Asie centrale

Vendredi 20 décembre 2013 5 20 /12 /Déc /2013 11:02

Le président du Kirghizistan Almazbek Atambaïev a annoncé début décembre que son pays acceptait une offre russe de fourniture d'armes pour un milliard de dollars.

 

Les escarmouches avec l'Ouzbékistan se multiplient depuis quelques années dans la vallée de Ferghana. Les tensions ont débuté avec l'accord russo-kirghize sur la gestion de l'eau. La Russie s'est engagée à équiper l'armée kirghize et à investir dans l'énergie hydrolique kirghize, l'Ouzbékistan a alors quitté l'Organisation du traité de sécurité collective dirigée par le Kremlin et s'est rapproché de Washington, tandis que le Kirghizistan a notifié aux Etats-Unis qu'ils n'auront plus acès à leur base de Manas après leur retrait d'Afghanistan.

 

Déjà en 2000 Tachkent pour la contraindre à payer ses factures avait coupé les livraisons de gaz à Bichkek qui, en représailles avait ouvert les vannes du barrage de Toktogoul pour augmenter sa production hydroélectrique, au détriment des champs de coton ouzbeks de la vallée de Ferghana. On a frôlé le conflit ouvert entre les deux pays en juin 2010 avec les violences ethniques entres Kirghizes et la minorité ouzbèke dans le Sud du pays (Asia Time).

 

Dans la guerre de l'eau, l'Union européenne a pris le parti de l'Ouzbékistan. En février dernier, la représentante de l'UE Patricia Flor a demandé une enquête internationale sur la centrale de Kambarata que le Kirghizistan souhaite développer. Toutefois selon l'expert brésilien de l'Asie centrale Rafael Gomez, ce conflit politique est peu susceptible de dégénérer sur le terrain militaire : tous les leaders locaux aussi bien que les puissances étrangères (Russie, Etats-Unis, Chine) ont intérêt à ce que les deux pays poursuivent leur développement économique et à ce que la vallée de Ferghana ne redevienne pas pas, comme elle l'a déjà été par le passé, un foyer actif du salafisme.

 

F. Delorca

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Mardi 25 juin 2013 2 25 /06 /Juin /2013 00:32

Asia Time :

 

"Paradoxically, it suits the US geo-strategy to have the Taliban return to power and Afghanistan becoming an "Islamic" state. The talks in Doha aim at working out the ground rules of a "peaceful co-existence" between the US and the Taliban.

What Russia would apprehend is that it is a matter of time before this co-habitation between the US and the Taliban would mutate into a tacit "division of labor" between the two protagonists with regard to Central Asia. The strengthening of the Russian military presence in Tajikistan anticipates such a turn of events in the geopolitics of the region.

On Thursday in Kyrgyzstan, the country's parliament overwhelmingly voted in favor of the government's decision determining July 11, 2014, as the date by which the US should vacate its military personnel and equipment from the Manas air base."

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Vendredi 23 décembre 2011 5 23 /12 /Déc /2011 17:39

Le 16 décembre à l'occastion du vingtième anniversaire de l'indépendance du Kazakhstan, des émeutes ont éclaté dans la ville Janaozen causant de nombreux morts chez les manifestants et les forces de l'ordre

 

Dans une interview du 21 décembre 2011 sur KPRF-TV, Viacheslav Titiokine, membre du comité central du Parti communiste de la fédération de Russie, livrait ses impressions en ces termes sur les événements au Kazakhstan :

 

"Le Kazakhstan est un des 20 plus grands producteurs de pétrole au monde. Il exploite plus d'un million de barils par jour, et avec une population de 16 millions de personnes, cela pourrait sans doute lui permettre de vivre à un haut niveau de vie. En même temps, nous avons reçu des informations en provenance du Kazakhstan selon lesquelles, malgré la prospérité apparente et le luxe que représente la nouvelle capitale qu'ils ont construite sur un mode assez artificiel au coeur du pays, en réalité les problèmes sociaux s'accumulaient, et le facteur déclencheur a été précisément ces contradictions internes au pays. Les gens qui sont montés pour ainsi dire sur les barricades ont fait face aux forces de l'ordre au Kazakhstan avaient sans doute des motifs pour démontrer leur indignation : ils reçoivent des salaires bas, il y a eu des licenciements massifs. Ca les a aussi gêné de voir que les Chinois qui travaillent là sont mieux payés que les employés locaux. Il y a eu un facteur de discrimation nationale, qui heurte la sensibilité. Au Kazakhstan a surgi très vite une classe sociale de "nouveaux riches". Il y a déjà une demi-douzaine de multimillionnaires (...) alors qu'une couche de la population vit dans la misère absolue. Les gens qui travaillent dans le secteur pétrolier ne perçoivent pas un salaire digne. Pour cela l'accumulation de contradictions sociales d'une manière inévitable a débouché sur cette explosion sociale. (...)

 

Mais nous devons aussi prêter attention à la manière dont les protestations se sont développées dans les pays du Proche-Orient. Bien sûr dans ces pays il existait encore plus de conditions pour que surgisse une tention sociale. Néanmoins depuis le début tous les observateurs ont signalé l'influence extérieure. Des forces extérieures sont intervenues immédiatement dans les événements. Pourquoi ces forces ont-elles intérêt à déstabiliser le Kazakhstan? Parce que la destabilisation ou le chaos organisé comme ils l'appellent est le moyen pour eux de contrôler ce pays. Le Kazahstan a une grande importance pour l'Occident. C'est une des grandes puissances extractrices de pétrole, qui a gardé des liens forts avec la Russie. (...) Ces forces étrangères ont utilisé l'indignation légitime des gens afin de déstabiliser le Kazakhstan et de l'entraîner dans l'orbite d'influence occidentale. (...) Les forces de l'oligarchie internationale agissent par l'intermédiaire des services secrets de l'OTAN. Et nous avons vu comment ces services ont agi en Yougoslavie, en Ukraine, en Géorgie et ailleurs. C'est la même signature du Renseignement occidental."

 

 

Le ministre des affaires étrangères chinois Zhang Hanhuy est allé dans le même sens. Il a manifesté son soutien au gouvernement kazakh et stigmatisé avant-hier les pays extérieurs à la région qui interfèrent dans les affaires des pays asiatiques "sous divers prétextes, les soi-disant droits de l'homme, la démocratie et ainsi de suite de temps en temps". "Le seul résultat d'un tel soin est le chaos, la destruction de la stabilité, a-t-il ajouté. Voyez ce qui se produit le Moyen-Orient et en Afrique du Nord où les personnes armées ont renversé un gouvernement légitime. Et qu'ont-ils donné au peuple, excepté les victimes, le désordre, la pauvreté et le chaos ? Rien !"

 

Le 19 novembre dernier, le président Nazerbaïev qui pourtant entretient d'excellentes relations avec les Etats-Unis avait condamné les ingérences étrangères en Libye et en Syrie et avait refusé toute action contre l'Iran. En octobre le ministre des affaires étrangères du Kazakhstan en visite à Téhéran s'était aussi opposé à toute intrusion étrangère dans les affaires des pays riverains de la Caspienne pour l'exploitation des ressources (notamment pétrolières) de cette mer.

 

Mais pour l'heure la présence d'éventuels agents provocateurs étrangers dans les événements de Janaozen n'est pas démontrée. On note seulement les initiatives de Human Right Watch, liée au multi-millionnaire américain Soros, dans la dénonciation de la répression.

 

 

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Lundi 7 novembre 2011 1 07 /11 /Nov /2011 16:26

b52.jpgEn juin dernier le président américain B. Obama a annoncé le retrait de 10 000 soldats étatsuniens d'Aghanistan avant la fin de l'année, et 32 000 autres en 2012. Le 22 octobre son protégé, le président afghan, Hamid Karzai déclarait lors d'une interview à Pakistani TV qu'en cas de guerre entre le Pakistan et les Etats-Unis, il soutiendrait le Pakistan. Cette déclaration résumait à elle seule l'échec politique et militaire de Washington dans ce pays.

 

Saul Landau dans Counterpunch dresse le bilan de dix ans d'occupation de l'Afghanistan. Les Etats-Unis ont dépensé plus de 120 milliards de dollars par an dans cette  guerre (plus que l'ensemble du budget de l'Etat afghan). Plusieurs milliers de civils y ont trouvé la mort. L'administration Karzai est une des plus corrompues au monde, sa police pratique la torture (New-York Times 11 octobre 2011). La production d'opium a augmenté de 60 % par an. Selon l'UNICEF 30 % des enfants de 5 à 14 ans sont contraints à travailler pour survivre ou faire vivre leur famille.

 

Le bombardement des bases arrières pakistanaises par des drones a provoqué le décès de centaines de civils au delà de la frontière. Selon le think-tank pro-guerre "New american foundation", 32 % des 1 210 morts entre 2004 et 2010. L'ONG Campaign for Innocent Victims in Armed Conflict (CIVIC) compte plus de 800 morts au Pakistan pour la seule année 2009, ce qui n'est pas sans effet sur l'alliance américano-pakistanaise.

 

Ce bilan intervient alors que chacun s'accorde à reconnaître que les Talibans n'ont pas cessé d'être une force politique et militaire de première importance qui pèsera lourdement sur l'Afghanistan après le retrait des forces étatsuniennes. Obama avait ouvert son mandat en retirant des soldats d'Irak pour les envoyer en Afghanistan où se déroulait la "vraie guerre" contre le terrorisme. Aucune des offensives menées par les troupes occidentales n'a porté ses fruits et les rebelles talibans se sont même procurés des missiles air-air qui détruisent les hélicoptères et compromettent la suprématie aérienne occidentale. Autant dire que ces dix ans de guerre coûteux en ressources et en vies humaines (y compris aux Etats-Unis : plus d'un millier de soldats morts) n'auront servi à rien.

 

Ils n'auront même pas permis aux Etats-Unis de contrôler les ressources du pays. Aujourd'hui c'est la Chine qui est en pointe pour l'exploitation des minerais afghans. Même la réalisation du projet d'oléoduc Turkmenistan, Afghanistan, Pakistan, Inde (TAPI) ne sera plus garantie après le retrait des troupes étatsuniennes.

 

 

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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 11:57

Le président kazakh, Noursoultan Nazarbaïev, a été réélu à la tête de son pays le 3 avril dernier avec 95,55% des voix. Ce score "soviétique" n'a pas déclenché de vague de critiques telles que celles qui pleuvent sur la Russie ou la Biélorussie après chaque scrutin.

 

Malgré le rapport de l'OSCE indiquant que les élections n'avaient pas été démocratiques, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’Union européenne, a au contraire félicité «le peuple du Kazakhstan pour avoir exercé ses droits démocratiques à l'élection présidentielle».

 

Les Etats-Unis pour leur part ont pris acte de ce rapport mais manifesté dans la foulée par la voix de leur ambassadrice leur impatience "de continuer à travailler avec [le président Nazarbaïev] et le peuple kazakh afin de réaliser notre vaste partenariat stratégique". Le gouvernement kazakh, très aimable avec les Etats-Unis, a envoyé un contingent pour occuper l'Irak et facilité l'approvisionnement des troupes étatsuniennes en Afghanistan, et ce malgré son appartenance à l’Organisation du Traité de sécurité collective créée par la Russie pour répondre au refus de coopération de l'OTAN avec Moscou.petraeus.jpg

 

Le Kazakhstan, pays le plus riche d'Asie centrale, possède 3 % des réserves mondiales prouvées de pétrole, et 1,7 % des réserves de gaz (comparable à la Libye et au Nigéria), 15 % de l'uranium juste derrière l'Australie et devant le Niger.

 

En complément de la coopération stratégique entre Astana et Washington, et dans l'espoir d'avoir sa part du gâteau des ressources du pays, la France pro-américaine de M. Sarkozy a signé, le 6 octobre 2009, un accord de coopération militaire avec la République du Kazakhstan. Un des effets de la visite du président français au Kazakhstan pourrait avoir été d'accélérer la décision de ce pays, qui compte pourtant beaucoup de vétérans de l'Armée rouge écoeurés par le souvenir de l'intervention militaire de 1979, d'envoyer une brigade (Kazbrig) en Afghanistan. Pour l'heure cette brigade est seulement en cours de formation et, compte tenu des traités de sécurité qui unissent Astana à Moscou, son équipement militaire par les Occidentaux pourrait surtout bénéficier indirectement à la Russie. Mais la collaboration avec l'Occident reste une pierre de touche de la politique extérieure kazakhe comme l'a rappelé le ministre des affaires étrangères Kanat Saudabayev en visite aux Etats-Unis en janvier dernier. Il a rencontré à cette occasion des membres du Congrès, des hommes d'affaire américains, et la secrétaire d'Etat Hillary Clinton... dont la famille entretient des échanges économiques profitables avec la République du Kazakhastan depuis plusieurs années...

 

F. Delorca

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Jeudi 29 juillet 2010 4 29 /07 /Juil /2010 14:50

usmarine.jpgQuelque 92.0000 documents secrets sur la situation en Afghanistan depuis 2004 ont été publiés le lundi 26 juillet par le site WikiLeaks (accessible aussi ici). Ces éléments qui n'apportaient rien de neuf au débat public ont néanmoins permis de faire rebondir les discussions. Le sénateur républicain  du Texas, ex-candidat à la présidence, et adversaire convaincu des guerres impériales américaines, Ron Paul ainsi que le représentant démocrate de gauche Dennis Kucinich ont tenté de faire adopter au Congrès le 27 juillet un amendement au War power Act sur la présence des troupes américaines au Pakistan, base arrière des talibans, pour en obtenir le retrait. Il n' ont toutefois obtenu que 38 voix (un dixième du total) dont 32 démocrates. La Chambre des représentants a néanmoins débloqué près de 60 milliards de dollars pour le financement du conflit afghan et l'envoi des 30.000 soldats supplémentaires annoncés par le président Obama en décembre

 

En Allemagne les fuites de documents secrets sur la guerre d'Afghanistan semblent pousser les sociaux-démocrates et les Verts, qui découvrent dans ces documents des éléments dont le gouvernement de Mme Merkel ne leur avait jamais parlé, à s'opposer à l'extension des missions des soldats allemands dans ce pays (cependant le premier ministre est de toute façon assuré de pouvoir recueillir suffisamment de voix pour faire passer son projet).

 

Selon l'organisation afghane de la protection des droits de l’Homme Afghanistan Rights Monitor qui, depuis le premier jour de l’invasion, fait le compte des victimes civiles du conflit national, au premier semestre de cette année, 1074 civils ont été tués et 1500 ont été blessés. Durant la même période de 2009 le nombre de victimes était de 1059. Ces chiffres pourraient s'alourdir à l'heure où le général Petraeus recommande aux soldats de se rapprocher de la population afghane pour avoir de meilleurs contact avec elle (ce qui peut aussi attirer les combats vers les centres urbains).

 

La guerre d'Afghanistan fait cependant au moins un heureux : le président géorgien Mikhaïl Saakachvili, qui a déclaré le 28 juillet au ministère de la défense de Tbilissi : "Vu la situation géopolitique de la Géorgie, Tbilissi a un intérêt direct au succès de l'opération afghane et à l'instauration d'une paix définitive (en Afghanistan, ndlr) (…). Nous devons non seulement continuer à prendre part aux opérations de l'ISAF (force internationale d'assistance et de sécurité), mais trouver un moyen d'intensifier notre participation en Afghanistan. En plus c'est une énorme école militaire", L'entraînement des soldats géorgiens en Afghanistan pourra ainsi servir à préparer d'autres guerres, en Abkhazie et en Ossétie du Sud par exemple.

 

F. Delorca

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Jeudi 15 avril 2010 4 15 /04 /Avr /2010 12:30

Le président du Kirghizstan Kourmanbek Bakiev  a été renversé mercredi 7 avril à l'issue de violents affrontements entre policiers et manifestants qui ont fait 81 morts et se trouve depuis dans le sud du Kirghizstan. La chef du gouvernement par intérim, Rosa Otounbaïeva, l'accuse de fomenter une guerre civile. L'ex-président et ses proches, ont vidé les coffres de l'Etat avant de s'enfuir, forçant le gouvernement par intérim, à court d'argent, à geler le système bancaire, a indiqué un haut responsable des autorités intérimaires.

 

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Bakiev avait été porté au pouvoir par une "révolution des tulipes" financée par les Etats-Unis. Puis l'an dernier celui-ci a tenté de faire monter les enchères entre la Russie et les Etats-Unis, promettant à la première (sous la pression de son opinion publique intérieure) un accord aérien et la fermeture de sa base aérienne étatsunienne, puis finalement acceptant le maintien de cette base après avoir obtenu que Washington en triple le louer.

 

C'est à l'annulation des effets de la précédente révolution de couleur qu'on a affaire, semble-t-il, puisque cette fois-ci c'est la Russie qui soutient le nouveau gouvernement par intérim, sans toutefois, il est vrai, avoir à proprement commandité, semble-t-il, ce "contre-coup d'Etat" ainsi que l'a reconnu un officiel étatsunien .

 

Tandis que le nouveau gouvernement kirghize envisageait à son tour de fermer la base étatsunienne (une option finalement abandonnée après un coup de fil d'Hillary Clinton), Eric McGlinchey dans le New York Times, incitait Washington à ne pas engager l'épreuve de force dans un pays qui est l' "arrière cour de la Russie". Pour beaucoup de commentateurs Washington est de plus en plus obligé à adopter une stratégie de profil bas; comme pendant la période qui a suivi la guerre du Vietnam, la base kirghyze étant essentielle dans le dispositif d'occupation de l'Afghanistan. 

 

Les tenants et les aboutissants de la situation actuelle restent encore obscurs cependant. Le coopérant Michael Cecire, ancien volontaire du corps de maintien de la paix en Géorgie estime pour sa part que cette nouvelle révolution pourrait tout aussi bien être un coup de la CIA pour se débarrasser d'un Bakiev devenu imprévisible, d'autant que la nouvelle responsable du gouvernement a servi aussi bien sous les régimes pro-russes que pro-occidentaux.

 

En tout cas, le dernier président issu des révolutions colorées à ne pas avoir été renversé, le géorgien Mikheil Saakashvili, proche des néo-conservateurs étatsuniens a accusé Moscou d'être derrière le renversement de Bakiev, ce qui révèle tout de même que les pro-Occidentaux ont le sentiment d'avoir "perdu le Kyrghyzstan"...

 

F. Delorca

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Dimanche 10 janvier 2010 7 10 /01 /Jan /2010 18:07

Dans Renaissance Capital du mois de décembre dernier, les spécialistes Roland Nash et Ovanes Oganisian estimaient que la Mongolie pourrait être le prochain tigre asiatique, grace à ses ressources en minerais.

La Mongolie a les premières réserves mondiales en cuivre. les neuvièmes réserves de charbon, ainsi que de l'uranium et des métaux rares. Son produit national brut devrait doubler d'ici à 2014. Elle serait ainsi une des économies les plus dynamiques dans les années à venir avec l'Azerbaïdjan et l'Angola. Le gisement d'or et de cuivre de Oyu Tolgoi dans le désert de Gobi devrait représenter à lui seul 10 % de ce PNB. Il sera exploité par la société canadienne Ivanhoe Mines en consortium avec l'australien Rio Tinto.

Pour affermir son indépendance face à la Russie et la Chine la petite Mongolie (3 millions d'habitants) dans les années 2000 s'était rapprochée des Etats-Unis, envoyant notamment un contingent de soldats en Irak et même en août dernier en Afghanistan pour aider Washington qu'elle appelle son "troisième voisin". Il n'y a toutefois pas eu de visite officielle étatsunienne de haut niveau depuis plusieurs années, Mme Clinton, qui s'était rendue en Mongolie en 1995, s'étant bornée à envoyer un message vidéo en décembre dernier.

Toutefois la dynamique économique de ce pays semble toujours tournée vers l'Eurasie (80 % de son commerce étant réalisé avec la Russie et la Chine). Le premier ministre mongol était en Chine en avril dernier. Un accord de coopération renforcé a été signé entre Vladimir Poutine et son homologue mongol en mars dernier portant sur l'agriculture, les infrastructures de transport, la formation universitaire et militaire ainsi que sur la coopération nucléaire  (la construction d'une centrale est à l'étude).

La Mongolie cherche aussi de nouveaux partenaires en Eurasie. Le secrétaire général du Parti révolutionnaire du peuple mongol (membre de l'Internationale socialiste), Ukhnaa Khurelsukh était en visite au Vietnam cette semaine où il devait notamment rencontrer son homologue du PC vietnamien (il s'agissait donc d'une rencontre de parti à parti, et non d'une rencontre entre Etats). De son côté, l'Inde en août dernier a prêté 25 millions de dollars à ce pays pour combler son déficit budgétaire.

L'annonce des bonnes perspectives économiques de la Mongolie, répercutée depuis plus d'un an dans toute la presse internationale d'affaire, semble aussi raviver l'intérêt de certains européens. Javier Solana a reçu le premier ministre mongol à Bruxelles le 23 mars dernier. La presse n'a pas fait état des résultats de cet entretien.

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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /Sep /2009 05:34
Lors d'une interview à l’émission radio Mike Malloy radio show, l’ancienne traductrice pour le FBI, très connue aux Etats-Unis Sibel Edmonds a raconté comment le gouvernement de son pays a entretenu des « relations intimes » avec Ben Laden et les talibans, « tout du long, jusqu’à ce jour du 11 septembre (2001). » Dans « ces relations intimes », Ben Laden était utilisé pour des “opérations” en Asie Centrale, dont le Xinjiang en Chine. Ces “opérations” impliquaient l’utilisation d’al-Qaida et des talibans tout comme « on l’avait fait durant le conflit afghano-soviétique », c’est à dire combattre “les ennemis” par le biais d’intermédiaires.

Comme l’avait précédemment décrit Mme Edmonds, et comme elle l’a confirmé dans cette interview, ce procédé impliquait l’utilisation de la Turquie (avec l’assistance d’acteurs provenant du Pakistan, de l’Afghanistan et de l’Arabie Saoudite) en tant qu’intermédiaire, qui à son tour utilisait Ben Laden et les talibans comme armée terroriste par procuration.

Selon Mme Edmonds : « Ceci a commencé il y a plus de dix ans, dans le cadre d’une longue opération illégale et à couvert, menée en Asie centrale par un petit groupe aux États-Unis. Ce groupe avait l’intention de promouvoir l’industrie pétrolière et le Complexe Militaro-Industriel en utilisant les employés turcs, les partenaires saoudiens et les alliés pakistanais, cet objectif étant poursuivi au nom de l’Islam. »

Le journaliste new-yorkais Eric Margolis, auteur de War at the top of the World, a affirmé que les Ouïghours, dans les camps d’entrainement en Afghanistan depuis 2001, « ont été entrainés par Ben Laden pour aller combattre les communistes chinois au Xinjiang. La CIA en avait non seulement connaissance, mais apportait son soutien, car elle pensait les utiliser si la guerre éclatait avec la Chine. »

L'action des services secrets états-uniens aux côtés des séparatistes ouïghours du Xinjiang n'est pas seulement passée par Al-Qaïda mais aussi par le milliardaire turc  domicilié à Philadelphie depuis 1998 Fetullah Gulen qui finance des écoles islamiques (madrassas) en Asie centrale, et par Enver Yusuf Turani, premier ministre autoproclamé du "gouvernement en exil du Turkestan oriental" (qui est censé englober le Xinjiang chinois)... basé à Washington. Ces personnalités sont liées à Morton I. Abramowitz, directeur du National Endowment for Democracy, qui a joué un rôle important dans le soutien aux islamistes afghans sous Reagan et aux milices bosno-musulmanes et kosovares sous Clinton (dans le cadre de l'International Crisis Group). Le vice-président étatsunien Joe Biden qui s'est répandu en propos incendiaires contre la Russie récemment est aussi sur cette ligne.

Cette politique s'inscrit dans le cadre du plan Bernard Lewis à l'origine supervisé par Zbigniew Brzezinski  sous l'administration Carter qui visait à maintenir un "arc de crise" dans les pays musulmans d'Eurasie pour faire main basse sur les ressources d'Asie centrale en hydrocarbures.

Certains observateurs soulignent cependant que vu leur dépendance économique à son égard et l'intérêt qu'ils peuvent avoir à jouer la carte de Pékin contre Moscou les Etats-Unis sont voués à garder officiellement une position modérée sur la politique de la Chine au Xinjiang (où de violentes manifestations touchent la province et provoquent la mort d'au moins 140 personnes le 5 juillet dernier) en compensation de la politique agressive de leurs services secrets dans la zone.

Pékin semble toutefois résolu à contrer les manoeuvres sécessionnistes sur son territoire, mais aussi à mener une action plus en profondeur sur le continent eurasiatique. C'est ainsi en tout cas que Nicolas Bardos-Feltoronyi, contributeur de l'atlas alternatif, analyse le prêt d'1 milliard de dollars que Pékin serait prêt à consentir à la Moldavie, pays charnière entre l'Union européenne et la Russie - un prêt sur 15 ans à un taux d’intérêt hautement favorable de 3%. Cette aide qui pourrait dissuader Chisinau de se rapprocher de l'Union européenne s'inscrirait selon l'auteur dans le cadre d'une coordination accrue des politiques étrangères russe et chinoise. C'est aussi l'analyse qu'en fait Jean Vanitier sur son blog.

Autre réplique à l'impérialisme états-unien en Eurasie, après la Libye, l'Algérie et la Syrie, le président vénézuélien Hugo Chavez s'est rendu le 7 septembre au Turkménistan, quatrième pays au monde pour les réserves de gaz après la Russie, l'Iran et le Qatar. Chavez a proposé à son homologue turkmène Gourbangouly Berdymoukhammedov d'adhérer au cartel gazier déjà évoqué sur ce blog. Le Turkménistan, actuellement en froid avec Moscou, est aussi très courtisé par l'Union européenne qui souhaite le voir adhérer à son projet de gazoduc Nabucco, ainsi que par la Chine.

F. Delorca

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Mercredi 11 février 2009 3 11 /02 /Fév /2009 17:37

Moscou vient de réactiver l'Organisation du traité de sécurité collective qui regroupe la Russie, la Biélorussie, et les ex-Républiques soviétiques d'Asie centrale.

Les pays membres de cette organisation sont tombés d'accord sur la création d'une Force collective de réaction rapide, Les troupes devraient être cantonnées en Russie, mais on n'exclut également pas l'utilisation de la base militaire de Manas, que les Américains seront obligés de quitter conformément à la décision du Kirghizstan. Les analystes politiques estiment que Moscou semble prêt à conclure de nouvelles ententes avec Washington en matière du transit du matériel de l'OTAN vers l'Afghanistan. Moscou espèrerait que la perte de Manas force les Etats-Unis à chercher un nouvel accord avec la Russie en matière de transit vers l'Afghanistan. (RIA Novosti 5 février) La Force collective de déploiement rapide de l'Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) sera aussi efficace que les troupes de l'OTAN, a déclaré à Moscou le président russe Dmitri Medvedev à l'issue du sommet de l'organisation.

Le renouveau de l’influence russe en Asie centrale contraste avec l’enlisement occidental.  Dans son discours prononcé devant la première promotion de l'Académie militaire de Kaboul, le trè pro-américain président afghan Hamid Karzaï a déclaré que, si les pays occidentaux n'accéléraient pas la mise en oeuvre du programme d'équipement des forces armées, "cela serait fait par d'autres pays". Tout le monde en a conclu qu’il pourrait s’agir de la Russie. Une délégation de hauts fonctionnaires civils et militaires d'Afghanistan se rendra prochainement dans la capitale russe. L'extension de la coopération entre l'Afghanistan et la Russie dans le domaine de la défense sera le principal sujet des négociations de Moscou. De 2002 à 2005, la Russie a fourni à l'armée afghane une assistance technico-militaire pour 200 millions de dollars. Ensuite, cette coopération s'est arrêtée. Selon RIA Novosti, « les Etats-Unis et l'OTAN n'ont pas beaucoup progressé non plus en sept ans d'"édification" de l'armée afghane. L'aviation et le matériel lourd y font défaut et, d'ailleurs, l'armée est loin d'atteindre le niveau requis pour devenir un garant de la stabilité à l'intérieur du pays ». Les choix pro-russes mais aussi pro-indiens de Karzaï déplaisent à Washington, mais ils sont peut-être aussi sa chance de survivre politiquement.


Le nouveau président des Etats-Unis Obama a désigné l’Afghanistan comme sa nouvelle priorité. Mais il ne cesse d’y enregistrer des revers. Alors que les USA bombardent les bases arrières au Pakistan sans l’autorisation de ce pays, les talibans ont fait sauter un pont métallique à l’Est de Peshawar de sorte que le commandant en chef des forces de l'OTAN en Afghanistan, le général John Craddock, a dû se résigner à ce que l'Alliance ne s'oppose pas à ce qu'individuellement des états membres s'arrangent avec l'Iran pour approvisionner leurs troupes en Afghanistan. Washington est objectivement de plus en plus dépendant aussi bien de la Russie que de l’Iran qui vient de lancer un satellite dans l’espace par ses propres moyens ce qui explique en partie une certaine décrispation du discours d’Obama en direction de ces deux pays.

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