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Sous continent indien

Mardi 30 avril 2013 2 30 /04 /Avr /2013 10:28

"Le mercredi 24 avril, juste après que les autorités du Bangladesh aient demandé aux propriétaires d'évacuer leur usine de confection qui emploie près de trois mille ouvriers, le bâtiment s'est effondré. Ce bâtiment, Rana Plaza, situé dans la banlieue de Dhaka Savar, produit des vêtements pour la filière qui s'étend depuis les champs de coton de l'Asie du Sud jusqu'aux pour sociétés de vente au détail dans le monde ocidental en passant par les machines et les travailleurs du Bangladesh. (...)" 2 000 personnes ont été sauvées, 300 sont mortes. "Cet "accident" intervient cinq mois (24 Novembre 2012) après l'incendie d'une usine textile Tazreen qui a tué au moins cent douze travailleurs." "Ces usines au Bangladesh font partie du paysage de la mondialisation qui est imité dans les usines le long de la frontière américano-mexicaine, en Haïti, au Sri Lanka et dans d'autres endroits qui ont ouvert leurs portes à un usage malin de l'industrie du vêtement de la nouvelle fabrication et ordre commercial des années 1990. Des pays soumis qui n'avaient ni la volonté patriotique de se battre pour leurs citoyens, ni aucun souci de l'affaiblissement à long terme de leur ordre social se sont précipités pour accueillir la production de vêtements. Les grands producteurs de vêtements ne voulaient plus investir dans les usines - ils se sont tournés vers des sous-traitants, en leur offrant des marges très étroites pour les bénéfices et les forçant ainsi à gérer leurs usines comme des camps de travail".

 

Pourtant les résistances existent : "Tout récemment, en Juin 2012, des milliers de travailleurs dans la zone industrielle Ashulia, en dehors de Dhaka, ont protesté contre des salaires plus élevés et de meilleures conditions de travail. Pendant des jours, ces travailleurs ont fermé trois cents usines, bloquant la route Dacca-Tangali à Narasinghapur. Les travailleurs gagnent entre 3000 taka (35 dollars) et 5.500 taka (70 dollars) par mois, ils voulaient une augmentation entre 1500 taka (19 $) et 2000 taka (25 dollars) par mois. Le gouvernement a envoyé trois mille policiers pour sécuriser les lieux, et le Premier ministre a offert supplications anodines qu'elle se pencherait sur la question. Un comité de trois membres a été mis en place, mais rien de substantiel est sorti."

 

" Il ya seulement dix-huit inspecteurs et inspecteurs adjoints pour surveiller 100.000 usines de la région de Dhaka, où la plupart des usines de confection sont situées. Si une infraction est détectée, les amendes sont trop faibles pour générer des réformes. Lorsque les travailleurs tentent de former des syndicats, la répression sévère menée par les dirigeants est suffisante pour anéantir leurs efforts. Gestion préfère les flambées de violence anarchiques à la consolidation constante du pouvoir des travailleurs. En fait, la violence a conduit le gouvernement bangladais à créer une cellule de gestion de crise et une police industrielle de ne pas surveiller les violations des lois du travail, mais pour espionner les organisateurs des travailleurs".

 

"Voilà plusieurs mois que le Bangladesh est secoué par de grandes manifestations à propos de son histoire — en février, la terrible violence que le Jamaat-e-Islami a fait subir aux combattants de la liberté de 1971 (le BNP) a poussé des milliers de personnes à se rassembler à Shanbagh, à Dacca. Ce mouvement de protestation s'est depuis transformé en une guerre politique entre les deux grands partis et a fait oublier les appels à la justice pour les victimes de ces violences." (Vijay Prashad, contributeur du livre "Atlas aternatif" dans Couterpunch).

 

Cette guerre civile larvée est cependant passée sous silence en France où l'OFPRA depuis 2011 refuse systématiquement l'asilement politique aux militants du BNP et du Jamaat-e-Islami qui le sollicitent (voir Slate.fr).

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Samedi 30 mars 2013 6 30 /03 /Mars /2013 12:32

Granma Le président du Parlement cubain reçoit le 28 mars son homologue sri-lankais Chamal Jayantha Rajapaksa. En février l'International crisis group financé par la Fondation Soros appelait à une action internationale au Sri Lanka.

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Vendredi 6 juillet 2012 5 06 /07 /Juil /2012 18:58

pakistan-flag.pngDébut juin le représentant de Vladimir Poutine Zamir Koubolov était en visite au Pkistan où il rencontrait la ministre des affaires étrangères Hina Rabbani Khar peu de temps après la visite à Islamabad du ministre des affaires étrangères chinois. Cette rencontre avait pour but de rapprocher les points de vue des deux pays sur la guerre en Afghanistan, mais aussi de préparer une coopération russo-pakistanaise en matière énergétique alors qu'Islamabad vit dans la pénurie récurrente d'électricité. Depuis 2006 Gazprom rêve de construire un gazoduc Iran-Pakistan-Inde et la Russie souhaiterait intégrer le Pakistan dans l'Organisation de coopération de Shanghaï pour créer une coordination énergétique entre les exportateurs (Iran-Russie-Asie centrale) et les trois grands consommateurs (Chine-Inde-Pakistan), un schéma auquel toutefois le Turkéménistan (important exportateur) hésite à adhérer.

 

Moscou aurait donc proposé au Pakistan une aide énergétique et une participation dans deux projets de gazoducs TAPI (Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-Inde) et IP [Iran-Pakistan], de préférence négociés au niveau gouvernemental plutôt que par appel d'offre. La visite de Vladimir Poutine prévue pour septembre prochain (première visite d'un président russe dans ce pays depuis sa création) pourrait marquer une progression de l'entente russo-pakistanaise sur ces dossiers.

 

Selon l'ancien diplomate indien M. K. Bhadrakumar , l'adhésion du Pakistan à cette stratégie eurasiatique serait catastrophique pour Washington car elle exclurait définitivement les Etats-Unis de l'Asie centrale (et ce d'autant plus que l'Inde esquisse un rapprochement avec la Chine dans le domaine de l'énergie).

 

Mais l'alliance énergétique n'est pas le seul ciment de la nouvelle amitié russo-pakistanaise. Il y a aussi la menace talibane. A partir du retrait américain d'Afghanistan en 2014, les islamistes sont susceptibles de créer un Etat qui couvrira tout ou partie de l'Afghanistan et d'attaquer les Républiques d'Asie centrale ex-soviétiques. Ils pourraient aussi être tentés de tourner leurs ambitions vers le Pakistan en partie peuplé de Pachtounes sympathisants de leur cause, ce qui crée un intérêt entre Ismabad et Moscou pour une stratégie commune d'endiguement.

 

Si après les excuses bien tardives d'Hillary Clinton le 3 juillet pour les 24 soldats pakistanais tués dans des attaques de drones US, le gouvernement Zardari a accepté de réouvrir la voie d'approvisionnement des troupe de l'OTAN en Afghanistan, la tendance de long terme semble bien être celle de l'éloignement entre le Pakistan et les Etats-Unis.

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Vendredi 23 mars 2012 5 23 /03 /Mars /2012 11:21

onu.pngHier le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a voté à la demande des Etats-Unis une résolution appelant le Sri Lanka à poursuivre les auteurs présumés de crimes de guerre lors du conflit contre les Tigres de libération de l'Eelam Tamoul (LTTE) qui s'est terminé en mai 2009.

 

Le texte est commenté en ces termes par  le Temps de Genève : "Les termes du texte demeurent fort mesurés, et celui-ci n’impose aucune commission d’enquête indépendante aux autorités sri-lankaises. Mais ce vote n’en a pas moins une portée symbolique forte, d’une part parce qu’il induit une reconnaissance des victimes du conflit, d’autre part parce qu’il constitue une forme d’acte expiatoire pour le CDH. Au terme d’une session spéciale consacrée au Sri Lanka en mai 2009, l’assemblée avait en effet adopté une résolution des plus complaisantes à l’égard de Colombo"

 

Tamara Kunanayakam, ambassadrice du Sri Lanka auprès du Conseil des droits de l'homme a estimé que Washington cherchait à obtenir un "regime change" (un changement de régime) à Colombo. Elle a fait état de menaces de mort dont elle a été victime aujourd'hui, tandis qu'ils semble qu'à l'opposé les militants d'ONG occidentales disent faire eux aussi l'objet d'attaques à Colombo. Le ministre des droits de l'homme du Srio Lanka  Mahinda Samarsinghe avait pour sa part mis en garde "ceux qui vivent dans une maison en verre" (les Occidentaux) contre les risques de jeter de l'huile sur le feu que présenterait cette résolution.

 

800px-flag_of_sri_lanka_svg.pngLa résolution du Conseil a été immédiatement dénoncée comme une ingérence inadmissible et une tentative de dynamiter le processus de réconciliation nationale par l'ensemble des journaux sri-lankais. Le leader du parti marxiste JVP,  qui a quitté la coalition gouvernementale (qui rassemble largement des communistes aux centristes) a condamné l' "impérialisme" occidental tout en reprochant au gouvernement de Colombo de n'avoir pas assez rapidement restauré la démocratie dans le nord du pays, faisant ainsi le jeu des pressions européennes et américaines (*).

 

Le vote du Conseil des droits de l'homme présente quelques surprises (**). Outre le suffrage favorable des alliés traditionnels des Etats-Unis en Europe, en Amérique (Mexique, Guatemala), et en Afrique (le Nigéria, et le nouveau régime libyen), on observe le ralliement inattendu de l'Inde (qui a beaucoup d'influence sur le Sri Lanka), ce qui confirme son détachement du bloc des BRICS déjà amorcé sur la Syrie. Même des régimes "de gauche" comme le Pérou et l'Uruguay votent avec les USA. Le Cameroun plus réservé sur la Libye et la Syrie rejoint les Occidentaux

 

On note une grande prudence des pays africains (Angola, Botswana, et même Djibouti, le Burkina et le Sénégal) qui avaient manifesté leurs résistance à l'ingérence en Libye. Certains même comme l'Ouganda (qui pourtant héberge des troupes américaines sur son sol), le Congo-Brazzaville et la Mauritanie rejoignent le bloc du "non"

 

Un bloc du "non" composé des traditionnels opposants à l'ingérence de l'ALBA (Cuba, Equateur), de la Russie et de la Chine, mais aussi beaucoup de pays riverains de l'Océan indien (Thaïlande, Bangladesh, et Maldives malgré le renversement du dernier président en ce moment exilé au Sri Lanka), et même, une fois n'est pas coutume, les trois pétromonarchies du Golfe persique (Qatar, Arabie Saoudite et Koweit). Le Qatar a souligné que le Sri Lanka "en tant que membre des non-alignés" a déjà fourni "d'énormes efforts" pour "promouvoir la réconciliation" à la fin du conflit et le Koweit a estimé qu'on ne pouvait exiger des poursuites judiciaires seulement trois ans après la fin de la guerre civile.

 

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(*) Cette nuance que le JVP manifeste par rapport aux autres partis de gauche sri lankais suscite des interrogations car le JVP par ailleurs s'oppose à l'autonomie des provinces tamoules) - le JVP s'était distingué en 2005 par sa campagne contre les ONG occidentales, mais a discuté récemment avec les responsables d'USAID.

 

(**) Oui 24

Autriche, Belgique, Bénin, Cameroun, Chili, Costa Rica, Rep tchèque, Guatemala, Hongrie, Inde, Italie, Libye, Maurice, Mexique, Nigeria, Norvège, Pérou, Pologne,Moldavie, Roumanie, Espagne, Suisse, Etats-Unis, Uruguay

Abst 8

Angola, Botswana, Burkina, Djibouti, Jordanie, Kyrghizistan, Malaisie, Sénégal

Non 15

Bangladesh, Chine, Congo, Cuba, Equateur, Indonésie, Koweit, Maldives, Mauritanie, Philippines, Qatar, FR de Russie, Arabie saoudite, Thaïlande, Ouganda

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Jeudi 15 mars 2012 4 15 /03 /Mars /2012 20:46

ocean-indien.jpgLe 7 février dernier les forces militaires et la police se sont solidarisées avec les manifestations de protestation populaires, et ont renversé le président des Maldives Mohamed Nasheed qui avait été régulièrement élu en 2008. Mohamed Nasheed, surnommé dans certains milieux environnementalistes le "Mandela de l'Océan indien" avait par ailleurs attiré l'attention internationale en menant une croisade contre les effets du réchauffement climatique sur son archipel.

 

Les Etats-Unis et l'Inde ont immédiatement reconnu le nouveau président (l'ex-vice-président de Nasheed) soutenu par l'ancien dictateur Gayoom (lequel avait bénéficié en 1988 d'une intervention militaire de l'Inde pour le remettre au pouvoir après son renversement) et par l'industrie hôtelière. Mohamed Waheed Deen, ministre de la justice de Nasheed et patron Bandos Island Resort a été nommé vice-président (cf Daily Telegraph). Les partisans de Nasheed ont été battus par la police et arrêtés. La "communauté internationale" a opté pour un mutisme prudent devant ce coup d'Etat. Le secrétaire général Ban Ki-Moon a seulement formulé des voeux pour une "solution pacifique".

 

Si le président Nasheed avait, sur le plan intérieur, inquiété l'industrie du tourisme par sa campagne anti-corruption. Cependant sa politique économique avait pour le moins manqué de cohérence, puisqu'il avait aussi privatisé l'aéroport, ainsi qu'une partie de la sécurité sociale, tandis que sa politique favorable aux offices de massage provoquait la colère des islamistes (l'île est majoritairement musulmane sunnite). Il a par ailleurs fait l'objet d'accusations de corruption au profit de son propre camp. De même en politique étrangère : en décembre dernier il avait à la fois milité pour les sanctions économiques contre la Syrie (après son entrée au comité des droits de l'homme de l'ONU) et contre l'ingérence internationale dans le processus d'enquête sur les crimes de guerre au Sri Lanka (où il est d'ailleurs actuellement réfugié). Il était par ailleurs proche d'Israël et après son renversement aurait même tenté, selon Rajje News proche du parti d'opposition (DRP fondé par Gayoom), de faire pression sur Tel-Aviv, via l'homme d'affaire, Ismail Saadiq, pour pousser les Etats-Unis à ne pas reconnaître le nouveau président. Nasheed avait aussi fait venir des infirmiers israéliens à l'hôpital Indira Gandhi ce qui avait provoqué la colère du DRP, lequel avait crié au risque de trafic d'organes.

 

Cette orientation politique explique sans doute que les adversaires traditionnels des coups d'Etat oligarchiques (Venezuela, Cuba, Bolivie), n'aient pas manifesté de solidarité avec le président maldivien déchu. The Times of israel quant à lui affirme sans détour qu'Israël perd un de ses rares alliés dans le monde musulman.

 

Des élections présidentielles sont prévues pour 2013 où la fille de Gayoom sera candidate.

 

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Mardi 13 mars 2012 2 13 /03 /Mars /2012 16:22

jeu_dames.jpgLors d'une audition devant le Congrès des Etats-unis, l'amiral Robert Willard commandant des forces américaines dans le Pacifique a révélé que des forces spéciales américaines étaient stationnées en Inde, au Nepal, au Bangladesh, au Sri Lanka et aux Maldives dans le cadre de la "lutte anti-terroriste" (face à des groupes comme Lashkar-e-Taiba).

 

Le vendredi 2 mars, le ministre des affaires étrangères indien, interpellé à ce sujet par le parti communiste (PCIM très anti-impérialiste qui a condamné le dernier vote de l'Inde sur la Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU en février), a démenti la présence permanente de ces forces et précisé qu'elles n'avaient participé en Inde qu'à des exercices d'entraînement pour une période limitée. Les gouvernements des Maldives, du Népal et du Sri Lanka et l'ambassadeur américain au Bangladesh ont aussi démenti la déclaration de Willard.

 

Le journal The Hindu du 3 mars observe toutefois que le ministère des affaires étrangères n'a pas répondu lorsqu'on lui a demandé si ces forces pouvaient être stationnées dans les ambassades ou les consulats américains en Inde pour mener à bien des opérations de sabotage ou d'assassinats ciblés. Il ajoute que les déclarations des officiers américains devant le Congrès sont faites sous serment, et qu'un amiral est peu susceptible de confondre une présence permanente avec une période courte d'entraînement.

 

Le rapprochement militaire entre l'Inde et les Etats-Unis continue d'inquiéter les milieux pacifistes en Asie. Selon l'Okinawa Times, le destroyer indien Ranjit était dans les eaux du nouveau port de Naha près d'Okinawa au Japon les 28 et 29 février dernier. Un soldat indien en assurait la garde armé sur le quai en violation de la loi japonaise ce qui a provoqué l'émotion des syndicats de travailleurs du port. La coopération navale indo-américano-japonaise s'inscrit dans un objectif d'encerclement de la Chine.

 

L'Inde fait par ailleurs l'objet de pressions occidentales fortes en ce moment pour stopper ses échanges commerciaux avec l'Iran, après que les Occidentaux soient parvenus à la dissocier du bloc des BRICS (Brésil-Russie-Inde-Chine-Afrique du Sud) à l'ONU sur la question syrienne.

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Jeudi 9 février 2012 4 09 /02 /Fév /2012 12:49

usaaf.jpgHier les membres de la sous-commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants des Etats-Unis sous la présidence du député républicain de Californie Dana Rohrabacher organisait une séance d'auditions d'une heure sur le thème des violations des droits de l'homme au Baloutchistan. Le Baloutchistan est une région largement désertique et pauvre qui couvre une partie de l'Iran, de l'Afghanistan et surtout du Pakistan face face auquel elle a organisé plusieurs rébellions depusi 60 ans.

 

Dans le cadre de cette audience, qui a provoqué la colère du gouvernement pakistanais, se sont explimés une universitaire, Christine Fair (plutôt pro-pakistanaise et méfiante à l'égard de l'initiative des Républicains), un responsable d'Amnesty International, T. Kumar, Ali Dayan Asan, directeur de Human Rights Watch au Pakistan, et Ralph Peter. Aucun représentant baloutche n'était convié mais on peut trouver sur le blog du journaliste Malik Siraj Akbar un historique du lobbying baloutche en Occident depuis 2006.

 

Dana Rohrabacher, un libertarien atypique (qui a parfois des positions provocantes comme sa dénonciation du rôle de la Géorgie dans le déclenchement de la guerre de 2008, ou sa demande à l'Irak de rembourser les frais de l'occupation militaire en 2011) est très impliqué sur le dossier pakistanais. Le 3 février, il avait déposé une proposition de loi pour attribuer la nationalité étatsunienne au docteur Shakil Afridi, le médecin qui a organisé une campagne de vaccination à Abbottabad pour permettre des prélèvements d'ADN qui ont permis aux Américains de vérifier que Ben Laden s'y trouvait et l'arrêter et qui, aujourd'hui, est menacé de procès pour haute trahison à Islamabad.Rohrabacher était portant un fervent partisan des Talibans à l'époque de Bill Clinton...

 

Le projet de favoriser la sécession du Baloutchistan est dans les cartons des stratèges du Pentagone depuis l'époque de George W. Bush : il avait été présenté en 2006 par le lieutenant-colonel Ralph Peter (présent à l'audition d'hier). Il a été ressorti à demi-mot le mois dernier par le représentant républicain du Texas Louie Gohmert qui a cosigné un article proposant un soutien aux Baloutches pour bloquer les fournitures d'armes aux talibans.

 

La porte parole du Département d'Etat (démocrate) Victoria Nuland a pris ses distances à l'égard de cette réunion et a précisé que les Etats-Unis ne souhaitaient pas l'indépendance du Baloutchistan. Mais déjà le mois dernier ce même Département d'Etat avait appelé le gouvernement pakistanais à dialoguer avec les militants balouches pour faire avancer cette question ("take the Balochistan issue forward"). Pour beaucoup le Baloutchistan est à tout le moins en train de devenir un Kosovo entre les mains des Américains  pour faire pression sur Islamabad.

 

Après que l'OTAN ait tué 24 militaires pakistanais dans des frappes aériennes en novembre dernier, le gouvernement pakistanais avait rompu les discussions avec l'alliance militaire occidentale et bloqué son approvisionnement militaire en Afghanistan. Parallèlement Islamabad s'était engagé sur la voie de la coopération énergétique et monétaire  avec l'Iran malgré la loi adoptée par le Congrès américain en décembre imposant des sanctions à toute institution financière travaillant avec l'Iran.

 

Les discussions avec l'OTAN ont repris hier, alors que l'administration Obama envisage de dialoguer avec les talibans qui ont ouvert un bureau au Qatar.

 

Une vingtaine de personnes ont été tuées cette semaine par des drones américains au Waziristan Nord (territoire pakistanais). Les victimes sont régulièrement présentées par les militaires américains comme des militants de la guérilla talibane mais aucune preuve n'est fournie.

 

Djibril Cissoko

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Vendredi 30 septembre 2011 5 30 /09 /Sep /2011 15:36

Mercredi dernier le ministre de la défense Népal, Sarat Singh Bhandari, a fait sensation, 15 jours seulement après son entrée au gouvernement, en déclarant : "Si les 22 districts du Téraï décident de faire sécession, aucune loi au Népal ne pourra l'empêcher." Le vice-président maoïste Mohan Baidhya 'Kiran' (dont la faction est en désaccord avec la stratégie actuelle du premier ministre Baburam Bhattarai, issu du même parti que lui) et le secrétaire général Ram Bahadur Thapa 'Badal' du PCUN(maoïste) ont délivré un communiqué de presse condamnant la déclaration et lancé un appel à manifester. Ils dénoncent la volonté de la bourgeoisie indienne de "sikkimiser" le Terai (c'est à dire l'annexer à l'Etat indien frontalier du sikkim).

 

Le Teraï est la plaine au climat tropical qui borde le Népal au sud, le long de la frontière indienne. Sa population colonisée par le royaume du Népal au 18ème siècle, fut alliée des Anglais (de la Compagnie des Indes orientales) au siècle suivant pour combattre le shah népalais. Les partisans de la sécession du Terai estiment que les structures locales ont été démantelées par le gouvernement de Katmandou pour permettre la confiscation de ses ressources : le Terai fournissant la majorité des terres arables, de la petite industrie népalaise et des ressources gazières sans que cela profite à ses habitants. Les habitants du Terai (qui représente la moitié de la population népalaise)  sont historiquement liés à l'Inde (la zone a servi de refuge aux Hindous à l'époque de l'empire musulman des Moghols) et leurs organisations sont souvent liées à la mouvance nationaliste hindoue .En janvier-février 2007 peu de temps après la chute de la monarchie népalaise, des manifestations violentes avaient éclaté dans le Terai à l'instigation d'un petit groupe le Forum des droits du peuple madhesi/Madhesi People's Right Forum (MPR) et avec le soutien de cadres monarchistes, et le couvre feu avait dû être instauré dans de nombreuses villes. La révolte avait été maîtrisée au terme d'un accord avec le MPRF incluant la reconnaissance des droits culturels et une politique de non-discrimination dans le recrutement aux emplois publics. Le ministre Bandhari est responsable d'une alliance (du Terai, le Front démocratique uni madheshi - United Madhesi Democratic Front) qui avait provoqué une grève générale de seize jours en 2008 et dont le MPRF a fait partie jusqu'en septembre 2010.

 

Les maoïstes népalais ont été favorables depuis longtemps à la fédéralisation du Népal, projet auquel se sont aussi ralliés les autres partis politiques. Mais le modèle ne sera viable qu'en l'absence d'ingérence extérieure, notamment de l'Inde (qui s'est engagée à ne pas soutenir les sécessionnistes).

 

Or cette semaine on apprenait que le député américain républicain néo-conservateur (et chantre enthousiaste de la guerre en Irak dès 2001) Steve Chabot en visite à Katmandou avait une conversation avec le premier ministre népalais ainsi qu'avec le chef d'état major de l'armée. Chabot est membre de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants et y préside le sous-comité Proche Orient-Asie du Sud.  Le but de sa visite n'est pas précisé par les médias, mais le profil du personnage peut faire craindre un risque d'ingérence directe. La presse népalaise annonce aussi que USAID (agence qui finance le soft power étatsunien à l'étranger) a fait savoir qu'elle donnera 65 millions de dollars supplémentaires au Népal pour "renforcer les institutions démocratiques du pays", promouvoir l'éducation des jeunes, mener des politiques de santé publique et améliorer la productivité de l'économie népalaise. La liste des organismes bénéficiaires de cette aide n'est pas publique. La sécession madhesi (du Terai) est une des cartes entre les mains des Occidentaux pour faire pression sur les révolutionnaires népalais.

 

FD

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Lundi 4 juillet 2011 1 04 /07 /Juil /2011 13:35

nepalflag.jpgRam Baran Yadav, premier président du Népal depuis l'abolition de la monarchie en 2008, a présenté dimanche 3 juillet au Parlement un programme centré sur le processus de paix et l'adoption d'une nouvelle constitution. Le gouvernement dirigé par le secrétaire général du Parti communiste Jhala Nath Khanal a annoncé qu'il adoptera le socialisme comme politique économique pour garantir le développement équitable du pays, une nouvelle reprise au Venezuela via l'agence Prensa Latina.

 

Le président Yadav a souligné dans des déclarations transmises par l'agence de presse PTI que les programmes du Gouvernement accorderont une attention spéciale aux femmes et aux dalits (intouchables), marginalisés par le système traditionnel féodal de castes. Sur le front de la condition féminine par exemple, le ministre de l'éducation déclarait le 4 juillet que le taux d'échec scolaire des jeunes filles restait très élevé et entretenait le système du mariage forcé (50 % des Népalaises sont mariées entre 15 et 19 ans, dans toutes les religions et dans tous les milieux sociaux), ce qui nécessite un programme d'éducation ambitieux, les fonctionnaires et militants associatifs qui essaient de s'opposer aux mariages forcés faisant encore fréquemment l'objet d'attaques physiques.

 

Le gouvernement - qui doit faire face à une affaiblissement croissant des structures étatiques dans la phase de transition actuelle - a aussi insisté sur la nécessité de renforcer l'armée y compris dans sa participation aux missions de l'ONU (l'armée napalaise est présente sous le drapeau des Nations unies au Soudan, à Haïti, au Timor .

 

Ce programme  "socialiste" a été critiqué par le parti du Congrès (opposition) et par les milieux d'affaire qui lui reprochent de menacer l'entreprise privée.

 

Par delà les déclarations ambitieuses, le Népal tarde toujours à se doter d'une nouvelle constitution et le mandat de l'assemblée constituante a été prolongé de 3 mois le 29 mai dernier au terme d'un accord entre le parti communiste, le parti communiste maoïste et le parti du Congrès. Les maoïstes défendent un système présidentiel, le Congrès un système parlementaire. Les rivalités entre les grands partis, après la légalisation de la guérilla maoïste (devenue le premier parti au parlement) se poursuivent, notamment sur les questions touchant au contrôle de la force armée : qui doit contrôler le ministère de la défense ? l'armée maoïste (20 000 hommes) doit-elle intégrer l'armée régulière avant la promulgation de la constitution ? La difficulté des négociations sur ces points contribue à entretenir le pouvoir des trois partis qui contrôlent le processus de transition mais empêche le lancement de politiques de long terme sur des bases solides.

 

FD

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Lundi 14 mars 2011 1 14 /03 /Mars /2011 00:13

800px-flag_of_sri_lanka_svg.pngOn trouvera ci-joint un point de vue intéressant sur le Sri-Lanka exposé par l'ex-responsable des relations internationales de la CGT M. Jean-Pierre Page dans une interview accordée à la revue La Pensée libre, une analyse qui tranche avec le soutien majoritaire des organisations de gauche françaises au séparatisme tamoul.

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Q- Presque deux ans après la fin de la guerre, on continue à assister à l'orchestration d'une campagne au sujet de la fin de la guerre au Sri Lanka. On a parlé d’un bain de sang et il y a eu récemment le témoignage de l’Évêque de Mannar ?
 
Jean-Pierre Page - Certaines ONG ont une manière péremptoire, à la façon des « grands » médias, de présenter des contre-vérités comme étant des évidences ! C'est une technique totalitaire bien connue, dont en abuse sans limites.
1 Comme disait à l’intention des médias James Shea, porte parole de l’OTAN aux temps de l’agression contre la Yougoslavie : « L’opinion, ça se travaille. »


Dans l’affaire Gordon Weiss, le New York Times avait complaisamment relayé les mensonges de ce provocateur sur le thème « l’ONU parle de bain de sang », l’AFP elle, avait titré sur « l’ONU dénonce un bain de sang au Sri Lanka », puis avait poursuivi en affirmant « la condamnation par l’ONU du bain de sang, et de l’assassinat de civils, dont 100 enfants ». Il a pourtant été ensuite prouvé que Gordon Weiss mentait délibérément !


Pourtant deux ans après, des gouvernements, médias et ONG continuent à marteler ces pseudos arguments. C’est le cas en France avec la Maison du Tamil Eelam France qui relaie ces campagnes sur le thème : « Dix-huit mois après le massacre du peuple tamoul, il faut sortir du silence ». 2 Pour arriver à faire cette « démonstration », cette association s’appuie sur des chiffres manipulés, comme par exemple ceux faisant état de 146 679 disparus dans le Vanni. Comptabilité aussi sinistre que macabre et qui est tout simplement malhonnête ! Pourquoi ?


Parce qu’elle fait allusion à une déclaration de l'évêque de Mannar devant la « Lessons Learnt and Reconciliation Commission » (LLRC)3. Or, que dit cet ecclésiastique ?4 En octobre 2008, sur la base d’un recensement, la population du Vanni était de 429 059 personnes. Le 10 juillet 2009, les Nations Unies, à travers son bureau des affaires humanitaires OCHA5 ont estimé que 282 380 personnes avaient rejoint les zones contrôlées par le gouvernement aux derniers instants de la guerre. Rappelons à cette occasion qu'ils fuyaient une zone de 28 km2 où ils étaient tenus en otages comme boucliers humains par Prabhakaran, le chef du LTTE.


Il s'agissait donc de personnes retenues de force et non pas de toute la population du Vanni. La région du Vanni couvre les districts de Mannar, Mallaitivu et Vavunya, soit 7 650 km2, et non 28km2. D'octobre 2008 à février 2011, soit plus de deux ans après, on peut considérer que des personnes se sont déplacées dans les conditions de la guerre, qu'elles ont fuit les zones de combat et se sont réfugiés au Sud, en particulier à Colombo. Mais avant tout soyons clairs, nous ne disposons d'aucune information sur la population du Vanni à ce jour. C'est peut être regrettable mais c'est ainsi ! Par conséquent personne ne peut affirmer gratuitement et sans preuves que ces « disparus » dont on nous parle ne sont pas là !


Pourtant, pour justifier ce procès en sorcellerie, toutes les manipulations sont bonnes, ainsi celle qui consiste à soustraire des chiffres qui n'ont rien à voir entre eux. C'est ce qui est fait par certaines ONG, alors qu’OCHA préfère parler de populations ayant rejoint les zones contrôlées par le gouvernement et non pas de la population du Vanni en juillet 2009, donc encore moins en février 2011. Si nous voulons être sincère, il faut donc relire les déclarations exactes de l'évêque de Mannar.


Certains affirment aussi qu' « une partie de ces disparus ont péri sous les attaques indiscriminées de l'armée ».6 Ils parlent même de crimes contre l’humanité !Une accusation purement gratuite, car qu'en sait-on?  Quelles sont les preuves qu'ils apportent ?  Sont-elles celles provenant de Human Rights Watch7, cette officine dont les liens avec les services d'intelligence américains sont connus, tout comme sa relation avec le National Endowment for Democracy ! Veut-on parler de Reporters sans Frontières dont les financements et les relations avec la mafia cubano-américaine de Miami sont connus et même revendiqués par Robert Ménard lui-même, qui était son Président jusqu’à récemment ? Ou veut-on encore parler du Tribunal des peuples à Dublin où tous les témoins étaient à charge, et pour certains comme Karen Parker, connus pour être des activistes partenaires du LTTE depuis de nombreuses années.8 Ou veut-on enfin parler d’Amnesty International dont on vient d’apprendre qu’Irène Khan, son ancienne Secrétaire générale et son adjoint bien connus tous les deux pour leurs campagnes hostiles à l’égard du Sri Lanka se sont attribués des primes de 533 000£ et de 325 244£, soit plus de quatre fois leur salaire annuel ?9


Mais si l’on veut être sérieux, pourquoi alors ne pas débattre de la mise en place par le président Mahinda Rajapksa de la "Lessons Learnt and Reconciliation Commission" (LLRC) dont le travail déjà accompli et les recommandations sont tout à fait remarquables ! Pourquoi ne pas débattre également de la réhabilitation ces derniers jours de 5 902 combattants Tigres ?10 Et des 1 889 femmes ex-cadres LTTE et de 231 enfants ex-enfants soldats qui l’ont été également ! Parmi ces derniers, on peut déjà préciser que sur 97 filles, 65 ont réussi leur baccalauréat !11


Pourquoi ne pas débattre également des motivations et des objectifs réels de la Haute Commissaire aux droits de l’homme à Genève, Navi Pillay, dont la dépendance a l’égard de l’agenda des pays riches semble beaucoup plus marqué que celui d’appliquer les recommandations du Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Ce qui sur le Sri Lanka fut le fruit, on s’en souvient, de la mobilisation des pays non alignés et des gouvernements progressistes d’Amérique Latine, comme Cuba, le Brésil, le Venezuela, le Nicaragua, l'Equateur, la Bolivie pour ne parler que de ceux là...12


On ne dira non plus jamais assez que c'est un gouvernement de droite pro occidental qui libéralisa et privatisa les ressources du Sri Lanka qui contribua à créer le lit du séparatisme. Et qui noua ensuite une alliance avec les Tigres du LTTE pour éliminer la gauche, tant cingalaise que tamoule. Cette même gauche qui est aujourd'hui au pouvoir à Colombo et qui a mis fin au terrorisme et à la guerre ! C'est encore cette même gauche (trotskystes, communistes, sociaux-démocrates, et patriotes de diverses obédiences) qui entend contribuer à la réconciliation par la compréhension de ces douloureux événements. Aujourd’hui, on veut aller au fond des causes et des conséquences, mais pas sous la pression, et encore moins sous celle qui prend la forme d’ingérences étrangères !

 

Cette guerre de 30 ans ne fut JAMAIS un conflit ethnique, et encore moins une guerre civile ! « Cette guerre n’était pas une guerre contre les Tamouls, mais contre le LTTE », 13 et la victoire obtenue, si elle fut militaire, fut avant tout politique ! Ce fut celle de toute la nation et de tout le peuple vivant au Sri Lanka !

 

Q : Mais peut-on revenir sur les déclarations de représentants de l’ONU comme Neil Buhne ou encore Gordon Weiss ?


Neil Buhne, représentant de l'ONU à Colombo, est connu pour avoir donné des chiffres fantaisistes sur le nombre des victimes, et cela pour les besoins des médias. Il a ensuite reconnu devant les ambassadeurs en poste à Colombo qu'il avait exagéré et n'avait aucun début de preuves. John Holmes,  Secrétaire général adjoint de l'ONU de son côté, a déclaré plus tard “ces chiffres n'ont pour nous aucun statut, honnêtement nous n'en savons rien...”14


J’ai déjà évoqué les contre-vérités de Gordon Weiss, ancien porte parole de l’ONU à Colombo, portant sur le nombre de victimes. Ses propos ont été catégoriquement contestés et rejetés par les Nations Unies dans une déclaration de février 2010. En aucun cas Gordon Weiss n’engageait l’ONU !15 L’ONU a fait preuve de retenue dans l’appréciation du nombre de victimes et rappelait dans une déclaration sur ce sujet que « son soutien allait au gouvernement sri lankais dans ses efforts de reconstruction des communautés et la recherche de solutions pacifiques » !16


En fait, Gordon Weiss faisait allusion aux témoignages attribués à des docteurs tamouls du Vanni, tout particulièrement au Dr. Shanmugarajah, responsable à l’hôpital de Mullaitivu ! Dans son témoignage devant la Commission de réconciliation (LLRC), il devait préciser au sujet des chiffres très élevés de victimes dont il avait témoigné dans les dernières semaines de la guerre : « qu’il était contraint d’augmenter les chiffres. S’il y avait 75 blessés, nous devions dire 275, et même 575. Quand on lui a demandé qui exigeait de faire ainsi, il a répondu sans hésiter : le LTTE nous le demandait ! Il a ajouté que les chiffres réels sont connus du staff de l’hôpital de Mullaitivu et à disposition. » On a aussi interrogé le Dr Shanmugarajah sur l’assistance apportée par les autorités, et celui-ci a déclaré « que le gouvernement sri lankais a payé les salaires de toute l’équipe médicale. Les fournitures, les médicaments étaient fournis par le gouvernement, à aucun moment le LTTE n’a fourni aide ou soutien financier » ! 17 Je pourrai également évoquer les témoignages du Dr. Sathiyamoorthy et du Dr Keethaponcalam. Ils sont tous accablants pour le LTTE ! Voila donc ce qu’il en est en réalité des déclarations de Gordon Weiss.

 

Q : Le LTTE se considérait comme le seul et unique représentant des Tamouls. Est-ce que c'est cela qui l'a conduit à éliminer physiquement ceux qui s’opposaient à cette vision, en particulier la gauche tamoule ?


Pour les Tigres et leur chef, le psychopathe Prabhakaran, tous « ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », et s’agissant des Tamouls en désaccord avec les positions du LTTE, ceux-ci n’étaient rien moins à leurs yeux que des traitres qu’il fallait éliminer. Ce discours continue d'ailleurs à être tenu par les dirigeants de la Maison du Tamil Eelam France, en particulier son président Mr. Thiruchchothi. Comme il me l’a écrit récemment, il était normal selon lui d'éliminer les dirigeants de gauche, ceux du EPRLF en particulier, puisque toujours selon lui, ils étaient liés aux Indiens.18


Il faut un sacré culot pour affirmer cela après la conclusion des "Peace accords" 19entre l'Inde et Sri Lanka en 1987, accords qui avaient conduit à une négociation secrète entre Prabhakaran, Anton Balasingham et Rajiv Gandhi, le 27 juillet 1987. Ce fut à cette réunion d’ailleurs que le sort de l’EPRLF fut scellé !


Avec cette curieuse façon d’écrire l’histoire, on tait le fait que les premiers camps d'entrainement militaires dont le LTTE a bénéficié furent installés en Inde par une décision d'Indira Gandhi. On pourrait aussi aborder la question des camps de Kulathur dans le district de Salem. Ou évoquer les camps installés au Tamil Nadu indien où 20 000 combattants avaient obtenu de la part du gouvernement central de l'Inde toute l'aide matérielle et financière nécessaire. Ce n'est d'ailleurs pas le seul endroit où les Tigres purent ainsi s'entrainer avec l'assistance de militaires Indiens. Ce fut également le cas en Uttar Pradesh, à Delhi, Bombay, Vishakhapatnam. Le camp le plus secret étant celui de Chakrata, au nord de Dehra Dun. On peut consulter d'ailleurs sur ce sujet les excellentes photos d’archives des principaux dirigeants du LTTE comme Prabhakaran, Pottu Amman, Karuna dans les camps d'entrainements indiens  de Sirumalai .20


Des amis tamouls qui ont bien connu les débats en 1983 avec les représentants du LTTE ayant eu justement lieu dans le Sud de l'Inde m'ont fait remarquer que le comportement du LTTE n'a pas varié. Le LTTE a toujours eu la prétention de dominer et d'imposer, y compris par la violence, sa vision séparatiste et chauvine aux groupes de la gauche tamoule. Et c'est encore le cas aujourd'hui ! Comme le souligne souvent Fidel Castro, les révolutionnaires doivent assumer une éthique qui les distingue des forces réactionnaires et rétrogrades. Voila pourquoi le LTTE a toujours été totalement étranger au combat anticolonialiste et émancipateur des peuples.


Q : Certes, mais le LTTE se présente souvent comme une organisation de gauche qui ferait même référence au socialisme ! Qu’en est-il ?


Je veux répondre à cette nouvelle falsification à laquelle le LTTE se livre et cette prétendue référence au socialisme. Encore une fois en évoquant l’histoire, celle de la déclaration de Vaddukoddai du 14 mai 1976 21 à laquelle le LTTE et ses représentants en France font référence dans le but d'abuser leurs interlocuteurs sur le fait qu’ils seraient de gauche et en faveur d'un programme socialiste.


Pour les Tigres et dans sa traduction concrète, le socialisme n'est évidemment qu'un slogan à usage externe, un prétexte et une illusion. Mais dans ce cas particulier, le LTTE fait preuve en plus d'une tromperie sinistre à un point difficilement imaginable. Cette déclaration de Vaddukoddai n'a pas été faite par le LTTE, mais par le TULF, un parti politique modéré, représentatif de l’élite tamoule du Nord. Celui-ci s’était assigné comme but la création d’un État séparé. Depuis, le TULF participe toujours à la vie politique nationale du Sri Lanka. Sa critique du LTTE est constante, au point de considérer le LTTE comme responsable d'un véritable génocide vis à vis des Tamouls. Selon le témoignage d'Anandasangaree, l’actuel Secrétaire général du TULF, « plus de 50% des Tamouls déclarent qu'ils vivent en paix parmi les Cingalais et c'est le LTTE qui est impliqué dans un génocide et non pas les Cingalais ». Voilà pourquoi cette référence est scandaleuse. Puisque le monde entier devrait savoir la responsabilité du LTTE dans l'assassinat de nombreux dirigeants du TULF, dont les maires de Jaffna et surtout le meurtre d'Amirthaligam, Secrétaire général historique du TULF !22


Voici d'ailleurs une liste des crimes commis par le LTTE23 contre des dirigeants du TULF. Parmi eux, je voudrai rappeler en particulier la mémoire d'un des plus remarquables intellectuels de sa génération, le constitutionaliste Neelan Thiruchelvam. Et voici d’autres noms de personnes assassinées par les Tigres :


- A. Amirthalingam, TULF, Secrétaire général et député,

- Dr. Neelan Thiruchelvam, TULF, Vice-Président et député,

. V. Yogeswaran, TULF, membre du bureau politique and député TULF de Jaffna,

- V Dharmalingam, député TULF de Manipay, et père du leader du PLOTE24, D. Siddharthan,

- Alakasunderam, Ex-membre du TULF, député de Kopay,

- Velmurugu Master, Organisateur du TULF et membre du « Comité citoyen » de Kalmunai,

- S. Sambandamoorthy, Président du TULF, membre du conseil du « District Development Council » de Batticaloa,

- A. Thangadurai, TULF, député de Trincomalee,

- Mme Sarojini Yogeswaran, TULF, maire de Jaffna,

- Pon Sivapala, TULF, maire de Jaffna,

- Sam Thambimuttu, TULF, député de Batticaloa,

- Mme Thambimuttu, épouse du député TULF de Batticaloa,

- Ponnuthurai Sivapalan, TULF, maire de Jaffna,

Par conséquent les Tigres tamouls parlent du socialisme, mais ils ont assassiné les principaux auteurs de la Résolution de Vaddukoddai qui fait explicitement référence au socialisme et à un État séparé tamoul. Et comme on peut également le savoir, le le LTTE ne s’est pas arrêté là dans cette sinistre besogne puisqu'ils ont également assassiné les dirigeants de la gauche, dont voici une liste très partielle :25


S. Wijayanadan, Secrétaire de district du Parti communiste de Ceylan,

K. Padmanabha, Secrétaire général, EPRLF,26

P. Kirubakaran, Membre du Conseil provincial du Nord-Est,

V. Yogasangari, EPRLF, député,

Razick, Suprême du EPRLF et chef de sa branche armée,

Kethishwaran Loganathan, EPRLF, porte-parole et député, Secrétaire général adjoint du Sri Lanka Peace Secratariat, SCOOP,

George, dirigeant du EPRLF,

Veerahaththy Gunaratnam, PLOTE, membre du « Pachchilaipalli Pradheshiya Sabha » (PS) à Jaffna,

N. Manickathasan, Vice-Président du PLOTE,

R. R. Vasudeva, dirigeant du PLOTE,

Canagasabai Rajathurai, membre de l’EPDF27 à Jaffna,

Anton Sivalingam, EPDP, membre du Conseil municipal de Jaffna,

Ms. Maheswary Velautham, Avocat et conseiller du Ministre tamoul des services sociaux et du bien-être social, Douglas Devananda, qui lui-même a échappé à une douzaine d’attentats,

Dr. Mme Rajini Thiranagama, Professeur à l’Université de Jaffna, fondateur de l'association « universitaires pour les droits de l'homme », et romancière renommée, auteur du livre « The Broken Palmyrah »,

 

A cette liste macabre, il faudrait encore ajouter tous les membres du Comité central du EPRLF, sans oublier non plus tous les militants de gauche qui, sans occuper des responsabilités importantes, n'en étaient pas moins les défenseurs de la cause du socialisme. Comment peut-on dès lors parler de socialisme et dans le même temps assassiner ceux qui défendent cette idée ? Mao Zedong stigmatisait les hypocrites « qui brandissent le drapeau rouge pour mieux lutter contre le drapeau rouge ! »28

 

Enfin, il faut aussi rappeler que les mouvements de libération nationale, et les révolutionnaires ont toujours attaché beaucoup d’importance dans les zones qu’ils libèrent à mettre en place des structures sociales progressistes. Mais quand on découvre à ce sujet le bilan du LTTE, cette pieuvre aux multiples facettes comme le TRO29 ou la Maison de Tamil Eelam, on est stupéfait. Faisons l'état des lieux des réalisations du LTTE dans les territoires qu'ils contrôlaient, et on trouvera leur propos consternant de cynisme et d'arrogance. Leur pseudo-capitale Kilinochi fut abandonnée à l'état de ville fantôme ! Comme les nazis, le LTTE a pratiqué la politique de la terre brûlée et ont tout détruit avant l'arrivée de l'armée sri lankaise. Cela a été d'autant plus facile il est vrai, puisqu’ils n’avaient pas construit d'écoles et de dispensaires, mais des salles de police, des tribunaux et des prisons avec salle de tortures ! Il y a chez eux une curieuse association de caractères ayant donné naissance à un monstre qu'aurait fabriqué ensemble Pol Pot et Meyer Lanski !

 

Q : Mais il y a eu l’ISGA (interim self governing authorithy) ?


Le LTTE est passé maître dans l'art de bluffer ses interlocuteurs. Ces propositions pour la négociation avec le gouvernement sri lankais de l’époque, c'est-à-dire le gouvernement de droite, reposaient sur une idée simple : rendre incontournable la reconnaissance du LTTE comme seul représentant des Tamouls de Sri Lanka. Dans ce marché de dupes dans lequel il avait l'ambition de faire tomber le gouvernement de Colombo, le LTTE avait trouvé le soutien des USA en la personne de Richard Armitage, à l'époque Sous-secrétaire d’Etat, du chef de la Mission de l’Union européenne au Sri Lanka, avec la coopération étroite du gouvernement norvégien. 30


Le cessez le feu qui avait précédé ces négociations permettait également de gagner du temps pour permettre au LTTE de réarmer afin de faire comme il avait toujours fait dans les négociations : les quitter de façon provocatrice afin de reprendre les attentats et les opérations sur le terrain. Cette technique lui a ainsi permis de disposer d'une véritable armée conventionnelle avec les armements les plus sophistiqués que permettait son revenu annuel estimé à 320 millions de dollars, fruits de ses rackets et trafics divers. Cette « Eelam entreprise » dont parle si bien une ancienne membre des Tigres, Nirmala Rajasingam, dont la sœur médecin et militante des droits de l'homme fût assassinéé à Jaffna par le LTTE.


Mais pour revenir au ISGA, l'idée même de négociation était un abus de langage puisque la position intransigeante du LTTE consistait à se tenir à la position suivante : « c'est à prendre ou à laisser ». Tout étant fixé unilatéralement, la négociation apparaissait donc vide de sens. Très vite il lui suffisait de déclarer « la guerre inévitable », et le tour était joué. En fait, l’ISGA consistait à donner pour une période de cinq ans tous les pouvoirs au LTTE, donc à lui permettre d’établir sa dictature ! 31 Jugez vous mêmes.


- Le ISGA devait avoir selon ses propositions une majorité absolue de personnes nommées par le LTTE.

- Le Président de l’ISGA devait être issu du LTTE. Ce serait donc Prabhakaran !

- L'administrateur de la province Nord-Est et ses adjoints devaient être aussi membres du LTTE. Le Président aurait en plus le pouvoir de mettre fin à tout mandat.

- Le LTTE aurait eu ainsi le pouvoir de nommer et de licencier à tous les postes de fonctionnaires dans « sa » province.

- Les élections qui devaient être organisées après cinq ans devaient elles-aussi être contrôlées par l'ISGA, autant dire par le LTTE.

- Les droits de l'homme, les droits des citoyens dans la province seraient suivis par une commission « indépendante » mise en place par l'ISGA, donc là encore par le LTTE, qui comme on le sait est censé être expert dans ce domaine particulier !


Voila donc à quelle "égalité" les Tamouls du Sri Lanka ont heureusement pu échapper !


En fait, il ne s'agissait pas de transférer plus de pouvoir aux Tamouls et à la province Nord-Est, mais de donner tout le pouvoir au LTTE sur ce territoire, prélude à la mise place d'un État séparé dominé par les Tigres du LTTE: « a Tiger state ». En quelque sorte, il s'agissait de créer un fait accompli. Voilà ce que le gouvernement de droite et son 1-er ministre, Ranil Wickremesinghe, avec le soutien de puissances étrangères devait accepter de discuter, sinon ce serait la guerre. Tout simplement la guerre !


Au fond avec l’ISGA, le LTTE pensait avoir le moyen d’obtenir une majorité absolue aux élections, ce qui n'avait jamais été le cas. Jamais en effet, celui-ci n’est arrivé à représenter la majorité des Tamouls, le mieux qu’il ai obtenu, au pic du contrôle Prabhakaran Prabhakaran totalitaire qu’il exerçait, ne fût jamais plus qu’en 2001 avec le TNA32, sa marionnette, avec 41,54% des voix pour la province du Nord-est, avec toutes les pressions, menaces et fraudes alors possibles !33 On comprend mieux dès lors pourquoi lors des premières élections libres en 2010, les résultats des candidats soutenant Mahinda Rajapaksa ont tous progressé de façon significative, pendant que les candidats et alliés du LTTE s'effondraient. Il est intéressant de noter que le même phénomène se produisit en Inde dans l’état du Tamil Nadu, à la veille de la chute de Prabhakaran !


Cela étant dit, il est donc heureux qu’aujourd’hui d'autres forces politiques et sociales représentent les Tamouls, tout comme d'ailleurs les autres groupes ethniques du pays, Cingalais, Burghers, Musulmans et au fond tous les Sri lankais sans distinction d'origine, de religion, de culture, de langue, de conviction, afin qu’ils construisent leur unité, sans ingérence étrangère.

 

Q. On évoque souvent l’exemple du Kosovo et du Sud-Soudan pour crédibiliser le projet séparatiste des Tigres du LTTE et de ceux qui les représentent aujourd’hui. Qu’en est-il ?


Pendant longtemps, le modèle que certains voulaient appliquer au Sri Lanka c’était le Kosovo, aujourd’hui c’est le Sud-Soudan ! Mais si vous observez la situation internationale, vous constaterez que partout où l’impérialisme cherche à regagner des positions en déstabilisant les gouvernements en place, on invoque la solution « miracle » de l’Etat séparé. On accompagne souvent celle-ci du besoin d’ingérence humanitaire cher à Bernard Kouchner, au nom du fait qu’il faudrait sauver les populations des persécutions de leurs dirigeants ou de l’incapacité de ces derniers à administrer la fameuse « gouvernance » occidentale ! C’est le cas actuellement en Libye et ailleurs. Par ailleurs, la réforme des Nations Unies évoquée dans un article publié par La Pensée Libre contribue à cette vision34. Dans ce sens, on peut affirmer que les héritiers du LTTE sont de chauds partisans de l’ingérence étrangère.


Voilà justement pourquoi les USA, tout comme à l'époque de Richard Armitage, soutiennent de tels projets séparatistes. Parce qu’ils servent leurs intérêts géostratégiques de domination mondiale. Dans le cas du Sud-Soudan, de la Libye, comme du Sri Lanka, l'odeur du pétrole n'y est pas étrangère, tout comme d’ailleurs le contrôle des corridors maritimes dont on ne dira jamais assez qu’ils constituent un enjeu capital pour les puissances impérialistes.


C’est entre autre pourquoi on a vu se constituer dans les pays riches et autour des Tigres du LTTE un réseau de soutien au plus haut niveau, conduisant les séparatistes à solliciter une intervention étrangère au Sri Lanka, quitte à promettre de céder ensuite l'usage du port en eau profonde de Trincomalee à la 7ème flotte des Etats Unis.


S’agissant du Kosovo qui fut longtemps un modèle pour les Tigres, il est intéressant de noter la similitude entre les méthodes du LTTE et celles du groupe mafieux albanais issu de l’UCK, cette pseudo-armée de libération financée par les Occidentaux et entrainée entre autre par l'Allemagne, et à qui les puissances occidentales ont cédé unilatéralement le pouvoir. A ce sujet, on vient de découvrir avec intérêt que le 1er ministre du Kosovo et ancien chef de l'UCK, Hacim Taci est responsable d'un trafic d'organes d'êtres humains, en particulier de Serbes. Cette révélation du Comité du Conseil de l'Europe fait suite à un rapport accablant du parlementaire Suisse Dick Marti ! 35


Il en va de même avec le Sud-Soudan. A l’occasion de la séance inaugurale du « Transnational Government of Tamil Eelam  » (TGTE) tenue sous les drapeaux Tigres et étatsuniens à Philadelphie, on a donné la parole à Domach Wal Ruach, Secrétaire général du Sudan People’s Liberation Movement (SPLM) qui a exhorté à organiser la diaspora tamoule. Il a fait remarquer que le TGTE, héritier du LTTE, devrait suivre leur exemple en travaillant étroitement avec les USA, car sans « leur aide magnifique » rien concernant le Soudan n’aurait pu être obtenu. 36


Q : Comment se réorganisent les Tigres du LTTE ?


Aujourd’hui, personne n’ose plus se déclarer membre du LTTE, même Tamilnet le site officiel des Tigres ! Même Rudrakumaran, Premier Ministre du TGTE et pourtant important dirigeant du LTTE chargé de l’achat des armes, se garde bien de faire référence au LTTE. En fait, si l'on écoute la conception simplificatrice que les médias nous présentent : cette guerre qui a duré 30 ans mettait face à face l'armée de l'État Cingalais et les Tamouls ! C'est même à se demander si le LTTE et Prabhakaran ont existé ! C'est également le leitmotiv de ces ONG, de ces politiciens occidentaux, et prétendus experts qui de façon caricaturale évoquent la fin de la guerre sans d'ailleurs parler des causes de celle-ci ou de la situation présente !

 

Pour légitimer cela, on a même vu se constituer à l’occasion des récentes élections présidentielles et parlementaires au Sri Lanka des alliances étonnantes, mais au fond significatives. Ainsi, le TNA qui est comme chacun sait représente la couverture du LTTE a accepté une alliance électorale avec le parti de droite UNP37 ceux-là mêmes qui au pouvoir pendant plus de 20 ans ont entraîné le pays dans la guerre, avec le JVP38 un parti chauvin qui refuse l’État séparé, et qui se réclame de la gauche, et le tout pour soutenir en finale le Général Fonseka, le chef d’Etat-Major des armées, c'est-à-dire celui-là même qui a dirigé les opérations militaires jusqu'à l'effondrement du dernier carré des dirigeants du LTTE !

 

Cela étant dit, il y a une bataille pour le leadership du mouvement séparatiste, et donc certaines différences existent entre par exemple Rudrakumaran, le chef du « Transnational government of Tamil Eelam » qui rêve d'une solution sécessionniste à la soudanaise, et les positions de Nediyavan qui prône le retour à la terreur, qui est connu pour sa violence et qui est considéré comme un homme particulièrement dangereux. Il est installé en Norvège.


Il faudrait aussi évoquer le rôle de Pathmanathan, « KP », ancien responsable international et l'un des plus importants chefs du LTTE, qui a décidé de collaborer avec le gouvernement de Colombo par le biais de son organisation, le NERDO. 39 Il n'est d’ailleurs pas le premier dans ce cas, puisque depuis plusieurs années, le colonel Karuna, un autre ancien dirigeant des Tigres qui a rompu avec le LTTE, est maintenant membre du gouvernement de Mahinda Rajapaksa.

 

Q : Et qu’en est-il donc du TGTE et de sa relation avec la maison du Tamil Eelam France ?


Il est important en effet de clarifier la relation entre le LTTE, la Maison du Tamil Eelam France, « Global Tamil Forum »(GTF), le « Transnational Government of Tamil Eelam » (TGTE) et ses protecteurs afin de démontrer que tous ces gens appartiennent bien au LTTE. A ce sujet, il faut signaler que le LTTE, malgré l’appui de ses nombreux relais européens financés par son « trésor de guerre », vient d'être de nouveau listé comme organisation terroriste par l'Union européenne. Reste donc à savoir ce que l’on fera au sein des gouvernements européens, à commencer par celui de Nicolas Sarkozy pour appliquer cette salubre décision !


On entend parler parfois de la Maison de Tamil Eelam comme si celle-ci était une organisation humanitaire et qu’elle était indépendante du LTTE. Je vais donc démontrer qu’il n’en est rien.


Le Global Tamil Forum (GTF), dont la Maison du Tamil Eelam France est une des organisations fondatrices, a été mis en place le 26 mars 2009 au Crown Plaza Hotel de Londres ! Dans sa résolution finale, outre l’exigence d’un « État séparé », y a été réaffirmé que « le LTTE est l’unique et authentique représentant des Tamouls ». Le GTF coordonne les efforts de mise en place et les activités du « Transnational Government of Tamil Eelam » (TGTE) qu’anime l’avocat New-Yorkais Visuvanathan Rudrakumaran, que nous venons de mentionner plus haut. Celui-ci se préoccupe également du « United States Tamil Political Action Committee » (USTPAC), qui maintient des rapports étroits avec le Département d’Etat des USA pour influencer les politiciens de ce pays, comme des autres pays occidentaux, dans le but de « contribuer à créer un climat psychologique du type de celui qui a prévalu au Kosovo afin de favoriser la création d’un État séparé, indépendant et souverain ».


Cette réunion du GTF à Londres fut parrainée par David Miliband, à l’époque Ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, et qui s’adressa aux délégués.40 Le premier ministre Gordon Brown quant à lui, salua l’événement. David Cameron qui l’a remplacé depuis adressa un message de soutien. Pour la partie US, on pouvait compter sur Jesse Jackson, présenté comme « l’ami d’Obama », sur l’Assistant secrétaire d’Etat aux affaires du Sud-Est asiatique étatsunien, Robert Blake, qui fut précédemment ambassadeur à Colombo, mais surtout sur l’un des responsables du lobby LTTE au Sénat US : le sénateur Robert Casey, Président du : « Foreign relations subcommittee on near easter, south and central asian affairs ». Il devait dans un long message, et pour s’en féliciter, souligner le rôle de l’USTPAC dans son action pour « éduquer les politiciens US ». Casey est un homme lige d’Hillary Clinton qui, il faut le rappeler, bénéficia tout comme Obama de la contribution financière du LTTE pour leurs élections dans les primaires démocrates ! Bob Casey est l’homme en pointe sur cette région du monde aux côtés de Robert Blake. Ce dernier a été le promoteur du rôle donné à la « diaspora » et comment utiliser ce concept dans la nouvelle stratégie de déstabilisation du Sri Lanka. A cette fin et aux côtés de Richard Boucher, Sous-secrétaire d’Etat pour l’Asie du Sud, il a reconnu être en contact étroit avec des organisations tamoules aux USA ! Il n’est pas inutile de souligner qu’il a été remplacé à Colombo par Patricia Butenis, ex-numéro deux US à Bagdad et très ancienne protégée de John Negroponte dont on connaît les exactions en Amérique Centrale, en Amérique du Sud et en Irak41. Celle-ci s’est déjà faite connaître par ses provocations au sujet de populations déplacées au Sri Lanka.42


Tous ces gens ont leur entrée chez l’influent sénateur Patrick Leahy, Président tout à la fois du « Judiciary committee » et du « Sub-Committee on Foreign Operations » du Sénat US, et qui s’est particulièrement distingué à travers des actes hostiles au Sri Lanka, avec par exemple la réduction de l’assistance économique. Comment dès lors, de tels politiciens pourraient-ils prétendre qu’ils flirtent avec le LTTE sans le savoir ? Un peu d’ailleurs comme le font certains élus de différentes obédiences de la région parisienne, en particulier en Seine-St. Denis et dans le Val de Marne qui prétendent ignorer l’étroite complicité entre le LTTE, le TGTE et la Maison de Tamil Eelam !


Pour repositionner la place dorénavant impartie à la « diaspora », c’est Pathmanathan, alias KP, qui, en réunissant quinze organisations ou disons plutôt quinze « ONG », chargées de la couverture du LTTE a mis en place le GTF. Parmi ces organisations, on trouve le Canadian Tamil Congress, le British Tamil Forum, le Swiss Tamil Forum et bien sur la Maison de Tamil Eelam France …toutes engagées pour la création d’un Etat ethnique Tamoul séparé, avec à leur tête le LTTE. KP qui fut le responsable international du LTTE, son grand argentier, mais surtout son intermédiaire auprès des gouvernements occidentaux, est un des deux architectes de ces deux structures gigognes avec son complice Rudrakumaran du TGTE.


Avec le GTF et pour aider à la création du TGTE, on a mis en place simultanément à ces structures le « Advisory Committee on formation of TGTE ».43 Parmi ses membres, on trouve l’étatsunienne Karen Parker et le Hollandais Peter Schalk, deux conseillers, activistes et partenaires du LTTE depuis de nombreuses années ! Pour ces adeptes des théories de Joseph Nye sur le « soft power » et le « smart power » on ne saurait renoncer à l’usage de la force militaire, mais il faut également être capable de convaincre les gouvernements des pays occidentaux, les alliés, de combiner celle-ci avec « l’asphyxie » de l’économie d’un pays, et surtout la coercition comme moyen pour le faire céder. Autant de moyens qui violent le droit international et la Charte des Nations Unies !


Le TGTE, dont le siège est à New York, avenue of Americas, entend s’appuyer exclusivement sur la diaspora tamoule. Pour ce faire, on a procédé à « l’élection » d’une assemblée constituante de représentants à partir d’un certain nombre de pays. Fidèle aux recommandations de Robert Blake, on contrôle et manipule ceux qui vivent à l’étranger. Il est par conséquent significatif que ne figure ni parmi le « gouvernement transnational » ni parmi les élus de cette assemblée constituante des Tamouls vivant au Sri Lanka. Il est tout aussi significatif que plusieurs représentants de la maison du Tamil Eelam France à cette constituante, comme son Président Thiruchchothi, ont vu leur élection contestée pour fraudes et manipulations par la propre commission électorale mise en place par les organisateurs eux-mêmes de cette farce.44 Ce qui témoigne en fait de la crise au sein des Tigres du LTTE !


Q : Comment se présente aujourd’hui la situation des déplacés ? Quelle est la situation au nord et à l’est du Pays ?


Sur ce sujet, nous pouvons signaler les mouvements qui s’opèrent dans la diaspora tamoule avec le nombre important de réfugiés qui font le choix de revenir vivre au pays. Si en 2009, seulement 843 personnes avaient fait cette démarche, ils étaient 2 054 l’an passé avec l’aide du HCR des Nations Unies, chiffre auquel il faut ajouter 2 742 personnes l’ayant fait à titre personnel, puis qui se sont enregistrées auprès des services de l’ONU.


Voilà sans doute pourquoi le Haut comité aux réfugiés (HCR) de l’ONU s’est félicité dans une déclaration de l’action positive en ce domaine du gouvernement sri lankais de Mahinda Rajapaksa. Il y est souligné « le caractère positif des actions du gouvernement en faveur des 280 000 déplacés obligés de quitter leurs maisons dans la dernière phase de la guerre » Le HCR ajoute que le Sri Lanka « continue à évoluer positivement » !45 Pour l’essentiel et dans un temps record, malgré la présence de 1,6 million mines dans 640 villages. Sur approximativement 300 000 personnes qui avaient été déplacées, seules 12 000 resteraient à être réinstallées ! 46 Le Nord et l’Est du pays sont donc enfin revenus à une situation de paix et de sécurité, et cela grâce à un formidable mouvement de solidarité nationale.


Il faut évidemment reconstruire des infrastructures, des routes, des ponts, des chemins de fer et des installations scolaires, des centres médicaux sociaux, il faut reconstruire des conditions de vie normales pour tous ceux qui ont été affectés par la guerre …Il faut organiser la réhabilitation de combattants LTTE et plus spécialement des enfants soldats que le LTTE enrôlaient de force. D’importants programmes de formation ont ainsi été mis en place, y compris avec l’aide de plusieurs agences de l’ONU, dont l’UNICEF. Des priorités à l’emploi leurs sont accordées.


L’important programme de développement agricole a permis par ailleurs de faire passer sa part dans le PNB de 4% à 12% en quatre ans. La pêche a fait un bond en avant de 97%. Le Sri Lanka est maintenant auto-suffisant pour le riz. Dans ces conditions, la croissance du pays est proche de 8% en 2010, avec une inflation stabilisée à 6%. Au cours des cinq dernières années, la pauvreté a décliné de 15,25% à 7,6%, et le chômage a été ramené à 5%.47 Selon les indicateurs du « Rapport 2010 du Forum Economique Mondial », le Sri Lanka est classé au tout premier rang pour les indices concernant la santé et la survie, 6ème pour l’exercice des droits politiques et la participation des citoyens, et un des vingt premiers pays au monde pour l’égalité des droits hommes /femmes !


Ces résultats comptent cependant bien peu pour ceux qui n’ont pas renoncé à leurs objectifs. Les Tigres du LTTE, rebaptisés Transnational Gouvernment of Tamil Eelam ne sauraient nous abuser ! Partisans de l’ingérence étrangère, ils appellent dans une déclaration récente à faire au Sri Lanka ce que les puissances impérialistes ont l’intention de faire en Libye48. Pour eux, l’ONU, déjà instrumentalisé comme on le sait, n’aurait d’autre raison d’être que de légitimer des actes de coercition, d’interventions, de pressions des grandes puissance, au premier rang desquels les USA.


Aller dans cette voie serait à coup sur établir au Sri Lanka un protectorat au service de ceux qui pilleraient les ressources du pays, violeraient les droits de l’homme comme il en va toujours, et annexeraient le pays à leurs projets impérialistes de domination mondiale. Comment dans ces conditions ignorer de tels enjeux ? L’internationalisme ne saurait se réduire à une pétition morale !


C’est pourquoi, comme on le voit avec la Libye, les larmes de crocodile que versent aujourd’hui certains gouvernements occidentaux, politiciens, journalistes, médias, juristes de la cour pénale internationale, dirigeants de l’ONU, ONG, sous des prétextes hypocrites ne sauraient nous faire perdre de vue qu’au fond, c’est toujours la vieille mentalité colonialiste et impérialiste qui cherche à s’imposer comme une vision indépassable. Un peu comme si les peuples n’auraient pour horizon que de vivre sous la tutelle des plus forts et de leurs mercenaires.


D’une certaine manière, le peuple de Sri Lanka, dans toute sa diversité, nous a démontré qu’il n’y a aucune fatalité et qu’il ne sert à rien de se résigner. Le moyen efficace de résister à l’ingérence étrangère et donc au séparatisme, fut l’unité, la solidarité entre Cingalais, Tamouls, Musulmans, Burghers, et la défense scrupuleuse de l’indépendance, de l’intégrité, de la souveraineté du pays, celui de tous les Sri Lankais !

 

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1 Ajit Randenya, “Is Gordon Weiss speaking for the entire international community at the UN”, in Lankaweb, 11 mai 2009.

2 Semaine anticoloniale 2011 : Tract de la Maison du Tamil Eelam France.

3 LLRC: Commission sur les leçons apprises et la réconciliation, mise en place par le Président Mahinda Rajapaksa.

4 Sunday Leader, “It’s lesson learnt”, 12 mars 2010.

5 UN OCHA : Bureau des Nations Unies pour la Coordination des Affaires Humanitaires.

6 Tract de la Maison du Tamil Eelam France, Op. Cit.

7 Human Rights Watch, une ONG aux moyens considérables financée par l’Open Society Institute de Georges Soros, la Fondation Ford, Time Warner, Coca Cola, City group. On trouve parmi ces dirigeants, James Hoge, du Council on Foreign Relations, l’épouse de Peter Ackerman, Président de la Freedom House, une des couvertures  de la CIA au même titre que le National Endowment for Democracy. Voir a ce sujet, La Telerana imperial, enciclopedia de injerencia y subversión, d’Eva Golinger et Romain Migus, Centro Internacional Miranda, Caracas 2008.

8 TGTE, Final report based on the study by the advisory committee, composition de la commission, 15 mars 2010.

9 “Diplomats call for transparent probe”, AI’s secret pay-offs revealed, Newsline, 7 mars 2011.

10 “Battle for overseas LTTE leadership heightens”, Lankapuvath News bulletin, 10 mars 2011.

11 Brigadier Sudanatha Ranasinghe, Commissaire général chargé de la réhabilitation, le 8 mars 2011.

12 Voir à ce sujet Jean-Pierre Page, «  Qui sont nos ennemis, qui sont nos amis», in La Pensée libre, juillet 2009.

13 Mahinda Rajapaksa, discours devant le parlement sri lankais, le 19 mai 2009.

14 John Holmes interview à l’agence Reuters, 30 mai 2009.

15 Gordon Weiss in ABC News 9 février 2010.

16 idem

17 “LTTE forced us to inflate injury figures, Dr. Shanmugarajah at LRRC”, in The Island, 23 novembre 2010.

18 Thiruchchothi, Président de la maison du Tamil Eelam France, message à Jean-Pierre Page, 22 février 2011.

19 Jean-Pierre Page, « Qui sont nos ennemis, qui sont nos amis», Op. Cit.

20 «  LTTE the Indian connection »,The Sunday Times, 19 janvier 1997.

21 Résolution adoptée à l’unanimité par le premier congrès du Tamil United Liberation Front à Vaddukoddai le 14 mai 1976, ENB documents, 5 octobre 2007.

22SPUR (Society for Peace, Unity and Human Rights in Sri Lanka), < www.spur.asn.au >.

23 Ibid.

24 PLOTE : People’s Liberation Organisation of Tamil Eelam, organisation de la gauche tamoule qui travaillait avec la gauche cingalaise

25 SPUR, op.cit.

26 EPRLF: Eelam People’s Revolutionnary Liberation Front, organisation de la gauche tamoule qui travaillait avec la gauche cingalaise.

27 EPDF: Eelam People’s democratic Front, Front des Mouvement de la gauche progressiste tamoule.

28 Mao Zedong, in “Servir le Peuple”, 1944.

29 TRO: Tamils Rehabilitation Organisation, couverture du LTTE lui permettant la collecte des fonds à travers le racket, trafics, etc… « l’Eelam entreprise ». En octobre 2009, le FBI a arrêté à New York pour fraude et conspiration Raja Ratnam. Celui-ci avait donné pas moins de 3,5 millions de $ au TRO. Il est celui qui était un des plus importants contributeurs financiers à la campagne d’Hillary Clinton.

30 “Why is the world trying to save the Tamil Tiger terrorists in Sri Lanka”, < http://www.squidoo.com/tamil_tiger_terrorists_Srilanka#module30377792 >

31 ISGA in Wikipedia.

32 TNA: Tamil National Alliance, parti légal représenté au Parlement, couverture parlementaire du LTTE. Aux dernières élections présidentielles, le TNA s’est allié au parti conservateur et ultra libéral UNP et au JVP, un parti chauvin qui se réclame de la gauche. Ensemble, ils ont soutenu la candidature du Général Fonseka contre celle du Président Mahinda Rajapaksa ! Cette candidature fut encouragée par de nombreux gouvernements occidentaux, grands médias et ONG. Le Général Fonseka était le chef d’Etat major des armées jusqu’à la défaite militaire du LTTE en mai 2009.

33 Tisaranee Gunasekara, “The fearful symmetry of the ISGA” The Island, 11 septembre 2003.

34 Tamara Kunnayakam, Jean-Pierre Page, La réforme des Nations Unies telle qu'elle a été proposée par le Secrétaire général Kofi Annan”, avril 2010, < http://lapenseelibre.fr/lapenseelibren30.aspx >

35 “Dick Marti répond aux Kosovars”, Le Matin , 18 janvier 2011.

36 “TGTE inaugurated in transnational way Ramsey’s Clark stresses importance of history”, in Tamilnet, 18 mai 2010.

37 UNP : United National Party, mis en place par le colonisateur britannique à l’indépendance, conservateur, ultra libéral, représentatif de la bourgeoisie compradore, responsable de l’ouverture économique et des privatisations.

38 JVP : Janatha Vimukthi Peramuna (People’s Liberation Front) qui se voulait une alternative à la gauche traditionelle, avec une base paysanne, nationaliste chauvin, se réclamant du marxisme-léninisme !

39 Certains au sein du LTTE l’accusent d’avoir abandonné délibérément Prabhakaran pour prendre maintenant sa place et le contrôle d’une organisation riche en millions de dollars. La guerre des chefs vient-elle de commencer ? Voir à ce sujet, la polémique entre l’ «  international relations department » du LTTE et le « department for Diaspora affairs » (DDA), Tamil Net du 25 mai 2009.

Le NERDO : North East Rehabilitation and Development Organisation, le principal dirigeant de cette ONG est KP.

40 Daya Gamage, “Global Tamil Forum (GTF) endorses separate state in Sri Lanka, US&UK behind GTF”, Asian Tribune, 3 février 2010.

41 John Negroponte s'est par ailleurs occupé de superviser en France les activités de chercheurs à l’EHESS de Paris. Voir à ce sujet Arthur Lepic, « L'opération 'Liberté en Irak' est terminée: John Negroponte bientôt à Bagdad », < http://usgohome.free.fr/actualite/negroponte.htm >, et plus largement, sur l'histoire de la pénétration intellectuelle en France par les USA, Brigitte Mazon, Histoire de l’École des hautes études en sciences sociales, Le rôle du mécénat américain (1920-1960), Cerf. Thèse de Brigitte Mazon sous la direction de François Furet, Président de l’EHESS de 1977 à 1985. Voir aussi : « La french american foundation », Blog de Pascal Jean Gimenez : Regard sur la Mondialisation, < http://pascaljeangimenez.hautetfort.com/archive/2008/09/23/french-american-foundation.html >

42 Maintenant que la guerre est terminée, les USA ont nommé comme ambassadrice à Colombo, Patricia Butenis, ancienne et très controversée ambassadrice au Bangladesh, et qui fut précédemment chef de mission adjointe US en Irak, elle est ouvertement liée à de nombreux cadres de la CIA. Ce qui confirme l'enjeu stratégique du Sri Lanka pour l'administration Obama. Et le fait que ce pays devrait continuer à se heurter à un barrage auprès des institutions où les USA possèdent une influence décisive, et dans les médias qui leur sont liés.

43 Voir note précédente sur TGTE.

44 “Third party required to resolve TGTE election dispute in France”, in Tamilnet, 13 mai 2010.

45« Haut Commissaire des Nations Unies aux Réfugiés », Rapport sur les progrès importants obtenus par le Sri Lanka dans la situation des déplacés et sur la stabilité du pays. In Daily News, 7 juillet 2010.

46 Mahinda Samarasinghe, Ministre et envoyé du Président Mahinda Rajapaksa, Conseil des droits de l’Homme Genève, 28 février 2011.

47 Tamara Kunanayakam, Ambassadrice du Sri Lanka à Cuba, « Sri Lanka renace y avanza » , un entretien à Habana Radio avec Arnaldo Mussa, 23 février 2011.

48“UN should not fail in Libya,like it failed in Sri Lanka”, TGTE, New York, 25 février 2011.

   

Par Atlasaltern - Publié dans : Sous continent indien - Communauté : Les antilibéraux
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