Afrique de l'Est - Grands lacs

Samedi 4 octobre 2014 6 04 /10 /Oct /2014 22:50

 Le 26 septembre la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH) a lancé un appel à la communauté internationale en faveur d'une enquête sur des cadavres d'une quarantaine de  personnes « probablement exécutées » qui, depuis juillet 2014, ont été retrouvées dans le lac Rweru à la frontière du Rwanda et du Burundi. A Washington, le département d'Etat américain s'est officiellment ému de ces meurtres. Sa porte-parole, Jen Psaki, a exhorté le Burundi et le Rwanda à enquêter sur les décès.

 

Les cadavres ont été enterrés sans autopsie car le Burundi n'avait pas de structures de conservation des corps. Les deux pays riverains du lac ont prétendu ne pas avoir de résidents manquants dans leurs registres. Cependant le programme de la BBC Imvo n’invano a estimé que les cadavres venaient du côté rwandais. Certains sites Internet se demandent pourquoi le maire de Bugesera au Rwanda a déclaré qu'aucun résident de la région n'est porté disparu alors par exemple que la famille de Jean Damascent Munyeshyaka, militant écologiste (le vice président de son parti Mr. Andrew Rwisereka Kagwa a été décapité en juillet 2010), est à la recherche de cet activiste porté disparu depuis plusieurs semaines. Des soupçons sérieux pèsent sur la police secrète du président rwandais Paul Kagame.

kagame.jpg

Les meurtres politiques commis par ce régime protégé par les Occidentaux sont sous les projecteurs en ce moment. En août le procès des quatre hommes de mains payés en 2010 pour tuer (ils ont échoué de peu) le général Faustin Kayumba Nyamwasa réfugié en Afrique du Sud, a révélé la responsabilité directe de Kigali dans l'opération. En 1998 un ex ministre de l'intérieur rwandais avait été liquidé dans des conditions similaires au Kenya. Et les disparitions politiques et cas de torture au Rwanda même sont très nombreux.

 

Aux Etats-Unis le président républicain de la commission des affaires étrangères de la chambre des représentants en mars, après des années de complicité passive de son pays, a quand même fini par envoyer une lettre au secrétaire d'État John Kerry pour exprimer son inquiétude pour la sécurité de ceux qui s'expriment contre le régime de Kagame. Mais le Royaume-Uni, qui a accueilli le Rwanda dans le Commonwealth en 2009 continue de subventionner largement cette dictature sanguinaire (The Independent). En France les critiques du gouvernement de Kagame et de son rôle dans le pillage de l'Est du Congo restent largement tabous dans la presse, depuis le génocide de 1994. Malgré l'hostilité de Kagame à l'égard de la France, le président Sarkozy avait opté pour un rapprochement avec lui, mais les relations entre Kagamé et Hollande se sont tendues à nouveau en avril dernier après les déclarations incendiaires de Kagamé contre Paris. Un contingent rwandais se bat néanmoinsaux côtés des Français en Centrafrique et le major-général rwandais Jean-Bosco Kazura dirige la force de maintien de la paix de l'ONU au Mali.

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Mardi 2 septembre 2014 2 02 /09 /Sep /2014 13:36

mend.jpgLes membres de la guerilla islamiste  Forces démocratiques de l'Alliance islamique (ADF-Nalu) qui auraient profité de la "trêve" d’un mois des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) pour se reconstituer sur trois bases (Ruzizi, Rudi et Tororo) ont vandalisé deux villages dans la région de Béni dans le Nord-Kivu à la fin du mois d'août. Cette guérilla a déjà fait prisonniers plus de 600 otages en trois ans. Officiellement hostile au président de l'Ouganda voisin, ces combattants seraient en fait instrumentalisés par Kampala selon Me Omar Kavota, vice-président et porte-parole de la société civile du Nord-Kivu (Afrikcom) - mais les déclarations de ce "témoin" ont déjà prêté à caution par le passé.

 

Bien que moins forte que le M23 pro-rwandais récemment neutralisé par l'armée congolaise (elle comprendrait 800 à 1400 combattants sans compter les femmes et le enfants embrigadés), l'ADF-Nalu est pilotée depuis le Royaume Uni par des islamistes tablighis dissidents particulièrement radicalisés. Son chef est un converti Jamil Mukulu. Elle recrute en Tanzanie, en Somalie, mais aussi au Congo où beaucoup de gens se son convertis à l'Islam et où les jeunes pauvres sont incités par des promesses de cadeaux comme par exemple une bicylette... Selon un transfuge de cette rébellion les combattants y sont soumis à une discipline de fer : "des journées rythmées par le travail dans les champs, l’entraînement physique, les prières. Et l’interdiction absolue de transgresser les règles. « Si vous tentez de vous évader et qu’ils vous rattrapent, ils rassemblent tout le monde et vous exécutent en public, pour effrayer les autres et empêcher toute nouvelle tentative. Souvent, ce sont des femmes qui coupent les têtes. Quand vous êtes nouveau, on vous initie. On passe beaucoup de temps avec des femmes, elles vous accompagnent au champ par exemple, essaient de vous séduire. Si vous succombez, vous êtes fouettés. »"

 

 

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Samedi 9 août 2014 6 09 /08 /Août /2014 03:39

congo mapLe député UNC (Union pour la nation congolaise) Jean-Bertrand Ewanga a été placé en résidence surveillée sur ordre du Procureur général de la République démocratique du Congo mardi dernier pour outrage au chef de l’Etat et incitation à la haine tribale.

 

Le quartet composé d’ambassadeurs des Etats-Unis, de la France, de la Belgique et de la Grande-Bretagne a annoncé sa décision de rencontrer jeudi le président de l’Assemblée nationale, Aubin Minaku pour lui demander des comptes sur les conditions de la levée de l'immunité parlementaire du député Ewanga (Le Potentiel).

 

Au cours d’un meeting organisé par l’Opposition, le lundi 4 août à la Place Sainte Thérèse à N’Djili, M. Bertrand Ewanga aurait déclaré à l’endroit du chef de l’Etat : "Kabila doit rentrer au Rwanda. Sa place est à la CPI" (cour pénale internationale"

 

Le Potentiel remarque : "Lors de la campagne électorale de 2011, certains acteurs politiques avaient aussi tenu des propos désobligeants à l’endroit du chef de l’Etat. Mais pourquoi le procureur général de la République ne les avait-il pas inquiétés à cette époque? (le procureur général de la République) M. Flory Kabange Numbi a, à cet effet,  fait savoir qu’au cours de cette période électorale, certaines instances internationales lui avaient demandé de « fermer les yeux et les oreilles sur les propos (Ndlr : outrageants) des acteurs politiques pour le bon déroulement du processus électoral »."

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Vendredi 11 juillet 2014 5 11 /07 /Juil /2014 23:39

L'histoire commence en mars 2009, le pasteur américain Scott Lively et deux autres évangélistes antigay donnent des conférences à Kampala. Ils inspirent le parlementaire ougandais David Bahati, qui , ix mois plus tard, a présenté pour la première fois sa proposition de loi antihomosexualité devant la chambre des représentants. En mars 2010, Scott Lively est entendu par le Parlement ougandais en tant qu’expert “du problème homosexuel”. Marie Turcan dans les Inrockuptibles il y a peu sur la base du documentaire  de Roger Ross William "God Loves Uganda", explique comment le très riche groupe religieux évangélique américain The Family lié aux Républicains étatsuniens et dont fait partie le président ougandais Yoweri Museveni a servi de socle à cette législation anti-gay finalement adoptée en février 2014.

 

musew.jpgEn réplique à cette législation issue de l'ingérence des conservateurs évangélistes américains dans la vie sociale de l'Ouganda, une ingérence dans l'autre sens a été déclenchée dans les pays riches. Une pétition a été adressée à John Kerry pour interdire de visa le ministre des affaires étrangères ougandais Sam Kutesa qui venait d'être élu président de l'assemblée générale des Nations-Unies, une député européenne libérale a demandé le 13 juin à la baronne Ashton de s'élever contre la nomination de Kutesa. Le 19 juin Washington décidait non seulement de priver de visas des personnalités du régime ougandais, de suspendre des exercices militaires dans ce pays mais aussi de se désengager du financement de programmes médicaux utiles à la population, tandis que la banque mondiale retardait l'approbation d'un prêt de 90 millions de dollars destiné lui aussi au système de santé. Le Danemark, la Norvège, les Pays-Bas et la Suède ont aussi suspendu leur aide pour protester contre la criminalisation de l'homosexualité à Kampala. En février le secrétaire d'Etat John Kerry avait comparé cette criminalisation au nazisme et à l'apartheid, et la candidate démocrate à l'élection présidentielle Hillary Clinton a annoncé dans son dernier livre "Hard choices" qu'elle suivait de près le cas de l'Ouganda et ferait de l'action contre les pays à législation homophobe une de ses priorités.

 

Yoweri Museveni qui, dès le moment où il a signé la loi litigieuse, connaissait le risque de sanctions, a affiché depuis lors une indifférence face à ce danger. Mais selon un porte-parole de la mission économique américaine en Ouganda, l'aide publique totale des Etats-Unis à ce pays en 2013 est égale à l'ensemble du budget des minitères de la santé, de l'agriculture, du commerce et de l'industrie réunis, ce qui constitue un outil de pression considérable. Idi Amin Dada a été renversé en avril 1979, sept mois après que l'administration Carter ait pris des sanctions contre son pays. Beaucoup tracent un parallèle avec ce qui pourrait arriver désormais à Museveni, qui est censé rencontrer Barack Obama le mois prochain.

 

Frédéric Delorca

 

 

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Samedi 26 avril 2014 6 26 /04 /Avr /2014 18:52

sweet-crude.jpgLe Soudan du Sud, Etat de 10 millions d'habitants créé par les Occidentaux à la suite de pressions contre le Soudan, a été théâtre la semaine dernière de terribles massacres à Bentiu (capitale d'une province pétrolière), dans le nord du pays, et à Bor (stratégique pour les voies de communication), dans un base de l'ONU à l’est, dans lesquels des centaines de civils dinka ont été tués par les forces nuer de l'ancien Vice-président Riek Machar (selon le gouvernement, mais les partisans de Machar contestent cette version des faits). Cette semaine plus de 78 000 civils chercheraient encore refuge dans les huit bases de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud ( MINUSS. Un million de civils ont été déplacés depuis décembre.

 

Le Parlement kényan  a approuvé dans la nuit de jeudi à vendredi l’envoi de 310 soldats supplémentaires sur le sol sud-soudanais afin d’aider à la stabilisation du pays.


En janvier dans le London Evening Post Rebecca Garang, surnommée par ses partisans la "mère de la nation", veuve de l'ex combattant de l'indépendance John Garang, d'origine dinka, évoquait les origines de la crise en ces termes : début décembre, les partisans de Machar ont reproché au président Salva Kiir d'entretenir une armée parallèle ("garde républicaine" de 15 000 hommes, de fabriquer de toute pièce une dette de 4,5 milliards de dollars. Selon elle, le président s 'est répandu en provocations le 14 décembre au Conseil national de libération. Le 15 décembre les soldats nuer du Quartier général présidentiel ont été désarmés sous l'accusation de préparer une mutinerie, et la maison de fonction de Riek a été détruite tandis que la la trentaine de soldats qui la gardaient ont été tués ainsi que le frère de Machar. Mme Garang déplore le despotisme de Kiir et la spoliation du peuple du Soudan du Sud "Il n'ya pas de liberté d'expression, il n'y a aucune liberté de la presse. Les services sociaux de base ne sont pas assurés pour notre peuple, pas d'écoles, pas d'hôpitaux, pas de routes, rien. Et pourtant nous avons des ressources", dit-elle.Le limogeage avant-hier du général James Hoth Mai d'origine nuer, remplacé par le général Paul Malong, est perçu comme un signe de repli du président Kiir sur sa base ethnique.

 

L'Ouganda de Museveni, allié traditionnel des Etats-Unis, est aux côtés des forces de Kiir pour réprimer les soldats nuers de Machar pourtant naguère présentés comme des clients des Occidentaux et aujourd'hui accusés de s'entraîner en Heglig en territoire nord-soudanais (ce que Khartoum a démenti). Khartoum et Kampala sont en froid depuis quelques jours, le gouvernement soudanais accusant l'Ouganda de soutenir le Front révolutionnaire du Soudan (coalition de rebelles du Darfour, du Sud-Kordofan et du Nil Bleu). Khartoum a rappelé son ambassadeur en Ouganda et aurait, selon le premier ministre ougandais Amma Mbabazi, repris son soutient à l'Armée de la Résistance du Seigneur contre laquelle Washington a envoyé ses forces spéciales l'an dernier. Les Etats-Unis qui officiellement se disent prêts à sanctionner les deux parties au conflit sont accusés de soutenir en fait les deux protagonistes. Wikileaks a révélé que depuis 2009 ce sont eux qui paient les soldats du Sud-Soudan (aussi bien ceux de Kiir que ceux de Machar) tandis que Machar recevrait des armes de l'Ethiopie (qui entretient la présence de 10 000 soldats dans la zone des champs pétroliers où elle s'approvisionne).

 

Selon Thomas C. Mountain, contributeur de Counterpunch.org basé en Erythrée, derrière les larmes de crocodiles versées sur les massacres de civils pourrait se cacher un intérêt des Etats-Unis à entretenir une guerre entre des clients des Occidentaux pour interdire l'accès de la Chine au pétrole de la région.

 

Frédéric Delorca

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Vendredi 14 février 2014 5 14 /02 /Fév /2014 16:38

Le gouvernement kényan a accusé jeudi l'Agence américaine pour le développement (USAID) de chercher à le renverser, par le financement de manifestations antigouvernementales. Mardi quelques centaines de manifestants se sont réunis au parc Uhuru de Nairobi à l'appel du  réverand prebytérien Timothy Njoya, du chanteur Boniface Mwangi et du musicien Eric Wainaina et ont été dispersés par des gaz lacrymogènes jeudi alors qu'ils prenaient le chemin du Parlement.

 

Njoya, diplômé de l'université Princeton (USA) en 1976  a été un défenseur connu du multpartisme sous le régime de parti unique avant 1992. Le chanteur Mwangui avait déjà été accusé en octobre 2013 de collaborer à des projets lucratifs d'USAID.

 

Les relations entre Nairobi et Washington sont en crise depuis l'élection à la tête du pays, en mars 2013, du président Uhuru Kenyatta et du vice-président William Ruto, tous deux inculpés de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur implication présumée dans les violences post-électorales meurtrières de fin 2007-début 2008.

 

L'agence USAID est aussi accusée d'influencer le procès devant la CPI. Lundi David Kiarie Kibe, qui a été cité pour témoigner contre le vice-président William Ruto et le journalisteJoshua Arap Sang  s'est rétracté . Le témoin a indiqué qu'il a rencontré à ce sujet des responsables de l'USAID, les enquêteurs de la CPI et les fonctionnaires de l'unité de protection des victimes à diverses dates entre Juin 2012 et Août de l'année dernière (Dailynation). Huit jours plus tôt l'avocat Karim Khan a accusé diverses ONG dont Kalenjin Youth Alliance (KaYA), Good Samaritan International et Anti-Torture Campaign Network d'être payées par USAID pour recruter et corrompre des témoins contre Ruto.

 

 

 

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Dimanche 15 décembre 2013 7 15 /12 /Déc /2013 18:09

Trois documents distincts ont été signés le 12 décembre à Nairobi pour marquer la fin des pourparlers de Kampala entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l'insurrection M23 équipée par le Rwanda, et militairement écrasée par le gouvernement de Kinshasa.

 

La Mission de l’Onu pour la stabilisation en République démocratique du Congo (RDC), en collaboration avec l’équipe-pays et l’équipe humanitaire de l’Onu, ont décidé d’allouer 7,8 millions de dollars américains sur les fonds humanitaires pour l’Est, en vue de répondre aux besoins humanitaires au Nord-Kivu (Le Potentiel).

 

Mais ces accords de paix laissent sceptiques. Ils ont été voulus par les quatre émissaires occidentaux :  l'américain Russ Feingold envoyé de Obama, l'Irlandaise, Mary Robinson, envoyée de Ban Ki Moon, le Belge, Koen Vervaeke, envoyé de l'Union Européenne et l'Allemand Martin Kobler, représentant spécial de Ban Ki Moon. Ceux-ci jusqu'au bout ont souhaité ménager une porte de sortie honorable au M23 dont ils reconnaissent aujourd'hui qu'il terrorisait la population. Russ Feingold le 30 octobre déclarait sur RFI : "Un effort militaire plus poussé risque de mettre en péril les pourparlers de Kampala, et par là même la possibilité de voir le M23 rendre les armes".

 

En outre le M23 n'est pas la première guérilla financée par le Rwanda, et peut-être pas la dernière. Le risque de la déstabilisation du Kivu par des milices pro-Kigali existe toujours, d'autant que les Etats-Unis continuent de ménager leur allié rwandais. En outre les incursions de l'armée ougandaise au nom d'un droit de poursuite contre les rebelles de l'ADF/NALU continuent de menacer la stabilité du Kivu.

 

Surtout Washington reste supçonné de vouloir l'éclatement de la République démocratique du Congo. Dans une intervention le 11 février 2013 devant le think tank américain, The Brookings Institution, le sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, Johnnie Carson, avait formellement réitéré l’appui des États-Unis à un processus de paix sous l’égide de l’ONU pour la RDC : « Pour la communauté internationale, trouver une solution durable à l’instabilité prolongée en RDC demeurera un défi redoutable ».« La seule manière de procéder consiste à adopter une solution subtile bénéficiant de l’appui de la communauté internationale » avait-il ajouté. « Nous sommes parvenus à une telle solution pour mettre un terme au conflit dans l’ex-Yougoslavie par le biais des Accords de Dayton. Nous avons réussi à mettre un terme à la plus longue guerre civile qu’ait connue l’Afrique, le conflit au Soudan, grâce à l’Accord de paix global négocié par les États membres de l’EGAD et appuyé par les États-Unis, la Norvège et la Grande-Bretagne. Il faut maintenant un nouvel effort international dynamique au service de la RDC ». Or les solutions yougoslave et soudanaise étaient passées par l'éclatement des pays concernés.

 

 

 

 

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Mardi 29 octobre 2013 2 29 /10 /Oct /2013 11:02

flagcongo.png«Presque toutes les positions du M23 (guérilla qui ravage l'Est du Congo sans doute avec les financements du Rwanda) ont été abandonnées hier», a déclaré Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) au Conseil de Sécurité par vidéo-conférence. «Cela marque quasiment la fin militaire du M23 », a-t-il soutenu. C’est donc après 4 jours d’intenses combats menés à l’arme lourde que les positions du M23 ont été récupérées, les unes après les autres, par les forces loyalistes (FARDC). En série, les verrous ont tous sauté durant les opérations menées respectivement, dans le territoire de Rutshuru-centre ainsi que dans les localités de Kibumba, Kiwanja, Rumangabo et Bunagana dans la province du Nord-Kivu. (Journal La Prospérité)

 

Remarque de Tony Busselen du journal belge Solidaire sur sa page Facebook :

"Pour le moment le M23 reste à Bunagana et probablement ils ont encore des petites équipes au parc Virunga. Un contre-offensive de l'armée Rwandaise reste donc possible. Il y aura donc une immense pression de la "communauté internationale" pour reprendre les négociations à Kampala. Ce qui signifierait que le président du Congo Joseph Kabila sera pour la énième fois accusé de haute trahison, religieusement par les habituels fanatiques anti-Kabila, mais aussi spontanément par une partie de victimes de cette guerre qui en a marre de cette guerre, tolérée et imposée par l'Occident à la RDC.

Comment les grands experts occidentaux très influents pour ne pas dire "faiseurs d'opinion publique en Occident et partiellement en RDC", voient la situation actuelle?

Dans son article du 24 octobre Jason Stearns dit sur les négociations à Kampala : "it is difficult to imagine the M23 accepting the exclusion of even its top 20 officers." et il dit aussi : "There is still hope for a deal".

Un autre expert, Thierry Vircoulon d'International Crisis Group, conclut que les victoires militaires ont été annoncées par Kabila et que "Joseph Kabila voulait une victoire militaire". Ce qui est clairement très dangereux pour Vircoulon car "Le M23, c’est l’arbre qui cache la forêt : il y a une vingtaine de groupes armés dans l’est de la RDC."

Un troisième grand expert, Christophe Rigaud (Afrikarabia) du Courrier International, explique de son côté que les résultats militaires des FARDC sont le résultats de tout sauf Kabila, le gouvernement congolais ou les FARDC : c'est la brigade internationale, c'est l'attitude changée du Rwanda et des Etats-Unis etc... En même temps, Rigaud annonce déjà la vengeance du M23 sous la forme du retour de Laurent Nkunda.

Dans cette cacophonie des grands experts, il y a l’unanimité : "il faut une solution politique car sinon on risque la prolongation de la guerre". Pour Rigaud, qui nie le fait que le M23=armée rwandaise, ce sera la vengeance et le retour de Nkunda. Pour Vircoulon ce sera une intervention directe du Rwanda combiné avec les forces des 20 milices dont il parle.

Et, comme par hasard, "la communauté internationale" est d'accord. Vircoulon cite : "L’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, a parlé lundi d’une "poudrière" qui menace de provoquer une guerre régionale."

En contradiction avec les guerres impérialistes (Libye, Iraq, Kosovo etc...) où les victoires militaires sont la règle, en RDC la victoire militaire est donc exclue pour les Occidentaux. Et cela pour la seule et simple raison, qu'une défaite du M23 rendrait la survie du président rwandais Paul Kagame, chéri de la classe dirigeante dans le monde anglo-saxon, extrêmement difficile. En plus, la solution politique, n'importe laquelle, fragiliserait et affaiblirait le gouvernement central à Kinshasa, ce qui est le vévritable enjeu de toute la stratégie occidentale en RDC. "

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Vendredi 18 octobre 2013 5 18 /10 /Oct /2013 12:20

C'est une conséquence de l'intervention française au Mali et du recentrage de la France sur l'Afrique occidentale : dans le cadre du partage des tâches avec les Etats-Unis, Djibouti bascule dans la sphère de ces derniers.

 

Comme le remarque sur son blog Philippe Chapleau, spécialiste des questions de défense à Ouest-France :

 

"Différentes informations données sur ce blog démontrent l'effort US en direction de Djibouti.

Le 26 septembre, par exemple, j'écrivais: "775 millions de dollars en deux ans! Pour 2013, ce sont déjà quelque 343 millions de dollars de travaux qui ont été commandés (s'y ajoutent une partie d'un contrat de 179 millions de dollars passé en septembre dans le cadre du programme Saturn Arch de renseignement satellitaire). Pour 2012, ce sont au moins 432 millions de dollars de travaux, aménagements et équipements qui ont été dépensés pour le camp Lemonnier."

Le dispositif US, qui se consolide en permanence, permettra à l'AFRICOM et au CENTCOM de disposer d'une base de lutte anti-piraterie, d'une plate-forme anti-terroriste (avec des drones), d'un hub logistique etc. Autant de capacités qui rendent quasiment obsolète la présence à Djibouti de certaines forces françaises (actuellement 2 100 hommes) et la poursuite de certaines missions. Certes, les militaires du 5e RIAOM ou les cadres de la mission de coopération et de défense (rattachés au MAE) ne seront pas d'accord avec moi. Mais, leur avenir est compté. L'EMA planche sur des scénari et le ministère réfléchit à la "réarticulation des forces prépositionnées en fonction de la régionalisation de notre action au Sahel". En clair, "il faut alléger ici où là" ("ici et là", plus précisément)."

 

Dans cette division du travail entre grandes puissances, les peuves restent perdants. En février dernier un collectif sur le site de l'association Survie dénonçait le "climat de terreur" qui pesait sur l'opposition et les nombreuses arrestations politiques.En outre les Afars y sont persécutés, et les femmes de cette éthnie font l'obket de viols fréquents selon le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’Impunité.

 

Le Parlement européen a adopté le 4 juillet dernier une résolution d’urgence sur les violations graves des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’État de droit à Djibouti (pays classé dans ses rapports 167ème sur 176 pour la liberté de la presse). Mais aucune mesure concrète n'est envisagée par les gouvernements occidentaux alors pourtant que le pays dépend très largement de l'aide extérieure et pourrait se réformer si la menace de la réduction de cette aide était employée par ses alliés.

 

F. Delorca

 

 

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Dimanche 15 septembre 2013 7 15 /09 /Sep /2013 17:35

L'émissaire américain M. Donald Booth,  arrivé vendredi à Khartoum, a rencontré samedi le chef soudanais du Comité conjoint de surveilance d'Abyei (ALOC), Al-Khair Al-Fahim."Je pense qu'il est approprié d'avoir une rencontre avec l'ALOC, parce que Abyei est l'un des problèmes non résolus par l'accord de paix global", a indiqué M. Booth à l'issue de la rencontre avec Al-Fahim (Xinhua).

 

Depuis plusieurs mois, le Soudan et le Soudan du Sud se disputent Abyei, une province riche pétrole à la frontière entre les deux pays.Après le référendum de janvier 2011 sur la séparation du Soudan du Sud, les autorités du Nord et du Sud n'ont pas réussi à s'étendre sur le statut de cette province. Le sort de cette région riche en pétrole devait être déterminé lors d'une référendum spécialement organisé à cet effet. Or, le référendum a été reporté sine die, faute d'accord entre Khartoum et Juba sur le droit des Arabes nomades Misseriya de prendre part à cette consultation populaire. Le Soudan du Sud, lui, avait annoncé avoir accepté la date fixé par l'Union africaine début octobre, ce qui ne permettrait le vote que des résidenst permanents Dinka Nigok, et non des arbes nomades Misseriya qui y passent seulementquelques mois par an.

 

Lors d'une conférence de presse samedi, le ministre soudanais des Affaires étrangères Ali Karti a déclaré que le Soudan ne coopèrerait pas avec l'émissaire américain, à moins que celui-ci ne soutienne les accords signés entre Khartoum et Juba. Selon lui, les Américains utilisaient la question d'Abyei comme "une épine dans la gorge" pour gâcher les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud. Selon lui les deux présidents des deux Soudan se sont entendus sur l'administration provisoire de la province d'Abyei et Khartoum négociera avec l'Union africaine plutôt qu'avec l'ambasadeur américain.

 

Booth, ex-ambassadeur en Ethiopie, avait été nommé de préférence à l'ambassadeur américain Timothy Carney au Soudan soupçonné dans l'Establishment américain d'être trop favorable à Khartoum. Act for Sudan, un lobby interventionniste qui comprend des associations pro-israéliennes comme HelpNuba, avait félicité Barack Obama d'avoir nommé Booth, un diplomate qui avait fait preuve de poigne face à la monté de l'islamisme en Ethiopie. Le choix d'Obama pourrait toutefois se retourner contre lui car son nouvel émissaire au Soudan jette de l'huile sur le feu, et pourrait mettre les Etats-Unis hors-jeu dans le processus de paix.

 

Par ailleurs les combats se poursuivent au Darfour, et des combats opposent la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N) aux forces gouvernementales soudanaises depuis près de deux ans dans la province du Nil-Bleu et au Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan (où le lobby interventionniste appelle à une action américaine). Plus d'un million de personnes ont été déplacées ou durement affectées par la guerre dans ces deux provinces, selon l'ONU.


F. Delorca

 

- ci-dessous un exemple de l'activisme interventionniste de Rabbi David Kaufman de HelpNuba sur le Soudan

 

 

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