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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 20:15

Vendredi, le Swaziland organisait le deuxième tour des élections législatives. 415 000 électeurs inscrits devaient choisir 55 députés, 10 députés seront plus nommés par le roi.

 

Les groupes d'opposition comme le parti interdit Mouvement démocratique uni du peuple (PUDEMO, membre de l'internationale socialiste) et le Réseau de solidarité du Swaziland, ont appelé à boycotter ce scrutin. Les partis politiques au Swaziland ne sont pas formellement interdits, mais il existe des restrictions sur leur création et leur fonctionnement,et l'achat des votes est la règle. Les candidats sont nommés par des autorités locales fidèles au roi dans ce pays qui reste la dernière monarchie absolue du monde. La semaine dernière, Musa Dube, secrétaire général adjoint du Parti communiste du Swaziland, a été arrêté pour avoir distribué des tracts appelant à boycotter les élections. Il a été mis en accusation pour encouragement de la "sédition" du Swaziland. Son procès a été transféré à la Haute Cour de justice.

 

Environ 70 %  des 1,2 millions d'habitants du Swaziland vivent en dessous du seuil de pauvreté,. 40% de la population - sont au chômage. 31 % ont le SIDA. En 2011le pays avait été jugé au bord de l'effondrement financier par le FMI.
   
Principal bailleur fonds du pays, l'Afrique du Sud entretient une neutralité bienveillante à l'égard de ce pays, mais le patronat sud-africain voit d'un mauvais oeil l'autoritarisme de son roi. Une enquête réalisée par DNA Economics auprès de 400 entreprises sud-africaines montrent que moins de 10 % d'entre elles seraient prêtes à investir au Swaziland. Aux Etats-Unis bien qu'Obama ait été prié de fermer l'ambassade au Swaziland, celui-ci a au contraire choisi d'en construire une nouvelle ce qui est interprété comme une volonté de Washington de suivre de plus près l'évolution de ce pays. De même la transformation du bureau du service d'action extérieure de l'Union européenne en ambassade en octobre prochain reflète un certain intérêt des Occidentaux pour ce petit royaume, intérêt qui pourrait être lié au risque de déstabilisation régionale qu'impliquerait son éventuel effondrement économique.
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17 septembre 2013 2 17 /09 /septembre /2013 06:43

Après le vote défavorable à l'ingérence militaire de la chambre des communes, et le retrait du Royaume-Uni de la coalition belliciste, le président étasunien Barack Obama a décidé de consulter le Congrès avant toute intervention en Syrie (une première dans l'histoire du pays depuis quinze ans), laissant François Hollande et Laurent Fabius seuls dans leur entêtement à faire la guerre au gouvernement syrien en représaille à l'utilisation d'armes chimiques aux vergers de la Ghouta près de Damas.

 

Alors que, malgré les imprécations du secrétaire d'Etat John Kerry, le soutien du Congrès était loin d'être acquis, une initiative du président russe Vladimir Poutine au lendemain du G8 tendant au transfert des armes chimiques de la Syrie en Russie (sans exiger le démantèlement des armes chimiques et nucléaires israéliennes auxquelles l'arsenal syrien était censé faire contrepoids) a profondément modifié la donne, et l'accord à Genève entre John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov sur les modalités de la destruction des armes et la reprise du processus politique a semblé consacrer une nouvelle orientation des grandes puissances sur le dossier syrien. Toutefois les Etats-Unis continuent de soutenir les rebelles, et la France le jour même de l'annonce du président Poutine a tenu à introduire au conseil de sécurité de l'ONU une résolution plaçant le transfert des armes chimiques syriennes dans le cadre d'une condamnation explicite du régime de Bachar El-Assad et sous le menace persistante d'une action militaire dans le cadre du chapitre VII de la charte des Nations-Unies. Elle comptait notamment sur les résultats de l'inspection de l'ONU pour appuyer une condamnation du gouvernement légal.

 

Selon Le Monde du 16 septembre, trois arguments dans le rapport des inspecteurs (qui n'avaient pas pour mission de désigner des coupables) plaident dans le sens de la thèse de la France : la quantité de gaz sarin utilisée, l'utilisation de missiles sol-sol et le fait que le tir provenait de la zone sud-est contrôlée parles forces gouvernementales.

 

En face les adversaires de la guerre estiment que le massacre de la Ghouta peut avoir résulté d'une opération sous faux drapeau et rappellent que d'importants massacres de civils ont été commis parles rebelles en août et début septembre à Lattaquié et Maksar al Hessan près de Homs. Ils font valoir  les images de tirs de missiles suspects depuis la zone rebelle de Douma détectés par un satellite russe et remis à l'ONU,l'article du journaliste jordanien Yahya Ababneh citant trois rebelles de la Ghouta qui parlent d'erreurs de manipulation de produits non identifiés, article relayé par la journaliste d'Associated Press Dale Gavlak pour l'agence américaine Mint Press, les innombrables menaces d'attaques chimiques lancées via Youtube par des groupes djihadistes parmi lesquels la Brigade de l'Odeur destructrice (Katibat Rih al Sarsar), les vidéos publiées par des groupes rebelles sur Youtube montrant leurs stocks de produits chimiques fabriqués par Tekkim, une usine turque basée à Gaziantep, les produits chimiques saisis par la police turque le 28 mai 2013 à Adana chez le terroriste syrien Haytham Qassap dans une safe house appartenant aux groupes djihadistes Al Nosra et Ahrar al Cham, le précédent du massacre chimique de Khan al Assal près d'Alep documenté par la journaliste russe Anastasia Popova, les vidéos dans lesquelles des rebelles évoquent leur utilisation de « gaz de combat », les aveux de Nadim Baloush, commandant d'un bataillon du Front al Nosra,  la puissance de feu et la coordination opérationnelle sans cesse plus performantes de la rébellion syrienne grâce à l'aide militaire saoudienne, les doutes sur les images de l'attaque chimique diffusées par les médias de la rébellion émis par Stephen Johnson, expert en armes chimique de l'Institut de médecine légale de Cranfield.Domenico Quirico et Pierre Piccinin, otages des forces rebelles auxquelles ils étaient pourtant favorables, affirment avoir été témoins le 30 août dans la caserne de Bab-Alaouad tenue par l'Armée syrienne libre et le mouvement Al Farouk d'une conversation disculpant le régime syrien dans cette affaire. En outre selon des écoutes de l'armée allemande révélées par "Bild am Sonntag" du dimanche 8 septembre, Bachar al-Assad n'a vraisemblablement pas approuvé personnellement l'attaque chimique du 21 août. De hauts gradés de l'armée syrienne "réclament régulièrement depuis environ quatre mois des attaques chimiques au palais présidentiel à Damas (mais) ces demandes ont été toujours refusées, et l'attaque du 21 août n'a vraisemblablement pas été approuvée personnellement par Bachar al-Assad".

 

Sur le terrain, les forces gouvernementales semblent continuer de progresser. Elle aurait notamment repris la majeure partie du village chrétiende Maaloua où les djihadistes (nombreux parmi les rebelles) avaient persécuté la population civile à la fin du mois d'août.

 

F. Delorca

 

 

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15 septembre 2013 7 15 /09 /septembre /2013 17:35

L'émissaire américain M. Donald Booth,  arrivé vendredi à Khartoum, a rencontré samedi le chef soudanais du Comité conjoint de surveilance d'Abyei (ALOC), Al-Khair Al-Fahim."Je pense qu'il est approprié d'avoir une rencontre avec l'ALOC, parce que Abyei est l'un des problèmes non résolus par l'accord de paix global", a indiqué M. Booth à l'issue de la rencontre avec Al-Fahim (Xinhua).

 

Depuis plusieurs mois, le Soudan et le Soudan du Sud se disputent Abyei, une province riche pétrole à la frontière entre les deux pays.Après le référendum de janvier 2011 sur la séparation du Soudan du Sud, les autorités du Nord et du Sud n'ont pas réussi à s'étendre sur le statut de cette province. Le sort de cette région riche en pétrole devait être déterminé lors d'une référendum spécialement organisé à cet effet. Or, le référendum a été reporté sine die, faute d'accord entre Khartoum et Juba sur le droit des Arabes nomades Misseriya de prendre part à cette consultation populaire. Le Soudan du Sud, lui, avait annoncé avoir accepté la date fixé par l'Union africaine début octobre, ce qui ne permettrait le vote que des résidenst permanents Dinka Nigok, et non des arbes nomades Misseriya qui y passent seulementquelques mois par an.

 

Lors d'une conférence de presse samedi, le ministre soudanais des Affaires étrangères Ali Karti a déclaré que le Soudan ne coopèrerait pas avec l'émissaire américain, à moins que celui-ci ne soutienne les accords signés entre Khartoum et Juba. Selon lui, les Américains utilisaient la question d'Abyei comme "une épine dans la gorge" pour gâcher les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud. Selon lui les deux présidents des deux Soudan se sont entendus sur l'administration provisoire de la province d'Abyei et Khartoum négociera avec l'Union africaine plutôt qu'avec l'ambasadeur américain.

 

Booth, ex-ambassadeur en Ethiopie, avait été nommé de préférence à l'ambassadeur américain Timothy Carney au Soudan soupçonné dans l'Establishment américain d'être trop favorable à Khartoum. Act for Sudan, un lobby interventionniste qui comprend des associations pro-israéliennes comme HelpNuba, avait félicité Barack Obama d'avoir nommé Booth, un diplomate qui avait fait preuve de poigne face à la monté de l'islamisme en Ethiopie. Le choix d'Obama pourrait toutefois se retourner contre lui car son nouvel émissaire au Soudan jette de l'huile sur le feu, et pourrait mettre les Etats-Unis hors-jeu dans le processus de paix.

 

Par ailleurs les combats se poursuivent au Darfour, et des combats opposent la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N) aux forces gouvernementales soudanaises depuis près de deux ans dans la province du Nil-Bleu et au Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan (où le lobby interventionniste appelle à une action américaine). Plus d'un million de personnes ont été déplacées ou durement affectées par la guerre dans ces deux provinces, selon l'ONU.


F. Delorca

 

- ci-dessous un exemple de l'activisme interventionniste de Rabbi David Kaufman de HelpNuba sur le Soudan

 

 

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8 septembre 2013 7 08 /09 /septembre /2013 12:02

birma.pngSi les Etats-Unis, par la voix du secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel à fin août au sommet des ministres de la défense des de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN) à Brunei s'est dit satisfait des progrès des droits de l'homme au Myanmar, mais aurait souligné, selon  Bertil Lintner  dans Asia Times, auprès du lieutenant-général Wai Lwin, le ministre de la Défense du Myanmar qu'il serait important que son pays "rompe les liens avec la Corée du Nord".

 

La coopération entre le Myanmar et Pyonguang s'est développée dans les années 1980 et 1990. La Corée du Nord a exporté vers le Myanmar de l'artillerie, des lance-roquettes montés sur camions et divers équipements militaires au Myanmar en échange de riz et d'autres denrées alimentaires.

 

Cette alliance militaire se noue surtout autour de la production de missiles. À la fin novembre et début décembre 2008, le général Thura Shwe Mann - numéro trois du commandement sous la junte et aujourd'hui président de la chambre basse a conduit une délégation de haut niveau à Pyongyang, pour rencontrer le général Kim Kyok-sik , chef de l'armée nord-coréenne. Le 26 Novembre, les généraux Shwe Mann et Kim ont signé un mémorandum pour créer des bunkers militaires et le surlendemain la délégation a visité une usine de production de SCUD. Les experts militaires nord-coréens ont en grande partie quitté le Myanmar depuis lors mais Pyongyang fournit toujours des composantes de missiles à l'usine du village de Konegyi près de Minhla dans la région de Magway (le programme de fabrication de missiles du Myanmar est perçu comme un projet assez surréaliste uniquement destiné à maintenir symboliquement le rôle dirigeant de l'armée consacré par la constitution de 2008).

 

Les Etats-Unis manient la carotte et le bâton. Le 2 Juillet de cette année, les Etats-Unis ont inscrit sur leur liste noire le lieutenant-général Thein Htay, le chef de la Direction de la Protection Industries, qui, selon une déclaration du département du Trésor américain (qui a utilisé le nom de Birmanie et non de Myanmar)'' est impliqué dans le commerce illicite d'armes nord-coréennes à la Birmanie''. La déclaration précise curieusement a  que la sanction'' ne cible pas le gouvernement de la Birmanie, qui a continué à prendre des mesures positives en coupant ses liens militaires avec la Corée du Nord''. Selon Lintner, Thein Htay serait censément furieux car il a agi sur ordre de ses supérieurs hiérarchiques. Les décideurs à Washington le savent sans doute, mais ont voulu envoyer un signal fort au gouvernement du Myanmar sans affronter directement le président Thein 

 

Du côté de la carotte Washington mise sur la coopération navale. Le journal Myanmar Times a rapporté quele capitaine Sean Cannon attaché naval américain a rencontré le chef de la marine du Myanmar le vice-amiral Thura Thet Swe à Naypyidaw le 23 avril dernier.D'autres sources disent que le Pentagone tient à obtenir l'accès aux stations de renseignement électromagnétique du Myanmar le long de la côte du golfe du Bengale et la mer d'Andaman, ce qui permettrait aux États-Unis de surveiller plus étroitement les voies maritimes vitales entre l'Occidentet l'Asie orientale. Toutefois cette coopération pourrait se heurter aux intérêts de la Chine qui dans les années 1990 a doté la marine du Myanmar de ses systèmes de radars, ce qui pourrait faire hésiter l'armée birmane à se rallier complètement aux intérêts étatsuniens.

 

Pour mémoire les accords de coopération militaire avec la Corée du Nord ont aussi fait la "une" de l'actualité cet été en ce qui concerne Cuba après qu'un cargo cubain chargé d'armements et de 10 000 tonnes de sucre à destination de la Corée du Nord ait été arraisonné au Panama en juillet.

 

F. Delorca

 

 

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27 août 2013 2 27 /08 /août /2013 18:45

Tirant prétexte d'une utilisation alléguée d'armes chimiques dans la banlieue de Damas le 21 août qui aurait fait des milliers de victimes civiles, les interventionnistes occidentaux, avant même qu'une enquête de l'ONU n'ait pu aboutir, ont planifié une campagne de bombardement illégale sans l'aval du Conseil de sécurité des Nations Unies, sur le même principe (mépris pour la légalité internationale lorsqu'elle s'oppose aux intérêts occidentaux) que l'opération de l'OTAN en République fédérale de Yougoslavie en 1999, et que l'invasion de l'Irak par la coalition anglo-américaine en 2003.

 

Depuis hier des forces britanniques sont massées sur la base chypriote d'Akrotiri, tandis que quatre destroyers étatsuniens sont en route vers la Syrie. 

 

destr.jpgLa cible pourrait être selon les experts militaires, la 4ème division blindée (à composante fortement alaouite) basée au Sud Est de Damas et dirigée par le frère de Bachar El-Assad, Mahr El-Assad, ainsi que la garde républicaine (The Guardian). Compte tenu de l'existence de missiles de défense anti-aérienne russe en Syrie, le bombardement pourrait durer plusieurs jours et nécessiter l'utilisation de chasseurs furtifs par vagues, susceptibles de causer des dommages importants dans la population civile (et parmi les conseillers militaires russes, ce qui pourrait accroître encore les tensions avec Moscou) tout en renforçant le prestige de Bachar Al-Assad dans son nouveau rôle de leader "anti-impérialiste" (selon lestermes du Guardian). Pour cette raison selon le Washington Post du 26 août, l'administration Obama voudrait limiter son action à deux jours de frappe, au risque que l'opposition armée trouve cela insuffisant et inefficace.

 

 Selon l'hebdomadaire allemand 'Focus' du 26/08/13 c'est l'unité de renseignement israélienne 8200 qui aurait mis sur écoute l'armée syrienne et établi le lien entre les armes chimiques et l'armée de Bachar El-Assad. Une délégation israélienne est arrivée à Washington le 26 août composée du directeur du personnel politique et de la sécurité du ministère de la Défense, du ministre Amos Gilad,  du général Nimrod Shefer  directeur de la planification et du général de brigade Ital Brun, dans le but de discuter de ces informations et orienter Obama sur la voie de l'intervention militaire. Le lobbying au congrès des protégés du prince Bandar Ben Sultan Al-Saoud, chef des services secrets d'Arabie Saoudite (qui a rencontré Poutine le 31 juillet à Moscou) - l'ambassadeur saoudien Adel A. al-Jubeir et l'ambassadrice du Bahrein, Houda Ezra Nonoo Ebrahimis, en lien avec le lobby pro-israélien AIPAC - auraient pour leur part contribué à rallier des élus à l'idée d'une guerre "chirurgicale" au delà du cercle habituel des néo-conservateurs (autour du sénateur républicain Mc Cain). Ce lobby risque de pousser dans le sens d'une guerre prolongée jusqu'au changement de régime, et au prolongement par une attaque contre l'Iran, tandis que le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le président du Joint Chiefs of Staff Martin Dempsey ont pour leur part fait connaître leurs réticences. 

 

F. Delorca

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23 août 2013 5 23 /08 /août /2013 15:01

Après quelques rodomontades contre l'extrême-droite hongroise le 14 août, le président roumain Traian Basescu, lors d'une récente visite à Chisinau le 17 juillet, aurait déclaré aux journalistes, «Notre priorité est d'assurer l'intégration de la Moldavie dans l'Union Européenne dans les 10-12 années à venir» et ajouté : «Cela contribuera à l'unification des deux pays» (selon la Fondation de culture stratégique , information non reprise par la presse occidentale, mais le journal roumain Romania Libera confirme que dès 2010 Basescu, qui a lui-même sollicité la nationalité moldave, a fixé un objectif de réunification avec la Moldavie à l'horizon d'un quart de siècle). Ce faisant Basescu se pose de plus en plus en "Erdogan roumain" désireux de placer Bucarest dans le rôle du protecteur de la roumanité au delà des frontières roumaines (il a cependant admis que le puissant Parti communiste de Moldavie, actuellement dans l'opposition, restait hostile à cette unification, tout comme à l'entrée de la Moldavie dans l'Union européenne).

 

En outre à l'occasion de cette visite du 17 juillet, un traité de coopération militaire a été signé entre Bucarest et Chisinau.

 

La presse russe accuse l'OTAN de vouloir installer une base en Moldavie (dont la constitution prohibe toute adhésion à une alliance militaire internationale), ce qui impliquerait directement l'Alliance atlantique dans un conflit potentiel avec la Transnitrie sécessionniste. Nezavissimaïa Gazeta en Octobre 2012 avait précisé sur le fondement des confidences de Vladislav Finagin, chef du comité de Transnistrie pour la sécurité d'Etat, le centre d'entraînement militaire de Bulboaca (près de Chisinau) est en cours transformation en base de l'OTAN.

 

La Nezavissimaïa Gazeta, toujours elle,le 23 août, citée par Ria Novosti, et qui se fonde elle-même sur le journal Romania Libera estime sous la plume de Svetlana Gamow que les déclarations agressives de Basescu pourraient compromettre la signature d'un accord d'association entre la Moldavie et l'Union européenne, et que Bruxelles se propose de différer cette signature.

 

La rhétorique de de Basescu a aussi pour effet d'empêcher tout réglement avec la Transnistrie, qui voit dans le nationalisme roumain un argument pour poursuivre sa propre voie : celle de l'intégration dans la future Union eurasienne, défendue notamment par l'ONG Eurasian integration qui a ouvert un bureau à Tiraspol, orientation tournée en dérision par le président Basescu, pour qui les Moldaves n'ont pas vocation à se rattacher à l'Eurasie parce "qu'ils n'ont pas les yeux bridés" (sic - cf ziare.com).

 

F.Delorca

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21 août 2013 3 21 /08 /août /2013 16:25

madagascar.pngLa Cour électorale spéciale (CES) de Madagascar a décidé le 17 août d'exclure huit candidats de la prochaine élection présidentielle, dont la date n'a toujours pas été fixée. Parmi eux trois "poids lourds" de la politique nationale : Andry Rajoelina, Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka (autrement dit l'actuel président, l'épouse de son prédécesseur, et l'homme fort de l'île dans les années 80). Le motif officiel est qu'ils n'ont pas respecté les délais d'inscriptions sur les listes (La Tribune). L'Union africaine, la France, l'Afrique du Sud et l'île Maurice (puissance montante dans la région) se sont félicitées de cette mesure.

 

Le 6 août, la baronne Catherine Ashton, "haute représentante de l'Union européenne pour les Affaires étrangères, avait donné deux semaines aux acteurs politiques malgaches […] pour permettre la tenue de l'élection" et avait menacé de "sanctions ciblées les personnes qu'elle jugeait facteurs de blocage au processus de sortie de crise"(mensuel Reflet). Elle n'avait pas fait mystère dès le printemps du désir de l'Union européenne de voir les trois poids lourds de la politique malgache écartés. Dans un pays ruiné comme Madagascar et livré à l'exploitation des multinationales, les spéculations sont nombreuses sur les visées des puissances occidentales. Selon certains médias l'ancienne puissance coloniale aurait "son" candidat, Pierrot Rajaonarivelo, actuel ministre des Affaires étrangères, titulaire d'un DESS de Finances publiques à la Sorbonne, et qui a travaillé pour la société commerciele de l'ouest africain (grande entreprise française dissoute en 1998) et pour la Banque Française du Commerce Extérieur. Le général Camille Vital, actuel ambassadeur au bureau de l'ONU à Genève, ancien élève du Collège interarmes de la Défense à Paris peut aussi aspirer à ce rôle.

 

L'actuel président Rajoelina, naguère qualifié par la presse anglo-saxonne de "businessman populiste", avait renversé en 2009 l'ex-président Ravalomanana, patron du plus puissant groupe agro-alimentaire du pays, Tiko, soutenu par les évangélistes étatsuniens. Il a fait savoir à plusieurs reprises qu'il n'obéirait pas au diktat des Occidentaux pour ces élections. La mouvance de son ancien rival Ravalomana (qui pourtant continue à l'occasion de rappeler sa proximité avec les Etats-Unis) appelle elle aussi à manifester contre l'ingérence occidentale et internationale, tandis qu'une équipe de médiation de la Communauté de dévelopement d'Afrique asutrale (SADC) s'efforce d'apaiser les esprits.


Albain Rabemananjara, président du Comité Développement et Ethique, a mis en garde contre le fait que ces élections que l’on veut organiser au forceps ne pourraient que mettre la Nation en danger.". Selon lui, "tous les ingrédients d’un cafouillage et d’une confusion impossibles à démêler sont réunis jour après jour".

 

F. Delorca

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 21:14

"Ce n'est un secret que les puissances occidentales (...) sont pressées de sortir" du Kosovo, écrivait le 29 juillet dernier Gerard Galucci, ancien diplomate américain et ex-représentant régional de l'ONU à Kosovska-Mitrovica, au Kosovo de juillet 2005 à octobre 2008 dans un plaidoyer pour que l'ONU prenne la relève des institutions occidentales (et notamment d'Eulex) au nord du Kosovo. Avant hier, jeudi 15 août dans les pages du quotidien de Pristina Tribuna le ministre des affaires étrangères du gouvernement autoproclamé (reconnu par plus de cent Etats désormais) du Kosovo Enver Hodzaj a au contraire exigé le départ de la mission civile (UNMIK) du Kosovo (ce que Belgrade juge inacceptable).

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17 août 2013 6 17 /08 /août /2013 11:46

Le 6 février 2013, après l’assassinat de l’homme politique Chokri Belaïd, l’ancien chef du gouvernement et secrétaire général d’Ennahdha, Hamadi Jebali, approuve une solution de sortie de crise proposée par l’opposition : nommer un gouvernement composé exclusivement de technocrates. Ce qui revient à dire que son parti quitte le gouvernement. Proposition rejetée énergiquement par son parti qui a nommé, à sa place, Ali Laârayedh ancien ministre de l’Intérieur.

 

Le 25 juillet, jour de la fête de la République, un djihadiste assassine Mohamed Brahmi. La crise politique prend une nouvelle ampleur. Outre l’opposition, la société civile et les médias, le syndicat UGTT et la centrale ptronale UTICA (aujourd'hui alarmée par la dégradation de la note souveraine du pays), l’Ordre des avocats et la Ligue des Droits de l’Homme entre dans l'opposition. Plus de 60 députés se retirent de l’Assemblée constituante obligeant son président à suspendre les travaux, jusqu’à nouvel ordre. La colère gagne la rue. Ennahda s'accroche cependant au pouvoir bien que le mandat de la Constituante ait expiré le 29 octobre 2012. Malgré la contestation, lors d’une conférence de presse, tenue jeudi 15 août, Rached Ghannouchi a maintenu que la situation actuelle exige un gouvernement politique et non technocrate. Le Front national du salut, formé par une vingtaine de partis de laïques après l'assassinat de Brahmi, a annoncé mardi 13 le démarrage de sa nouvelle campagne baptisée « Erhal » (Dégage).

 

Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, qui aurait selon Al-Watan tenu une réunion secrète des Frères musulmans de plusieurs pays le 13 juillet à Istanbul, continue de soutenir la Tunisie où il s'est rendu en septembre 2011, et encourage les investissements dans ce pays.

 

Les Occidentaux semblent eux aussi continuer de jouer la carte de la légitimité d'Ennahda pour permettre une mise en place "en douceur" des nouvelles institutions légitimes. Après que la presse française ait laissé entendre que la France boycotterait le gouvernement tunisien désormais illégitime jusqu'aux élections législatives, François Hollande a finalement rencontré le président provisoire Moncef Marzouki et Ali Laârayedh le 4 juillet dernier, tandis que le 18 juillet, Claude Bartholone recevait M. Marzouki à l'Assemblée nationale (visite boycottée par l'UMP). L'assassinat de Brahmi ne semble pas inverser la tendance. Le ministre allemand des affaires étrangères, Guido Westerwelle s'est rendu en visite officielle à Tunis les 14 et 15 aout et a souligné que la Tunisie n'est pas l'Egypte et que le scénario égyptien ne se reproduira pas en Tunisie. Il a revendiqué un rôle de médiateur pour éviter que le pays ne bascule dans la guerre civile, et a rencontré deux partis d'opposition, Nidaa Tounès et le Parti républicain, après s'être entretenu avec les responsables du gouvernement.

 

F. Delorca

 

 

 

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 22:00

Mercredi dernier, Le Caire a été le théâtre de violents affrontements: les forces de l'ordre ont dispersé deux campements partisans du président égyptien déchu Mohamed Morsi. Le dernier bilan de la répression gouvernementale s'élèverait à plus de 600 morts et 4 000 blessés. Certains parlent déjà d'un Tiananmen égyptien. Les manifestations se sont poursuivies ce 16 août dans le cadre d'un "vendredi de la colère". Des dizaines de partisans des Frères musulmans ont été tués.

 

Les Etats-Unis ont officiellement condamné les violences mais le président Obama a précisé que l'aide militaire à l'Egypte ne serait pas remise en cause. Le roi Abdallah d'Arabie saoudite qui a abondamment financé le nouveau régime militaire soutient ouvertement la répression. ll a déclaré vendredi, dans un message à la télévision, son ferme appui aux autorités égyptiennes dans leur lutte contre le "terrorisme" (Ria). Les Emirats arabes unis et le Bahrein (qui a lui même réprimé violemment sa population avec le soutien occidental) se sont aussi exprimés dans ce sens.

 

L'Egypte a annulé ses manœuvres navales avec la Turquie, prévues pour octobre prochain, en signe de protestation contre l'"ingérence flagrante" d'Ankara dans les affaires intérieures du pays, ont annoncé vendredi les médias internationaux (Ria).Le premier ministre Recep Tayyip Erdogan avait précédemment appelé à convoquer d'urgence une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU à la suite des massacres du Caire. A Khartoum, Alger, Jérusalem, Aman, et au Maroc quelques centaines de manifestants se sont réunis en solidarité avec les Frères musulmans égyptiens en scandant des slogans hostiles au général Al-Sissi accusé d'être un instrument des Etats-Unis et d'Israël. Le Qatar,et la Tunisie ont quant à eux condamné la violence du pouvoir égyptien.Le Venezuela a rappelé son ambassadeur pour dénoncer les massacres.

 

La logique de guerre civile qui s'installe en Egypte menace le pays de chaos et nuit entre autre à la minorité copte. Selon l’ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), depuis le mercredi 14 août, au moins 25 églises ont été incendiées et des attaques ont visé de nombreuses écoles, maisons et échoppes coptes dans 10 des 27 provinces d’Égypte (Apic).

 

F. Delorca

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