passent désormais par la Libye du Sud où aucun contrôle n'existe. La dernière loi d'épuration des anciens kadhafistes votée sous la pression des milices islamistes assiégeant le parlement qui a conduit à la démission du ministre de l'intérieur et du président de l'assemblée nationale devrait continuer à affaiblir l'Etat central libyen lequel s'enferme dans le déni et n'a aucune chance de mettre fin aux trafics dans le sud du pays. Cette semaine le Premier ministre libyen, Ali Zeidan, a démenti que les auteurs des attentats au Niger soient venus de son pays.

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