Afrique de l'Est - Grands lacs

Vendredi 14 février 2014 5 14 /02 /Fév /2014 16:38

Le gouvernement kényan a accusé jeudi l'Agence américaine pour le développement (USAID) de chercher à le renverser, par le financement de manifestations antigouvernementales. Mardi quelques centaines de manifestants se sont réunis au parc Uhuru de Nairobi à l'appel du  réverand prebytérien Timothy Njoya, du chanteur Boniface Mwangi et du musicien Eric Wainaina et ont été dispersés par des gaz lacrymogènes jeudi alors qu'ils prenaient le chemin du Parlement.

 

Njoya, diplômé de l'université Princeton (USA) en 1976  a été un défenseur connu du multpartisme sous le régime de parti unique avant 1992. Le chanteur Mwangui avait déjà été accusé en octobre 2013 de collaborer à des projets lucratifs d'USAID.

 

Les relations entre Nairobi et Washington sont en crise depuis l'élection à la tête du pays, en mars 2013, du président Uhuru Kenyatta et du vice-président William Ruto, tous deux inculpés de crimes contre l'humanité par la Cour pénale internationale (CPI) pour leur implication présumée dans les violences post-électorales meurtrières de fin 2007-début 2008.

 

L'agence USAID est aussi accusée d'influencer le procès devant la CPI. Lundi David Kiarie Kibe, qui a été cité pour témoigner contre le vice-président William Ruto et le journalisteJoshua Arap Sang  s'est rétracté . Le témoin a indiqué qu'il a rencontré à ce sujet des responsables de l'USAID, les enquêteurs de la CPI et les fonctionnaires de l'unité de protection des victimes à diverses dates entre Juin 2012 et Août de l'année dernière (Dailynation). Huit jours plus tôt l'avocat Karim Khan a accusé diverses ONG dont Kalenjin Youth Alliance (KaYA), Good Samaritan International et Anti-Torture Campaign Network d'être payées par USAID pour recruter et corrompre des témoins contre Ruto.

 

 

 

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Dimanche 15 décembre 2013 7 15 /12 /Déc /2013 18:09

Trois documents distincts ont été signés le 12 décembre à Nairobi pour marquer la fin des pourparlers de Kampala entre le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC) et l'insurrection M23 équipée par le Rwanda, et militairement écrasée par le gouvernement de Kinshasa.

 

La Mission de l’Onu pour la stabilisation en République démocratique du Congo (RDC), en collaboration avec l’équipe-pays et l’équipe humanitaire de l’Onu, ont décidé d’allouer 7,8 millions de dollars américains sur les fonds humanitaires pour l’Est, en vue de répondre aux besoins humanitaires au Nord-Kivu (Le Potentiel).

 

Mais ces accords de paix laissent sceptiques. Ils ont été voulus par les quatre émissaires occidentaux :  l'américain Russ Feingold envoyé de Obama, l'Irlandaise, Mary Robinson, envoyée de Ban Ki Moon, le Belge, Koen Vervaeke, envoyé de l'Union Européenne et l'Allemand Martin Kobler, représentant spécial de Ban Ki Moon. Ceux-ci jusqu'au bout ont souhaité ménager une porte de sortie honorable au M23 dont ils reconnaissent aujourd'hui qu'il terrorisait la population. Russ Feingold le 30 octobre déclarait sur RFI : "Un effort militaire plus poussé risque de mettre en péril les pourparlers de Kampala, et par là même la possibilité de voir le M23 rendre les armes".

 

En outre le M23 n'est pas la première guérilla financée par le Rwanda, et peut-être pas la dernière. Le risque de la déstabilisation du Kivu par des milices pro-Kigali existe toujours, d'autant que les Etats-Unis continuent de ménager leur allié rwandais. En outre les incursions de l'armée ougandaise au nom d'un droit de poursuite contre les rebelles de l'ADF/NALU continuent de menacer la stabilité du Kivu.

 

Surtout Washington reste supçonné de vouloir l'éclatement de la République démocratique du Congo. Dans une intervention le 11 février 2013 devant le think tank américain, The Brookings Institution, le sous-secrétaire d’État aux Affaires africaines, Johnnie Carson, avait formellement réitéré l’appui des États-Unis à un processus de paix sous l’égide de l’ONU pour la RDC : « Pour la communauté internationale, trouver une solution durable à l’instabilité prolongée en RDC demeurera un défi redoutable ».« La seule manière de procéder consiste à adopter une solution subtile bénéficiant de l’appui de la communauté internationale » avait-il ajouté. « Nous sommes parvenus à une telle solution pour mettre un terme au conflit dans l’ex-Yougoslavie par le biais des Accords de Dayton. Nous avons réussi à mettre un terme à la plus longue guerre civile qu’ait connue l’Afrique, le conflit au Soudan, grâce à l’Accord de paix global négocié par les États membres de l’EGAD et appuyé par les États-Unis, la Norvège et la Grande-Bretagne. Il faut maintenant un nouvel effort international dynamique au service de la RDC ». Or les solutions yougoslave et soudanaise étaient passées par l'éclatement des pays concernés.

 

 

 

 

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Mardi 29 octobre 2013 2 29 /10 /Oct /2013 11:02

flagcongo.png«Presque toutes les positions du M23 (guérilla qui ravage l'Est du Congo sans doute avec les financements du Rwanda) ont été abandonnées hier», a déclaré Martin Kobler, Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies en République démocratique du Congo (RDC) au Conseil de Sécurité par vidéo-conférence. «Cela marque quasiment la fin militaire du M23 », a-t-il soutenu. C’est donc après 4 jours d’intenses combats menés à l’arme lourde que les positions du M23 ont été récupérées, les unes après les autres, par les forces loyalistes (FARDC). En série, les verrous ont tous sauté durant les opérations menées respectivement, dans le territoire de Rutshuru-centre ainsi que dans les localités de Kibumba, Kiwanja, Rumangabo et Bunagana dans la province du Nord-Kivu. (Journal La Prospérité)

 

Remarque de Tony Busselen du journal belge Solidaire sur sa page Facebook :

"Pour le moment le M23 reste à Bunagana et probablement ils ont encore des petites équipes au parc Virunga. Un contre-offensive de l'armée Rwandaise reste donc possible. Il y aura donc une immense pression de la "communauté internationale" pour reprendre les négociations à Kampala. Ce qui signifierait que le président du Congo Joseph Kabila sera pour la énième fois accusé de haute trahison, religieusement par les habituels fanatiques anti-Kabila, mais aussi spontanément par une partie de victimes de cette guerre qui en a marre de cette guerre, tolérée et imposée par l'Occident à la RDC.

Comment les grands experts occidentaux très influents pour ne pas dire "faiseurs d'opinion publique en Occident et partiellement en RDC", voient la situation actuelle?

Dans son article du 24 octobre Jason Stearns dit sur les négociations à Kampala : "it is difficult to imagine the M23 accepting the exclusion of even its top 20 officers." et il dit aussi : "There is still hope for a deal".

Un autre expert, Thierry Vircoulon d'International Crisis Group, conclut que les victoires militaires ont été annoncées par Kabila et que "Joseph Kabila voulait une victoire militaire". Ce qui est clairement très dangereux pour Vircoulon car "Le M23, c’est l’arbre qui cache la forêt : il y a une vingtaine de groupes armés dans l’est de la RDC."

Un troisième grand expert, Christophe Rigaud (Afrikarabia) du Courrier International, explique de son côté que les résultats militaires des FARDC sont le résultats de tout sauf Kabila, le gouvernement congolais ou les FARDC : c'est la brigade internationale, c'est l'attitude changée du Rwanda et des Etats-Unis etc... En même temps, Rigaud annonce déjà la vengeance du M23 sous la forme du retour de Laurent Nkunda.

Dans cette cacophonie des grands experts, il y a l’unanimité : "il faut une solution politique car sinon on risque la prolongation de la guerre". Pour Rigaud, qui nie le fait que le M23=armée rwandaise, ce sera la vengeance et le retour de Nkunda. Pour Vircoulon ce sera une intervention directe du Rwanda combiné avec les forces des 20 milices dont il parle.

Et, comme par hasard, "la communauté internationale" est d'accord. Vircoulon cite : "L’envoyé spécial américain pour la région des Grands Lacs, Russell Feingold, a parlé lundi d’une "poudrière" qui menace de provoquer une guerre régionale."

En contradiction avec les guerres impérialistes (Libye, Iraq, Kosovo etc...) où les victoires militaires sont la règle, en RDC la victoire militaire est donc exclue pour les Occidentaux. Et cela pour la seule et simple raison, qu'une défaite du M23 rendrait la survie du président rwandais Paul Kagame, chéri de la classe dirigeante dans le monde anglo-saxon, extrêmement difficile. En plus, la solution politique, n'importe laquelle, fragiliserait et affaiblirait le gouvernement central à Kinshasa, ce qui est le vévritable enjeu de toute la stratégie occidentale en RDC. "

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Vendredi 18 octobre 2013 5 18 /10 /Oct /2013 12:20

C'est une conséquence de l'intervention française au Mali et du recentrage de la France sur l'Afrique occidentale : dans le cadre du partage des tâches avec les Etats-Unis, Djibouti bascule dans la sphère de ces derniers.

 

Comme le remarque sur son blog Philippe Chapleau, spécialiste des questions de défense à Ouest-France :

 

"Différentes informations données sur ce blog démontrent l'effort US en direction de Djibouti.

Le 26 septembre, par exemple, j'écrivais: "775 millions de dollars en deux ans! Pour 2013, ce sont déjà quelque 343 millions de dollars de travaux qui ont été commandés (s'y ajoutent une partie d'un contrat de 179 millions de dollars passé en septembre dans le cadre du programme Saturn Arch de renseignement satellitaire). Pour 2012, ce sont au moins 432 millions de dollars de travaux, aménagements et équipements qui ont été dépensés pour le camp Lemonnier."

Le dispositif US, qui se consolide en permanence, permettra à l'AFRICOM et au CENTCOM de disposer d'une base de lutte anti-piraterie, d'une plate-forme anti-terroriste (avec des drones), d'un hub logistique etc. Autant de capacités qui rendent quasiment obsolète la présence à Djibouti de certaines forces françaises (actuellement 2 100 hommes) et la poursuite de certaines missions. Certes, les militaires du 5e RIAOM ou les cadres de la mission de coopération et de défense (rattachés au MAE) ne seront pas d'accord avec moi. Mais, leur avenir est compté. L'EMA planche sur des scénari et le ministère réfléchit à la "réarticulation des forces prépositionnées en fonction de la régionalisation de notre action au Sahel". En clair, "il faut alléger ici où là" ("ici et là", plus précisément)."

 

Dans cette division du travail entre grandes puissances, les peuves restent perdants. En février dernier un collectif sur le site de l'association Survie dénonçait le "climat de terreur" qui pesait sur l'opposition et les nombreuses arrestations politiques.En outre les Afars y sont persécutés, et les femmes de cette éthnie font l'obket de viols fréquents selon le Comité des femmes djiboutiennes contre les viols et l’Impunité.

 

Le Parlement européen a adopté le 4 juillet dernier une résolution d’urgence sur les violations graves des droits de l’Homme, de la démocratie et de l’État de droit à Djibouti (pays classé dans ses rapports 167ème sur 176 pour la liberté de la presse). Mais aucune mesure concrète n'est envisagée par les gouvernements occidentaux alors pourtant que le pays dépend très largement de l'aide extérieure et pourrait se réformer si la menace de la réduction de cette aide était employée par ses alliés.

 

F. Delorca

 

 

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Dimanche 15 septembre 2013 7 15 /09 /Sep /2013 17:35

L'émissaire américain M. Donald Booth,  arrivé vendredi à Khartoum, a rencontré samedi le chef soudanais du Comité conjoint de surveilance d'Abyei (ALOC), Al-Khair Al-Fahim."Je pense qu'il est approprié d'avoir une rencontre avec l'ALOC, parce que Abyei est l'un des problèmes non résolus par l'accord de paix global", a indiqué M. Booth à l'issue de la rencontre avec Al-Fahim (Xinhua).

 

Depuis plusieurs mois, le Soudan et le Soudan du Sud se disputent Abyei, une province riche pétrole à la frontière entre les deux pays.Après le référendum de janvier 2011 sur la séparation du Soudan du Sud, les autorités du Nord et du Sud n'ont pas réussi à s'étendre sur le statut de cette province. Le sort de cette région riche en pétrole devait être déterminé lors d'une référendum spécialement organisé à cet effet. Or, le référendum a été reporté sine die, faute d'accord entre Khartoum et Juba sur le droit des Arabes nomades Misseriya de prendre part à cette consultation populaire. Le Soudan du Sud, lui, avait annoncé avoir accepté la date fixé par l'Union africaine début octobre, ce qui ne permettrait le vote que des résidenst permanents Dinka Nigok, et non des arbes nomades Misseriya qui y passent seulementquelques mois par an.

 

Lors d'une conférence de presse samedi, le ministre soudanais des Affaires étrangères Ali Karti a déclaré que le Soudan ne coopèrerait pas avec l'émissaire américain, à moins que celui-ci ne soutienne les accords signés entre Khartoum et Juba. Selon lui, les Américains utilisaient la question d'Abyei comme "une épine dans la gorge" pour gâcher les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud. Selon lui les deux présidents des deux Soudan se sont entendus sur l'administration provisoire de la province d'Abyei et Khartoum négociera avec l'Union africaine plutôt qu'avec l'ambasadeur américain.

 

Booth, ex-ambassadeur en Ethiopie, avait été nommé de préférence à l'ambassadeur américain Timothy Carney au Soudan soupçonné dans l'Establishment américain d'être trop favorable à Khartoum. Act for Sudan, un lobby interventionniste qui comprend des associations pro-israéliennes comme HelpNuba, avait félicité Barack Obama d'avoir nommé Booth, un diplomate qui avait fait preuve de poigne face à la monté de l'islamisme en Ethiopie. Le choix d'Obama pourrait toutefois se retourner contre lui car son nouvel émissaire au Soudan jette de l'huile sur le feu, et pourrait mettre les Etats-Unis hors-jeu dans le processus de paix.

 

Par ailleurs les combats se poursuivent au Darfour, et des combats opposent la branche Nord du Mouvement de libération des peuples du Soudan (SPLM-N) aux forces gouvernementales soudanaises depuis près de deux ans dans la province du Nil-Bleu et au Kordofan-Sud, dans le sud du Soudan (où le lobby interventionniste appelle à une action américaine). Plus d'un million de personnes ont été déplacées ou durement affectées par la guerre dans ces deux provinces, selon l'ONU.


F. Delorca

 

- ci-dessous un exemple de l'activisme interventionniste de Rabbi David Kaufman de HelpNuba sur le Soudan

 

 

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Vendredi 10 mai 2013 5 10 /05 /Mai /2013 13:45

Titre du Financial Times aujourd'hui "Le rapport Annan accuse ENRC d'avoir coûté 725 millions de dollars au Congo." De fait, l'Africa Progress Panel (APP), organisation présidée par l'ex-secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, devait rendre public, ce vendredi au Cap devant le World Economic Forum, un rapport détaillé  qui raconte notamment comment le Congo (RDC) aurait perdu 1,36 milliard de dollars (1,04 milliard d'euros) à l'occasion de cinq transactions entre 2010 et 2012, trois des cinq étant réalisées par ENRC (Eurasian natural ressources corp.), détenue à 54 % par des oligarques kazakhs.

 

Le même jour on apprend que l’ONG Save the Children qui évalue le bien-être des mères et des enfants dans 176 pays classe la RD du Congo à la dernière place.

 

Les Occidentaux, eux continuent de jouer une partie étrange au Congo. Alors que  le peuple congolais attend la fin du saga du M23 et le début d'une nouvelle stabilisation à l'Est, que Mary Robinson et bientôt Ban Ki Moon se précipitent vers la RDC pour y repéter ce que le M23 et le Rwanda et L'Ouganda disent déjà depuis des semaines, c'est-à-dire "une solution politique est préférable à une solution militaire" et l'ONU stigmatise les forces militaires congolaises. Global Witness lui accuse le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi alliés de Washington syphoner les ressources du Congo.

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Vendredi 3 mai 2013 5 03 /05 /Mai /2013 23:21

Quatre mois après la reconnaissance du nouveau président somalien Hassan Cheikh Mohamoud par les USA et le FMI, le morcellement de la souveraineté somalienne se poursuit, non pas sous la menace des milices islamistes Shabab qui se sont retirées des principales villes mais de pouvoirs régionaux à la solde des Britanniques et de multinationales qui gouvernent de fait le pays.

 

Au Somaliland (au nord) devenu protectorat britannique une dizaine de personnes ont été assassinées à la suite des élections municipales de novembre 2012 par l'Unité spéciale de protection somalilandaise formée par le ministère de la défense britannique. La nouvelle ministre des affaires étrangères de la République fédérale de Somalie est d'ailleurs une politicienne du Fawzia Yusuf Haji Adam qui a passé une grande partie de sa vie au Royaume-Uni.

 

oil_well.jpgAu Puntland (en conflit avec le Somaliland) dont les réserves en pétrole sont estimées à 4 milliards de barils sur lesquels British Petroleum a des ambitions, les Britanniques ont installé une marine privée, Typhon, le "Backwater" des mers, financée par Simon Murray ancien légionnaire en France et Président de Glencore, les pilleurs du cuivre zambien, et dirigée par d'anciens amiraux de l'OTAN.

 

Au Sud, au Jubaland, où les forces kenyanes (elles aussi formées par les Britanniques) ont pénétré pour combattre les Shabab et contrôlent en partie la situation politique, une convention locale a lieu actuellement dans la capitale de la province de Basse-Juba Kismayo, ville portuaire d'un grand intérêt pour les firmes capitalistes de la région. Les participants ont récemment adopté une Constitution régionale provisoire et la désignation des membres du Parlement local est en cours. Les membres de ce Parlement voteront ensuite pour désigner le président et les autres dirigeants de la région. Ce processus a été condamné par le gouvernement central de Mogadiscio. Outre le Kenya, l'Ethiopie, autre alliée de Londres et de Washington (elle avait naguère envahi la Somalie pour le compte de Bush) a aussi intérêt à la formation du gouvernement du Jubaland, comme zone tampon pour endiguer les Shabab, mais aussi pour éviter la montée du sécessionnisme de sa province l'Ogaden (ethniquement proche des Somaliens).

 

La Grande-Bretagne, qui, après avoir accueilli la première conférence internationale sur la Somalie avait passé le flambeau à la Turquie, réunira de nouveau des Etats de la région pour définir l'avenir de ce pays (en grande partie en lieu et place du peuple somalien lui-même) le 7 mai prochain.

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Samedi 16 juin 2012 6 16 /06 /Juin /2012 16:09

congo-map.pngLa guerre dans les deux Kivu à l'Est du Congo a connu une recrudescence au cours des derniers mois.  Aux conflits liés à la présence de  les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), des hutus rwandais exilé au Congo  - par exemple dans la nuit du 13 au 14 mai dernier, dans un village du Sud-Kivu à l’est de la RDC, 32 personnes dont 6 enfants ont été sauvagement massacrés par les combattants d’une milice rebelle hutue - s'est ajoutée au Nord Kivu la guerre qui oppose depuis le début du printemps l’armée congolaise (FARDC) aux mutins du M23 (mouvement du 23 mars) dirigés par le colonel Sultani Makenga, ex numéro-deux du général Bosco Ntaganda (poursuivi par la Cour pénale internationale) et composée d'ex-rebelles tutsis du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP) de Laurent Nkunda. Les combats ont provoqué le déplacement de milliers de population dans la région, avec le lot habituel de meurtre, viols, pillages, l'enrôlement d'enfants-soldats et les décès liés à l'appauvrissement des personnes déplacées (notamment les épidémies). De nouveaux affrontements ont notamment opposé jeudi 14 juin les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) au M23, dans cette province. Le M23 récemment créé revendique l'application des accords du 23 mars 2009 entre la rébellion du CNDP et les autorités congolaises qui prévoyaient notamment la transformation du CNDP en formation politique et l'intégration de ses éléments dans les institutions politiques locales et nationales, ainsi que dans l' armée.

 

On craint aussi une déstabilisation de la province Orientale voisine où une rebellion ituri pourrait se soulever sous les ordres de Bosco Ntaganda. Les mai-Mai Simba et l'Armée de résistance du seigneur y sévissent déjà.

 

Une fois de plus les ingérences étrangères ne sont pas absentes de ce conflit, et le président rwandais Paul Kagame, allié des Etats-Unis est pointé du doigt.

 

Le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé le 16 juin une enquête sur les soutiens extérieurs dont bénéficient les groupes armés dans l’est de la République démocratique du Congo. Il soupçonne le Rwanda, sans le citer nommément, d’être impliqué dans le soutien aux groupes armés qui déstabilise le pays dans la région du Kivu. Le défenseur des droits de l’homme congolais, Dimas Kitenge, estime sur RFI que le Conseil de sécurité doit condamner clairement le Rwanda : « A partir du moment où nous avons de plus en plus de preuves que les soldats rwandais sont là, il est très important que la communauté internationale puisse avoir un langage clair et ferme vis-à-vis de tous ces pays, y compris le Rwanda qui veut encore troubler la paix. »

 

Selon Salem-News le président rwandais Kagame utilise l'Ouganda comme base arrière pour exfiltrer les criminels de guerre M23 et les mettre à l'abri d'enquêtes de l'ONU. Paul Kagame ancien ami de George  Bush jouit de soutiens importants aux Etats-Unis, où il est souvent invité pour recevoir diverses récompenses, ce qui suscite parfois une mobilisation de ses opposants pour empêcher les remises de prix (voir ici). En 2009 dans une tribune publiée en janvier 2009  dans «The New York Times», reprise dans la rubrique «Kiosque» de «Jeune Afrique» n°2502-2503, l’ancien secrétaire d’Etat adjoint chargé des Affaires africaines de George W Bush, Herman Cohen estimait que le rétablissement de l’autorité de Kinshasa au Nord et Sud Kivu équivaudrait pour le régime rwandais à «renoncer» à des «ressources» qui représentent une bonne part de son «produit intérieur brut». Selon lui, il importait de prendre en compte la «dimension économique» du conflit. D’où l’idée d’«un projet de Marché commun» incluant six pays de la sous-région dite des Grands Lacs. A savoir : le Burundi, la RD Congo (l’Est), le Kenya, l’Ouganda, Rwanda et la Tanzanie. De même le président français Sarkozy avait fermé les yeux sur les ambitions du Rwanda sur le Kivu en lançant une politique de rapprochement avec Kigali.

 

La journaliste belge Colette Braeckman épingle aussi le rôle des ONG qui en demandant l'inculpation de Bosco Ntaganda rallié à Kabila ont aussi contribué à enflammer la situation au Kivu.

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Lundi 2 avril 2012 1 02 /04 /Avr /2012 13:44

Dans un article publié dans  Congo Libre aujourd'hui, le journaliste Nile Bowie, explique les enjeux de la nouvelle présence militaire américaine en Ouganda et les pressions sur l'Est du Congo.

 

800px-LocationAfrica.pngSelon lui, le prétexte officiel à cette présence, la lutte contre l'Armée de Résistance du Seigneur ne résiste pas à l'examen des faits  : ce groupe fanatique dont l'ampleur des exactions pourrait bien être exagérée par la presse occidentale. Bowie rappelle d'ailleurs à juste titre d'où est née cette guérilla, au sein d'une ethnie, les Acholi, persécutée sous la dictature d'une ancien homme de main des britanniques Amin Dada, parce qu'elle avait sympathisé avec l'ancien président socialiste renversé en 1971 Milton Obote, puis par le régime pro-occidental de Museveni (qui a lui aussi contribué au renversement d'Obote). "Le régime de Museveni a déplacé environ 1,5 million d’Acholis et tué au moins 300 000 personnes en prenant le pouvoir en 1986 selon la Croix Rouge. En plus d’être accusé d’utiliser le viol comme arme de guerre et d’avoir laissé mourir des milliers de personnes dans des camps d’internements insalubres, Museveni a été accusé de terrorisme d’état à l’encontre du peuple Acholi dans un rapport d’Amnisty International de 1992. ", souligne Bowie.

 

Museveni, qui a été un allié de poids pour les Etats-Unis en portant au pouvoir Kagame au Rwanda, est aujourd'hui un atout important por que Washington puisse mener une nouvelle guerre : celle des minerais, qui est menée contre le Chine.

 

"Afin de contrer l’ascension économique de la Chine, explique Bowie, Washington a lancé une croisade contre les restrictions chinoises d’exportations de minéraux qui sont des composants essentiels de produits de consommation électroniques comme les écrans plats, les smart phones, les batteries d’ordinateurs portables et quantités d’autres produits. Dans un livre blanc de 2010, la Commission Européenne parle du besoin urgent de constituer des réserves de tantale, cobalt, niobium, et tungstène entre autres ; le livre blanc du département de l’Energie des Etats-Unis de 2010, "Stratégie pour les minéraux indispensables aux Etats-Unis", a aussi reconnu l’importance stratégique de ces composants clés. Comme par hasard, l’armée étasunienne essaie aujourd’hui d’augmenter sa présence dans le pays qui est considéré comme le plus riche en matières premières, la République Démocratique du Congo."  La RDC détient plus de 30% des réserves mondiales de diamants et 80% du coltan mondial dont la plus grande partie est exportée en Chine pour en faire des poudres et des fils de tantale pour la fabrication électronique.

 

Selon Bowie, "l'intensification de la présence étasunienne en Afrique centrale, n’est pas seulement destinée à s’assurer des monopoles sur les réserves de pétrole nouvellement découvertes en Ouganda ; la légitimité de Museveni repose sur le soutien de l’étranger et son aide militaire massive — les forces étasuniennes au sol n’ont pas pour mission d’obtenir de juteux contrats de pétrole de Kampala. La pénétration dans le coeur de l’Afrique a pour but de déstabiliser la République Démocratique du Congo et de mettre la main sur des réserves de cobalt, tantale, or et diamants. Plus précisément, les Etats-Unis se proposent d’utiliser la politique de la terre brûlée en créant une situation de guerre au Congo qui chassera tous les investisseurs chinois. A l’image du conflit libyen, où les Chinois, quand ils sont revenus après la chute de Kadhafi, ont trouvé un gouvernement fantoche qui ne voulait faire des affaires qu’avec les pays occidentaux qui les avaient portés au pouvoir.".

 

La thèse de Bowie sur la "surestimation" des crimes de l'Armée de résistance du seigneur (LRA) est à prendre avec précaution, mais il est clair que la propragande anti-LRA (autour d'une vidéo appelant à l'arrestation de son chef Joseph Kony pour enlèvement d'enfants) en ce moment est jugée très biaisée par les Acholis comme l'a révélé une dépêche d'agence occidentale il y a quinze jours. L'ONG Invisible Children qui sert de cheville ouvrière à cette campagne est largement subventionnée par les fondamentalistes chrétiens américains. Elle demande une implication militaire croissante de Washington jusqu'à l'arrestation de Kony, n'hésite pas à critiquer dans une lettre à Obama du 7 mars dernier le Congo qui minimise les exactions de la LRA, mais ne dit rien des autres armées de la région, notamment celles alliées des Etats-Unis, qui elles aussi emploient des enfants-soldats comme la LRA. Ainsi Invisible Children pourrait être un nouveau rideau de fumée humanitaire et moralisateur destiné à aveugler (volontairement et involontairement) l'opinion publique occidentale pendant que le Pentagone renforce sa présence militaire, et que les multinationales poursuivent leur guerre des minerais (sans oublier la nouvelle colonisation des terres africaines, en Ouganda comme ailleurs, pour les biocarburants)...

 

  ps : une excellente vidéo humoristique australienne en anglais à ce sujet résume l'enjeu

 

 

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Lundi 19 décembre 2011 1 19 /12 /Déc /2011 18:53

flagcongo.pngLe 9 décembre (soit avec quatre jours d'avance sur le calendrier prévu), la commission électorale congolaise (CENI) proclamait le président sortant Joseph Kabila vainqueur du scrutin électoral par 49 % des voix contre 33 à Etienne Tshisekedi, 79 ans, ancien premier ministre de la transition démocratique sous Mobutu (mais aussi ministre de l'intérieur de Mobutu peu après l'assassinat de Lumumba) et président de l'Union pour la Démocratie et le progrès social (UDPS), lequel a immédiatement contesté ces résultats.

 

Vital Kamerhe, autre candidat malheureux a saisi la cour suprême. Selon Kamerhe, 3 000 à 5 000 cartes d'électeurs ont été distribuées à des mineurs par des kabilistes. En outre, des centaines de PC électoraux prouveraient les bourrages d'urnes. Sur le bureau de vote « Collège Jean Calvin » à Lubumbashi (Code/BV: 12001/C), par exemple, la commission électorale accorde 369 voix sur les 494 exprimées à  Joseph Kabila contre 74 attribuées à Etienne Tshisekedi, alors que le procès verbal "authentique" signé par les membres du centre présenté par Vamerhe le crédite  Kabila de seulement 169 voix.

 

Semblant pencher en faveur de Tshisekedi, le 14 décembre, les Etats-Unis ont dénoncé de "graves irrégularités" par la voix de la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland.

 

A l'inverse, le 16 décembre, alors que la Cour Suprême de Justice ne s’était pas encore prononcée, les chefs d’État des pays de la région des Grands Lacs, réunis à Kampala, rendaient leur verdict: l’Ouganda, le Kenya, la Tanzanie, la Zambie, le Burundi, la République Centrafricaine, ont reconnu (à l'exception du Rwanda qui a attendu plus longtemps) la réélection du président Joseph Kabila et appelé «ceux qui ne sont pas satisfaits du résultat de l’élection à l’accepter et à travailler pour reconstruire le pays.» L'Afrique du Sud s'est jointe à eux assez rapidement,  probablement pour contrer les tentations d'ingérence des Etats-Unis.

 

En Belgique,  la diaspora congolaise, qui n'a pas le droit de voter au Congo lorsqu'elle a la double nationalité, a largement manifesté en faveur de Tshisekedi. Parmi eux le 17 décembre beaucoup brandissaient des drapeaux nationalistes flamands ainsi que le portrait du chef de la droite indépendantiste flamande, Bart De Wever. Tony Busselen du Parti du travail belge rappelait, quant à lui, dans un reportage du 13 décembre les liens de Tshisekedi avec la dictature de Mobutu, et estimait que malgré ses concessions aux Occidentaux Kabila, qui reste sur une ligne de coopération avec la Chine et les pays émergents, demeurait le seul candidat crédible de la mouvance lumumbiste, de la gauche congolaise et  du refus de l'ingérence occidentale.

 

Le scepticisme des Occidentaux semble se nourrir de certaines dérives autoritaires du régime de Kabila qui avait été pourtant leur homme pendant une décennie (soutenu notamment par le Rwanda après l'assassinat de son père). L’enrichissement de son entourage. La répression de journalistes et d’opposants. L’assassinat en 2010 de Floribert Chebeya, militant des droits de l’homme. Puis l’imposition d’un scrutin présidentiel à un seul tour pour favoriser le chef d’Etat sortant.

 

Il est peu probable toutefois, compte tenu de l'équilibre des forces sur le continent africain, que Washington et les Européens se rallient d'emblée aux prétentions de Tshisekedi (qui a appelé l'armée a lui obéir doit prêter serment parallèlement à Kabila au stade des Martyrs de Kinshasa vendredi). Certains plaident pour une partage du pouvoir entre le président sortant et son principal opposant comme cela s'est fait en 2007 au Kenya et en 2008 au Zimbabwe. L'ancien ministre belge Louis Michel s'est prononcé en ce sens.

 

Delphine Jaen

Par Atlasaltern - Publié dans : Afrique de l'Est - Grands lacs - Communauté : Solidarité Afrique Unie
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