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Afrique australe

Jeudi 5 juillet 2012 4 05 /07 /Juil /2012 21:24

La conférence de Genève sur la Syrie du 1er juillet a abouti à une proposition qui rappelle la formule de réconciliation appliquée depuis quelques années (sous les auspices de l'Afrique du Sud) au Zimbabwe : faire cohabiter dans un gouvernement d'unité nationale l'opposition soutenue par les Occidentaux et le parti du président sortant - avec toutefois une ambiguïté d'interprétation entre la France et la Russie sur la question de savoir si ledit président doit ou non quitter le pouvoir, ambiguïté qui n'existe pas au Zimbabwe.

 

Au même moment, au Zimbabwe, la "cohabitation" entre pro-occidentaux (Mouvement pour le changement démocratique - MDC) et anti-impérialistes pro-Mugabe (ZANU-PF) est mise à rude épreuve par un projet de nationalisation des banques lancé par l'entourage du président Mugabe.

 

En 2007 une loi d’indigénisation et de l’émancipation économique a été votée. En application de cette loi, le ministre zimbabwéen de l’indigénisation Saviour Kasukuwere a lancé début juin une enquête pour voir si les banques britanniques Barclays et Standard Chartered (qui forment l'essentiel du dispositif bancaire zimbabwéen avec la sud-africaine Stanbic répondaient aux critères "d'indigénéisation" c'est à dire que 51 % des actifs au Zimbabwe soient contrôlées par des Noirs du pays.

 

Saviour Kasukuwere, 42 ans, est un fidèle de Mugabe, membre du Politburo de son parti la ZANU depuis 2001, mais aussi PDG de grosses entreprises (ce qui nourrit des soupçons sur les buts de son action politique). Aux côtés du président du conseil de l'appropriation economique et de l'indigénéisation nationale (National Indigenisation and Economic Empowerment Board) David Chapfika, il mène le combat de l'indigénéisation dans divers secteurs, y compris les mines et l'agro-alimentaire, un projet qui devrait selon eux créer 5 millions d'emplois en 10 ans, permettre la constructions d'infrastructures de santé et de transport et profiter aux communautés riveraines des mines. En ce qui concerne le secteur bancaire, Kasukuwere s'était déjà confronté l'été dernier, au gouverneur de la banque centrale Gideon Gono (inculpé pour corruption et sabotage de l'économie). Il a aussi contre lui ministre des finances Tendai Biti (membre du Mouvement pour le changement démocratique, actuellement sous le coup d'une enquête de police pour le détournement de 20 millions de dollars d'aide du FMI) et le premier ministre pro-occidental Morgan Tsvangirai qui au printemps dernier s'est opposé au projet de Kasukuwere de nationaliser toutes les grandes entreprises qui ne vendraient pas leurs actions à des jeunes Noirs. Parallèlement des banques,notamment la Stanbic, ont été obligées de créer des fonds d'aide à la jeunesse.

 

Mardi dernier (3 juillet) le journal officiel du Zimbabwe a publié un ultimatum laissant un an aux grandes banques étrangères pour céder 51 % de leurs actifs à des Noirs du pays sous peine de nationalisation. Les milieux financiers voient dans cette menace l'équivalent de la campagne de confiscation des terres des grands propriétaires menée par Mugabe au début des années 2000. La montée au créneau des ministres du MDC contre Saviour Kasukuwere et David Chapfika pourrait constituer, comme l'an dernier, une première ligne de défense pour les banquiers (avant une éventuelle ingérence extérieure), et ce alors qu'un nouveau projet de constitution est à l'étude. Le MDC a déjà dénoncé le risque de voir les investisseurs étrangers se détourner du Zimbabwe et accusé Kasukuwere et Chapfika de vouloir faire main basse sur l'économie pour leur propre compte ou celui des clients de la ZANU.

Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe - Communauté : Solidarité Afrique Unie
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 10:19

 Le 18e sommet de l'Union africaine (UA) s'est achèvé lundi 30 janvier 2012, à Addis-Abeba, sur un triste constat pour l'unité de ce continent. Ni le président sortant gabonais Jean Ping (69 ans) ni la Sudafricaine Nkosazana Dlamini-Zuma (63 ans) ne sont parvenus à s'imposer à la tête de l'organisation, de sorte que provisoirement le mandat du premier a été prolongé pour six mois.

 

ua.jpgL'issue du scrutin (32 voix pour Ping, 20 bulletins blancs à l'issue du quatrième tour) est négative pour l'image de l'unité africaine, mais elle marque surtout un revers pour le renouveau de la Françafrique et plus largement de l'impérialisme occidental, en Libye notamment.

 

Comme le souligne Thomas Yonkeu d'Afrik.com, "lors de la rébellion libyenne, l’Afrique du Sud a reproché officieusement à Jean Ping sa fébrilité et son manque de fermeté, de n’avoir pas su apaiser les tensions anti-khadafistes et plus encore, de n’avoir pas réussi à exprimer le plus clairement et fermement possible son opposition à l’intervention de l’Otan en Libye".

 

L'actuelle ministre sudafricaine de l’intérieur et ex-épouse du président Jacob Zuma, Nkosazana Dlamini-Zuma, quant à elle était perçue comme une partisane du fédéralisme africain, prête à renforcer la commission de l'UA comme un véritable Exécutif du continent. Outre l'Est africain anglophone (Rwanda, Tanzanie), elle semblait pouvoir aussi avant l'élection bénéficier de l'appui de l'Angola, du Congo-Kinshasa, de la Guinée équatoriale, de Sao Tome et du Cameroun. En revanche elle ne pouvait pas compter sur le Kenya ou le Rwanda. Sa candidature était indentifiée non seulement au mécontentement de l'Afrique du Sud devant la passivité de Jean Ping pendant l'agression libyenne, mais aussi au soutien de Pretoria à Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, soutien qui a, lui, mécontenté des pays anglophones comme le Nigéria (lequel a valorisé par ailleurs positivement l'action ou l'inaction de Jean Ping en Libye).

 

Certains journaux africains anglophones accusent Paris d'avoir téléguidé le vote des francophones au cours des trois premiers tours tandis que l'Afrique australe faisait bloc derrière Nkosazana Dlamini-Zuma. "Le sommet s'est terminé aux première heures d'hier [30 janvier] alors que la majorité des Etats francophones continuait d'empêcher tout progrès, tandi que des rapports indiquaient qu'ils prenaient leurs instructions en Europe, en particulier de la France", notait ainsi le quotidien zimbabwéen pro-Mugabe  The Herald.

 

Ainsi face aux pression de Paris, et malgré le retrait de Nkosazana Dlamini-Zuma au quatrième tour, l'échec final de Jean Ping à réunir les deux tiers des voix nécessaires à sa réelection peut être lu comme une victoire de Pretoria et de la vision qu'elle défendait du non-alignement africain sur les dossiers ivoirien et libyen. "Bien que leur candudate ait été deuxième et évincée de la course, les délégués de l'Afrique du Sud ont chanté et dansé quand le résultat a été annoncé, écrit le quotidien sud-africain The Daily News . Pourquoi ? Parce que, comme un d'entre eux l'a expliqué, l'objectif principal était de déloger Ping – que l'Afrique du Sud considérait comme un “pion de l'Ouest”, qui faisait acte de soumission, en particulier à la France, la vieille puissance coloniale de son pays natal".

 

Voilà donc que le mépris dans lequel l'ardeur interventionniste du président français a tenu les pays africains en 2011 se paye aujourd'hui d'une perte d'influence sensible de la France au sein de l'Union africaine (dont le nouveau siège à Addis Abeba a été financé gratuitement par la Chine) et le renforcement de l'Afrique du Sud comme champion de l'anti-néo-colonialisme, trois semaines après le début de la célébration du centenaire du Congrès national africain, au pouvoir à Pretoria, qui est le plus ancien mouvement de libération d'Afrique.

 

Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe - Communauté : Géopolitique
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 16:23

Le 6 juin la chaîne de télévision France 5 programmait la dernière diffusion du documentaire dérangeant "Zambie : à qui profite le cuivre ?" d'Audrey Gallet et Alice Odiot qui dévoile le système d'exploitation de la société de négoce Glencore (longtemps non cotée en bourse bourse pour échapper aux contrôles et basée dans le paradis fiscal du canton de Zoug en Suisse)  et les méfaits écologiques et humains qu'elle a provoqué en Zambie avec sa mine de cuivre Mopani  qui fonctionne au mépris des normes envrionnementales (pollution au dioxyde de soufre) et alors que la multinationale paie très peu d'impôts à la Zambie (voir le résumé dans la vidéo ci-dessous).

 

En avril 2011, cinq ONG (Sherpa, Déclaration de Berne, CTPD, Mining watch et l’Entraide missionnaire) ouvraient un procès à l'encontre de Glencore pour violation des principes de l'OCDE.

 

Le scandale fiscal est aujourd'hui le mieux connu. La société Mopani qui exploite le complexe minier du même nom (le second du pays) facturait son cuivre à 25 % seulement des tarifs du marché à la maison mère Glencore, privant ainsi l'Etat zambien d'une masse fiscale énorme. Dans un pays où les exportations de cuivre représentent 70 % des devises, on comprend ce que ce pillage pur et simple de matières premières a pu représenter comme manque à gagner pour le gouvernement zambien - le chiffre d'un manque à gagner de 700 millions de dollars de 2003 à 2008 pour le seul cuivre, sans compter le cobalt a été avancé.

 

Ce pillage a été encouragé par la banque européenne d'investissement (BEI), une institution liée à l'Union européenne et dont les gouvernements européens sont actionnaires, qui a joué aussi un rôle controversé au Congo, et qui a prêté 48 millions d'euros pour le développement de Mopani en 2005.

 

"Aujourd'hui gênée par cette situation, la BEI répète que l'outil qu'elle a financé (un des fours de la mine) « fonctionne et qu'il est moins polluant ». Ce que la banque ne dit pas, ce sont les intentions cachées de ce type de prêts. Alice Odiot décrypte :

« L'UE a besoin d'investir dans les mines afin de devenir client privilégié face à la concurrence des agences chinoises. Le cuivre s'épuise, alors qu'on en commande 10 kg par an par Européen, notamment pour les ordinateurs, les voitures… »" note Rue89 à propos du documentaire d'Audrey Gallet et Alice Odiot.

Malgré la publication par les Amis de la terre d'un audit (commandité par le fisc zambien à des cabinets norvégiens, Grant Thornton et Econ Pöyry mais qui aurait dû rester secret) sur les fraudes fiscales de Mopani l'an dernier, le ministre des finances zambien est resté silencieux, ce qui entretient le soupçon d'une corruption généralisée du régime du président Rupiah Banda par les compagnies minières.

 

La question de la corruption des pouvoirs occidentaux est aussi posée par ce reportage : de 1983 à 2001, le fondateur de Glencore Marc Rich figure sur la liste des des Dix Fugitifs les plus recherchés du FBI pour fraude fiscale aux USA. Le 20 janvier 2001, quelques heures avant que Bill Clinton quitte la présidence, un de ses derniers actes officiels est de grâcier Marc Rich. Cette amnistie présidentielle déclenche un scandale, amplifié lorsque l'on apprend que Denise Rich, ex-épouse de l'homme d'affaires, avait fait des dons d'un million de dollars au parti démocrate et à la fondation des Clinton.

 

Glencore est également en cause pour l'exploitation dans des conditions scandaleuses de deux mines au Congo (Katanga).

 

Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe - Communauté : Les antilibéraux
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Jeudi 26 mars 2009 4 26 /03 /Mars /2009 18:53

Le président sud-africain Kgalema Motlanthe décorera vendredi prochain Fidel Castro de sa plus haute décoration, l'ordre des compagnons de O.R. Tambo pour sa contribution à l'éradication du racisme, du colonialisme,de l'apartheid et des inégalités, notamment par l'envoi de soldats en Angola entre 1975 et 1989 (Aporrea).

Cette distinction a été attribuée dans le passé à des personnalités étrangères de renom comme Martin Luther King et Gandhi.


En septembre 2008, Pretoria avait déjà décerné un prix à M. Castro, qui avait fortement soutenu les mouvements de lutte contre l'apartheid, pour son combat en faveur d'une "société alternative, juste et humaine".

Cette même semaine l'Afrique du Sud a refusé au Dalaï-Lama en raison du fait que celui-ci n'a jamais condamné l'apartheid et pour préserver les relations de l'Afrique du Sud avec la Chine.

 
Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe - Communauté : Actualité panafricaine.
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Mardi 8 avril 2008 2 08 /04 /Avr /2008 01:19
Les élections législatives et présidentielles de fin mars 2008 s’annonçaient depuis plusieurs mois difficiles pour l’ancien leader de la résistance anti-coloniale et anti-apartheid Robert Mugabe et son parti, dans un pays où l’inflation dépasse les 100 000 % et où la récente confiscation des terres des grands propriétaires blancs n’a pas permis d’améliorer la situation alimentaire.

Après un décompte difficile des voix, il est apparu , le mercredi 2 avril, que, comme le président yougoslave Milosevic en 2000, le parti du président Mugabe a perdu la confiance des zones rurales qui votaient massivement pour lui jusque là, et, par voie de conséquence, le contrôle de la chambre basse du Parlement.

Le parti de Morgan Tsvangirai, Mouvement du Changement démocratique (MDC) a remporté des succès dans des régions où depuis 2000 il n’avait jamais eu aucun siège : le Masvingo (dans le sud), le Mashonaland (au centre du pays), ou au nord de Harare.

Les résultats des principaux dignitaires du pays sont révélateurs des problèmes de la révolution menée par Robert Mugabe.

Ont perdu leur siège à l’Assemblée :

- Patrick Chinamasa (ministre de la justice), ancien garde de sécurité, souvent présenté comme un dur, qui a joué un rôle actif dans l’expropriation des grands fermiers blancs et dans la mise au pas de la magistrature – il avait été limogé par Mugabe en 2005 avant d’être réintégré (http://www.telegraph.co.uk/news/main.jhtml?xml=/news/2005/01/05/wzim05.xml&sSheet=/news/2005/01/05/ixworld.html)

- Joseph Made (ministre de la mécanisation de l’agriculture) qui avait promis des récoltes exceptionnelles (http://www.jeuneafrique.com/pays/zimbabwe/article_depeche.asp?art_cle=XIN70027lezimsellen0) mais qui, malgré les crédits chinois (http://www.pleinchamp.com/article/detail.aspx?id=27372&menu_id=2&page=1&local=false&pub_id=2 )  et les tracteurs iraniens (http://www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=226363), n’a pu améliorer la situation des 4 millions de Zimbabwéens qui vivent de l’aide alimentaire extérieure (http://www.ipsnews.net/fr/_note.asp?idnews=3100). Sa nomination comme candidat dans l’Est du pays avait été contestée au sein même du parti majoritaire ZANU-PF (Union nationale africaine du Zimbabwe - Front patriotique), un parti souvent présenté comme indiscipliné et très déchiré par les luttes de factions (http://www.politique-africaine.com/numeros/pdf/conjonctures/093105.pdf  et http://www.sudonline.sn/spip.php?page=imprimer&id_article=9772)

- Mike Nyambuya (ministre de l’énergie), un ancien général et gouverneur du Manicaland (http://www.sadocc.at/news/2005/2005-101.shtml)

- Chris Mushowe (ministre des transports) qui avait plaidé en vain pour un redécoupage électoral qui favorise le parti au pouvoir (http://www.pr-inside.com/former-zimbabwe-finance-minister-simba-r402173.htm)

- Chen Chimutengwende (ministre des affaires publiques et interactives), ancien ministre de l’information, qui avait notamment fait parler de lui en septembre 2005 quand il avait accusé l’administration Bush de racisme pour s’être abstenue de secourir les Noirs de la Nouvelle Orléans après le passage du cyclone Katrina (http://www.mwinda.org/envoi/nvelleorleans_envoi.html)

- Oppah Muchinguri (ministre des affaires féminines et des questions de genre) : elle avait annoncé que les membres de Ligue des Femmes (un mouvement lié à la ZANU) manifesteraient nues dans les rues en soutien à Robert Mugabe si celui perdait le pouvoir (une manifestation de femmes nues en Afrique vaut malédiction, le procédé fut utilisé à divers endroits, notamment au Nigéria contre les multinationales occidentales) - http://www.zimbabwetoday.co.uk/2007/11/girls-lets-get-.html .


Ont sauvé leur mandat en revanche dans le Mashonaland Central et l’Ouest la Vice Présidente Joice Mujuru, 53 ans, ancienne commandante de la guérilla que dirigeait Mugabe, épouse d’un ancien chef d’état major et qui gère avec lui une ferme prise aux Blancs (http://www.mujuru.com/?page_id=4), ainsi que le ministre du travail Nicholas Goche, l’homme d’affaire Saviour Kasukuwere, et le ministre du gouvernement local et de développement urbain Ignatius Chombo.

Au total le MDC a décroché 99 sièges, contre 97 à la ZANU-PF et 10 à la faction dissidente du MDC Mutambara.

Une semaine après les élections la commission électorale ne parvenait toujours pas à publier les résultats complets des élections sénatoriales ni ceux de l’élection présidentielle (ce qui arrive aussi dans de nombreux pays du nord). Le MDC, qui estime que son leader a gagné avec 50,3 % des voix contre 43,8 % à Mugabe, a saisi la cour suprême du pays (http://en.afrik.com/article13082.html). Le système électoral zimbabwéen impose en tout état de cause que le gagnant obtienne 51 % des voix sans quoi un second tour est nécessaire.

Le 4 avril, le président Mugabe s’est entretenu avec le Politburo de son parti (la ZANU-PF) pour discuter de la question de savoir s’il devait négocier un départ immédiat, organiser un second tour le 19 avril, ou instaurer l’état d’urgence pour gagner du temps. L’organisation d’un second tour n’allait pas de soi compte tenu de l’état désastreux du budget et du coût des élections.

Dans l’intervalle, les déclarations impérialistes se sont bousculées. 

Condoleezza Rice, en visite à Jérusalem le 31 mars, a estimé que Robert Mugabe était une honte(« disgrace ») pour le Zimbabwe, pour l'Afrique australe et pour l'Afrique entière  (http://rawstory.com/news/afp/Rice_slams_Mugabe_regime_as_disgrac_03302008.html). Il est vrai qu’un contentieux particulier oppose Mme Rice à la ZANU-PF : le journal d’Etat The Herald avait qualifié celle-ci de « Noire qui lave les péchés du pouvoir blanc » et l’avait comparée à Colin Powell, lui-même accusé d’être un « Oncle Tom» (http://www.newzimbabwe.com/pages/powell20.12178.html). Le Département d’Etat mercredi a pressé la commission électorale de publier tous les résultats (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/03/content_7908017.htm) puis a tourné en dérision la demande de la ZANU-PF de recompter les voix (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936002.htm). Le secrétaire général de l’ONU ami de George W. Bush Ban Ki-Moon a aussi demandé à la commission électorale de proclamer au plus vite le résultat de l’élection présidentielle (http://news.xinhuanet.com/english/2008-04/08/content_7936087.htm ).

Des eurodéputés comme l’anglais Geoffrey Van Orden (un militaire conservateur, chaud partisan de la guerre en Irak en 2003 http://www.europa-eu-un.org/articles/es/article_2111_es.htm) et l’allemand Michael Gahler, (un chrétien démocrate qui a notamment montré ses ardeurs interventionnistes contre la Chine - http://fr.clearharmony.net/articles/200503/19020.html) ont demandé à l’Union européenne de reconnaître immédiatement la victoire de Morgan Tvangirai (http://en.afrik.com/article13062.html)

L’ambassadeur du Zimbabwe à l’ONU Boniface Chidyausiku a rappelé dans une interview à ZBC News que les élections zimbabwéennes sont une affaire interne à ce pays qui ne menace en rien le reste du monde et souligné que l’ONU et les grandes puissances feraient mieux de s’intéresser à des affaires plus graves comme la situation de la Somalie ou du Proche-Orient (http://www.newsnet.co.zw/index.php?nID=12315).

FD

Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe
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Lundi 17 septembre 2007 1 17 /09 /Sep /2007 01:00
Voilà plusieurs mois que l'Empire américain (dont 10 % des importations pétrolières viennent d'Afrique) tente d'installer en Afrique un "commandement d'Afrique" (AFRICOM) qui superviserait l'ensemble de ses activités militaires sur le continent noir (http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/6336063.stm). Mais Washington a beaucoup de mal à trouver un pays candidat à l'accueil d'une telle structure sur son sol.  Fin août les 14 pays membres de la Communauté de Développement de l'Afrique australe (SADC) réunis à Dar-es-Salam se sont opposés à la mise en place de ce commandement. Une position que le ministre de la défense de Zambie a commentée en ces termes le 29 août : "L'Afrique doit éviter la présence de troupes étrangères sur son sol" (http://allafrica.com/stories/200708290848.html).  800px-LocationAfrica.png

Le porte-parole du Pentagone Ryan Henry  s'était pourtant voulu rassurant : "L'Africom n'aura pas de troupes" avait-il déclaré à l'agence PANA le 29 juin 2007 (http://www.panapress.com/newsindexlat.asp?code=eng&dte=29/06/2007). Mais ce genre de promesse ne persuade plus guère. Dans un article récent du 12 septembre 2007, le professeur Shu Yunguo de l'université de Shanghaï relevait que Washington n'avait pas eu plus de succès dans les pays du Maghreb puisque l'Algérie et la Libye ont successivement refusé, elles aussi, de devenir les sièges de l'Africom, et félicitait l'Afrique pour cette manifestation d'indépendance (http://english.peopledaily.com.cn/90001/90780/91343/6261173.html).
Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique australe
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